jeudi 2 avril 2026

« Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l`esprit » - 603,291 -

 Bonjour.

Vendredi Saint le 3 avril 2026

Voici la Parole de Dieu de ce jour.

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  (Jn 18,1—19,42): Lorsqu'il eut dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples de l'autre côté du torrent du Cédron, où se trouvait un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait ce lieu, parce que Jésus et ses disciples s'y étaient souvent réunis. Judas donc, ayant pris la cohorte, et des gardes qu'envoyèrent les principaux sacrificateurs et les pharisiens, vint là avec des lanternes, des flambeaux et des armes. Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s'avança, et leur dit: «Qui cherchez-vous?». Ils lui répondirent: «Jésus de Nazareth». Jésus leur dit: «C'est moi». Et Judas, qui le livrait, était avec eux. Lorsque Jésus leur eut dit: «C'est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre». Il leur demanda de nouveau: «Qui cherchez-vous?». Et ils dirent: «Jésus de Nazareth». Jésus répondit: «Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci». Il dit cela, afin que s'accomplît la parole qu'il avait dite: «Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés». Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l'oreille droite. Ce serviteur s'appelait Malchus. Jésus dit à Pierre: «Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je pas la coupe que le Père m'a donnée à boire?».

La cohorte, le tribun, et les gardes des Juifs, se saisirent alors de Jésus, et le lièrent. Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne; car il était le beau-père de Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là. Et Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs: «Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple». Simon Pierre, avec un autre disciple, suivait Jésus. Ce disciple était connu du souverain sacrificateur, et il entra avec Jésus dans la cour du souverain sacrificateur; mais Pierre resta dehors près de la porte. L'autre disciple, qui était connu du souverain sacrificateur, sortit, parla à la portière, et fit entrer Pierre. Alors la servante, la portière, dit à Pierre: «Toi aussi, n'es-tu pas des disciples de cet homme?». Il dit: «Je n'en suis point». Les serviteurs et les gardes, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait. Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit: «J'ai parlé ouvertement au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret. Pourquoi m'interroges-tu? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m'ont entendu; voici, ceux-là savent ce que j'ai dit». A ces mots, un des gardes, qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant: «Est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur?». Jésus lui dit: «Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal; et si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu?». Anne l'envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur. Simon Pierre était là, et se chauffait. On lui dit: «Toi aussi, n'es-tu pas de ses disciples?». Il le nia, et dit: «Je n'en suis point». Un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit: «Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin?». Pierre le nia de nouveau. Et aussitôt le coq chanta.

Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire: c'était le matin. Ils n'entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de pouvoir manger la Pâque. Pilate sortit donc pour aller à eux, et il dit: «Quelle accusation portez-vous contre cet homme?». Ils lui répondirent: «Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré». Sur quoi Pilate leur dit: «Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi». Les Juifs lui dirent: «Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort». C'était afin que s'accomplît la parole que Jésus avait dite, lorsqu'il indiqua de quelle mort il devait mourir. Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit: «Es-tu le roi des Juifs?». Jésus répondit: «Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi?». Pilate répondit: «Moi, suis-je Juif?. Ta nation et les principaux sacrificateurs t'ont livré à moi: qu'as-tu fait?». «Mon royaume n'est pas de ce monde», répondit Jésus. «Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas». Pilate lui dit: «Tu es donc roi?». Jésus répondit: «Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix». Pilate lui dit: «Qu'est-ce que la vérité?». Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit: «Je ne trouve aucun crime en lui. Mais, comme c'est parmi vous une coutume que je vous relâche quelqu'un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs?». Alors de nouveau tous s'écrièrent: «Non pas lui, mais Barabbas. Or, Barabbas était un brigand».

Alors Pilate prit Jésus, et le fit battre avec des verges. Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre; puis, s'approchant de lui, ils disaient: «Salut, roi des Juifs!». Et ils lui donnaient des soufflets. Pilate sortit de nouveau, et dit aux Juifs: «Voici, je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime». Jésus sortit donc, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit: «Voici l'homme». Lorsque les principaux sacrificateurs et les gardes le virent, ils s'écrièrent: «Crucifie-le! Crucifie-le!». Pilate leur dit: «Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve point de crime en lui». Les Juifs lui répondirent: «Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu». Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta. Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus: «D'où es-tu?». Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Pilate lui dit: «Est-ce à moi que tu ne parles pas? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te crucifier, et que j'ai le pouvoir de te relâcher?». Jésus répondit: «Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. C'est pourquoi celui qui me livre à toi commet un plus grand péché». Dès ce moment, Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs criaient: «Si tu le relâches, tu n'es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César». Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors; et il s'assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha. C'était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: «Voici votre roi». Mais ils s'écrièrent: «Dehors crucifie-le!». Pilate leur dit: «Crucifierai-je votre roi?». Les principaux sacrificateurs répondirent: «Nous n'avons de roi que César». Alors il le leur livra pour être crucifié.

Ils prirent donc Jésus, et l'emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. C'est là qu'il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit une inscription, qu'il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: «Jésus de Nazareth, roi des Juifs». Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin. Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate: «N'écris pas: ‘Roi des Juifs’. Mais écris qu'il a dit: ‘Je suis roi des Juifs’». Pilate répondit: «Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit». Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas. Et ils dirent entre eux: «Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera». Cela arriva afin que s'accomplît cette parole de l'Écriture: «Ils se sont partagé mes vêtements», et «ils ont tiré au sort ma tunique». Voilà ce que firent les soldats. Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: «Femme, voilà ton fils». Puis il dit au disciple: «Voilà ta mère». Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l'Écriture fût accomplie: «J'ai soif». Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l'ayant fixée à une branche d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche. Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: «Tout est accompli». Et, baissant la tête, il rendit l'esprit.

Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, —car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour—, les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l'autre qui avait été crucifié avec lui. S'étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau. Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai; et il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi. Ces choses sont arrivées, afin que l'Écriture fût accomplie: «Aucun de ses os ne sera brisé». Et ailleurs l'Écriture dit encore: «Ils verront celui qu'ils ont percé».
Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate la permission de prendre le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus. Nicodème, qui auparavant était allé de nuit vers Jésus, vint aussi, apportant un mélange d'environ cent livres de myrrhe et d'aloès. Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs. Or, il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n'avait été mis. Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche.



Commentaire: Abbé Francesc CATARINEU i Vilageliu (Sabadell, Barcelona, Espagne)

« Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l`esprit »



Aujourd'hui nous célébrons le premier jour du Triduum pascal. C'est donc le jour de la croix victorieuse, d'où Jésus nous a laissé le meilleur de Lui-même: Marie comme mère, le pardon —à ses bourreaux aussi— et la confiance totale en Dieu le Père.

Nous l'avons entendu dans la lecture de la Passion d'après le témoignage de saint Jean, présent sur le Calvaire avec Marie, la Mère du Seigneur, et les saintes femmes. C'est un récit riche en symboles, où chaque petit détail a un sens. Mais le silence et l'austérité de l'Église, aujourd'hui, nous aident aussi à vivre dans un climat d'oraison, bien attentifs au don que nous célébrons.

Devant ce grand mystère, nous sommes avant tout appelés à voir. La foi chrétienne ne consiste pas à révérer un Dieu lointain et abstrait que nous méconnaissons, mais dans l'adhésion à une Personne, vrai homme comme nous et aussi vrai Dieu. L'Invisible s'est fait chair de notre chair, il s'est fait homme jusqu'à la mort et à la mort sur une croix. Mais ce fut une mort acceptée pour le rachat de tous, une mort rédemptrice, une mort qui nous donne la vie. Ceux qui se trouvaient là et le virent, nous ont transmis les faits et, en même temps, nous dévoilent le sens de cette mort.

Nous nous sentons avant tout reconnaissants et pleins d'admiration. Nous savons le prix de l'amour: « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). La prière chrétienne ne consiste pas seulement à demander, mais —avant tout— à admirer avec reconnaissance.

Jésus, pour nous, est un modèle qu'il faut imiter, c'est-à-dire reproduire ses attitudes. Nous devons être des personnes qui aiment jusqu'à se donner et qui confient au Père en toute circonstance.

Voilà qui contraste avec l'atmosphère indifférente de notre société; c'est pourquoi notre témoignage doit être plus courageux que jamais, car le don est à tous. Comme le dit Méliton de Sardes, « Il nous a fait passer de l'esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie. Il est la Pâque de notre salut ».


Bonne journée du Grand Pardon.

Jean-Yves 



mercredi 1 avril 2026

« Si moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres »

 Bonjour.

Jeudi Saint, 2 avril 2026

Voici la Parole de Dieu de ce jour.

 (Jn 13,1-15): Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout. Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l'intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu'il se noue à la ceinture; puis il verse de l'eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture.

Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit: «Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds!». Jésus lui déclara: «Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant; plus tard tu comprendras». Pierre lui dit: «Tu ne me laveras pas les pieds; non, jamais!». Jésus lui répondit: «Si je ne te lave pas, tu n'auras point de part avec moi». Simon-Pierre lui dit: «Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête!». Jésus lui dit: «Quand on vient de prendre un bain, on n'a pas besoin de se laver: on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous». Il savait bien qui allait le livrer; et c'est pourquoi il disait: «Vous n'êtes pas tous purs».

Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors: «Comprenez-vous ce que je viens de faire? Vous m'appelez "Maître" et "Seigneur", et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous».

« Si moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres »

Mgr. José Ángel SAIZ Meneses, Archevêque de Séville(Sevilla, Espagne)

Aujourd'hui nous commémorons le premier Jeudi-Saint de l'histoire, quand Jésus-Christ se réunit avec ses disciples pour célébrer la Pâque. Il inaugure alors la nouvelle Pâque de la nouvelle Alliance, où Il se livre en sacrifice pour notre salut.

Pendant la Sainte Cène, en même temps que l'Eucharistie, le Christ a institué le Sacerdoce Ministériel. Par son intermédiaire, le Sacrement de l'Eucharistie pourra se perpétuer. La préface de la Messe Chrismale nous en révèle le sens: « Tu choisis quelques frères pour les faire participer au ministère de son sacerdoce; pour qu'en son nom ils offrent le sacrifice rédempteur, qu'ils nourrissent ton peuple de la Parole et qu'ils les fassent vivre de tes sacrements ».

Et ce Jeudi même, Jésus nous donne le commandement de l'amour: « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » (Jn 13,34). L'amour était jadis fondé sur la récompense attendue en échange, ou sur l'accomplissement d'une norme imposée au préalable. Maintenant, l'amour chrétien est fondé sur le Christ. Il nous aime jusqu'à donner sa vie: telle doit être la mesure de l'amour du disciple pour le Maître et tel doit être aussi le signe, la caractéristique de la reconnaissance chrétienne.

Mais l'homme n'est pas capable d'aimer ainsi. Il ne s'agit pas simplement du fruit de son effort, mais d'un don de Dieu. Heureusement, Dieu est Amour et —en même temps— source d'amour, qui nous est livrée avec le Pain Eucharistique.

Enfin, aujourd'hui nous contemplons le lavement des pieds. Jésus prit l'attitude du serviteur et lava les pieds des Apôtres, en leur recommandant de le faire les uns aux autres (cf. Jn 13,14). Dans ce geste du Maître, Il y a quelque chose en plus qu'une leçon d'humilité. C'est comme l'anticipation, comme le symbole de la Passion, de l'humiliation totale que Jésus doit souffrir pour le salut de tous les hommes.

Le théologien Romano Guardini dit que « l'attitude du petit qui se prosterne devant le grand, n'est pas exactement l'humilité. C'est, tout simplement, la vérité. Qui est vraiment humble est le grand qui s'humilie devant le petit ». C'est pour ça que Jésus-Christ est vraiment humble. Devant ce Christ humble les schémas traditionnels sont brisés. Jésus Christ renverse les valeurs purement humaines et nous invite à le suivre pour construire un monde nouveau et différent, fondé sur le service.



Bonne journée!

Jean-Yves

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Si grande est l’utilité de l’humilité humaine que la majesté divine l’a recommandée par son exemple, car l’homme orgueilleux périrait à jamais si le Dieu humble ne le trouvait pas » (saint Augustin)

  • « Vivre implique de se salir les pieds sur les chemins poussiéreux de la vie, de l’histoire. Nous avons tous besoin d’être purifiés, d’être lavés » (François)

  • « Le Seigneur, ayant aimé les siens, les aima jusqu’à la fin. Sachant que l’heure était venue de partir de ce monde pour retourner à son Père, au cours d’un repas, il leur lava les pieds et leur donna le commandement de l’amour. Pour leur laisser un gage de cet amour, pour ne jamais s’éloigner des siens et pour les rendre participants de sa Pâque, il institua l’Eucharistie comme mémorial de sa mort et de sa résurrection, et il ordonna à ses apôtres de le célébrer jusqu’à son retour, " les établissant alors prêtres du Nouveau Testament " » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1.337)



lundi 30 mars 2026

«Il faisait nuit» - ?02,461 -

 Bonjour!

Mardi 31 mars 2026

Voici la Parole de Dieu de ce jour.

 (Jn 13,21-33.36-38): À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, au cours du repas qu'il prenait avec ses disciples, il fut bouleversé au plus profond de lui-même, et il attesta: «Amen, amen, je vous le dis: l'un de vous me livrera». Les disciples se regardaient les uns les autres, sans parvenir à comprendre de qui Jésus parlait. Comme il y avait à table, tout contre Jésus, l'un de ses disciples, celui que Jésus aimait, Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit: «Seigneur, qui est-ce?». Jésus lui répond: «C'est celui à qui j'offrirai la bouchée que je vais tremper dans le plat». Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l'Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors: «Ce que tu fais, fais-le vite». Mais aucun des convives ne comprit le sens de cette parole. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d'acheter ce qu'il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Quand Judas eut pris la bouchée, il sortit aussitôt; il faisait nuit.

Quand il fut sorti, Jésus déclara: «Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire; et il la lui donnera bientôt. Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J'ai dit aux Juifs: Là où je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller. Je vous le dis maintenant à vous aussi. Simon-Pierre lui dit: «Seigneur, où vas-tu?». Jésus lui répondit: «Là où je m'en vais, tu ne peux pas me suivre pour l'instant; tu me suivras plus tard». Pierre lui dit: «Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant? Je donnerai ma vie pour toi!». Jésus réplique: «Tu donneras ta vie pour moi? Amen, amen, je te le dis: le coq ne chantera pas avant que tu m'aies renié trois fois».

«Il faisait nuit»

Abbé Jean GOTTIGNY(Bruxelles, Belgique)

Aujourd'hui mardi saint, la liturgie met l'accent sur le drame qui se prépare et qui débouchera sur la croix du vendredi saint. «Quand Judas eut pris la bouchée, il sortit aussitôt; il faisait nuit» (Jn 13,30). Il fait toujours nuit quand on s'éloigne de celui qui est «lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu» (Symbole de Nicée-Constantinople).

Le pécheur est celui qui tourne le dos au Seigneur pour graviter autour des choses créées, sans les référer au Créateur. Saint Augustin décrit le péché comme «l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu». Une trahison, en somme. Une forfaiture, fruit de «l'arrogance avec laquelle nous voulons nous émanciper de Dieu et n'être rien d'autre que nous-mêmes, l'arrogance avec laquelle nous croyons ne pas avoir besoin de l'amour éternel, mais avec laquelle nous voulons maîtriser notre vie tout seuls» (Benoît XVI). On comprend que Jésus, ce soir-là, ait été «bouleversé au plus profond de lui-même» (Jn 13,21).

Heureusement, le péché n'est pas le dernier mot. Le dernier mot, c'est la miséricorde de Dieu. Mais celle-ci suppose de notre part un “retournement”. Un renversement de situation qui consiste à se détacher des créatures pour s'attacher à Dieu et retrouver ainsi la liberté authentique. N'attendons cependant pas pour retourner à Dieu d'être écœurés des fausses libertés que nous avons prises. Selon le mot de Bourdaloue, «nous voulons nous convertir quand nous serons rebutés du monde ou plutôt quand le monde sera rebuté de nous». Soyons plus avisés. Décidons-nous maintenant. La semaine sainte est l'occasion propice. Sur la croix, le Christ tend les bras à tous. Nul n'est exclu. Tout larron repentant a sa place au paradis. À condition de changer de vie et de réparer, comme celui de l'Évangile: «Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal» (Lc 23,41).


Bonne journée!

Jean-Yves 

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Il vaut mieux pour moi mourir en Jésus-Christ qu’être roi des extrémités de la terre. Je veux Celui qui est mort pour nous ; je veux Celui qui est ressuscité pour nous… Permettez-moi d’être un imitateur de la passion de mon Dieu » (Saint Ignace d’Antioche)

  • « Le Cénacle nous rappelle la communion, la fraternité, l’harmonie, la paix entre nous. Tant d’amour, tant de bien a découlé du Cénacle ! Tous les saints ont bu d’ici » (François)

  • « C’est précisément dans la Passion où la miséricorde du Christ va le vaincre, que le péché va manifester sa violence et sa multiplicité : incrédulité, haine meurtrière, rejet et moqueries […]. Cependant, à l’heure même des ténèbres et du Prince de ce monde, le sacrifice du Christ devient secrètement la source de laquelle jaillira intarissablement le pardon de nos péchés » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1.851)

dimanche 29 mars 2026

«Elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux» (602,344)

 Bonjour!

Lundi de la Semaine sainte, 30 mars 2026

Voici la Parole de Dieu de ce jour.

 (Jn 12,1-11): Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, celui qu'il avait ressuscité d'entre les morts. On donna un repas en l'honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était avec Jésus parmi les convives.

Or, Marie avait pris une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux; la maison fut remplie par l'odeur du parfum. Judas Iscariote, l'un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors: «Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données à des pauvres?». Il parla ainsi, non parce qu'il se préoccupait des pauvres, mais parce que c'était un voleur: comme il tenait la bourse commune, il prenait pour lui ce que l'on y mettait. Jésus lui dit: «Laisse-la! Il fallait qu'elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours».

Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu'il avait ressuscité d'entre les morts. Les chefs des prêtres décidèrent alors de faire mourir aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s'en allaient, et croyaient en Jésus.

«Elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux»

Abbé Jordi POU i Sabater(Sant Jordi Desvalls, Girona, Espagne)

Aujourd'hui l'Évangile nous montre deux attitudes envers Dieu, envers Jésus-Christ et à l'égard de la vie elle-même. Devant le parfum que Marie répand sur les pieds de son Seigneur, Judas proteste: «Judas Iscariote, l'un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors: ‘Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données à des pauvres?’» (Jn 12,4-5). Ce n'est pas sot; c'est même en accord avec la doctrine de Jésus. Mais il est facile de critiquer ce que les autres font, même sans intentions cachées, comme c'était le cas de Judas.

N'importe quelle critique doit être un acte de responsabilité: avec la critique nous devons aussi expliquer ce que nous ferions à la place, ce que nous serions prêts à faire. Autrement, la critique n'est —comme ici— que la plainte de ceux qui agissent de mauvaise foi face à ceux qui tâchent de faire de leur mieux.

Marie répand du parfum sur les pieds de Jésus en les essuyant avec ses cheveux, car elle croit que c'est son devoir. Cette action montre une magnanimité splendide: elle le fait en prenant «une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur» (Jn 12,3). C'est un acte d'amour et, comme tout acte d'amour, difficile à comprendre pour ceux qui ne le partagent pas. Il me semble qu'à partir de ce moment-là, Marie sut ce que Saint Augustin devait écrire quelques siècles plus tard: «Il se peut que sur la terre les pieds du Seigneur soient dans le besoin. N'est-ce pas de ses membres, en effet, qu'il dira à la fin du monde: ‘Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait? Trouvez un emploi à votre superflu; pour vous, il est inutile, mais il est nécessaire aux pieds du Seigneur’».

La protestation de Judas n'a aucune utilité, elle le mène seulement à la trahison. L'action de Marie la porte à aimer encore plus son Seigneur et, en conséquence, à aimer encore plus les “pieds” du Christ qu'il y a dans notre monde.


Bonne journée!

Je vous souhaite une belle Montée vers Pâques.

Jean-Yves 

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Oh quel cadeau si précieux que la Croix ! Quelle splendide apparence elle a ! Elle n’a pas, tel l’arbre du paradis, le bien et le mal mélangés. C’est un arbre qui engendre la vie, sans causer la mort ; qui illumine sans produire d’ombres ; qui introduit dans le paradis, sans expulser personne » (Saint Théodore le Studite)

  • « L’amour ne calcule pas, ne mesure pas, n’épargne aucune dépense, ne met pas de barrières, par contre il sait donner avec joie, il cherche uniquement le bien de l’autre, il vainc la méchanceté, l’avarice, les rancœurs, l’entêtement que l’homme porte parfois dans son cœur » (Benoît XVI)

  • « Jésus fait sienne cette parole : " Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous : mais moi, vous ne m’aurez pas toujours " (Jn 12, 8). Par là il ne rend pas caduque la véhémence des oracles anciens : " Parce qu’ils vendent le juste à prix d’argent et le pauvre pour une paire de sandales ... " (Am 8, 6), mais il nous invite à reconnaître sa présence dans les pauvres qui sont ses frères » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 2.449)

samedi 28 mars 2026

«Es-tu le roi des Juifs?» - 602,138 -

Bonjour.

                        Dimanche des Rameaux et de la Passion                   

29 mars 2026

Texte de l'Évangile (Mt 26,14—27,66): Alors, l'un des Douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit: «Que voulez-vous me donner, si je vous le livre?». Ils lui proposèrent trente pièces d'argent. Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus: «Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal?». Il leur dit: «Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui: ‘Le Maître te fait dire: Mon temps est proche; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples’». Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il leur déclara: «Amen, je vous le dis: l'un de vous va me livrer». Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre: «Serait-ce moi, Seigneur?». Il leur répondit: «Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né!». Judas, celui qui le livrait, prit la parole: «Rabbi, serait-ce moi?». Jésus lui répond: «C'est toi qui l'as dit!».
Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant: «Prenez, mangez: ceci est mon corps». Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant: «Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés. Je vous le dis: désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où je boirai un vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père».
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. Alors Jésus leur dit: «Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute; car il est écrit: Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée». Pierre lui dit: «Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais». Jésus reprit: «Amen, je te le dis: cette nuit même, avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois». Pierre lui dit: «Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas». Et tous les disciples en dirent autant.

Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit: «Restez ici, pendant que je m'en vais là-bas pour prier». Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit alors: «Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi». Il s'écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière: «Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux». Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis; il dit à Pierre: «Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation; l'esprit est ardent, mais la chair est faible». Il retourna prier une deuxième fois: «Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite!». Revenu près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil. Il les laissa et retourna prier pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles. Alors il revient vers les disciples et leur dit: «Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer! La voici toute proche, l'heure où le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs! Levez-vous! Allons! Le voici tout proche, celui qui me livre».

Jésus parlait encore, lorsque Judas, l'un des Douze, arriva, avec une grande foule armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et les anciens du peuple. Le traître leur avait donné un signe: «Celui que j'embrasserai, c'est lui: arrêtez-le». Aussitôt, s'approchant de Jésus, il lui dit: «Salut, Rabbi!», et il l'embrassa. Jésus lui dit: «Mon ami, fais ta besogne». Alors ils s'avancèrent, mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent. Un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille. Jésus lui dit: «Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée. Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d'anges? Mais alors, comment s'accompliraient les Écritures? D'après elles, c'est ainsi que tout doit se passer». A ce moment-là, Jésus dit aux foules: «Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus m'arrêter avec des épées et des bâtons? Chaque jour, j'étais assis dans le Temple où j'enseignais, et vous ne m'avez pas arrêté. Mais tout cela est arrivé pour que s'accomplissent les écrits des prophètes». Alors les disciples l'abandonnèrent tous et s'enfuirent.

Ceux qui avaient arrêté Jésus l'amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s'étaient réunis les scribes et les anciens. Quant à Pierre, il le suivait de loin, jusqu'au palais du grand prêtre; il entra dans la cour et s'assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait. Les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort. Ils n'en trouvèrent pas; pourtant beaucoup de faux témoins s'étaient présentés. Finalement il s'en présenta deux, qui déclarèrent: «Cet homme a dit: ‘Je peux détruire le Temple de Dieu et, en trois jours, le rebâtir’».

Alors le grand prêtre se leva et lui dit: «Tu ne réponds rien à tous ces témoignages portés contre toi?». Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit: «Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu». Jésus lui répond: «C'est toi qui l'as dit; mais en tout cas, je vous le déclare: désormais vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel». Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant: «Il a blasphémé! Pourquoi nous faut-il encore des témoins? Vous venez d'entendre le blasphème! Quel est votre avis?». Ils répondirent: «Il mérite la mort». Alors ils lui crachèrent au visage et le rouèrent de coups; d'autres le giflèrent en disant: «Fais-nous le prophète, Messie! qui est-ce qui t'a frappé?».

Quant à Pierre, il était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui: «Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen!». Mais il nia devant tout le monde: «Je ne sais pas ce que tu veux dire». Comme il se retirait vers le portail, une autre le vit et dit aux gens qui étaient là: «Celui-ci était avec Jésus de Nazareth». De nouveau, Pierre le nia: «Je jure que je ne connais pas cet homme». Peu après, ceux qui se tenaient là s'approchèrent de Pierre : « Sûrement, toi aussi, tu fais partie de ces gens-là ; d'ailleurs ton accent te trahit». Alors, il se mit à protester violemment et à jurer: «Je ne connais pas cet homme». Aussitôt un coq chanta. Et Pierre se rappela ce que Jésus lui avait dit: «Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois». Il sortit et pleura amèrement.

Le matin venu, tous les chefs des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort. Après l'avoir ligoté, ils l'emmenèrent pour le livrer à Pilate, le gouverneur.

Alors Judas, le traître, fut pris de remords en le voyant condamné; il rapporta les trente pièces d'argent aux chefs des prêtres et aux anciens. Il leur dit: «J'ai péché en livrant à la mort un innocent». Ils répliquèrent: «Qu'est-ce que cela nous fait? Cela te regarde!». Jetant alors les pièces d'argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre. Les chefs des prêtres ramassèrent l'argent et se dirent: «Il n'est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c'est le prix du sang». Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le Champ-du-Potier pour y enterrer les étrangers. Voilà pourquoi ce champ a été appelé jusqu'à ce jour le Champ-du-Sang. Alors s'est accomplie la parole transmise par le prophète Jérémie: Ils prirent les trente pièces d'argent, le prix de celui qui fut mis à prix par les enfants d'Israël, et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.

On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l'interrogea: «Es-tu le roi des Juifs?». Jésus déclara: «C'est toi qui le dis». Mais, tandis que les chefs des prêtres et les anciens l'accusaient, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit: «Tu n'entends pas tous les témoignages portés contre toi?». Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur était très étonné.

Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait. Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas. La foule s'étant donc rassemblée, Pilate leur dit: «Qui voulez-vous que je vous relâche: Barabbas? ou Jésus qu'on appelle le Messie?». Il savait en effet que c'était par jalousie qu'on l'avait livré. Tandis qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire: «Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste, car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui».

Les chefs des prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. Le gouverneur reprit: «Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche?». Ils répondirent: «Barabbas!». Il reprit: «Que ferai-je donc de Jésus, celui qu'on appelle le Messie?». Ils répondirent tous: «Qu'on le crucifie!». Il poursuivit: «Quel mal a-t-il donc fait?». Ils criaient encore plus fort: «Qu'on le crucifie!». Pilate vit que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le désordre; alors il prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant: «Je ne suis pas responsable du sang de cet homme: cela vous regarde!». Tout le peuple répondit: «Son sang, qu'il soit sur nous et sur nos enfants!». Il leur relâcha donc Barabbas; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié.

Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient en lui disant: «Salut, roi des Juifs!». Et, crachant sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête. Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l'emmenèrent pour le crucifier.

En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix. Arrivés à l'endroit appelé Golgotha, c'est-à-dire: Lieu-du-Crâne, ou Calvaire, ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel; il en goûta, mais ne voulut pas boire. Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort; et ils restaient là, assis, à le garder. Au-dessus de sa tête on inscrivit le motif de sa condamnation: «Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs». En même temps, on crucifie avec lui deux bandits, l'un à droite et l'autre à gauche. Les passants l'injuriaient en hochant la tête: «Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix!». De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant: «Il en a sauvé d'autres, et il ne peut pas se sauver lui-même! C'est le roi d'Israël: qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui! Il a mis sa confiance en Dieu; que Dieu le délivre maintenant s'il l'aime! Car il a dit: ‘Je suis Fils de Dieu’». Les bandits crucifiés avec lui l'insultaient de la même manière.

A partir de midi, l'obscurité se fit sur toute la terre jusqu'à trois heures. Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte: «Éli, Éli, lama sabactani?», ce qui veut dire: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?». Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l'entendant: «Le voilà qui appelle le prophète Élie!». Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il trempa dans une boisson vinaigrée; il la mit au bout d'un roseau, et il lui donnait à boire. Les autres dirent: «Attends! nous verrons bien si Élie va venir le sauver». Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit.

Et voici que le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas; la terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s'ouvrirent; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. A la vue du tremblement de terre et de tous ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d'une grande crainte et dirent: «Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu!». Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance: elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir. Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

Le soir venu, arriva un homme riche, originaire d'Arimathie, qui s'appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre. Prenant le corps, Joseph l'enveloppa dans un linceul neuf, et le déposa dans le tombeau qu'il venait de se faire tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla. Cependant Marie Madeleine et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.

Quand la journée des préparatifs de la fête fut achevée, les chefs des prêtres et les pharisiens s'assemblèrent chez Pilate, en disant: «Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant: ‘Trois jours après, je ressusciterai’. Donne donc l'ordre que le tombeau soit étroitement surveillé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple: ‘Il est ressuscité d'entre les morts’ Cette dernière imposture serait pire que la première». Pilate leur déclara: «Je vous donne une garde; allez, organisez la surveillance comme vous l'entendez». Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du tombeau en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.

«Es-tu le roi des Juifs?»

Abbé Antoni CAROL i Hostench(Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui on nous invite à contempler le style de la royauté du Christ rédempteur. Jésus est Roi, et -justement- lors du dernier dimanche de l'année liturgique, nous célébrons la fête de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi de l'univers. Oui, il est Roi, mais son royaume est le «Royaume de la vérité et de la vie, le Royaume de la sainteté et de la grâce, le Royaume de la justice, de l'amour, de la paix» (préface de la Solennité du Christ-Roi). Il s'agit d'une royauté surprenante! Nous, les Hommes, avec notre mentalité mondaine, nous ne sommes pas habitués à cela.

Un bon Roi, qui se préoccupe pour le bien des âmes: «Mon Royaume n'est pas de ce monde» (Jn 18,36). Il laisse faire. Sur un ton condescendant et de moquerie: «Es-tu le roi des Juifs?». Jésus répond: «C'est toi qui le dis» (Mt 27,11). Encore plus de moquerie: Jésus est comparé à Barrabas et les citoyens doivent choisir entre la libération d'un des deux: «Qui voulez-vous que je vous relâche: Barabbas? Ou Jésus qu'on appelle le Messie?» (Mt 27,17). Et… ils choisissent Barrabas! (cf. Mt 27,21). Et… Jésus se tait et s'offre en holocauste pour nous, qui l'avons jugé!

Lorsque, un peu plus tôt, était arrivé Jésus à Jérusalem, avec enthousiasme et simplicité, «le peuple, en foule, étendit ses vêtements sur la route; certains coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant lui et qui suivaient, criaient: ‘Hosanna au fils de David! Béni soit celui qui entre au nom du seigneur! Hosanna au plus haut des cieux!’» (Mt 21,8-9). Mais maintenant, ce sont les mêmes qui crient: «Qu'on le crucifie!». Il poursuivit: «Quel mal a-t-il donc fait?». Ils criaient encore plus fort: «Qu'on le crucifie!» (Mt 27,22-23). «Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n'avons de roi que César» (Jn 19,15).

Ce Roi ne s'impose pas, mais Il s'offre. Sa royauté est imprégnée d'esprit de service. Il ne vient pas pour conquérir la gloire, en grande pompe et somptuosité: Il ne débat pas, ne monte pas le ton, ne se fait pas remarquer dans la rue, sinon qu'Il est doux et humble (...). N'étendons pas devant Lui ni branche d'olivier, ni tapis, ni vêtements; épanchons nous nous-mêmes» (Saint André de Crête, évêque).



Bonne journée! et Bonne Semaine sainte.

Jean-Yves

 

jeudi 26 mars 2026

« J'ai multiplié sous vos yeux les oeuvres bonnes de la part du Père. Pour laquelle voulez-vous me lapider? » - (601,645)

 Bonjour!

Vendredi 27 mars 2026

Voici la Parole de Dieu de ce jour.

 (Jn 10,31-42): Les Juifs allèrent de nouveau chercher des pierres pour lapider Jésus. Celui-ci prit la parole: «J'ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes de la part du Père. Pour laquelle voulez-vous me lapider?». Les Juifs lui répondirent: «Ce n'est pas pour une oeuvre bonne que nous voulons te lapider, c'est parce que tu blasphèmes: tu n'es qu'un homme, et tu prétends être Dieu». Jésus leur répliqua: «Il est écrit dans votre Loi: J'ai dit: ‘Vous êtes des dieux’. Donc, ceux à qui la parole de Dieu s'adressait, la Loi les appelle des dieux; et l'Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites: ‘Tu blasphèmes’, parce que j'ai dit: Je suis le Fils de Dieu. Si je n'accomplis pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les accomplis, quand bien même vous refuseriez de me croire, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père». Les Juifs cherchaient de nouveau à l'arrêter, mais il leur échappa. Il repartit pour la Transjordanie, à l'endroit où Jean avait commencé à baptiser. Et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant: «Jean n'a pas accompli de signe; mais tout ce qu'il a dit au sujet de celui-ci était vrai». Et à cet endroit beaucoup crurent en lui


«J'ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes de la part du Père. Pour laquelle voulez-vous me lapider? »

Abbé Carles ELÍAS i Cao(Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui alors qu'il ne nous reste qu'une semaine pour commémorer la mort du Seigneur, l'Evangile nous présente les motifs de sa condamnation. Jésus essaie de montrer la vérité, mais les juifs le tiennent pour un blasphémateur et le condamnent à être lapidé. Jésus leur parle des œuvres qu'Il a accomplies, actes de Dieu qui l'accréditent, Il leur explique pourquoi Il se nomme “ Fils de Dieu ”… Néanmoins ces sujets sont difficiles à comprendre par ses adversaires: “ être dans la vérité ”; “ entendre sa voix ”..., Il leur parlait de son cheminement ainsi que de l'engagement de sa personne, faits qui font que Jésus soit connu et aimé —« Maître où habites-tu? » (Jn 1,38), lui demandèrent les disciples au début de son ministère. Mais tout est en vain: ce que Jésus essaie de leur dire est d'une telle ampleur qu'ils n'arrivent pas à le saisir, les seuls à comprendre le sens de ses mots sont les simples et les petits, car le Royaume des cieux est caché aux grands et savants.

Jésus se bat pour présenter des arguments qu'ils puissent accepter, mais Il essaie en vain. Au fond, Il mourra pour avoir dit la vérité sur lui-même, pour être fidèle à sa personne, à son identité et à sa mission. En tant que prophète, Il lancera un appel à la conversion et cet appel sera rejeté, Il est le nouveau visage de Dieu et on Lui crachera dessus, Il fonde une nouvelle fraternité et Il sera abandonné.

A nouveau la Croix du Seigneur s'élève de toutes ses forces, comme un vrai étendard, comme la seule raison indiscutable: « O admirable puissance de la croix ! O gloire inexprimable de la Passion ! En elle apparaît en pleine lumière le jugement du monde et la victoire du Crucifié ! Oui, Seigneur, tu as tout attiré à toi ! Alors que tu avais tendu les mains tout le jour vers un peuple rebelle, le monde entier comprit qu’il devait rendre gloire à ta majesté » (Saint Léon le Grand). Jésus doit fuir de l'autre côté du Jourdain et ceux qui croient vraiment en Lui le rejoignent prêts à le suivre et à l'écouter.

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Crois pour comprendre et comprends pour croire » (Saint Augustin)

  • « De nombreuses personnes ont été au contact proche de Jésus et n’ont pas cru en Lui… Et si ton cœur est fermé, la foi ne peut pas y entrer. Dieu le Père nous attire toujours vers Jésus : c’est nous qui ouvrons notre cœur ou bien qui le fermons » (François)

  • « Les signes accomplis par Jésus témoignent que le Père l’a envoyé. Ils invitent à croire en lui. A ceux qui s’adressent à lui avec foi, il accorde ce qu’ils demandent. Alors les miracles fortifient la foi en Celui qui fait les œuvres de son Père : ils témoignent qu’il est le Fils de Dieu (cf. Jn 10, 31-38) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 548)

  • Bonne journée!

  • Jean-Yves

mardi 24 mars 2026

«Je te salue, toi à qui une grâce a été faite» -( 601,241)

 Bonjour!

Mercredi 26 mars 2026

Voici la Parole de Dieu de ce jour.


Texte de l'Évangile (Lc 1,26-38): Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle, et dit: «Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi». Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit: «Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin».

Marie dit à l'ange: «Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme?». L'ange lui répondit: «Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n'est impossible à Dieu». Marie dit: «Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole!». Et l'ange la quitta.

«Je te salue, toi à qui une grâce a été faite»

Abbé Johannes VILAR(Köln, Allemagne)

Aujourd'hui dans le «Je te salue, toi à qui une grâce a été faite» (Lc 1,28) nous entendons pour la première fois le nom de la Mère de Dieu: Marie (deuxième phrase de l'archange Gabriel). Elle a la plénitude de la grâce et des dons. Cela s'appelle ainsi: "keharitomén", «pleine de grâce» (salut de l'Ange).

Peut-être qu'à 15 ans et seule, Marie doit donner une réponse qui changera l'histoire entière de l'humanité. Saint Bernard suppliait: «On t'offre le prix de notre Rédemption. Nous serons délivrés immédiatement, si tu dis oui. La terre entière est à tes pieds en attendant ta réponse. Donne ta parole et engendre la Parole Éternelle». Dieu attend une réponse libre, et «La pleine de grâce», qui représente tous ceux qui ont besoin de la Rédemption, répond: "génoitó", ainsi soit-il! A partir de ce jour Marie est restée librement unie à l'Œuvre de son Fils, aujourd'hui sa Médiation commence. A compter d'aujourd'hui elle est la Mère de ceux qui sont un dans le Christ (Gal 3,28).

Benoît XVI disait dans une interview: «[Je voudrais] éveiller le courage de prendre des décisions définitives: ce sont les seules qui permettent de grandir et d'aller de l'avant, qui permettent les grandes choses dans la vie; elles ne détruisent pas la liberté, mais elles rendent possible une orientation correcte. Prendre ce risque —le saut vers les choses décisives— et ainsi accepter pleinement la vie, c'est cela que je voudrais transmettre». Marie: en voilà un exemple!

Saint Joseph non plus ne reste pas en retrait des plans de Dieu: il doit accepter de recevoir son épouse et donner un nom à l'enfant (cfr. Mt 1,20s): Jesua, "le Seigneur sauve". Et il le fait. Voilà un autre exemple!

L'Annonciation révèle aussi la Trinité. Le Père envoie le Fils, incarné par l'œuvre de l'Esprit Saint. El l'Église chante: «Aujourd'hui la Parole Éternelle se transforme en chair pour nous». Son œuvre rédemptrice —Noël, Vendredi Saint, Pâques— est présente dans cette graine. Il est Emmanuel, «Dieu avec nous» (Is 7,15). Réjouis-toi humanité!

Les fêtes de Saint Joseph et l'Annonciation nous préparent de manière admirable à la célébration des Mystères Pascals.


Bonne journée!

Jean-Yves

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Et celle qui doit devenir la Mère de Dieu est confiante que sa virginité restera sans conséquence. Pourquoi fallait-il douter de ce nouveau genre de conception, si on lui promet que le Très Haut exercera son pouvoir ? Sa foi et sa confiance demeurent, de plus, confirmées en sachant qu’Elisabeth a aussi obtenu une fécondité inespérée : celui qui est capable de faire concevoir une femme stérile peut faire la même chose avec une femme vierge » (Saint Léon le Grand)

  • « L’ange s’en va, la mission reste, et avec elle la proximité intérieure de Dieu mûrit » (Benoit XVI)

  • « La Vierge Marie réalise de la façon la plus parfaite l’obéissance de la foi. Dans la foi, Marie accueillit l’annonce et la promesse apportées par l’ange Gabriel, croyant que " rien n’est impossible à Dieu " (Lc 1,37), et donnant son assentiment : " Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole " (Lc 1,38) (…) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 148)