mercredi 23 octobre 2024

« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » / (483,603)

 Bonjour!

Jeudi 24 octobre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Lc 12, 49-53)

Alléluia. Alléluia.
J’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures,
afin de gagner un seul avantage, le Christ
et, en lui, d’être reconnu juste.
Alléluia. (Ph 3, 8-9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Je suis venu apporter un feu sur la terre,
et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
    Je dois recevoir un baptême,
et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
    Pensez-vous que je sois venu
mettre la paix sur la terre ?
Non, je vous le dis,
mais bien plutôt la division.
    Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées :
trois contre deux et deux contre trois ;
    ils se diviseront :
le père contre le fils
et le fils contre le père,
la mère contre la fille
et la fille contre la mère,
la belle-mère contre la belle-fille
et la belle-fille contre la belle-mère. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

En cette époque de l’année où le soleil tarde à se lever et où les matins sont de plus en plus frais, le feu évoque spontanément la lumière et la chaleur bienfaisantes. Mais il n’est pas sûr que telle soit l’interprétation juste de l’image utilisée par Jésus dans ce passage ! Il suffit de lire la suite pour se rendre compte qu’il s’agit plutôt d’un feu purificateur, et par là destructeur, au moins des scories et autres impuretés. 

Ce mystérieux feu que Notre-Seigneur est « venu apporter sur la terre » et dont il voudrait « qu’il soit déjà allumé », va en effet introduire la division jusqu’au cœur des familles. Celles-ci se composent dans la description qu’en donne Jésus de cinq personnes : le père, la mère, le fils, la fille et la belle-mère. « Désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois » : la suite laisse entendre que le fils et la fille – c’est-à-dire la nouvelle génération – se trouveront en opposition avec les parents et la belle-mère, ces derniers représentant les générations antérieures. 

Il est probable que cette image suggère la rupture introduite par la Parole de Jésus entre les deux Alliances : celle contractée entre Dieu et Israël dans les temps anciens, et celle que le Seigneur vient proposer « dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes » (He 1, 2) afin de constituer un peuple nouveau, une humanité nouvelle.

L’image du feu qui suscite la division, rappelle l’épisode où Dieu scelle la première Alliance avec son serviteur Abraham. Sur l’ordre du Seigneur, le patriarche partagea en deux les animaux prévus pour l’holocauste, et « plaça chaque moitié en face de l’autre. Après le coucher du soleil, un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les quartiers d’animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une Alliance avec Abraham » (Gn 15, 9-18). Le rituel d’allégeance prévoyait que le suzerain et le vassal passent tous deux entre les animaux dépecés, en prononçant des imprécations condamnant celui qui trahirait l’alliance, à subir le sort des victimes offertes. 

Or dans le récit de la Genèse, Dieu seul – symbolisé par « la torche enflammée » – accomplit le rite, passant en son nom propre et en celui d’Abraham – « le brasier fumant ». Le feu représente donc la fidélité de Dieu qui s’engage à suppléer aux manquements de l’homme, afin que soit sauvegardée l’Alliance en dépit de toutes nos trahisons.

Peut-être l’image proposée par Jésus fait-elle allusion à ce rite préfiguratif, qui trouve en lui son accomplissement. Notre Seigneur n’est-il pas à la fois le prêtre, l’autel et la victime de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera consumée sur le bois de la Croix dans le Feu de l’Esprit d’amour ? N’est-ce pas lui qui scelle l’Alliance au nom de Dieu et au nom des hommes ? N’est-ce pas de lui que parlait le Précurseur lorsqu’il prophétisait : « Moi je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu » (Lc 3, 16).

Mais pour pouvoir nous baptiser dans le Feu de la vie divine, Jésus va d’abord passer lui-même à travers les grandes eaux de la mort : « Je dois recevoir un baptême, et comme il m’en coûte d’attendre qu’il soit accompli ! » Notre-Seigneur est impatient de prendre sur lui le salaire de notre péché : la mort, afin de pouvoir nous offrir en retour le don gratuit de Dieu : la vie éternelle. Tel est le désir profond du Sauveur ; mais il est bien conscient que tous n’accueilleront pas cet admirable échange : par une étrange obstination, nous résistons à l’action de la grâce ; nous refusons d’être libérés du péché qui nous a pourtant réduit en esclavage. De sorte que nous nous sentons divisés intérieurement entre l’appel de l’Esprit, nous invitant à nous mettre au service de la justice qui mène à la sainteté, et la volonté propre du vieil homme, qui veut demeurer dans l’impureté et le désordre. 

Ce combat fait rage en nous et autour de nous : il divise les familles, les sociétés, les nations. Pensons à la violence de certains propos proférés contre la morale évangélique, non seulement accusée de ringardise, mais dénoncée comme une doctrine mortifère. Pensons aussi aux débats autour de la référence aux racines chrétiennes de l’Europe dans le Préambule de ses Constitutions. « Heureux » celui pour qui Jésus n’est pas cause de scandale ; qui accepte d’être libéré du péché, et qui choisit joyeusement de devenir esclave de Dieu : « Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu’il entreprend réussira » (Ps 1).

Esprit Saint, divin Feu, brûle en nous tout ce qui est incompatible avec la grâce de notre baptême, c’est-à-dire tout ce qui nous détourne de Jésus, Seigneur et Sauveur ; nous voulons être tout à lui, comme de bienheureux esclaves de Dieu, afin de récolter la sainteté qui aboutit à la vie éternelle, conformément au dessein bienveillant du Père à notre égard.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 22 octobre 2024

« À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup / »(483,560)

 Bonjour!

Mercredi 23 octobre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup » (Lc 12, 39-48)

Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous le savez bien :
si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »
    Pierre dit alors :
« Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole,
ou bien pour tous ? »
    Le Seigneur répondit :
« Que dire de l’intendant fidèle et sensé
à qui le maître confiera la charge de son personnel
pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Vraiment, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si le serviteur se dit en lui-même :
“Mon maître tarde à venir”,
et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes,
à manger, à boire et à s’enivrer,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
il l’écartera
et lui fera partager le sort des infidèles.
    Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître,
n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté,
recevra un grand nombre de coups.
    Mais celui qui ne la connaissait pas,
et qui a mérité des coups pour sa conduite,
n’en recevra qu’un petit nombre.
À qui l’on a beaucoup donné,
on demandera beaucoup ;
à qui l’on a beaucoup confié,
on réclamera davantage. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Vous aussi, tenez-vous prêts ». L’avertissement que nous adresse le Seigneur Jésus est très clair.  Il s’agit d’un rendez-vous important. « Si le maître de maison connaissait l’heure », « il ne laisserait pas percer le mur ». Cette évidence que Jésus énonce montre l’aspect inéluctable de la visite du voleur. Quand il est vient, il est impossible de lui résister, parce que la surprise joue toujours en sa faveur. Ainsi, quand le Seigneur viendra, il n’y aura rien à faire contre lui, il est réellement irrésistible. Il faut donc préparer sa venue avant qu’elle n’advienne.

La différence majeure vient cependant de l’objet et de la nature de la visite. Le voleur perce en effet le mur de la maison, au milieu de la nuit, pour prendre un bien précieux qu’il convoite mais qui ne lui appartient pas. Le Seigneur Jésus, lui, vient également au milieu de la nuit, mais il prend un bien qui lui appartient. Là est notre espérance et notre joie. L’homme en effet a fait un choix : il a choisi de s’éloigner de Dieu, il a choisi de vivre sans lui et de s’enfoncer dans les ténèbres. Le voici à présent prisonnier d’une nuit qui semble sans fin. Lui qui a été créé libre, pour aimer, est à présent esclave de la mort. Mais le Seigneur ne peut pas supporter de voir l’homme ainsi prisonnier, il a donc choisi de venir percer le mur de sa prison et de le soustraire à l’esclavage de la mort.

Cet évangile est donc un appel à nourrir notre espérance ; même si notre nuit semble ne jamais devoir finir, nous savons désormais que le salut est proche, il adviendra au cœur de la nuit. Nous avons tellement de prix aux yeux du Seigneur, qu’il est prêt à percer les murs pour nous rejoindre. Nous sommes le trésor qu’il désire et qu’il recherche.

Seigneur Jésus, tu es le voleur que nous attendons de tout cœur ; viens nous arracher au pouvoir de la nuit que nous avons choisie. Renouvelle-nous dans les dons de ton Esprit, que nous sachions rester au travail de sanctification de notre âme le jour et la nuit, que nous sachions vivre de ton évangile à temps et à contretemps, pour te donner la joie de trouver radieux le trésor de notre âme que tu désires tant.

Abbé Philippe Link  --  Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 21 octobre 2024

« Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller » / (483,529)

 Bonjour!

Mardi 22 octobre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller » (Lc 12, 35-38)

Alléluia. Alléluia.
Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous pourrez tenir debout devant le Fils de l’homme.
Alléluia. (cf. Lc 21, 36)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
    Soyez comme des gens qui attendent leur maître
à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
    Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
    S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils ! »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le Seigneur nous rappelle l’exigence de la vigilance de chaque instant. Cette vigilance devrait constituer une disposition habituelle du croyant. La « lampe allumée » représente la lumière et la vie de l’Esprit, c’est-à-dire la grâce sanctifiante, qui nous permet de traverser les ombres de ce monde – et surtout la mort elle-même – sans qu’elles n’aient de prise sur nous.

Comment garder cette lampe allumée ? En restant vigilants dans la foi, mais aussi dans le service, car seule la charité concrète témoigne de manière convaincante en faveur de l’action efficace de la grâce sanctifiante en nous. « La foi sans les œuvres est morte » nous avertit saint Jacques, qui ajoute : « Je tirerai de mes œuvres la preuve de ma foi, car de même que sans souffle, le corps est mort, de même aussi, sans œuvres, la foi est morte » (Jc 2, 17-18.26).

Les œuvres que la grâce veut accomplir en nous ne sont pas forcément extraordinaires ; il s’agit de toute action qui révèle son origine par le dynamisme intérieur qui l’habite : la charité confère en effet aux gestes les plus simples un parfum caractéristique : celui de la gratuité. Toutes les œuvres du vieil homme, même celles qui témoignent de notre affection envers nos proches, sont plus ou moins intéressées : soit nous attendons en retour la réciprocité ou la reconnaissance ; soit, plus subtilement, nous nous recherchons dans la joie du don. Seule la charité surnaturelle est totalement gratuite parce que parfaitement désintéressée. C’est aussi pourquoi elle libère celui qui l’exerce, comme ceux qui en sont bénéficiaires.

Au moment du grand passage, alors que nous ne pourrons plus rien selon la nature, nous découvrirons, émerveillés, Celui qui nous conduisait sur ce chemin de sainteté. Et comme nous n’opposerons plus de résistance à son action, nous en serons alors pleinement bénéficiaires : Dieu lui-même nous « servira chacun à notre tour ». Notre béatitude sera précisément la jouissance éternelle de cette charité divine qui comblera notre désir au-delà de toute attente.

Mettons-nous donc en marche au-devant de Celui qui vient : la charité est certes une grâce infuse, mais elle ne se déverse que dans l’âme de ceux qui s’engagent, pauvrement mais résolument, dans la voie de l’amour. C’est au cœur de nos efforts encore entachés de bien d’ambiguïtés, que l’Esprit vient à notre secours pour purifier progressivement nos intentions. C’est pourquoi Jésus peut déclarer « heureux », ceux qui, par leur vigilance et leur disponibilité à la grâce, s’ouvrent dès à présent à son action en se mettant généreusement au service de leurs frères.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 20 octobre 2024

« Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » / (483,491)

 Bonjour!

Lundi 21 octobre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » (Lc 12, 13-21)

Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus :
« Maître, dis à mon frère
de partager avec moi notre héritage. »
    Jésus lui répondit :
« Homme, qui donc m’a établi
pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? »
    Puis, s’adressant à tous :
« Gardez-vous bien de toute avidité,
car la vie de quelqu’un,
même dans l’abondance,
ne dépend pas de ce qu’il possède. »
    Et il leur dit cette parabole :
« Il y avait un homme riche,
dont le domaine avait bien rapporté.
    Il se demandait :
“Que vais-je faire ?
Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.”
    Puis il se dit :
“Voici ce que je vais faire :
je vais démolir mes greniers,
j’en construirai de plus grands
et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens.
    Alors je me dirai à moi-même :
Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition,
pour de nombreuses années.
Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.”
    Mais Dieu lui dit :
“Tu es fou :
cette nuit même, on va te redemander ta vie.
Et ce que tu auras accumulé,
qui l’aura ?”
    Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même,
au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Qu’aurions-nous fait à la place de cet agriculteur « dont le domaine avait bien rapporté » ? Probablement la même chose : n’est-ce pas agir de manière responsable que de créer un plan d’épargne pour mettre à l’abri les bénéfices d’une année féconde ? Bien sûr ses projets sont assez limités : se reposer, manger, boire, jouir de la vie ; mais – à condition de ne pas tomber dans cet hédonisme primaire – qu’y a-t-il de répréhensible à profiter de ses rentes ?

Pourtant le Seigneur ne mâche pas ses mots : « Tu es fou » ; entendons : « insensé ». Comme l’étymologie de ce terme l’indique, il désigne celui qui a perdu le sens de sa vie, qui a oublié sa finalité véritable ; celui qui, aveuglé par l’appât d’une vie facile, s’installe ici-bas dans l’indifférence aux autres, et comme s’il devait y passer l’éternité. N’ayant de souci que pour sa sécurité et son confort, « n’amassant que pour lui-même », il souffre d’une double amnésie : il oublie de rendre grâce à Dieu, source de tout ce qu’il possède ; et il oublie de faire la part du pauvre. Certes il est légitime de profiter du fruit de notre travail, mais en nous souvenant que nous ne sommes que les gestionnaires des biens que le Seigneur nous confie pour subvenir à nos propres besoins, et partager avec nos frères en humanité moins favorisés. C’est précisément en partageant que nous constituons « un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne ronge pas » (Lc 12, 33).

Il ne s’agit pas que d’une pieuse méditation sur le détachement des biens de ce monde : Benoît XVI discernait dans le principe de la gratuité, la dimension spécifiquement humaine de nos comportements, qu’il faut nécessairement honorer, si nous voulons parvenir à humaniser le développement économique, social et politique (Lettre encyclique Caritas in veritate, 34). Le Pape ajoutait : « Le principe de gratuité et la logique du don, comme expression de la fraternité, peuvent et doivent trouver leur place à l’intérieur de l’activité économique normale. C’est une exigence conjointe de la charité et de la vérité. (Ibid., 36). Si hier on pouvait penser qu’il fallait d’abord rechercher la justice et que la gratuité devait intervenir ensuite comme un complément, aujourd’hui, il faut dire que sans la gratuité on ne parvient même pas à réaliser la justice » (Ibid., 38).

Puissions-nous entendre ce message, et le mettre en pratique à notre échelle. La logique de la gratuité et du don procède de la conscience que l’autre ne peut me laisser indifférent, mais qu’il « m’oblige » au nom de notre commune humanité et de notre commune appartenance à la « famille de Dieu » (Ep 2, 19). Somme toute, c’est par la gratuité que la solidarité s’élève au niveau de la charité.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

samedi 19 octobre 2024

« Le Fils de l’homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude » / Journée mondiale des missions...(483,440)

 Bonjour!

29e dimanche du temps ordinaire...

Dimanche 20 octobre 2024


Voici l'Évangile...

ÉVANGILE

« Le Fils de l’homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 35-45)

Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mc 10, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jacques et Jean, les fils de Zébédée,
s’approchent de Jésus et lui disent :
« Maître, ce que nous allons te demander,
nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
    Il leur dit :
« Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
    Ils lui répondirent :
« Donne-nous de siéger,
l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ta gloire. »
    Jésus leur dit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire,
être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
    Ils lui dirent :
« Nous le pouvons. »
Jésus leur dit :
« La coupe que je vais boire, vous la boirez ;
et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
    Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche,
ce n’est pas à moi de l’accorder ;
il y a ceux pour qui cela est préparé. »

    Les dix autres, qui avaient entendu,
se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
    Jésus les appela et leur dit :
 « Vous le savez :
ceux que l’on regarde comme chefs des nations
les commandent en maîtres ;
les grands leur font sentir leur pouvoir.
    Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.
Celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur.
    Celui qui veut être parmi vous le premier
sera l’esclave de tous :
    car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,
mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Dans le monde, les hommes cherchent un statut.
Il y a les grands et les petits, ceux qui ont un pouvoir et ceux qui n’en ont pas.
Jésus dit « ceux que l’on regarde comme chefs », soulignant l’importance du regard.
Car c’est lui qui, bien souvent, juge sur l’apparence et classe les hommes selon des critères de grands ou de petits, de forts ou de faibles.

Notre regard doit se convertir et cesser de donner un statut aux uns et aux autres. Les grands ne cessent de « faire sentir leur pouvoir », mais ils ne sont pas plus forts que les autres.
Jésus ne veut donc pas que ses Apôtres s’enferment dans cet esprit du monde.

Après la deuxième annonce de la Passion, Jésus les avait surpris à chercher à savoir qui était le plus grand (Mc 9,33-37).
Cette fois-ci, deux d’entre eux veulent s’assurer de leur statut privilégié dans la gloire.
Or dans l’Évangile, les grands, ce sont ceux qui prennent humblement le tablier du service.
Les premiers doivent être esclaves de tous.
Les premières places, elles sont pour ceux qui sont les derniers, les rejetés, les exclus.

Marc écrira quelques chapitres plus loin : « Avec lui, ils crucifient deux brigands, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche » (Mc 15,27).
Voilà à qui sont réservées les places auprès du Seigneur.
À ceux qui ont besoin de sa miséricorde.

Jacques et Jean exigeaient, au nom de leur fidélité, une place auprès de Jésus alors qu’avec une grande humilité, l’un des larrons s’indigne que Jésus ait pris place auprès de lui : « Lui, il n’a rien fait de mal » (Lc 23,41).
Comment se fait-il que celui qui est sans péché vienne prendre place au plus près de moi dans ma misère ? Comment se fait-il qu’il vienne souffrir avec moi en se laissant crucifier pour moi ? Le larron ne demande pas à Jésus une place dans la gloire.
Il s’en reconnaît tellement indigne. Il lui demande simplement : « Souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton Royaume » (Lc 23,42).
Souviens-toi de moi…
 « Ce soir même, tu seras avec moi en paradis », répond Jésus (Lc 23,43).
Son humilité, son repentir, sa foi, malgré le poids de ses fautes, lui permettent d’avoir une place inespérée dans le ciel avec Jésus.
Il n’y a pas de première place dans le Royaume.
Il n’y en a qu’une : celle qui est auprès de Jésus.

Que nous laissions Jésus nous rejoindre ici-bas dans nos faiblesses, et nous serons pour toujours avec lui dans le ciel.
Que nous vivions dans l’amour de nos frères par le partage fraternel et nous serons pour toujours avec Jésus.
Que nous ne cherchions pas les honneurs et les premières places, et nous serons pour toujours avec Jésus.

Notre place dans le ciel se prépare ici-bas en laissant Jésus prendre place à nos côtés, en lui donnant les rênes de notre vie.
Notre place dans le ciel se prépare ici-bas en se faisant serviteur de nos frères, en se sachant indignes de demeurer pour toujours auprès du Christ. Il n’y a que l’amour du Seigneur pour nous qui nous élève dans sa gloire.

Abbé Philippe Link - Merci!

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  Journée mondiale des missions...

Aujourd'hui, dans toute l'Église , on souligne la Journée mondiale des missions. C'est une journée très importante et qui interroge toute l'Église et chaque chrétien en particulier. Le pape François, dans son message pour cette journée dit ceci: "N'oublions pas que chaque chrétien est appelé à prendre part à cette mission (de l'Église) par son propre témoignage évangélique dans tous les milieux, afin que l'Église tout entière ne cesse de sortir avec son Seigneur et Maître vers les "carrefours des routes" du monde d'aujourd'hui. Oui, "aujourd'hui , le drame de l'Église est que Jésus continue à frapper à la porte, mais de l'intérieur, pour que nous le laissions sortir! Très souvent, on finit par être une Église qui ne laisse pas le Seigneur sortir, qui le tient comme sa "chose propre" alors qu'il est venu pour la mission et nous veut missionnaire".

Et terminons cette méditation en récitant cette prière qui ouvre notre cœur à Dieu et aux autres; ce sera notre prière de disciple-missionnaire en ce temps qui nous invite à marcher ensemble dans la synodalité:

“À LA GLOIRE DE NOTRE DIEU"

Nous te louons, Dieu notre Père, 

pour la manifestation de ta gloire

dans ta création et dans notre vie.

Nous nous réjouissons, Jésus Christ, Fils du Père,

pour l’œuvre de salut et de guérison

que tu ne cesses d’accomplir en nous à chaque jour.

Nous reconnaissons, Esprit-Saint, ta puissance infinie d’amour et de consolation,

Toi qui agis en nous et nous dynamise.

Puisse notre langage humain te plaire toujours, Dieu trois fois Saint,

autant dans nos moments de recherche et de silence

que dans nos manifestations de grande communion.

Qu’il nous soit donné de te louer et de célébrer ta gloire

chaque jour en étant accueillants et disponibles.

Que l’expression de ton amour infini et déjà partagé

grandisse en nous jusque dans la plénitude éternelle,

là où tout se dépasse et s’accomplit.

Que ce même amour se reflète dans notre vie

avec une intensité qui dérange,

et secoue la foi endormie de ceux et celles qui nous entourent.

Que notre foi s’incarne toujours plus dans notre vie

à travers les événements qui nous arrivent

Que notre espérance qui nous fait tendre

vers un bonheur infini et indescriptible, se développe.

Que notre amour, qui anticipe la communion parfaite,

éclaire la nuit de ceux et celles qui n’ont plus le goût de vivre.

Et que, par notre témoignage,

d’autres hommes et d’autres femmes se lèvent

pour travailler à la construction de ton Royaume

avec Marie, notre mère et en communion avec l'Église.

Amen

Jean-Yves Fortin, diacre

Bon dimanche!

Jean-Yves 


 

vendredi 18 octobre 2024

« L’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire » / (483,387)

 Bonjour!

Samedi 19 octobre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« L’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire » (Lc 12, 8-12)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit de vérité rendra témoignage en ma faveur, dit le Seigneur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage.
Alléluia. (cf. Jn 15, 26b.27a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Je vous le dis :
Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes,
le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui
devant les anges de Dieu.
    Mais celui qui m’aura renié en face des hommes
sera renié à son tour en face des anges de Dieu.
    Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme,
cela lui sera pardonné ;
mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint,
cela ne lui sera pas pardonné.
    Quand on vous traduira devant les gens des synagogues,
les magistrats et les autorités,
ne vous inquiétez pas
de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz.
    Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là
ce qu’il faudra dire. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus s’adresse à ceux qu’il vient d’appeler « ses amis » et dont « les cheveux sont tous comptés ». C’est dans cet amour de prédilection qu’ils devront puiser la force de soutenir les assauts de leurs détracteurs, car le disciple n’est pas au-dessus de son maître, et doit se préparer à subir comme lui la persécution (cf. Jn 15, 20).

« Celui qui se sera prononcé pour moi – c’est-à-dire pour Jésus, le Verbe fait chair – le Fils de l’homme – c’est-à-dire le Christ exalté à la droite du Père – se prononcera aussi pour lui devant les anges de Dieu – qui représentent le tribunal divin ». Le témoignage que le disciple doit rendre devant les hommes concerne donc la divinité de son maître, en qui s’accomplit la prophétie de Daniel : « Je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite » (Dn 7, 13-14).

Seul l’Esprit Saint peut attester que « Jésus-Christ est le Seigneur pour la gloire de Dieu le Père » (Ph 2, 11) ; et c’est précisément parce que le Christ glorifié va envoyer d’auprès du Père (Jn 15, 26) l’Esprit de vérité (Jn 14, 17) que ses disciples pourront témoigner de lui devant les hommes (Ac 1, 8), comme lui-même, Jésus, a témoigné en faveur du Père (Jn 17, 4). Le disciple qui « se prononce pour son maître devant les hommes », manifeste donc qu’il a accueilli l’Esprit, en qui il n’est plus qu’un avec Jésus, comme celui-ci ne fait qu’un avec son Père (Jn 17, 21). C’est pourquoi « le Fils de l’homme se prononcera pour lui devant les anges de Dieu ».

Certes tous n’ont pas reçu l’Esprit Saint ; tous ne sont pas introduits « dans la vérité tout entière » (cf. Jn 16, 13) concernant le Fils de l’homme. Aussi n’est-il pas étonnant que ceux qui n’ont pas (encore) accueilli « l’Esprit de vérité » qui procède du Père et qui rend témoignage en faveur de Jésus (Jn 15, 26), disent « une parole contre le Fils de l’homme ». Cela leur sera pardonné en raison de leur ignorance – comme Saul obtiendra le pardon pour sa participation au meurtre d’Etienne (Ac 7, 58). Bien plus : c’est Jésus lui-même qui intercède pour eux auprès de son Père : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Mais malheureux celui qui ayant reçu le témoignage de l’Esprit attestant la seigneurie de Jésus, vient à le renier devant les hommes. S’étant coupé délibérément de son Sauveur, il se retrouve seul, sans personne pour « se prononcer pour lui devant les anges de Dieu », personne pour lui pardonner ses péchés.

En entendant ces paroles de Notre-Seigneur, on comprend que les premières générations chrétiennes redoutaient avant tout le péché d’apostasie, qui rompt la communion au Christ et coupe de la communauté du salut.

Par contre, comment ne pas être interloqué par la légèreté avec laquelle nos contemporains traitent leur baptême, ne considérant le don gratuit de la filiation divine dans l’Esprit ni comme un privilège, ni comme une responsabilité. Renier devant les hommes la foi au Christ Jésus, Seigneur et Sauveur, telle qu’ils l’ont reçue de l’Eglise ne leur pose aucun problème : chacun n’est-il pas libre de se construire son propre corps de croyance en fonction de ses attraits ou de ses besoins du moment, et en s’inspirant des autres traditions religieuses ? Le subjectivisme et le relativisme ont hélas étouffé la flamme de l’Esprit dans le cœur de bien des baptisés, au point que certains d’entre eux ont honte du si beau nom de « chrétien ».

Dans le contexte culturel particulièrement difficile que nous traversons en ce début de millénaire, redisons avec ferveur la prière que Jésus a enseignée à ses disciples. L’invocation finale : « Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal » doit être entendue sur l’horizon de ce qui est évoqué dans l’évangile de ce jour : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation de l’apostasie, mais délivre-nous du Malin » qui cherche à nous faire blasphémer contre l’Esprit en reniant le Christ en face des hommes.

Et si nous avons peur de manquer de courage pour témoigner face au mépris, à l’ironie, au sarcasme, voire aux persécutions que notre monde réserve à ceux qui osent annoncer ouvertement leur appartenance au Christ, souvenons-nous de cette parole de consolation et de réconfort de Notre-Seigneur : « Ne vous tourmentez pas pour savoir comment vous défendre ou comment parler. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure même ce qu’il faudra dire ».

Abbé Philippe Link - Merci1

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Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 17 octobre 2024

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » / (483,283)

 Bonjour!

Vendredi 18 octobre 2024

Voici la parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » (Lc 10, 1-9)

Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis du milieu du monde,
afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là,
parmi les disciples,
    le Seigneur en désigna encore 72,
et il les envoya deux par deux, en avant de lui,
en toute ville et localité
où lui-même allait se rendre.
    Il leur dit :
« La moisson est abondante,
mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
    Allez ! Voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu des loups.
    Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales,
et ne saluez personne en chemin.
    Mais dans toute maison où vous entrerez,
dites d’abord :
‘Paix à cette maison.’
    S’il y a là un ami de la paix,
votre paix ira reposer sur lui ;
sinon, elle reviendra sur vous.
    Restez dans cette maison,
mangeant et buvant ce que l’on vous sert ;
car l’ouvrier mérite son salaire.
Ne passez pas de maison en maison.
    Dans toute ville où vous entrerez
et où vous serez accueillis,
mangez ce qui vous est présenté.
    Guérissez les malades qui s’y trouvent
et dites-leur :
‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Notre-Seigneur appelle soixante-douze disciples supplémentaires ; avec les Douze, ils constitueront une équipe de quatre-vingt quatre apôtres, soit sept (chiffre de la perfection) fois douze (nombre des tribus d’Israël). La raison de ce nouvel envoi est claire : « la moisson est abondante » ; les hommes sont mûrs pour accueillir la Bonne Nouvelle. Encore faut-il que quelqu’un la leur porte. Quatre-vingt apôtres d’un seul coup, ce n’est pas si mal : bon nombre d’évêques seraient heureux d’avoir ordonné autant de prêtres durant tout leur ministère ! Pourtant Jésus se plaint : « les ouvriers sont peu nombreux ». Sans doute Notre-Seigneur ne portait-il pas seulement son regard sur les besoins de son temps, mais aussi sur ceux de l’Église à venir.

Jésus souffrait déjà en Palestine de la pénurie de prêtres qui affecte nos communautés en ce début de troisième millénaire. Et que nous propose-t-il comme « stratégie vocationnelle » ? Uniquement et exclusivement la prière insistante adressée à Dieu son Père : « Priez donc le Maître de la moisson, d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ».

La mission des apôtres de l’Évangile, telle que la présente Jésus, n’est cependant guère enviable : que peuvent faire des agneaux face aux loups ? Rien d’autre que consentir, comme leur Berger, à se laisser « manger » ; c’est-à-dire à triompher de la haine par l’amour, de l’offense par le pardon.

Loin d’être des obstacles à la diffusion de leur message, les difficultés rencontrées par les envoyés leur rappelleront la nécessité d’éviter toute dispersion, et de se concentrer sur l’essentiel : « N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route ».

Quant à leur message, il se résume en quelques mots, ceux-là même que Jésus Ressuscité adresse aux siens lors de sa première apparition « ecclésiale » : « La paix soit avec vous ! » (Jn 20, 19.21).

Dans le troisième comme dans le quatrième Évangile, cette « paix » désigne l’Esprit Saint, qui en est à la fois la Source et celui qui la fait régner dans nos cœurs.

Comme les langues de feu de la Pentecôte, la paix ira reposer sur les amis de Dieu qui la désirent ardemment.

Seigneur, tu veux avoir besoin de nous pour communiquer ta paix ; mais comment pourrions-nous la transmettre si nous n’en sommes pas remplis, débordants ? Envoie ton Esprit sur ton Église, pour que se lèvent “les apôtres des derniers temps” (Saint Louis Marie Grignon de Montfort), ces âmes embrasées qui communiquent le Feu de l’Esprit partout où elles passent, “annonçant aux hommes tes exploits, la gloire et l’éclat de ton Règne éternel” (Ps 144). »

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves