jeudi 24 mars 2022

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » / Demain: Acte de consécration de la Russie et de l'Ukraine à la Vierge Marie par le pape François... / (362,057)

 Demain: 

L'acte de consécration de la Russie et de l'Ukraine à la Vierge Marie par le pape François.

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Aujourd'hui: Jeudi 24 mars 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » (Lc 11, 14-23)

Gloire à toi, Seigneur,
honneur, puissance et majesté !
Maintenant, dit le Seigneur,                                                              
revenez à moi de tout votre cœur,
car je suis tendre et miséricordieux.
Gloire à toi, Seigneur,
honneur, puissance et majesté ! (cf. Jl 2, 12-13)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet.
Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler,
et les foules furent dans l’admiration.
Mais certains d’entre eux dirent :
« C’est par Béelzéboul, le chef des démons,
qu’il expulse les démons. »
D’autres, pour le mettre à l’épreuve,
cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit :
« Tout royaume divisé contre lui-même devient désert,
ses maisons s’écroulent les unes sur les autres.
Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même,
comment son royaume tiendra-t-il ?
Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul
que j’expulse les démons.
Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse,
vos disciples, par qui les expulsent-ils ?
Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges.
En revanche, si c’est par le doigt de Dieu
que j’expulse les démons,
c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous.
Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais,
tout ce qui lui appartient est en sécurité.
Mais si un plus fort survient et triomphe de lui,
il lui enlève son armement, auquel il se fiait,
et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé.
Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ;
celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Le combat entre Jésus et le démon fait rage depuis le début de la vie publique. L’affrontement au désert se poursuit chaque jour et culminera dans le triduum pascal. La lumière a surgi dans les ténèbres et les ténèbres se rebiffent. A mesure que l’ennemi perd pied et doit céder du terrain devant l’autorité de la parole de ce Rabbi de Nazareth, il mobilise de plus en plus ses complices « incarnés » et les lance à leur tour dans la bataille. D’ailleurs s’il veut arriver à ses fins il faudra bien qu’il fasse appel à eux pour supprimer ce gêneur.

Notons l’efficacité des manœuvres du dia-bolos. Il vient d’essuyer un sérieux revers : Jésus l’a chassé d’un homme qu’il tenait en son pouvoir. « La foule était dans l’admiration », rassemblée dans une commune action de grâce. Pas pour longtemps : une ombre passe, le doute s’infiltre dans les cœurs, le poison du soupçon fait son œuvre – élémentaire pour un serpent ! – et la division s’installe. Le débat devient même houleux : des voix s’élèvent pour accuser Jésus de complicité avec le chef des démons, d’autres « réclament un signe venant du ciel » ; l’évangéliste précise : « pour le mettre à l’épreuve ». Le Fils de Dieu est convoqué au tribunal des hommes pour avoir arraché un des leurs aux chaînes du Satan. Derrière la scène, c’est le drame du vendredi saint qui se prépare : l’ennemi teste ses troupes, évalue ses chances. L’affaire se présente bien : il aura suffi de quelques suggestions pour que la foule se retourne contre celui qu’elle adulait quelques instants plus tôt. Il est vrai que la manipulation des masses est le terrain de prédilection du Satan, celui où il excelle et où il a fait ses preuves.

« Jésus connaissant leurs intentions » : Notre-Seigneur voit bien qui « tire les ficelles ». Mais il sait que le démon n’a aucun pouvoir sur la liberté de l’homme, sauf si celui-ci le lui concède. Et même dans ce cas, Dieu préserve toujours un espace inaliénable afin que ses enfants puissent revenir vers lui. Jésus va donc essayer de les faire réfléchir afin que leur volonté, éclairée par la vérité, puissent se détourner du mal et reprendre la voie du bien.

L’argumentation en trois points du Seigneur est on ne peut plus classique : elle suit la structure des discussions rabbiniques : un argument de bon sens, une référence à la Tradition et enfin un rappel des Ecritures. Le bon sens élémentaire nous enseigne que si les démons s’expulsaient entre eux, il y a longtemps qu’ils ne nous encombreraient plus : ils se seraient déjà autodétruits ! Hélas, ce n’est pas le cas : l’homme muet que Jésus vient de guérir en expulsant un démon en est la preuve. La Tradition transmettait des prières d’exorcismes qui étaient prononcées au nom du Dieu d’Israël : que les croyants qui les pratiquent soient eux-mêmes juges en cette affaire ! Enfin les Écritures n’annoncent-elles pas que « le doigt de Dieu » accomplirait des prodiges le jour où l’Éternel viendrait instaurer son Royaume ?

Debout, immobile au milieu de la foule agitée, Jésus vient de parler avec calme mais fermeté. Son autorité impose le silence. Portant un regard circulaire sur ces hommes qu’il aime et tente désespérément de rassembler comme un berger qui veut soustraire ses brebis à la menace du loup, il poursuit par une parabole. Le caractère militaire de sa comparaison trahit l’atmosphère de combat qui pèse sur la rencontre. Elevant la voix et articulant distinctement, comme pour être sûr que l’Adversaire – invisible mais bien présent – puisse l’entendre, Jésus prophétise solennellement l’issue du combat sans merci qui vient de percer au grand jour. Certes le démon est sûr de lui : qui pourrait le défier ? Ce qu’il ignore et découvrira bientôt à ses dépends, c’est qu’« un plus fort » s’est levé et est en passe d’intervenir pour triompher de lui et le dépouiller de son pouvoir.

Un instant, la foule a refait son unité autour de Jésus. Puis sournoisement les rumeurs recommencent. Notre-Seigneur sait bien que l’affrontement visible ne fait que commencer, mais d’une voix forte il lance un suprême avertissement, qui traverse toute l’histoire et rejoint chacun de nous au cœur de nos propres combats : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse ! » Que celui qui a des oreilles entendent.

Seigneur Jésus, donne-moi de choisir résolument ton étendard ! Ouvre mes yeux sur mes contradictions internes : toutes ces doubles appartenances qui stérilisent l’action de ta grâce dans ma vie. Je veux “suivre jusqu’au bout la route que tu prescris” (1ère lect.) pour connaître le bonheur de t’entendre dire : “Je suis ton Dieu” (Ibid.). Oui j’ai raidi ma nuque, j’ai prêté l’oreille aux doutes, aux propos qui t’accusaient, te dénigraient ; ma fidélité est vacillante. Mais toi Seigneur, n’es-tu pas le Tout-Puissant, le miséricordieux ? C’est pourquoi j’ose m’avancer devant toi en te rendant grâce pour ta victoire (cf. Ps 94). Je me prosterne devant toi et je t’adore car tu es « mon Seigneur et mon Dieu » (cf. Jn 20, 28). Accepte l’offrande de tout mon être : je la fais avec tout l’amour de mon pauvre cœur.


Abbé Philippe Link / Merci, Philippe!

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Demain

Consécration de la Russie et de l'Ukraine

à la Vierge Immaculée

par le pape François

et tous les évêques du monde entier.

Joignez-vous à nous dès 12 h.

Je donnerai l'adresse du site pour vous joindre

 à la prière universelle de l'église.


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Bonne journée!

Jean-Yves Fortin, diacre.



mercredi 23 mars 2022

« Celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand » / 25 mars: consécration de l'Ukraine et de la Russie à la Vierge Marie... / (381,561)

Bonjour!

Mercredi 23 mars 2022



Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand » (Mt 5, 17-19)

Gloire à toi, Seigneur,
Fils du Dieu vivant !
Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ;
tu as les paroles de la vie éternelle.
Gloire à toi, Seigneur,
Fils du Dieu vivant ! (cf. Jn 6, 63c.68c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Tout « Pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise » : cette insistance de Jésus est une réponse claire aux scribes et pharisiens qui l’accusent d’en prendre et d’en laisser dans les prescriptions de la Loi. Mais Notre-Seigneur ne cautionne pas pour autant l’attitude de ses interlocuteurs : il condamne tout aussi clairement la religiosité formelle et sans âme qu’il leur voit pratiquer, que le relativisme de ceux « qui rejettent un seul de ces plus petits commandements ».

En fait c’est le statut de la Loi que Jésus vient réformer : Notre-Seigneur récuse fermement qu’elle ne soit qu’une compilation de préceptes qu’il suffirait d’observer scrupuleusement pour trouver grâce aux yeux de Dieu. La Torah nous éclaire sur ce qu’il convient de faire et ce qu’il convient d’éviter pour mener une vie droite, conforme au dessein de Dieu sur nous ; bref : une vie pleinement humaine. L’étude attentive des préceptes a pour but de réveiller notre humanité véritable, de nous faire découvrir les exigences de notre cœur profond. Car la Loi n’est pas hétéronome – une Loi (nomos) imposée par un Autre (heteros) : elle ne fait qu’expliciter la loi naturelle inscrite par Dieu lui-même au plus profond de notre être. Mais comme la voix de notre conscience s’est peu à peu enfouie sous les strates épaisses de nos péchés, nous avons du mal à l’entendre et nous avons besoin que Dieu l’explicite pour nous dans la Torah.

Il ne saurait donc être question d’abolir la Loi : ce serait porter atteinte à l’humanité de l’homme. Tout au contraire, Jésus vient « accomplir » la Parole de Dieu consignée dans la Loi et proclamée par les Prophètes, en triomphant de tout ce qui nous empêche de l’entendre et de la mettre en pratique. La Passion de Notre-Seigneur est le combat victorieux qu’il mène en notre nom à tous contre le Prince de ce monde qui nous tient prisonniers de nos égoïsmes et nous empêche de nous ouvrir à une vie authentique, dans la lumière de la charité. Aussi, sentant que son Règne touche à sa fin, le Démon fait-il tout ce qu’il peut pour nous détourner du chemin de l’Evangile. A l’humanité de ce troisième millénaire, il suggère qu’elle se serait enfin libérée des vieux tabous religieux, et pourrait avancer, confiante en ses seules possibilités immanentes, sur le chemin de l’autonomie absolue : « Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » (Gn 3, 6).

Hélas, nous avons tous pu constater que lorsque nous nous livrons aux dynamismes spontanés de notre nature, le poids de la chair nous entraîne inexorablement vers le bas – il suffit pour s’en convaincre, de constater l’évolution des mœurs dans notre société. La négation de la triste réalité du péché est un double mensonge : un refus de voir la destruction objective à laquelle il conduit ; et le refus d’entendre la voix de notre conscience, qui nous reproche notre obstination dans le mensonge. Celui qui prétend pouvoir se passer de la loi divine en matière morale (et religieuse) parle sous l’emprise de l’orgueil ; il a rompu le lien de filiation et erre dans les ténèbres d’une vie-sans-Dieu.

A l’inverse, l’attitude pharisaïque – qui prétend mériter le salut au prix d’une observance formelle du moindre précepte – n’est guère plus édifiante, car elle trahit la logique de l’amour en remplaçant la réciprocité du don et de l’accueil, par un marchandage débouchant sur l’exigence d’un dû. Nous pourrions dire que cette pseudo-filiation constitue le péché du fils aîné de la parabole du Père prodigue (Lc 15), alors que la prétention à disposer à son gré de la Loi illustre la transgression du fils cadet.

L’attitude juste que suggère Jésus tout au long de l’Evangile consiste à recevoir « la Loi et les Prophètes » comme la Parole d’un Père qui nous appelle à lui en ayant soin d’éclairer le chemin sur lequel nous pouvons avancer en toute sécurité. Vu sous cet angle, la Thora est un don précieux, « une lampe sur nos pas, une lumière sur notre route », que nous sommes invités à recevoir avec gratitude. C’est en l’accueillant comme la Parole de notre Père, et en nous penchant sur elle avec amour pour l’observer et la garder, que nous lui signifions notre volonté d’être ses fils.

Seigneur, ne permet pas que nous nous laissions séduire par l’amoralisme ambiant ; mais enseigne-nous à “garder et à mettre en pratique fidèlement les commandements et les décrets que tu nous a donnés. Qu’ils soient notre sagesse et notre intelligence” (1ère lect.) aux yeux des hommes de notre temps, afin qu’en voyant les fruits de sainteté qu’ils produisent en nous, eux aussi puissent “glorifier le Seigneur” (Ps 147) en devenant ses fils bien-aimés.


Abbé Philippe Link / merci!

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Le 25 mars prochain,

 le pape François et tous les évêques du monde entier 

consacreront L'Ukraine et la Russie 

à la Vierge Marie de Fatima. 

Unissons-nous à eux.

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Prions saint Joseph

pour faveur obtenue.

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Prions pour nos vocations...

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 22 mars 2022

« C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère » / "Toi qui cherches le Royaume" (prière des Heures)... (381,115)

 Bonjour!

Mardi 22 mars 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère » (Mt 18, 21-35)

Gloire à toi, Seigneur,
honneur, puissance et majesté !
Maintenant, dit le Seigneur,
revenez à moi de tout votre cœur,
car je suis tendre et miséricordieux.
Gloire à toi, Seigneur,
honneur, puissance et majesté ! (cf. Jl 2, 12b-13c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.”
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
“Rembourse ta dette !”
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.”
Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison
jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
“Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire..

« ‘Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ?’ Jésus lui répondit : ‘Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois’. » La symbolique des chiffres utilisés ici nous renvoie à un passage du livre de la Genèse où nous entendons Lamek qui s’exprime ainsi devant ses femmes Ada et Cilla : « J’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. C’est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, soixante-dix sept fois » (Gn 4, 23-24). Avec Lamek, nous sommes confrontés à la réaction première de tout homme face au mal qui lui est infligé : la vengeance, qui ne peut prendre que des proportions démesurées.

Un peu plus loin, dans le livre de l’Exode, la loi du talion voudra limiter le déchaînement de la passion vengeresse de l’homme et mesurer la juste compensation d’une offense : « Vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, meurtrissure pour meurtrissure, plaie pour plaie. » (Ex 21, 24-25). Un œil (et non pas deux !) pour un œil ; une dent (et non pas la mâchoire !) pour une dent abîmée…

Notre Seigneur Jésus Christ va aller bien au-delà de l’imposition d’un châtiment égal au dommage causé. En réponse à l’offense, il va appeler à pardonner et ce indéfiniment. Pour expliciter son commandement, il donne une parabole dont la mise en scène a pour but de mettre en pleine lumière la démesure de la miséricorde dont fait preuve le roi, qui accorde bien plus que ce que lui demandait son débiteur. En effet, « ému jusqu’aux entrailles », nous dit l’évangéliste, le roi devenu le « maître », non seulement « laisse partir » son serviteur, c’est-à-dire renonce à le vendre, mais il lui remet sa dette infinie (Dix mille talents, soit soixante millions de deniers qui auraient correspondu, à l’époque de Jésus, à soixante millions de journées de travail).

Quel contraste entre l’attitude du maître vis-à-vis de ce serviteur et celle de ce dernier envers son compagnon endetté, d’autant plus que celui-ci ne lui doit qu’une somme insignifiante (six cent mille fois moins) en comparaison de celle dont il vient lui-même d’être acquitté ! Le serviteur semble avoir complètement oublié la gratuité du don de la miséricorde dont il a bénéficié. Qu’il n’ait même pas songé à remercier son maître après la remise de sa dette en témoigne. Nous touchons ici la fine pointe de l’enseignement de notre Seigneur.

Au contraire de ce serviteur, garder présent à notre conscience la gratuité du don du salut dont le Père nous a fait bénéficier en son Fils Jésus-Christ devrait nous conduire à une attitude de miséricorde inconditionnelle envers nos frères humains, qu’elle que soit leur dette envers nous. Comme le disait Saint Jean-Paul II : « Le pardon est avant tout un choix personnel, une option du cœur qui va contre l’instinct spontané de rendre le mal pour le mal. Cette option trouve son élément de comparaison dans l’amour de Dieu, qui nous accueille malgré nos péchés, et son modèle suprême est le pardon du Christ qui a prié ainsi sur la Croix: ‘Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font’ (Lc 23, 34) » (Message pour la Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2002).

Seigneur, aide-nous à nous engager sur ce chemin de la miséricorde. Puissions-nous recevoir chacune des offenses qui nous sont faites comme autant d’occasions de témoigner par notre pardon de quel amour tu nous as aimé, de quelle dette tu nous as acquittés et de quelle liberté nous jouissons désormais.


Abbé Philippe Link. Merci!

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De la Liturgie des heures de ce jour:

«Toi qui cherches le Royaume, écoute:

l'amour, voilà le Royaume;

il est promesse de vie,

appel de liberté,

il est présence de l'éternité

au cœur du temps.


Comment reconnaître un frère, une sœur

dans la personne blessée, à l'écart de la route,

si tu ne viens éclairer notre regard?


Comment prendre en charge notre frère, notre sœur

si tu ne viens d'abord

panser nos plaies?»

Dieu, Tu es bon, loué sois-tu, gloire à Toi!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 20 mars 2022

Jésus, comme Élie et Élisée, n’est pas envoyé qu’aux seuls Juifs. / Deux commentaires... / Consécration à la Vierge Marie de l'Ukaine et de la Russie... / (381,068)

 Bonjour!

Lundi 21 mars 2022



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

Jésus, comme Élie et Élisée, n’est pas envoyé qu’aux seuls Juifs (Lc 4, 24-30)

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
    Gloire à toi, Seigneur.
J’espère le Seigneur, et j’attends sa parole
près du Seigneur est l’amour, l’abondance du rachat.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
     Gloire à toi, Seigneur. (Ps 129, 5.7)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Dans la synagogue de Nazareth,
Jésus déclara :
« Amen, je vous le dis :
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis :
Au temps du prophète Élie,
lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie,
et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre,
il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles,
mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon,
chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée,
il y avait beaucoup de lépreux en Israël ;
et aucun d’eux n’a été purifié,
mais bien Naaman le Syrien. »

À ces mots, dans la synagogue,
tous devinrent furieux.
Ils se levèrent,
poussèrent Jésus hors de la ville,
et le menèrent jusqu’à un escarpement
de la colline où leur ville est construite,
pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux,
allait son chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays » : Jésus a perçu les pensées de ses concitoyens. Mais, il ne s’arrête pas à ce constat. Il va mettre en évidence la racine de leur refus de reconnaître en lui le prophète ultime annoncé en Isaïe 61. Pour ce faire, il va répondre à leur revendication d’un signe attestant sa messianité en reprenant deux épisodes de l’Ancien Testament : celui d’Elie et de la veuve de Sarepta et celui d’Elysée et de Naaman le Syrien (cf. Première lecture de ce jour).

Ces récits présentent deux grands prophètes d’Israël, Elie et Elysée, à un moment où ils sont envoyés par le Seigneur porter soulagement et guérison à des païens. En fait, ces deux passages de l’Ecriture révèlent à Israël sa véritable mission : rappeler aux nations l’amour gratuit de Dieu pour tous. Israël doit être signe pour tous les peuples « étrangers » de la générosité et de la grandeur du Seigneur, signe qui les amènera à s’attacher, comme Naaman, à l’unique vrai Dieu. En Jésus, cette vocation universelle de l’élection d’Israël est portée à son accomplissement. En lui, Dieu se révèle à tout homme comme son Seigneur et son Sauveur.

Mais lorsque Jésus évoque ces épisodes relatifs à Elie et Elysée, saint Luc nous dit que « dans la synagogue, tous devinrent furieux. » Les juifs de Nazareth n’ont donc pas compris que le fait d’avoir été choisis par Dieu ne devait en rien les couper des autres nations, bien au contraire… En fait, ils se sont refermés sur leur élection c’est-à-dire sur eux-mêmes : Dieu nous a choisis, nous et personne d’autre. Ce Dieu est le nôtre, nous le connaissons bien, tellement bien que nous l’avons réduit à ce que nous avons pu saisir un tant soit peu de lui. Ce qui peut-être nous dépasse – sa révélation aux païens par exemple – nous l’avons exclu. En fait, nous nous sommes fait notre Dieu. 

Et c’est vrai que cela est tellement facile lorsque l’on croit avoir mérité peut-être son élection. On s’approprie tellement cette élection qu’à travers elle on s’approprie celui qui en est à l’origine. Mais au fond, n’est-ce pas là aussi parfois notre attitude vis à vis du Seigneur Jésus ? Cela vaut sans doute la peine de nous interroger.

En ce temps de carême, le Seigneur veut faire de nous les porteurs de la Bonne Nouvelle de son Amour et de sa Réconciliation auprès de ceux qui sont le plus éloignés de lui. Il veut ouvrir nos cœurs aux dimensions du sien.

Cette « opération », à cause de notre péché qui nous replie sur nous-mêmes, provoquera en nous sûrement des combats, des luttes violentes où Dieu pourra peut-être se trouver pris à partie.

Mais dans l’évangile, Jésus nous laisse déjà entrevoir sa victoire. Ils passent sans crainte au milieu de nos égoïsmes. Il trace un sillon au milieu de nos cœurs. Il ouvre une brèche au cœur de tous nos repliements narcissiques. A travers cette ouverture nous percevons au loin une colline : le Golgotha. En son sommet, la Croix : l’ultime déchirure qui ouvre les portes du ciel et donne accès à la vie éternelle. Il nous faudra mourir à nous-mêmes pour renaître à la vie. Alors nos cœurs pourront rayonner de l’Amour que Dieu porte à tout homme.

Que le Seigneur nous conduise durant ce carême sur ce chemin de conversion pour que chaque matin de notre vie puisse devenir une aube pascale qui célèbre et annonce le salut de Dieu apporté à tout homme. Comment pourrions-nous retenir pour nous-mêmes le don que le Père nous a fait en son Fils bien-aimé ?


Abbé Philippe Link / Merci!

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J'inscris aussi ce commentaire 
d'un prêtre canadien de l'Ontario: 

Commentaire:

Abbé Higinio Rafael ROSOLEN IVE (Cobourg, Ontario, Canada)

«Aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie»

A

ujourd'hui, dans l'Évangile, Jésus nous dit "qu'aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie" (Lc 4,24). En utilisant ce proverbe, Jésus se présente comme un prophète.

Le "prophète", c'est celui qui parle au nom de quelqu'un autre, qui apporte le message de quelqu'un d'autre. Chez les hébreux, les prophètes étaient des hommes envoyés par Dieu pour annoncer, soit avec des paroles, soit avec des signes, la venue du Messie, le message du salut, de la paix et de l'espérance.

Jésus est le prophète par excellence, le Sauveur attendu ; toutes les prophéties s'accomplissent avec Lui. Mais, comme à l'époque d'Elie et d'Elisée, Jésus n'est pas "bien reçu" parmi les siens, puisque ce sont eux qui, pleins de colère, "l'ont jeté hors de la ville" (L 4,29).

Du fait de notre baptême, chacun de nous est aussi appelé à devenir prophète : C'est pour cela que :

1° Nous devons annoncer la Bonne Nouvelle. Pour ce faire, comme le dit le Pape François, nous devons écouter la Parole avec une ouverture sincère, la laisser toucher notre propre vie, nous réclamer, nous exhorter, nous mobiliser, car si nous ne consacrons pas du temps à cette Parole pour prier, alors nous serons un "faux prophète", un "escroc", un "charlatan qui sonne creux".

2° Vivre l'Évangile. Le Pape François dit à nouveau "on ne nous demande pas d'être immaculés, mais d'être toujours en progrès, de vivre le désir profond de grandir sur le chemin de l'Évangile et de ne pas baisser les bras". Il est indispensable d'avoir la certitude que Dieu nous aime, que Jésus nous a sauvés, que son amour durera toujours.

3° En tant que disciples de Jésus, nous devons être conscients que de même que Jésus a connu le rejet, la colère, a été chassé, cela se profile aussi à l'horizon de notre vie quotidienne.

Que Marie, Reine des prophètes, nous guide sur notre chemin.
Merci!

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Puisque le Seigneur est bon, et encore davantage bon pour ceux qui lui sont fidèles, embrassons-le, soyons à ses côtés de toute notre âme, de tout notre cœur » (Saint Ambroise)

  • « Un enfant ! Une étable ! Donc, les choses simples, l’humilité de Dieu : c’est le style divin, jamais le spectacle. Cela nous fera du bien lors de ce Carême de penser à la façon dont Dieu nous a aidés dans notre vie, comme le Seigneur nous a soutenus, et nous constaterons qu’il l’a toujours fait avec des choses simples » (François)

  • « Jésus-Christ est celui que le Père a oint de l’Esprit Saint et qu’il a constitué “Prêtre”, Prophète et Roi”. Le peuple de Dieu tout entier participe à ces trois fonctions du Christ » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 783)

Merci à saint Joseph pour une faveur obtenue.

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Consécration de l'Ukraine et de la Russie à la Vierge Marie...

(Prière du pape François)

Dieu de paix et de justice,

aujourd’hui, nous prions pour les peuples souffrants de l’Ukraine et de la Russie.

Nous prions pour la paix et le dépôt des armes.

Nous prions pour tous ceux et celles qui craignent le lendemain,

afin que ton Esprit s’approche d’eux et les console.

Nous prions pour les personnes qui ont le pouvoir sur la guerre ou la paix,

afin que leurs décisions soient guidées par la sagesse, le discernement et la compassion. 

Avant tout, nous prions pour tous tes enfants bien-aimés, vivant dans le risque et dans la peur, pour que tu les soutiennes et les protèges. 

Nous prions au nom de Jésus, le Prince de la paix. 

Amen. 

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Bonne journée!

Jean-Yves 

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même » / (381,039)

Bonjour!

Dimanche 20 mars 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 



ÉVANGILE

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même » (Lc 13, 1-9)

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
Convertissez-vous, dit le Seigneur,
car le royaume des Cieux est tout proche.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. (Mt 4, 17)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens
que Pilate avait fait massacrer,
mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
    Jésus leur répondit :
« Pensez-vous que ces Galiléens
étaient de plus grands pécheurs
que tous les autres Galiléens,
pour avoir subi un tel sort ?
    Eh bien, je vous dis : pas du tout !
Mais si vous ne vous convertissez pas,
vous périrez tous de même.
    Et ces dix-huit personnes
tuées par la chute de la tour de Siloé,
pensez-vous qu’elles étaient plus coupables
que tous les autres habitants de Jérusalem ?
    Eh bien, je vous dis : pas du tout !
Mais si vous ne vous convertissez pas,
vous périrez tous de même. »
    Jésus disait encore cette parabole :
« Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne.
Il vint chercher du fruit sur ce figuier,
et n’en trouva pas.
    Il dit alors à son vigneron :
‘Voilà trois ans que je viens
chercher du fruit sur ce figuier,
et je n’en trouve pas.
Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?’
    Mais le vigneron lui répondit :
‘Maître, laisse-le encore cette année,
le temps que je bêche autour
pour y mettre du fumier.
    Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir.
Sinon, tu le couperas.’ »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le Christ – dont l’Évangile de Luc est le seul à nous rapporter ces propos – aborde aujourd’hui un des problèmes qui est parmi les plus difficiles à vivre et même à comprendre : le problème du mal et du malheur. Drame de l’oppression ici, qui se solde par des meurtres ; drame des catastrophes là, qui se chiffrent en victimes.

La Bible elle-même, comme à travers les livres de Job ou des psaumes, y revient sans cesse, sans parvenir pour autant à y donner une réponse adéquate et satisfaisante.
Car le mal est finalement inintelligible.
Paul va même jusqu’à parler du mystère de l’iniquité (2 Th 2,7).

En face de cela, le Christ ne cherche pas à éviter la réalité scandaleuse des faits.
À ceux qui évoquent devant lui le massacre des Galiléens par Pilate (Lc 13,1), il rappelle aussi la chute de la tour de Siloé.
Jésus ne se voile pas les yeux en face des épreuves de notre existence : il s’en fait même profondément solidaire, acceptant, le premier, de devenir, un jour, lui, le Galiléen, la victime de Pilate (Mc 15,15) et le crucifié de Jérusalem (Lc 13,33).

Il ne se contente pas non plus de proposer une explication théologique, une consolation spirituelle à ce drame du mal dont, chaque jour, nous percevons l’écho et dont nous subissons à quelque titre les conséquences.
Il va jusqu’à nous dire où est la cause de tout mal et le moyen le plus vrai pour le dépasser et pouvoir le supporter. Et c’est en ce sens que l’évangile de ce jour devient pour nous, au milieu de tous nos brouillards, une source d’espérance et de lumière.

Dieu ne provoque jamais le mal. Dieu est Dieu !
En lui est la Vie, l’Amour, la Beauté, la Paix.
Si Dieu est Dieu, il est, par définition, la Source de tout ce qu’il y a dans l’univers de beau, de bon, de vrai, de vivant, de joyeux.
Tout ce qui est donc à l’opposé de ce qu’il est
– la tristesse, la laideur, discorde, la souffrance, la mort – non seulement ne peut venir de lui, mais encore est refusé par lui.
Le Christ a combattu le mal jusqu’à le prendre sur lui et le clouer avec lui sur la croix, au point d’être devenu lui-même malédiction pour nous, comme ose l’écrire l’apôtre Paul (Ga 3,13).

Dieu, lui-même, le premier, souffre de ce mal, souffre pour tout ce mal ! Comme un père, comme une mère, comme un frère, comme un époux, comme un ami, il souffre en son amour de nous voir nous-mêmes nous enfoncer vers les conséquences de notre propre refus.
Ce Dieu qui avertit, supplie, menace, pleure, tonne, soupire, crie, c’est un Dieu d’amour qui parle aux hommes comme un homme pour en être enfin entendu, compris, aimé (Ex 34,6 ; Jn 3,16 ; 15,9 ; 1 Jn 4,8). Et pour que ses fils, ainsi avertis éclairés, enseignés (Jn 6,45), soient vraiment et enfin libérés et sauvés !
Et qu’ils ne restent pas plantés là, comme un figuier stérile, mais comme un arbre bon qui donne de bons fruits (Lc 13,6-9).
Au cœur de ce temps de grâce du Carême, voici que le Christ s’approche de chacun de nous et nous demande :
Qu’y a-t-il sur l’arbre de ta vie ?
Et devant chacun de nous, le Maître et le Vigneron, c’est-à-dire le Père et le Fils, dans la lumière de l’Esprit, s’interrogent et mutuellement, dans leur tendresse, intercèdent pour nous : Laisse-le cette année encore, le temps que je creuse autour (Lc 13,8).
Peut-être au cours de ce carême se convertira-t-il un peu ?
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir (13,9).

Si nous savions la joie de Dieu,
Jésus va même jusqu’à dire : la gloire de mon Père (Jn 15,8), quand il peut contempler de bons fruits produits par l’arbre de notre vie !

Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de toi ; tu nous as dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage ; écoute l’aveu de notre faiblesse: nous avons conscience de nos fautes : patiemment relève-nous avec amour.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bon dimanche!

Jean-Yves 

vendredi 18 mars 2022

« Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » / (341,010)

 Bonjour!

Samedi 19 mars 2022

Fête de Saint Joseph



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » (Lc 2, 41-51a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem
pour la fête de la Pâque.
          Quand il eut douze ans,
ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
          À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient,
le jeune Jésus resta à Jérusalem
à l’insu de ses parents.
          Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins,
ils firent une journée de chemin
avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
          Ne le trouvant pas,
ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.

          C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple,
assis au milieu des docteurs de la Loi :
il les écoutait et leur posait des questions,
          et tous ceux qui l’entendaient
s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
          En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement,
et sa mère lui dit :
« Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?
Vois comme ton père et moi,
nous avons souffert en te cherchant ! »
          Il leur dit :
« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ?
Ne saviez-vous pas
qu’il me faut être chez mon Père ? »
          Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
          Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth,
et il leur était soumis.

          – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

L’Évangile est particulièrement discret sur Saint Joseph, mais il y a néanmoins quelques péricopes qui parlent de lui et qui décrivent sa participation à l’économie de l’incarnation rédemptrice. Pourtant, le passage que nous propose la liturgie de ce jour de sa fête, fait à peine allusion à sa présence aux côtés de Marie. Saint Luc parle à plusieurs reprises des « parents » de Jésus, incluant donc implicitement Saint Joseph, mais il ne le désigne jamais par son nom propre. Son action – ou plutôt sa passion – semble se confondre avec celle de Marie, dont il partage l’angoisse : « Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! » Les récits de l’enfance du troisième Évangile se structurent autour du binôme Marie-Jésus, la mère et l’enfant, tandis que Saint Joseph s’efface discrètement, se contentant d’offrir le cadre de vie dans lequel le mystère de la venue de Dieu parmi les hommes pourra se déployer.

Cette présentation n’a évidemment par pour but de minimiser la place de Saint Joseph, mais elle cherche plutôt à nous faire découvrir sa manière propre d’agir. Sa vie est mystère d’effacement ; et par le fait même, il nous invite à nous effacer à notre tour, pour laisser toute la place à celui qui a daigné venir nous visiter sous les humbles apparences d’un enfant. Le silence si éloquent de Saint Joseph n’est pas celui de l’indifférence mais de la contemplation : celui qui fut donné pour père au Fils de Dieu s’est mis silencieusement à l’école de la Sagesse incarnée qui grandissait sous ses yeux ; et lorsque les événements le déconcertent, loin de reprendre l’initiative, il attend patiemment que Dieu lui fasse signe ou que le voile se lève et que surgisse la lumière.

C’est bien ce qui se passe dans le passage du recouvrement de l’enfant au Temple, au milieu des docteurs qui « s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses ». Certes Saint Joseph tout comme Marie, a souffert de la disparition de Jésus ; comme elle il a été surpris de voir son enfant, apparemment insouciant, au milieu des docteurs. Mais il n’intervient pas impulsivement comme nous l’aurions fait : il attend de découvrir la raison cachée de ce comportement inattendu. En bon juif, il sait que Dieu parle dans les événements ; or cet enfant est la Parole de Dieu venue dans la chair ; elle parle donc non seulement par ce qu’elle dit, mais par tout ce qu’elle fait.

Comme nous aimerions découvrir le regard échangé entre Jésus et son papa à ce moment qui marque la fin de l’enfance du Fils de Joseph et son entrée dans la vie adulte. Non, la parole de Jésus : « C’est chez mon Père que je dois être » n’est pas un démenti de la paternité de Joseph, bien au contraire ! Par ces quelques mots Jésus atteste que Joseph a su le conduire jusqu’au seuil du mystère de sa Personne divine, enfouie dans la pâte humaine reçue de la Vierge Marie. C’est sous la conduite patiente, attentive, aimante, vigilante de Joseph, que Jésus « a grandi en sagesse et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes » (Lc 2, 52). Telle est sans aucun doute la plus grande gloire de Saint Joseph : il a été à tel point le miroir de la paternité divine, qu’il a permis à Jésus de découvrir qui est son véritable Père. Ou pour le dire autrement : c’est dans le face à face avec Joseph, que le Verbe incarné a pris humainement conscience de sa filiation divine.

Joseph a exercé sa paternité en s’effaçant, en se retirant ; et c’est dans ce retrait même, il a révélé le Père des cieux. Aussi est-ce à juste titre que Jésus l’appelait durant les années d’enfance de ce nom de « Abba » par lequel il désignera par la suite son Père des cieux. Voilà pourquoi après Marie, Saint Joseph est le plus grand parmi les saints du ciel, lui qui fut l’ombre du Père éternel. Nul doute que ce ministère de paternité qu’il a exercé en faveur du Christ, Saint Joseph continue de l’assurer en faveur des membres de son Corps, c’est-à-dire de tous ceux qui, par le baptême et par la foi, sont « nés d’eau et d’Esprit » (Jn 3, 5). Chacun de nous est ainsi confié à la paternité bienveillante de celui qui est chargé de nous conduire jour après jour jusqu’à la pleine conscience de notre filiation adoptive dans le Christ. Puissions-nous consentir à ce ministère et accueillir avec reconnaissance l’autorité de saint Joseph, lui demeurant joyeusement soumis, comme Jésus nous en donne l’exemple.

Seigneur Jésus, c’est dès le premier moment de ta conception que tu es pour nous “le chemin, la vérité et la vie” (Jn 14, 6). Ce n’est donc pas seulement durant ta vie publique que je suis appelé à te suivre, mais dès ta plus tendre enfance ! Accueille-moi auprès de toi à Nazareth entre Marie et Joseph, et enseigne-moi à ton école, comment entrer dans l’humble soumission à ceux que tu me donnes comme parents dans l’ordre de la grâce.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves