lundi 7 novembre 2022

« Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir » / 6e Journée mondiale des Pauvres: 13 novembre... / (392,837)

Bonjour!

Mardi 8 novembre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir » (Lc 17, 7-10)

Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait :
    « Lequel d’entre vous,
quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes,
lui dira à son retour des champs :
“Viens vite prendre place à table” ?
    Ne lui dira-t-il pas plutôt :
“Prépare-moi à dîner,
mets-toi en tenue pour me servir,
le temps que je mange et boive.
Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour” ?
    Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ?
    De même vous aussi,
quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
dites :
“Nous sommes de simples serviteurs :
nous n’avons fait que notre devoir” »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Cette péricope a vraiment de quoi surprendre : Jésus nous confronterait-il à nouveau au Dieu terrible, exigeant, sans cœur, égoïste, etc. ? Et cela au moment même où, grâce aux paraboles de la miséricorde, nous commencions à mettre notre espérance en un Père plein de tendresse et de compassion à notre égard ?

Ainsi donc, lorsqu’après une rude vie de travail ici-bas, nous nous présenterons devant Dieu au ciel, ce sera pour nous mettre « en tenue pour le servir » ? Et nous sommes avertis : nous n’aurons pas même droit à une once de « reconnaissance d’avoir exécuté ses ordres » ! C’est à se demander si l’enfer n’est pas plus enviable que l’espérance des bienheureux !

Cette interprétation est heureusement insoutenable, car Jésus ne saurait être contradictoire, lui qui nous décrivait il y a quelques jours à peine la joie débordante du Père accueillant son fils égaré, pour lequel il fait tuer le veau gras. Il doit donc y avoir un trésor caché dans ces paroles : à nous de le découvrir.

Pour comprendre l’enseignement du Seigneur, il faut nous souvenir qu’il ne nous demande jamais que ce qu’il accomplit en premier. C’est donc que Jésus se considère lui-même comme un « serviteur quelconque », qui n’a « fait que son devoir » en rassemblant par le sacrifice de la Croix, les enfants de Dieu dispersé que le Père lui avait confié.

N’est-il pas le bon Berger qui, après une journée de rude labeur, ne s’accorde aucun repos avant d’avoir nourri de son propre corps ceux dont il s’est fait le Serviteur ? Bien plus : ce qu’il a préfiguré le soir du Jeudi Saint en lavant les pieds de ses disciples et en instituant l’Eucharistie, il l’accomplit le lendemain en s’offrant comme le véritable Agneau de la Pâque nouvelle et définitive.

Or sur la Croix, Jésus n’a pas revendiqué la résurrection comme une « récompense » pour ses « bons et loyaux services » ou pour son obéissance ; il s’est contenté de remettre son esprit entre les mains de son Père, après avoir une dernière fois intercédé pour ses bourreaux : « Tout est accompli ; Père, j’ai mené à bien l’œuvre que tu m’as confiée ; maintenant tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix selon ta Parole ». Son holocauste, expression suprême de l’Amour, ne peut être que pure gratuité afin que tous, sans exception et sans mérite, puissent venir y puiser l’Eau vive de l’Esprit. Jésus ne se soucie pas de son avenir, car il s’en remet totalement à l’amour bienveillant de son Père, dont il sait fort bien qu’il veille sur lui et le pourvoit « de l’être, du mouvement et de la vie » en surabondance.

« De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé… » : plût au ciel qu’un jour cela nous arrive ! Pourtant ce ne serait que le strict devoir de ceux qui ont été élevés à la dignité de serviteurs du Très-Haut. Y a-t-il honneur plus grand que celui de servir Dieu, en dispensant les biens de son Royaume qu’il nous a confiés ? Et si déjà sur terre, nous qui sommes mauvais, éprouvons une intense joie à servir nos amis gratuitement, qu’en sera-t-il lorsque nous pourrons servir dans cette même gratuité celui qui est notre Ami par excellence ?

Et si paradoxalement Dieu se réservait de nous combler en nous permettant de lui manifester notre reconnaissance par notre service désintéressé ? Il est trop clair que le Tout-Puissant n’en a guère besoin ; mais n’est-ce pas le moyen qu’il nous offre pour nous permettre de nous rapprocher de lui, de le découvrir dans son intimité, et d’expérimenter, au cœur même de ce service, la douceur de l’amour partagé ? Cet amour de charité qui fait les délices du Fils unique, de tous les Anges et de tous les Saints, bref de tous ceux qui ont accepté de le servir comme « des serviteurs quelconques ».

Entrons donc dès à présent dans ces dispositions : Dieu n’attend pas de nous l’impossible, mais que nous fassions du mieux que nous pouvons le peu qui nous est confié ; il accomplira lui-même le reste par des chemins qu’il ne nous appartient pas de connaître. Que le service désintéressé de Dieu et de nos frères n’ait d’autre but que de témoigner de notre reconnaissance pour la gratuité du salut immérité. Tout ce qui viendrait en plus serait un marchandage indigne de l’amour.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 


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Dimanche le 13 novembre: 
6e Journée mondiale des Pauvres...

dimanche 6 novembre 2022

« Si sept fois par jour ton frère revient à toi en disant : “Je me repens”, tu lui pardonneras » / (392,804)

 Bonjour!

Lundi 7 novembre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Si sept fois par jour ton frère revient à toi en disant : “Je me repens”, tu lui pardonneras » (Lc 17, 1-6)

Alléluia. Alléluia.
Vous brillez comme des astres dans l’univers
en tenant ferme la parole de vie.
Alléluia. (Ph 2, 15d.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
« Il est inévitable que surviennent des scandales,
des occasions de chute ;
mais malheureux celui par qui cela arrive !
    Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre
et qu’on le précipite à la mer,
plutôt qu’il ne soit une occasion de chute
pour un seul des petits que voilà.

    Prenez garde à vous-mêmes !
Si ton frère a commis un péché,
fais-lui de vifs reproches,
et, s’il se repent, pardonne-lui.
    Même si sept fois par jour il commet un péché contre toi,
et que sept fois de suite il revienne à toi
en disant : “Je me repens”,
tu lui pardonneras. »

    Les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »
    Le Seigneur répondit :
« Si vous aviez de la foi,
gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici :
    “Déracine-toi et va te planter dans la mer”,
et il vous aurait obéi. »

             – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus s’adresse aux disciples et s’attache ici à leur donner quelques recommandations au sujet des relations fraternelles. Jésus demande de se préserver du « scandale ». En grec, ce mot désigne la pierre qui fait achopper quelqu’un. Un croyant, « petit » et encore fragile dans sa foi, en voyant le comportement d’un de ses frères peut être amené à être infidèle au Christ et à abandonner sa foi. Voilà ce sur quoi porte la mise en garde de Jésus. La sanction opposée par Jésus peut paraître rude. Cependant, nous ne devons pas sous-estimer la portée d’un comportement perverti qui amènerait quelqu’un à s’éloigner du Christ. 

Celui par qui cela arriverait, Jésus n’hésite pas à déclarer à son sujet : « Malheureux ». Cette apostrophe nous rappelle de façon antithétique la béatitude promis à ceux qui entrerons dans la salle du festin des Noces éternelles. Autrement dit, il vaudrait mieux périr de suite plutôt que d’entraîner au péché un de ses frères et se voir refuser l’entrée dans le Royaume des cieux.

Jésus continue ses mises en garde au sujet des relations fraternelles dans la communauté. Il se place maintenant dans le cas où l’un viendrait à être offensé par un autre. La première recommandation est celle de la transparence. Dans le cas où une offense nous est faite, il ne s’agit pas de la sous-estimer, ni de trop vite l’excuser. Jésus connaît bien le cœur de l’homme. Il sait bien qu’il vaut mieux dire à l’autre le mal qu’il nous a fait plutôt que de le ruminer et de laisser couver en nous un désir de vengeance qui nous conduirait au péché. Il faut donner au frère qui nous a offensé l’occasion de se repentir et donc de se convertir. 

Pour cela, il faut lui dire ce qui dans son attitude ou ses propos nous a blessé. S’il se repent, alors Jésus est clair : nous devons pardonner. Et ce autant de fois que ce frère se repentira de sa faute vis à vis de nous : « Même si sept fois par jour il commet une faute contre toi, et que sept fois de suite il revienne à toi en disant : ‘Je me repens’, tu lui pardonneras. »

Derrière cette consigne, il y a la pratique même du Seigneur (cf. Lc 23, 34) et la deuxième requête de la prière qu’il nous a enseignée : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » (Lc 11, 4) Jésus nous invite à nous recevoir comme des pécheurs à qui le pardon de Dieu est offert. Mais si nous refusons de pardonner à nos frères, nous risquons fort de nous fermer à la miséricorde de Dieu qui, si elle nous est donnée, demande à être reçue, accueillie. 

Refuser de pardonner nous enferme, en effet, dans une attitude de juge impartial qui, pour sauvegarder et justifier un tel comportement, ne doit être en aucun cas pris en situation de faute ; ce qui serait le cas, si nous reconnaissions avoir besoin du pardon de Dieu. Voilà comment le refus de pardonner nous empêche d’accueillir le pardon du Père. Voilà pourquoi, Jésus nous invite à ne pas nous lasser de pardonner.

Mais peut-on pardonner sans cesse ? Cette exigence n’est-elle pas hors de notre portée ? Les Apôtres ont bien compris qu’humainement cela est impossible. C’est pourquoi, ils demandent à Jésus d’augmenter leur foi. Et Jésus renchérit dans sa réponse en leur déclarant : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous obéirait. » Autrement dit, la foi, aussi petite soit-elle, peut obtenir ce qui à vue humaine paraît proprement irréalisable. 

En nous mettant en relation avec Dieu, elle lui ouvre les portes de notre cœur pour que lui-même puisse agir en nous et nous aide à donner les pardons qui nous sont les plus difficiles.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

samedi 5 novembre 2022

ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection. / .(392,744)

Bonjour!

Dimanche 6 novembre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

.(Lc 20, 27.34-38)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    quelques sadducéens
– ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection –
s’approchèrent de Jésus
    et l’interrogèrent.
    Jésus leur répondit :
« Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
    Mais ceux qui ont été jugés dignes
d’avoir part au monde à venir
et à la résurrection d’entre les morts
ne prennent ni femme ni mari,
    car ils ne peuvent plus mourir :
ils sont semblables aux anges,
ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
    Que les morts ressuscitent,
Moïse lui-même le fait comprendre
dans le récit du buisson ardent,
quand il appelle le Seigneur 
le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
    Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Tous, en effet, vivent pour lui. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Les Juifs qui croyaient en la résurrection, comme les Pharisiens par exemple, n’envisageaient celle-ci que comme une simple continuation de la vie terrestre. Or il ne faut pas circonscrire l’au-delà dans les limites du déjà-là, nous dit Jésus. Ce n’est même pas un élargissement que nous attendons. C’est un monde renouvelé, « un ciel nouveau et une terre nouvelle » qui nous sont annoncés (2 P 3,13). L’au-delà n’est pas une simple survie dans un monde meilleur. Quand nous mourrons, nous mourrons réellement à cette vie d’ici-bas. Il faut accepter que notre vie terrestre ait un terme. Mais ressusciter, c’est renaître à une vie nouvelle. Il y a un changement radical qui s’opère par la résurrection.

Jésus oppose ce monde-ci et le monde à venir, un monde où l’on se marie et un monde où l’on ne se marie plus, un monde où l’on meurt et un monde où l’on ne meurt plus, et où il n’y a donc plus besoin d’engendrer de nouveaux êtres. Une chose est la terre, une autre chose est le ciel.

Ce qui est sur la terre est bien. Le mariage, et la transmission de la vie qui en découle, sont bénis de Dieu. Mais au ciel où l’on ne meurt plus, la vie n’a plus à se prolonger de génération en génération par l’engendrement dans la chair. Au ciel, la vie se partage à la lumière de l’Amour trinitaire. On n’a plus à procréer. On vit à plein dans une création nouvelle.

Le mariage est en lui-même non pas nié mais tout transfiguré. Au ciel, il trouve son accomplissement dans une nouvelle nuptialité. Il ne se limite plus à un amour à deux, aussi beau soit-il, mais s’ouvre à un amour infini, à l’amour même de Dieu qui nous aime chacun d’un amour tout à la fois personnel et infini.

Jésus ajoute qu’au ciel, nous serons « semblables aux anges », c’est-à-dire libérés de toutes les lourdeurs de l’espace et de l’usure du temps. Revêtus de notre corps glorieux, celui des fils de la Résurrection (Rm 8,17-21 ; Ph 3,20-21), « nous entrerons alors de toute notre plénitude dans toute la plénitude de Dieu » (Ep 3,19). « De mort, de pleurs, de cris, de peine, il n’y en aura plus », chante déjà l’Apocalypse (21,4). Plus de fatigue ni de vieillissement, ni de tristesse, ni d’incompréhension, ni d’ennui. Notre regard sera comblé par le visage du Bien-aimé. Notre esprit sera illuminé par la vérité tout entière. Notre cœur sera dilaté dans une tendresse infinie. Notre âme sera rassasiée d’une inaltérable paix.

Comment ne pas désirer ce ciel qui nous est promis ? Jetons l’ancre de notre vie dans le ciel où « l’amour ne passera jamais » (1 Co 13,8). Entrons dans la joie de ces noces éternelles. « L’esprit et l’Épouse disent : viens. Que vienne ta grâce. Que ce monde passe et tu seras tout en tous ».


Abbé Philippe Link / Merci!

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Photo: Pierre Lizotte - Merci!


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Bon dimanche!

Jean-Yves 

vendredi 4 novembre 2022

« Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? » / (392,699)

 Bonjour!

Samedi 5 novembre 2022


Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? » (Lc 16, 9-15)

Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
Alléluia. (cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Moi, je vous le dis :
Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête,
afin que, le jour où il ne sera plus là,
ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
    Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
est digne de confiance aussi dans une grande.
Celui qui est malhonnête dans la moindre chose
est malhonnête aussi dans une grande.
    Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ?
    Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance,
ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
    Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

    Quand ils entendaient tout cela, les pharisiens,
eux qui aimaient l’argent,
tournaient Jésus en dérision.
    Il leur dit alors :
« Vous, vous êtes de ceux qui se font passer pour justes
aux yeux des gens,
mais Dieu connaît vos cœurs ;
en effet, ce qui est prestigieux pour les gens
est une chose abominable aux yeux de Dieu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

L’argent est un moyen efficace d’échange, inventé par les hommes, pour faciliter la vie économique, c’est-à-dire le partage des biens au sein d’une même société. Mais si ce moyen – qui n’est ni bon ni mauvais en soi, mais simplement utilitaire – devient un absolu, s’il est érigé en idole, il nous aliène de notre véritable finalité.

La convivialité sociale est pour chacun de nous le lieu où nous sommes invités à incarner notre foi dans un style de vie qui exprime la finalité surnaturelle de l’existence humaine. Sur l’horizon de la vie éternelle, la gestion de l’argent sur cette terre n’est qu’une « toute petite affaire », dans laquelle nous avons à nous montrer « digne de la confiance » que Dieu nous fait. Cet argent en effet ne nous est que « confié » ; il n’est pas notre bien à nous – c’est-à-dire ce qui peut nous combler – mais un « bien étranger » auquel nous devons éviter de nous attacher, afin de ne pas être privés du « bien véritable » qui nous est destiné.

L’argent, nous enseigne Jésus, est essentiellement un moyen de partage ; il devrait être un instrument au service de la charité fraternelle. En dehors de cet usage, il est toujours « trompeur » et devient aliénant ; car en nous attachant à lui, nous devenons esclaves du moyen qui nous était donné pour l’édification de la famille humaine dans la solidarité. C’est pourquoi « ce qui est prestigieux chez les hommes, est une chose abominable aux yeux de Dieu », car il perçoit, lui, derrière le miroir aux alouettes, le filet caché prêt à s’abattre sur ses enfants.

Ce qu’on attend d’un serviteur, c’est qu’il soit « fidèle », c’est-à-dire cohérent jusqu’au bout avec ses engagements. Par sa foi, le croyant s’est « attaché » au Seigneur Jésus et s’est engagé à marcher dans ses traces. Comme lui il a tout misé sur le Royaume de Dieu son Père ; aussi « détestera-t-il » tout ce qui pourrait le détourner de cette finalité, en particulier l’argent et ce qu’il symbolise à la fois d’attachement à cette terre, et de « mépris » pour les biens du Règne à venir.

Cet enseignement n’est pas facile à entendre ; il provoque sans aucun doute bien des résistances, des « oui, mais… » dans nos cœurs inquiets devant une telle exigence. Pourtant ce n’est qu’en nous engageant résolument dans la dimension du partage, que nous permettrons au Seigneur de nous libérer de notre peur de manquer. Seule la confiance en la Providence peut nous ouvrir à notre responsabilité face à l’argent et nous faire découvrir qu’il peut être un instrument extraordinaire au service de la charité concrète.

« Dieu subviendra magnifiquement à tous nos besoins selon sa richesse dans le Christ Jésus » (1ère lect.). Prenons appui sur cette Parole ; unissons-nous à la confiance de l’Apôtre, et prenons autorité dans la force de l’Esprit sur toutes nos peurs. Soyons « dignes de confiance avec l’Argent trompeur » en ce monde, afin de nous voir confier dans l’autre « notre bien véritable ».

Seigneur donne-nous cette liberté intérieure de pouvoir disposer des biens de ce monde conformément aux exigences de ton Évangile de charité. Tu nous reconnaîtras alors comme tes enfants, et c’est “en Esprit et vérité” que nous pourrons te prier : “Notre Père, que ton Règne vienne”.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 3 novembre 2022

« Venez, les bénis de mon Père » / (392,663)

 Bonjour!

Vendredi 4 novembre 2022



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Venez, les bénis de mon Père » (Mt 25, 31-46)

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais. Alléluia. (Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

          En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
  « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
  Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
  il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
  Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
  Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
  j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
  Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
  tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
  tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
  Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’ 

          Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
  Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
  j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
  Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
  Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

          Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

          – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Au premier abord, la parabole de l’évangile de ce jour peut surprendre. Cependant, avant de trop vite juger de la moralité de notre Seigneur, il faudrait peut-être s’assurer que nous avons bien compris le sens des propos de Jésus. Remarquons que Jésus dit « Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge » et non : « La tromperie de ce gérant, le maître fit son éloge ». Et d’expliciter : « Effectivement, il s’était montré habile… »

En fait, Jésus fait l’éloge de l’habilité de cet homme. L’exemple de ce gérant n’est donc pas dans sa malhonnêteté mais dans son attitude vis-à-vis de ses débiteurs. Que fait cet homme ? Il se dessaisit de l’argent en remettant à ses débiteurs pour établir une relation d’amitié avec eux. Plutôt que de se révolter contre la décision du maître, il préfère remettre et entrer dans une logique de miséricorde, en espérant qu’à son tour il lui sera fait miséricorde.

Jésus nous invite donc dans cet évangile à entrer dans la logique divine du don, du partage et de la miséricorde. Les biens de ce monde nous sont confiés par le Seigneur. Les gérer habilement c’est ne pas les utiliser à son profit mais savoir s’en servir pour créer le partage et la fraternité. Si nous nous montrons dignes de cette « confiance » dans l’usage habile que nous en faisons alors nous sera confié le bien véritable : « Si vous n’avez pas été digne de confiance avec l’Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ? » demandera Jésus dans la suite de cet évangile.

Il s’agit donc, à travers la logique divine du partage et de la miséricorde, d’entrer dans la dynamique de la charité. C’est là le seul chemin qui nous permettra d’accéder au Bien qui dépasse tous les autres biens à savoir : participer à la vie même de Dieu qui est pure charité. C’est elle que nous devons viser en usant des biens de ce monde.

Garde-nous, Seigneur, dans cette conscience que tout nous vient de toi. Que nous puissions toujours faire usage de ce que nous recevons de toi en vue du service de nos frères. Aide-nous à entrer à ta suite dans cette dynamique du don de nous-mêmes et du partage de ce que nous possédons pour construire un monde toujours plus juste et fraternel.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui...

  • « Le Seigneur a loué le majordome qui a été renvoyé de son administration, car il avait regardé vers l’avenir » (Saint Augustin)

  • « La coutume de la corruption est une coutume mondaine et fortement pécheresse. C’est une coutume qui ne vient pas de Dieu : Dieu nous a demandé d’apporter le pain à la maison avec notre travail honnête ! (François)

  • « Dans le dessein de Dieu, l’homme et la femme ont la vocation de "soumettre" la terre (cf. Gn 1, 28) comme "intendants" de Dieu. Cette souveraineté ne doit pas être une domination arbitraire et destructrice. A l’image du Créateur "qui aime tout ce qui existe" (Sg 11, 24), l’homme et la femme sont appelés à participer à la Providence divine envers les autres créatures. De là, leur responsabilité pour le monde que Dieu leur a confié.” (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 373)

Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 2 novembre 2022

« Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit » / (392,635)

Bonjour!

Jeudi 3 novembre 2022


Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 1-10)

Alléluia. Alléluia.
Venez à moi, vous tous qui peinez
sous le poids du fardeau, dit le Seigneur,
et moi, je vous procurerai le repos.
Alléluia. (Mt 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
    Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
    Alors Jésus leur dit cette parabole :
    « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
    Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
    et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
“Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !”
    Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion.

    Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent
et qu’elle en perd une,
ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison,
et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
    Quand elle l’a retrouvée,
elle rassemble ses amies et ses voisines
pour leur dire :
“Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !”
    Ainsi je vous le dis :
Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se convertit. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Pour Jésus la conversion ce n’est pas un homme ou une femme qui, de son initiative multiplie efforts, ascèses et pénitences pour changer sa vie, pour la détordre, la redresser, la ramener vers Dieu.

La conversion, c’est une brebis complètement égarée au fond d’un ravin couverte de boue et blessée de toutes parts qui voit s’approcher son berger. Une brebis qui découvre l’amour de son Berger qui a tout laissé, qui a tout risqué, pour la retrouver comme si elle était son unique brebis au monde.

La conversion c’est cette brebis qui se laisse approcher, qui se laisse rencontrer, qui se laisse prendre sur les épaules du berger et qui, à la maison, consent à être fêtée alors qu’elle s’attendait à être battue.

Découvrir l’Amour fou du Berger, se laisser approcher, se laisser porter et consentir à être fêté… C’est comme cela que naît une conversion ! La fatigue n’est pas d’abord celle du converti, elle est celle de Dieu. Si nous savions combien Dieu se « fatigue » pour aller nous chercher et nous offrir son amour.

Cette « fatigue » divine traverse tous les temps, toutes les générations. Dieu est sans cesse en marche dans les déserts du monde pour chercher chaque brebis perdue.

Il est même dans les églises ! Parce que s’il y a la brebis perdue au loin dans les déserts, il y a aussi la drachme perdue dans la maison, c’est-à-dire chacun de nous qui certes sommes dans la maison mais qui avons tant besoin de nous convertir.

La vie de sainteté appelle à une continuelle conversion, parce que la vie chrétienne elle-même l’exige.

Combien là aussi Dieu se fatigue pour nous chercher…

L’Évangile nous parle des trois gestes de Dieu dans sa maison : le Seigneur allume une lampe ; il balaie la maison ; il cherche avec soin jusqu’à ce qu’il nous retrouve… Tout cela pour une drachme ?

Est-ce que Dieu se fatigue pour un sou ou pour une seule brebis ? Oui ! Dieu se fatigue et se livre pour chacun de nous.

« Mon Père, s’il est possible, que passe loin de moi cette coupe ! Cependant, non comme moi je veux, mais comme tu veux » (Mt 26,39). Alors Jésus entra en agonie ; il priait plus intensément ; Sa sueur devint comme des caillots de sang descendant sur la terre (Lc 22,44).

C’est ce qu’il en coûte à Dieu pour venir chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19,10) Oui mes brebis je les retirerai de tous les lieux où elles furent dispersées, aux jours de nuées et de ténèbres. Je chercherai celle qui est perdue, je ramènerai celle qui est égarée, je panserai celle qui est blessée, je fortifierai celle qui est malade (Éz 34, 12…16)

Et cela aux prix des épines d’une couronne d’insultes, au prix de la route d’une humiliation à l’autre au prix du rejet de la malédiction, de la haine… au prix de la croix et au prix de la descente dans tous les enfers…

C’est cela le travail de Dieu. Travail d’accouchement de créatures nouvelles, de créatures converties, c’est-à-dire d’hommes et de femmes qui se retournent vers l’Amour, dans la conversion du cœur ; d’homme et de femmes transformées de l’intérieur.

À quoi les reconnaît-on ? À ce que, eux aussi, ils se mettent à la recherche des brebis et des drachmes perdues.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 1 novembre 2022

« Venez, les bénis de mon Père » / Jour de commémoration de tous le fidèles défunts... / Mort... où es ta victoire? / (392,602)

Bonjour!

Mercredi 2 novembre 2022

Commémoration de tous les fidèles défunts

Aujourd'hui nous sommes invités à raviver notre espérance face à la réalité mystérieuse de la mort, tout en priant, chemin faisant,  pour nos frères et sœurs défunts. La résurrection des morts nous est rappelée par Jésus qui a traversé la mort; c'est la certitude de notre propre triomphe sur le péché et sur la mort, dès maintenant et pour l'éternité.

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Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Venez, les bénis de mon Père » (Mt 25, 31-46)

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais. Alléluia. (Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

          En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
  « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
  Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
  il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
  Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
  Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
  j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
  Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
  tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
  tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
  Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’ 

          Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
  Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
  j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
  Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
  Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

          Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

          – Acclamons la Parole de Dieu. 

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Commentaire...

Nous avons tous un peu de mal à approcher la réalité de la mort, et encore plus à penser à ce qui nous attend « après » la mort. Les questions sur « l’au-delà » sont nombreuses, et les réponses que nous y apportons sont souvent déformées par des expressions, des images exprimant des notions de lieux, de temps, qui rendent les choses encore plus confuses.

Car au-delà de la mort, il n’y a plus de notion ni de lieu, ni de temps au sens terrestre, mais uniquement de Dieu. En mourant, nous nous retrouvons tous face à Dieu. Dieu se montre alors à nous avec la toute-puissance de son Amour et de sa miséricorde, et en même temps dans la pleine Lumière de la Vérité de ce qu’Il est, et de ce nous sommes. Il n’a alors qu’un seul désir : nous faire entrer dans son cœur pour l’éternité. Mais il ne veut pas s’imposer à nous par la contrainte, seulement par un libre consentement de notre part, par une adhésion totale et définitive à cette Vérité et à cet Amour qu’il nous révèle.

Le Paradis n’est qu’Amour, puisque Dieu n’est qu’Amour. Mais pour entrer dans une relation d’Amour, nous devons être libres d’accueillir cet Amour ou de le refuser, sinon, il n’y a pas de don libre de soi, et donc pas d’Amour.

Le refus de Dieu, au moment de notre mort, est donc tristement possible. C’est ce qu’on appelle l’enfer. L’enfer, c’est le refus, en toute connaissance de cause, de Dieu, c’est le refus de la Vie, c’est l’enfermement définitif dans la mort, par le libre choix de l’homme. Dieu n’a pas créé l’enfer, il fait tout pour nous éviter ce mauvais choix, mais il nous a créé libres de partager avec Lui son Amour. Nier l’existence de l’enfer, c’est nier notre liberté de refuser Dieu, et c’est finalement nier la réalité même de l’Amour. C’est réduire finalement le projet de Dieu à une grande mascarade.

Lorsque nous accompagnons dans la prière un défunt, nous ne nous plaçons donc jamais, bien évidemment, dans la perspective d’un refus de Dieu, mais au contraire d’une libre adhésion à l’Amour et la Vie éternelle que Dieu lui propose. C’est la raison pour laquelle nous pouvons dire en mourant que nous ne mourrons pas, mais que nous entrons dans la Vie. Nous pourrions dire d’une certaine manière, que notre prière, la messe de ce jour, est célébrée non pas pour des morts, mais pour des vivants, puisque nos fidèles défunts ont fait assurément le choix d’entrer dans la Vie divine. Et cette affirmation ne relève pas d’un simple pari, mais de notre Foi dans le Christ Ressuscité, notre Foi dans l’Église et la communion des saints dont nous parlions hier, confiance que toutes nos prières pour nos défunts sont entendues et exaucées.

Cette Vie divine, le Ciel, le Paradis, c’est Dieu lui-même. C’est donc la perfection du Bonheur, la plénitude de la Joie, l’Amour absolument parfait que rien ne peut venir entacher. Lorsqu’à notre mort, nous nous retrouvons face à un tel don d’Amour, à une telle Lumière, nous ne pouvons que constater nos propres imperfections, nos manques d’amour. Cette vérité sur nous-même nous fait alors souffrir. C’est ce qu’on appelle le Purgatoire. Nous sommes alors un peu comme des enfants qui auraient joué un peu trop longtemps dans les cavernes obscures du péché, et qui se retrouveraient brutalement devant le soleil de l’Amour de Dieu, et qui ne pourraient alors que se tenir les mains sur les yeux, le temps d’accoutumer leur cœur à tant d’Amour.

C’est durant ce purgatoire, cette purification, que les âmes de nos défunts ont besoin de nos prières, et tout particulièrement de la plus belle des prières que nous pouvons offrir à Dieu à leur intention : la messe. Dans la messe, nous offrons à leur intention ni plus ni moins que le sacrifice réactualisé du Christ sur la croix et sa victoire sur la mort au matin de Pâques. Il n’y a pas de plus belle prière adressée à notre Père du Ciel que celle que lui adresse son Fils unique sur l’autel par les mains du prêtre, pour les âmes du purgatoire.

Et il n’y a pas non plus de lieu plus doux et réconfortant pour nous unir à nos vivants-Défunts que l’Eucharistie qui unit alors toute l’Église du Ciel et de la terre dans un même et unique Amour : l’Esprit-Saint.

Écoutes nos prières avec bonté, Seigneur : fais grandir notre foi en ton Fils ressuscité des morts, pour que soit plus vive aussi notre espérance en la résurrection de tous nos frères défunts.


Abbé Philippe Link

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Mort... où est ta victoire?

Devant ces décors lugubres que nous avons vus la semaine dernière ici et là aux entrées de la ville, ou devant des maisons ou encore à la télévision dans des projections à faire peur : que nous reste-t-il? Qu'est-ce que tout cela a éveillé en nous?

Il y a certainement là, au fond, objets à penser sur notre propre fin : notre mort... Veut-on nous faire peur seulement ou nous aider à apprivoiser la mort, notre propre mort? Peut-être...

Heureusement que nous avons la foi... Tout cela peut nous faire comprendre que notre vie est comme un passage, un pèlerinage, pour nous, les chrétiens. Aller vers un endroit qui va nous apporter davantage de vie... Et « chemin faisant » nous libérer, dans l'espérance, de nos misères... nous donner un souffle nouveau, recharger notre espérance, en quelque sorte...

Nous savons bien que l'horizon de la vie humaine est toujours orienté vers la mort, comme toute vie, mais la mort comme passage sur autre chose à la suite du Christ : passage vers le Père. La rencontre qui nous attend, avec Dieu, que nous appelons « Notre Père» dépasse toute imagination : c'est le jugement, c'est le secret de Dieu dans sa toute miséricorde. Par son Fils nous avons des indices de ce qui vient après ce passage...

Il y a un vocabulaire qui nous parle de l'après la mort : « jugement, fin des temps, ciel... purgatoire... enfer... »

Certains de ces mots peuvent avoir servi à faire peur – même dans notre religion catholique – mais ils doivent être compris comme des mots d'Évangile qui disent la responsabilité que nous avons dans la liberté humaine mais surtout qui laissent voir la volonté de notre Dieu, de sauver tout homme.

Oui la mort est l'heure de vérité... Mais la mort est surtout là pour nous annoncer la Paix de Dieu et la transformation de notre vie, comme celle du Christ. N'oublions pas ce que dit Jésus au bon larron crucifié à côté de lui, pourtant un malfaiteur et un pécheur, alors que ce dernier a osé lui dire : « Souviens-toi de moi quand tu seras dans ton paradis »; pourtant il a dit seulement : « Souviens-toi de moi »... Mais la réponse de Jésus a été : « Aujourd'hui même tu seras avec moi dans le Paradis ». (Luc 23, 43).

Cette parole du Fils de Dieu nous ouvre les yeux sur la réalité qui est le socle de notre espérance chrétienne : tout est possible puisque le Fils de Dieu est l'un des nôtres et qu'il est avec nous. Cette espérance brille déjà dans nos vies et elle éclaire déjà pleinement notre foi en ce passage au terme de notre histoire humaine : car nous ne pouvons être séparés du Fils de Dieu, Celui que le Père a fait passer de la mort à la Vie...

Elle est là la victoire de la vie sur notre mort sur la mort.

Jean-Yves Fortin, diacre, 31 octobre 2022.

Note: Ce "billet" sera au feuillet paroissial de Sainte-Anne-de-La Pocatière et de Saint-Onésime  dimanche prochain (5 novembre)

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Bonne journée!

Jean-Yves