samedi 25 mai 2024

« Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » / (464,744)

 Bonjour!

Dimanche 26 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...


ÉVANGILE

« Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 16-20)

Alléluia. Alléluia.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :
au Dieu qui est, qui était et qui vient !
Alléluia. (cf. Ap 1, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
les onze disciples s’en allèrent en Galilée,
à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent,
mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles :
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples :
baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
apprenez-leur à observer
tout ce que je vous ai commandé.
Et moi, je suis avec vous
tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Le mystère de la Trinité est un des trois principaux mystères de la foi chrétienne – avec le mystère de l’incarnation et celui de la rédemption. C’est le mystère le plus englobant, celui qui nous révèle l’origine et la fin de toutes choses ; mais, nous ne pouvons nous élever à une telle hauteur qu’en nous appuyant sur les deux autres. Car tout ce que nous affirmons de Dieu, nous l’apprenons de son Fils Jésus Christ. « Dieu » est un concept philosophique qui désigne, dans toutes les cultures, la Cause première et ultime, celle qui par définition est au-delà de tout, et demeure par conséquent inconnaissable, ineffable. Mais sorti de ces généralités sur lesquelles les avis convergent, les différences entre les conceptions du divin vont s’accumuler au point de conduire à des doctrines totalement incompatibles entre elles. Ce qui prouve bien que l’homme est incapable de remonter à la Source par ses propres efforts.

C’est pourquoi Dieu lui-même est sorti de son silence et est venu au-devant de nos efforts pour nous révéler son identité. Dans un premier temps, par le ministère des hagiographes de la première alliance, il affirme à la fois sa transcendance et son caractère personnel. Dieu ne se confond pas avec la nature ; les puissances qui s’y manifestent ne sont pas divines : la puissance et la sagesse que l’on contemple dans ce monde témoignent de la toute-puissance et de la suprême sagesse du Créateur, qui donne à chaque instant « la vie, le mouvement et l’être » à tout ce qui existe. En outre, le Dieu transcendant n’est pas une Énergie impersonnelle : il a créé l’homme afin d’engager un dialogue avec lui ; en vue de l’alliance d’amour qu’il voulait sceller avec lui, il l’avait doté d’intelligence, de volonté et de libre disposition de soi. Lorsque Dieu révèle aux hommes son Nom, ce n’est pas sa puissance qu’il met en avant, ni même sa justice, mais sa tendresse et sa miséricorde : « Le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ».

Mais que signifient ces concepts lorsqu’ils sont attribués à Dieu ? Certes nous pressentons ce qu’est la tendresse humaine, mais comment pouvons-nous imaginer ce qu’est la tendresse divine ? Dieu n’est pas tendre comme l’homme, mais comme Dieu seul peut l’être. Il est la source ineffable de toute tendresse, miséricorde, de tout amour. A nouveau nous buttons sur les limites du langage humain qui, lorsqu’il parle de Dieu, ne peut être qu’analogique. C’est pourquoi « à la plénitude des temps » (Ga 4, 4), Dieu s’est adressé aux hommes non plus par la médiation des prophètes, mais immédiatement, face à face. Il n’a plus mis sa Parole dans le cœur et sur les lèvres des hagiographes, mais « sa Parole s’est faite chair, elle a habité parmi nous » (cf. Jn 1, 14). Il est venu « marcher au milieu de nous », comme le lui demandait Moïse son serviteur, afin « de pardonner nos fautes et nos péchés, et faire de nous un peuple qui lui appartienne ».

Ainsi après avoir affirmé son absolue transcendance, Dieu nous révélait en son Fils son ineffable proximité. En Jésus, vrai Dieu et vrai homme, nous voyons pleinement réalisé le dessein d’amour de Dieu sur sa créature de prédilection. Dès les origines Dieu nous a créés pour que nous « devenions participants de sa nature divine » (2 P 1, 4), pour que nous vivions de sa propre vie et participions à sa béatitude. Comme le disaient les Pères de l’Église : Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse devenir dieu par participation à la divinité de son Fils unique.

Tout cela est cependant tellement grand, que nous aurions du mal à entrer dans ce mystère si Dieu ne venait pas à notre secours : « Nul ne peut dire : “Jésus est Seigneur” sans l’Esprit Saint » (1 Co 12, 3). Jésus lui-même nous a envoyé d’auprès du Père l’Esprit Saint, chargé de nous introduire dans la vérité tout entière. Lui seul peut nous faire découvrir dans la croix « la folie d’amour de Dieu qui est plus sage que l’homme, et la faiblesse de Dieu qui est plus forte que l’homme » (1 Co 1, 25). C’est à sa lumière que tout s’éclaire et que nous découvrons, émerveillés, que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle ». L’Esprit Saint est notre pédagogue divin qui nous achemine patiemment vers la découverte de « la largeur, la longueur, la profondeur de l’amour du Christ, qui surpasse tout ce qu’on peut connaître », c’est en lui que « nous serons comblés jusqu’à entrer dans la plénitude de Dieu » (Ep 3, 18-19). C’est encore en lui que nous pouvons donner notre réponse fidèle, unissant notre prière à celle de Jésus pour « crier vers le Père en l’appelant : “Abba !” (Rm 8, 15).

Seule la révélation de notre destinée de gloire peut donner sens à notre vie. Non nous ne sommes pas le fruit des caprices du hasard et de la nécessité ; nous sommes créés par un Dieu d’amour qui veut nous « combler de sa bénédiction spirituelle en Jésus Christ » (Ep 1, 5) en qui « nous avons accès auprès du Père dans un seul Esprit ; en lui nous sommes devenus citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu » (Ep 2, 18-19). Telle est notre espérance et la source de notre joie. C’est pour nous encourager à persévérer sur le chemin du Christ qui nous conduit au Père que nous nous rassemblons chaque dimanche. « Que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, nous donne un esprit de sagesse pour le découvrir et le connaître vraiment. Qu’il ouvre nos cœurs à sa lumière, pour nous faire comprendre l’espérance que donne son appel, la gloire sans prix de l’héritage que nous partageons avec les fidèles » (Ep 1, 17-18).

 Dieu notre Père, tu as envoyé dans le monde ta Parole de vérité et ton Esprit de sainteté pour révéler aux hommes ton admirable mystère. Donne-nous de professer la vraie foi en reconnaissant la gloire de l’éternelle Trinité, et en adorant son Unité toute-puissante.

Abbé Philippe Link  --  Merci!

-----


Bon dimanche!

Jean-Yves 


vendredi 24 mai 2024

« Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas » / (464,669)

 Bonjour!

Samedi 25 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas » (Mc 10, 13-16)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    des gens présentaient à Jésus des enfants
pour qu’il pose la main sur eux ;
mais les disciples les écartèrent vivement.
    Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :
« Laissez les enfants venir à moi,
ne les empêchez pas,
car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
    Amen, je vous le dis :
celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu
à la manière d’un enfant
n’y entrera pas. »
    Il les embrassait
et les bénissait en leur imposant les mains.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

« En ce temps-là, des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux » : réflexe spontané des mamans qui désirent que leur enfant profite des « effluves positives » qui rayonnent de la personne du Rabbi. Le verbe traduit par « poser la main » suggère en effet davantage une intervention thérapeutique qu’une bénédiction. Est-ce en raison du caractère superstitieux de la demande que les disciples « écartent vivement » ces enfants, ou pour protéger le Maître assailli par la foule ? Quoi qu’il en soit la réaction de Jésus ne se fait pas attendre et est particulièrement ferme : « Il se fâcha » ! Notre-Seigneur considère que c’est faire injustice à ces enfants que de les repousser. 

Quelle que soit l’intention des parents, l’occasion est trop belle pour ne pas la saisir : Jésus « embrasse et bénit les enfants en leur imposant les mains ». Si la demande au départ était ambigüe, Jésus la corrige en offrant sa bénédiction. Il va même citer l’attitude à l’égard des enfants, comme critère de discernement pour l’entrée dans le Royaume.

Deux sens s’ouvrent devant nous : la parole de Jésus peut être entendue comme l’invitation à accueillir le Royaume à la manière dont les enfants le reçoivent ; mais aussi comme une invitation à recevoir le Royaume comme s’il s’agissait d’un enfant.

Commençons par la première interprétation, selon laquelle c’est « à la manière » des enfants qu’il nous faut « accueillir le royaume de Dieu ». Qu’est-ce à dire ?

Il ne saurait être question d’interpréter ces paroles dans un sens moralisateur : le thème de l’innocence de l’enfant ne fait pas partie de la tradition juive ; le Psaume 51 (50) précise en effet au verset 7 que l’homme est pécheur dès le sein de sa mère. L’enfant représente plutôt l’être humain en voie de croissance, qui a tout à recevoir et doit se laisser conduire dans la confiance par ceux qui ont la charge de son éducation. L’appel lancé par Jésus résonnerait donc comme une invitation à l’ouverture confiante à sa Personne, dans une relation simple et vraie, empreinte d’affection et de respect. Jésus ne demande pas à ces enfants un certificat de bonne conduite : pourvu qu’ils s’approchent, tels qu’ils sont, il « les embrasse », et conformément à la tradition, il « les bénit en leur imposant les mains ».

Selon l’autre interprétation possible, Jésus nous inviterait à accueillir le Royaume comme nous accueillons un enfant. Les exégètes penchent plutôt pour cette seconde approche en raison de l’attitude des enfants et de celle des disciples. Il est difficile en effet de citer le comportement des premiers en exemple, vu leur passivité : ils sont amenés par leurs parents auprès du Rabbi. Par contre les disciples, en les écartant vivement, manifestent leur refus de les recevoir. Par le fait même ils font la preuve qu’ils ne sont pas encore en état d’entrer dans le Royaume, car seul y a accès celui qui le reçoit comme on accueille un enfant. La surprise vient du fait qu’il faut recevoir le Royaume pour y entrer. Jésus lui-même nous montre en quoi consiste cet accueil : « il les embrassait et les bénissais en leur imposant les mains ». Lorsqu’on se souvient que le Royaume s’identifie à la Personne de Jésus, on comprend que seul celui qui accueille le Seigneur comme un ami confié à sa tendresse, peut espérer entrer dans le Royaume.

Mais cette interprétation ne renversent-elle pas les rôles : n’est-ce pas le Seigneur qui nous invite à venir à lui ? N’est-ce pas lui qui nous offre sa tendresse ?

Dans un premier temps, certes : « Il en institua douze pour qu’ils soient avec lui » (Mc 3, 14) ; mais le verset poursuit : « …et pour les envoyer prêcher ». Le disciple qui a rencontré en Jésus le « Seigneur tendre et miséricordieux » (Ex34, 6), est chargé d’en témoigner en le recevant à son tour avec la même tendresse dans la personne de ses frères : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Voilà ce que les disciples n’ont pas encore compris : le Royaume de Dieu se cache dans les plus petits dont Jésus s’est rendu solidaire en épousant leur humanité.

Par le fait même, Jésus affirme non seulement que les enfants font partie de l’Église, mais il nous montre l’attitude que nous devons adopter à leur égard : les communautés chrétiennes sont invitées à accueillir les enfants avec tendresse, les embrassant et les bénissant comme le Seigneur lui-même l’a fait et veut continuer à le faire à travers nous. Souvenons-nous que la qualité de l’accueil que nous réservons aux enfants dans nos assemblées peut être déterminante pour la décision qu’ils prendront lorsque l’âge sera venu d’un choix personnel. Il n’est d’ailleurs pas défendu d’espérer que l’attention que nous leur porterons nous permettra, par un phénomène d’« osmose spirituelle », d’imiter leur simplicité dans notre relation à Dieu.

N’est-ce pas lorsque « jeunes et vieux se réjouissent ensemble » que nos communautés s’approchent de l’image de l’Église proposée par saint Paul dans la lettre aux Éphésiens : « Vous n’êtes plus des étrangers, ni des émigrés ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la famille de Dieu » (Eph 2, 19) ?

Seigneur Jésus, tu es venu à nous comme un enfant pour nous apprendre qu’il nous faut renaître pour entrer dans le Royaume. Donne-nous un cœur assez simple pour pouvoir te reconnaître et te recevoir tel que tu te donnes, dans les petits que nous rencontrons chaque jour sur notre route.

Abbé Philippe Link Merci!

-----


-----

"La pureté est le pouvoir de contempler la souillure."

(Simone Weil)

-----

"C'est dans la rosée de petites choses que le cœur trouve son matin et se rafraîchit."

(Khalil Gibran)

-----

"La clarté ne naît pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur."

(Carl Gustav Jung)

-----

Bonne journée!

Jean-Yves 


jeudi 23 mai 2024

« Ce que Dieu a uni, que personne ne le sépare ! » / (464,594)

 Bonjour!

Vendredi 24 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 



ÉVANGILE

« Ce que Dieu a uni, que personne ne le sépare ! » (Mc 10, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Ta parole, Seigneur, est vérité ;
dans cette vérité, sanctifie-nous.
Alléluia. (cf. Jn 17, 17ba)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus arriva dans le territoire de la Judée,
au-delà du Jourdain.
De nouveau, des foules s’assemblèrent près de lui,
et de nouveau, comme d’habitude, il les enseignait.
    Des pharisiens l’abordèrent
et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient :
« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
    Jésus leur répondit :
« Que vous a prescrit Moïse ? »
    Ils lui dirent :
« Moïse a permis de renvoyer sa femme
à condition d’établir un acte de répudiation. »
    Jésus répliqua :
« C’est en raison de la dureté de vos cœurs
qu’il a formulé pour vous cette règle.
        Mais, au commencement de la création,
Dieu les fit homme et femme.
    À cause de cela,
l’homme quittera son père et sa mère,
    il s’attachera à sa femme,
et tous deux deviendront une seule chair.

Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
    Donc, ce que Dieu a uni,
que l’homme ne le sépare ! »
    De retour à la maison,
les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
    Il leur déclara :
« Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre
devient adultère envers elle.
    Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre,
elle devient adultère. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Au sujet de la répudiation, deux écoles s’affrontaient au temps de Jésus. La première, celle de Shammaï, plus attentive aux droits de l’épouse, ne permettait sa répudiation qu’en cas d’inconduite sexuelle ; la seconde, celle de Hillel, concédait au mari un droit de répudiation sans rien préciser de plus, laissant la porte ouverte à l’arbitraire le plus absolu. C’est cette dernière école qui prévalait au temps de Jésus.

Les pharisiens connaissant les exigences morales de Jésus veulent le mettre en porte à faux par rapport à l’opinion commune en l’interrogeant sur cette question de la répudiation de l’épouse par son mari. Jésus, restant dans le style des discussions et controverses rabbiniques, va répondre par une autre question en demandant si Moïse a « commandé » quelque chose au sujet de la répudiation. Les pharisiens répondent qu’il s’agit en fait d’une « permission ».

Jésus met alors en relief la confusion opérée par ces hommes qui assimilent au commandement de Loi une prescription concédée par Moïse au peuple incapable de fidélité au Dieu de l’Alliance comme en matière de lien conjugal à cause de sa « dureté de cœur ».

La loi originelle manifestant la volonté du Créateur est claire : Dieu crée l’homme et la femme à son image fondant l’unité indissoluble du mariage en les liant lui-même l’un à l’autre : « Au commencement de la création, il les fit homme et femme. A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu’un. »

Moïse l’avait bien compris. La formulation du Décalogue en témoigne : « Tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain » (Dt 5, 18.21) qui, traduite en termes positifs par Malachie, donne : « Tu seras fidèle à la femme de ta jeunesse, celle qui fut ta compagne et la femme de ton alliance » (Ml 2, 14).

Cependant, pour préserver un minimum de droit à l’épouse et lui éviter de se trouver sans recours devant une possible décision arbitraire de répudiation de la part de son époux, Moïse avait exigé d’établir un acte de répudiation qui lui permettait d’échapper à la honte du soupçon d’inconduite, et de se remarier en toute légalité. Mais cette concession n’autorisait en rien le divorce et le renvoi de l’épouse par son mari.

Peut-être pouvons-nous élargir le propos de cet évangile. Ce qui est « permis » dans le but de limiter les abus, ne doit pas nous détourner de ce qui est « prescrit », c’est-à-dire dans le cas de notre évangile de ce qui correspond à l’appel de Dieu sur l’homme et la femme. Les manquements à l’amour sont inévitables. Cependant la miséricorde envers nos faiblesses ne nous dispense pas de poursuivre notre effort de conversion en vue d’atteindre la charité parfaite. Bien au contraire. C’est pour cela que notre Seigneur Jésus-Christ nous donne la force de transformer notre cœur de pierre, dur et intransigeant, en cœur aimant. Ce don est un appel que Dieu nous adresse à nous efforcer avec l’aide de sa grâce de demeurer fidèles à son dessein initial sur l’humanité, sans prendre prétexte de quelque concession que ce soit pour justifier une attitude de faiblesse ou de médiocrité.

Seigneur, au milieu de notre monde où le relativisme tend à nous faire justifier notre manière de vivre en fonction de ce que nous sommes capables de vivre aujourd’hui, fais-nous la grâce de ne pas perdre de vue la voie de ta Sagesse. Puisse chacun de nous renouveler chaque matin cette prière du Psalmiste : « Montre-moi la voie de tes préceptes, que je médite sur tes merveilles. Montre-moi comment garder ta loi, que je l’observe de tout cœur. Guide-moi sur la voie de tes volontés, là je me plais » (Ps 118 (119), 33-35).

Abbé Philippe Link - Merci!

-----



Bonne journée!

Jean-Yves 



« Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains » (463,529)

 Bonjur!

Jeudi 23 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour....


ÉVANGILE..




« Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains » (Mc 9, 41-50)

Alléluia. Alléluia.
Accueillez la parole de Dieu
pour ce qu’elle est réellement :
non pas une parole d’hommes,
mais la parole de Dieu.
Alléluia. (cf. 1 Th 2, 13)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Celui qui vous donnera un verre d’eau
au nom de votre appartenance au Christ,
amen, je vous le dis,
il ne restera pas sans récompense.

    Celui qui est un scandale, une occasion de chute,
pour un seul de ces petits qui croient en moi,
mieux vaudrait pour lui
qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes,
et qu’on le jette à la mer.
    Et si ta main est pour toi une occasion de chute,
coupe-la.
Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains,
là où le feu ne s’éteint pas.
    Si ton pied est pour toi une occasion de chute,
coupe-le.
Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
    Si ton œil est pour toi une occasion de chute,
arrache-le.
Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
    là où le ver ne meurt pas
et où le feu ne s’éteint pas.
    Chacun sera salé au feu.
    C’est une bonne chose que le sel ;
mais s’il cesse d’être du sel,
avec quoi allez-vous lui rendre de la saveur ?
Ayez du sel en vous-mêmes,
et vivez en paix entre vous. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

On dirait que, dans ce passage, saint Marc s’est contenté de rassembler divers préceptes du Seigneur ; comme s’il nous donnait directement accès à son carnet de notes, sans chercher à les ordonner. Mais ce n’est pas une raison pour les isoler les unes des autres ; elles sont données dans la succession de notre lecture continue de l’évangile, c’est-à-dire dans le contexte des explications que Jésus donne à ses disciples pour les aider à comprendre qu’il va à Jérusalem y vivre sa Passion.

Pour commencer, le Seigneur évoque ceux qui offriront un verre d’eau à ses disciples, au nom de leur appartenance au Christ. En elle-même, cette image a du poids. Cependant, cette coupe d’eau n’est pas un verre que l’on tend à qui a soif ; elle est le signe de bienvenue convenu dans les maisons où l’on accueille, dans la simplicité, les disciples du Seigneur. Elle est le geste de l’hospitalité fraternelle. Ce geste, dit le Seigneur, aura sa récompense. L’évangile de ce soir s’ouvre donc dans un contexte sinon communautaire, en tous cas fraternel, et heureux.

Viennent ensuite des prescriptions négatives. Elles concernent d’abord ceux qui s’attaqueraient à « un seul de ces petits qui croient en moi », puis elles interpellent chacun de ceux qui suivent le Seigneur. Ils doivent avoir le sens des enjeux que représentent la vie éternelle et ainsi se montrer prêts à renoncer à une main, à un pied ou à un œil pour éviter de se perdre tout entier. Ces membres ont bien entendu une valeur symbolique : ils désignent tout ce par quoi l’homme pèche. Avec la main, il prend et s’accapare le bien d’autrui, avec le pied il marche sur les chemins de la violence et de l’autonomie, avec l’œil, il laisse les mauvais désirs entrer en lui et diriger sa vie.

Mais gardons bien la perception du contexte. Jésus ne vise pas seulement les comportements individuels en eux-mêmes. En commençant son énumération par le rapport aux petits et en le terminant par un appel à vivre en paix entre frères, « vivez en paix entre vous », Jésus montre que son intention vise la vie communautaire dans son ensemble. La communauté chrétienne est en effet un corps dont chacun des membres doit participer à sa bonne santé spirituelle ; chacun est responsable du bien de tous. Dès lors, ce n’est pas seulement pour éviter de se perdre qu’il faut être prêt à renoncer à un ses propres membres : il faut conserver la paix au sein de la communauté, fusse au prix d’un de ses membres, car si cette paix venait à disparaître, chaque individu pourrait perdre l’accès à la vie éternelle. Par la paix que nous maintenons entre nous, nous garantissons de salut de chacun. Or celui qui troublera la paix de tous, sera en outre l’objet du courroux du Seigneur : « mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer ». La communauté est le lieu où s’épanouissent les petits que chérit le Seigneur, elle doit donc être protégée.

« Car tout homme sera salé au feu ». Mieux vaut amputer la main plutôt que tomber dans la géhenne où le feu ne s’éteint pas, car, en tous cas, tout homme passera par le feu purificateur de l’amour de Dieu. Il est inutile de s’attacher à nos membres, car nous passerons tous par l’épreuve purificatrice, pour notre bien et par délicatesse d’amour de notre Dieu. C’est de cet amour que le sel tient sa saveur et que l’homme tient sa valeur. Jésus parle, nous l’avons compris, de l’offrande volontaire de soi, du détachement de soi dans l’amour, il explique la Croix.

« C’est une bonne chose que le sel ; mais si le sel cesse d’être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre sa force ? ». Le feu purificateur de l’amour de Dieu produit en l’homme la sagesse, la grâce, la pureté. Si le sel vient à s’affadir, si l’homme perd la grâce et la sagesse de Dieu, les relations dans la communauté sont mises en péril, la paix qui l’unit est compromise.

Le rapprochement avec la Passion que Jésus annonce sans que ses disciples comprennent, se dessine ainsi peu à peu. Par sa souffrance, Jésus va briser le mur de la haine et rassembler la famille de Dieu. Il le fait par amour de ses frères et par égard pour l’amour du Père pour ses enfants, les petits que le péché à asservi. Ainsi chacun de ses disciples. Dans la communauté à laquelle nous appartenons, la Croix est le chemin par lequel nous devons volontairement nous engager pour édifier avec le Seigneur l’unité de sa famille dans la charité. La paix de tous et le salut de chacun en dépendent.

Seigneur Jésus, donne-nous de mesurer la grandeur de ce que tu donnes à vivre, ouvre nos yeux à cette merveille qui ne saurait être comparée avec un attachement déplacé à nos mains, nos pieds et nos yeux qui nous conduisent loin de toi. Ainsi, acceptant d’être unis à toi sur la Croix, nous édifierons avec toi l’unité de ton Corps qui est l’Église. Merci de nous associer à cette œuvre de réconciliation qui produira en nous le sel qui donne son goût à la vie et qui permet de vivre dans la paix que partagent des frères. 

Abbé Philippe Link - Merci!

-----



Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 21 mai 2024

« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous » / (464,419)

Bonjour!

Mercredi 22 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous » (Mc 9, 38-40)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.
Personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

    En ce temps-là,
    Jean, l’un des Douze, disait à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser les démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
    Jésus répondit :
« Ne l’en empêchez pas,
car celui qui fait un miracle en mon nom
ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
    celui qui n’est pas contre nous
est pour nous. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

L’éducation des disciples ne fut pas chose aisée : Jésus avait choisi des hommes comme les autres, avec leurs qualités et leurs limites, pour ne pas dire leurs défauts. Ils vivaient incontestablement leur statut de disciple comme une promotion, un honneur ; d’autant plus que dans leur cas, c’était le Rabbi qui les avait choisis ! Il est clair que ces humbles pécheurs du lac de Galilée n’étaient pas disposés à perdre les prérogatives liées à leur état.

Dans la péricope précédente, nous avons vu comment Jésus tentait déjà, avec une infinie patience, d’élever leur motivation. Il les invitait à renoncer à toute recherche de pouvoir et de gloire personnelles, pour se mettre au service de ces petits auxquels Notre-Seigneur s’identifie et vers lesquels il les envoie.

Peine perdue : les disciples n’écoutent pas vraiment ce que Jésus leur dit. Il y a des questions plus urgentes à traiter que de s’occuper d’un enfant passant par là. Pensez donc : un inconnu a été surpris en flagrant délit d’appropriation du nom de leur Maître pour chasser des esprits mauvais ! Jean, « le fils du tonnerre » (Mc 3, 17) est scandalisé et inquiet : cet homme a empiété sur les pouvoirs qui leur sont réservés. Que leur restera-t-il si tout le monde se permet d’exercer leur ministère ?

Nous ne quittons décidément pas le terrain des jeux de pouvoir, qui se sont insinués non seulement entre les proches de Jésus, mais également dans les relations du groupe des disciples avec le monde extérieur. L’ironie du sort veut que cet « étranger » qui a osé se servir du nom du Maître pour chasser des esprits mauvais, a réussi son entreprise là où les disciples sont demeurés en échec – pensons à l’épisode de l’enfant sourd-muet et épileptique que les apôtres n’ont pas réussi à délivrer. Raison de plus pour empêcher ce concurrent d’agir : il va finir par faire de l’ombre aux ayant droits !

« Il n’est pas de ceux qui nous suivent » : l’expression trahit un décentrement qui n’est pas anodin : depuis quand s’agit-il de suivre les disciples et non le maître ? Ce lapsus ne trahirait-il pas une appropriation du ministère, voire de la personne de Jésus, récupérés au service de la vaine gloire de ses compagnons ?

L’humilité et la mansuétude de la réponse de Jésus tranche singulièrement sur le discours revendicateur et accusateur des disciples : « Si cet homme a pu prendre autorité sur les esprits mauvais en utilisant mon nom, c’est qu’il m’était étroitement uni par la foi. Grâce à cette communion, l’Esprit a pu coopérer efficacement à son action et obtenir la délivrance. Cette expérience sera incontestablement pour lui la confirmation du bien-fondé de sa confiance en moi, et son attachement à ma personne s’en trouvera renforcé. 

Comment pourrait-il parler mal de moi, alors qu’il vient explicitement de puiser dans mon autorité pour faire le bien ? Il deviendra tout au contraire un messager de la Bonne Nouvelle du salut apporté en mon Nom. N’est-ce pas la mission que j’ai confiée à chacun de vous ? Réjouissez-vous donc avec moi de ce que l’action de l’Esprit déborde notre petit groupe ! »

Il est probable que le comportement quelque peu mesquin des disciples nous choque ; mais sommes-nous tellement différents d’eux dans nos pratiques quotidiennes ? Le Seigneur nous invite à nous réjouir du succès des autres, même de nos rivaux directs qui excellent avec facilité dans le domaine où nous nous efforçons péniblement à porter du fruit. Tout ce qui se fait de bien autour de nous ne peut se faire qu’avec l’aide de la grâce, et devrait donc susciter notre reconnaissance. 

Demandons à l’Esprit Saint de nous aider à prendre autorité sur tous nos sentiments négatifs : que notre louange chante plus fort que notre envie ; que notre admiration pour les dons de Dieu si largement répartis prévale sur notre jalousie ; que notre bénédiction accompagne les œuvres de nos « concurrents » afin qu’ils mettent toujours davantage leurs dons au service du plan de Dieu. C’est ainsi que nous serons véritablement disciples du Christ, nous réjouissant avec lui pour tout ce qui contribue à la gloire du Père et au bien de nos frères.

Seigneur j’ai honte en découvrant en moi tant de sentiments inavouables que je cachais tant bien que mal, mais que ta Parole dénonce impitoyablement. Merci de dévoiler au grand jour mon hypocrisie : je confesse ton Nom, tout en nourrissant des pensées de ressentiments envers ceux qui me font ombrage, et en préparant des stratégies d’exclusion de ceux qui me font obstacle… Donne-moi un cœur pur, que je puisse me réjouir du bien des autres, de leurs réussites, de leurs succès, sans que cette joie ne soit obscurcie par la tristesse qu’engendre ma jalousie. Libre de tout ressentiment, je pourrai alors reconnaître ta bonté et te louer en toutes circonstances, car tu es un Dieu bon ami des hommes.

Abbé Philippe Link - Merci!

-----


-----
«C'est à l'endroit où l'eau est la plus profonde qu'où le est le plus calme.»
-----
«Un paysage quelconque est un état de l'âme.»

Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 20 mai 2024

« Le Fils de l’homme est livré. Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous » / (464,372)

 Bonjour!

Mardi 21 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Le Fils de l’homme est livré. Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous » (Mc 9, 30-37)

Alléluia. Alléluia.
Que la croix du Seigneur soit ma seule fierté !
Par elle, le monde est crucifié pour moi,
et moi pour le monde.
Alléluia. (Ga 6, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus traversait la Galilée avec ses disciples,
et il ne voulait pas qu’on le sache,
    car il enseignait ses disciples en leur disant :
« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ;
ils le tueront
et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
    Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles
et ils avaient peur de l’interroger.

    Ils arrivèrent à Capharnaüm,
et, une fois à la maison, Jésus leur demanda :
« De quoi discutiez-vous en chemin ? »
    Ils se taisaient,
car, en chemin, ils avaient discuté entre eux
pour savoir qui était le plus grand.
    S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :
« Si quelqu’un veut être le premier,
qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
    Prenant alors un enfant,
il le plaça au milieu d’eux,
l’embrassa, et leur dit :
    « Quiconque accueille en mon nom
un enfant comme celui-ci,
c’est moi qu’il accueille.
Et celui qui m’accueille,
ce n’est pas moi qu’il accueille,
mais Celui qui m’a envoyé. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Alors que nous entrons dans le Temps Ordinaire de l’Église, l’évangile de ce jour s’ouvre sur une annonce de la Passion. Elle n’apporte pas réellement d’information nouvelle, mais elle existe, elle apparaît comme un refrain qui scande la montée de Jésus vers Jérusalem. Elle existe et elle dérange un peu. Mais l’Esprit Saint ne nous est pas donné à la Pentecôte pour notre seule édification personnelle ou pour notre seule paix intérieure. Il est notre force pour rester fidèles à l’évangile, il est celui qui nous enseigne les voies du Seigneur dans la joie comme dans l’épreuve. C’est donc avec lui que nous devons accueillir cette annonce de la Passion, cette confirmation du fait que le Seigneur et ses disciples rencontreront toujours l’hostilité du monde.

Voilà pour nous. Pour les disciples, dans la cadre du récit que mène saint Marc, l’insistance de Jésus n’est pas superflue : nous nous souvenons de la résistance de Pierre. Cette fois, l’annonce de la Passion par Jésus n’est contredite par aucun disciple, mais elle tombe dans le silence de la peur des apôtres. Aucun ne comprend, même ceux qui ont eu le privilège de monter sur le Thabor avec Jésus, et tous ont peur d’interroger Jésus, lui donnant ainsi l’occasion de préciser ce qu’ils ne veulent pas entendre. Ils ne sont pas prêts à passer par le chemin que Jésus veut leur enseigner. D’ailleurs les préoccupations qu’ils expriment en chemin confirme combien ils sont loin de la perspective ouverte par le Seigneur.

Une fois arrivés à la maison, Jésus les interroge en effet : « De quoi discutiez-vous en chemin ? ». Cette question est pour le lecteur d’un grand intérêt. Jésus veut savoir ce qui faisait l’objet des conversations pendant la route et il n’est pas le seul. Il a fait l’annonce de sa Passion, elle n’a été suivie d’aucune réaction directe, aussi nous sommes bien curieux de savoir ce que les disciples ont pu en penser, ce qu’ils en ont dit entre eux. Mais, à nouveau, les apôtres se taisent. Saint Marc est obligé de lever l’ambigüité : cette fois, il s’agit d’un silence gêné, parce que leurs conversations se sont réduites à se disputer le titre de plus grand des apôtres. Voilà qui nous renvoie au constat douloureux que nous nous laisser trop souvent absorber par de fausses questions, laissant le Seigneur seul.

Alors Jésus, qui n’ignore rien de leurs préoccupations, les rassemble solennellement autour de lui. La précision peut sembler superflue puisqu’ils sont déjà dans la maison d’André et de Pierre, ils sont déjà rassemblés. Mais cette convocation est symbolique : elle veut dire que le maître s’apprête à donner un enseignement. « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». Jésus illustre ensuite ce précepte par une sorte de parabole en acte en plaçant au milieu d’eux un enfant, c’est-à-dire quelqu’un qui ne compte pas – les enfants en effet n’avaient pas d’existence sociale formelle. Ainsi, quand il demande à ses disciples de se faire les serviteurs de tous, Jésus veut dire même des plus humbles, même des comptés pour rien.

En somme, Jésus prend les disciples où ils en sont. Ils ne sont pas encore capables d’entendre l’annonce de la Passion. La première étape pour les y conduire est de leur indiquer le chemin de l’humilité. Elle s’acquiert dans le service des plus pauvres.

Seigneur Jésus, donne-nous d’accueillir chaque jour que tu nous donnes comme un don de ton amour, une occasion de nous rapprocher de toi dans la force de ton Esprit. Rends-nous attentifs aux petits et aux pauvres, que nous élargissions notre cœur aux dimensions de ton amour pour chacun de nous.

Abbé Philippe Link - Merci!

-----



Bonne journée!

Jean-Yves