mardi 26 décembre 2023

« L’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau » / (452,105)

Bonjour!

Mercredi 27 décembre 2023


Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« L’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau » (Jn 20, 2-8)

Alléluia, Alléluia.
À toi, Dieu, notre louange !
Toi, le Seigneur, nous t’acclamons.
C'est toi que les Apôtres glorifient.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l’autre disciple,
celui que Jésus aimait,
et elle leur dit :
« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,
et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple
pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble,
mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre
et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ;
cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour.
Il entre dans le tombeau ;
il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus,
non pas posé avec les linges,
mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple,
lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Lorsque Dieu intervient dans l’histoire humaine, son action est forcément circonscrite dans l’espace et dans le temps. Seul un nombre limité de personnes peut en être témoin oculaire. Contrairement à la connaissance secrète de quelques initiés, l’agir de Dieu se révèle à de modestes créatures, pour qu’elles transmettent la nouvelle au monde, au risque de l’incrédulité et en se soumettant à l’aval de l’autorité.

Pourquoi Marie Madeleine, la pécheresse, est-elle choisie comme messagère et non pas Marie, la Vierge immaculée ? Puisque Marie est la première bénéficiaire de la grâce, Marie Madeleine est précurseur de la religiosité populaire, la force d’espérance de l’Église en marche vers Dieu. La foi du peuple en effet pansera souvent les plaies des controverses théologiques ou des guerres entre chrétiens au fil des siècles.

Comme à la scène de la Nativité, la Résurrection du Christ ouvre dans l’horizon humain le passage entre ce monde et l’autre : la grotte de Bethléem en début de vie, le tombeau du Christ en fin de vie. Les langes de la grotte et les linges du tombeau revêtent le corps humain du Christ et le nôtre pour en protéger l’extrême fragilité.

Avec les bergers et les deux disciples, venons contempler la scène, acter l’événement et adorer le mystère ! Lorsque la vie et la mort mettent à défi notre raison, nous prenons du recul par rapport à nos convictions et appréhensions de la réalité : cela nous rend humbles. Si le mystère du tombeau inscrit les événements dans la pierre (physique quantique), à plus forte raison doit-il imprégner dans nos cœurs l’émerveillement !

La foi est le but des expériences spirituelles ou des événements extraordinaires de la grâce. Il ne sert à rien de voir un miracle si cela ne conduit pas à la foi. Avant d’être un don de Dieu, la foi est une relation de confiance envers le témoin et en définitive envers Dieu. Grâce à la vertu infuse de la foi reçue au baptême, l’âme arrive à comprendre la promesse de Dieu comme significative.

Puissions-nous, comme le saint apôtre Jean, croire en ce que nous voyons, avec les yeux de l’esprit, au lieu d’attendre des signes visibles pour commencer à croire ! Laissons la « grâce actuelle » du témoignage raviver en nous la foi théologale. Que la lecture de l’Évangile fasse de nous des flambeaux, comme l’a été Jean, pour que nous en embrasions d’autres.

Jésus-Christ, mon Sauveur, je t’aime de tout mon cœur, car tu m’as associé à la chaîne des témoins de ta victoire sur la mort. Tu as fait de mon âme un foyer de vie spirituelle, alimenté par l’Esprit Saint qui me rend semblable à Dieu et me conduit à ta suite vers le Père. Je t’offre ma vie, mes œuvres de ce jour et mes espérances, afin que ma vie, ô Christ, se transforme à l’image de la tienne.

Abbé Philippe Link / Merci!

-----



Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 25 décembre 2023

« Ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père » / (452,065)

 Bonjour!

Merci le 26 décembre 2023

Aujourd'hui c'est la fête de saint Étienne, 

diacre et premier martyr...


Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père » (Mt 10, 17-22)

Alléluia, Alléluia.
Béni soit au nom du Seigneur, celui qui vient ;
Dieu, le Seigneur, nous illumine.
Alléluia. (Ps 117, 26a.27a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Méfiez-vous des hommes :
ils vous livreront aux tribunaux
et vous flagelleront dans leurs synagogues.
Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois
à cause de moi :
il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.
Quand on vous livrera,
ne vous inquiétez pas
de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz :
ce que vous aurez à dire
vous sera donné à cette heure-là.
Car ce n’est pas vous qui parlerez,
c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
Le frère livrera son frère à la mort,
et le père, son enfant ;
les enfants se dresseront contre leurs parents
et les feront mettre à mort.
Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ;
mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin,
celui-là sera sauvé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

« Méfiez-vous des hommes » : venant de la part de Jésus, cette injonction peut surprendre. L’Évangile ne nous exhorte-t-il pas tout au contraire à la charité qui « excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout » (1 Co 13, 7) ? C’est qu’il nous faut comprendre autrement la parole et l’intention du Seigneur. Il faudrait plutôt entendre : « Prenez de la distance dans vos relations aux hommes ». En clair : Jésus ne nous invite pas à nous replier frileusement dans un ghetto ecclésial, mais il nous recommande de garder un espace de discernement dans nos relations humaines.

Par ce conseil de prudence, Notre-Seigneur veut éviter notre assimilation progressive au monde, à coups de compromissions répétées, que nous serions inévitablement amenés à concéder si nous ne gardions pas une « distance dans nos relations aux hommes ». Combien de croyants de nos jours, sous prétexte de ne pas se singulariser, de « respecter les autres dans leurs convictions et leurs choix de vie », ou de ne pas perdre la considération de leur entourage, commencent par taire leur référence aux valeurs chrétiennes, pour finalement renoncer aux exigences d’une vie évangélique. Nous savons comme il est facile de céder à la tentation de « faire comme tout le monde », pour préserver sa tranquillité.

C’est pour éviter ce piège de la confusion, que Jésus nous invite fermement à garder une distance par rapport aux opinions et aux comportements des hommes immergés dans le monde et soumis aux influences de son Prince. Nous sommes « le sel de la terre. Mais si le sel vient à s’affadir, avec quoi salera-t-on ? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens » (Mt 5, 13). Pour remplir son rôle le sel doit être enfoui dans l’aliment tout en gardant sa saveur originale ; ainsi le chrétien doit-il être au cœur du monde, sans se confondre avec lui. Cette position est loin d’être confortable, mais le Seigneur nous a avertis : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître : il suffit pour le disciple qu’il devienne comme son maître » (Mt 10, 24-25). Autrement dit : s’il est fidèle à la Parole de son Maître, le disciple subira la même contradiction douloureuse que lui. Nous puisons cependant notre consolation et notre force dans cette promesse de l’Apôtre : « elle est sûre cette parole : Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous tenons ferme, avec lui nous régnerons » (2 Tm 2, 11-12).

Peut-être opposerons-nous à cette invitation au témoignage, l’objection déjà formulée par le prophète Jérémie : « Ah ! Seigneur Dieu, je ne saurais parler, je suis trop jeune » (Jr 1, 6), je n’ai aucune instruction, je suis timide, incompétent, … La réponse du Seigneur est claire : « Ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz, ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous ».

Le témoin, ne peut être que le Christ Jésus lui-même, car « nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils » ; Notre Seigneur ajoute cependant : « … et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11, 27). Il nous faut donc comme « Etienne, rempli de l’Esprit Saint, garder nos yeux fixés sur le ciel » (1ère lect.), afin de voir comme lui « la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite du Père ». C’est de la contemplation du Seigneur vainqueur de la mort que procédera notre témoignage et c’est en renouvelant notre espérance de le rejoindre au-delà de la mort, que nous trouverons la force d’affronter victorieusement nos contradicteurs, avec les armes de la miséricorde : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché » (Ibid.).

Nous ne savons rien de la date du martyr de saint Etienne. Il est hautement improbable que ce fût en décembre puisqu’il semble avoir offert sa vie en sacrifice peu après Pâques, c’est-à-dire au printemps. C’est donc délibérément que l’Église fait mémoire du premier des martyrs au lendemain de Noël. La pédagogie est claire : elle veut d’emblée tourner nos regards vers le terme du mystère de l’Incarnation. La naissance de l’Enfant dans la nuit de Noël, préfigure l’avènement de l’homme nouveau au matin de Pâques. C’est en suivant les traces du Fils de l’Homme que nous entrerons avec lui dans la gloire du Fils de Dieu. Les saints sont ceux qui ont eu accès à la seconde naissance, parce qu’ils ont osé parcourir le chemin qui conduit à la vie, en passant par le Golgotha.

Que la contemplation de ce mystère de grâce renouvelle notre courage et nous pousse à témoigner sans peur de la Bonne Nouvelle, nous souvenant de la Parole de Notre-Seigneur : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est aux cieux » (Mt 10, 32).

Seigneur, il y a quelques heures à peine nous chantions la Bonne Nouvelle de la naissance de ton Fils, Jésus Christ notre Sauveur ; et déjà tu nous invites à tourner nos regards vers le terme de son parcours, c’est-à-dire vers sa Pâque, son passage de ce monde vers toi par le porche étroit de la Croix.

 Seigneur, toi que dans l’Esprit reçu de ton Fils nous pouvons déjà appeler « notre Père », ne permets pas que notre foi défaille quand vient l’épreuve. « Sur tes serviteurs que s’illumine ta face ; sauve-nous par ton amour ». Comble de ta force « ceux qui ont en toi leur refuge », afin qu’ils puissent témoigner avec assurance « à la face du monde » de la joyeuse espérance que tu nous offres en Jésus, vainqueur du péché et de la mort.

Abbé Philippe Link/ Merci!

-----

"L'Église a toujours vénéré les saints; en chacun d'eux elle voit un rayon de lumière qui reflète la sainteté divine.»

-----

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Etienne, confiant dans la force de la charité, vainquit l'amère cruauté de Saul, et mérita d'avoir au ciel comme compagnon qu'il connut sur terre comme persécuteur » (Saint Fulgence de Ruspe)

  • « Si tous ne sont pas appelés, comme saint Etienne, à verser leur sang, il est cependant demandé à tout chrétien d'être cohérent en toute circonstance avec la foi qu'il professe » (François)

  • « Intercéder, demander en faveur d’un autre, est, depuis Abraham, le propre d’un cœur accordé à la miséricorde de Dieu (…). Dans l’intercession, celui qui prie ne " recherche pas ses propres intérêts, mais songe plutôt à ceux des autres ", jusqu’à prier pour ceux qui lui font du mal (cf. Etienne priant pour ses bourreaux, comme Jésus : cf. Ac 7, 60) » (Catéchisme de la Église catholique, n° 2.635)

Bonne journée!

Jean-Yves 


dimanche 24 décembre 2023

«Vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur»( / 452,033)

 Bonjour!

Lundi 25 décembre 2023



NOËL!

Voici la Parole de Dieu de cce jour...

(Lc 2,1-14): En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre —ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie—. Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.


Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit: «Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple: aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire». Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime».

Commentaire: Abbé Ramon Octavi SÁNCHEZ i Valero (Viladecans, Barcelona, Espagne)

«Vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur»

Aujourd'hui, le Sauveur est venu au monde. Voici la bonne nouvelle de la nuit de Noël. Comme tous les Noëls, Jésus vient à nouveau au monde, dans chaque foyer, dans nos cœurs.

Mais, contrairement à la façon dont notre société consommatrice commémore cette fête, Jésus ne vient pas au monde dans un environnement d'opulence, de shopping, de luxe, de caprices, et de grands repas. Jésus vient au monde dans la simplicité d'un portail et une mangeoire.

Et ce fut ainsi car il était rejeté par les hommes, personne n'a voulu les accueillir, ni dans les maisons, ni dans les auberges. Marie et Joseph, ainsi que Jésus bébé, ont ressenti ce que veut dire le rejet, le manque de générosité et de solidarité.

Peu après, avec l'annonce de l'Ange —«Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple» (Lc 2,10)— ils sont tous accourus pour adorer le Fils de Dieu. C'est un peu comme dans notre société qui marginalise et rejette les gens parce qu'ils sont pauvres, étrangers ou simplement différents et ensuite fête Noël en parlant de paix, de solidarité et d'amour.

En ce jour, nous les chrétiens nous sommes remplis de joie, et à juste titre. Comme l'affirme Saint Léon le Grand: «La tristesse n’est pas de mise en ce jour où naît la vie». Mais nous ne pouvons oublier que cette naissance demande de notre part un compromis: celui de vivre Noël de la façon la plus proche possible de celle vécue par la Sainte Famille. C'est à dire, sans ostentations, sans dépenses inutiles, sans jeter l'argent par la fenêtre. Fêter et faire la fête est tout à fait compatible avec austérité ainsi qu'avec pauvreté.

Par ailleurs, si pendant ces jours nous n'éprouvons pas de sentiments de solidarité envers ceux qui sont rejetés, les étrangers, les sdf, cela veut dire qu'au fond nous sommes comme les habitants de Bethléem: nous n'accueillons pas le Petit Jésus.

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Remercions Dieu le Père par le biais de son Fils, dans l’Esprit Saint, puisqu’il a eu pitié de nous à cause de l’immense miséricorde avec laquelle il nous a aimés. Puisque nous sommes morts pour les péchés, Il nous a fait vivre avec le Christ, afin que grâce à Lui nous soyons une nouvelle créature » (Saint Léon le Grand)

  • « Ce jour-là Jésus le Sauveur, est né de la Vierge Marie. Adorons la bonté de Dieu faite chair, et laissons les larmes du repentir remplir nos yeux et laver nos cœurs. Nous en avons tous besoin » (Pape François)

  • « Jésus est né dans l’humilité d’une étable, dans une famille pauvre. De simples bergers sont les premiers témoins de l’événement. C’est dans cette pauvreté que se manifeste la gloire du ciel. L’Eglise ne se lasse pas de chanter la gloire de cette nuit : ‘La Vierge aujourd’hui met au monde l’Eternel. Et la terre offre une grotte à l’Inaccessible. Les anges et les pasteurs le louent. Et les mages avec l’étoile s’avancent. Car Tu es né pour nous, Petit Enfant, Dieu éternel ! ’ » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n 535

samedi 23 décembre 2023

« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » / Prière de Jean XXIII / (452,001)

 Bonjour!

Dimanche 24 décembre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce 4e dimanche de l'Avent...


ÉVANGILE

« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » (Lc 1, 26-38)

Alléluia. Alléluia.
Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole.
Alléluia. (Lc 1, 38)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »

Alors l’ange la quitta.

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

La promesse faite au roi David (1ère lecture), ce mystère caché depuis toujours (2ème lecture), vont s’accomplir, se dévoiler, venir à la lumière dans l’annonce faite à Marie. Dieu ne voulait pas un temple de cèdre.
 Dieu voulait habiter en l’homme.
Tous les rois descendants de David préfiguraient le Christ, celui en qui habite corporellement la plénitude de la divinité (Col 2,9).
Et Jésus qui va naître est homme et Dieu.

Et pour bâtir cette demeure humaine digne de sa divinité, Dieu a choisi Marie. Marie la toute pure préservée par grâce du péché originel, Marie toute disponible puisqu’elle ne connaît pas d’homme, Marie, vierge en son corps et son âme.
Son nom est « comblée de grâce ».
Elle la sent en elle cette grâce qui la fait rejoindre Dieu au-delà de tout ce qu’elle peut concevoir et comprendre.
Ce n’est pas seulement dans son corps que l’Esprit Saint a agi en elle pour qu’elle enfante le Fils de Dieu.
C’est dans son âme !
Pour en faire une âme de Mère de Dieu.
Que serait sa maternité si elle n’était que physique, charnelle ?
Et cela est vrai déjà pour une maternité simplement, mais vraiment, humaine. Mais ici, l’enfant qu’il faut aimer de toute son âme est le Fils de Dieu !
Comment ne pas penser à l’invasion de son être, de son âme, par la présence de Dieu ?
Comment ne pas penser à une grâce qui la fait participer à l’amour dont le Père aime le Fils ?
Pendant de longs mois, Marie va tisser en son sein l’Enfant de la promesse faite à David.
Dans son Magnificat, elle se fera le chantre de ce mystère d’amour caché par Dieu et qui se révèle. Elle aime maternellement Celui qui va mourir d’amour pour sauver tous les hommes.

Ce récit de l’Annonciation se prolonge dans chacune de nos vies. En nos cœurs, Dieu a déposé une promesse de vie, de paix, de joie.
Cette promesse s’accomplit au jour le jour en laissant naître en nous le Christ.
Jésus l’a dit, nous pouvons devenir sa mère en écoutant sa parole et en la mettant en pratique.
Dieu veut planter sa tente en nous.
Il veut faire de nous son Temple Saint.
Quoiqu’il arrive dans nos vies, par-delà les épreuves, les ruptures et les échecs, Dieu est fidèle, il tient sa promesse de demeurer en nous jusqu’à la fin du monde.
À qui sait le voir, à qui sait regarder, Dieu nous révèle à l’intérieur de nous-mêmes son mystère d’amour.
Il nous dit à chacun, dans le secret de notre cœur : « Tu as du prix à mes yeux et moi, je t’aime ».
Nous sommes tous des êtres de grâce, c’est-à-dire des hommes, des femmes graciés, à qui l’on a fait miséricorde. Nous sommes des êtres de grâce, car demeure en nous l’auteur de la grâce.

Seigneur, tu es un Dieu fidèle qui ne déçoit pas notre attente.
Ce que tu as promis, tu le réalises en nos vies.
Tes dons et ton appel, tu ne les reprends pas.
Déploie ta grâce en nos cœurs.
Donne-nous, comme Marie, d’être des serviteurs de ton dessein d’amour pour les hommes. « Que se passe pour nous selon ta parole ».

Abbé Philippe Link / Merci!

-----


  Prière

Doux enfant de Bethléem, accorde-nous de communier de toute notre âme au profond mystère de Noël.
Mets dans le cœur des hommes cette paix qu’ils recherchent parfois si âprement, et que Toi seul peux leur donner.
Aide-les à se connaître mieux, et à vivre fraternellement comme les fils d’un même Père.
Découvre-leur Ta beauté, Ta sainteté et Ta pureté. Éveille dans leurs cœurs l’amour et la reconnaissance pour ton infinie bonté.
Unis-les tous dans Ta charité et donne-nous Ta céleste paix.

 

Jean XXIII

Bon dimanche!

Jean-Yves 


vendredi 22 décembre 2023

Naissance de Jean Baptiste (Lc 1, 57-66) / (451,957)

 Bonjour!

Samedi 23 décembre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

Naissance de Jean Baptiste (Lc 1, 57-66)

Alléluia, Alléluia.
Viens, Espérance des nations,
Sauveur de tous les peuples !
Viens sauver ce qui était perdu.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
    Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur
lui avait montré la grandeur de sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
    Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant.
Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.
    Mais sa mère prit la parole et déclara :
« Non, il s’appellera Jean. »
    On lui dit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
    On demandait par signes au père
comment il voulait l’appeler.
    Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Jean est son nom. »
Et tout le monde en fut étonné.
    À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
    La crainte saisit alors tous les gens du voisinage
et, dans toute la région montagneuse de Judée,
on racontait tous ces événements.
    Tous ceux qui les apprenaient
les conservaient dans leur cœur et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

« Non, il s’appellera Jean » (Lc 1, 60). Jean et non pas Zacharie. Le nom de Zacharie vient d’un terme hébreu qui signifie la mémoire, le mémorial, auquel a été attaché le Nom de Dieu. Zacharie signifie donc « Dieu s’est souvenu ». Dieu s’est souvenu de son peuple, de son Alliance, de son Amour.

Mais l’enfant qui vient de naître, s’il est bien fils de Zacharie, don de Dieu qui se souvient de son amour, porte cependant un nom nouveau : Iohannan, qui signifie « Dieu fait grâce » ou encore « grâce de Dieu ». C’est le nom de Jean-Baptiste, et c’est donc sa vocation, une vocation qui manifeste la toute nouveauté de l’initiative de Dieu. Dieu se souvient et ce souvenir le conduit à faire grâce. La vie même de Jean Baptiste annonce la nouveauté de la grâce. Elle oriente notre regard vers le Salut qui vient, vers le Messie.

Avec Jean-Baptiste « sonnent les cloches » qui annoncent que Dieu fait grâce et que cette grâce est toute entière dans la personne du Messie Jésus !

« Et soudain viendra dans son Temple Celui que vous cherchez, – écrit le prophète Malachie – le messager de l’Alliance que vous désirez » (Ml 3, 1). La naissance de Jean nous dit aujourd’hui que la naissance du Sauveur est imminente. D’un instant à l’autre, Dieu Lui-même va entrer dans le temple, le temple de notre humanité, et il va nous offrir l’alliance, et ce sera une grâce toute nouvelle.

Mais Malachie en nous annonçant dans ce texte la venue du précurseur puis celle du Seigneur est loin de nous bercer d’illusions ! Son oracle prophétique s’adresse à des prêtres infidèles et trompeurs, à qui il annonce que cette venue de Dieu sera semblable à un feu qui brûlera toutes impuretés. « Il purifiera les fils de Lévi et les affinera comme or et argent. Ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice » (Ma 3,3).

Alors quelle est donc l’heure que sonne la présence de Jean : celle de la grâce ou celle du feu ?

Elle est celle de la grâce parce qu’elle est celle du feu.

La bouleversante humilité de Dieu qui vient se déployer de la crèche à la croix, des langes de Bethléem aux linges du sépulcre est un véritable feu.

Nul ne peut s’en approcher sans que toute forme de peur ou d’orgueil en soit consumé.

Un feu d’Amour, un « soleil de justice qui brillera avec la guérison dans ses rayons » (Ml 3, 20). Que Dieu vienne à nous dans la fragilité d’un enfant voilà qui nous désarçonne et qui consume toutes nos images d’un dieu qui aurait la puissance d’un général ou d’un magicien. La fragilité de Dieu désarme toute peur.

Nous approchons de la crèche en entrant dans un monde d’humilité, de pauvreté, de faiblesse et même de nuit.

Ainsi, comme on doit s’habituer à l’obscurité quand on quitte des lumières éblouissantes, ainsi nous faut-il d’ici à Noël nous défaire de ce qui brille, de ce qui éblouit, du clinquant et du brillant pour habituer le regard de notre cœur à bien distinguer ce qui se passe là où toute la lumière est intérieure. Car à Noël, tout comme en l’Eucharistie, tout est intérieur, le feu y est intérieur. Tout y est présence, et tout y est don.

Philippe Link, prêtre / Merci!

-----



Bonne journée!

Jean-Yves 




jeudi 21 décembre 2023

Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1, 46-56) /Prière à l'Enfant de Bethléem de Jean XXIII / (451,908)

 Bonjour!

Vendredi 22 décembre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1, 46-56)

Alléluia, Alléluia.
Viens, Roi de l’univers, pierre angulaire de l’Église !
À l’homme que tu as pétri de la terre
viens apporter le salut.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

        En ce temps-là,
Marie rendit grâce au Seigneur
    en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
            exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !    
    Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
    Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
    Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour
    de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

    Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

À quelques heures de la Nativité du Christ, le chant d’action de grâce de Marie 
prend des résonances toutes particulières.

Nouvelle Ève, elle parle d’abord au nom de tous les hommes. Elle se fait le porte-parole de la longue suite millénaire
dont la généalogie de Luc, si humaine et si universelle, nous rappelle l’attente depuis les origines (Lc 3,13-38).

Fille d’Israël, Marie parle ensuite
au nom de tout le peuple de Dieu. Elle se fait porte-parole de la longue suite séculaire
dont la généalogie de Matthieu, avec la mention de tous les ancêtres du Christ, se fait aussi l’écho.

Porteuse de celui qui porte tout, Marie parle au nom de Zacharie, témoin, dans ses vieux jours, témoin de ce dernier petit reste
de l’espérance du sacerdoce, encore fidèle au poste. Les temps sont accomplis. On est à l’avant-dernière heure. Zacharie peut rester muet. Bientôt c’est le Verbe qui va parler. Le nom de Jean est donné, disant la gratuité du don de Dieu. Marie aujourd’hui célèbre déjà, dans l’offrande du fruit de ses entrailles, le Christ Souverain Prêtre compatissant et rédempteur (He 2,17) dont la miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent (Lc 1,50).

Elle parle au nom d’Élisabeth, dernier témoin dans sa vieillesse et sa stérilité
de ce peuple élu, usé par son attente humaine
et ses infidélités à Dieu. Car aujourd’hui l’espérance d’Ève et le rire de Sarah ; les soupirs de Rébecca, les larmes de Rachel, les rêves de Ruth ; les prières d’Anne offrant déjà avec son fils Samuel
les prémices du pain et du vin ; les cris de Judith, les peurs d’Esther et les insomnies de la Sulamite, cherchant partout le bien-aimé dans les rues de la ville, trouvent enfin leur point d’achèvement. La nouvelle alliance salue l’ancienne. Au signe que porte Élisabeth se joint le témoignage de Marie. Et la bonne nouvelle reçue
devient déjà la bonne nouvelle annoncée : Élisabeth a exulté. Marie, elle, peut exalter le Très-Haut
dont elle porte en elle le Fils très saint (Lc 1,35). Dans la joie et l’humilité, pleine de charité, elle peut chanter : Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur. Il s’est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Au nom de Joseph, elle peut rendre grâce. Lui qui a été tourmenté dans son cœur à cause d’elle, 
lui qui a été bouleversé dans son âme comme elle, lui qui a été déchiré dans son esprit tout près d’elle, il a fini par accepter le plus grand amour, la plus haute justice et la foi impossible. Mais rien n’est impossible à Dieu. Il est bien le père de Jésus, puisqu’il lui donnera son nom (Mt 1,21-25). Il est bien son époux à elle puisqu’il consent, comme elle, à la pleine volonté du Père par quoi se donne
toute vraie filiation (Ep 3,14-15). Il pourra librement grandir en taille, en sagesse et en grâce, devant Dieu et devant les hommes, ce Jésus, le fils du charpentier (Mc 6,3 ; Jn 6,42) et le fils de Marie qui loua le Père du ciel en disant : Le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son nom (Lc 1,49).

C’est ainsi que Marie a rendu grâce et tressailli de joie, à l’aurore des temps nouveaux. Laissons-la donc porter
notre supplication et notre action de grâce puisqu’elle est notre mère, la première rachetée ; 
et qu’elle a trouvé grâce aux yeux de Dieu (Lc 1,30). 
Celui qui déploie la force de son bras
et disperse les superbes, Il renverse les puissants de leur trône, Il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides (Lc 1,51-53). Il est la Parole. Il est la Lumière. Il est la Vie. Nous allons bientôt pouvoir entendre son Verbe. Nous allons bientôt pouvoir marcher à sa Lumière (Jn 12,35-36). Nous allons goûter à sa Vie, en recevant tous de sa Plénitude (Jn 1,16).

Il nous suffit pour l’heure de retenir nos voix ; d’avancer encore un peu dans l’ombre, en espérant la Vie éternelle promise. Marie, aujourd’hui, chante en notre nom à tous, depuis Adam jusqu’à Zacharie, avec Abraham, David, Élisabeth et Joseph, toutes les saintes femmes, tous les sages, tous les prophètes, tous les prêtres, tous les rois
et tout le peuple des anawim. Elle chante, avec tous ceux et celles qui la précèdent, le Cantique que chaque jour reprendront
tous ceux et celles qui la suivent, d’âge en âge (Lc 1,50). 
Redisant avec elle : Maranatha ! à Celui qui est déjà venu et qui revient. Ceux et celles qui, avec elle et pour elle, chaque soir, redisent à Dieu : Magnificat ! Le Seigneur fit pour nous des merveilles ; saint est son nom !

Abbé Philippe Link / Merci!

-----


  Prière

Doux enfant de Bethléem, accorde-nous de communier de toute notre âme au profond mystère de Noël.
Mets dans le cœur des hommes cette paix qu’ils recherchent parfois si âprement, et que Toi seul peux leur donner.
Aide-les à se connaître mieux, et à vivre fraternellement comme les fils d’un même Père.
Découvre-leur Ta beauté, Ta sainteté et Ta pureté. Éveille dans leurs cœurs l’amour et la reconnaissance pour ton infinie bonté.
Unis-les tous dans Ta charité et donne-nous Ta céleste paix.

 

Jean XXIII

   

Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 20 décembre 2023

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 39-45) / (451,851)

Bonjour!

Jeudi 21 décembre 2023




Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 39-45)

Alléluia, Alléluia.
Viens, Emmanuel,
notre Législateur et notre Roi !
Sauve-nous, Seigneur notre Dieu.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
    et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
    D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

L’évangile de ce jour nous rapporte la visitation de Marie à sa cousine Élisabeth. A travers Élisabeth, nous pouvons discerner l’image de l’humanité stérile à cause du péché, incapable de porter un fruit de vie.

Mais voilà, Dieu n’a pas voulu laisser ainsi son épouse infidèle. Il est venu à sa rencontre pour la sauver et la rendre à nouveau capable de porter la vie. Après un temps de délaissement, son Bien-Aimé est venu jusqu’à elle. Il a escaladé les montagnes, il a franchi les collines, il a bravé tous les obstacles que par notre péché nous avions dressés entre lui et nous. Il a accouru comme la gazelle, comme le petit d’une biche, empressé de nous sauver (Cf. 1ère lect.).

Marie, qui la première a été rejointe par lui, a reçu la mission de le porter aux hommes et aux femmes marqués par le péché originel et souffrants de ses conséquences. Avec elle et en elle, notre Seigneur a porté la joie et l’allégresse du Salut.

C’est bien ce qui transparaît dans l’épisode de la visitation de Marie à sa cousine. La paix et la joie rayonnent de cet évangile. A travers la salutation de Marie, c’est le Verbe de Dieu qu’elle porte en elle qui s’adresse à Élisabeth. L’action sanctifiante de la Parole divine est alors immédiate : « l’enfant tressaillit en elle », nous rapporte saint Luc. On pourrait aussi traduire : « l’enfant bondit d’exaltation ».

Cet enfant, qui est-il ? Jean-Baptiste, bien sûr, qui jubile devant la venue de celui à qui il prépare la route… Mais ne peut-on pas aussi l’interpréter de façon plus large comme la dimension spirituelle présente en tout homme, qui endormie à cause du péché, se voit ici réveillée. Avant même de naître, le Fils de Dieu communique sa vie à celui qui vit dans l’espérance de l’accomplissement de la promesse divine de salut.

Le temps de l’Avent nous est donné précisément pour raviver en nous la flamme de cette espérance. Serons-nous encore émerveillés comme Élisabeth par cette visite que le Verbe de Dieu veut nous rendre en sa Mère, par cet abaissement où l’incompréhensible de Dieu se fait connaître, où l’Ineffable divin se laisse saisir ? Tressaillirons-nous d’allégresse au son des paroles de salut que notre Seigneur nous adresse par la voix de Marie et de l’Église ?

Derrière cette jeune femme qui se rend chez sa cousine, c’est bien le Verbe de Dieu qui vient à la rencontre de son précurseur, et en le consacrant et le sanctifiant par l’Esprit prépare ses visites au sein de la Nouvelle Alliance. Aujourd’hui encore, Dieu vient jusqu’à nous en Marie. Sans aucun mérite de notre part, il vient nous sauver et nous donner part à sa divinité et à son éternelle sainteté.

Avec Marie, dans l’humilité, glorifions Dieu pour cette merveille. Car il faut être humble, littéralement « pauvre » pour reconnaître dans la banalité d’un tel événement la réalisation d’un si grand mystère. Rappelons-nous ces paroles de Jésus lui-même exprimées dans un tressaillement de joie dans l’Esprit Saint : « Je te bénis Père d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux humbles » (Mt 11, 25).

Seigneur, en ce jour, nous invoquons sur nous ton nom qui est saint. En lui, notre esprit exulte et notre âme est en fête, car il est le seul nom qui nous sauve : Jeshua, Dieu Sauveur. Père, nous t’offrons ce tressaillement de joie en réponse au don de ton salut en celui qui vient nous sauver, ton Fils unique, Jésus Christ, notre Seigneur !

Abbé Philippe Link  /  Merci1

-----


Prions les uns pour les autres...

Bonne journée!

Jean-Yves