jeudi 5 août 2021

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé » / Quelques pensées... /(363,018)

 Bonjour!

Vendredi 6 août 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Mc 9, 2-10)

Alléluia. Alléluia.
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le !
Alléluia. (Mt 17, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,
et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.
Et il fut transfiguré devant eux.
    Ses vêtements devinrent resplendissants,
d’une blancheur telle
que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
    Élie leur apparut avec Moïse,
et tous deux s’entretenaient avec Jésus.
    Pierre alors prend la parole
et dit à Jésus :
« Rabbi, il est bon que nous soyons ici !
Dressons donc trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
    De fait, Pierre ne savait que dire,
tant leur frayeur était grande.
Survint une nuée qui les couvrit de son ombre,
et de la nuée une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé :
écoutez-le ! »
    Soudain, regardant tout autour,
ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

    Ils descendirent de la montagne,
et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts.
    Et ils restèrent fermement attachés à cette parole,
tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :
« ressusciter d’entre les morts ».

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La liturgie d’aujourd’hui nous invite à tourner notre regard vers le Fils de Dieu qui, sur la montagne, comme s’accordent à le rapporter les évangiles synoptiques, est transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean, tandis que d’une nuée, la voix du Père proclame : « Celui est mon Fils, celui que j’ai choisi ; écoutez-le ».

Jésus est bien au centre de la scène de la Transfiguration. C’est vers lui que convergent deux témoins de la Première Alliance : Moïse le médiateur de la Loi et Elie le prophète du Dieu vivant. La présence de ces deux personnages ainsi que la voix venant du ciel nous montrent clairement que nous assistons à une théophanie, une manifestation de Dieu en son Fils Jésus-Christ. Comment ne pas penser ici aux théophanies dont Moïse et Elie furent témoins sur la montagne de Dieu, le Sinaï-Horeb (Ex 19,9s ; 24, 15-18 et 1 R 19, 8-18) !

Jésus apparaît totalement transfiguré par la gloire de Dieu. Et cette gloire suscite la frayeur chez les trois disciples ou plutôt cette crainte révérencielle que l’on éprouve en présence de la divinité. Mais elle provoque en même temps la joie de saint Pierre : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ». Ce dernier se voit ainsi confirmé dans la confession de foi en la messianité de Jésus qu’il avait prononcée peu de temps avant comme nous le rapporte saint Matthieu dans son évangile : « Tu es le Christ le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16).

Mais si la vision et la voix venue du ciel confirment saint Pierre, elles ratifient aussi la révélation que Jésus avait faite à ses disciples après la confession de Pierre à Césarée. Cette révélation se trouve d’ailleurs être l’objet de sa discussion avec Moïse et Elie : cet « exode » dont Jérusalem va être le point de « départ » ; ce passage par la mort, nécessaire à l’entrée dans la gloire. Ainsi, la Transfiguration consacre la révélation de Jésus, Fils de l’homme (Dn 7) souffrant et glorieux, dont la mort et la résurrection accompliront les Écritures. D’ailleurs la voix du Père invite à écouter le Fils, à l’écouter lorsqu’il annonce qu’il doit aller à Jérusalem pour y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, y être tué et le troisième jour ressusciter (Mt 16, 21). Jusqu’ici Pierre ne pouvait mettre ensemble la gloire et la souffrance. La Transfiguration lui donne de découvrir que le Fils du Dieu vivant ne pourra entrer dans la gloire et dans le plein épanouissement de sa dignité filiale que par la voie de la souffrance et de la croix.

Cette expérience anticipée de la gloire du Christ sera pour les trois disciples, que nous retrouverons un peu plus tard dans l’évangile sur une autre montagne, le Calvaire, un soutien pour leur foi dans leur participation au mystère de la Croix. N’est-ce pas le même rôle que joue pour nous toute rencontre authentique avec le Seigneur Jésus, en attendant d’être pleinement transfigurés en lui lors de son retour glorieux ?

 Seigneur, en ce jour, que l’événement de ta Transfiguration jette sa lumière éblouissante sur notre vie quotidienne et oriente notre esprit vers le destin immortel qu’il nous révèle !


Abbé Philippe Link / Merci! 

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Restons positif...


-Il est important de demeurer positif dans la vie...

- J'ai à prendre soin de moi...

- J'ai à me pardonner...

- J'ai à faire le ménage dans ma mémoire...

(D'après de Dr Valérie J. Brousseau / La victoire de l'Amour.)

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Faisons de la place à la prière dans sa journée.

Demandons cette grâce...

La prière n'a pas besoin d'être longue:

 une pensée, une invocation, un petit dialogue...

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«La Miséricorde est le propre de Dieu;

 elle est l'attribut le plus remarquable du Créateur. 

Sa toute puissance 

consiste justement à faire miséricorde; 

c'est le mot-clé pour indiquer l'agir de Dieu

 envers nous.»

(Roger Poudrier)

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«Chaque matin porte en lui un miracle caché, 

et nous devons porter attention à ce miracle.»

(Paulo Coelho)

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«Là où l'on est dépassé par ce qui nous arrive, 

Dieu nous rejoint.»

(Christine Fontaine)

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«L'idéal est pour nous 

ce qu'est une étoile pour le marin.

Il ne peut être atteint, 

mais il demeure un guide.»

(Albert Schweitzer)

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 4 août 2021

« Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux » / Quelques pensées... / (362,961)

     Bonjour!     

Jeudi 5 août 2021

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 



ÉVANGILE

« Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Mt 16, 13-23)

Alléluia. Alléluia.
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Alléluia. (Mt 16, 18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe,
demandait à ses disciples :
« Au dire des gens,
qui est le Fils de l’homme ? »
    Ils répondirent :
« Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
    Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ?
Pour vous, qui suis-je ? »
    Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
    Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
    Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
    Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. »
    Alors, il ordonna aux disciples
de ne dire à personne que c’était lui le Christ.

    À partir de ce moment,
Jésus commença à montrer à ses disciples
qu’il lui fallait partir pour Jérusalem,
souffrir beaucoup de la part des anciens,
des grands prêtres et des scribes,
être tué,
et le troisième jour ressusciter.
    Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches :
« Dieu t’en garde, Seigneur !
cela ne t’arrivera pas. »
    Mais lui, se retournant, dit à Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tu es pour moi une occasion de chute :
tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus invite ses disciples à faire le passage du « on dit » anonyme, au « je dis » qui les engage à sa suite dans une communion de vie et de destinée. La galerie des candidats est honorable : Jean-Baptiste, Elie, Jérémie, rien que du beau monde, des « grands » de la Tradition. Pourtant la question de Jésus, « et vous, que dites-vous ? » suggère que la réponse est incomplète. Précisant sa demande, Notre-Seigneur donne un indice de la direction dans laquelle il convient de chercher : « Pour vous, qui suis-je ? »

Les disciples fouillaient dans leur mémoire religieuse pour y trouver une réponse académique, alors que Jésus les invite à relire leur cheminement avec lui : « Durant tout ce temps que nous avons vécu ensemble, quelle place ai-je progressivement prise dans votre vie ? C’est pour vous que je suis sorti d’auprès du Père, et c’est “pour vous et pour la multitude ” que bientôt je vais verser mon sang. Sachant cela, “pour vous, qui suis-je ?” »

Jésus n’attend pas d’abord une prise de position qui soit « religieusement correcte » ; mais une prise de position et un engagement en réponse au don qu’il nous fait de sa Personne dans l’amour.

Le face à face entre Jésus et Pierre est solennel : chacun « prend la parole » à son tour. Simon pour se risquer à une interprétation radicale de la personne de son Maître : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant » ; Jésus pour lui révéler le caractère inspiré de sa réponse et la mission qui en découle. Notre-Seigneur jubile, car par cette parole que Simon n’a pu recevoir que d’en haut, l’apôtre manifeste qu’il s’est laissé instruire par le Père, et que dès lors il est né à la vie nouvelle. Il participe désormais au statut filial du Fils unique ; il a retrouvé l’accès à son origine, il est relié à sa Source. C’est pourquoi Jésus le déclare bienheureux.

Notre-Seigneur laisse éclater sa joie, car désormais il n’est plus seul : Simon est venu le rejoindre « du côté de Dieu ». Ce faisant il nous montre le parcours de tout disciple : se tenir près du Maître, l’écouter, le contempler, s’identifier à lui jusqu’à entrer dans la filiation divine de celui qui a voulu assumer notre condition charnelle pour nous révéler le dessein du Père.

« Heureux es-tu » : l’annonce de la béatitude de l’entrée dans la vie filiale ne signifie hélas pas que l’homme ancien ait renoncé à son hégémonie : ce n’est pas parce que Pierre s’affirme que Simon se retire. Bien au contraire : c’est lorsque nous décidons de nous engager à la suite du Christ que l’homme charnel et psychique en nous réagissent, mettant tout en œuvre pour résister à cette nouvelle naissance. Car « les tendances de la chair s’opposent à l’esprit, et les tendances de l’esprit s’opposent à la chair » (Ga 5, 17). Aucune conciliation n’est possible ; aussi la vie du disciple est-elle traversée par un affrontement douloureux. L’être ancien en nous résiste de toutes ses forces à l’appel du Christ, car il sait fort bien que le chemin de la vie nouvelle passe par la mort à tout ce qu’il y a de « terrestre » en nous. Alors que Pierre vient de confesser la seigneurie du Christ, Simon en nous refuse de s’engager à la suite de Jésus sur le chemin pascal.

Que le Seigneur nous accorde un Esprit de discernement, afin de pouvoir trier dans nos pensées celles qui viennent de Dieu et celles qui viennent des hommes. Car Satan cherche à se servir de nos complicités avec l’esprit du monde, pour les ériger en obstacle à l’action du Christ et à l’expansion de son Royaume.

Vierge Marie, enseigne-nous le chemin du vrai disciple, qui ne prétend pas montrer au Maître la route qu’il convient de prendre, mais qui met tout son effort à passer et à demeurer derrière lui, dans l’obéissance d’une foi animée d’un amour sincère.


Abbé Philippe Link / Merci!

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«La Bonne Nouvelle c'est la Miséricorde 

qui est offerte et donnée.»

(Simon Lessard)

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«Faire fleurir la miséricorde 

est notre identité chrétienne.»

(Mère Teresa)

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«Avec Jésus qu'est-ce que je vis?»

(Éloi Giard)

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«Il est indispensable que, chaque jour,

 Dieu soit pour nous une découverte nouvelle.»

(Maurice Zundel)

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Démolition de l'église Saint-Vincent-de-Paul, à Québec.

Cette église était située au haut de la Côte d'Abraham.  

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«Soyons nous-mêmes. 

Le monde n'en sera que plus cohérent, 

riche de sa diversité assumée.»

(Yves Duteil)

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Bonne journée!

Jean-Yves

mardi 3 août 2021

« Femme, grande est ta foi ! » / (362,926)

 Bonjour!

Mercredi 4 août 2021

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Femme, grande est ta foi ! » (Mt 15, 21-28)

Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
    Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires,
disait en criant :
« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David !
Ma fille est tourmentée par un démon. »
    Mais il ne lui répondit pas un mot.
Les disciples s’approchèrent pour lui demander :
« Renvoie-la,
car elle nous poursuit de ses cris ! »
    Jésus répondit :
« Je n’ai été envoyé
qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
    Mais elle vint se prosterner devant lui en disant :
« Seigneur, viens à mon secours ! »
    Il répondit :
« Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants
et de le jeter aux petits chiens. »
    Elle reprit :
« Oui, Seigneur ;
mais justement, les petits chiens mangent les miettes
qui tombent de la table de leurs maîtres. »
    Jésus répondit :
« Femme, grande est ta foi,
que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »
Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Une mère éplorée, qui a entendu parler du Rabbi de Nazareth et des miracles qu’il accomplissait, poursuit Jésus de ses supplications en faveur de sa fille. L’interpellation de cette femme cananéenne témoigne d’une étonnante connaissance de la tradition juive ; peut-être même le titre « Seigneur, fils de David » attribué à Jésus est-il une ébauche de foi, comme semble le confirmer la demande, puisqu’elle attend du « Seigneur » qu’il prenne autorité sur le démon qui tourmente sa fille.

Le silence de Jésus veut obliger les disciples à résoudre eux-mêmes ce dilemme : cette femme païenne, habitant en terre étrangère, mais témoignant par sa foi naissante qu’elle est visitée par Dieu, est-elle impure en raison de son appartenance raciale, ou au contraire, faut-il juger de sa pureté, c’est-à-dire de la qualité de sa relation à Dieu à partir de « ce qui est sorti de sa bouche et qui provient de son cœur » (15, 8) ?

Les disciples ne semblent pas avoir perçu le problème : ils demandent à Jésus de « donner satisfaction » à la femme non pas comme confirmation de sa confession de foi, mais pour couper court à une situation embarrassante. Pensez donc : un Rabbi juif poursuivi par les cris d’une païenne, cela pourrait causer scandale ! Ainsi donc les disciples demeurent tout aussi enfermés dans leurs a priori et leur formalisme religieux que les pharisiens.

Dans un premier temps, la réponse de Jésus explicite ce que les disciples n’avaient pas osé formuler : un Rabbi d’Israël ne s’occupe pas des étrangers ; c’est à son peuple que Dieu envoie ses messagers. Cette parole dure de Jésus ne décourage cependant pas la femme, mais ranime tout au contraire son zèle : « elle vint se prosterner devant lui » dans un geste d’humble adoration. Lui ayant ainsi barré la route elle le supplie : « Seigneur, viens à mon secours ! » Cette fois le dialogue est ouvert ; les yeux dans les yeux Jésus l’invite avec douceur, à expliciter devant les disciples la compréhension du mystère de grâce que l’Esprit a révélé à son cœur.

La femme sait bien que le pain est destiné aux enfants ; mais elle a deviné que les enfants d’Israël font preuve de bien peu d’appétit pour le pain de la Parole que Jésus leur offre : le Rabbi ne viendrait pas en terre païenne s’il ne fuyait pas ses coreligionnaires. Aussi ajoute-t-elle pleine d’espérance : « les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres » – le terme « petits chiens » ne désigne pas les chiens errants, objet de mépris, mais les animaux domestiques qui jouissaient de la faveur de leur maître.

Nous retrouverons ce thème tout au long des premières campagnes d’évangélisation : le rejet de la Bonne Nouvelle par les juifs, fera la joie des païens vers lesquels se tourneront les missionnaires, et qui accueilleront le message du salut. Ainsi à Antioche de Pisidie, devant l’hostilité des juifs, « Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : “ C’est à vous d’abord qu’il fallait adresser la Parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens” » (Ac 13, 46-47).

La réponse de Jésus confirme l’action de l’Esprit dans le cœur de cette femme païenne : « Ta foi est grande ». Aussi Notre-Seigneur ne doit-il même pas intervenir : « Que tout se fasse pour toi comme tu le veux ». Par sa foi, cette mère dispose, pour le service de la délivrance de sa fille, de la toute-puissance de Dieu qui repose sur le Verbe incarné.

Ainsi donc ce n’est pas l’appartenance à la nation sainte qui garantit l’état de « pureté », mais la foi en Jésus venu rassembler les enfants de Dieu dispersés (Jn 11, 52). Car « les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile » (Ep 3, 6). Par sa foi, la femme cananéenne est devenue fille d’Abraham et « héritière de Dieu, héritière avec le Christ » (Rm 8, 17), disposant en son nom propre de sa victoire sur le démon.

« Ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme impur ». Nous qui avons été purifiés « par le bain du baptême et la Parole de vie » (Ep 5, 26), ne risquons pas de retomber dans l’impureté par des jugements hâtifs sur nos frères en raison de leur origine ou de leur appartenance culturelle. Pour eux aussi le Christ a versé son sang, et il les appelle comme nous à partager son héritage en devenant les enfants adoptifs du Père en qui nous sommes tous frères.

Seigneur sauve-nous de nos étroitesses d’esprit ; ouvre nos yeux sur nos enfermements ; dénonce nos complicités avec les attitudes d’exclusion mises en place autour de nous ; donne-nous de nous souvenir que nous aussi nous étions des “païens” ; et accorde-nous la force de témoigner ouvertement de l’universalité de ton message, car c’est à tous les hommes que tu es venu « annoncer une année de bienfaits » (Lc 4, 19) de la part de Dieu ton Père et notre Père (cf. Jn 20, 17).


Abbé Philippe Link / Merci!

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Sculpture à Saint-Jean-Port-Joli

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Bonne journée!

Jean-Yves 


lundi 2 août 2021

« Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »( / 362,869)

Bonjour!

Mardi 3 août 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

Évangile selon saint Matthieu 14, 22-36

Jésus avait nourri la foule dans le désert. Aussitôt il obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth. Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades. Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.

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Commentaire...

Les apôtres sur le lac se trouvaient dans la turbulence. Jésus les avait envoyés en mission sur une mer agitée. Et alors, il vient à leur secours d’une façon inattendue, sous l’apparence d’un fantôme. Dans nos moments de crise il y a à la fois un danger et une opportunité. Chacun fait face un jour à des crises différentes : discerner une vocation à la vie consacrée, rompre une habitude, rompre une amitié néfaste, décider, pour un couple, de vivre avec cohérence l’enseignement de l’Église ou simplement de prendre le Christ plus sérieusement. Dans une crise, ma volonté est tiraillée de toutes parts. Mon esprit, mon coeur et mes sentiments sont aussi engagés. Le chemin est rude et il y a danger à prendre celui qui est le plus facile car je pourrais bien me repentir plus tard d’avoir court-circuité ma vie et peut-être celle de quelques autres. La solution que me suggère ma foi me paraît irréelle, insaisissable pour moi. Elle semble trop hors de l’ordinaire pour moi, hors du contexte dans lequel je suis habitué. Pourtant, j’y perçois une droiture, une certaine élévation d’esprit parce que, si peu que ce soit, le Christ se laisse entrevoir à moi. Jésus permet ces situations de crise tout comme il permet que les solutions nous paraissent irréalisables. Tout cela, à cause de sa bonté. Il sait que c’est l’occasion pour nous de faire un bon en avant dans notre vie spirituelle, dans notre foi.

Quelle doit être mon attitude véritable dans un moment de crise ? Si je réfléchis bien, je vois que Dieu dans sa bonté a un dessein pour ma vie, pour chaque jour de ma vie. Si Dieu est bon et pourvoit à mes besoins, ne décevant jamais celui qui croit en lui, ce doit être que je serai très heureux si j’accepte sa volonté. Que la volonté de Dieu soit faite ! Voilà ce qui doit être mon attitude véritable, fondamentale. Avant de chercher à découvrir l’identité de cette figure énigmatique qui m’appelle, je dois me convaincre que si c’est le Christ, le Christ qui me fait signe, alors je le suivrai. Que la voix de Pierre soit la tienne : » Seigneur, si c’est toi, commande-moi de marcher sur les eaux. Quelquefois, le Seigneur appelle en disant : « Viens ! » et on sent qu’il nous demande de venir plus près de lui, de mettre nos pas dans les siens. D’autres fois, il nous dit : « Courage ! » car il y a un risque à prendre, le risque d’abandonner un peu de moi-même, pas pour l’amour d’une aventure mais pour l’amour de l’Amour. Il dit aussi : « C’est moi ! » et nous demande de reconnaître en lui le trésor pour lequel on devait tout abandonner. Il ajoute : « N’aie pas peur ! » et nous encourage à lui faire confiance. Et quand mon cœur est disposé à faire sa volonté, quelle qu’elle soit, alors je peux demander en toute confiance : « Est-ce toi, Seigneur ? » Écoutons la réponse. Écoutons attentivement.

Si Jésus dit : « Viens, » alors n’attends pas. Laisse sa tendre invitation t’attirer à lui. Le moment le plus pénible à surmonter, pour celui qui est dans le bateau, c’est la décision de sortir de l’inertie. Mais après les premiers pas, on est dans la main de Dieu. C’est un peu comme sauter en parachute. Dès qu’on quitte la sécurité de l’avion, on est à la merci de la force de gravité. Fixe ton regard seulement sur Jésus. Marcher sur les eaux, quitter mon confort et ma zone de sécurité est difficile. Ce n’est pas naturel de marcher sur les eaux ! La tentation est grande de se concentrer sur les difficultés, sur le vent, les vagues, sur le fait qu’on ne contrôle rien. Fixe ton cœur et ta volonté sur le Christ. Fie-toi sur sa force et sa puissance salvatrice. Il ne t’abandonnera pas. Il t’appelle à une certaine mission, à une certaine façon d’être, à un niveau plus élevé de foi, il te donnera les grâces nécessaires.

Jésus, si bon et miséricordieux, merci de m’appeler à te ressembler, à te suivre plus intimement. Merci de m’appeler à vivre ma vie par la foi et non pas de me fier uniquement à moi-même et à me reposer sur mes sécurités. Merci de parler à mon cœur et à m’inviter à tout risquer pour toi. Quoi que tu veuilles, Jésus, je le veux aussi. Que ta volonté soit faite et non la mienne. Marie, ma Mère, aide-moi à répéter avec toi : « Qu’il me soit fait selon ta parole. »


Abbé Philippe Link / Merci!

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«Le désir de voir Dieu est inscrit au cœur de l'homme.
 Le vrai bonheur réside en Dieu seul,
 source de tout bien»
(Roger Poudrier)
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«Tout croyant et un être de désir, 
sans cesse en quête du Dieu
qui l'a appelé du néant à l'existence.»
(Roger Poudrier)
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«Étancher notre soif de Dieu, 
voilà le désir lancinant qui nous taraude sans fin.»
(Roger Poudrier)
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Tout être humain a une valeur inestimable
aux yeux de Dieu. Jamais il ne se résignerait 
à la perte et à la souffrance éternelles
 d'un seul de ses enfants.»
(Roger Poudrier)
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Note: 
Vous devinez que je suis à lire
 le livre de Roger Poudrier:
 Le Miséricordieux à l'infini....
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Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 1 août 2021

« Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule » / (362,827)

 Bonjour!

Lundi 2 août 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule » (Mt 14, 13-21)

Alléluia. Alléluia.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Alléluia. (Mt 4,4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,
il se retira et partit en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les foules l’apprirent
et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
    En débarquant, il vit une grande foule de gens ;
il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.

    Le soir venu,
les disciples s’approchèrent et lui dirent :
« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.
Renvoie donc la foule :
qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
    Mais Jésus leur dit :
« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.
Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
    Alors ils lui disent :
« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
    Jésus dit :
« Apportez-les moi. »
    Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,
il prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction ;
il rompit les pains,
il les donna aux disciples,
et les disciples les donnèrent à la foule.
    Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient :
cela faisait douze paniers pleins.
    Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,
sans compter les femmes et les enfants.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Parfois nous trouvons la vie difficile. C’est l’illustration du fait que le bonheur auquel nous aspirons ne sera jamais, et ne pourra jamais, se réaliser sur cette terre. C’est seulement au ciel, quand nous participerons à la vie même de la Trinité, que nous obtiendrons enfin le bonheur que nous désirons si ardemment. Notre vie sur terre est celle d’un pèlerin. Nous devons souvent nous rappeler cette grande vérité. Un pèlerin est celui qui est en chemin. Il n’a pas atteint sa destination finale et ainsi il ne peut pas s’arrêter. Nous sommes des pèlerins en ce monde car nous voyageons vers le ciel. Sur le chemin, nous cherchons quelque chose qui nous soutiendra, un aliment que le monde, avec ses nombreuses merveilles, ne pourra jamais nous donner. Jésus-Christ s’est donné pour être notre pain quotidien afin de nous soutenir pendant ce grand voyage.

Cette nourriture, le corps et le précieux sang du Christ est un don gratuit. Rien de ce que nous pourrions faire ne mérite ce don extraordinaire d’amour. Rien de ce que nous avons ne pourrait jamais acheter l’eucharistie, parce que l’eucharistie est d’une valeur infinie ; c’est le Fils de Dieu lui-même. Nous ne pouvons rien échanger afin de l’obtenir. Et ainsi, nous sommes menés à contempler, émerveillé et plein de gratitude le don de l’eucharistie. Rendons grâce au Seigneur. Nous devons repousser toute indifférence et redécouvrir la beauté, la majesté, et la profondeur de l’amour que Jésus présent dans l’Eucharistie suscite. Il nous a donné – à toi et à moi comme membres de son Eglise – le pain de vie. En mangeant ce pain nous sommes fortifiés, renouvelés, transformés et soutenus pendant notre pèlerinage vers le ciel.

Il est possible de se perdre au cours de notre pèlerinage spirituel. Nous pouvons nous fatiguer et avoir envie de nous arrêter. L’attraction du péché peut sembler trop fort pour nous. Peut-être nous ne trouvons plus le courage et la force de continuer. Le Christ nous connaît bien. Il connaît chacune de nos limitations parfaitement. Et il veut être avec nous, pour nous accompagner personnellement. Il ne nous a pas laissés seuls. Il vient à nous dans l’Eucharistie. Il reste dans le tabernacle et il est toujours là, nous bénissant, nous attendant. Tout ce que nous avons à faire est d’aller lui rendre visite. Il prendra soin du reste. Il nous redonnera la paix, nous renouvellera et nous remettra de nouveau sur notre chemin. Il est le Pain de Vie, notre compagnon, notre Seigneur, et, parce qu’il l’a voulu ainsi, notre ami.

Seigneur, comme il est grand, le don de l’Eucharistie. Je n’ai pas de mots pour exprimer ma gratitude. Je veux te recevoir avec la même humilité, amour et dévotion que Marie dans les années qui ont suivi ton ascension.


Abbé Philippe Link / Merci!

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DÉCÈS

    Je viens d'apprendre le décès, survenu hier, de Mgr Guy Herbulot, l'évêque émérite du diocèse d'Évry en France. Il était l'évêque constructeur de la Cathédrale de la Résurrection Saint-Corbinien d'Évry en banlieue de Paris (1992: début de la construction). C'était un bon ami de mon ami français Bernard Lecomte qui est webmaster du site (non-officiel) de cette cathédrale de style très original et que vous pouvez visiter virtuellement en allant chercher l'adresse dans la liste de "Mes liens". 

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«Esprit de Dieu, très pur Amour,
Descends dans notre nuit obscure;
Le temps nous tient, la chair nous dure,
Esprit de feu, très pur Amour!
(Hymne - Liturgie des heures - Ce matin)
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Bonne journée!

Jean-Yves 


« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif » / «Le Miséricordieux à l'infini.» /(362,777)

Bonjour!

 18e Semaine: Dimanche (B)

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche: 


ÉVANGILE

« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6, 24-35)

Alléluia. Alléluia.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Alléluia. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
    quand la foule vit que Jésus n’était pas là, 
ni ses disciples, 
les gens montèrent dans les barques 
et se dirigèrent vers Capharnaüm 
à la recherche de Jésus. 
    L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : 
« Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » 
    Jésus leur répondit : 
« Amen, amen, je vous le dis : 
vous me cherchez, 
non parce que vous avez vu des signes, 
mais parce que vous avez mangé de ces pains 
et que vous avez été rassasiés. 
    Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, 
mais pour la nourriture qui demeure 
jusque dans la vie éternelle, 
celle que vous donnera le Fils de l’homme, 
lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » 
    Ils lui dirent alors : 
« Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » 
    Jésus leur répondit : 
« L’œuvre de Dieu, 
c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » 
    Ils lui dirent alors : 
« Quel signe vas-tu accomplir 
pour que nous puissions le voir, et te croire ? 
Quelle œuvre vas-tu faire ? 
    Au désert, nos pères ont mangé la manne ; 
comme dit l’Écriture : 
Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » 
Jésus leur répondit : 
« Amen, amen, je vous le dis : 
ce n’est pas Moïse 
qui vous a donné le pain venu du ciel ; 
c’est mon Père 
qui vous donne le vrai pain venu du ciel. 
    Car le pain de Dieu, 
c’est celui qui descend du ciel 
et qui donne la vie au monde. »
    Ils lui dirent alors : 
« Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »
    Jésus leur répondit : 
« Moi, je suis le pain de la vie. 
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; 
celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.
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Commentaire:

Jésus, quand il reproche aux juifs de ne pas avoir compris le miracle qu’il vient d’accomplir, dit ceci : « En vérité vous me cherchez non pas parce que vous avez vu des signes ». C’est très important de remarquer que dans tout l’évangile de saint Jean, quand Jésus parle des miracles, il n’emploie pas le vocabulaire du miracle, il dit toujours : « des signes », c’est-à-dire des réalités qui signifient, qui nous renvoient à plus loin que l’immédiat. Un signe, c’est une réalité concrète, visible, tangible, mais qui nous parle d’un au-delà inaccessible que ce signe nous permet d’entrevoir comme à tâtons. Un signe, c’est par exemple précisément la manne qui, descendant du ciel, manifeste la présence

 La manne, ce pain mystérieux, c’est le signe de la sollicitude de Dieu pour son peuple. Dieu voulait manifester au peuple d’Israël qu’il était proche de lui. Alors, devant le désert, le lieu de la soif et de la faim, Dieu donne au peuple une nourriture qui vient du ciel, il donnera aussi l’eau du rocher pour qu’il se désaltère, afin que ceux qui ont faim puissent manger à leur faim, et ceux qui ont soif puissent boire à leur soif.

La manne est donc un signe de la présence de Dieu. Mais Jésus invite ses auditeurs à aller plus loin dans cette recherche. La manne n’est pas seulement le signe de la sollicitude de Dieu, elle est le signe du véritable pain du ciel qu’est Jésus, car de même que la manne descendait du ciel, Jésus est descendu du ciel par l’Incarnation pour nous donner cette présence de Dieu qui est la nourriture véritable de notre vie et de notre cœur. Jésus est le pain de la vie, il est la nourriture qui nous donne la vraie vie. C’est cela un signe. Vous remarquez que les juifs renvoient en quelque sorte à Jésus sa propre parole : « Quel signe nous donnes-tu pour que nous croyions en toi ? » Ils reprennent le mot même de “signe” employé par Jésus en le retournant comme une preuve. Pour eux, le signe n’est plus simplement un don qui nous conduit au-delà de lui-même à la découverte du mystère de Dieu, le signe pour eux, c’est une preuve. C’est là qu’ils prése

La présence de Dieu, dans l’Ancien Testament, c’est la manne qui en est le symbole, tandis que pour Jésus, la manne est le signe d’un autre Testament, d’une autre Alliance qu’il vient inaugurer et ce ne sera plus simplement un pain matériel même miraculeux comme la manne, ce sera lui-même qui se donnera en nourriture.

Dans les dimanches qui viendront, Jésus va nous conduire plus loin encore dans ce mystère. Non seulement, il est le pain de la vie parce qu’il est la nourriture du cœur, la nourriture de notre existence profonde. Non seulement Jésus est le Pain de Vie, mais encore, il va nous donner sa présence à travers un pain bien plus mystérieux encore que la manne, ce sera l’eucharistie. Ce pain qui va devenir le corps même du Christ, ce pain qui va être concrètement mangé par nous, pour que nous mangions la chair du Christ, qu’elle nous nourrisse et devienne notre propre chair. Ceci c’est ce que la suite de l’évangile nous donnera dans les pages que nous lirons les dimanches qui viennent.

Retenons aujourd’hui cette vérité fondamentale à travers les œuvres de Dieu, à travers tout ce que Dieu accomplit dans nos vies, dans son Église, dans l’histoire, il faut savoir lire des signes de la présence de Dieu, de sa vie, de sa miséricorde et de son amour. Tout ce qui nous arrive, tout ce qui se passe dans nos vies, tout ce qui se passe dans le monde est signifiant. C’est toujours une révélation partielle, tout à fait commençante mais déjà profondément nourrissante, une révélation de ce mystère de la présence aimante de Dieu dans le monde et dans nos vies.

 Il faut que nous sachions lire les signes. Il faut que nous sachions lire dans ce pain qui nous sera donné tout à l’heure, la nourriture par excellence qui est le corps même du Christ qui veut devenir notre propre corps, qui veut transformer notre corps en sa chair, pour que nous soyons véritablement les membres de son corps. Comme le dit saint Paul : « Nous formons un seul corps, nous tous qui avons part au même pain ».

Que le Christ, Pain de vie, soit la nourriture de notre vie, de notre corps, de notre cœur, de notre âme.


Abbé Philippe Link / Merci! 

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Une réflexion sur la Miséricorde de Dieu...

«Le Miséricordieux à l'infini, c'est Abba. Ce mot araméen - que Jésus utilisait - se traduit en français par «papa».

Selon le pape François, «là où se trouve ta synthèse, là se trouve ton cœur». Papa, le Miséricordieux à l'infini, voilà ma synthèse! Notre liberté de pécher n'entrava en rien sa liberté souveraine de pardonner. Il permet le mal, parce qu'il peut en tirer un plus grand bien. Abandonnons-nous en toute confiance à sa miséricorde infinie! Ne laissons pas le doute entamer notre espérance et la promesse de vie éternelle qu'il nous a faite dans la résurrection de son Fils.

À tout pécheur, miséricorde!
À tout péché, pardon!
À tous, vie éternelle!
Tous avec Papa en Paradis!»

C'est l'introduction du livre de Roger Poudrier: Le Miséricordieux à l'infini.
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Bon dimanche!
Jean-Yves