mardi 30 novembre 2021

« Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » / Pensées pour l'Évangile d'aujourd'hui... / (372,515)

 Bonjour!

TEMPS DE L'AVENT...

Mardi 30 novembre 2021


Sur les bords de la Mer de Galilée.
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Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » (Mt 4, 18-22)

Alléluia. Alléluia.
Venez à ma suite, dit le Seigneur.
Je vous ferai pêcheurs d’hommes.
Alléluia. (Mt 4, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée,
il vit deux frères,
Simon, appelé Pierre,
et son frère André,
qui jetaient leurs filets dans la mer ;
car c’étaient des pêcheurs.
    Jésus leur dit :
« Venez à ma suite,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
    Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

De là, il avança et il vit deux autres frères,
Jacques, fils de Zébédée,
et son frère Jean,
qui étaient dans la barque avec leur père,
en train de réparer leurs filets.
Il les appela.
    Aussitôt, laissant leur barque et leur père,
ils le suivirent.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Si l’on en croit l’Evangile de Saint Jean, André – dont nous célébrons la fête aujourd’hui – est le premier de tous les disciples à avoir rencontré le Seigneur ; après la désignation de Jésus, par Jean-Baptiste, comme l’agneau de Dieu qui l’emporte sur le péché du monde (1,29.40).

Si l’on est attentif aux enseignements de l’Evangile de Saint Matthieu – celui que la liturgie nous donne à entendre aujourd’hui -, André est, avec Simon son frère, le premier de ces mêmes disciples à avoir été directement appelé par le Christ en personne au bord de la mer de Galilée (Mt 4,18).

D’un côté, c’est André qui le premier trouve Jésus ; de l’autre, c’est Jésus, le premier, qui appelle André. Cette variante dans les Évangiles n’a rien de troublant ni d’antinomique. – D’une part, André et l’autre disciple (où toute une tradition se plaît à reconnaître Jean) ont pu faire un premier pas à la suite de Jésus sur qui ils avaient, avec le Baptiste, fixé les yeux (Jn 1,35). On reconnaît le Seigneur dans la mesure où on le cherche! – D’autre part, le Christ lui-même a pu faire à son tour, vers Pierre et lui, le premier pas de l’appel explicite au terme de quoi ils ont laissé là leurs filets pour le suivre (Mt 4,20). On ne marche à la suite du Seigneur que dans la mesure où l’on a perçu l’appel qu’il nous adresse.

Ainsi la fête de l’apôtre Saint André nous ramène-t-elle à cette vérité initiale et si essentielle : toute rencontre du Seigneur implique la convergence de deux libertés. On ne reconnaît Dieu que dans la mesure où on le cherche. Et on n’est abordé par lui que dans la mesure où il vient vers nous. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi mais c’est moi qui vous ai choisis et institués (Jn 15,15). Il est parfaitement vrai que c’est toujours Dieu, comme il est écrit, qui nous a aimés le premier (1 Jn 4,18). « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé », comme le fait dire à juste titre au Christ Blaise Pascal. Il n’y a pas de vraie marche à sa suite et d’adhésion à sa personne sans le plein assentiment, la prime spontanéité de notre liberté. Il en est ainsi en toute histoire d’amour. Une sorte d’étonnante priorité mutuelle dans la parfaite réciprocité.

Et c’est la rencontre de ces deux libertés qui fait la solidité d’une amitié, d’une vie de foi, d’un engagement chrétien, d’une vie consacrée. Jésus qui vient vers moi et moi qui marche vers Jésus.

Seigneur, tu es là, présent au milieu de nos activités quotidiennes. Tu nous trouves réparant nos filets ou les jetant en mer. Tu es là, au milieu de nos journées de labeur. Donne-nous un cœur qui, malgré ces activités, reste en ta présence. Donne-nous de vivre chaque instant dans la conscience de ton regard plein de miséricorde sur nous.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Le long de la route 132, à La Pocatière.
Photo: Jean-Yves
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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Pierre et André n’avaient pas vu que Jésus Christ aurait fait des miracles. Ils n’avaient rien entendu dire du prix éternel et, cependant en écoutant la voix du Sauveur ils ont oublié tout ce qu’ils croyaient avoir » (Saint Grégoire le Grand)

  • « Que l’apôtre André nous enseigne à suivre Jésus avec promptitude, à parler avec enthousiasme de Lui, et surtout à cultiver avec Lui une relation d’une vraie familiarité, conscients que seulement en Lui nous pouvons trouver le sens ultime de notre vie et de notre mort » (Benoît XVI)

  • « Le Christ Seigneur (...) ordonna à ses apôtres de le prêcher à tous comme la source de toute vérité salutaire et de toute règle morale, en leur communiquant les dons divins : l’Évangile promis par les prophètes, que lui-même a accompli et proclamé de sa propre bouche » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº75)

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Debout! Le Seigneur vient!

Une voix prophétique

A surgi du désert.

Un désir, une attente

Ont mûri nos esprits.

Préparons-nous!

(Hymne - Liturgie des heures - Avent)

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«Suivre le Christ, c'est rencontrer au fond de soi 

une parole à laquelle il est difficile de se dérober.»

(Carnet de l'Avent)

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Le Carnet de l'Avent 2021 de Vie liturgique 

exploite le thème de l'Avent 

de cette année au Canada français qui est:

«Avec lui, espérer encore

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Bonne journée!

Jean-Yves Fortin, diacre

Diocèse de Sainte-Anne

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dimanche 28 novembre 2021

Viens, Seigneur, notre Dieu, délivre-nous. Montre-nous ton visage et nous serons sauvés. /Prière d'action de grâce pour chasser la peur... / ( 372,386)

 Bonjour!

Lundi 29 novembre 2021

Merci Yvonne Tremblay pour cette photo.

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Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

 (Mt 8, 5-11)

Alléluia, Alléluia. 

Viens, Seigneur, notre Dieu, délivre-nous. Montre-nous ton visage et nous serons sauvés. Alléluia. (cf. Ps 79, 4)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
comme Jésus était entré à Capharnaüm,
un centurion s’approcha de lui et le supplia :
« Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé,
et il souffre terriblement. »
Jésus lui dit :
« Je vais aller moi-même le guérir. »
Le centurion reprit :
« Seigneur, je ne suis pas digne
que tu entres sous mon toit,
mais dis seulement une parole
et mon serviteur sera guéri.
Moi-même qui suis soumis à une autorité,
j’ai des soldats sous mes ordres ;
à l’un, je dis : “Va”, et il va ;
à un autre : “Viens”, et il vient,
et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »
À ces mots, Jésus fut dans l’admiration
et dit à ceux qui le suivaient :
« Amen, je vous le déclare,
chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis :
Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident
et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob
au festin du royaume des Cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Toute société est régie par des lois. Le centurion, mieux que tout autre peut-être, le sait. Il est là pour faire respecter l’ordre, et il vit dans un corps strictement réglementé. De plus, depuis qu’il est installé en Palestine, il a appris à connaître, et à respecter, les conventions locales. Par exemple, il n’est pas permis à un rabbi de pénétrer sous le toit d’un étranger. Le centurion le sait, et ne prétend pas pousser Jésus à le faire. On peut même imaginer que son respect l’entraîne à s’adresser à Jésus en grec, ou peut-être avec quelques mots d’araméen, plutôt qu’en latin. Cela ne serait pas surprenant d’un tel personnage.

Mais que le centurion reconnaisse ainsi la distance qui le sépare du rabbi de Nazareth nous permet-il de borner sa demande par ces conventions sociales ? L’éloge de Jésus est tel que cela semble peu probable. Il parle en effet de prendre place « avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des Cieux » ! Voici une promesse extraordinaire adressée à un incirconcis. Et comme telle, elle nous concerne tous.

« Dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri ». Le centurion demande deux choses dans cette prière. Il ne demande pas seulement la guérison de son serviteur, il demande aussi qu’elle soit opérée par une parole. L’exemple qu’il donne ensuite ne doit pas nous égarer. Quand il dit « ‘Va’, et il va » et « ‘Viens’ et il vient », le centurion n’explique pas que Jésus doit dire une parole et une seule, il ne prétend pas qu’en en disant plus ou en se déplaçant jusqu’à rencontrer le serviteur malade, Jésus en ferait trop. Le centurion en effet ne donne pas des exemples de concision, mais d’efficacité. Quand un ordre est donné par celui qui a autorité, rien ne s’oppose à sa réalisation, elle est immédiate. Autrement dit, le centurion demande plus qu’une guérison et plus qu’un simple ordre qui s’adapte à la situation forcée par les usages religieux : il demande une guérison rattachée à l’ordre de la parole. Si le soldat obéit à son supérieur, c’est parce qu’il est assujetti au pouvoir de sa hiérarchie. La demande du centurion montre que pour lui tout être humain est assujetti à la parole de Jésus.

Voilà une magnifique entrée pour notre pèlerinage de l’Avent. Au-delà des rites, au-delà des conventions et des cadres, nous avons reprendre conscience que nous sommes tous soumis à la parole qui a engendré le monde et toute vie. La foi dont Jésus fait aujourd’hui l’éloge dit cela. Cette foi est une adhésion à l’ordre de la parole de Dieu, ordre qui sera bientôt manifesté concrètement à tous. Car, dans cette parole, la guérison du serviteur a pris forme, le statut filial du centurion a pris effet, et, demain, le Verbe de Dieu va prendre chair.

Seigneur, dis seulement une parole, ta parole qui ordonne le monde ! Seigneur, nous avons conscience de notre indignité, de la distance qui nous sépare, mais dis seulement ta parole de vie et ce que tu dis prendra chair en nous. Nous aurons enfin une place parmi tes fils, « avec Abraham, Isaac et Jacob, au festin du Royaume des Cieux » !


Abbé Philippe Link / Merci!

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Merci à Mgr Pierre Goudreault pour cette photo.
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Prière d'action de grâce.
(Yvon Poitras)

«Comme il advint jadis aux disciples
sur le lac de Tibériade,
il m'arrive parfois d'être secoué
par des lames d'angoisse
et par des vents d'inquiétude, 
mais alors tu te lèves, toi Jésus sauveur, 
et tu me cries: «Pourquoi as-tu peur?» 

Comme il advint jadis à Pierre, Jacques et Jean
sur la montagne de la Transfiguration,
il m'arrive parfois d'être ébloui jusqu'à la frayeur
par le visage de Dieu,
 mais alors tu t'approches, toi Jésus sauveur,
et tu me souffles au cœur ces mots d'une forte douceur:
«Relève-toi, et n'aie pas peur!»

Comme il advint jadis aux Douze
après le funèbre Vendredi,
il m'arrive parfois de me retirer dans la crainte
et de te voir comme un inconnu terrifiant,
mais alors tu me rassures, toi Jésus sauveur,
en me disant avec une infinie tendresse:
«N'aie pas peur, c'est moi!»

Je te remercie, Jésus sauveur,
de ta présence libératrice de peur
et donneuse de paix.
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«Je n'ai plus peur de rien, 
car l'Amour chasse la peur.»
(Patriarche Athénagoras)
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Bonne journée!

Jean-Yves 


samedi 27 novembre 2021

« Votre rédemption approche » / (372,330)

 Bonjour!

Dimanche 28 novembre 2021


Photo:

Stéphanie Drolet - L'Islet.

Tous nos paysages ressemblent à ceci depuis hier...

 Magnifique!

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Temps de l'Avent.

Le thème de cette année:

«Avec Lui, espérer encore.»

De nouveaux chemins pour vivre notre foi?...

Premier dimanche de l'Avent

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...

ÉVANGILE

« Votre rédemption approche » (Lc 21, 25-28.34-36)

Alléluia. Alléluia.
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut.
Alléluia. (Ps 84, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là,
Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
    « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles.
Sur terre, les nations seront affolées et désemparées
par le fracas de la mer et des flots.
    Les hommes mourront de peur
dans l’attente de ce qui doit arriver au monde,
car les puissances des cieux seront ébranlées.
    Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée,
avec puissance et grande gloire.
    Quand ces événements commenceront,
redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.

    Tenez-vous sur vos gardes,
de crainte que votre cœur ne s’alourdisse
dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie,
et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste
    comme un filet ;
il s’abattra, en effet,
sur tous les habitants de la terre entière.
    Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous aurez la force
d’échapper à tout ce qui doit arriver,
et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Restez éveillés et priez en tout temps » (Lc 21,36). Voilà le conseil que nous donne Jésus pour vivre ce temps de l’Avent qui commence. Mais comment parvenir à prier en tout temps et à veiller sans cesse ?

La veille et la prière ne consistent pas seulement en des moments déterminés, recueillis, à genoux devant le Seigneur. Ces temps forts font bien sûr partie de la veille et de l’adoration et ce sanctuaire est un vivant témoin de ce que tout chrétien est appelé à vivre. Mais c’est surtout à un état de grâce intérieur que le Christ nous invite en nous appelant à nous tourner vers Lui.

Cette attraction de l’esprit, cet éveil du cœur, ce sentiment de l’âme font ce qu’on appelle la vigilance. Comme un murmure intérieur, paisible, ferme, qui, peu à peu, imprègne notre être tout entier.

La vigilance appelle tout d’abord à une attention : quelque chose n’est pas là et notre esprit est en attente. Or pour attendre, il faut patienter, c’est-à-dire pâtir, souffrir selon l’étymologie du verbe. La vigilance est donc d’abord consentement à du transitoire qui nous laisse insatisfait, consentement à la dimension temporaire de notre vie. Il en coûte parfois de vivre dans ce monde qui passe et de ne pas goûter encore à celui qui advient. Il en coûte comme de l’attente d’un enfant. Ce temps est pourtant indispensable pour se préparer au face-à-face, à la rencontre.

La vigilance est donc une attitude intérieure de préparation à un avènement. En quoi consiste donc cette préparation ? La règle de saint Benoît nous l’enseigne en nous apprenant que la vigilance est le premier degré de l’humilité. Est vigilant celui qui est humble, c’est-à-dire celui qui pose un juste regard sur soi, sur l’autre et sur Dieu.

La vigilance n’est donc pas un enfermement sur soi. Elle consiste au contraire à tisser des relations d’amour. Celui que j’attends se donne à moi dans une relation et non dans des idées, des savoirs. L’humble vigilant pose donc à chaque instant un choix, celui de l’amour qui donne et non celui de l’amour qui prend. Ce temps de préparation est un temps d’ajustement à celui qui veut se donner à moi.

En ce début du temps de l’Avent, Jésus nous invite à la vigilance à travers son appel à rester éveillés et à prier en tout temps. Mais sommes-nous prêts à nous ouvrir au Christ ? Vers quel avènement sont réellement tournés nos cœurs ? Vers quel désir, vers quel Avent sont orientées nos vies ? Marana tha, viens Seigneur Jésus !


Abbé Philippe Link / Merci!

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Merci à Stéphanie Drolet pour cette photo.

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Bon dimanche!

Jean-Yves 

vendredi 26 novembre 2021

« Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver » / (372,269)

Bonjour!

Samedi 27 novembre 2021 



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver » (Lc 21, 34-36)

Alléluia. Alléluia.
Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous pourrez vous tenir debout devant le Fils de l’homme.
Alléluia. Évangile (cf. Lc 21, 36)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Tenez-vous sur vos gardes,
de crainte que votre cœur ne s’alourdisse
dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie,
et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste
    comme un filet ;
il s’abattra, en effet,
sur tous les habitants de la terre entière.
    Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous aurez la force
d’échapper à tout ce qui doit arriver,
et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

C’est sur ce vibrant appel à la vigilance, que Jésus termine son discours et que l’Eglise clôture cette Année liturgique.

Pris en dehors de leur contexte apocalyptique, les quelques versets que nous méditons aujourd’hui résonnent comme un vibrant appel à la vigilance. Une vigilance de tout temps et qui ne peut se relâcher sous aucun prétexte, car notre « adversaire, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer » (1 P 5, 8). Jaloux de notre liberté filiale, il tente de nous séduire par les fascinations de ce monde, de manière à ce que notre cœur, alourdi par les convoitises, tombe dans la débauche ou dans la préoccupation excessive pour les choses qui passent.

La seule, l’unique manière de ne pas être pris aux filets de l’oiseleur, est de nous « débarrasser de tout ce qui nous alourdit, et d’abord du péché qui nous entrave si bien » (He 12, 1) ; et de ne pas quitter des yeux celui qui est « à l’origine et au terme de notre foi : Jésus Christ. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l’humiliation de la croix, et, assis à la droite de Dieu, il règne avec lui » (He 12, 2).

Si nous voulons « être jugés dignes de paraître debout devant le Fils de l’homme », il nous faut nous conformer autant que nous le pouvons à sa manière d’agir, afin que progressivement, nous puissions dire avec saint Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd’hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi » (Ga 2, 20).

C’est bien pour nous aider sur ce chemin qui nous rapproche toujours davantage du Christ, que l’Eglise, année après année, nous fait revisiter tous les saints mystères de Notre Sauveur, afin qu’ils nous pénètrent de leur grâce et nous transforment en Celui que nous y contemplons.

Que la conscience des bienfaits dont Dieu nous a comblés tout au long de cette Année liturgique qui s’achève, et la certitude qu’il nous comblera davantage encore au cours de celle qui commence, remplissent nos cœurs d’action de grâce et de louange, afin que l’Eglise constitue au cœur du monde, le « sacerdoce saint présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus » (1 P 2, 5).


Abbé Philippe Link / Merci

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«Comment es-tu foyer de feu

et fraîcheur de la fontaine,

une brûlure, une douceur

qui rend saines nos souillures?


(Hymne - Liturgie de heures - Ce matin.)

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Comment Dieu agit-il dans nos vies?


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L'urgence c'est d'arriver à être ensemble... En Église...

Ça prend un synode pour s'ajuster à marcher ensemble...

Laissons-nous travailler par l'Esprit...


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Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 25 novembre 2021

« Lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche » / (372,192)

 Bonjour!

Vendredi 26 novembre 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche » (Lc 21, 29-33)

Alléluia. Alléluia.
Redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.
Alléluia. (Lc 21, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus dit à ses disciples cette parabole :
« Voyez le figuier et tous les autres arbres.
    Regardez-les :
dès qu’ils bourgeonnent,
vous savez que l’été est tout proche.
    De même, vous aussi,
lorsque vous verrez arriver cela,
sachez que le royaume de Dieu est proche.
    Amen, je vous le dis :
cette génération ne passera pas
sans que tout cela n’arrive.
    Le ciel et la terre passeront,
mes paroles ne passeront pas. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Qui d’entre nous ne s’est pas plaint de la lenteur avec laquelle le Seigneur accomplit sa promesse ? Le doute ne s’est-il jamais insinué dans nos cœurs quant au bien-fondé de notre espérance ?

La réponse de Jésus ne laisse place à aucune hésitation : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas ». Non la promesse n’est pas vaine, elle concerne notre humanité et s’accomplira en temps voulu pour celui qui sait attendre dans la foi et persévérer dans l’espérance. « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard, confirme saint Pierre, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion » (2 P 3, 9). D’ailleurs, la Parole n’est-elle pas déjà en train de s’accomplir ? Ne sommes-nous pas déjà témoins de l’action libératrice et guérissante de la grâce dans nos vies ?

Puisque « la longue patience du Seigneur est notre salut » (2 P 3, 14), mettons à profit le temps qui nous est donné pour nous convertir, afin que lors du jugement, nos noms soient « inscrits sur le livre de vie » (Ap 20, 15). Oui nous le croyons, un jour nous verrons « un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre auront disparu, et il n’y aura plus de mer. Et nous verrons descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, toute prête, comme une fiancée parée pour son époux » (Ap 21, 1-2).

Seigneur au cœur de notre monde qui erre encore dans la nuit, secoué par la violence meurtrière : guerres, attentats, famines, pandémies, apprends-nous à porter à nos frères le flambeau de l’espérance. “Le ciel et la terre passeront, tes paroles ne passeront pas” : en temps voulu, tu réaliseras ta promesse, et tu nous rassembleras tous, de toutes nations, peuples, langues, en une seule famille sous ta houlette de Roi-Pasteur dont “la royauté ne sera pas détruite”.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves


mercredi 24 novembre 2021

« Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli »( / 372,089)

 Bonjour!

Jeudi 25 novembre 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli » (Lc 21, 20-28)

Alléluia. Alléluia.
Redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.
Alléluia. (Lc 21, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées,
alors sachez que sa dévastation approche.
    Alors, ceux qui seront en Judée,
qu’ils s’enfuient dans les montagnes ;
ceux qui seront à l’intérieur de la ville,
qu’ils s’en éloignent ;
ceux qui seront à la campagne,
qu’ils ne rentrent pas en ville,
    car ce seront des jours où justice sera faite
pour que soit accomplie toute l’Écriture.
    Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes
et celles qui allaiteront en ces jours-là,
car il y aura un grand désarroi dans le pays,
une grande colère contre ce peuple.
    Ils tomberont sous le tranchant de l’épée,
ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ;
Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens,
jusqu’à ce que leur temps soit accompli.
    Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles.
Sur terre, les nations seront affolées et désemparées
par le fracas de la mer et des flots.
    Les hommes mourront de peur
dans l’attente de ce qui doit arriver au monde,
car les puissances des cieux seront ébranlées.
    Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée,
avec puissance et grande gloire.

    Quand ces événements commenceront,
redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Nous sommes au cœur de la « grande apocalypse » de Saint Luc, qui diffère notablement des parallèles en Matthieu et Marc. Saint Luc inclut en effet dans le discours symbolique de la fin des temps, le récit historique de la destruction de Jérusalem en 70 par les armées de Titus. Les historiens rapportent que les habitants qui le purent s’enfuirent vers la montagne, empêchant ceux qui étaient à la campagne de rentrer dans la Ville.

Ce procédé littéraire suggère que le retour du Seigneur, annoncé en fin de péricope, n’est pas à attendre dans un lointain avenir, mais qu’il coïncide avec les événements dramatiques de notre temps ; peut-être ceux que nous avons à affronter dans notre vie personnelle ces jours-ci.

Au cœur de son discours, Jésus prononce ce verset mystérieux : « Ce seront des jours où Dieu fera justice pour accomplir toute l’Ecriture ». Or dans tout son Evangile, Luc – comme les autres hagiographes – insiste sur le fait que c’est en Jésus et en lui seul que s’accomplissent les Ecritures. Plus précisément, c’est dans la Passion de son Fils que Dieu « fait justice » à son peuple pour accomplir toute l’Ecriture, qui annonçait le temps de la miséricorde, de la réconciliation, de la paix.

Ainsi donc, aux jours de la destruction de Jérusalem, et d’une façon plus large : aux jours d’épreuve de nos vies, alors que tout semble perdu, Dieu en réalité « fait justice » et accomplit sa promesse de salut. Une telle proposition ne trouve bien sûr son sens qu’aux yeux de la foi, et d’une foi bien ancrée, car il n’est pas facile de discerner le travail de l’amour divin au cœur des souffrances purificatrices ! Pourtant, nous touchons ici un thème récurrent dans la Bible : les épreuves, les catastrophes, ne sont jamais définitives ; elles n’ont jamais le dernier mot : « Jérusalem sera piétinée par les païens – y a-t-il épreuve plus terrible pour le Juif pieux ? Abandon plus radical de la part de son Dieu ? – jusqu’à ce que le temps des païens soit achevé ». Le Seigneur lui-même semble compter les jours de détresse pour ne pas charger exagérément son peuple, mais ne lui infliger qu’une punition médicinale.

Seul celui qui aura gardé les yeux fixés sur Jésus crucifié, c’est-à-dire sur le mystère de solidarité de Dieu avec l’humanité marquée par le péché, « verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire ». Chaque vendredi saint annonce une Pâque à qui sait l’attendre et l’espérer.

Quand vient la Croix, il est bien vrai que nous courbons la tête – voire même l’échine lorsque le joug se fait trop lourd. Cela vaut pour nos épreuves personnelles, comme pour celles que nous traversons en tant que membres de l’Église. Le sort du chrétien engagé dans le travail d’enfantement du monde nouveau, ressemble bien à ce que décrit Saint Paul : « À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés ; nous sommes désorientés, mais non pas désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Partout et toujours nous subissons dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. En effet, nous les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre existence mortelle. Car nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui » (2 Co 4, 8-14).

Fort de cette promesse, et quelle que soit l’épreuve que nous traversions, « redressons-nous » donc et « relevons la tête », car « notre rédemption approche ».


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves

mardi 23 novembre 2021

« Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu » / (372,026)

 Bonjour!

Mercredi 24 novembre 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu » (Lc 21, 12-19)

Alléluia. Alléluia.
Sois fidèle jusqu’à la mort, dit le Seigneur,
et je te donnerai la couronne de la vie.
Alléluia. (Ap 2, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ;
on vous livrera aux synagogues et aux prisons,
on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs,
à cause de mon nom.
    Cela vous amènera à rendre témoignage.
    Mettez-vous donc dans l’esprit
que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
    C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse
à laquelle tous vos adversaires
ne pourront ni résister ni s’opposer.
    Vous serez livrés même par vos parents,
vos frères, votre famille et vos amis,
et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
    Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
    Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
    C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« On portera la main sur vous et l’on vous persécutera… Ce sera pour vous l’occasion de rendre témoignage. » Voici la récompense attribuée au disciple du Christ : la persécution qui lui donnera l’occasion de rendre témoignage. Rendre témoignage de l’amour dont Dieu nous a aimé en son Fils Jésus Christ venu nous sauver. En effet, Jésus nous a aimé sans retour en se donnant tout entier pour nous. Et c’est bien dans ce mouvement que nous sommes invités à entrer lorsque nous devenons sujets de persécutions.

Tout disciple qui a choisi de mettre ses pas dans ceux du Christ est appelé à être martyr, c’est-à-dire témoin. Jésus nous dit dans l’évangile (Mc 8, 34) : “Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.” La sainteté chrétienne consiste bien dans cette sequela Christi (« suite du Christ ») dont le martyre constitue l’idéal de perfection en tant que manière la plus parfaite d’imiter le Christ dans son don d’amour total pour les hommes. Être martyr, rendre témoignage, c’est accomplir cette parole de saint Paul dans toute sa radicalité : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 3, 20).

Notre attitude de chrétien ne saurait ne pas susciter de réactions. Attention aux lieux où l’on observe le plein consensus. Attention aux lieux où l’on s’applaudit les uns les autres, où l’on s’entoure de privilèges. Le chrétien qui se veut véritable disciple du Christ ne saurait s’accommoder de cela. Il ne s’agit pas de rechercher l’adversité à tout prix mais nous aurions grand bénéfice à nous interroger sur l’authenticité de notre témoignage si nous ne la suscitions à aucun moment.

Au cœur même des souffrances subies à cause de lui, le Christ ne nous abandonne pas : « Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction » (Cf. Evangile).

Esprit de force et d’amour, assiste-nous pour faire de nous des témoins authentiques de l’Évangile, de véritables disciples du Christ qui n’hésitent pas, dans la charité, à payer de leur personne là où leur témoignage de chrétiens l’exige.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves