jeudi 13 juin 2024

« Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère » / (466,362)

 Bonjour!

Vendredi 14 juin 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère » (Mt 5, 27-32)

Alléluia. Alléluia.
Vous brillez comme des astres dans l’univers
en tenant ferme la parole de vie.
Alléluia. (Ph 2, 15d.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu ne commettras pas d’adultère.
    Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui regarde une femme avec convoitise
a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
    Si ton œil droit entraîne ta chute,
arrache-le et jette-le loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
    Et si ta main droite entraîne ta chute,
coupe-la et jette-la loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.

    Il a été dit également :
Si quelqu’un renvoie sa femme,
qu’il lui donne un acte de répudiation.
    Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui renvoie sa femme,
sauf en cas d’union illégitime,
la pousse à l’adultère ;
et si quelqu’un épouse une femme renvoyée,
il est adultère. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Nous pourrions intituler cet extrait : « de la concupiscence à l’amour ». La Loi n’est pas simplement un interdit régulateur de la vie sociale ; bien comprise, elle est un pédagogue sur le chemin de l’amour. Mais pour cela il faut pénétrer au-delà de la lettre jusqu’à l’intention du Législateur : c’est l’exercice que Jésus entreprend avec nous dans ces quelques versets.

L’adultère commence dans le regard qui ne voit plus dans la femme qu’un objet de plaisir ou de consommation. L’union charnelle de convoitise ne respecte pas l’autre dans sa différence : ce n’est pas la communion dans l’amour qui est recherchée, mais la fusion dans une jouissance narcissique qui n’honore pas l’altérité. Voilà pourquoi le précepte de la Loi ne se présente pas sous une forme anonyme – du genre : « Il est défendu de commettre l’adultère » – mais sous la forme dialoguale de l’interpellation personnelle : « Tu ne commettras pas d’adultère ». La Parole fait surgir la Personne divine, qui nous invite à demeurer dans la vérité des relations interpersonnelles. Elle agit comme un « glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur (He 4,12) ».

C’est précisément cette action « tranchante » que Jésus illustre de façon très imagée lorsqu’il dit : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi. Et si ta main droite est pour toi une occasion de péché, coupe-la et jette-la loin de toi ». Il s’agit de jeter au loin ce qui nous rapproche de l’autre de manière captative, fusionnelle et inauthentique. Cette « mutilation » de notre concupiscence est une condition de l’amour et donc de l’accès au Royaume.

Le refus de la part du Seigneur de la répudiation s’inscrit dans la même logique. Il s’agissait d’une concession accordée par Moïse en raison de la dureté de cœur des fils d’Israël, c’est-à-dire de leur incapacité d’aimer de manière vraie et durable. Emportés par leur convoitise, ils répudiaient leur femme pour s’approprier un autre objet de désir. Pour échapper à la solitude et trouver la protection d’un foyer, la femme répudiée était amenée à consentir aux avances d’un autre homme et à s’engager avec lui dans une union illégitime.

Spontanément nous vient en mémoire la première conséquence du péché des origines : « alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus » (Gen 3, 7). Le regard de concupiscence pervertit désormais nos relations humaines ; l’opacité de la chair fait obstacle à la découverte de la dimension spirituelle de l’autre ; la hiérarchie des facultés se trouvant bouleversée, les passions de l’âme aveuglent l’intelligence et paralysent la volonté. La seule manière de sortir de ces rapports inhumains, est de renoncer à l’hégémonie du vieil homme avec ses convoitises totalitaires, pour retrouver la simplicité des relations fraternelles sous le regard du Père. Mais ne rêvons pas : l’homme ancien en nous – « l’homme psychique et charnel » selon la terminologie de Saint Paul – ne désarme pas sur base d’une simple décision. Il ne se soumettra qu’au prix d’un long et douloureux combat de chaque instant.

Seigneur donne-nous assez de foi pour nous engager résolument dans le combat contre la convoitise sous toutes ses formes, dans la certitude que tu combles en surabondance ceux qui acceptent de mourir à eux-mêmes pour que la vraie vie puisse reprendre ses droits, et que tu puisses régner en eux par ton Esprit.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 12 juin 2024

« Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement » / Fête de saint Antoine... / «L'essentiel c'est d'aventurer sa vie...» /( 466,303)

 Bonjour!

Jeudi 13 juin 2024

Fête de saint Antoine de Padoue


Nous fêtons aujourd’hui saint Antoine de Padoue, ce grand saint si proche de nous. Dieu, notre Père aimant, accorde sa grâce à tous ceux qui se confient en lui. Ouvrons-lui notre coeur par l’intercession de saint Antoine de Padoue : 

« Ô Saint Antoine, toi que l'on n'invoque jamais en vain, une fois encore je me tourne vers toi, pour que tu m'obtiennes du Seigneur Dieu les grâces dont j'ai grand besoin, et particulièrement ce qui me tient tant à cœur. »

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Voici la Parle de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement » (Mt 5, 20-26)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Je vous le dis :
Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

    Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
    Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
    Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
    laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
    Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
    Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Nous sommes au cœur du discours sur la montagne où Jésus nous invite à ajuster, à disposer nos cœurs pour entrer dans le Royaume. L’exemple des scribes et des pharisiens est donné par Jésus pour nous faire réagir. Leur justice est insuffisante parce qu’elle n’exprime pas un véritable ajustement de leur part aux mœurs du Royaume. Pour y parvenir Jésus propose une autre voie que celle de la stricte conformité aux prescriptions légales. En réalité, il n’ajoute rien à la Loi. Ce qu’il apporte réside dans l’interprétation nouvelle qu’il donne à ses préceptes. Cela apparaît clairement dans la manière dont il formule son enseignement : « Vous avez appris que… Eh bien moi, je vous dis… ».

La Loi condamne le meurtre. Eh bien, Jésus va étendre l’acte d’homicide au-delà de la stricte élimination physique de son prochain. Il va en dénoncer les racines cachées : la colère, l’insulte, la malédiction qui procèdent de la même logique intentionnelle d’éliminer celui qui me fait obstacle : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu’un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu’un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu ».

Aucune de ces menaces n’est pourtant irréversible. Leur sévérité n’est qu’un appel à nous convertir, de la part d’un Dieu qui nous aime et ne veut pas que nous sombrions dans la mort à laquelle nous conduisent la colère, les paroles qui la manifestent et l’outrage qu’elles vont parfois jusqu’à exprimer.

Mais la conversion à Dieu passe toujours par la personne de l’autre, de ce frère en humanité qui est à mes côtés. Voilà pourquoi Jésus ajoute : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » A noter qu’il ne dit pas : « Si tu as quelque chose contre ton frère », mais « si ton frère a quelque chose contre toi », car avouons-le bien humblement, il nous est plus spontané de voir l’offense qui nous a été faite que celle que nous avons commise. Combien est donc pressante la nécessité de la réconciliation !

Notre offrande à l’autel ne prendra son sens et n’aura de valeur qu’en fonction de cette réconciliation préalable. Car nous ne sommes pas seuls devant l’autel. La dimension communautaire de notre foi et du culte que nous rendons à Dieu n’est pas accidentelle ou facultative mais essentielle et indispensable. En effet, notre Dieu est Père de tous les hommes. Toute offrande véritable et donc digne d’être agréée, ne peut jaillir qu’en action de grâce du don de la paternité divine et de la fraternité universelle qu’elle révèle et à laquelle elle conduit. Voilà pourquoi Dieu ne peut recevoir le sacrifice des chrétiens divisés entre eux.

Jésus nous appelle donc à dépasser le cadre du légalisme judiciaire en nous ouvrant aux exigences de l’amour et de la miséricorde. C’est le seul lieu où nous pourrons rencontrer en vérité notre Dieu puisque c’est le chemin qu’Il a emprunté lui-même pour nous rejoindre.

Seigneur, donne-nous de pouvoir t’adorer sans partage en ayant pour tout homme une vraie charité. Apprends-nous à vivre de ta miséricorde pour que ton règne vienne et que ta volonté de salut s’accomplisse sur la terre comme au ciel.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « En réalité, ce qui est le plus juste et le plus approprié, c’est que la créature imite son Créateur, qui a établi la réparation et sanctification des croyants dans le pardon des péchés, nous convertissant ainsi d’inculpés en innocents et que l’abolition du péché en nous soit l’origine des vertus » (saint Léon le Grand)

  • « Nous devons apprendre la capacité de faire pénitence, de nous laisser transformer ; d’aller à la rencontre de l’autre et de demander à Dieu de nous donner le courage et la force pour ce renouveau. Dans notre monde actuel, nous devons redécouvrir le sacrement de Pénitence et la Réconciliation » (Benoît XVI)

  • « Jésus a repris les dix commandements, mais il a manifesté la force de l’Esprit à l’œuvre dans leur lettre. Il a prêché la "justice qui surpasse celle des scribes et des pharisiens" (Mt 5, 20) aussi bien que celle des païens. Il a déployé toutes les exigences des commandements (…) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 2.054)


«L'essentiel c'est d'aventurer sa vie.»

(Thérèse d'Avila)

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 11 juin 2024

« Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » / Quelques pensées.../(466,240)

 Bonjour!

Mercredi 12 juin 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mt 5, 17-19)

Alléluia. Alléluia.
Fais-moi connaître ta route, mon Dieu ;
dirige-moi par ta vérité.
Alléluia. (cf. Ps 24, 4b.5a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
    Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait
ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
    Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Étonnante parole de Jésus : « Pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise ». Ce formalisme borné, pointilleux, scrupuleux même, n’est-ce pas précisément l’attitude qu’il reproche aux pharisiens ? Comment un homme pourrait-il accomplir parfaitement la Loi jusque dans ses moindres détails ? Si telle est la condition pour avoir accès au Royaume, nous ne sommes pas prêts d’y entrer !

Mais tel n’est pas le sens de cette Parole qu’il faut resituer dans son contexte. Notre-Seigneur se défend de l’accusation des scribes et des pharisiens qui lui reprochent tout au contraire d’en prendre et d’en laisser dans les prescriptions de la Loi. Quand on sait l’importance que revêt pour un fils d’Israël l’obéissance à la Torah, on comprend que les disciples aient été troublés par ces invectives contre leur Maître. Aussi Jésus les rassure-t-il par la Parole très claire que nous venons d’entendre : non il n’est pas venu abolir la Loi, et il condamne explicitement « celui qui rejetterait ne fût-ce qu’un seul de ces plus petits commandements ou qui enseignerait aux homme à faire ainsi ».

L’homme n’a pas à faire un tri parmi les prescriptions que lui impose son Seigneur, car en agissant ainsi, il se « ferait juge de la Loi. Or si tu juges la Loi, tu n’es plus l’observateur de la Loi, mais son juge. Il n’y a qu’un seul Législateur et Juge, celui qui peut sauver et perdre » (Jc 4, 11-12). Faire un tri dans les préceptes, c’est se mettre au-dessus de Dieu, corrigeant la Loi qu’il a confiée à Moïse et aux Prophètes. Bref, en prendre et en laisser dans les commandements, c’est prétendre implicitement avoir acquis « la connaissance du bien et du mal ».

Voilà l’attitude que Jésus dénonce : l’homme qui pense pouvoir se passer de la loi divine en matière morale (et religieuse) trahit que l’orgueil s’est emparé de son âme. Il a rompu le lien de filiation et prétend être « comme Dieu » (Gn 3, 6), dirigeant sa vie « sans Dieu, malgré Dieu, voire contre Dieu » (St Maxime le Confesseur).

Mais Jésus condamne tout aussi sévèrement l’attitude pharisaïque qui prétend mériter le salut au prix d’une observance scrupuleuse mais sans âme, du moindre précepte. Une telle attitude n’est guère plus filiale, car elle ne se situe pas dans l’ordre du don et de l’accueil, mais du marchandage et du dû exigé. Nous pourrions dire que cette pseudo-filiation constitue le péché du fils aîné de la parabole du Père prodigue (Lc 15), alors que la prétention à disposer à son gré de la Loi illustre la transgression du fils cadet.

L’attitude juste que suggère Jésus tout au long de l’Evangile consiste à recevoir « la Loi et les Prophètes » comme la Parole d’un Père qui nous appelle à lui en ayant soin d’éclairer le chemin sur lequel nous pouvons avancer en toute sécurité. Vu sous cet angle, la Thora est un don précieux, « une lampe sur nos pas, une lumière sur notre route », que nous sommes invités à recevoir avec gratitude. C’est en l’accueillant comme la Parole de notre Père, en nous penchant sur elle avec amour, pour l’observer et la garder, que nous manifestons notre volonté d’être des fils.

Ce ne sont pas nos œuvres qui nous sauvent, mais une foi vivante par la charité concrète. Le fils sait que tout est grâce, y compris la transformation que la Parole opère en nous afin de nous rendre progressivement capables de la mettre intégralement en pratique. Il n’y a donc pas à tirer orgueil de notre obéissance, car Dieu seul, par son Esprit, peut accomplir ses œuvres en nous. Et nous n’avons pas à nous décourager de trébucher parfois, car « il est fidèle le Dieu qui nous appelle : c’est encore lui qui accomplira tout cela » (1 Th 5, 24).

Tout est possible à celui qui croit, c’est-à-dire à celui qui remet sa vie entre les mains de Dieu son Père, dans la docilité à l’Esprit de son Fils Jésus Christ. Mais le Seigneur ne peut rien pour l’homme qui prétend se justifier par ses propres forces, ou ériger une loi morale à sa mesure.

Seigneur, au milieu du relativisme moral contemporain, ne permet pas que nous nous laissions séduire par l’illusion de l’autonomie absolue. Nous ne sommes pas les esclaves d’une “lettre qui tue”, mais dans l’Esprit, nous sommes les fils du Dieu vivant “qui donne la vie”. Aussi est-ce notre joie et notre fierté d’obéir à ta Parole qui nous filialise et nous introduit dans la vraie liberté, celle qui consiste à pouvoir discerner et accomplir le bien auquel tu nous appelles.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Les plus doux commandements deviennent âpres si un cœur tyran et cruel les impose, mais se font aimables quand l’amour les ordonne » (Saint François de Sales)

  • « La Loi est la sagesse. La sagesse est l’art d’être des hommes, l’art de pouvoir bien vivre et de pouvoir bien mourir. Et l’on ne peut bien vivre et mourir que lorsqu’on a reçu la vérité et quand la vérité nous indique le chemin » (Benoît XVI)

  • « L’accomplissement parfait de la Loi ne pouvait être l’œuvre que du divin Législateur né sujet de la Loi en la personne du Fils (cf. Ga 4, 4). En Jésus, la Loi n’apparaît plus gravée sur des tables de pierre mais " au fond du cœur " (Jr 31, 33) (…) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 580)


Bonne journée!

Jean-Yves 


La loi... un chemin pour nous guider...
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«À l'envers des nuages il y a toujours un ciel.»
(Muhammad Al-Faytury)

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«Le mal existe, mais pas sans le bien, comme l'ombre existe, mais pas sans la lumière.»
(Alfred de Musset)

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«Mais qui sans amour existe?»
(Serge Gainsbourg)

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«Quel beau métier que d'être un homme sur la terre.«
(Maxime Gorki)

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lundi 10 juin 2024

« Vous êtes le sel de la terre. » / (466,191)

Bonjour!

Mardi 11 juin 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Vous êtes le sel de la terre. » (Mt 5, 13-16)

Alléluia. Alléluia.
Que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père.
Alléluia. (Mt 5, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
comment lui rendre de la saveur ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

    Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.
    Et l’on n’allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
    De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Cette double déclaration fait suite aux Béatitudes, et en particulier aux deux dernières qui s’adressent aux persécutés. C’est à ceux qui sont calomniés, persécutés, pourchassés, insultés, que Jésus dit : « Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde ».

Il semble qu’en Palestine, on ajoutait du sel au fumier pour servir d’engrais ; ce qui explique que Jésus parle du sel « de la terre ». Cette expression signifierait donc pour le disciple, être la condition de la fécondité de la terre, entendons : du monde. Le chrétien possèderait une sagesse qui seule peut féconder les efforts des hommes en l’orientant vers Dieu. Sagesse discrète, sans éclat, car le sel, tout comme le levain, demeure invisible. Sagesse discrète également quant à sa quantité : les aliments trop salés sont franchement immangeables. Le sel est donc un serviteur qui doit savoir se tenir à sa place, même si son ministère est indispensable. Il est au service des aliments dont il relève le goût. Lorsque Jésus affirme : « Vous êtes le sel de la terre », il nous invite à nous mettre au service, discret et efficace, de nos frères, afin qu’ils puissent savourer la vie que Dieu leur donne.

Essayons de préciser ce ministère ; nous avons mentionné en commençant que Jésus parle sur l’arrière-fond de la béatitude des persécutés ; tout porte dès lors à penser que la sagesse dont il est question est celle de la Croix glorieuse. Sans cette sagesse qui ouvre sur l’espérance de la vie éternelle, les efforts que nous déployons en cette vie demeurent stériles et vains, car tout est emporté par la mort qui survient à son heure. Ce qui empêche les hommes de savourer la vie, c’est la peur de la mort qui couvre chaque jour de son voile de deuil. Mais pour celui qui est initié au mystère de Pâques, la vie est libérée de cette angoisse qui la stérilise. Etre sel de la terre signifie donc être témoin de l’espérance pascale au cœur d’un monde qui occulte la mort précisément parce qu’elle lui rappelle le caractère éphémère de la vie.

Il est évidemment impossible que le sel s’affadisse ; pourtant Jésus suggère que le chrétien, lui, puisse perdre sa sagesse : devant les persécutions, il peut apostasier, choisir de prolonger sa vie dans ce monde plutôt que de tout miser sur le Royaume à venir. Un tel disciple perdrait sa saveur, c’est-à-dire ne servirait plus à rien, il deviendrait insignifiant pour les hommes. Et la présentation que Jésus en fait semble bien suggérer que c’est la pire des choses qui puisse lui arriver.

Sévère avertissement qu’il nous faut bien entendre : le chrétien affadit est le chrétien tiède qui accepte les compromissions avec le monde, se coule dans la mentalité du temps et démissionne de sa mission ; celui qui, pour éviter toute critique, raillerie ou questionnement, évite soigneusement de reconnaître son appartenance au Christ et de vivre les valeurs évangéliques proclamées dans les Béatitudes.

« Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde. » Si le sel se mêle aux aliments de manière invisible, la lumière, elle, ne se cache pas : elle se montre. Jésus précise d’ailleurs que cette lumière, se sont les bonnes œuvres que nous accomplirons devant les hommes, et qui conduisent à « rendre gloire à votre Père qui est aux cieux ». C’est la première occurrence de l’expression « votre Père » sur les lèvres de Jésus. Notre témoignage discret, mais savoureux et lumineux de l’espérance pascale, a pour mission principale de rappeler aux hommes que leur vie ne trouvera pleinement son sens que dans la reconnaissance de la paternité divine, et l’accueil de la vie immortelle qu’il offre dans l’Esprit à ceux qui s’unissent par la foi à son Fils unique.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Ne pensez pas que le combat auquel vous êtes appelés a peu d’importance et que la cause qui vous est confiée est mince : "Vous êtes le sel de la terre" » (Saint Jean Chrysostome)

  • « Précisément en ce moment, les disciples du Seigneur sont appelés à vivre comme une communauté qui est le sel de la terre et la lumière du monde. Ne nous laissons pas voler la communauté ! » (François)

  • « Le peuple de Dieu a des caractéristiques qui le distinguent nettement de tous les regroupements religieux, ethniques, politiques et culturels de l’histoire […]. Sa mission c’est d’être le sel de la terre et la lumière du monde. Il constitue pour tout le genre humain le germe d’unité, d’espérance et de salut » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 782)

Bonne journée!

Jean-Yves 


 

dimanche 9 juin 2024

« Heureux les pauvres de cœur » / (465,700 / 4,175 messages à consulter...) Jumelage avec l'Abbaye Val Notre-Dame... /

 Bonjour!

Lundi 10 juin 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Heureux les pauvres de cœur » (Mt 5, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !
Alléluia. (Mt 5, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    voyant les foules,
Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
    Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
    « Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
    Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
    Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
    Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
    Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
    Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
    Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
    Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
    Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !
C’est ainsi qu’on a persécuté
les prophètes qui vous ont précédés. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Imaginez que vous arriviez à un carrefour, où vous attendent une multitude de panneaux indicateurs : « richesse », « gloire », « honneur », « pouvoir », etc. Puis vous découvrez un tout petit panneau indiquant la direction du « bonheur ». Lequel suivez-vous ? 

Je suis sûr que sans l’ombre d’une hésitation nous choisissons tous ce dernier, car à travers toutes les autres propositions, c’est bien le bonheur que nous cherchons. Nous voilà donc partis sur la route du bonheur ; comme nous pressentons que le chemin sera long, nous avons pris un sac à dos et deux valises bien remplies.

 Seulement comme la montée est raide, nous nous voyons bientôt obligés de sacrifier une partie de notre bagage, puis une autre : nos richesses, notre soif de jouissance, notre volonté de puissance, notre vaine gloire, nos jalousies, nos rancœurs, … Arrivés à ce point, nous hésitons : ne nous sommes-nous pas trompés de route ? Où donc ce dépouillement va-t-il nous conduire ? Et d’abord : qui donc a établi cet itinéraire ? Il est signé « Jésus de Nazareth » : est-il digne de confiance ? 

Qui d’entre nous ne s’est pas posé ces questions devant les exigences de l’Evangile et en particulier du Sermon sur la montagne ? Jésus ne nous en fera pas le reproche lui qui nous invite à nous asseoir pour évaluer si nous sommes capables d’aller jusqu’au bout du voyage (Lc 14, 28-32). Le seul motif qui nous encourage à persévérer, est que Notre-Seigneur est passé par ce chemin avant nous : il a ouvert la voie, et au matin de Pâques il a atteint ce pays du bonheur auquel nous aspirons. Si nous croyons vraiment en lui, nous devons logiquement faire confiance à sa Parole et prendre avec courage la route sur laquelle il nous précède.

Il n’est pas indifférent que la première parole du premier Psaume, comme la parole qui revient neuf fois dans le Sermon sur la montagne, soit « Heureux ». Lorsque Dieu s’adresse à nous, c’est pour nous inviter au bonheur. Mais depuis que nous avons fait notre propre malheur en écoutant la voix du Serpent, le bonheur n’est plus accessible qu’au terme d’un parcours paradoxal qui passe par le dépouillement des fausses richesses et des plaisirs aliénants. Cet itinéraire est à ce point contraire à nos aspirations « naturelles », que nous ne pourrons le parcourir qu’en gardant les yeux fixés sur le terme : Jésus ressuscité qui nous attend sur l’autre rivage. Il faut en effet ajouter – comme si cela ne suffisait pas ! – qu’au bout de cette traversée du désert, nous aurons encore, comme ultime épreuve, à franchir la mer, c’est-à-dire à accepter de mourir à nous-mêmes, pour pouvoir vivre de la vie de l’Esprit. 

C’est de cet ultime passage que nous parle la dernière béatitude, qui vu son importance, est répétée avec une insistance particulière, pour nous rappeler que nous avons bien besoin des mille petites persécutions quotidiennes que nous réserve notre entourage, pour nous aider à mourir à nous-mêmes et à accéder à l’autre rivage, celui de la vraie vie.

Seigneur je suis vraiment trop faible et trop attaché à ce monde pour prétendre m’engager sur un tel chemin ! Je ne peux que « lever les yeux vers les montagnes et attendre de toi le secours : tiens-toi près de moi comme mon ombrage ; empêche mon pied de glisser, garde moi de tout mal » (cf. Ps 120), et conduis-moi sur ton chemin d’éternité.

Abbé Philippe Link - Merci!

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JUMELAGE

entre l’Église de Sainte-Anne et l’Abbaye Val Notre-Dame

Intention de prière du mois de juillet 2024

Aux responsables des feuillets paroissiaux, aux responsables de la liturgie, à tous nos pasteurs, à nos frères de l’Abbaye Val Notre-Dame, à tous ceux qui savent que l’intensité de notre relation à Dieu est le moteur d’une Église renouvelée.

Voici l’intention du mois de juillet 2024 :

En communion spirituelle avec nos frères moines de Val Notre-Dame, prions pour que les jeunes qui découvrent ou redécouvrent la foi puissent suivre et louer le Seigneur dans la joie et qu’ils trouvent dans nos communautés le soutien fraternel et l’espace pour s’épanouir et mettre leurs énergies au service de l’Évangile.

Répons : celui du Prions 

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Bonne journée!

Jean-Yves 

samedi 8 juin 2024

« C’en est fini de Satan » / (465,616)

 Bonjour!

Dimanche 9 juin 2024

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...


ÉVANGILE

« C’en est fini de Satan » (Mc 3, 20-35)

Alléluia. Alléluia.
Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors,
dit le Seigneur ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre,
je les attirerai tous à moi.
Alléluia. (Jn 12, 31b-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

          En ce temps-là,
  Jésus revint à la maison,
où de nouveau la foule se rassembla,
si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
  Les gens de chez lui, l’apprenant,
vinrent pour se saisir de lui,
car ils affirmaient :
« Il a perdu la tête. »

          Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient :
« Il est possédé par Béelzéboul ;
c’est par le chef des démons
qu’il expulse les démons. »
  Les appelant près de lui,
Jésus leur dit en parabole :
« Comment Satan peut-il expulser Satan ?
  Si un royaume est divisé contre lui-même,
ce royaume ne peut pas tenir.
  Si les gens d’une même maison se divisent entre eux,
ces gens ne pourront pas tenir.
  Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé,
il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui.
  Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort
et piller ses biens,
s’il ne l’a d’abord ligoté.
Alors seulement il pillera sa maison.
  Amen, je vous le dis :
Tout sera pardonné aux enfants des hommes :
leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
  Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint,
il n’aura jamais de pardon.
Il est coupable d’un péché pour toujours. »
  Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit :
« Il est possédé par un esprit impur. »

          Alors arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors, ils le font appeler.
  Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
  Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
  Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
  Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

          – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus est accusé par des scribes d’être un possédé du démon ! Il semble profondément blessé par cette insulte. Il y voit non seulement un blasphème contre lui-même, mais un blasphème contre l’Esprit-Saint, un péché d’une gravité extrême.

Ces scribes refusent en effet de reconnaître la mission de Jésus, malgré ses œuvres qu’ils attribuent à l’esprit du mal. « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons ». Le blasphème contre l’Esprit-Saint dénoncé par Jésus signifie un refus total et résolu de la Bonne Nouvelle, et par conséquent le refus de la miséricorde. Cette suffisance qui se referme sur elle-même, ce rejet conscient et voulu de la vérité, comment pourraient-t-ils recevoir le pardon ? Dieu ne veut pas forcer notre liberté. Mais quelle parole sévère ! « Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit-Saint, il n’obtiendra jamais le pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. »

Nous connaissons pourtant l’immense mystère de la miséricorde divine toute gratuite qui nous a été aussi révélé par Jésus. En effet Dieu tout-puissant, le Père des miséricordes, demeure libre de ses dons et de ses pardons. Saul, le persécuteur de l’Église, en a fait l’expérience sur le chemin de Damas : « Moi qui étais auparavant blasphémateur, il m’a été fait miséricorde, parce que j’ai agi par ignorance, étranger à la foi », dit-il.

Loin de l’attitude hostile de ces scribes, nous pouvons cependant pécher contre l’Esprit-Saint par un manque de confiance en son action dans la vie de l’Église, dans la vie de nos communautés, dans le prochain, en nous-mêmes. Nous pouvons le « contrister », selon l’expression stupéfiante de saint Paul.

L’Esprit-Saint est discret. Son action, ses appels sont le plus souvent humbles et cachés. Il faut savoir écouter ses appels, ses inspirations, dans le silence de l’âme, par exemple cette invitation à tout quitter pour suivre le Christ de plus près. L’Esprit-Saint aime le silence et la paix, qu’il donne du reste à ceux qui se laissent conduire par lui.

Ils devaient être guidés déjà par l’Esprit Saint ces braves gens assis autour de Jésus. Ils avaient choisi les meilleures places. Ils étaient fascinés par les paroles de Jésus, par toute sa personne, par son regard qu’il fixait sur eux. Les voir si attentifs fit jaillir de son cœur des paroles qu’on ne peut répéter qu’avec émotion : « Voici ma mère et mes frères et mes sœurs ».

Ainsi pour exprimer ce que sont les liens qui peuvent nous unir à lui, Jésus les compare aux liens les plus forts, les plus délicats, les plus familiers aussi qui puissent exister. Il nous aime comme des frères ou des sœurs, il nous aime comme il aimait sa mère. De lui à nous existe cette tendresse unique qui existe entre un fils et sa mère. Peut-on aller plus loin dans la révélation de l’amour du Seigneur Jésus pour nous ?

Jésus y met cependant une condition : il s’adresse, cet amour à celui qui fait la volonté de Dieu. « Celui qui fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère ». Faire la volonté de Dieu dans les mille devoirs de la vie quotidienne, dans les peines acceptées et supportées, dans ces épreuves du temps présent dont nous a parlé saint Paul, dans la charité fraternelle surtout, si exigeante, cela nous paraît souvent difficile.

Nous redoutons peut-être notre faiblesse dont nous avons fait souvent l’expérience. Nous savons bien que nous ne la faisons pas toujours, cette sainte volonté de Dieu. Alors regardons encore ces premiers disciples assis autour de Jésus et qui l’écoutaient. Jésus a dû voir en eux avant tout et surtout cette ouverture du cœur, cet accueil joyeux, cette bonne volonté profonde, et ces dispositions d’âme ont suffi pour qu’il dise : « Voici ma mère, mes frères ».

Ce sont ces dispositions intimes que le Seigneur attend de nous et qui sont exactement le contraire du péché contre l’Esprit-Saint : une bonne volonté inlassable, un cœur libre et bon, jamais satisfait de lui-même, mais toujours ouvert, ouvert à sa parole, ouvert à la vérité, ouvert à sa volonté. Le reste finalement, c’est son affaire plus que la nôtre, c’est l’affaire de son secours et de sa grâce sans laquelle nous ne pouvons rien faire.

Et d’ailleurs, comment pourrions-nous faire la volonté de Dieu, si nous n’étions d’abord aimés de Dieu ? C’est toujours lui qui nous devance, qui nous aime le premier. Il nous cherche avant que nous ne le cherchions. « Où es-tu donc ? » Cette question posée à Adam coupable, elle traverse toute la Bible. Elle s’adresse à nous toujours. Notre pauvre amour n’est jamais qu’une réponse à cet amour immense et mystérieux qui nous cherche, qui nous enveloppe et qui nous promet de si grandes choses, ce poids extraordinaire de gloire dont parlait saint Paul.

Au tout premier rang de cette famille spirituelle que constituent autour de Jésus ceux qui l’écoutent et qui l’aiment, il y a naturellement sa mère, la toute sainte, la toute pure, dont la volonté ne faisait toujours qu’un avec la volonté de Dieu. Demandons-lui de rester avec elle pour rester avec le Seigneur.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bon dimanche!

Jean-Yves