jeudi 12 octobre 2023

« Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous » / (442,367)

Bonjour!

Vendredi 13 octobre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous » (Lc 11, 15-26)

Alléluia. Alléluia.
Maintenant le prince de ce monde
va être jeté dehors, dit le Seigneur ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre,
j’attirerai à moi tous les hommes.
Alléluia. (Jn 12, 31b-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme Jésus avait expulsé un démon,
    certains dirent :
« C’est par Béelzéboul, le chef des démons,
qu’il expulse les démons. »
    D’autres, pour le mettre à l’épreuve,
cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
    Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit :
« Tout royaume divisé contre lui-même devient désert,
ses maisons s’écroulent les unes sur les autres.
    Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même,
comment son royaume tiendra-t-il ?
Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul
que j’expulse les démons.
    Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse,
vos disciples, par qui les expulsent-ils ?
Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges.
    En revanche, si c’est par le doigt de Dieu
que j’expulse les démons,
c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous.
    Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais,
tout ce qui lui appartient est en sécurité.
    Mais si un plus fort survient et triomphe de lui,
il lui enlève son armement auquel il se fiait,
et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé.
    Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ;
celui qui ne rassemble pas avec moi disperse.
    Quand l’esprit impur est sorti de l’homme,
il parcourt des lieux arides
en cherchant où se reposer.
Et il ne trouve pas. Alors il se dit :
“Je vais retourner dans ma maison,
d’où je suis sorti.”
    En arrivant, il la trouve balayée et bien rangée.
    Alors il s’en va,
et il prend d’autres esprits encore plus mauvais que lui,
au nombre de sept ;
ils entrent et s’y installent.
Ainsi, l’état de cet homme-là
est pire à la fin qu’au début. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Vaincre l’esprit du mal est la finalité première de la mission de Jésus afin que l’homme puisse recevoir de sa part un esprit de fils. Le Satan a vaincu tout homme dans le premier Adam. Depuis lors, il est « l’homme fort et bien armé qui garde son palais », c’est-à-dire qui domine sur tous les royaumes terrestres (Cf. Lc 4, 6).

Mais Jésus va se révéler plus puissant, plus fort (Cf. Lc 3, 16), que Satan et va triompher de lui en lui enlevant l’équipement de combat qui lui donnait confiance. Lorsqu’il meurt sur la croix, dépouillé de tout, Jésus dépouille Satan de toutes ses armes qui sont celles de l’avoir, du pouvoir et du paraître. C’est alors qu’il restaure en l’homme ce que le démon avait altéré : son identité d’image de Dieu et sa réalité de fils de Dieu.

A ceux qui lui demandaient un signe du ciel pour témoigner de sa toute-puissance, Jésus donnera celui de la Croix, de l’humilité. Il ne peut en donner de plus grand car là se révèle son mystère d’amour infini et inconditionnel pour tous les hommes.

La vie chrétienne n’est pas de tout repos nous le savons ; et c’est peut-être pour avoir voulu l’ignorer que tant de croyants ont fait défection, séduits par les discours mensongers du Prince de ce monde, qui ne parlent que de facilité, spontanéité, jouissance et autonomie. Comme des brebis égarées, ils se sont « dispersés » au lieu de se « rassembler » en réponse à la Parole de Dieu, qui les convoquait en Église pour les fortifier de sa présence. 

Nous sommes en perpétuel combat spirituel, et celui-ci exige une vigilance de chaque instant, un entraînement continu, dans une collaboration proche avec d’autres chrétiens. L’oublier, c’est déjà être vaincu. C’est en faisant mémoire, jour après jour, des œuvres de salut du Seigneur dont elle a bénéficié, que l’Église peut garder les yeux fixés sur son Sauveur. Aussi l’Eucharistie, mémorial de la Rédemption, est-elle par excellence le lieu de son rassemblement, où elle peut rendre grâce, se reposer, refaire ses forces et se laisser envoyer dans la puissance de l’Esprit.

Abbé Philippe Link // Merci!

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Méditation

Soeur Marie-Laetitia Youchtchenko

Soeur Marie-Laetitia Youchtchenko

Communauté de Rome (Italie)

Rassembler avec Jésus


Jésus vient d’expulser un démon et la première réaction des foules a été l’admiration. Pourtant le doute survient chez certains d’entre eux, et avec lui la division des cœurs. Comme pour vérifier l’authenticité de ce geste, les incrédules demandent un signe. Nous le savons, il n’est pas si facile de s’abandonner dans la confiance, ni de croire à l’amour, tout simplement ! Or la guérison opérée par Jésus est un acte de pur amour.

Si nous choisissons de suivre le Christ, nous entrerons peu à peu dans cette logique de l’amour unificateur. Alors avec lui nous rassemblerons. Nous deviendrons artisans d’unité. Par nos paroles d’encouragement, nos gestes de réconciliation, nous serons les signes que le Royaume de Dieu est venu jusqu’à nous. Dans l’incapacité d’agir, l’esprit diviseur ira chercher ailleurs un lieu où se reposer. Veillons à ce qu’il ne revienne pas ! Ne permettons jamais que dans nos cœurs s’installe la triste froideur des maisons vides. Laissons-nous habiter par la joyeuse créativité de l’amour.

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Bonne journée!

Jean-Yves 



mercredi 11 octobre 2023

« Demandez, on vous donnera » /

Bonjour!

Jeudi 12 octobre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Demandez, on vous donnera » (Lc 11, 5-13)

Alléluia. Alléluia.
Seigneur, ouvre notre cœur
pour nous rendre attentifs aux paroles de ton Fils.
Alléluia. (cf. Ac 16, 14b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
« Imaginez que l’un de vous ait un ami
et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander :
“Mon ami, prête-moi trois pains,
    car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi,
et je n’ai rien à lui offrir.”
    Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond :
“Ne viens pas m’importuner !
La porte est déjà fermée ;
mes enfants et moi, nous sommes couchés.
Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.”
    Eh bien ! je vous le dis :
même s’il ne se lève pas pour donner par amitié,
il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami,
et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.
    Moi, je vous dis :
Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
    En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
    Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson,
lui donnera un serpent au lieu du poisson ?
    ou lui donnera un scorpion
quand il demande un œuf ?
    Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint
à ceux qui le lui demandent ! »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

L’évangile de ce jour est un appel pressant à entrer dans une grande confiance vis-à-vis de Dieu. Certains craignent de déranger Dieu. Jésus leur dit : demandez, vous obtiendrez (Lc 11,9). D’autres hésitent à importuner leur Seigneur. Jésus leur enseigne : cherchez, vous trouverez, frappez, la porte vous sera ouverte. (id.)

N’hésitons jamais, oui, jamais, à frapper à la porte du cœur de Dieu. Ce n’est pas à un Dieu lointain, hautain et occupé que nous nous adressons, mais à un Père qui est infiniment proche de nous puisque c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être (Ac 17,28).

Il y a un ritualisme, un légalisme qui finalement finissent par mettre Dieu à distance, et cela par ignorance, par peur sinon par calcul. Non, Dieu se réjouit de nos demandes, il se plaît à accueillir notre simplicité à son égard. C’est « la voie de la confiance pure et amoureuse » que la petite Thérèse nous enseigne si bien.

Dans une de ses dernières lettres écrite (à l’abbé Bellière) elle a ces mots : Je voudrais que vous soyez simples avec le Bon Dieu (Lt 261). Elle explique cela à Céline, sa sœur : Notre Bien-aimé n’a pas besoin de nos belles pensées, de nos œuvres éclatantes. S’il veut des pensées sublimes, n’a-t-il pas ses anges, ses légions d’esprits célestes dont la science surpasse infiniment celle des plus grands génies de notre triste terre.Ce ne sont pas l’esprit et les talents que Jésus est venu chercher ici-bas. Il ne s’est fait la fleur des champs qu’afin de nous montrer combien il chérit la simplicité. (LT 141)

Le Seigneur, en ce jour, nous invite à nous débarrasser de toutes nos complications, nos belles manières, nos calculs dans notre relation avec lui. De toutes nos complications, de tous les échafaudages dont nous avons hérité où que nous avons bâtis pour nous protéger. Il n’y a pas besoin de nous protéger contre Dieu, de garder une distance craintive. Respecter et honorer Dieu, c’est respecter et honorer sa proximité, sa tendresse, sa miséricorde. C’est s’offrir à son amour, c’est se laisser aimer. Nous sommes déjà pardonnés… Et cet amour fou de Dieu nous pousse à nous convertir à l’amour. Notre dette d’amour est immense, nous qui avons tant reçu et encore si peu donné. Mais cette dette, le Père l’a annulée. Il nous a remis notre dette et Jésus nous invite en ce jour à accueillir ce don de miséricorde pour entrer dans la joie de la filiation divine. Père, remets-nous notre dette (Lc 11,4). Le Père veut notre sainteté. Le Père veut nous donner chaque jour ce qui nous fait croître dans l’amour, mais il se plaît à ce que nous le lui demandions afin que nous découvrions par expérience sa bonté, sa bonté infinie pour nous. Si nous qui sommes mauvais savons donner de bonnes choses à nos enfants, combien plus le Père du Ciel donnera-t-il à ses enfants que nous sommes de bonnes choses ; combien plus donnera-t-il ce qu’il y a de plus beau, de plus grand, de meilleur : l’Esprit Saint.

Entrons comme Marie dans cette amitié avec Dieu, dans cette confiance filiale, et nous exulterons de joie, en découvrant une liberté dont nous n’aurons pas idée.

Abbé Philippe Link / Merci 

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Méditation

Frère Thomas Zimmermann

Frère Thomas Zimmermann

Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille

Mendiant de demande


Mon ami, tu ne peux pas ou tu ne veux pas te lever ? Quand on reçoit une demande ou une invitation, il n’est pas rare que nous déclinions en disant qu’on ne peut pas, par délicatesse. Mais la réalité, souvent, c’est qu’on ne veut pas, comme un enfant à qui on présente des épinards… ou parfois même du poisson ! Lorsque Jésus nous présente cette parabole en revanche, il nous parle du Père qui semble vouloir donner, de tout son cœur, à des enfants qui malheureusement ne demandent pas. Des enfants qui ne sont pas assez importuns. Comme s’il voulait, mais ne pouvait pas : il est mendiant de ta demande. « Dieu qui t’a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi », dit saint Augustin.

Tu es libre, mon ami, tu peux demander dans ta prière, chercher à la bibliothèque, frapper aux portes de ta paroisse. Dieu est bon et il ne demande que ça. Garderas-tu ta porte fermée, comme la pierre du tombeau ? Ou voudras-tu bien te lever, au dernier jour, pour le festin des noces ? 


Bonne journée!

Jean-Yves 


mardi 10 octobre 2023

« Seigneur, apprends-nous à prier » / (442,215)

 Bonjour!

Mercredi 11 octobre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1-4)

Alléluia. Alléluia.
Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia. (Rm 8, 15bc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière.
Quand il eut terminé,
un de ses disciples lui demanda :
« Seigneur, apprends-nous à prier,
comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »
    Il leur répondit :
« Quand vous priez, dites :
“Père,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne.
    Donne-nous le pain
dont nous avons besoin pour chaque jour
    Pardonne-nous nos péchés,
car nous-mêmes, nous pardonnons aussi
à tous ceux qui ont des torts envers nous.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation.” »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Un jour, quelque part, Jésus était en prière » : celui qui rapporte l’événement ne se souvient pas des circonstances ; leur souvenir s’estompe devant la profonde impression qu’a laissée sur lui le visage transfiguré de Jésus, recueilli en oraison. Les disciples se tiennent à quelques pas de distance, un peu gênés de leur indiscrétion, mais ne pouvant détacher leurs yeux de leur Maître, guettant le moindre tressaillement qui trahirait son vécu intérieur.

« Quand il eut terminé », Jésus découvre les regards interrogatifs mais aussi brûlants de désir de ses compagnons : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean-Baptiste l’a appris à ses disciples ». La tradition voulait en effet qu’un Rabbi transmette, comme signe d’appartenance réservé à ceux qui le suivent, une prière résumant l’essentiel de sa conception de Dieu. Consentant à leur demande, Notre-Seigneur va traduire en quelques paroles très sobres, l’ineffable dialogue d’amour dont il vient de s’arracher. Quatre sentences et tout est dit. Sans doute s’agit-il de la version la plus primitive de cette oraison, dont les premières communautés ont très vite explicité le contenu. S’adressant à des hommes simples, Jésus leur communique une prière brève, condensée, laissant à l’Esprit Saint le soin d’en dévoiler toutes les harmoniques.

« Abba » ; non pas « Ab » ou « Abi » (mon père) – termes hébreux appartenant au langage solennel de la liturgie – mais « Abba » : mot araméen emprunté à la vie familiale. Chargé à la fois de toute la tendresse de « papa », et de la déférence de « père », ce terme exprime la crainte respectueuse de l’enfant envers celui dont il reconnaît l’autorité bienveillante – il est bon de se souvenir, en ce premier mercredi du mois, que c’est sans doute le vocable par lequel Jésus s’adressait à saint Joseph.

« Que ton nom soit sanctifié, que ton Règne vienne » : la sainteté du nom de Dieu ne dépend pas de notre prière, mais c’est en louant celui qui seul est Saint que nous nous approchons de la Source de la vie. Le Règne de Dieu, Règne de justice et de paix, ne pourra descendre dans notre pauvre monde que par l’humble reconnaissance de la fraternité universelle instaurée par le Sang de l’Agneau immolé pour tous. Entre ses bras étendus, il a étreint tous les hommes en une seule famille, la famille du Père de miséricorde. De ce trône de gloire, il a rassemblé dans l’unité la diversité des races, langues et cultures qui toutes ensembles, sont appelées à glorifier le nom de leur Créateur et Père.

Le passif – « que ton Nom soit sanctifié » – confirme que cette glorification ne peut être que l’œuvre de Dieu lui-même. C’est en instaurant le Règne de Dieu son Père, que le Fils glorifie son Nom, selon la promesse faite au prophète Ezéchiel : « Je sanctifierai mon grand Nom qui est profané parmi les nations chez lesquelles vous l’avez profané, et les nations sauront que je suis le Seigneur quand je me sanctifierai en vous, oracle du Seigneur » (Ez 36, 23). Exalté à la droite du Père après avoir accompli la grande purification, le Christ a envoyé sur nous l’Esprit par qui Dieu est sanctifié en nous.

« Donne-nous le pain dont nous avons besoin chaque jour » : prière de confiance de l’enfant qui sait pouvoir compter sur la bienveillance attentive de son Père, et qui ne lui formule cette demande que pour lui exprimer sa dépendance pleine de reconnaissance.

« Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes nous pardonnons à tous ceux qui ont des torts envers nous ». Conscient de sa faiblesse, mais confiant dans la fidélité de Dieu, le disciple se livre sans peur à son jugement de miséricorde, sûr qu’il obtiendra ce que lui-même accorde avec largesse.

« Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». L’élévation se termine par une demande insistante de protection contre le Tentateur : que notre « Abba » ne permette pas que nous soyons « sou-mis », c’est-à-dire vaincu par la tentation d’apostasie ; que nous demeurions toujours blottis dans sa main, dont « nul ne peut rien arracher » (Jn 10, 29).

« Seigneur apprends-nous à prier comme tu l’as appris à tes premiers disciples » ; viens en nous par ton Esprit, et entraîne-nous dans ta prière filiale, car toi seul peut dire en vérité : « Abba, Père,… ».

Abbé Philippe Link - Merci1

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Tu ne sais pas prier ? – Mets-toi en présence de Dieu, et dès que tu commences à dire : "Seigneur, je ne sais pas prier ! ..., tu es sûr que tu as déjà commencé à le faire » (Saint José María)

  • « Prends l’Evangile, lis un petit fragment, imagine ce qui s’est passé et commente-le avec Jésus. Tu auras ainsi le regard fixé sur Jésus et paslko sur le feuilleton, par exemple » (François)

  • « Quand Jésus prie il nous apprend déjà à prier (…) » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 2.607)

Bonne journée!

Jean-Yves 


lundi 9 octobre 2023

« Une femme nommée Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part » / ( 442,009)

« S’il vous plaît, comprenez que le terrorisme et la guerre ne mènent à aucune solution, mais seulement à la mort et à la souffrance de nombreuses personnes innocentes ! a-t-il déclaré. La guerre est une défaite : toute guerre est une défaite ! Prions pour la paix en Israël et en Palestine ! »

(Pape François)

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 Bonjour!

Mardi 10 octobre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Une femme nommée Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10, 38-42)

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent !
Alléluia. (Lc 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus entra dans un village.
Une femme nommée Marthe le reçut.
    Elle avait une sœur appelée Marie
qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur,
écoutait sa parole.
    Quant à Marthe, elle était accaparée
par les multiples occupations du service.
Elle intervint et dit :
« Seigneur, cela ne te fait rien
que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?
Dis-lui donc de m’aider. »
    Le Seigneur lui répondit :
« Marthe, Marthe,
tu te donnes du souci et tu t’agites
pour bien des choses.
    Une seule est nécessaire.
Marie a choisi la meilleure part,
elle ne lui sera pas enlevée. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus fait route avec vers Jérusalem. Curieusement, ses disciples, qui cheminent pourtant avec lui, vont disparaître de la scène. Aucune mention non plus de Lazare, alors que tout porte à croire que c’est dans sa maison, à Béthanie, que Jésus s’est arrêté pour passer la nuit. De plus, Marthe interpelle Jésus sous le vocable « Seigneur », titre peu courant avant Pâques, par lequel la communauté post-pascale invoquera le Ressuscité. Ces indices suggèrent qu’au-delà du rappel d’un épisode particulier de la vie publique, le récit que nous venons d’entendre a acquis une valeur exemplaire pour la relation de tout disciple avec le Seigneur de gloire. Plus précisément, avec la parabole du Bon Samaritain dont il est inséparable, la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie constitue un diptyque représentant les deux pôles de la vie du disciple.

Ces quelques considérations devraient suffire pour abandonner l’interprétation de ce passage en termes d’une supériorité de la vie contemplative sur la vie active : là n’est pas l’enjeu de notre péricope. C’est la confrontation de l’ensemble du récit de l’accueil à Béthanie avec la parabole du Bon Samaritain qui nous conduira à l’interprétation juste de ces versets, et non la mise en opposition du comportement de nos deux personnages féminins.

Le contraste, il est vrai, est saisissant. Dans la parabole que nous avons méditée hier, Jésus encourageait un docteur de la Loi qui l’interrogeait sur le précepte de la charité, à se dépenser sans compter au service de son prochain, quel qu’il soit, fût-il un étranger tombé entre les mains de brigands. Alors que dans la péricope d’aujourd’hui, le même Jésus reproche à Marthe de « s’inquiéter et de s’agiter » dans les « multiples occupations du service », alors qu’elle ne fait qu’assurer les tâches ménagères indispensables – travail ingrat qui constitue néanmoins un acte de charité élémentaire. Par contre Notre-Seigneur loue l’attitude de Marie, qui « se tenait assise à ses pieds », sans se soucier de ce qu’on servirait à table pour le repas.

Par ces prises de position apparemment contradictoires, Jésus veut faire comprendre à ses disciples qu’ils ont à distinguer deux temps, qui ne sauraient être confondus : le temps du service du prochain, au cours duquel nous sommes invités à nous donner sans compter comme le bon Samaritain ; et le temps de repos avec le « Seigneur », dans l’intimité de la « maison » – celle-ci désignant aussi bien l’Église que notre cœur.

Pour pouvoir servir Jésus comme il convient dans nos frères, nous avons besoin de retrouver la paix dans l’intimité de sa présence, de laisser le Ressuscité de Pâques infuser en nous l’Esprit de charité sans lequel nos œuvres seraient vaines.

Peut-être pouvons-nous lire en filigrane de l’accueil par les deux sœurs, une allusion au repas eucharistique : contrairement à ce que pense Marthe, ce n’est pas nous qui apprêtons un repas pour le Seigneur, mais c’est lui qui nous invite et nous sert à table.

La présentation que nous donne l’Évangile n’oppose donc pas la vie contemplative et la vie active, mais souligne seulement que l’alternance action-contemplation devrait caractériser l’attitude de tout disciple, quelle que soit sa vocation particulière. Le diptyque composé de l’icône du Bon Samaritain et de celle de Marie, représente les deux aspects complémentaires et inséparables de la vie du parfait disciple. Le va et vient du service concret du prochain à l’écoute recueillie de la Parole, nous préserve à la fois de l’éparpillement et du repli sur nous-même. Marthe n’a pas échappé à ces deux pièges : son agitation trahit sa dispersion ; et sa critique de l’inactivité de sa sœur et du silence de Jésus est un moyen détourné pour attirer l’attention sur son dévouement et obtenir ainsi la louange qu’elle espère en tirer. L’ambiguïté de sa motivation et le manque de gratuité de son service la privent de la joie et de la paix des œuvres réalisées dans l’Esprit de charité.

Lorsque nous nous sentirons intérieurement comme Marthe, puissions-nous consentir à l’appel de l’Esprit qui nous invite à nous tenir quelques instants avec Marie au pied du Seigneur à l’écoute de sa Parole ; alors « tout ce que nous dirons, tout ce que nous ferons, sera au nom du Seigneur Jésus-Christ », et nous pourrons comme il convient « offrir par lui notre action de grâce à Dieu le Père » (Col 3, 17).

Philippe Link, ptre. / Merci.

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Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 8 octobre 2023

« Qui est mon prochain ? » / Le Jour de l'Action de grâce... / (441,948)

 B O N J O U R ! 

Lundi 9 octobre 2023

Jour de l'Action de grâce

(En Amérique)


(Ils représentent la vie...)

Rendons grâce pour les bienfaits de la nature et pour nos frères et sœurs...

Et prions pour la paix dans le monde... 

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Qui est mon prochain ? » (Lc 10, 25-37)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    voici qu’un docteur de la Loi se leva
et mit Jésus à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
    Jésus lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »
    L’autre répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même. »
    Jésus lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »
    Mais lui, voulant se justifier,
dit à Jésus :
« Et qui est mon prochain ? »
    Jésus reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
    Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    Mais un Samaritain, qui était en route,
arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
    Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
    Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
“Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.”
    Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
    Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
Jésus lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Le légiste s’adresse au Maître, à l’enseignant, qui est mis à l’épreuve sur son savoir ; interrogé par quelqu’un de compétent : un docteur de la Loi, un savant qui connaît les Écritures et leurs interprétations autorisées. Aussi Jésus le renvoie-t-il dans un premier temps à sa propre compétence : « Toi, l’homme du Livre, que lis-tu ? ». Dans la plus pure tradition rabbinique, le légiste rapproche deux passages clés – le Chema tiré du Deutéronome (6, 5) auquel il ajoute un verset du Lévitique (19, 18) – faisant ainsi preuve d’une intuition très juste quant à l’essentiel de la Thora, qu’il ramène à l’amour de Dieu et du prochain.

Devant l’approbation de Jésus, il s’enhardit et « voulant montrer qu’il était un homme juste » – sans doute aussi pour justifier sa demande – il la précise : comment définir le prochain, afin qu’il n’y ait pas contradiction entre les deux préceptes énoncés ? Pour répondre à cette question, Jésus propose une parabole qui met en scène précisément la difficulté sous-entendue par le légiste. Reprenons les éléments principaux du récit.

Quatre hommes sont impliqués : la victime anonyme ; deux membres du peuple saint, officiants habituellement dans le Temple, c’est-à-dire dans la proximité immédiate de Dieu ; et un étranger, qui plus est : un hérétique.

Le prêtre et le lévite voient le malheureux, mais font un détour afin d’éviter tout contact avec du sang. Selon la Loi en effet, un tel contact les priverait pendant sept jours de la pureté rituelle requise pour leur service liturgique (Nb 19, 11ss). Mission oblige : le service de Dieu passe avant celui des hommes, tant pis pour la victime. Pour le prêtre et le lévite, il y a donc effectivement une difficulté objective à concilier les deux préceptes ; il faut choisir : l’amour et le service de Dieu, ou l’amour et le service du prochain, et ce choix semble exclusif…

Le troisième personnage, le Samaritain, n’a pas ce problème de conscience ; du coup, il se trouve beaucoup plus libre que les deux autres. Libre d’écouter ses sentiments profonds, libre de laisser s’exprimer sa compassion : il voit et est « saisi de pitié », littéralement : « ému jusqu’aux entrailles » devant le triste état de la victime. Il n’est pas sans intérêt de souligner que Luc utilise, pour traduire l’émotion du Samaritain, un terme grec qu’il réserve, dans tout son Évangile, à la description des sentiments de Jésus exclusivement. Ce qui confirme l’interprétation des Pères selon laquelle le Samaritain incarne Jésus lui-même dans ses rapports avec notre pauvre humanité meurtrie par le péché.

Ayant terminé l’exposé de la parabole, Notre-Seigneur interroge à nouveau le Docteur de la loi afin de lui faire tirer lui-même la leçon : « Lequel des trois a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Sa question fait écho à celle que le légiste avait posée au début de l’entretien : « Qui donc est mon prochain ? ». En substance Jésus répond : « Pour savoir qui est ton prochain : interroge la parabole et demande-toi qui est le prochain de ce malheureux ». Par un subtil retournement de la question, le Seigneur invite son interlocuteur à se reconnaître dans l’homme tombé aux mains des brigands. Il lui suggère ainsi que l’urgence, avant de s’approcher des autres, c’est de se laisser d’abord approcher lui-même.

Le légiste demandait à qui son amour effectif devait s’étendre ; Jésus l’invite à prendre d’abord conscience de son propre état, afin de se disposer à accueillir l’amour d’un Autre, qu’il ne connaît pas, un étranger qu’il juge hérétique, mais qui seul peut le sauver.

Le Docteur de la loi cherchait un prochain auprès duquel il pourrait se dévouer ; Jésus le renvoie à son indigence cachée, au triste état de son humanité blessée, à son besoin de guérison, bref à la nécessité première de se laisser rejoindre et soigner lui-même avant de vouloir en faire autant.

« Qui est mon prochain ? » – « Je le suis, moi qui te parles » répond implicitement Jésus ; « moi qui, ému de compassion, me suis fait proche de toi par pure miséricorde. Laisse-moi te guérir de tes faux dilemmes, de tous tes à-priori, de tes enfermements dans une religiosité légaliste et formelle, de tes jugements exclusifs. Laisse-moi t’enseigner que “c’est la miséricorde que désire ton Dieu, et non les sacrifices” (Os 6, 6). Alors tu comprendras que le prochain ne renvoie pas à une catégorie pré-définie de personnes, choisies selon la race, la culture, ou l’appartenance religieuse, auxquelles tu aurais à offrir tes bons services. Ton prochain, c’est moi, et c’est aussi tout homme par lequel je te viens en aide tout au long de ta vie pour te manifester ma tendresse et ma sollicitude. Ce n’est que lorsque tu m’auras laissé te guérir au sein de l’Eglise (l’auberge) par les sacrements de la réconciliation et de l’Eucharistie (l’huile et le vin), et que je t’aurai rétabli à mon image et à ma ressemblance (les deux pièces d’argent), que tu pourras découvrir en tout homme ton prochain, et que tu pourras l’aimer et le servir avec mon propre cœur uni au tien. »

Père, depuis que ton Fils s’est fait l’un d’entre nous, le chemin vers toi passe nécessairement par nos frères. C’est sur cette route, Jésus, que tu viens à notre rencontre pour nous arracher à notre narcissisme et nous ouvrir aux appels de ceux qui nous font signe dans leur détresse. Esprit Saint, renouvelle notre foi ; qu’elle s’incarne dans des œuvres de miséricorde, car seule une foi agissante par la charité conduit au salut.

Philippe Link, ptre. // Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves