dimanche 12 mai 2024

« Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » / (463,848)

 Bonjour!

Lundi 13 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 29-33)

Alléluia. Alléluia.
Si vous êtes ressuscités avec le Christ,
recherchez les réalités d’en haut :
c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Alléluia. (Col 3, 1)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
les disciples de Jésus lui dirent :
« Voici que tu parles ouvertement
et non plus en images.
Maintenant nous savons que tu sais toutes choses,
et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge :
voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Jésus leur répondit :
« Maintenant vous croyez !
Voici que l’heure vient – déjà elle est venue –
où vous serez dispersés chacun de son côté,
et vous me laisserez seul ;
mais je ne suis pas seul,
puisque le Père est avec moi.
Je vous ai parlé ainsi,
afin qu’en moi vous ayez la paix.
Dans le monde, vous avez à souffrir,
mais courage !
Moi, je suis vainqueur du monde. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Commentaire: Abbé Jordi CASTELLET i Sala (Vic, Barcelona, Espagne)

«Ayez confiance: moi, je suis vainqueur du monde»


Aujourd'hui, nous avons le sentiment que la foi en Jésus décline dans le monde. Il y a trop d'informations qui vont à l'encontre du soutien moral que nous recherchons dans une vie intégralement fondée sur l'Évangile. Les valeurs d'une société de consommation, du capitalisme, de la sensualité et du matérialisme sont à la mode et vont à l'encontre de tout ce qui pourrait s'associer aux exigences de l'Évangile. Néanmoins, cet ensemble de valeurs et de manières de vivre n'apportent ni l'épanouissement personnel ni la paix intérieure, mais au contraire ne nous apportent que malheur et inquiétude. Ne croyez-vous pas que c'est à cause de cela que les gens se promènent dans la rue renfrognés, renfermés sur eux mêmes et inquiets pour leur avenir incertain, car justement ils ont misé leur avenir sur le prix d'une voiture, d'un appartement ou des vacances qu'ils ne peuvent pas se payer?

Les paroles de Jésus nous invitent à la confiance: «Mais ayez confiance: moi, je suis vainqueur du monde» (Jn 16,33), c'est-à-dire que par sa Passion, sa Mort et sa Résurrection Il a obtenu la vie éternelle, la vie qui n'a pas d'obstacles, celle qui n'a pas de limites car elle a vaincu toutes les limites et a surmonté les épreuves.

Ceux qui appartiennent au Christ vaincront les difficultés comme Il l'a fait, même si nous devons pour cela passer par différentes morts et résurrections successives, non voulues certes, mais endurées par le même Mystère Pascal du Christ. Est-ce que la perte d'un ami n'est pas une mort? La séparation d'un être cher? L'échec d'un projet ou bien simplement d'être confrontés aux limites de par notre fragilité humaine?

Mais «en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés» (Rm 8,37). Soyons des témoins de l'amour de Dieu, parce que «le Puissant fit (...) des merveilles» (Lc 1,49) pour nous tous, et Il nous aide à surmonter toute difficulté y compris la mort, car le Christ nous transmet le Saint Esprit.

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Pendant tout ce temps qui s’est écoulé entre la résurrection du Seigneur et son ascension, voilà de quoi la providence divine s’est occupée, voilà ce qu’elle a enseigné, voilà ce qu’elle a fait comprendre au yeux et aux cœurs de ses amis : on reconnaitrait que le Seigneur Jésus est vraiment ressuscité, lui qui vraiment était né, avait souffert et était mort vraiment » (Saint Léon le Grand)

  • « Mais il importe ici de bien saisir le secret de la joie insondable qui habite Jésus, et qui lui est propre. Si Jésus rayonne une telle paix, une telle assurance, une telle allégresse, une telle disponibilité, c’est à cause de l’amour ineffable dont il se sait aimé de son Père » (Saint Paul VI)

  • « (…) La vertu de force rend capable de vaincre la peur, même de la mort, d’affronter l’épreuve et les persécutions. Elle dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. (…) "Dans le monde, vous aurez de l’affliction, mais courage, moi j’ai vaincu le monde" (Jn 16,33) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº1.808)

