mardi 9 août 2022

« Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera » / Fête de saint Laurent, diacre et martyr... / (389,184)

 Bonjour!

Mercredi 10 août 2022

Fête de saint Laurent, diacre et martyr.

Jeune diacre, brûlé vif à Rome en 258. Comme on voulait lui arracher le secret des "richesses" de l'Église, il répondit en montrant des miséreux: «Voilà les richesses de l'Église; ils convertissent nos aumônes en trésors impérissables!»

Le fleuve qui coule devant La Pocatière

 porte le nom de Fleuve Saint-Laurent.

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Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera » (Jn 12, 24-26)

Alléluia. Alléluia.
Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
dit le Seigneur,
il aura la lumière de la vie.
Alléluia. (cf. Jn 8, 12bc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul ;
mais s’il meurt,
il porte beaucoup de fruit.
    Qui aime sa vie
la perd ;
qui s’en détache en ce monde
la gardera pour la vie éternelle.
    Si quelqu’un veut me servir,
qu’il me suive ;
et là où moi je suis,
là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert,
mon Père l’honorera. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Un hymne Ambrosien du Vème siècle célèbre ainsi la mémoire de saint Laurent : « La Foi des chrétiens de Rome a mis l’archidiacre Laurent au même rang de sainteté que les Apôtres pour une même couronne de martyr ».

Il est vrai que dans les premiers siècles de l’Église, saint Laurent était en grand honneur. En témoigne à Rome le fait que plus de trente églises portent son nom. La basilique construite par l’empereur Constantin à l’emplacement de sa sépulture a toujours été l’une des plus visitées par les pèlerins après les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul.

Saint Laurent est mort martyr au temps de la persécution de Dèce en 258. Les textes de sa fête nous ramènent aux vertus qui le caractérisaient d’une façon toute particulière.

La première lecture nous dit : « L’homme qui donne aux pauvres à pleines mains demeure juste pour toujours. » Nul doute que saint Paul se réfère ici au verset suivant du psaume que la liturgie a retenu pour ce jour : « A pleines mains, il donne au pauvre ; à jamais se maintiendra sa justice, sa puissance grandira, et sa gloire ! » Saint Laurent avait, en effet, en tant que diacre la charge d’administrer les biens de l’Église et particulièrement celle de veiller aux plus nécessiteux de la communauté. Il l’assuma avec sainteté gardant toujours au cœur le souci des plus pauvres et des plus démunis. Sa passion s’en fait l’écho lorsqu’elle rapporte qu’il subit son martyre après avoir distribué aux pauvres les biens de la communauté chrétienne de Rome.

Saint Laurent vivait ainsi dans la dynamique du don qu’il allait manifester de la façon la plus haute. Il n’est pas fortuit que les textes de la liturgie de ce jour insistent sur le don. C’est là le secret de la sainteté, le témoignage de la vie divine accueillie en plénitude dans une existence. Car c’est bien la vie divine que vise à partager le chrétien. Et pour atteindre cet objectif, il n’y a qu’un chemin : celui que Jésus a ouvert devant nous en donnant sa vie par amour des pécheurs : « Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. » (Cf. Évangile)

Il s’agit de mourir à soi pour porter un fruit de vie et un jour avoir part soi-même en plénitude à la vie même de Dieu. Jésus nous le rappelle : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. » (Cf. Évangile)

Saint Laurent a compris cela et il en a témoigné jusque dans sa mort. Diacre, ministre du sang du Christ, il le fut en répandant son propre sang pour le nom du Christ.

Seigneur, à ta suite et à l’image de saint Laurent ton martyr, donne-nous la grâce d’entrer dans la même dynamique de don de nous-mêmes. Donner par Amour est la seule chose qui puisse donner sens à toute une vie dans un monde où il ne semble y avoir d’autres valeurs que la logique du profit et de l’intérêt personnel ou de groupe. Seigneur, que ton Esprit d’Amour vienne dilater nos cœurs et ouvrir nos mains !


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 8 août 2022

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits » / (389,149)

 Bonjour!

Mardi 9 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits » (Mt 18, 1-5.10.12-14)

Alléluia. Alléluia.
Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples, dit le Seigneur,
car je suis doux et humble de cœur.
Alléluia. (cf. Mt 11, 29ab)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

À ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Qui donc est le plus grand
dans le royaume des Cieux ? »
    Alors Jésus appela un petit enfant ;
il le plaça au milieu d’eux,
    et il déclara :
« Amen, je vous le dis :
si vous ne changez pas
pour devenir comme les enfants,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
    Mais celui qui se fera petit comme cet enfant,
celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.
    Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom,
il m’accueille, moi.
    Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits,
car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux
voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.

    Quel est votre avis ?
Si un homme possède cent brebis
et que l’une d’entre elles s’égare,
ne va-t-il pas laisser les 99 autres
dans la montagne
pour partir à la recherche de la brebis égarée ?
    Et, s’il arrive à la retrouver,
amen, je vous le dis :
il se réjouit pour elle
plus que pour les 99
qui ne se sont pas égarées.
    Ainsi, votre Père qui est aux cieux
ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? », demandent les disciples à Jésus. Cette question est belle, sans doute n’en posons-nous pas assez de cet ordre ! Les disciples s’enquièrent de l’idéal de perfection dans le Royaume des cieux, c’est-à-dire dans la vie spirituelle. Ils nous montrent ainsi qu’il faut avoir de l’ambition dans notre marche vers la sainteté. Il faut la désirer et ne pas hésiter à placer haut la barre.

« Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : ‘Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants…’ ». Par ce geste et ces quelques mots, le Seigneur renverse tous les codes.

D’abord, il choisit un enfant, c’est-à-dire, à l’époque, quelqu’un qui n’a pas grande importance, quelqu’un que l’on n’accueille pas. En faisant ainsi, Jésus dit que celui qui est le plus grand dans le Royaume est tenu pour rien en ce monde. Il dit aussi que c’est en accueillant ceux qui ne comptent pas qu’on peut devenir comme les plus grands dans le Royaume.

Mais Jésus demande aussi de changer pour devenir comme un petit enfant. Notre situation est donc doublement éloignée de la perfection évangélique : nous ne sommes pas comme des petits enfants et nous ne savons pas changer comme il convient (pour autant que nous changions). Là est peut-être le secret de l’enfance : accepter le changement continuel, savoir s’ajuster sans cesse. Les âges se suivent et ne se ressemblent pas, les adultes conseillent et orientent, les événements créent des ouvertures ou barrent un chemin. L’enfant accueille avec souplesse et s’adapte. Ainsi dans le Royaume on ne peut jamais s’installer. Le changement est toujours nécessaire parce qu’on peut toujours aimer plus, aimer mieux.

Enfin, l’enfant est placé au milieu du groupe des disciples, c’est-à-dire au cœur de la communauté chrétienne, c’est-à-dire à la place du Christ. Le Seigneur Jésus vient à nous comme un enfant. Il s’humilie et demande qu’on l’accueille ainsi. Il se fait pauvre et demande que nous suivions son exemple.

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits », nous prévient-il. Dans le Royaume que Jésus est venu inaugurer, la grandeur se mesure par la petitesse. Mépriser quelqu’un, c’est dire qu’on se prétend important, ou plus important que d’autres. Ces sentiments ne sont pas ceux qui ont cours dans le Royaume. Le Père des cieux aime chacun de ses enfants. Jésus dit « un seul de ces petits » car aux yeux de Dieu tous sont uniques. Dieu ne connaît pas les comparatifs, il ne sait compter que jusqu’à un.

Pour le montrer Jésus raconte une parabole. Un homme possède cent brebis, ce qui est énorme. Si une brebis se perd, l’homme ne se demande pas si elle l’a cherché, si elle l’a mérité. Il se soucie d’elle et part. Il parque les 99 brebis et il part à la recherche de celle qui lui manque. La montagne est dangereuse, il sait que le risque est grand qu’elle soit perdue. Mais, « s’il parvient à la retrouver », il se réjouit du grand danger auquel elle a échappé et la reprend dans le troupeau. Sans doute la place-t-il au milieu du troupeau, le plus en sécurité. Car « votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu ».

Gardons-nous bien d’exclure qui que ce soit, notre Père des cieux n’agit pas ainsi. Laissons-nous au contraire entraîner par le mouvement perpétuel de l’amour du Christ, qui permet de se décentrer de soi et de découvrir, au milieu, le petit enfant dans lequel notre Seigneur demande à être accueilli.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Quelques pensées... à prendre ou la laisser...

«Nous avons toujours besoin de passer par quelqu'un 
pour nous atteindre au plus secret de nous-même.»
(Philippe Cochinaux)
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«L'amour n'est pas seulement un sentiment:
 c'est un art.
Et comme tous les arts,
 l'inspiration ne lui suffit pas,
 il faut aussi beaucoup de travail.»
(Paulo Coelho)
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Le Royaume de Dieu, nous le construisons aussi; 
nous participons à sa construction 
avec nos talents et notre travail.
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Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 7 août 2022

« Ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. Les fils sont libres de l’impôt » / (389,102)

Bonjour!

Lundi 8 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 



ÉVANGILE

« Ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. Les fils sont libres de l’impôt » (Mt 17, 22-27)

Alléluia. Alléluia.
Par l’annonce de l’Évangile,
Dieu vous appelle à partager
la gloire de notre Seigneur Jésus Christ.
Alléluia. (cf. 2 Th 2, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    comme Jésus et les disciples étaient réunis en Galilée,
il leur dit :
« Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ;
    ils le tueront
et, le troisième jour, il ressuscitera. »
Et ils furent profondément attristés.
    Comme ils arrivaient à Capharnaüm,
ceux qui perçoivent la redevance des deux drachmes pour le Temple
vinrent trouver Pierre et lui dirent :
« Votre maître paye bien les deux drachmes, n’est-ce pas ? »
    Il répondit :
« Oui. »
Quand Pierre entra dans la maison,
Jésus prit la parole le premier :
« Simon, quel est ton avis ?
Les rois de la terre,
de qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ?
De leurs fils, ou des autres personnes ? »
    Pierre lui répondit :
« Des autres. »
Et Jésus reprit :
« Donc, les fils sont libres.
    Mais, pour ne pas scandaliser les gens,
va donc jusqu’à la mer,
jette l’hameçon,
et saisis le premier poisson qui mordra ;
ouvre-lui la bouche,
et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes.
Prends-la, tu la donneras pour moi et pour toi. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Tout juif de sexe masculin payait au Temple de Jérusalem la somme annuelle de deux drachmes. Même celui vivant en diaspora se faisait un honneur de s’en acquitter, en signe de son appartenance au peuple élu. Le Temple disposait de sa propre monnaie, ce qui explique la présence de changeur en son sein comme cela est mentionné en Mt 21, 12. Ajoutons qu’après la destruction du Temple, les romains maintiendront l’obligation de payer cette taxe mais de façon cynique, ils en affecteront le produit au Temple de Jupiter à Rome.

La question soulevée dans l’évangile est celle de savoir si Jésus payait cet impôt. A ceux qui l’interrogent à ce sujet, spontanément, sans trop réfléchir, Pierre répond affirmativement. Le maître ne peut qu’être en règle. Mais Jésus a entendu et il va en profiter pour conduire Pierre un peu plus loin dans la découverte du mystère de sa personne : « Simon, quel est ton avis ? Les rois de la terre, sur qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ? Sur leurs fils, ou sur les autres personnes ? »

Les souverains ne réclament de taxes que de leurs esclaves et non de leurs fils. « Donc, les fils sont libres », libres parce qu’ils ne sont soumis à rien en échange de quoi leur père les considérerait comme ses fils. En effet, la relation paternelle est pure gratuité en dehors de toute dialectique maître/esclave.

Si cela est vrai pour les rois de ce monde, a fortiori cela est-il vrai pour Dieu, le Roi des rois, le Souverain maitre du ciel et de la terre. Le Temple désignait pour les juifs la réalité de la présence de Dieu au milieu de son peuple. On comprend dès lors que celui qui est le Fils n’ait rien à payer à son Père.

Toutefois, étant donné que Pierre l’a engagé, Jésus va consentir à payer l’impôt et ce, bien qu’il soit le Fils de Celui qui est adoré dans le Temple. Il va même aller plus loin en se faisant solidaire de ce que Pierre devait lui-même payer. Non seulement il va satisfaire à la redevance dont il est exonéré en tant que Fils, mais il va également payer celle de son disciple. En un seul don, représenté par l’unique « statère » (qui vaut quatre drachmes), il s’acquitte de cette double dette.

Le fait que cette pièce se trouve dans un poisson n’est pas fortuit. Nous pouvons très bien lire dans ce poisson péché dans la mer le Christ victorieux des eaux de la mort, qui s’est uni à notre humanité pour nous acquitter de la dette de notre péché et nous redonner accès à notre dignité de fils de Dieu.

Nous comprenons dès lors mieux pourquoi ce passage succède à l’annonce par Jésus de sa passion et de sa résurrection : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera ». Face à ces disciples attristés, Jésus donne à travers cet épisode le sens et la finalité de ces paroles.

 Merci Père pour la gratuité de ton Amour manifesté en ton Fils qui s’est rendu solidaire de nous jusque dans notre mort pour nous arracher à notre péché et nous permettre de nous tenir à nouveau debout devant toi, comme des fils devant leur Père, un Père qui ne saurait monnayer son amour et sa fidélité envers eux.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 


samedi 6 août 2022

« Vous aussi, tenez-vous prêts » / (389,072)

 Bonjour!

Dimanche 7 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...



ÉVANGILE

« Vous aussi, tenez-vous prêts » (Lc 12, 32-48)

Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y pensez pas
que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Sois sans crainte, petit troupeau :
votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
    Vendez ce que vous possédez
et donnez-le en aumône.
Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas,
un trésor inépuisable dans les cieux,
là où le voleur n’approche pas,
où la mite ne détruit pas.
    Car là où est votre trésor,
là aussi sera votre cœur.
    Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
    Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
    Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
    S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils !
    Vous le savez bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »
    Pierre dit alors :
« Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole,
ou bien pour tous ? »
    Le Seigneur répondit :
« Que dire de l’intendant fidèle et sensé
à qui le maître confiera la charge de son personnel
pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Vraiment, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si le serviteur se dit en lui-même :
‘Mon maître tarde à venir’,
et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes,
à manger, à boire et à s’enivrer,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
il l’écartera
et lui fera partager le sort des infidèles.
    Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître,
n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté,
recevra un grand nombre de coups.
    Mais celui qui ne la connaissait pas,
et qui a mérité des coups pour sa conduite,
celui-là n’en recevra qu’un petit nombre.
À qui l’on a beaucoup donné,
on demandera beaucoup ;
à qui l’on a beaucoup confié,
on réclamera davantage. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.


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     Commentaire..   

L’attitude du chrétien est donc bien celle de la vigilance et de la veille : « vous aussi, tenez-vous prêts … restez en tenue de service, gardez vos lampes allumées. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ».

Veiller, c’est rester mobilisés parce qu’on espère en la promesse de Dieu. Veiller, comme le Christ nous le demande, c’est adopter une posture particulière dans notre société qui, trop souvent, nous déresponsabilise, nous sert du prêt-à-penser et nous plonge dans un attentisme stérile.

Saint Jean-Paul II avait lancé cet appel aux jeunes : « soyez les sentinelles du matin ». Veiller, c’est s’arracher à nos habitudes et nos routines pour dépasser sans cesse le cadre de nos projets, afin de vivre davantage en hommes et femmes de la promesse guettant l’aube des temps nouveaux de l’Evangile.

Qui se laisse guider par la foi consent à placer sa confiance en Dieu au point de devenir libre de se détacher de ses projets. Tous ces rêves de richesse ou de puissance que nous jetons devant nous et qui prennent corps à partir de nous-mêmes, taillés à notre mesure humaine.

Certes, le disciple du Christ ne renonce pas à forger des projets, il n’est appelé ni à l’angélisme ni à la paresse. Il se tient debout dans l’existence, conscient d’être responsable de construire sa vie. Mais la foi lui garde les yeux fixés sur la promesse indéfectible du Royaume, qui reste de l’ordre de la grâce, garantie par le Christ.

Nous avons tous des projets pour notre vie, c’est légitime et positif. Surtout pour les plus jeunes d’entre nous, qui souhaitent assurer un avenir heureux. Cependant, la foi nous conduit à accepter dans la confiance, l’appel du Seigneur qui, souvent, nous déroute et nous fait vivre de l’insoupçonné.

Lorsque nous accueillons l’Évangile en vérité, il fait surgir dans notre vie l’imprévu de Dieu, qui interroge nos projets personnels, et nous oblige à les réviser à la lumière du message du Christ. Oui, notre foi nous fait connaître des réalités que, livrés à nous-mêmes, nous sommes incapables de percevoir. Seule la Parole de Dieu peut éduquer notre regard, qui deviendra capable d’entrevoir la vérité du réel de nos vies, et nous donner d’espérer.

Ce fut l’aventure d’Abraham, celle des apôtres qui ont suivi le Christ, celle de tant de saints de nos régions, que nous aimons vénérer avec ferveur. Cette lignée de croyants a consenti, à des époques différentes, à se laisser conduire par le Seigneur. Cette aventure de confiance, de liberté et de croissance, c’est le chemin de la sainteté. Cette sainteté que nous osons demander au Père :

Seigneur, fais-moi la grâce de me laisser conduire par ta Parole, dans la confiance. Accorde-moi suffisamment de souplesse pour me laisser dérouter par Toi sans rechigner, sans désespérer. Donne-moi un cœur suffisamment désencombré et pauvre pour que j’accepte de me dessaisir de mes projets personnels pour toujours m’en remettre à Ta promesse. Car tu es mon Dieu, tu m’aimes et tu m’offres ton Royaume. Fais de moi le veilleur d’une humanité renouvelée dans l’amour. Je porterai alors ta lumière parmi mes frères, au cœur de ce monde qui veut espérer en demain.


Abbé Philippe Link // Merci!

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«Que personne ne vienne à vous 

sans repartir meilleur et plus joyeux.»

(Mère Teresa)

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Bon dimanche!

Jean-Yves 

vendredi 5 août 2022

« Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre » / (389,042)

Bonjour!

Samedi 6 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre » (Lc 9, 28b-36)

Alléluia. Alléluia.
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le !
Alléluia. (Mt 17, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc



En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques,
et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait,
l’aspect de son visage devint autre,
et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui :
c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire.
Ils parlaient de son départ
qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ;
mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus,
et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui,
quand Pierre dit à Jésus :
« Maître, il est bon que nous soyons ici !
Faisons trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler,
qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ;
ils furent saisis de frayeur
lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils,
celui que j’ai choisi :
écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre,
il n’y avait plus que Jésus, seul.

Les disciples gardèrent le silence
et, en ces jours-là,
ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La liturgie d’aujourd’hui nous invite à tourner notre regard vers le Fils de Dieu qui, sur la montagne, comme s’accordent à le rapporter les évangiles synoptiques, est transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean, tandis que d’une nuée, la voix du Père proclame : « Celui est mon Fils, celui que j’ai choisi ; écoutez-le ».

Jésus est bien au centre de la scène de la Transfiguration. C’est vers lui que convergent deux témoins de la Première Alliance : Moïse le médiateur de la Loi et Elie le prophète du Dieu vivant. La présence de ces deux personnages ainsi que la voix venant du ciel nous montrent clairement que nous assistons à une théophanie, une manifestation de Dieu en son Fils Jésus-Christ. Comment ne pas penser ici aux théophanies dont Moïse et Elie furent témoins sur la montagne de Dieu, le Sinaï-Horeb (Ex 19,9s ; 24, 15-18 et 1 R 19, 8-18) !

Jésus apparaît totalement transfiguré par la gloire de Dieu. Et cette gloire suscite la frayeur chez les trois disciples ou plutôt cette crainte révérencielle que l’on éprouve en présence de la divinité. Mais elle provoque en même temps la joie de saint Pierre : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ». Ce dernier se voit ainsi confirmé dans la confession de foi en la messianité de Jésus qu’il avait prononcée peu de temps avant comme nous le rapporte saint Matthieu dans son évangile : « Tu es le Christ le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16).

Mais si la vision et la voix venue du ciel confirment saint Pierre, elles ratifient aussi la révélation que Jésus avait faite à ses disciples après la confession de Pierre à Césarée. Cette révélation se trouve d’ailleurs être l’objet de sa discussion avec Moïse et Elie : cet « exode » dont Jérusalem va être le point de « départ » ; ce passage par la mort, nécessaire à l’entrée dans la gloire. Ainsi, la Transfiguration consacre la révélation de Jésus, Fils de l’homme (Dn 7) souffrant et glorieux, dont la mort et la résurrection accompliront les Ecritures. D’ailleurs la voix du Père invite à écouter le Fils, à l’écouter lorsqu’il annonce qu’il doit aller à Jérusalem pour y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, y être tué et le troisième jour ressusciter (Mt 16, 21).

 Jusqu’ici Pierre ne pouvait mettre ensemble la gloire et la souffrance. La Transfiguration lui donne de découvrir que le Fils du Dieu vivant ne pourra entrer dans la gloire et dans le plein épanouissement de sa dignité filiale que par la voie de la souffrance et de la croix.

Cette expérience anticipée de la gloire du Christ sera pour les trois disciples, que nous retrouverons un peu plus tard dans l’évangile sur une autre montagne, le Calvaire, un soutien pour leur foi dans leur participation au mystère de la Croix. N’est-ce pas le même rôle que joue pour nous toute rencontre authentique avec le Seigneur Jésus, en attendant d’être pleinement transfigurés en lui lors de son retour glorieux ?

 Seigneur, en ce jour, que l’événement de ta Transfiguration jette sa lumière éblouissante sur notre vie quotidienne et oriente notre esprit vers le destin immortel qu’il nous révèle !


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Toute la Trinité est apparue : le Père dans la voix, le Fils dans l’homme et l’Esprit dans le nuage lumineux » (Saint Thomas d’Aquin)

  • « Avec Pierre, Jacques et Jean, nous montons nous aussi aujourd’hui sur la montagne de la Transfiguration, et nous nous arrêtons pour contempler le visage de Jésus, pour recueillir son message et l’appliquer dans notre vie ; afin que nous aussi nous soyons transfigurés par l’amour » (François)

  • « Au seuil de la vie publique : le Baptême ; au seuil de la Pâque : la Transfiguration (…) nous donne un avant-goût de la glorieuse venue du Christ "qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire" (Ph 3, 21). Mais elle nous rappelle aussi "qu’il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu" (Ac 14,22) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 556)




Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 4 août 2022

« Que pourra donner l’homme en échange de sa vie ? » / (389,010)

 Bonjour!

Vendredi 5 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Que pourra donner l’homme en échange de sa vie ? » (Mt 16, 24-28)

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
    Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra,
mais qui perd sa vie à cause de moi
la trouvera.
    Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
si c’est au prix de sa vie ?
Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
    Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges
dans la gloire de son Père ;
alors il rendra à chacun selon sa conduite.

    Amen, je vous le dis :
parmi ceux qui sont ici,
certains ne connaîtront pas la mort
avant d’avoir vu le Fils de l’homme
venir dans son Règne. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera ». Notre vie semble sérieusement menacée en ce monde, au point que tous nos efforts pour la sauver vont s’avérer stériles : nous finirons par la perdre. Seuls celui qui mise tout sur le Christ et se met à sa suite vers cette terre inconnue, sera sauvé et gardera sa vie. Ce départ est cependant un véritable saut dans le vide : « qui perd sa vie à cause de moi ».

La suite n’est pas davantage pour nous rassurer : Jésus nous invite à lever le nez du guidon, et à réfléchir à l’échéance inévitable. Même si nous parvenions à « gagner le monde entier », ou à nous enrichir comme Crésus, tout notre pouvoir et notre avoir ne nous servirait de rien pour échapper à l’étape finale vers laquelle converge et dans laquelle s’épuise toute vie.

Non seulement la mort est inévitable, mais elle n’est pas un simple anéantissement : au-delà du voile, bien des surprises nous attendent ! « Le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite ». Il y aura donc un jugement qui se fera sur base de nos actions en ce monde : sommes-nous sûrs de faire le poids ?

Il est donc grand temps de nous préoccuper de cet « au-delà » de notre vie quotidienne ; mais comment faire puisque par définition, personne n’est revenu de la mort, et que nous ne savons pas ce qui nous attend ?

A moins que le mystérieux voyage auquel Jésus nous invite, consiste précisément en une anticipation de la vie de l’autre côté du voile. Notre-Seigneur nous propose de vivre dès à présent dans les conditions du Royaume auquel la mort nous donnera accès, afin de ne pas être surpris au moment du grand passage.

Nul n’est descendu du ciel sinon le Fils de Dieu fait homme ; et il y est remonté après avoir traversé notre mort, afin de nous préparer une place dans la demeure de Dieu son Père. Si « par le baptême nous avons été mis au tombeau avec le Christ, avec lui nous avons été ressuscité, et notre vie reste cachée avec lui en Dieu » (Col 2, 12 ; 3, 3). C’est à cette vie nouvelle que Jésus nous invite dès à présent. Nous comprenons mieux dès lors qu’il ne sert à rien de nous encombrer de bagages : le seul qui nous soit utile, c’est cette fameuse croix, la seule clé d’accès au Royaume des cieux.

Autrement dit, Jésus nous propose de vivre dès à présent au cœur de ce monde qui passe, comme des citoyens du monde à venir qui ne passera pas. Le pèlerinage auquel nous sommes conviés consiste à devenir ce que nous sommes en vertu de notre baptême : des fils de Dieu dans le Fils unique ; celui-là même qui chaque jour, dans chaque Eucharistie, vient au-devant de nous, pour nous nourrir du pain de la route et nous entraîner à sa suite.

Père, donne-nous assez de confiance pour oser nous détacher de ce monde éphémère, et pour nous attacher de tout notre cœur, de toute notre âme, et de toutes notre force à Jésus. Puissions-nous, dans la force de l’Esprit d’amour, le suivre jour après jour sur le chemin qui conduit jusqu’à toi, Père, dans le Royaume où tu nous attends pour nous donner part à ta propre vie.


Abbé Philippe Link / Merci!

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«En tout homme se trouve une part de solitude
qu'aucune intimité humaine ne peut remplir.
C'est là que Dieu nous rencontre.»
Roger de Taizé
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«Nous devons prendre soin de notre corps
afin que l'âme s'y sente bien.»
(Hildegarde de Bingen)
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«La prière me permet
de placer sous la lumière de Dieu
la réalité de mon être
et d'éclairer mes côtés obscurs.»
(Anselm Grün)
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«Le temps présent
a une valeur hautement positive et c'est là
que Dieu nous fait signe.»
(Michel Wakenheim)
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«Plus d'aurai d'égards envers moi,
plus je réussirai à instaurer la paix en moi.»
(Anselm Grün)
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«Sois le gardien de la porte de ton cœur
(Anselm Grün)
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«Le manque d'amour est la plus grande pauvreté.»
(Mère Teresa)


«Quand on boit
on doit toujours se souvenir de la source.»
(Proverbe vietnamien)
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«Si les hommes comprenaient le langage du silence,
ils seraient plus dieux que bêtes sauvages.»
(Khalil Gibran)
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Bonne journée!

Jean-Yves