jeudi 23 juin 2022

« Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue » / Gardiens de la Miséricorde: les chrétiens... / (387,195)

 Bonjour!

Vendredi 24 juin 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue » (Lc 15, 3-7)

Alléluia. Alléluia.
Je suis le bon Pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    s’adressant aux pharisiens et aux scribes,
    Jésus disait cette parabole :
    « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
    Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
    et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !’
    Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Notre-Seigneur propose une parabole qui s’inscrit dans le quotidien de ses auditeurs. La Galilée est un pays d’élevage ; le berger et son troupeau de brebis et de chèvres font partie de la vie de tous les jours. Dans la droite ligne de la tradition prophétique, Jésus souligne le souci de cet homme pour les animaux qui sont confiés à sa garde. La joie débordante dont il fait preuve lorsqu’il retrouve la brebis égarée, prouve que ce n’est pas l’appât du gain qui le motive, ni un souci scrupuleux de l’intégrité de son troupeau, mais l’attachement affectif à cet animal faible et sans défense, qui se trouve exposé, seul, aux dangers de la montagne. Quand enfin, et au prix de quels efforts, il a retrouvé sa brebis, qui gît au bord du chemin, épuisée à force de courir en tous sens, il lui parle doucement pour ne pas l’effrayer, la prend avec tendresse dans ses bras, et la hisse, triomphant, sur ses épaules. 

La joie du berger est telle qu’il ne peut la contenir : fille de l’amour, la vraie joie tend elle aussi à se répandre, à se communiquer, à se partager : « Réjouissez-vous avec moi ! » Le berger a-t-il pour autant oublié les quatre-vingt dix neuf brebis qu’il avait laissées derrière lui pour partir à la recherche de l’égarée ? Non bien sûr, puisque c’est pour qu’elle puisse reprendre sa place au milieu de ses sœurs qu’il s’est donné tant de mal. Aussi est-ce autour du troupeau reconstitué que les autres bergers viennent se réjouir avec leur confrère.

Un esprit chagrin pourrait objecter que cette joie n’est nullement justifiée, puisqu’au terme de l’histoire aucun gain n’a été réalisé ; tout au plus le berger est-il rentré dans son bien. Certes, mais la joie du berger ne porte pas sur son capital reconstitué, mais sur la vie de sa brebis, qui était perdue et qui est sauvée. Ce froid calcul intellectuel ne correspond pas à l’attitude d’un cœur affectueux : c’est parce que l’amour tend à la communion, que la joie éclate à la mesure même de la menace enfin écartée, qui pesait sur l’être aimé. 

Or si nous, mauvais comme nous le sommes, nous nous réjouissons légitimement pour un pauvre quadrupède voué à l’abattoir, comment Dieu n’éprouverait-il pas une joie bien plus débordante encore lorsqu’il peut ramener sur ses épaules de miséricorde, le pécheur qui s’est laissé retrouver après s’être égaré loin de lui ? Certes chacune des quatre-vingt dix neuf brebis fait la joie du berger, et pour chacune d’elles il se donnerait tout autant de mal, si par malheur elle venait à s’égarer. Le « davantage » de la joie n’est pas dû à une préférence qui pourrait être traduite par les autres comme une injustice et susciter la jalousie. C’est tout simplement le langage de l’amour qui aime chacune des brebis d’un amour unique et donc préférentiel, sans qu’aucune de ses compagnes ne soit lésée. D’ailleurs, si les brebis appartiennent vraiment au troupeau, non seulement elles se réjouiront de la joie de leur berger, mais elles se réjouiront tout autant du retour parmi elles de leur sœur, dont la disparition les avait angoissées.

A vrai dire la parabole proposée par Jésus ne recouvre qu’en partie la situation qu’elle veut éclairer. Car ce n’est pas une brebis égarée que Notre-Seigneur ramène au bercail, mais une multitude de publicains et pécheurs, le vaste troupeau de tous les « païens », qui tout au long de l’histoire se convertissent à sa Parole et se mettent à sa suite : « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix ; il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn 10, 16). C’est bien ce qu’annonçait Dieu par la voix de son prophète : « Je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d’obscurité. Je les ferai sortir des pays étrangers, je les rassemblerai, et je les mènerai sur les hauteurs. Là elles reposeront » (1ère lect.).

Cette prophétie s’est réalisée pour nous lorsque Jésus est venu « rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52) ; lui le Juste, « est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs. A plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par la vie de Jésus ressuscité » (2nd lect.). Telle est « la preuve irréfutable que Dieu nous aime » : alors que « nous étions encore ses ennemis », le Christ nous a manifesté le plus grand amour en mourant pour nous sur la Croix, afin de nous réconcilier avec son Père (cf. 2ème lect.) et faire de nous des fils adoptifs.

Le Pape Benoît XVI soulignait que « Ce mystère de l’amour de Dieu pour nous ne constitue pas seulement le contenu du culte et de la dévotion au Cœur de Jésus : il est, de la même manière, le contenu de toute vraie spiritualité et dévotion chrétiennes. Il est donc important de souligner que le fondement de cette dévotion est aussi ancien que le christianisme lui-même. En effet, être chrétien n’est possible qu’avec le regard tourné vers la Croix de notre Rédempteur, “vers celui qu’ils ont transpercé” (Jn 19, 37 ; cf. Za 12, 10). Le regard fixé sur “le côté transpercé par la lance”, dans lequel resplendit la volonté de salut sans limites de la part de Dieu, ne peut donc être considéré comme une forme passagère de culte et de dévotion : l’adoration de l’amour de Dieu, qui a trouvé dans le symbole du “cœur transpercé” son expression historique et dévotionnelle, demeure essentielle pour un rapport vivant avec Dieu.  

Seigneur, tu brûles du désir d’être aimé, et celui qui se met en harmonie avec les sentiments de ton cœur apprend à être le constructeur de la nouvelle civilisation de l’amour. Un simple acte de confiance suffit à briser la barrière de l’obscurité et de la tristesse, du doute et du désespoir. Les rayons de ta miséricorde divine redonnent l’espérance de façon particulière à celui qui se sent écrasé par le poids du péché. Aussi voulons-nous répéter, en fixant notre humble regard sur ton divin visage : “Jésus, j’ai confiance en Toi”. Aujourd’hui et à jamais. Amen (Jean-Paul II).


Abbé Philippe Link / Merci!

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- Comme chrétiens, soyons les gardiens de la Miséricorde comme le Christ est gardien de la brebis perdue qu'il a retrouvée.

Bonne journée!

Jean-Yves 


Bonne fête à tous les Québécois!


mercredi 22 juin 2022

« Son nom est Jean » / (387,157)

Bonjour!

Jeudi 23 juin 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Son nom est Jean » (Lc 1, 57-66.80)

Alléluia. Alléluia.
Toi, petit enfant,
tu seras appelé prophète du Très-Haut :
tu marcheras devant, en présence du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins.
Alléluia. (Lc 1, 76)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent
que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant.
Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.
Mais sa mère prit la parole et déclara :
« Non, il s’appellera Jean. »
On lui dit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père
comment il voulait l’appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Jean est son nom. »
Et tout le monde en fut étonné.
À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage
et, dans toute la région montagneuse de Judée,
on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient
les conservaient dans leur cœur et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.

L’enfant grandissait
et son esprit se fortifiait.
Il alla vivre au désert
jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Six mois d’intervalle, entre le 24 décembre et le 24 juin (le 23 juin cette année, à cause de la fête du Sacré Cœur demain), nous fêtons la nativité de Jésus et de Jean, que l’on nommera le Baptiste. En effet, lorsque l’ange annonça la naissance du Christ à Marie, il lui dit qu’Elisabeth, sa parente, était au sixième mois de sa grossesse. Jean-Baptiste devait donc naître six mois avant Jésus et la chronologie était ainsi respectée – la date du 24 au lieu du 25 juin est due à la manière dont calculaient les anciens, non en jours mais en calendes. La question est liturgique et non historique, évidemment. Peu nous importe quand Jean est né, ce qui compte est qu’il soit né.

Cette place dans le cycle de l’année est en effet tout à fait exceptionnelle. Habituellement, la fête des saints est célébrée au jour de leur entrée dans la vie éternelle. Voici que Jean Baptiste fait exception, il partage le privilège, avec Jésus et Marie, de voir sa nativité fêtée. La raison en est donnée par l’évangile de la Visitation : Jean fut sanctifié dès le sein de sa mère. La première lecture de ce jour nous explique que cette naissance fait partie de la réalisation des prophéties : « J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom ». Mais le fait liturgique en lui-même ne peut qu’éblouir : Jésus est l’enfant divin, Marie est l’Immaculée Conception. Jean n’est qu’un homme. Il tient sa grandeur d’avoir su se faire et demeurer, dès le sein de sa mère, petit. Celui que l’on célèbre à l’heure où les jours commencent à diminuer, de lui-même et depuis toujours, a su s’abaisser. Au point que Jean prétend n’être même pas digne de dénouer la sandale du Seigneur. Il n’est rien d’autre que la voix qui annonce la venue du sauveur, une voix qui porte loin parce qu’elle n’est étouffée par aucun orgueil 

L’évangile précise que l’attribution de son nom est elle aussi exceptionnelle. Elle vient de Dieu, par son ange. Il dit ainsi l’identité spirituelle et la mission ; or le nom de Jean signifie « Dieu fait grâce ». Zacharie – dont le nom signifie « Dieu se souvient » – est toujours privé de la parole ; il doit mettre par écrit, il doit accomplir l’acte de foi d’accueillir la grâce qui vient avec cet enfant. Alors il peut entonner son action de grâce, son benedictus ; « à l’instant même sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu ».

« Et tout le monde en fut étonné ». Le mot grec qui dit cet étonnement est très fort. Il s’agit d’un émerveillement. On le retrouve dans l’évangile, par exemple, au moment de l’épisode de la tempête apaisée. Ainsi, la liturgie et les lectures bibliques nous invitent à nous émerveiller de la grâce que le Seigneur donne en Jean-Baptiste. Il est important pour nous de retrouver l’écoute du cœur qui permet à la Parole de Dieu de révéler la bénédiction de Dieu dans toute sa vigueur. Car saint Jean-Baptiste n’est pas seulement un sujet d’admiration, il est aussi un modèle dans la vie chrétienne ! L’ascèse qui l’a poussé au désert n’est sans doute pas l’appel de tout chrétien, mais l’exigence de fidélité à la grâce de Dieu l’est. Et, dans un monde qui oublie les chemins de la vie, il est important que, à la suite de Jean-Baptiste, nous sachions désigner prophétiquement la présence de l’Agneau de Dieu parmi nous 

Seigneur Jésus, donne-nous d’entrer dans la joie de tous les anges et de tous les saints, dans l’allégresse de la cour céleste, qui s’unit avec tous les croyants au Benedictus de Zacharie. Fais-nous éprouver dans son intensité l’émerveillement de ceux qui reconnaissent et accueillent la grâce que tu fais, pour que nous sachions en révéler la présence et la beauté à tous nos frères les hommes.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « "Je suis la voix qui crie dans le désert". Jean était la voix ; mais le Seigneur était la Parole qui existait depuis le commencement. Jean était une voix passagère, Le Christ la Parole éternelle depuis le commencement (Saint Augustin)

  • « Combien de personnes paient cher le prix de l’engagement pour la vérité ! Combien d’hommes intègres préfèrent aller à contre-courant, tant qu’ils ne renient pas la voix de la conscience, la voix de la vérité ! » (François)

  • « Saint Jean le Baptiste est le précurseur immédiat du Seigneur, envoyé pour Lui préparer le chemin. "Prophète du Très-Haut" (Lc 1,76), il dépasse tous les prophètes, il en est le dernier, il inaugure l’Évangile. Il salue la venue du Christ dès le sein de sa mère et il trouve sa joie à être "l’ami de l’époux" (Jn 3,29) qu’il désigne comme "l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde" (Jn 1,29). Précédant Jésus "avec l’esprit et la puissance d’Elie" (Lc 1,17), Il Lui rend témoignage par sa prédication, son baptême de conversion et finalement son martyre » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 523)


Bonne journée!

Jean-Yves 




Église de Saint-Jean-Port-Joli

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mardi 21 juin 2022

« C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » / (387,121)

 Bonjour!

Mercredi 22 juin 2022

Voici la parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Mt 7, 15-20)

Alléluia. Alléluia.
Demeurez en moi, comme moi en vous, dit le Seigneur ;
celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit.
Alléluia. (Jn 15, 4a.5b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Méfiez-vous des faux prophètes
qui viennent à vous déguisés en brebis,
alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces.
    C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Va-t-on cueillir du raisin sur des épines,
ou des figues sur des chardons ?
    C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits,
et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais.
    Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais,
ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits.
    Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits
est coupé et jeté au feu.
    Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Parlant à des gens sans grande culture, Jésus se plait à utiliser des comparaisons prises dans la vie quotidienne, et plus particulièrement dans la nature : la vigne que le vigneron émonde, le figuier que l’agriculteur entoure de fumier, l’épis de blé en compétition avec l’ivraie, les oiseaux du ciel que le Père nourrit, l’amandier annonçant le printemps, le vent du Sud prédisant la pluie, etc. Sous des apparences très simples, les comparaisons employées par Notre-Seigneur ont cependant une puissance évocatrice toute particulière : elles nous atteignent bien plus profondément que l’intellect et touchent notre cœur. Aussi sommes-nous invités à laisser ces versets labourer notre terre intérieure jusqu’à ce que la Parole y porte son fruit, c’est-à-dire qu’elle nous délivre une clé de lecture et de discernement pour notre vie quotidienne. 

L’enjeu de la péricope est en effet d’actualité : comment nous situer face aux multiples propositions qui nous sont faites, toutes plus prometteuses les unes que les autres, et émanant bien sûr de personnes on ne peut plus recommandables et édifiantes ? Comment discerner la vérité du mensonge ? Jésus nous invite non seulement à la prudence, mais à la « méfiance » envers les faux prophètes. Il nous propose un critère de discernement somme toute très simple : juger l’arbre à ses fruits. La sentence est archi-connue, mais il n’est pas pour autant acquis que nous la mettions en pratique ! Peut-être précisément parce que nous rationalisons les propos de Notre-Seigneur au lieu de nous laisser vraiment instruire par les comparaisons qu’il nous propose. 

Il faut en effet du temps – parfois beaucoup de temps – avant qu’un arbre porte son fruit. De même : le raisin ne mûrit pas en quinze jours, ni la figue en un mois. Le travail de discernement implique un réel combat contre la précipitation : il n’est pas facile de renoncer à trouver une réponse immédiate à nos interrogations. N’est-il pas vrai que nous aimerions avoir des solutions claires, précises, rapides à tous nos problèmes ? Sans doute en partie pour échapper à l’angoisse de nos incertitudes ; mais plus profondément : notre impatience ne trahit-elle pas aussi le secret désir d’une omniscience et d’une omnipuissance quasi divines, qui permettraient de faire l’économie du temps d’attente, de maturation, de croissance ?

 Le discernement du bien et du mal ne nous appartient pas : il est don de Dieu et telle était bien l’intention du Créateur dès les origines. Aujourd’hui comme hier, l’Antique Serpent nous pousse tout au contraire à la précipitation et à nous ériger nous-mêmes en instance de discernement : « Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » (Gn 3, 3). La suite ne nous est que trop bien connue : « la femme vit que l’arbre était bon à manger » (Gn 3, 6). Sans attendre d’en vérifier les fruits, elle se compromet avec le Serpent, entraînant son époux dans sa chute. « Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus » (Gn 3, 7), c’est-à-dire dépouillés de la grâce originelle dans laquelle ils avaient été créés et qu’ils venaient de perdre par leur imprudence. 

« Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces ». Ne nous précipitons pas dans des voies dites nouvelles : prenons le temps d’en vérifier les fruits dans la durée. D’ailleurs, quelle nouveauté pouvons-nous encore attendre après la révélation de la Bonne Nouvelle de notre réconciliation avec Dieu le Père en son Fils Jésus Christ ? Maintenant que l’accès nous est à nouveau ouvert à l’Arbre de vie, ne nous laissons plus séduire par le Prince du mensonge. « Dieu seul est bon » (Mc 10, 18) et seul l’Arbre de la Croix qu’il a lui-même planté sur notre terre, porte du bon fruit. Quant à l’arbre du Mauvais, il ne porte que les fruits détestables de l’auto-exaltation et auto-divinisation de l’homme : c’est du bois de cet arbre que sont alimentées les flammes de l’enfer ! 

Seigneur donne-nous d’avoir assez d’humilité pour renoncer à toute volonté de maîtrise et d’autonomie, qui se trahissent toujours par la précipitation. Apprends-nous à entrer résolument dans l’attitude du disciple, qui tend l’oreille et se laisse instruire, n’agissant que lorsque son Seigneur a parlé à travers les événements – qui ont besoin de temps pour mûrir.


Abbé Philippe Link / Merci!

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«Un prêtre est un serviteur de la joie.»


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«Fais comme si tout dépendait de toi

et attends comme si tout dépendait de Dieu.»

(Ignace de Loyola)


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«Il vaut mieux laisser nos vies plutôt que nos paroles, 

exprimer aux autres ce que nous sommes.»

(Mahatma Gandhi)


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À Saint-Roch-des-Aulnaies

Photo: 

Jacques Létourneau - Merci!


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Bonne journée!

Jean-Yves 


lundi 20 juin 2022

« Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux » (387,048)

Bonjour!

Mardi 21 juin 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux » (Mt 7, 6.12-14)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia. (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ;
ne jetez pas vos perles aux pourceaux,
de peur qu’ils ne les piétinent,
puis se retournent pour vous déchirer.

    Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi :
voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.

    Entrez par la porte étroite.
Elle est grande, la porte,
il est large, le chemin
qui conduit à la perdition ;
et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent.
    Mais elle est étroite, la porte,
il est resserré, le chemin
qui conduit à la vie ;
et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Quelque soit sa nature, un trésor cher à nos yeux conduit à un réflexe de protection, quelques fois même à un réflexe de surprotection. Peu importe la nature de ce trésor : ses enfants, sa fortune, ou tout autre chose. Ce à quoi l’on tient énormément incite spontanément à un repli qui n’est jamais pur d’un certain égoïsme. Pourquoi l’évangile et le Royaume de Dieu échapperaient-ils à la règle ? Ne sont-ils pas ce que nous avons de plus précieux ? 

L’enseignement que nous livre Jésus aujourd’hui pourrait être de nature à nous rassurer, disons : à nous déculpabiliser. Il suggère en effet que cette attitude ne serait pas répréhensible puisqu’il dit très clairement qu’il ne faut pas donner les perles aux pourceaux ; « ce qui est sacré, ne le donnez pas aux chiens », insiste-t-il clairement.

Évidemment, avant de nous déculpabiliser, cette parole nous rappelle d’abord à notre responsabilité. Le Royaume de Dieu est notre trésor le plus précieux, certes, mais en même temps qu’il nous est offert, il nous est confié. Il nous faut donc veiller à ne pas en faire n’importe quoi. Cette attitude ne procède donc pas d’un repli sur soi, la référence n’est pas en nous-mêmes.

Voilà qui peut nous rappeler que la communication de l’Évangile n’a de sens qu’ajustée aux projets de l’Esprit. L’évangile de la paix doit rejoindre les amis de la paix, ceux que l’Esprit a préparé à le recevoir, ceux qui l’attendent. Il est donc vain de le livrer à d’autres. Et même : il est de notre responsabilité que nous ne le livrions pas n’importe comment. Dieu ne brusque jamais les cœurs : nous pourrions, en arrivant trop tôt, faire prendre bien du retard ; nous pourrions, en clamant trop fort, rendre sourd 

Enfin, dernière implication de l’interdiction de Jésus, la valeur que nous accordons à la grâce qui nous est faite, se révèle à la façon que nous avons de la partager. Si, en ce monde, il est d’usage de réserver les mets de choix aux invités de marque, combien plus dans le Royaume convient-il de réserver le trésor que le Seigneur nous confie à ceux qui sauront l’accueillir.

La prescription du Seigneur dévoile ainsi sa dynamique. L’évangile ne s’écrit pas dans une suite de défenses et de négations. Pour garder la pureté évangélique, il n’y a pas à s’enfermer dans des communautés de « purs », seuls dignes des trésors du Royaume. Il faut au contraire exercer un discernement de tous les instants qui nous ouvre sur notre prochain et nous conduit à nous interroger sur ses besoins vitaux, sur sa découverte du Royaume, sur sa connaissance du Seigneur-Jésus.

L’exigence évangélique va loin au-delà de nos frontières et résume tout l’enseignement de la Bible : « tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l’Écriture : la Loi et les Prophètes ». Vous le savez, le jeu de résumer « la Loi et les prophètes » était prisé dans les écoles rabbiniques. Mais tous ces maîtres étaient trop courts ou négatifs, y compris le grand Hillel qui disait seulement : « ce qui te déplaît, ne le fais pas à autrui ».

Jésus, lui, un résumé positif. Il ne suffit pas de respecter une sorte de pacte de non agression, de cohabitation placide, il nous faut être actifs, entreprenants, vis-à-vis de nos frères. Le bien que nous avons nous-mêmes reçu est celui que Dieu nous a fait, le bien que nous désirons pour nous-mêmes est celui que Dieu seul peut faire. Eh bien nous avons, nous-mêmes, à prendre l’initiative de faire pour nos frères le bien que Dieu fait !

Voilà sans doute que nous venons d’esquisser une description des deux portes. Il est aisé de se contenter de vivre les uns à côté des autres. Cette façon de vivre, cette porte pour reprendre l’image de Jésus, est large et bien visible. Mais l’évangile demande de vivre les uns pour les autres, les uns au service des autres. Cette voie est difficile, elle fait connaître la souffrance. Mais elle mène à la vie, elle est la vie, car Dieu lui-même vit ainsi. Accueillons donc la grâce qui nous est faite de vivre de la vie de Dieu et laissons la porter son fruit de salut pour chacun nos frères, quoiqu’il nous en coûte.


Abbé Philippe Link / Merci!

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«J'ai vu le soleil danser
dans les yeux des mal aimés...
Aujourd'hui je vois la vie
avec les yeux du cœur
j'suis sensible à l'invisible
à tout ce qu'il y a à l'intérieur.
Aujourd'hui je vois la vie
avec les yeux du cœur
les yeux du cœur.»
(Jerry Goulet)
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Bonne journée!

Jean-Yves

dimanche 19 juin 2022

« Enlève d’abord la poutre de ton œil » / Synode... l'essentiel: se ressourcer dans la parole de Dieu... / (386,977)

 Bonjour!

Lundi 20 juin 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILe

« Enlève d’abord la poutre de ton œil » (Mt 7, 1-5)

Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, efficace, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Ne jugez pas,
pour ne pas être jugés ;
    de la manière dont vous jugez,
vous serez jugés ;
de la mesure dont vous mesurez,
on vous mesurera.
    Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ;
et la poutre qui est dans ton œil,
tu ne la remarques pas ?
    Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère :
“Laisse-moi enlever la paille de ton œil”,
alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ?
    Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ;
alors tu verras clair
pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Ne jugez pas », car « Dieu seul est à la fois législateur et juge » (Jc 4, 12), pour la simple raison que lui seul est sans péché et sans compromission avec le péché.

 Au fond ce que Jésus condamne, ce n’est pas tant le fait de juger, que l’hypocrisie qui s’exprime à travers nos jugements. 

Lorsque Notre-Seigneur énonce : « Ne jugez pas pour ne pas être jugés », c’est donc que la matière même sur laquelle nous jugeons nos frères nous accuse en premier nous-mêmes. La suite le confirme : « le jugement que vous portez contre les autres » –concernant telle ou telle faute – « sera porté aussi contre vous » – puisque vous-mêmes la commettez. Autrement dit, il s’agit de nous inscrire dans le champ d’application des condamnations que nous portons sur nos frères.

On entend en écho la parole de Jésus aux pharisiens venant l’interroger sur la légitimité de la lapidation de la femme adultère : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre ! » (Jn 8, 7). Nous ne pouvons espérer être nous-mêmes absous de ce dont nous jugeons nos frères. La même condamnation dont nous les accablons retombera logiquement sur nous. Nous serons jugés à l’aulne de notre propre « justice ».

Le second reproche que nous fait Notre-Seigneur – étroitement lié au premier – porte sur la démesure de nos jugements : « la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous ». Le Seigneur connaît décidément bien nos cœurs ! N’est-il pas vrai que nous sommes habiles à nous trouver des circonstances atténuantes pour justifier nos égarements, alors que nous demeurons d’une intransigeance froide pour les écarts de notre prochain ?

L’entourage du Maître a bien compris la leçon ; aussi Jésus peut-il reprendre son enseignement dans un langage imagé, afin qu’il s’incruste une fois pour toutes dans les mémoires. La disproportion entre la paille et la poutre laisse sous-entendre que celui qui s’instaure « redresseur de torts » est totalement aveuglé sur son état intérieur ; cela ne semble même pas lui traverser la tête de faire un examen de conscience afin de prendre en considération sa propre fragilité. Il s’est instauré norme d’humanité, référence de perfection et donc source de la loi. Mais il se méconnaît totalement et véhicule une image idéalisée de lui-même qui ne correspond en rien à la réalité. Hélas cette suffisance mensongère l’empêche d’accéder à la grâce de la conversion qui aurait pu l’aider à progresser vers la vérité et la liberté. Un tel aveugle est insupportable pour son entourage, et son propre chemin est stérile.

Remarquons bien que Notre-Seigneur ne défend pas de « retirer la paille qui est dans l’œil de notre frère » ; la correction fraternelle est même un exercice conseillé : « Nous vous y engageons, frères, reprenez les désordonnés » (1 Th 5, 14), exhorte Saint Paul ; cependant « reprenez-le comme un frère » (2 Th 3, 15). Autrement dit il faut que notre intention soit pure, que nous soyons mus par le souci de la sanctification de chacun et du corps tout entier. Ce qui implique que nous soyons disposés et même désireux de recevoir en retour la correction fraternelle qui nous permettra de nous ajuster nous aussi aux exigences de l’Évangile.

Heureuse la communauté – familiale ou religieuse ou paroissiale – qui peut vivre cet exercice de la correction fraternelle dans la lumière et la paix de l’Esprit, dans l’amour et le respect mutuels, et dans une joyeuse émulation à la sainteté.


Abbé Philippe Link / Merci!

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«Il faut amener nos péchés à l'église 

pour qu'il y ait rédemption.»


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Résumé - Synthèse / Synode en France / 2e capsule


1. Se ressourcer dans la Parole de Dieu:

Chaque fois qu'on se réunit autour de la Parole de Dieu et qu'on cherche ensemble à (la) comprendre, ça fait une communauté d'Église, même si ce sont des gens qui ne viennent jamais à la messe. Chacun apporte... et on avance.


En méditant les textes chaque participant expose sa vie et sa parole à la Parole de Dieu et peut entendre les appels que Dieu adresse à chacun et à l'Église... Tous peuvent trouver leur place. 


La Parole de Dieu est une source à laquelle, il est profondément bon de puiser pour soi et pour mieux fonder l'activité de l'Église. La méditation des Écritures est une pratique spirituelle à encourager pour répondre à la quête de sens et aider l'intégration de personnes qui se sentent mal à l'aise dans une assemblée paroissiale. 


Homélies - Déceptions exprimées: manque d'appuis sur la Parole de Dieu et ne nourrit souvent pas la vie... On demande l'élargissement aux laïcs et spécialement aux femmes en particulier ui sont absentes. Faire la promotion des Célébrations de la parole le dimanche...    ( À suivre... ) 

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Bonne journée!

Jean-Yves 


samedi 18 juin 2022

« Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés » / Des résultats du synode en France... / (386,934)

Bonjour!

 Dimanche 19 juin 2022

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...


ÉVANGILE

« Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés » (Lc 9, 11b-17)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus parlait aux foules du règne de Dieu,
et guérissait ceux qui en avaient besoin.
    Le jour commençait à baisser.
Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent :
« Renvoie cette foule :
qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs
afin d’y loger et de trouver des vivres ;
ici nous sommes dans un endroit désert. »
    Mais il leur dit :
« Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Ils répondirent :
« Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons.
À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture
pour tout ce peuple. »
    Il y avait environ cinq mille hommes.
Jésus dit à ses disciples :
« Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
    Ils exécutèrent cette demande
et firent asseoir tout le monde.
    Jésus prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction sur eux,
les rompit
et les donna à ses disciples
pour qu’ils les distribuent à la foule.
    Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ;
puis on ramassa les morceaux qui leur restaient :
cela faisait douze paniers.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

A chaque Eucharistie, nous faisons mémoire non seulement de ce qui s’est passé il y a deux mille ans en notre faveur sur le Golgotha, mais notre mémoire se rassasie de la contemplation de ce que le Seigneur continue à réaliser sans cesse pour nous. Car en vertu de la divinité de Celui qui s’offre sur la Croix, l’acte rédempteur transcende le temps et l’espace, et remplit tout l’univers et chaque instant de l’histoire de sa présence salvifique. Le Saint Sacrifice de la Messe rend ainsi visible à nos yeux le Sacrifice perpétuel par lequel Dieu nous révèle l’infini de son amour.

La Messe est mémorial de la Pâque au sens où elle est l’actualisation de l’unique Sacrifice, la présence bien réelle de l’unique offrande qui nous sauve. Dans l’Eucharistie, rappelle le Concile, « est renfermé tout le bien spirituel de l’Eglise, c’est-à-dire le Christ lui-même ; notre Pâque et Pain vivant qui, par sa chair vivifiée par l’Esprit-Saint et vivifiante, donne la vie aux hommes qui sont invités et conduits à offrir eux-mêmes avec lui, leurs propres fatigues, et toutes les choses créées » (Presbyterorum Ordinis, 5).

L’Eucharistie est ainsi sacrement de guérison de notre cœur, qui au contact de cette braise divine, s’enflamme d’amour dans l’Esprit Saint ; elle est sacrement de guérison de notre intelligence, qu’elle illumine de la connaissance intime de notre Sauveur ; l’Eucharistie est guérison de notre mémoire, qu’elle emplit de la présence de Celui qui vient à nous lorsque nous accueillons son Fils bien-aimé.

Au cœur d’un monde caractérisé par un profond brassage des cultures et des religions, notre participation à l’Eucharistie dominicale nous permet de témoigner d’un des aspects les plus spécifiques de notre foi. Mais pour que ce témoignage soit crédible, c’est en quelque sorte notre vie – personnelle et communautaire – qui doit devenir eucharistique. Lorsque saint Paul nous exhorte, « à offrir à Dieu notre personne et notre vie en sacrifice saint, capable de lui plaire » (Rm 12, 1), ce ne peut être qu’une invitation à imiter le Christ dans son offrande eucharistique. Nourris du Pain du ciel, nous sommes appelés à devenir à notre tour pain livré pour la vie du monde en nous dépensant sans compter au service de nos frères. Bref : nous ne sommes dignes de porter le beau nom de chrétiens que dans la mesure où notre vie procède du Christ présent au milieu de nous dans son Eucharistie, et converge en Lui vers le Père.

Nous t’adorons, notre Rédempteur, qui t’es incarné dans le sein très pur de la Vierge Marie. Nous te rendons grâce, Seigneur, pour ta présence eucharistique dans le monde. Pour nous, tu as accepté de souffrir et sur la croix tu as manifesté jusqu’au bout ton amour pour l’humanité entière. Nous t’adorons, Viatique quotidien de nous tous, pèlerins sur la terre. Donne-nous de toujours nous approcher de toi et de te recevoir avec respect, adoration et reconnaissance

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      Le synode sur la synodalité dans l'Église..      

La synthèse n'est pas sortie encore au Québec et au Canada.

En France cependant elle est publiée 
sur tous les sites des diocèses et on peut la consulter...

On y note des gros points à travailler: 
- La nécessité de prendre soin des autres...
- Une aspiration profonde à une Église plus fraternelle... 

Les besoins répétés sont les suivants:
1) L'importance de se ressourcer à la Parole de Dieu;
2) L'urgence de proposer des signes parlants et crédibles 
dans la société d'aujourd'hui; 
3) La nécessité de lieux de dialogue fraternel.

La soif est là. 
- Quelle proposition peut faire l'Église
 qui est proche du frère, de l'autre en difficulté?
Actuellement l'Église est centrée 
sur l'annonce et la messe.

À suivre...
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Bon dimanche!

Jean-Yves