dimanche 6 juin 2021

« Heureux les pauvres de cœur » / Quelques pensées... / (357,612)

Bonjour!

Lundi 7 juin 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Heureux les pauvres de cœur » (Mt 5, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !
Alléluia. (Mt 5, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez- vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !
C’est ainsi qu’on a persécuté
les prophètes qui vous ont précédés. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Imaginez que vous arriviez à un carrefour, où vous attendent une multitude de panneaux indicateurs : « richesse », « gloire », « honneur », « pouvoir », etc. Puis vous découvrez un tout petit panneau indiquant la direction du « bonheur ». Lequel suivez-vous ? Je suis sûr que sans l’ombre d’une hésitation nous choisissons tous ce dernier, car à travers toutes les autres propositions, c’est bien le bonheur que nous cherchons. 

Nous voilà donc partis sur la route du bonheur ; comme nous pressentons que le chemin sera long, nous avons pris un sac à dos et deux valises bien remplies. Seulement comme la montée est raide, nous nous voyons bientôt obligés de sacrifier une partie de notre bagage, puis une autre : nos richesses, notre soif de jouissance, notre volonté de puissance, notre vaine gloire, nos jalousies, nos rancœurs, … Arrivés à ce point, nous hésitons : ne nous sommes-nous pas trompés de route ? Où donc ce dépouillement va-t-il nous conduire ? Et d’abord : qui donc a établi cet itinéraire ? Il est signé « Jésus de Nazareth » : est-il digne de confiance ? Qui d’entre nous ne s’est pas posé ces questions devant les exigences de l’Evangile et en particulier du Sermon sur la montagne ? 

Jésus ne nous en fera pas le reproche lui qui nous invite à nous asseoir pour évaluer si nous sommes capables d’aller jusqu’au bout du voyage (Lc 14, 28-32). Le seul motif qui nous encourage à persévérer, est que Notre-Seigneur est passé par ce chemin avant nous : il a ouvert la voie, et au matin de Pâques il a atteint ce pays du bonheur auquel nous aspirons. Si nous croyons vraiment en lui, nous devons logiquement faire confiance à sa Parole et prendre avec courage la route sur laquelle il nous précède.

Il n’est pas indifférent que la première parole du premier Psaume, comme la parole qui revient neuf fois dans le Sermon sur la montagne, soit « Heureux ». Lorsque Dieu s’adresse à nous, c’est pour nous inviter au bonheur. Mais depuis que nous avons fait notre propre malheur en écoutant la voix du Serpent, le bonheur n’est plus accessible qu’au terme d’un parcours paradoxal qui passe par le dépouillement des fausses richesses et des plaisirs aliénants. Cet itinéraire est à ce point contraire à nos aspirations « naturelles », que nous ne pourrons le parcourir qu’en gardant les yeux fixés sur le terme : Jésus ressuscité qui nous attend sur l’autre rivage. Il faut en effet ajouter – comme si cela ne suffisait pas ! – qu’au bout de cette traversée du désert, nous aurons encore, comme ultime épreuve, à franchir la mer, c’est-à-dire à accepter de mourir à nous-mêmes, pour pouvoir vivre de la vie de l’Esprit. 

C’est de cet ultime passage que nous parle la dernière béatitude, qui vu son importance, est répétée avec une insistance particulière, pour nous rappeler que nous avons bien besoin des mille petites persécutions quotidiennes que nous réserve notre entourage, pour nous aider à mourir à nous-mêmes et à accéder à l’autre rivage, celui de la vraie vie. 

Seigneur je suis vraiment trop faible et trop attaché à ce monde pour prétendre m’engager sur un tel chemin ! Je ne peux que “lever les yeux vers les montagnes et attendre de toi le secours : tiens-toi près de moi comme mon ombrage ; empêche mon pied de glisser, garde moi de tout mal” (cf. Ps 120), et conduis-moi sur ton chemin d’éternité.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----



Basilique Sainte-Anne-d'Auray - Bretagne - France
Nous y sommes allés
 avec nos amis Patrick et Brigitte, François et Bernadette.
Patrick et François sont diacres et nos amis.
De bien beau monde!
Nous les saluons ce matin.

-----


Heureux les pauvres de cœur: 

ceux qui savent se réjouir de tout.


-----


«On voit la flamme aux yeux des jeunes gens, 

mais dans l’œil du vieillard, on voit de la lumière.»

(André Dogon)

----


«Le sourire est le même dans toutes les langues.»

(Proverbe mexicain)

-----


«En Dieu, il n'y a pas d'autre puissance

 que celle de l'amour.»

(François Varillon)

-----


«C'est l'expérience du désert 

qui fera de toi un multiplicateur de sources!»

(Yves Girard)

-----


«La charité nous apporte beaucoup de trésors 

dont un des premiers est la joie.»

(Roger St-Laurent)

-----


Bonne journée!

Jean-Yves

samedi 5 juin 2021

«Prenez, ceci est mon corps » / Texte: Une prière à mémoriser... /(357,472)

 Bonjour!

Dimanche 6 juin 2021


Chapelle - Abbaye Val-Notre-Dame

-----

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...

ÉVANGILE

« Ceci est mon corps, ceci est mon sang » (Mc 14, 12-16.22-26)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel,
dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Le premier jour de la fête des pains sans levain,
où l’on immolait l’agneau pascal,
les disciples de Jésus lui disent :
« Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs
pour que tu manges la Pâque ? »
Il envoie deux de ses disciples en leur disant :
« Allez à la ville ;
un homme portant une cruche d’eau
viendra à votre rencontre.
Suivez-le,
et là où il entrera, dites au propriétaire :
“Le Maître te fait dire :
Où est la salle
où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”
Il vous indiquera, à l’étage,
une grande pièce aménagée et prête pour un repas.
Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent à la ville ;
ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit,
et ils préparèrent la Pâque.

Pendant le repas,
Jésus, ayant pris du pain
et prononcé la bénédiction,
le rompit, le leur donna,
et dit :
« Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe
et ayant rendu grâce,
il la leur donna,
et ils en burent tous.
Et il leur dit :
« Ceci est mon sang,
le sang de l’Alliance,
versé pour la multitude.
Amen, je vous le dis :
je ne boirai plus du fruit de la vigne,
jusqu’au jour où je le boirai, nouveau,
dans le royaume de Dieu. »

Après avoir chanté les psaumes,
ils partirent pour le mont des Oliviers.

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

A chaque Eucharistie, nous faisons mémoire non seulement de ce qui s’est passé il y a deux mille ans en notre faveur sur le Golgotha, mais notre mémoire se rassasie de la contemplation de ce que le Seigneur continue à réaliser sans cesse pour nous. Car en vertu de la divinité de Celui qui s’offre sur la Croix, l’acte rédempteur transcende le temps et l’espace, et remplit tout l’univers et chaque instant de l’histoire de sa présence salvifique. Le Saint Sacrifice de la Messe rend ainsi visible à nos yeux le Sacrifice perpétuel par lequel Dieu nous révèle l’infini de son amour.

La Messe est mémorial de la Pâque au sens où elle est l’actualisation de l’unique Sacrifice, la présence bien réelle de l’unique offrande qui nous sauve. Dans l’Eucharistie, rappelle le Concile, « est renfermé tout le bien spirituel de l’Eglise, c’est-à-dire le Christ lui-même ; notre Pâque et Pain vivant qui, par sa chair vivifiée par l’Esprit-Saint et vivifiante, donne la vie aux hommes qui sont invités et conduits à offrir eux-mêmes avec lui, leurs propres fatigues, et toutes les choses créées » (Presbyterorum Ordinis, 5).

L’Eucharistie est ainsi sacrement de guérison de notre cœur, qui au contact de cette braise divine, s’enflamme d’amour dans l’Esprit Saint ; elle est sacrement de guérison de notre intelligence, qu’elle illumine de la connaissance intime de notre Sauveur ; l’Eucharistie est guérison de notre mémoire, qu’elle emplit de la présence de Celui qui vient à nous lorsque nous accueillons son Fils bien-aimé.

Au cœur d’un monde caractérisé par un profond brassage des cultures et des religions, notre participation à l’Eucharistie dominicale nous permet de témoigner d’un des aspects les plus spécifiques de notre foi. Mais pour que ce témoignage soit crédible, c’est en quelque sorte notre vie – personnelle et communautaire – qui doit devenir eucharistique. Lorsque saint Paul nous exhorte, « à offrir à Dieu notre personne et notre vie en sacrifice saint, capable de lui plaire » (Rm 12, 1), ce ne peut être qu’une invitation à imiter le Christ dans son offrande eucharistique. Nourris du Pain du ciel, nous sommes appelés à devenir à notre tour pain livré pour la vie du monde en nous dépensant sans compter au service de nos frères. Bref : nous ne sommes dignes de porter le beau nom de chrétiens que dans la mesure où notre vie procède du Christ présent au milieu de nous dans son Eucharistie, et converge en Lui vers le Père.

Nous t’adorons, notre Rédempteur, qui t’es incarné dans le sein très pur de la Vierge Marie. Nous te rendons grâce, Seigneur, pour ta présence eucharistique dans le monde. Pour nous, tu as accepté de souffrir et sur la croix tu as manifesté jusqu’au bout ton amour pour l’humanité entière. Nous t’adorons, Viatique quotidien de nous tous, pèlerins sur la terre. Donne-nous de toujours nous approcher de toi et de te recevoir avec respect, adoration et reconnaissance.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----




Le Christ ressuscité

Sculpture située près de l'église de Saint-Jean-Port-Joli

----


«Ne tuons pas la beauté du monde

   Ne tuons pas la beauté du monde.

La terre est un jardin

pour ceux qui viendront après nous.»

------



Texte inscrit au feuillet paroissial

Paroisses de Sainte-Anne et de Saint-Onésime


Une prière à mémoriser

De temps à autre, nous prenons connaissance d'un texte qui vaut la peine de citer dans sa totalité. La prière - disons anonyme - et un peu humoristique qui suit en est un bon exemple. Elle porte sur une préoccupation qui nous concerne tous à l'usure de nos vies; après tout, nous vieillissons tous un peu chaque jour. Bientôt nous serons tous un peu plus vieux si nous continuons de vivre dans cette vie...

Voici cette prière que je vous partage et qui nous invite à ne pas nous prendre trop au sérieux comme personne humaine imparfaite :

    Seigneur, tu sais plus que moi-même que je vieillis et qu'un jour, demain, je serai vieux, plus vieux... Préserve-moi de l'habitude fâcheuse de croire que je dois dire quelque chose sur tous les sujets et dans toutes les occasions. Empêche-moi de vouloir régler les problèmes de tout le monde. Fais que je sois bon, sans exagérer, que je me rende utile sans vouloir diriger tous ceux et celles qui m'entourent. Je crois que je possède beaucoup de sagesse... bien sûr, il serait malheureux que je ne m'en serve pas, mais tu sais aussi , Seigneur, que je souhaite finir ma vie en ayant toujours auprès de moi mes quelques amis...

    Garde-moi des interminables séries de détails que je veux dire, et donne-moi des habiletés pour en venir aux faits. Évite-moi de parler de mes malheurs, de mes douleurs et de mes bobos; ils s'accroissent et l'envie d'en parler devient plus grande à mesure que les années passent. Je ne veux pas aller jusqu'à demander d'apprécier le récit des malheurs des autres, mais aide-moi à les supporter dans la patience.

    Je n'ose pas non plus demander d'avoir une meilleure mémoire, mais donne-moi plus d'humilité, et rends-moi un peu moins présomptueux lorsque mes souvenirs ne correspondent pas à ceux des autres. Apprends-moi qu'il est possible aussi pour moi d'avoir tort à l'occasion.

    Donne-moi assez de bonté. Je ne veux pas être un saint, car certains d'entre eux sont difficiles à supporter. Mais un vieillard amer est sans doute une œuvre humaine mal partie et à retoucher ou à polir. Donne-moi la capacité de voir de bonnes choses dans des circonstances et des endroits inattendus, et de découvrir des talents à révéler chez des personnes inattendues. Et donne-moi, Seigneur, la capacité d'en témoigner à l'occasion. Amen.

Jean-Yves Fortin, diacre

___ + ___

Bonne journée!

Jean-Yves


vendredi 4 juin 2021

« Cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres » / (357,363)

 Bonjour!

Samedi 5 juin 2021



Voici a Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)

Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
dans son enseignement, Jésus disait :
« Méfiez- vous des scribes,
qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat
et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les sièges d’honneur dans les synagogues,
et les places d’honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves
et, pour l’apparence, ils font de longues prières :
ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »

Jésus s’était assis dans le Temple
en face de la salle du trésor,
et regardait comment la foule y mettait de l’argent.
Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança
et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara :
« Amen, je vous le dis :
cette pauvre veuve a mis dans le Trésor
plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu,
mais elle, elle a pris sur son indigence :
elle a mis tout ce qu’elle possédait,
tout ce qu’elle avait pour vivre. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Jésus appelle ses disciples et leur dit « Amen, je vous le dis … ». Cette interpellation donne le sens et oriente la lecture de cette anecdote. Jésus nous apprend en effet à changer notre regard sur le monde, il nous explique comment lui le voit, comment lui l’évalue. Nous serons ainsi davantage capables de comprendre le monde où nous vivons, et, surtout, nous serons plus capables de comprendre et de connaître le Dieu que nous aimons.

La première opposition est facile à dépasser. Il y a là des gens riches, certains très riches, facilement reconnaissables et donnant avec ostentation de généreuses offrandes au temple. Leur geste n’est pas critiqué par Jésus. Heureusement que les riches peuvent donner plus ! Heureusement qu’ils ont le sens du partage !

Vient ensuite une pauvre veuve. Elle donne trois fois rien, c’est-à-dire rien. Il n’y a rien en elle qui attire le regard : si Jésus n’avait pas attiré l’attention des disciples, qui l’aurait remarquée ? Mais Jésus regarde les pauvres, tous, personnellement. Jésus est d’ailleurs capable de voir que cette pauvre femme donne tout ce qu’elle a pour vivre. Si on voulait donner une traduction littérale du dernier verset, nous dirions « elle a donné toute sa vie » ! La formule fait frémir. Dans l’humilité et le silence, une femme a donné plus que les riches qui paradent, honorés de nos regards et de nos discours de remerciements. Eux n’ont pas mis leur vie en danger. Cette femme nous est donnée en exemple par Jésus, elle devient un modèle pour tout disciple : ce qui importe est de se donner soi-même, sans rien retenir.

Mais en rester là serait oublier la moitié de l’évangile que nous venons de lire. Qu’avait Jésus en tête quand il a remarqué cette veuve ? Il venait de s’en prendre aux scribes, « qui se plaisent à circuler en longues robes, à recevoir les salutations sur les places publiques », et « qui dévorent les biens des veuves » ! Dans la situation qu’il souligne, Jésus ne voit pas seulement le contraste entre ceux qui ne se donnent qu’à moitié, ou qui ne donnent rien, et ceux qui donnent leur vie ; Jésus voit un système implacable qui tue l’innocent et le dévore. Cette veuve donne tout ce qu’elle possède, mais c’est pour engraisser des scribes qui ne s’impliquent pas eux-mêmes dans l’obligation de l’offrande. La pauvre femme investit tout ce qu’elle a pour vivre dans la construction d’un temple dont il ne restera pas pierre sur pierre. Ainsi son geste n’est vu de personne, il ne sera accueilli par personne, il sera dévoré par des rapaces, et il restera même sans effet (deux piécettes ne sont rien face aux besoins de la construction du temple) !

Oui, cette femme est bien le modèle donné aux disciples que nous sommes… Choisir de suivre Jésus est accepter de passer par la Croix. En effet, qui est l’innocent broyé par le système, l’innocent dévoré par l’implacable logique humaine s’enferrant dans son péché, qui est le cœur pur déchiré par la froideur implacable de ses frères devenus incapables de l’accueillir, sinon Jésus lui-même ? Ainsi, quand Jésus attire l’attention de ses disciples sur la pauvre veuve, il les prépare à comprendre le scandale de la Croix, un événement insignifiant pour les hommes, une vie offerte à ceux qui ne donnent rien et qui s’emparent avec avidité du don de Dieu, une offrande qui semblera ne rien apporter, ne rien changer, qui n’empêchera même pas les siens de trahir…

Aujourd’hui Jésus nous invite à convertir notre regard, à changer notre façon de penser, pour que nous puissions le suivre sur les chemins déconcertants de l’évangile. Car Dieu a choisi de déployer sa force dans notre faiblesse, il a décidé de manifester la lumière de sa victoire aux cœurs de nos ténèbres, il veut faire jaillir sa vie du sein de notre mort. Pour vivre cette rencontre inouïe, il nous faut nous abandonner à des circonstances sans perspectives, il nous faut nous investir dans des projets de vie qui semblent sans avenir aux yeux du monde (et souvent aux nôtres), il nous faut mettre dans le tronc des étroites exigences du quotidien « toute notre vie ».

Que l’Esprit de Pentecôte, venu nous enseigner toute chose nouvelle, ouvre nos yeux à la réalité du monde, qu’il nous apprendre à connaître Jésus pour le reconnaître en toute circonstance et nous donne la force de le suivre fidèlement où qu’il nous entraîne, sûrs que là est la vraie vie, confiants dans la promesse du Père.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----




«Personne ne peut me blesser sans ma permission.»
(Mahatma Gandhi)
-----

«Lorsque le vent se lève,
 plutôt que d'essayer d’attraper le vent, hisse la voile!»
(Rama Krishna)
-----

«Je suis tout à fait convaincu 
que la base d'une vie plus heureuse,
 plus belle et plus satisfaisante
 repose dans la conscience du moment présent.»
(Mats Billmark)
-----

Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 3 juin 2021

« Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ? » / (357,272)

Note: Nous avons encore dépassé 100 visites pour hier. Merci de faire connaître la Parole de Dieu. 

Bonjour!

Vendredi 4 juin 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ? » (Mc 12, 35-37)

Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole,
dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
quand Jésus enseignait dans le Temple,
il déclarait :
« Comment les scribes peuvent-ils dire
que le Messie est le fils de David ?
David lui-même a dit, inspiré par l’Esprit Saint :
Le Seigneur a dit à mon Seigneur :
“Siège à ma droite
jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis
sous tes pieds !”
David lui-même le nomme Seigneur.
D’où vient alors qu’il est son fils ? »
Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir.

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Ce n’est qu’au matin de Pâques, et mieux encore : à la lumière de l’Esprit de Pentecôte, que les Apôtres comprendront que « Jésus-Christ est le Seigneur » (Ph 2, 11), c’est-à-dire : que leur Maître est entré corporellement dans la plénitude de la divinité. Non pas qu’il soit devenu le Seigneur par sa résurrection, mais c’est en triomphant de la mort qu’il révèle sa divinité cachée dans son humanité. L’union hypostatique – l’union de la nature divine et de la nature humaine dans l’unique Personne du Fils de Dieu fait chair – est au cœur de notre foi et au fondement de notre espérance : c’est parce que Dieu a voulu s’unir à notre humanité que nous pouvons espérer avoir part à sa divinité. 

Ce Mystère nourrit tous les aspects de notre foi : en Jésus Christ, c’est Dieu lui-même qui nous parle sans intermédiaire dans un langage d’homme ; l’Eucharistie nous rend participants de sa divinité parce que nous pouvons nous unir à sa chair et à son sang glorieux. En s’unissant à notre humanité, c’est-à-dire en devenant « Fils de l’homme », le Fils de Dieu jette un pont (« Pontifex ») entre ciel et terre, nous réconcilie avec Dieu, et nous ouvre le chemin de la vie (divine) : « Vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l’homme » (Jn 1, 51).

Il nous faut précieusement garder ce Mystère, qui a été, qui est et qui sera battu en brèche tout au long de l’histoire. Entre les propositions religieuses qui renvoient Dieu dans une transcendance inaccessible, et celles qui identifient le divin avec les énergies immanentes de ce monde, nous avons la mission et la responsabilité de proclamer la Bonne Nouvelle d’un Dieu créateur, transcendant et personnel, qui a voulu se faire proche de nous au point de partager notre condition humaine, afin que nous puissions « devenir participants de sa nature divine » (2 P 1, 4).

« “Qu’est-ce que l’homme Seigneur, pour que tu penses à lui ? Le Fils de l’homme pour que tu en prennes souci ? Pourtant tu l’as fait un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur” (Ps 8). Comment pourrions-nous te dire notre reconnaissance pour tant de bienfaits ? Tu “nous as choisis dans le Christ, avant que le monde fut créé, pour être saints et immaculés en ta présence, dans l’amour” (Ep 2). Tu as voulu que nous soyons tes fils adoptifs en Jésus ton Fils unique que tu nous as envoyé pour qu’il soit notre Rédempteur et notre Sauveur. Nous te rendons grâce à jamais, toi le seul Dieu, le Dieu juste et saint qui nous justifie dans le Christ et nous sanctifie dans l’Esprit : à toi soit la gloire pour les siècles des siècles, amen. »


Abbé Philippe Link / Merci!

-----



-----

«Tu es le Chemin, la Vérité, la Vie.»

-----


Diacre

au cœur de notre monde 

que Dieu aime.

-----


Heureux ceux qui savent se réjouir de tout:

 les pauvres de cœur.


-----



Bonne journée!

Jean-Yves 


mercredi 2 juin 2021

« Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là » /Le prêtre: hommage à nos prêtres... / (357,170)

 Note: il y a eu plus de 100 visites sur ce blogue hier. Continuons de faire connaître la Parole de Dieu.

-----

Bonjour!



Jeudi 3 juin 2021

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là » (Mc 12, 28b-34)

Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ;
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia. (2 Tm 1, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
un scribe s’avança pour demander à Jésus :
« Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse :
« Voici le premier :
Écoute, Israël :
le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de tout ton esprit et de toute ta force.
Et voici le second :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit :
« Fort bien, Maître,
tu as dit vrai :
Dieu est l’Unique
et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur,
de toute son intelligence, de toute sa force,
et aimer son prochain comme soi-même,
vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit :
« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
Et personne n’osait plus l’interroger.

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

« Un scribe s’avança vers Jésus et lui demanda : ‘Quel est le premier de tous les commandements ?’ Jésus lui fit cette réponse : ‘Voici le premier : Écoute, Israël…’ » Le premier des commandements que le Seigneur nous donne c’est de l’écouter, c’est d’accepter d’être accueillant à sa Parole de vie. Et que commence par nous dire cette Parole ? « Le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur ». Unicité, radicalité. Il n’en est pas d’autres vers qui notre cœur puisse tendre l’oreille car personne en dehors de lui ne peut légitiment prétendre à ce titre.

La conséquence pour nous d’une telle affirmation ? « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force ». Quelle exigence ! Avec le cœur partagé qui est le nôtre, comment prétendre y être arrivé, ne serait-ce qu’une fois dans notre vie. Certes, nous en avons le désir, mais ce précepte nous bouscule parce qu’il nous renvoie à notre incapacité à l’accomplir. N’aurions-nous pas envie de répondre à Jésus : ‘Écoute Seigneur, laisse-moi tranquille, j’essaye de faire ce que je peux, mais ne me demande pas l’impossible’ ?

Et pourtant le Seigneur nous demande bien de l’aimer et non pas de faire seulement notre possible pour l’aimer. Ne passons pas trop facilement à côté de l’exigence de ces paroles, même si nous ne devons pas nous laisser enfermer par celle-ci.

Pour ce faire, il est essentiel de nous souvenir qu’il s’agit en premier lieu d’écouter. Écouter la beauté d’une telle parole : « Le Seigneur notre Dieu est l’unique, tu aimeras… » ; écouter l’amour du Seigneur qui résonne en elle et ce jusque dans la première épître de saint Jean où il nous est dit : « Dieu le premier nous a aimés ». Dieu ne peut nous demander de l’aimer de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit et de toute notre force que parce que lui-même nous a aimés le premier. Dieu ne peut nous demander de rester fidèle à ce précepte que parce que lui-même, le premier, demeure fidèle.

La première exigence n’est donc pas d’aimer le Seigneur mais de l’écouter et en l’écoutant de se laisser ajuster à lui. Écouter pour se laisser ajuster, pour se laisser transformer et pour pouvoir aimer du même amour dont nous sommes aimés. Somme toute, n’est-ce pas cela être juste ?

Mais Dieu ne nous imposera jamais l’écoute de sa voix. La Parole de Dieu ne vient pas comme une voix qui se surajouterait à tous nos bruits, à tous nos propos vains et futiles, quitte même à les dominer de sa force.

Parce qu’elle est plénitude, la Parole de Dieu ne peut pas ne pas tout emplir. Elle ne peut donc que jaillir du silence le plus profond. Lui seul veut dire quelque chose. Oui, derrière les bruits, derrière les cris, il y a en moi ce silence qui existe plus que moi, il y a ce silence de quelqu’un qui est sur le point de parler et qui commence ainsi : « Écoute,… ». Ouvrons l’oreille de notre cœur et écoutons. Ce qui suit sera unique pour chacun d’entre nous.


Abbé Philippe Link - Merci!

-----



Photo:

 Julie Dubé et Robert Latendresse 

Merci!

-----

Bonne journée!

Jean-Yves 


-----

Bel hommage à nos prêtres

Le prêtre...  
 Il est l’offrande de toute une vie à Dieu. En notre pays, la France, qu’un auteur qualifie de « pays aux hommes sans Dieu », le prêtre donne le signe que Dieu est TOUT pour lui, il dit à tous que Dieu est la finalité de l’histoire de l’Univers et de toute vie humaine. Le prêtre est aussi un rassembleur. Pasteur, homme de communion, il suscite la fraternité, au nom du Père. Il appelle à entrer dans la communion d’amour qu’il contemple en Dieu tel que le révèle le Christ Jésus. Au cœur de sa vie de prêtre, nous découvrons qu’il est l’humble serviteur de la grâce de Dieu dans les sacrements. Célébrant chaque jour l’Eucharistie, il rend présent le sacrifice du Christ qui nous consacre à Dieu et nous sanctifie. L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne.
(Mgr Christophe Dufour, évêque d'Aix en Provence)
----

mardi 1 juin 2021

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » / (357,067)

 Bonjour!

Mercredi 2 juin 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Mc 12, 18-27)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la résurrection et la vie,
dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais.
Alléluia. (cf. Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, des sadducéens
– ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection –
vinrent trouver Jésus.
Ils l’interrogeaient :
« Maître, Moïse nous a prescrit :
Si un homme a un frère qui meurt
en laissant une femme, mais aucun enfant,
il doit épouser la veuve
pour susciter une descendance à son frère.
Il y avait sept frères ;
le premier se maria,
et mourut sans laisser de descendance.
Le deuxième épousa la veuve,
et mourut sans laisser de descendance.
Le troisième pareillement.
Et aucun des sept ne laissa de descendance.
Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi.
À la résurrection, quand ils ressusciteront,
duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,
puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur dit :
« N’êtes-vous pas en train de vous égarer,
en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ?
Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts,
on ne prend ni femme ni mari,
mais on est comme les anges dans les cieux.
Et sur le fait que les morts ressuscitent,
n’avez- vous pas lu dans le livre de Moïse,
au récit du buisson ardent,
comment Dieu lui a dit :
Moi, je suis le Dieu d’Abraham,
le Dieu d’Isaac,
le Dieu de Jacob ?
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Vous vous égarez complètement. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Les discussions à propos de la résurrection allaient bon train. Il n’y a rien de surprenant à cela : comme tous les aspects de la foi, la résurrection est en effet apparue lentement et a nécessité une longue maturation.

Pour les sadducéens, qui ne prennent comme référence que la Torah écrite, les démonstrations des pharisiens ne sont pas recevables ; soutenir la foi en la résurrection ne peut être pris au sérieux. Ils entreprennent ainsi de montrer à Jésus que la vision matérialiste d’une vie après la vie est absurde. L’histoire de la veuve qu’ils inventent à dessein le montre. Pour faire leur réfutation, il aurait cependant suffit à cette femme d’avoir deux maris, qu’elle en ait eu sept n’ajoute rien au raisonnement. Mais cela montre toute l’ironie avec laquelle ils considèrent cette proposition, cela montre qu’ils veulent tourner en dérision la position des pharisiens.

Mais Jésus ne soutient pas cette conception matérialiste. Il le leur concède sans détour : il est impossible de réduire la vie après la mort à une continuation de la vie terrestre. Dans l’au-delà, on ne se marie pas, on n’est pas mariés comme on l’est sur la terre, on est alors comme des anges dans les cieux. La comparaison avec les anges ne veut pas être une description du même ordre que celle des sept maris, elle n’est pas un excès inverse qui voudrait nier complètement le mariage ; elle montre simplement le passage à une dimension qui concerne Dieu lui-même.

Finalement, la concession que fait Jésus est à double tranchant car elle montre aux sadducéens qu’ils ont commis la même erreur que les pharisiens qu’ils dénoncent, en se servant eux aussi d’anthropomorphisme et de rationalisme.

Or, lorsque les morts ressusciteront, la réalité sera tout autre que celle que nous connaissons. Il faut donc chercher à la comprendre tout autrement. Pour les y aider, Jésus fait lui aussi référence à Moïse, non pas selon ce qu’il dit, mais selon ce que Dieu lui dit. Dieu se présente à Moïse comme le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. C’est-à-dire que le Dieu vivant est le Dieu des vivants, il est le Dieu de ceux qui sont déjà vivants auprès de lui.

Ainsi Jésus s’éloigne-t-il d’un code de Loi détaché de la vie, répondant à tout de façon intemporelle et presque inhumaine. Jésus nous invite au contraire à entendre un Dieu qui invite à la rencontre, un Dieu qui parle aux hommes dans leur histoire personnelle et particulière. Le Seigneur s’adresse à chaque homme et le nomme. Il est le Dieu de la vie, le Dieu des vivants, le Dieu qui fait vivre.

Voilà où se joue la différence de point de vue où nous entraîne Jésus. Notre Dieu est le Dieu qui fait vivre de sa vie, en lui et par lui. Le rencontrer authentiquement est entrer dans sa vie. Il n’est plus possible de considérer la résurrection comme un concept, une idée qui décrit et explique l’au-delà, mais comme un don fait à tous ceux qui veulent vivre de la vie de Dieu. Maintenant. Car la vie ou la mort se joue dans la rencontre avec le Dieu de la vie, maintenant. Nous sommes invités à faire l’expérience inouïe qu’au cœur de toutes les morts où nous nous sommes laissés enfermer, l’appel à la vie de Dieu nous rejoint et nous sauve.

Seigneur Jésus, déploie la puissance de ta résurrection dans nos vies, viens à notre rencontre et transforme-nous par ton Esprit de vie. Mets en nous un cœur nouveau, qui batte au rythme de ton amour. Mets en nous un esprit nouveau qui s’ouvre aux réalités spirituelles et nous donne d’en vivre dès à présent.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----


Diacre

au cœur de notre monde

que Dieu aime.


-----



Église de Saint-Roch-des-Aulnaies
-----

«Notre réalisation et notre bonheur 
ne s'atteignent pas en élucidant les difficultés, 
mais en les acceptant et en les accueillant 
comme des stimulations pour grandir.»
(Francesco Châtel)
-----

Bonne journée!

Jean-Yves