Méditation

Frère Yves Habert

Frère Yves Habert

Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon

Stupeur et joie


Dans cet extrait du discours après la Cène, les disciples croient tout comprendre, mais ils n’ont encore rien vu. En effet, quand le Christ va mourir sur la croix, ses disciples seront comme frappés de stupeur. Ils regarderont, bouche bée, et n’oseront plus rien demander. Le prophète Isaïe évoque la multitude consternée devant l’apparence du serviteur souffrant. Dans notre parcours de croyant, il doit toujours y avoir cette dimension d’étonnement radical. Le Christ a accepté de passer par là, ça ne s’explique pas et ça se contemple, dans un silence frappé de stupeur. Et, en même temps, dans la joie qui les saisit, les disciples ne poseront pas davantage de questions au Ressuscité. Une certaine joie les rendra muets devant la plénitude de la manifestation du Seigneur à la Résurrection.

Notre foi dans le mystère pascal se situe entre deux étonnements : la stupeur devant le crucifié et la joie muette devant le ressuscité. Voilà le mystère de notre foi chrétienne. C’est ce silence amoureux et contemplatif, aimant, devant le Christ mis à mort et devant le Christ ressuscité.

Bonne journée!
Jean-Yves 

samedi 11 mai 2024

« Qu’ils soient un, comme nous-mêmes » / (463,578)

 Bonjour!

Dimanche le 12 mai 2024


Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...

ÉVANGILE

« Qu’ils soient un, comme nous-mêmes » (Jn 17, 11b-19)

Alléluia. Alléluia.
Je ne vous laisserai pas orphelins,
dit le Seigneur ;
je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.
Alléluia. (Jn 14, 18 ; 16, 22)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi :
« Père saint,
garde mes disciples unis dans ton nom,
le nom que tu m’as donné,
pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux,
je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné.
J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu,
sauf celui qui s’en va à sa perte
de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi,
je parle ainsi, dans le monde,
pour qu’ils aient en eux ma joie,
et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole,
et le monde les a pris en haine
parce qu’ils n’appartiennent pas au monde,
de même que moi je n’appartiens pas au monde.
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde,
mais pour que tu les gardes du Mauvais.
Ils n’appartiennent pas au monde,
de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

Sanctifie-les dans la vérité :
ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde,
moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même,
afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Abbé Josep LAPLANA OSB  Moine de Montserrat (Montserrat, Barcelona, Espagne)

«Je ne te demande pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais»


Aujourd'hui, dans le monde, tout ce qui n'est pas mondain est fréquemment objet de moquerie : il est considéré inutile et pernicieux, est margé, réprimé et - s'il on peut, supprimé. C'est la raison de toute persécution - violente, et aussi lente et sournoise - pour isoler et pour effacer l'Église dans ce monde, ou pour l'assimiler et la vider de contenu et la faire mondaine. En repassant l'histoire de l'Église, le béat Newman disait que "la persécution est la marque de l'Église et peut-être la plus durable de toutes".

Par cela, Jésus – Seigneur de tous les temps - prie le Père : "Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais" (Jn 17,15). L'activité des chrétiens se déploie dans l'ambiguïté de ce monde, sur un champ de liberté où il joue la Grâce qui vient de Dieu et le péché qui procède du Malin et du monde, et qui trouve fréquemment une complicité dans notre cœur, encore non suffisamment chrétien. Le conflit entre l'Église et le monde est interne et externe. Je continue de citer Newman : "l'Église est toujours une église militante; parfois elle gagne, et parfois elle perd. Et ce qui est plus fréquent : elle gagne et perd à la fois dans de différents domaines. Nous n'avons pas terminé de chanter un "Te Deum" et déjà nous devons baisser la tête pour entonner le "Miserere".

L'état normal de l'Église dans ce monde, tandis que le dernier des choisis ne soit pas arrivé au salut éternel, est celui-là de tension. Le cardinal Newman, en reflétant son expérience, ajoute : "l'Église dans ce monde est toujours souffrante et dolente; elle porte dans tout instant dans son corps la mort du Seigneur Jésus-Christ

Mes frères, persévérons sans nous fatiguer, en prenant les forces de la même fatigue qui est inhérente à notre condition de citoyens du ciel qui cheminent ici dans la terre. Que résonnent dans notre cœur les mots que Jésus nous disait : "celui qui aura tenu bon jusqu'au bout, celui-là sera sauvé" (Mt 24,13).

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « "Sanctifie-les dans la vérité", rends-les saints en leur donnant l’Esprit Saint et une saine doctrine, car les saints préceptes de Dieu instruisent et sanctifient le cœur » (Saint Jean Chrysostome)

  • « Jésus prie et Il nous invite à prier parce qu’Il sait bien qu’il y a certaines choses qu’on ne peut recevoir que comme un don, il y a des choses qu’on ne peut vivre que comme un cadeau » (François)

  • « C’est en entrant dans le saint Nom du Seigneur Jésus que nous pouvons accueillir, du dedans, la prière qu’il nous apprend : "Notre Père !". Sa prière sacerdotale inspire, du dedans, les grandes demandes du Pater : le souci du Nom du Père, la passion de son Règne (la Gloire ; l’accomplissement de la volonté du Père, de son Dessein de salut et la libération du mal » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 2750)

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Bon dimanche!

Jean-Yves 


Et Bonne Fête des Mères!

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vendredi 10 mai 2024

« Le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru » / (463,475)

 Bonjour!

Samedi 11 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru » (Jn 16, 23b-28)

Alléluia. Alléluia.
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ;
maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père.
Alléluia. (Jn 16, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
ce que vous demanderez au Père en mon nom,
il vous le donnera.
Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ;
demandez, et vous recevrez :
ainsi votre joie sera parfaite.

En disant cela, je vous ai parlé en images.
L’heure vient où je vous parlerai sans images,
et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père.
Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ;
or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous,
car le Père lui-même vous aime,
parce que vous m’avez aimé
et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti.
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ;
maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Si vous demandez quelque chose en invoquant mon nom » : la référence au nom de Jésus revient par trois fois dans le bref passage d’évangile de ce jour. Plus exactement, il s’agit chaque fois d’invoquer le nom de Jésus au cours d’une prière de demande adressée au Père. Quel sens peut donc bien recouvrir cette expression : « invoquer le nom de Jésus » ?

« Jésus », « Yeshoua », signifie « Dieu sauve ». Ainsi, le nom de Jésus s’identifie parfaitement avec sa mission de sauver les hommes. Ce nom, comme nous le rappelle saint Paul dans l’épître aux Philippiens, c’est celui que le Père a donné au Fils en le ressuscitant d’entre les morts et en le faisant siéger à sa droite dans le ciel, c’est « le Nom qui est au-dessus de tout nom » (cf. Ph 2, 9 ; Ep 1, 20s). Ce Nom, c’est donc celui de « Seigneur », qui convient à Jésus Ressuscité au même titre qu’à Dieu puisque « au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux, et toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père » (cf. Ph 2, 10-11).

Invoquer le nom de Jésus c’est donc invoquer le nom de Celui que l’on a reconnu dans la foi comme Seigneur, le Fils unique « sorti du Père » et « venu dans le monde » pour sauver les hommes. Il est important de se rappeler tout cela afin de bien comprendre les paroles que Jésus adresse à ses disciples dans l’évangile de ce jour.

Pour être exaucée, la prière d’intercession auprès du Père faite au nom de Jésus doit être en même temps une confession de sa divinité et du salut qu’il est venu nous porter. Prier au nom de Jésus, ce n’est pas se recommander de lui ou compter sur lui comme sur quelqu’un de sûr pour répercuter nos demandes auprès du Père. Prier le Père au nom de Jésus, c’est reconnaître que déjà en son Fils, il nous a comblés de toute grâce et de toute bénédiction. C’est entrer dans une attitude de confiance envers lui sachant qu’en son Fils il nous a déjà tout donné. L’Incarnation du Fils de Dieu n’est-elle pas la manifestation la plus éminente de la Providence divine !

Nous touchons ici le fondement de toute prière d’intercession : une attitude de confiance filiale par rapport à notre Père du ciel qui nous fait demander en étant sûr de recevoir en retour ce qu’il y aura de meilleur pour nous.

En ces jours qui nous acheminent vers Pentecôte, comme de vrais disciples qui ont reconnu en Jésus le Fils de Dieu vainqueur de la mort et du péché, prions le Père de nous envoyer son Esprit.

Père, ton Fils Jésus nous dit : « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient. » (Lc 11, 13) Que pourrions-nous espérer de mieux que le don de l’Esprit Saint qui nous rend participants dès ici-bas de la vie divine ! Oui, Père, au nom de Jésus, donne-nous ton Esprit.

Abbé Philippe Link -- Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « La gloire de Dieu c’est que l’homme vive, et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu » (Saint Irénée de Lyon)

  • « Après la grande découverte de Jésus-Christ en entrant dans le terrain de la foi, nous trouvons souvent une vie sombre, dure, difficile, un semis de larmes, mais nous sommes sûrs que la lumière du Christ, finalement, nous donne une belle récolte » (Benoît XVI)

  • « Plus encore, ce que le Père nous donne lorsque notre prière est unie à celle de Jésus, c’est "l’autre Paraclet, pour être avec vous à jamais, l’Esprit de Vérité" (Jn 14, 16-17). Cette nouveauté de la prière et de ses conditions apparaît à travers le Discours d’adieu. Dans l’Esprit Saint, la prière chrétienne est communion d’amour avec le Père, non seulement par le Christ, mais aussi en Lui » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 2615)

Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 9 mai 2024

« Votre joie, personne ne vous l’enlèvera » / (463,403)

 Bonjour!

Vendredi 10 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Votre joie, personne ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 20-23a)

Alléluia. Alléluia.
Le Christ devait souffrir
et ressusciter d’entre les morts
pour entrer dans la gloire.
Alléluia. (cf. Lc 24, 46.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
vous allez pleurer et vous lamenter,
tandis que le monde se réjouira ;
vous serez dans la peine,
mais votre peine se changera en joie.
La femme qui enfante est dans la peine
parce que son heure est arrivée.
Mais, quand l’enfant est né,
elle ne se souvient plus de sa souffrance,
tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine,
mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ;
et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le thème de la souffrance du juste persécuté, se lamentant au milieu de la liesse des méchants fêtant leur triomphe, est récurrent dans la Bible. L’Apocalypse de saint Jean décrit elle aussi l’arrogance des impies déployant leur faste et leurs sortilèges pour séduire les hommes, tout en poursuivant de leur haine meurtrière ceux qui refusent de plier le genou devant leurs idoles. Jésus confirme ce thème : « vous allez pleurer et vous lamenter » – il s’adresse aux disciples – « tandis que le monde se réjouira ».

N’est-ce pas le sort qui fut réservé à Notre-Seigneur tout au long de sa passion : broyé par la souffrance, il est livré aux sarcasmes, au mépris, à la violence de ceux dont la jalousie et la haine se déchainent contre lui.

La sérénité de Jésus contraste singulièrement avec le déferlement des passions qui l’assaillent de toute part : Notre-Seigneur sait fort bien que les mille morts qu’il subit constituent les douleurs de l’enfantement de l’homme nouveau et du monde nouveau. Accablé de toute part, il garde les yeux fixés sur le terme de son parcours : au cœur de son épreuve, il se réjouit déjà de la naissance à la vie divine de notre humanité vouée à la mort.

Jésus avertit ses disciples qu’il en sera de même pour eux ; n’est-ce pas effectivement ce que nous observons tout au long de l’histoire ? Dès les origines, l’Eglise a été persécutée, et à part quelques brèves périodes d’accalmies, il en a toujours été ainsi. Bien plus : la Parole nous prévient qu’il en sera de même jusqu’à la parousie.

Dans la lettre aux Romains, saint Paul précise que « la création tout entière traverse les douleurs d’un enfantement qui dure encore » (Rm 8, 22). Cette « création » qui aspire à la gloire des enfants de Dieu, c’est-à-dire à la participation à la vie divine, ne doit pas être confondue avec le « monde », qui s’oppose tout au contraire au Royaume instauré par le Christ, et s’acharne à retarder son avènement en persécutant les croyants. Le « monde » – au sens où le quatrième évangéliste utilise ce terme – ne connaît pas Dieu et refuse de s’ouvrir à sa Révélation, car il gît au pouvoir du père du mensonge, qui est homicide dès les origines (Jn 8, 44).

Ce n’est donc pas « le monde » qui enfante, car il s’est voué lui-même à la stérilité en se coupant de Dieu. Ce ne sont pas ses idoles qui lui donneront la vie, car « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie » (1 Jn 2, 16) n’ont jamais engendré que la jalousie, l’envie, la haine, la violence et finalement la mort. Le « monde » se réjouit de l’extension de son règne ici-bas, du triomphe de ses contre-valeurs – l’avoir, le pouvoir et la gloire ; mais il ne peut rien contre le disciple du Christ, car celui-ci n’appartient pas à ce « monde » – même s’il doit encore y demeurer quelque temps. Aussi est-il sans cesse en butte à la contradiction, car en refusant d’adhérer aux idéologies du relativisme, de l’hédonisme et de l’individualisme, il se trouve en porte-à-faux avec l’opinion dominante et risque de se trouver socialement marginalisé, voire exclu.

Au cœur de ce combat inégal où le disciple est en voie de subir le sort de son Maître, il ne reste cependant pas seul ; le Seigneur n’abandonne pas les siens : « Je vous reverrai et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera ». « L’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu » (1 P 4, 14) repose en effet sur lui, et lui fait déjà goûter les arrhes de son héritage : « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ; heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi : réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Mt 5, 5.11).

Seigneur, lorsque nous serons en bute aux contradictions, voire aux persécutions, accorde-nous la grâce de ne pas être lâches, mais comme les premiers disciples, de te prier de nous renouveler dans l’Esprit Saint. Avec eux nous voulons te demander : « Donne à ceux qui te servent d’annoncer ta Parole avec une parfaite assurance. Étends donc ta main pour guérir les malades, accomplis des signes et des prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur » (Ac 4, 29-30). Oui, puissions-nous être « remplis de l’Esprit Saint pour annoncer la Parole de Dieu avec assurance » (Ac 4, 31).

Abbé Philippe Link  -  Merci!

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« Que ton règne vienne »


Fanny est médecin urgentiste, rompue aux situations risquées. Elle va accoucher. Ça devrait bien se passer sauf que… le bébé est mal placé. Tout se complique pour la mère qui n’en peut plus, épuisée après trois jours de travail pénibles et qui finit par crier : « Je veux mourir » ! Quelques jours après, je découvre Adèle, joli bébé, souriante, paisible, dans les bras de Fanny.

Après les paraboles tirées de la vie courante pour nous parler du Royaume, Jésus recourt à l’image de la femme qui accouche… Quoi de plus beau qu’un petit être de chair, tout juste au commencement et pourtant déjà aboutissement, libération - ou plutôt délivrance - et promesse de vie… Il en va ainsi du message de Jésus.

Le Royaume de Dieu est un accouchement permanent, un passage, avec ses contractions, ses douleurs, une naissance et la joie après l’épuisement. Il est délivrance, libération.

En disant « Que ton règne vienne », n’imaginons pas qu’il advient sans douleur, mais il est promesse de vie pour ceux qui l’accueillent et vivent dans la foi et l’espérance.

« En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. » Tout sera clair, évident… On ne se demandera plus : « Pourquoi le mal ? la souffrance ? la guerre ? le silence de Dieu ? » On vivra libres et confiants, comme ces enfants que Jésus donne en exemple pour comprendre le Royaume.                                     

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Bonne journée!

Jean-Yves 



mercredi 8 mai 2024

« Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu » / ((463,356)

Merci à tous les visiteurs de ce blogue; hier il y a eu 100 ouvertures. 

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Bonjour!

Jeudi 9 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu » (Mc 16, 15-20)

Alléluia. Alléluia.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples,
dit le Seigneur.
Moi, je suis avec vous tous les jours
jusqu’à la fin du monde.
Alléluia. (Mt 28, 19a.20b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit :
« Allez dans le monde entier.
Proclamez l’Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé
sera sauvé ;
celui qui refusera de croire
sera condamné.
Voici les signes qui accompagneront
ceux qui deviendront croyants :
en mon nom, ils expulseront les démons ;
ils parleront en langues nouvelles ;
ils prendront des serpents dans leurs mains
et, s’ils boivent un poison mortel,
il ne leur fera pas de mal ;
ils imposeront les mains aux malades,
et les malades s’en trouveront bien. »

Le Seigneur Jésus,
après leur avoir parlé,
fut enlevé au ciel
et s’assit à la droite de Dieu.
Quant à eux,
ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile.
Le Seigneur travaillait avec eux
et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Si nous restons seulement au seuil de cette fête de l’Ascension, il se pourrait qu’elle nous paraisse fade et désuète. C’est ainsi de tous les mystères divins : ils ne peuvent se goûter que de l’intérieur !

Pour entrer de plein-pied dans la fête, prenons le temps de faire mémoire de la marche que le Seigneur nous a fait faire dans les terres arides de notre condition terrestre.

Pendant quarante jours de carême et de repentir, nous avons fait face à notre péché, nous avons senti le poids de nos fautes ; et cette marche laborieuse n’avait d’autre but que de nous libérer.

La marche du carême sans l’entrée dans la Pâques serait pure folie !
L’ascèse n’a qu’un seul but : la conversion. La Passion est la porte d’entrée dans la vie nouvelle de la Résurrection.

Pourtant, pour les disciples, le matin de Pâques n’est pas un terminus !
Ils ne sont pas encore entrés dans le lieu du repos, le pays ruisselant de lait et de miel promis au peuple hébreux.

Pâques commence par les bouleverser. Ils goûtent déjà la joie, mais ils leur faut encore du chemin pour y entrer pleinement.

Pendant quarante jours, Jésus ressuscité va leur apparaître pour leur parler du Royaume de Dieu, pour les préparer à un autre passage.

Nous aussi, nous avons marché avec eux, tout au long de ces quarante jours du temps pascal.

Quarante jours pour être enseignés sur l’Église, à partir de la lecture des Actes des Apôtres. Quarante jours pour être initiés aux « choses d’en haut » ; car ainsi que nous le dit l’apôtre Paul : « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est désormais le Christ assis à la droite du Père. Tendez vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre » (Col 3,1-2).

Le Fils de Dieu est venu parmi nous non seulement pour que nous vivions de sa vie dans notre vie terrestre, mais pour que nous vivions avec lui dans le Royaume céleste.

Il est allé nous préparer une demeure dans la maison de son Père (cf. Jn 14,2),
et c’est pour que nous y demeurions avec lui, non pour que nous restions orphelins sur la terre.

Au moment où Jésus se sépare de ses disciples, il leur donne ainsi la feuille de route de leur vie terrestre : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création ».
Allez, rassemblez la famille humaine en mon nom, attirez tous les hommes à moi, car la demeure que je vous prépare n’a qu’une seule table, pour que tous les hommes partagent un seul banquet : celui des noces de l’humanité avec son Créateur.

L’appel de Dieu nous introduit dans une espérance inouïe : le partage de sa gloire dans un même amour. Et cette espérance est déjà une réalité : c’est le Christ Jésus, qui nous rassemble en lui auprès du Père.

Abbé Philippe Link  -   Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 7 mai 2024

« L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière » / (463,256)

             Bonjour!   

   Mercredi 8 mai 2024   

   Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 12-15)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous.
Alléluia. (Jn 14, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière.
En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :
mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera,
car il recevra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ;
voilà pourquoi je vous ai dit :
L’Esprit reçoit ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter ». Jésus ne veut rien nous cacher. Lui le Verbe, l’unique Parole du Père ne pouvait qu’être la révélation en plénitude de Dieu et de son amour pour nous. Dieu s’est révélé pleinement en envoyant son propre Fils en qui Il a établi son Alliance pour toujours.

L’épitre aux Hébreux nous dit : « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé par les prophètes, Dieu en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son fils » (He 1, 1-2). Le Christ, le Fils de Dieu fait homme, est la Parole unique, parfaite et indépassable du Père. En Lui, Il dit tout, et il n’y aura pas d’autre parole que celle-là. Saint Jean de la Croix, après tant d’autres, l’exprime de façon lumineuse, en commentant He 1, 1-2 : « Dès lors qu’Il nous a donné son Fils, qui est sa Parole, Dieu n’a pas d’autre parole à nous donner. Il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette seule Parole et il n’a rien de plus à dire ; car ce qu’Il disait par parties aux prophètes, Il l’a dit tout entier dans son Fils, en nous donnant ce tout qu’est son Fils. Dès lors qu’Il nous a donné son Fils, qui est sa Parole, Dieu n’a pas d’autre parole à nous donner. Il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette seule Parole et il n’a rien de plus à dire ; car ce qu’Il disait par parties aux prophètes, Il l’a dit tout entier dans son Fils, en nous donnant ce tout qu’est son Fils. » (Carm. 2, 22)

Si tout a été dit en Jésus, tout pourtant n’a pas été explicité par lui et il nous en donne la raison : ses disciples n’avaient pas la force de porter le poids de cette vérité. Qu’est-ce à dire ? Que Jésus ne leur avait pas donné toute la lumière sur le mystère de sa personne car ils n’auraient pas pu porter le poids de révélation divine contenue en elle.

Celui qui guidera les disciples de Jésus vers la vérité de la révélation du Christ dans ce qu’il a dit et fait, c’est l’Esprit Saint que le Fils: « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité toute entière ».

Ce ne sera donc pas une révélation nouvelle qu’apportera l’Esprit. Jésus précise bien d’ailleurs qu’il n’y a rien à ajouter à la révélation que le Père nous fait en son Verbe de lui-même et de son dessein d’amour sur nous : « Tout ce qui appartient au Père est au Fils » et celui-ci nous l’a fait connaître (Jn 15, 15). Mais pour nous permettre d’accéder à cette connaissance, l’Esprit Saint sera pour nous la lumière qui illuminera les yeux de notre intelligence et de notre cœur.

La nouveauté de l’Esprit réside précisément en ceci qu’il vient éclairer les événements de notre vie en nous donnant de discerner en leur sein la présence du mystère du Christ, mystère de l’amour infini du Père pour chacun de nous. L’Esprit Saint nous permet ainsi de reconnaître en chacune de nos existences comment s’actualise l’œuvre d’Amour du Père réalisée en son Fils bien-aimé. En somme l’Esprit-Saint nous donne de découvrir le sens de notre vie, la finalité à laquelle nous sommes appelés et qui nous est déjà rendue accessible sur la route d’ici-bas.

Seigneur Jésus, nous appelons sur nous ton Esprit. Qu’il nous donne de reconnaître ta présence agissante en nos vies, témoignage de l’Amour du Père envers chacun d’entre nous. Qu’il nous guide vers la vérité tout entière de notre existence en nous donnant d’en découvrir le sens que ta présence lui donne.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 


lundi 6 mai 2024

« Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous » / (463,192)

 Bonjour!

Mardi 7 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous » (Jn 16, 5-11)

Alléluia. Alléluia.
Je vous enverrai l’Esprit de vérité, dit le Seigneur ;
il vous conduira dans la vérité tout entière.
Alléluia. (cf. Jn 16, 7.13)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé,
et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?”
Mais, parce que je vous dis cela,
la tristesse remplit votre cœur.
Pourtant, je vous dis la vérité :
il vaut mieux pour vous que je m’en aille,
car, si je ne m’en vais pas,
le Défenseur ne viendra pas à vous ;
mais si je pars, je vous l’enverrai.
Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde
en matière de péché, de justice et de jugement.
En matière de péché,
puisqu’on ne croit pas en moi.
En matière de justice,
puisque je m’en vais auprès du Père,
et que vous ne me verrez plus.
En matière de jugement,
puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La remarque de Jésus – « aucun de vous ne me demande : “où vas-tu ?” » – surprend, car Pierre avait déjà posé la question : « Seigneur où vas-tu ? (Jn 13,36) » ; et Thomas à son tour avait renchéri : « Seigneur nous ne savons même pas où tu vas, comment en connaîtrions-nous le chemin ? (Jn 14,5) ». Mais il est probable que la suite du discours d’adieu de leur Maître avait guéri les disciples de toute curiosité : résignés à la mort de leur Maître – peut-être même à la leur – ils se sont enfermés dans le mutisme et ont sombré dans la tristesse.

C’est pourquoi Jésus relance lui-même leur demande, afin de réveiller leur désir, de leur faire comprendre que son départ n’est pas une perte, mais un profit ; que loin de les abandonner, il continue sa trajectoire victorieuse, et accomplit le dessein d’amour du Père en leur faveur, fût-ce à travers le passage obscur de la Croix et de l’absence apparente.

La venue de l’Esprit ne semble plus soumise à aucune autre condition que le départ de Jésus, c’est-à-dire son exode pascale, qui l’établit dans une parfaite communion avec le Père ; à tel point que la participation de celui-ci dans l’envoi de l’Esprit n’est même plus mentionnée : « Je vous l’enverrai ».

La mission de cet autre Paraclet est encore et toujours signifiée par des verbes appartenant au vocabulaire du droit, suggérant à nouveau le cadre d’un procès. Le ton est solennel : l’Esprit fait la vérité ; il a l’initiative et s’impose avec autorité. Il mettra successivement en lumière : (1) le péché du monde ; (2) la justice de Dieu en son Fils Jésus ; (3) le jugement du monde. Explicitons brièvement ce triple ministère de l’Esprit.

(1) Dans le quatrième Évangile, l’unique péché dont tous les autres découlent, est le refus de croire en l’Envoyé du Père. Or la glorification de Jésus sera la preuve irréfutable qu’il est bien le Fils unique du Père. En remontant vers lui après avoir accompli la mission que celui-ci lui a confiée, il démontre la vérité de sa Parole, et par le fait même, met en lumière « l’erreur du monde ».

(2) Le départ de Jésus vers le Père attestera également la malice de sa « condamnation », car Dieu n’accueille pas auprès de lui les blasphémateurs. L’absence – « Vous ne me verrez plus » – discernée dans la foi, conduit à la proclamation de la glorification du Fils, rétabli par le Père dans son « bon droit ». C’est ce que le disciple bien-aimé comprendra en découvrant le tombeau vide : « Il vit et il crut » (20,8) ; il vit l’absence et cru en l’exaltation du Fils de l’Homme, conformément à ce qu’avaient annoncé les Écritures (Jn 20,9).

(3) Enfin « l’erreur » judiciaire permettra de faire justice, car à travers le drame de la mort de l’Innocent, c’est paradoxalement celui qui croyait triompher, le « Prince de ce monde », qui « est déjà condamné ». Le procès du Christ aboutit finalement au « jugement de ce monde : maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors » (Jn 12,31).

Tel est le triple témoignage que l’Esprit rend aux croyants, afin qu’à leur tour ils en témoignent devant le monde. Aujourd’hui comme hier, poussés par l’Esprit, nous avons à dénoncer le péché d’incrédulité, et à proclamer la glorification de Jésus, Seigneur et Sauveur. Mais notre témoignage ne sera crédible que si nous manifestons par notre conversion concrète, que le Prince de ce monde a effectivement été jeté hors de notre vie.

Puissions-nous pleinement accueillir cette libération afin d’entrer dans la liberté des enfants de Dieu sur lesquels l’Ennemi n’a plus de prise, et devenir des témoins intrépides de le Bonne Nouvelle : « Christ le même, hier, aujourd’hui et à jamais » (He 13,8).

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves