vendredi 10 mars 2023

« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie » /Neuvaine à Saint Joseph... / (400,919)

 Bonjour!

Samedi 11 mars 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie » (Lc 15, 1-3.11-32)

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi. 
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (Lc 15, 18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
“Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.”
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
“Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite- moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
“Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs :
“Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.”
Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
“Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
“Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit :
“Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé !” »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Dans cette parabole qui est au cœur de l’Évangile de la miséricorde, Jésus nous révèle que le salut est le fruit de l’amour vivifiant d’un Dieu Père, qui persiste à nous considérer comme ses fils bien-aimés, quelles que soient nos rebellions (Eph 1, 5).

Dès les premières lignes, se pose un problème majeur : comment se fait-il que ce père, dont nous admirons les qualités humaines et spirituelles, ait « raté » à ce point l’éducation de ses deux fils ? Bien sûr je suis en train d’objectiver à outrance la parabole, mais ce questionnement peut nous amener à une découverte intéressante. Comment ne pas être sensible en effet à l’absence de mère dans ce récit ? Où est-elle passée ? Première réponse : le Dieu que Jésus met en scène est tout autant mère que père ; il est au-delà de cette distinction anthropologique. Certes, mais il n’en demeure pas moins que les fils ne semblent percevoir qu’une paternité étouffante, qui n’est pas tempérée par l’aspect féminin, maternel.

 Autrement dit, ils ne connaissent pas leur père, ou plutôt ils n’en connaissent qu’un aspect, et c’est ce déficit dans l’ordre de la connaissance qui explique leur comportement très dur envers cet homme plein de bonté. Reste à élucider la question : d’où vient leur aveuglement sur la véritable identité de ce père qu’ils côtoient quotidiennement ?

Peut-être faut-il remonter à un certain chapitre trois de la Genèse pour comprendre. Lorsque les Ecritures parlent de Dieu, ils le désignent toujours de deux termes conjoints : Yahve-Elohim. Le premier – le tétragramme sacré – désigne le « pôle » féminin, maternel en Dieu : sa miséricorde infinie, toujours disponible, sa tendresse compatissante ; le second désigne la polarité virile, paternelle : le Dieu digne de confiance parce que fidèle à ses engagements ; qui peut être exigeant pour ses enfants, car il s’engage à leurs côtés. 

La ruse du Serpent fut précisément de présenter un Dieu « amputé de moitié » : le Menteur ne parle à Eve que d’un Dieu Elohim, « oubliant » insidieusement les attributs de la tendresse et de la miséricorde, essentiels à la « carte de visite » du Dieu véritable : « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité » (Ex 34, 6). Il est certain que devant le « paternel divin » que lui suggère le Serpent, l’homme ne peut que prendre peur et « se cacher parmi les arbres du jardin » (Gn 3, 8).

Depuis le péché des origines, la blessure reste ouverte : nous portons tous au fond de nous-même une secrète peur de Dieu, qui représente sans doute le plus redoutable obstacle sur le chemin vers lui. Aussi longtemps que nous n’avons pas intégré les deux aspects de Dieu, nous demeurons divisés entre le désir de nous jeter dans ses bras, et l’angoisse de nous faire écraser, manipuler, tuer.

Vu sous cet angle, les deux fils du père de la parabole sont bien des enfants de notre race : marqués par le discours mensonger du Serpent, ils ne parviennent pas à faire confiance à ce père, qu’ils soupçonnent d’être un rival, jaloux de leur bonheur, et qui veut les empêcher d’accéder à la maîtrise du domaine familial. 

Le premier se révolte et demande sa part pour échapper une fois pour toute à la logique du don qui préside normalement aux relations familiales – et d’une manière générale aux relations d’amour – chacun trouvant sa joie dans la dépendance de l’autre, afin que dans le don et l’accueil réciproque se construise l’unité. L’autre reste à la maison, mais il y vit comme un mercenaire, un serviteur rémunéré et non comme un fils : il ne connaît pas davantage la gratuité de l’amour paternel.

Tous deux auront à vivre une démarche de conversion profonde. Le premier à travers un long détours qui le conduira jusqu’au plus profond de la déchéance humaine, avant de découvrir qu’il n’a jamais perdu sa dignité filiale dans le cœur maternel de ce père qui le réenfante dans ses entrailles de miséricorde. Le second à travers la méditation de ces paroles, que Jésus redira à son Père durant la prière sacerdotale du jeudi saint : « Tout ce qui est à moi est à toi ». A vrai dire Jésus ajoutera : « … comme tout ce qui est à toi est à moi » (Jn 17, 9). Le père de la parabole attend la réciproque de son aîné : alors seulement sa joie sera parfaite, lorsque ses deux enfants seront réunis avec lui dans une même communion d’amour.

Certes, la parabole nous parle avant tout de Dieu, de sa miséricorde inconditionnelle, de sa joie d’offrir son pardon et de son désir de rassembler dans une même fête tous ses enfants dispersés. Mais le récit souligne également comment la démarche de conversion de chacun s’inscrit dans une histoire personnelle : pour chacun de nous, ce n’est qu’au terme d’un long combat – contre les fausses images de la paternité, contre les conceptions erronées de la liberté, contre la violence de nos passions – que nous avons entrevu peu à peu la vanité de notre prétention à l’autonomie, et que nous avons envisagé un retour vers Celui dont nous pensions nous être définitivement affranchi. Nous aussi nous n’avons découvert la paternité de Dieu que dans l’étreinte du Père, blotti tout contre ses entrailles de miséricorde. Sachons faire mémoire, le cœur débordant de reconnaissance, de ces moments fondateurs de notre cheminement de foi.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « La parabole du fils prodigue exprime de façon simple, mais profonde, la réalité de la conversion. La miséricorde se manifeste de façon authentique et naturelle, quand elle ratifie, promeut et tire du bien de toutes sortes de maux existant dans le monde et dans l’homme » (saint Jean-Paul II)

  • « Notre Dieu est un Dieu qui attend. Il est fidèle, Lui est fidèle à sa promesse, parce qu’Il ne peut pas se renier Lui-même. Il est fidèle. C’est ainsi qu’Il nous attend tous, tout au long de l’histoire. C’est le Dieu qui attend, toujours » (pape François)

  • « Le mouvement de la conversion et de la pénitence a été merveilleusement décrit par Jésus dans la parabole dite "du fils prodigue" dont le centre est "le père miséricordieux" (Lc 15, 11-24) : la fascination d’une liberté illusoire, l’abandon de la maison paternelle (…) ; le repentir et la décision de se déclarer coupable devant son père ; le chemin du retour ; l’accueil généreux par le père ; la joie du père : ce sont là des traits propres au processus de conversion (...) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1439)

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Neuvaine à Saint Joseph...



Joseph! 

Fais de moi ton ami.e 


Joseph ! 

Toi l’homme au cœur ouvert 

à la dimension du cœur de Dieu, 

Toi sur qui Marie sait s’appuyer 

comme sur un rocher inébranlable,

 Toi de qui Jésus a appris 

comment faire de ses disciples des amis, 

Toi le protecteur, 

le modèle, et le confident de frère André, 

Fais de moi ton ami.e. 


Joseph ! 

Sois pour moi l’ami 

qui initie à la reconnaissance 

de la voix de Dieu dans le tumulte de ce monde, 

Sois pour moi l’ami qui m’apprend 

à discerner la lumière de Dieu 

dans les ombres de la vie, 

Sois pour moi l’ami en compagnie de qui

les épreuves de la vie se transforment 

en chemin de croissance et de vie.  


Joseph ! 

Je veux être ton ami.e, 

à l’instar de frère André. 

Je sais que je peux compter sur toi, 

comme tes milliers d’ami.e.s 

de toutes langues, origines, cultures et religions 

à travers tous les siècles. 

Avec toi, 

mon écoute, ma compassion 

et ma sollicitude 

à l’égard de mes frères et sœurs en humanité 

s’enracineront davantage 

dans l’Esprit du Père de toute miséricorde.


 Joseph ! 

Fais de moi ton ami.e

 

Amen.


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Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 9 mars 2023

« Voici l’héritier : venez ! tuons-le ! » / Neuvaine à Saint Joseph, mon ami! `Prière... / (400,822)

 Bonjour!

Vendredi 10 mars 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Voici l’héritier : venez ! tuons-le ! » (Mt 21, 33-43.45-46)

Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire !
Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire ! (Jn 3, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
“Ils respecteront mon fils.”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
“Voici l’héritier : venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !
Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »

En entendant les paraboles de Jésus,
les grands prêtres et les pharisiens
avaient bien compris qu’il parlait d’eux.
Tout en cherchant à l’arrêter,
ils eurent peur des foules,
parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Et bien, quand le maître viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » La réponse ne se fait pas attendre : C’est la punition qui doit prévaloir jusqu’à les faire périr, qui plus est « misérablement ». Autrement dit, pas de pitié et la vigne se verra confiée à d’autres vignerons mieux intentionnés. Mais nous sommes ici dans une logique de mort. D’ailleurs, pas un mot dans cette réponse au sujet du « fils ». Les auditeurs de Jésus l’auraient-ils oublié ? Serait-il mort pour eux aussi ?

Pour Jésus, l’histoire ne peut se finir ainsi. Ce maître serait-il vraiment père s’il faisait si peu de cas de son fils ? La mort du fils ne saurait être le dernier mot, pas plus que la vengeance suggérée par les auditeurs. Le maître va tout au contraire se servir de la perversion des vignerons pour révéler que sa paternité est plus puissante que la mort infligée au fils. C’est la vie qui doit avoir le dernier mot. Au sein d’Israël, le refus de certains d’accueillir son Fils, permettra à notre Père céleste de révéler la toute-puissance de sa miséricorde, en construisant le Royaume sur la pierre rejetée, choisie comme pierre d’angle : « C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille à nos yeux ! »

Ce Royaume c’est l’Église du Christ, composée de Juifs et de païens convertis, qui est appelée tout comme Israël à porter un fruit de vie éternelle. Cette Église, nous en sommes membres depuis le jour de notre baptême. Ce jour-là, pour reprendre une autre allégorie de la vigne – que l’on trouve cette fois dans saint Jean -, nous avons été greffés sur le Christ, comme les sarments sur le cep de la vigne (Cf. Jean 15).

Comme le Père a envoyé son Fils dans le monde pour réaliser sa mission rédemptrice, de la même manière, le Christ nous envoie pour collaborer à son œuvre de Rédemption. Il est vrai que les fruits de notre sarment ne sont pas toujours immédiats ou visibles mais nous ne pouvons douter que si nous restons unis au Christ comme le sarment uni au cep, nous porterons un fruit qui demeure. Produire ainsi du fruit c’est rendre gloire à Dieu parce que c’est contribuer à la croissance de son Royaume de justice, de paix et de miséricorde.

Seigneur, la mission que tu nous confies dans l’histoire du salut n’est pas banale. Aide-nous à cultiver avec soin notre vigne pour qu’elle puisse produire un raisin doux et comestible pour nos frères afin qu’ils découvrent ta bonté, toi le maître de la vigne et le Seigneur de la Vie.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Dieu n’a pas besoin de nos travaux, mais de notre obéissance » (Saint Jean Chrysostome)

  • « Les mauvais traitements aux serviteurs reflètent l’histoire des prophètes, leur douleur... Même si le "fils" aura le même sort, le "Patron" n’abandonnera pas la vigne : Il la louera à d’autres... N’est-ce pas cela une description de notre présent ? » (Benoît XVI)

  • « L’Eglise est le terrain de culture, le champ de Dieu (1 Co 3,9). Dans ce champ croît l’antique olivier dont les patriarches furent la racine sainte et en lequel s’opère et s’opérera la réconciliation entre Juifs et Gentils (cf. Rm11, 13-26). Elle fut plantée par le Vigneron céleste comme une vigne choisie. La Vigne véritable, c’est le Christ : c’est Lui qui donne vie et fécondité aux rameaux que nous sommes : par l’Eglise nous demeurons en Lui, sans qui nous ne pouvons rien faire. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 755)

Neuvaine à Saint Joseph...




Joseph! 

Fais de moi ton ami.e 


Joseph ! 

Toi l’homme au cœur ouvert 

à la dimension du cœur de Dieu, 

Toi sur qui Marie sait s’appuyer 

comme sur un rocher inébranlable,

 Toi de qui Jésus a appris 

comment faire de ses disciples des amis, 

Toi le protecteur, 

le modèle, et le confident de frère André, 

Fais de moi ton ami.e. 


Joseph ! 

Sois pour moi l’ami 

qui initie à la reconnaissance 

de la voix de Dieu dans le tumulte de ce monde, 

Sois pour moi l’ami qui m’apprend 

à discerner la lumière de Dieu 

dans les ombres de la vie, 

Sois pour moi l’ami en compagnie de qui

les épreuves de la vie se transforment 

en chemin de croissance et de vie.  


Joseph ! 

Je veux être ton ami.e, 

à l’instar de frère André. 

Je sais que je peux compter sur toi, 

comme tes milliers d’ami.e.s 

de toutes langues, origines, cultures et religions 

à travers tous les siècles. 

Avec toi, 

mon écoute, ma compassion 

et ma sollicitude 

à l’égard de mes frères et sœurs en humanité 

s’enracineront davantage 

dans l’Esprit du Père de toute miséricorde.


 Joseph ! 

Fais de moi ton ami.e

 

Amen.


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Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 8 mars 2023

« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance » / (400,604)

 Bonjour!

Jeudi 9 mars 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance » (Lc 16, 19-31)

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (cf. Lc 8, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche,
vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi,
et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
levant les yeux,
il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.
Alors il cria :
“Père Abraham,
prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham,
rappelle-toi :
tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur pendant la sienne.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”
Le riche répliqua :
“Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères :
qu’il leur porte son témoignage,
de peur qu’eux aussi ne viennent
dans ce lieu de torture !”
Abraham lui dit :
“Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il,
mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.”
Abraham répondit :
“S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.” »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

A propos de cette parabole, il convient de nous demander pourquoi le riche voit Lazare en compagnie d’Abraham plutôt qu’en compagnie d’un autre patriarche ou d’un autre prophète. C’est que dans les Ecriture, Abraham s’est montré hospitalier. Il apparaît donc à côté de Lazare pour accuser le riche d’avoir été inhospitalier. En effet, le patriarche cherchait à retenir même les simples passants pour les faire entrer sous sa tente. Le riche, au contraire, n’avait eu que dédain pour celui qui logeait dans sa propre maison. Or, il avait les moyens, avec tout l’argent dont il disposait, d’assurer la sécurité du pauvre. Mais il a continué, jour après jour, à l’ignorer et il a négligé de lui donner l’aide dont il avait besoin.

Le patriarche n’a pas agi de cette façon, bien au contraire! Assis à l’entrée de sa tente, il mettait la main sur tous ceux qui passaient, à la manière dont un pêcheur jette son filet dans la mer pour y prendre du poisson, et souvent même de l’or et des pierres précieuses. Ainsi, en ramenant des hommes dans son filet, il est arrivé qu’Abraham prenne des anges et, chose étonnante, sans même le deviner!

L’auteur de l’épître aux Hébreux lui-même en a été tout émerveillé, ce qui nous a valu cette exhortation: N’oubliez pas l’hospitalité. Elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges (He 13,2). Il a raison de dire: sans le savoir. Si Abraham avait su que ceux qu’il accueillait avec tant de bienveillance étaient des anges, il n’aurait rien fait d’extraordinaire ni d’admirable. Il reçoit donc cet éloge uniquement parce qu’il ignorait l’identité des passants. En effet, ces voyageurs qu’il invitait si généreusement chez lui, il les prenait pour des hommes ordinaires.

Nous savons bien, nous aussi, nous montrer plein d’empressement pour recevoir un personnage célèbre, un notable, quelqu’un d’important, mais cela ne vaut pas que l’on s’en émerveille. Car il arrive souvent qu’un homme, même inhospitalier, dès qu’il est obligé de recevoir une personne de qualité, y mette toute sa bonne volonté. En revanche, il est très remarquable et vraiment admirable de réserver un accueil plein de bonté aux premiers venus, aux gens inconnus et ordinaires. Ceux qui pratiquent cet accueil, le Christ les reçoit avec ces paroles: Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25,40). Il leur dit aussi: Ainsi, votre Père ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu (Mt 18,14). Et encore: Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes et qu’on l’engloutisse en pleine mer (Mt 18,6). Dans tout son enseignement, d’ailleurs, le Christ fait une grande place aux petits et aux humbles.

Abraham était également animé de la même conviction quand il s’interdisait d’interroger les passants pour connaître leur identité ou leur origine, comme nous le faisons en pareilles circonstances. Il accueillait simplement tous les passants. Car celui qui veut faire du bien à quelqu’un n’a pas à lui demander des comptes sur sa vie, mais à soulager sa pauvreté et à remédier à son indigence.

Il y a là peut-être un appel pour nos communautés, particulièrement durant ce temps du Carême. Interrogeons-nous. Comment vivons-nous personnellement, et communautairement l’accueil. Oh, il ne s’agit pas tant de se mettre au bord de la rue demain pour inviter tous les passants à venir déjeuner, que de s’interroger, intérieurement, sur notre capacité à accueillir celui ou celle que Jésus met sur notre chemin. C’est notre capacité d’accueil des plus petits, notre attention aux plus pauvres, pauvres matériellement, spirituellement, pauvres en amour, qui doit devenir l’un des éléments de discernement de notre vie spirituelle. Demandons au Seigneur de venir dilater notre cœur afin que nous soyons capables d’aimer comme Il aime, d’accueillir comme Il accueil. Il y a là une véritable règle de vie.

Seigneur, Dieu d’Abraham et Dieu de Jésus Christ, tu combles de biens les affamés et tu renvoies les riches les mains vides. Fais de nous des pauvres en esprit et en vérité. Alors nous deviendrons capables de comprendre les avertissements que tu nous donnes en cette vie.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Jésus prévient du danger des biens de la terre. Cependant, Jésus ne condamne pas de façon absolue la possession des biens de la terre : Il nous presse plutôt à nous rappeler du double commandement de l’amour pour Dieu et de l’amour pour le prochain » (Saint Jean Paul II)

  • « Il reste toujours le danger, qu’à cause de se fermer de plus en plus hermétiquement au Christ, les orgueilleux, les riches et les puissants finissent par se condamner eux-mêmes à tomber dans l’abîme éternel de solitude qu’est l’enfer » (François)

  • « Dans la multitude d’êtres humains sans pain, sans toit, sans lieu, comment ne pas reconnaître Lazare, mendiant affamé de la parabole ? Comment ne pas entendre Jésus : « A Moi non plus vous ne l’avez pas fait » (Mt 25,45) ? » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 2.463)

Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 7 mars 2023

« Ils le condamneront à mort » / Le changement... / Journée consacrée aux femmes... / (400,497)

Bonjour!

Mercredi 8 mars 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Ils le condamneront à mort » (Mt 20, 17-28)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus, montant à Jérusalem,
prit à part les Douze disciples
et, en chemin, il leur dit :
« Voici que nous montons à Jérusalem.
Le Fils de l’homme sera livré
aux grands prêtres et aux scribes,
ils le condamneront à mort
et le livreront aux nations païennes
pour qu’elles se moquent de lui,
le flagellent et le crucifient ;
le troisième jour, il ressuscitera. »

Alors la mère des fils de Zébédée
s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean,
et elle se prosterna pour lui faire une demande.
Jésus lui dit :
« Que veux-tu ? »
Elle répondit :
« Ordonne que mes deux fils que voici
siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ton Royaume. »
Jésus répondit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? »
Ils lui disent :
« Nous le pouvons. »
Il leur dit :
« Ma coupe, vous la boirez ;
quant à siéger à ma droite et à ma gauche,
ce n’est pas à moi de l’accorder ;
il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
Les dix autres, qui avaient entendu,
s’indignèrent contre les deux frères.
Jésus les appela et dit :
« Vous le savez :
les chefs des nations les commandent en maîtres,
et les grands font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi :
celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur ;
et celui qui veut être parmi vous le premier
sera votre esclave.
Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,
mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Tout en marchant, « Jésus prend à part les Douze » pour les avertir de ce qu’ils auront à affronter à Jérusalem. Avec un réalisme émouvant, Notre-Seigneur leur expose le sort qui l’attend dans la Ville Sainte, mais aussi le triomphe de Pâques au troisième jour. La mère de Jacques et de Jean, pensant sans doute que dans cet aparté avec ses proches collaborateurs, Jésus préparait les structures du gouvernement qu’il mettrait bientôt en place, profite de l’occasion pour présenter la candidature de ses deux fils. 

Il est probable que cette femme faisait partie du groupe de celles qui suivaient le Maître, pourvoyant à ses besoins ainsi qu’à ceux de ses apôtres ; mais on s’étonne néanmoins de la voir intervenir ainsi abruptement, poussant en avant ses deux garçons, qui ont pourtant largement dépassé l’âge d’avoir besoin du soutien de maman ! Qui est à l’origine de cette « manœuvre électorale », dont il serait étonnant qu’elle ait été improvisée : la mère a-t-elle monté la tête à ses deux fils, ou ceux-ci ont-ils eu recours à ses services pour lui faire exprimer la demande qui brûlait leurs lèvres mais qu’ils n’osaient formuler ? Quoi qu’il en soit, la situation révèle au grand jour l’abîme qui sépare les dispositions de cœur de Jésus et celles de son entourage.

Rien ne laisse supposer que les autres apôtres pensaient différemment : ils « s’indignèrent contre les deux frères », non pas en raison de la nature de la demande, mais …de les avoir devancés ! D’avoir osé demander explicitement des postes que chacun d’eux briguait secrètement. Il suffit pour s’en assurer de rapprocher notre récit d’un passage en Saint Luc : au terme d’une mission d’évangélisation, le même groupe arrive à Capharnaüm. « Une fois à la maison, Jésus leur demandait : “De quoi discutiez-vous en chemin ?” Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand » (Mc 9, 33-34). Cet échange fait également suite à une des annonces de la Passion. Autrement dit : les Douze refusent d’entendre ce que leur Maître va tenter par trois fois de leur faire comprendre quant aux événements dramatiques qui se préparent.

Cette attitude peut étonner, mais ne sommes-nous pas tous sourds de la même manière aux enseignements de Jésus ? Combien de fois ne lui demandons-nous pas de bénir des entreprises qui n’ont pas grand-chose à voir avec le Royaume, mais visent plutôt à l’accroissement de notre avoir, de notre gloire, ou même de notre pouvoir ? Toujours avec les meilleures raisons du monde bien sûr et protestant de la droiture de nos intentions. Mais si nous étions sincères, nous reconnaîtrions sans peine que ces demandes ne formulent pas le désir de l’Esprit sur nous, mais qu’elles sont dictées par nos ambitions humaines.

« “Vous ne savez pas ce que vous demandez” : vous me demandez de vous accorder la gloire selon ce monde, alors que je m’apprête à ouvrir pour vous le chemin de la gloire du Royaume, à travers l’humiliation de la croix ». Je ne crois pas que nous soyons nombreux à avoir demandé cette dernière gloire, du moins selon la voie proposée par Jésus ! 

Nous voulons tous devenir saints, mais en évitant le passage étroit et pourtant incontournable de la Croix. La demande du disciple devrait être : « Seigneur, donne-moi le courage de ne pas fuir la coupe que tu me tends, mais de la saisir à pleine main, et de la boire résolument, dans la certitude que son amertume se changera en douceur, sa tristesse en joie, car c’est en “communiant à tes souffrances, en te devenant conforme dans ta mort, que nous parviendrons à ressusciter d’entre les morts”» (cf. Ph 3, 10-11).

Certes voilà un discours que nous n’aimons pas entendre ; pourtant il ne fait que nous placer devant la cohérence de notre choix baptismal. Jésus nous a avertis clairement : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se charge de sa croix chaque jour » (Lc 9, 23). Il pose à ses disciples des exigences morales qui exigent de « se renier soi-même » (Ibid.). 

La route qu’il nous promet est « étroite et resserrée », comparée à la voie « large et spacieuse » qui « mène à la perdition » (cf. Mt 7, 13-14). Nous connaissons tous ces versets, il nous arrive même de les citer ; mais les avons-nous réellement intégrés dans notre vie de foi ? Pourtant, seul celui qui garde les yeux fixés sur la Croix de notre Seigneur et Sauveur, pour y puiser la force de marcher délibérément à sa suite, est digne de porter le beau nom de « chrétien ».

Ce temps de carême nous est précisément donné pour revenir à l’essentiel et refaire les choix dont nous nous sommes peut-être insensiblement écartés sous l’influence de la mentalité ambiante. Quelles sont mes priorités ? Les finalités qui me mobilisent ? Me faire un nom, une place en ce monde, au besoin « en commandant en maître et en faisant sentir mon pouvoir », ou devenir le serviteur de tous dans la discrétion de la véritable humilité, ne cherchant rien d’autre que de donner ma vie, jour après jour, dans l’oubli de moi-même ?


Abbé Philippe Link/ Merci!

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« Soyons le changement que nous voulons pour le monde ». 

Gandhi 

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Bonne journée à toutes les femmes...

à nos mères...

à nos épouses...

à nos filles...


Merci!


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Jean-Yves 

 

lundi 6 mars 2023

Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s`abaissera sera élevé... / L'essentiel de notre foi... / (400,379)

 Bonjour!

Mardi 7 mars 2023


Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Rejetez tous les crimes que vous avez commis,
faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (Ez 18, 31)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples,
et il déclara :
« Les scribes et les pharisiens
enseignent dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire,
faites-le et observez-le.
Mais n’agissez pas d’après leurs actes,
car ils disent et ne font pas.
Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter,
et ils en chargent les épaules des gens ;
mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens :
ils élargissent leurs phylactères
et rallongent leurs franges ;
ils aiment les places d’honneur dans les dîners,
les sièges d’honneur dans les synagogues
et les salutations sur les places publiques ;
ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi,
car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner,
et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père,
car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres,
car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s’élèvera sera abaissé,
qui s’abaissera sera élevé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


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Commentaire...

Les premières paroles de l’extrait du prophète Isaïe que nous avons entendu en première lecture résonnent comme un coup de clairon : « Écoutez la Parole du Seigneur ! » Et à qui s’adresse cette injonction ? A ceux « qui ressemblent aux chefs de Sodome », c’est-à-dire à ceux qui font le mal sans scrupule, qui prétendent avoir dépassé l’opposition entre le bien et le mal, qui se vantent d’avoir instauré enfin un relativisme moral libérateur. Le Seigneur ne se répand cependant pas contre eux dans un flot d’invectives ou d’accusations : il se contente de les interpeller vigoureusement : « Écoutez la Parole du Seigneur », c’est-à-dire reconnaissez l’altérité divine et prêtez l’oreille à ses propos.

Pour convertir les pécheurs, Dieu commence par leur manifester sa paternité en les convoquant autour de sa Parole. Certes, il propose un enseignement, mais il ne nous impose pas un monologue moralisateur : « Venez donc et discutons, dit le Seigneur ». Le père est celui qui ouvre le dialogue : il parle et donne la parole, et c’est dans cet échange de paroles qu’il veut nous faire découvrir à la fois la vérité et notre responsabilité personnelle devant elle.

Toute autre est l’attitude des « scribes et pharisiens ». Eux aussi ils « enseignent », avec autorité, mais leur parole n’invite pas au dialogue, elle ne met pas en relation. Leur discours tend plutôt à creuser une distance entre eux et les autres, qu’ils veulent maintenir en leur pouvoir en les « chargeant de pesants fardeaux ».

La paternité de Dieu libère et fait vivre ; celle des scribes et pharisiens qui usurpent « la chaire de Moïse », aliène et écrase. Cependant, dans la mesure où ils se réfèrent aux Ecritures, c’est-à-dire à la Parole du Dieu Père, il convient de les écouter et « d’observer tout ce qu’ils peuvent dire ». C’est le contre témoignage de leur vie concrète, qui est inadapté, mensonger, à proscrire. Car contrairement à Dieu qui cherche uniquement le bien du pécheur, qui désire qu’il se convertisse et qu’il vive, les scribes et pharisiens ne sont préoccupés que d’eux-mêmes, de leur propre gloire. Ces « bergers mercenaires » ne sont pas le Bon Pasteur ; « les brebis ne comptent pas vraiment pour eux » (Jn 10, 13).

Jésus, lui, est la Parole, le Verbe de Dieu, autour duquel le Père convoque tous les hommes de bonne volonté afin de leur révéler son vrai visage et le dessein bienveillant qu’il nourrit à leur égard. Il est l’unique « Bon Pasteur » qui rassemble les enfants dispersés du Père de tous les hommes : « il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn 10, 16). Il ne se contente pas d’enseigner le chemin de la vérité et de la vie : il est lui-même ce chemin, qu’il ouvre à travers la mort afin de nous donner part à sa vie : « le vrai Berger donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11). C’est en allant ainsi au bout du chemin de l’amour, que le Fils témoigne du Père et le glorifie.

Les scribes et pharisiens sont incontestablement des Maîtres de la Loi ; ils connaissent toutes les subtilités de la lettre et les diverses interprétations rabbiniques de chaque verset. Mais l’Écriture est pour eux un corps mort dont ils disposent pour s’élever, se glorifier. Ils ignorent l’âme de la Parole, c’est-à-dire la Flamme vivante de la charité qui invite tout au contraire au service et à l’abaissement volontaire, dans une recherche constante de la gloire du Père.

A l’école de l’Évangile, nous découvrons que seul Notre-Seigneur Jésus Christ est digne de foi, parce que lui seul « a observé parfaitement tout ce qu’il a enseigné » ; sa Parole de vérité nous révèle le visage de l’unique Père de tous les hommes qui les appelle tous à la conversion et à la réconciliation ; et c’est dans l’onction de l’unique Esprit que nous avons accès à la vie filiale, formant un unique Corps dont Jésus est la tête.

Cet évangile nous ramène à un des thèmes sur lesquels le Saint Père insiste depuis quelques mois à temps et à contretemps : l’importance primordiale de la cohérence entre la Parole annoncée et le témoignage de la vie. La force de persuasion du christianisme ne réside pas dans l’art oratoire déployé par les prédicateurs, mais elle procède essentiellement de la transformation concrète de la vie de ceux qui s’appuient sur la Parole et se livrent à l’Esprit. Puissions-nous en ce temps de Carême, prendre conscience de notre responsabilité, pour qu’en voyant l’œuvre de l’Esprit en nous, les hommes « rendent gloire à Dieu en offrant le sacrifice d’action de grâce » (Ps 49 [50]).

Philippe Link - Merci!-

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Il vaut mieux se taire et agir que parler et ne pas agir. C’est une bonne chose d’enseigner, si celui qui enseigne agit aussi » (Saint Ignace d’Antioche)

  • « Aujourd’hui plus que jamais, l’Eglise est consciente que son message social sera rendu crédible par le témoignage des œuvres, avant sa cohérence et sa logique interne » (Saint Jean-Paul II)

  • « Le scandale revêt une gravité particulière en vertu de l’autorité de ceux qui le causent ou de la faiblesse de ceux qui le subissent […]. Le scandale est grave lorsqu’il est porté par ceux qui, par nature ou par fonction, sont tenus d’enseigner et d’éduquer les autres. Jésus en fait le reproche aux scribes et aux pharisiens : Il les compare à des loups déguisés en agneaux (cf. Mt 7,15) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 2.285)


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Ce qui me rejoint davantage 
dans le carnet du Carême de Vie Liturgique 
pour aujourd'hui:

«La grandeur d'une personne ne se trouve pas dans ses titres ou ses avoirs, mais dans son cœur aimant de serviteur, de servante.
Le vrai serviteur préfère penser à l'autre. Il contribue par sa manière de vivre à construire un monde plus juste, plus équitable. Comme le chante Robert LeBel, il faut "savoir dresser la table (...) nouer le tablier (...) et servir par amour comme Lui.»
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Et, quelques mots sur la foi...

L'essentiel de notre foi, c'est d'abord de que Dieu est pour nous.

L'essentiel de notre foi, c'est de croire en l'amour de Dieu pour nous. 

Le salut ce n'est pas d'abord nous qui aimons Dieu, 
c'est d'abord Dieu qui nous aime.

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Bonne journée!

Jean-Yves