jeudi 10 août 2023

« Que pourra donner l’homme en échange de sa vie ? » Quelques pensées... / (436,966)

 Bonjour!

Vendredi 11 août 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Que pourra donner l’homme en échange de sa vie ? » (Mt 16, 24-28)

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
    Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra,
mais qui perd sa vie à cause de moi
la trouvera.
    Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
si c’est au prix de sa vie ?
Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
    Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges
dans la gloire de son Père ;
alors il rendra à chacun selon sa conduite.

    Amen, je vous le dis :
parmi ceux qui sont ici,
certains ne connaîtront pas la mort
avant d’avoir vu le Fils de l’homme
venir dans son Règne. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

« Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera ». Notre vie semble sérieusement menacée en ce monde, au point que tous nos efforts pour la sauver vont s’avérer stériles : nous finirons par la perdre. Seuls celui qui mise tout sur le Christ et se met à sa suite vers cette terre inconnue, sera sauvé et gardera sa vie. Ce départ est cependant un véritable saut dans le vide : « qui perd sa vie à cause de moi ».

La suite n’est pas davantage pour nous rassurer : Jésus nous invite à lever le nez du guidon, et à réfléchir à l’échéance inévitable. Même si nous parvenions à « gagner le monde entier », ou à nous enrichir comme Crésus, tout notre pouvoir et notre avoir ne nous servirait de rien pour échapper à l’étape finale vers laquelle converge et dans laquelle s’épuise toute vie.

Non seulement la mort est inévitable, mais elle n’est pas un simple anéantissement : au-delà du voile, bien des surprises nous attendent ! « Le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite ». Il y aura donc un jugement qui se fera sur base de nos actions en ce monde : sommes-nous sûrs de faire le poids ?

Il est donc grand temps de nous préoccuper de cet « au-delà » de notre vie quotidienne ; mais comment faire puisque par définition, personne n’est revenu de la mort, et que nous ne savons pas ce qui nous attend ?

A moins que le mystérieux voyage auquel Jésus nous invite, consiste précisément en une anticipation de la vie de l’autre côté du voile. Notre-Seigneur nous propose de vivre dès à présent dans les conditions du Royaume auquel la mort nous donnera accès, afin de ne pas être surpris au moment du grand passage.

Nul n’est descendu du ciel sinon le Fils de Dieu fait homme ; et il y est remonté après avoir traversé notre mort, afin de nous préparer une place dans la demeure de Dieu son Père. Si « par le baptême nous avons été mis au tombeau avec le Christ, avec lui nous avons été ressuscité, et notre vie reste cachée avec lui en Dieu » (Col 2, 12 ; 3, 3). C’est à cette vie nouvelle que Jésus nous invite dès à présent. Nous comprenons mieux dès lors qu’il ne sert à rien de nous encombrer de bagages : le seul qui nous soit utile, c’est cette fameuse croix, la seule clé d’accès au Royaume des cieux.

Autrement dit, Jésus nous propose de vivre dès à présent au cœur de ce monde qui passe, comme des citoyens du monde à venir qui ne passera pas. Le pèlerinage auquel nous sommes conviés consiste à devenir ce que nous sommes en vertu de notre baptême : des fils de Dieu dans le Fils unique ; celui-là même qui chaque jour, dans chaque Eucharistie, vient au-devant de nous, pour nous nourrir du pain de la route et nous entraîner à sa suite.

Père, donne-nous assez de confiance pour oser nous détacher de ce monde éphémère, et pour nous attacher de tout notre cœur, de toute notre âme, et de toutes notre force à Jésus. Puissions-nous, dans la force de l’Esprit d’amour, le suivre jour après jour sur le chemin qui conduit jusqu’à toi, Père, dans le Royaume où tu nous attends pour nous donner part à ta propre vie.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----



Méditation

Frère Hervé Ponsot

Frère Hervé Ponsot

Couvent Saint Dominique à Montpellier

Vivre dès maintenant


L’idée que la vie doive passer par la mort est à la fois douloureuse et banale : douloureuse parce que personne ne peut a priori se tourner de bon cœur et avec enthousiasme vers la mort, et banale parce que, comme le rappellent d’ailleurs d’autres passages d’Évangile, il faut que le grain meure pour que le fruit advienne. 

Mais dans la bouche de Jésus aujourd’hui, ce fruit est la vie : faut-il alors penser, comme on l’a souvent dit, que seule la vie éternelle importe, que la vie terrestre n’est qu’un succédané qu’il faut traverser tant bien que mal ? Ce serait se méprendre sur le propos de Jésus : quand il nous parle de la vie, il évoque tout à la fois la vie terrestre que nous connaissons et la vie éternelle : « Dans cette existence de chaque jour que nous recevons de ta grâce, la vie éternelle est déjà commencée. »* 

Elle a commencé avec notre création à l’image et à la ressemblance de Dieu, elle s’est ancrée avec le don de l’Esprit qui vient nous relier au Christ, elle continue et croît avec la charité qui nous tourne sans cesse vers Dieu et vers nos frères. Dans cette perspective, la mort n’est qu’une porte à franchir vers cette vie en plénitude, et ne devrait pas faire peur à ceux qui y reconnaissent une ouverture vers quelque chose de plus grand, la vie avec le Christ. 

* Missel Romain, Préface des dimanches n° 6


-----

Je méditais... 

Je disais cette parole:

 "Seigneur , je ne suis pas digne..."... 

La seule réponse qui me venait c'est celle-ci: 

"Tu es mon frère!"

Merveilleuse réponse! Rassurante réponse!

-----


 Pensée de Sr Mandato...


- Aujourd'hui, vis ta journée pleinement 

dans la joie, l'amour et l'émerveillement.


- Ta vie est un diamant, 

car tu es merveille 

parmi toutes les merveilles de la nature, 

Apprécie-le et soi reconnaissant.


- À la fin de la journée, 

donne-toi quelques minutes de détente et de réflexion.

 Accepte-la telle qu'elle a été

 et pends une grande respiration 

pour faire la paix avec toi-même. 

-----




Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 9 août 2023

« Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera » / Quelques pensées de Sr Mandato... (436,918)

 Bonjour!

Jeudi 10 août 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera » (Jn 12, 24-26)

Alléluia. Alléluia.
Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
dit le Seigneur,
il aura la lumière de la vie.
Alléluia. (cf. Jn 8, 12bc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul ;
mais s’il meurt,
il porte beaucoup de fruit.
    Qui aime sa vie
la perd ;
qui s’en détache en ce monde
la gardera pour la vie éternelle.
    Si quelqu’un veut me servir,
qu’il me suive ;
et là où moi je suis,
là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert,
mon Père l’honorera. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Une hymne Ambrosienne du Vème siècle célèbre ainsi la mémoire de saint Laurent : « La Foi des chrétiens de Rome a mis l’archidiacre Laurent au même rang de sainteté que les Apôtres pour une même couronne de martyr ».

Il est vrai que dans les premiers siècles de l’Église, saint Laurent était en grand honneur. En témoigne à Rome le fait que plus de trente églises portent son nom. La basilique construite par l’empereur Constantin à l’emplacement de sa sépulture a toujours été l’une des plus visitées par les pèlerins après les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul.

Saint Laurent est mort martyr au temps de la persécution de Dèce en 258. Les textes de sa fête nous ramènent aux vertus qui le caractérisaient d’une façon toute particulière.

La première lecture nous dit : « L’homme qui donne aux pauvres à pleines mains demeure juste pour toujours. » Nul doute que saint Paul se réfère ici au verset suivant du psaume que la liturgie a retenu pour ce jour : « A pleines mains, il donne au pauvre ; à jamais se maintiendra sa justice, sa puissance grandira, et sa gloire ! » Saint Laurent avait, en effet, en tant que diacre la charge d’administrer les biens de l’Église et particulièrement celle de veiller aux plus nécessiteux de la communauté. Il l’assuma avec sainteté gardant toujours au cœur le souci des plus pauvres et des plus démunis. Sa passion s’en fait l’écho lorsqu’elle rapporte qu’il subit son martyre après avoir distribué aux pauvres les biens de la communauté chrétienne de Rome.

Saint Laurent vivait ainsi dans la dynamique du don qu’il allait manifester de la façon la plus haute. Il n’est pas fortuit que les textes de la liturgie de ce jour insistent sur le don. C’est là le secret de la sainteté, le témoignage de la vie divine accueillie en plénitude dans une existence. Car c’est bien la vie divine que vise à partager le chrétien. Et pour atteindre cet objectif, il n’y a qu’un chemin : celui que Jésus a ouvert devant nous en donnant sa vie par amour des pécheurs : « Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. » (Cf. Évangile)

Il s’agit de mourir à soi pour porter un fruit de vie et un jour avoir part soi-même en plénitude à la vie même de Dieu. Jésus nous le rappelle : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. » (Cf. Évangile)

Saint Laurent a compris cela et il en a témoigné jusque dans sa mort. Diacre, ministre du sang du Christ, il le fut en répandant son propre sang pour le nom du Christ.

Seigneur, à ta suite et à l’image de saint Laurent ton martyr, donne-nous la grâce d’entrer dans la même dynamique de don de nous-mêmes. Donner par Amour est la seule chose qui puisse donner sens à toute une vie dans un monde où il ne semble y avoir d’autres valeurs que la logique du profit et de l’intérêt personnel ou de groupe. Seigneur, que ton Esprit d’Amour vienne dilater nos cœurs et ouvrir nos mains !


Abbé Philippe Link / Merci!

-----



Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Saint Laurent a aimé le Christ pendant sa vie, il l’a pris comme modèle à sa mort. La meilleure preuve que nous pouvons donner de notre amour c’est d’imiter son exemple, car le Christ a souffert pour nous, en nous laissant un exemple afin de suivre ses traces » (Saint Augustin)

  • « On accorda un certain temps au diacre Laurent, en tant que responsable de l’aide aux personnes pauvres de Rome, pour collecter les trésors de l’Eglise et pour les remettre aux autorités. Laurent distribua l’argent disponible aux pauvres et ensuite il les présenta aux autorités en tant que véritable trésor de l’Eglise » (Benoît XVI)

  • « Une autre difficulté, spécialement pour ceux qui veulent sincèrement prier, est la sécheresse. Si la sécheresse est due au manque de racine, parce que la Parole est tombée sur du roc, le combat relève de la conversion » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 2731)

Quelques pensées de Sr Pierre Anne Mandato...


- Le soir, après avoir repensé à ta journée, accorde le pardon à l'autre et à toi-même et sois dans la paix.


- Dieu ne juge pas les apparences; il regarde ton cœur, ta bonne volonté et tes grands désirs. 


- J'ai la certitude que Dieu ne regarde pas mes faiblesse et mes défauts , mais il me regarde avec des yeux remplis de tendresse et d'amour.


- Donne un sens à ta vie et sois certain que ta présence fait une différence en ce monde.


- Sois une étoile dans la nuit pour éclairer et donne confiance à ceux qui ont perdu tout espoir.

-----





Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 8 août 2023

« Femme, grande est ta foi ! » / Quelques pensées... / (436,887)

 Bonjour!

Mercredi 9 août 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Femme, grande est ta foi ! » (Mt 15, 21-28)

Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
    Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires,
disait en criant :
« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David !
Ma fille est tourmentée par un démon. »
    Mais il ne lui répondit pas un mot.
Les disciples s’approchèrent pour lui demander :
« Renvoie-la,
car elle nous poursuit de ses cris ! »
    Jésus répondit :
« Je n’ai été envoyé
qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
    Mais elle vint se prosterner devant lui en disant :
« Seigneur, viens à mon secours ! »
    Il répondit :
« Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants
et de le jeter aux petits chiens. »
    Elle reprit :
« Oui, Seigneur ;
mais justement, les petits chiens mangent les miettes
qui tombent de la table de leurs maîtres. »
    Jésus répondit :
« Femme, grande est ta foi,
que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »
Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Une mère éplorée, qui a entendu parler du Rabbi de Nazareth et des miracles qu’il accomplissait, poursuit Jésus de ses supplications en faveur de sa fille. L’interpellation de cette femme cananéenne témoigne d’une étonnante connaissance de la tradition juive ; peut-être même le titre « Seigneur, fils de David » attribué à Jésus est-il une ébauche de foi, comme semble le confirmer la demande, puisqu’elle attend du « Seigneur » qu’il prenne autorité sur le démon qui tourmente sa fille.

Le silence de Jésus veut obliger les disciples à résoudre eux-mêmes ce dilemme : cette femme païenne, habitant en terre étrangère, mais témoignant par sa foi naissante qu’elle est visitée par Dieu, est-elle impure en raison de son appartenance raciale, ou au contraire, faut-il juger de sa pureté, c’est-à-dire de la qualité de sa relation à Dieu à partir de « ce qui est sorti de sa bouche et qui provient de son cœur » (15, 8) ?

Les disciples ne semblent pas avoir perçu le problème : ils demandent à Jésus de « donner satisfaction » à la femme non pas comme confirmation de sa confession de foi, mais pour couper court à une situation embarrassante. Pensez donc : un Rabbi juif poursuivi par les cris d’une païenne, cela pourrait causer scandale ! Ainsi donc les disciples demeurent tout aussi enfermés dans leurs a priori et leur formalisme religieux que les pharisiens.

Dans un premier temps, la réponse de Jésus explicite ce que les disciples n’avaient pas osé formuler : un Rabbi d’Israël ne s’occupe pas des étrangers ; c’est à son peuple que Dieu envoie ses messagers. Cette parole dure de Jésus ne décourage cependant pas la femme, mais ranime tout au contraire son zèle : « elle vint se prosterner devant lui » dans un geste d’humble adoration. Lui ayant ainsi barré la route elle le supplie : « Seigneur, viens à mon secours ! » Cette fois le dialogue est ouvert ; les yeux dans les yeux Jésus l’invite avec douceur, à expliciter devant les disciples la compréhension du mystère de grâce que l’Esprit a révélé à son cœur.

La femme sait bien que le pain est destiné aux enfants ; mais elle a deviné que les enfants d’Israël font preuve de bien peu d’appétit pour le pain de la Parole que Jésus leur offre : le Rabbi ne viendrait pas en terre païenne s’il ne fuyait pas ses coreligionnaires. Aussi ajoute-t-elle pleine d’espérance : « les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres » – le terme « petits chiens » ne désigne pas les chiens errants, objet de mépris, mais les animaux domestiques qui jouissaient de la faveur de leur maître.

Nous retrouverons ce thème tout au long des premières campagnes d’évangélisation : le rejet de la Bonne Nouvelle par les juifs, fera la joie des païens vers lesquels se tourneront les missionnaires, et qui accueilleront le message du salut. Ainsi à Antioche de Pisidie, devant l’hostilité des juifs, « Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : “ C’est à vous d’abord qu’il fallait adresser la Parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens” » (Ac 13, 46-47).

La réponse de Jésus confirme l’action de l’Esprit dans le cœur de cette femme païenne : « Ta foi est grande ». Aussi Notre-Seigneur ne doit-il même pas intervenir : « Que tout se fasse pour toi comme tu le veux ». Par sa foi, cette mère dispose, pour le service de la délivrance de sa fille, de la toute-puissance de Dieu qui repose sur le Verbe incarné.

Ainsi donc ce n’est pas l’appartenance à la nation sainte qui garantit l’état de « pureté », mais la foi en Jésus venu rassembler les enfants de Dieu dispersés (Jn 11, 52). Car « les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile » (Ep 3, 6). Par sa foi, la femme cananéenne est devenue fille d’Abraham et « héritière de Dieu, héritière avec le Christ » (Rm 8, 17), disposant en son nom propre de sa victoire sur le démon.

« Ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme impur ». Nous qui avons été purifiés « par le bain du baptême et la Parole de vie » (Ep 5, 26), ne risquons pas de retomber dans l’impureté par des jugements hâtifs sur nos frères en raison de leur origine ou de leur appartenance culturelle. Pour eux aussi le Christ a versé son sang, et il les appelle comme nous à partager son héritage en devenant les enfants adoptifs du Père en qui nous sommes tous frères.

Seigneur sauve-nous de nos étroitesses d’esprit ; ouvre nos yeux sur nos enfermements ; dénonce nos complicités avec les attitudes d’exclusion mises en place autour de nous ; donne-nous de nous souvenir que nous aussi nous étions des “païens” ; et accorde-nous la force de témoigner ouvertement de l’universalité de ton message, car c’est à tous les hommes que tu es venu « annoncer une année de bienfaits » (Lc 4, 19) de la part de Dieu ton Père et notre Père (cf. Jn 20, 17).


Abbé Philippe Link // Merci!

-----



Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Il est vrai que la vérité fuit toujours les esprits qui ne sont pas humbles » (Saint Augustin)

  • « L’Etre de Dieu est le plus vrai : il est l’éternel, l’origine et le fondement de tout. Et le Christ est l’image incarnée de cette Vérité » (Benoît XVI)

  • « Très souvent, dans les Evangiles, les personnes s’intéressent à Jésus en l’appelant "Seigneur". Ce titre exprime le respect et la confiance de ceux qui s’approchent de Jésus […] : "C’est le Seigneur !" (Jn 21,7) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 448)

"Les minutes qui suivent la communion sont les plus précieuses de nos vies."

- Sainte Madeleine de Pazzi


-----

 

Quelques pensées de Sr Pierre Anne Mandato:


- Sois sensible à tous les événements qui se passent autour de toi. Accueille-les avec confiance, en te disant: «C'est ce dont j'avais besoin aujourd'hui pour grandir».


- Lâcher prise! C' est ce qui t'amène à changer de vie,

qui t'apporte la paix et la joie intérieure! Lorsque tu ne peux rien changer, le bonheur c'est de savoir s'abandonner. 


- Deviens une présence joyeuse qui donne le goût de vivre à ceux et celles qui t'entourent.


-----




Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 7 août 2023

« Seigneur, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux » / "Marcher à son rythme..." ... / (436,837)

Bonjour!

Mardi 8 août 2023

Fête de saint Dominique

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Seigneur, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux » (Mt 14, 22-36 [Année A 2023])

Alléluia. Alléluia.
Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu !
C’est toi le roi d’Israël !
Alléluia. (Jn 1, 49b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus avait nourri la foule dans le désert.
    Aussitôt il obligea les disciples à monter dans la barque
et à le précéder sur l’autre rive,
pendant qu’il renverrait les foules.
    Quand il les eut renvoyées,
il gravit la montagne, à l’écart, pour prier.
Le soir venu, il était là, seul.
    La barque était déjà à une bonne distance de la terre,
elle était battue par les vagues,
car le vent était contraire.

    Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux
en marchant sur la mer.
    En le voyant marcher sur la mer,
les disciples furent bouleversés.
Ils dirent :
« C’est un fantôme. »
Pris de peur, ils se mirent à crier.
    Mais aussitôt Jésus leur parla :
« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
    Pierre prit alors la parole :
« Seigneur, si c’est bien toi,
ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
    Jésus lui dit :
« Viens ! »
Pierre descendit de la barque
et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
    Mais, voyant la force du vent, il eut peur
et, comme il commençait à enfoncer, il cria :
« Seigneur, sauve-moi ! »
    Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit
et lui dit :
« Homme de peu de foi,
pourquoi as-tu douté ? »
    Et quand ils furent montés dans la barque,
le vent tomba.
    Alors ceux qui étaient dans la barque
se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :
« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

    Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth.
    Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ;
ils firent avertir toute la région,
et on lui amena tous les malades.
    Ils le suppliaient de leur laisser seulement
toucher la frange de son manteau,
et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----



Commentaire...

Les apôtres sur le lac se trouvaient dans la turbulence. Jésus les avait envoyés en mission sur une mer agitée. Et alors, il vient à leur secours d’une façon inattendue, sous l’apparence d’un fantôme. Dans nos moments de crise il y a à la fois un danger et une opportunité. Chacun fait face un jour à des crises différentes : discerner une vocation à la vie consacrée, rompre une habitude, rompre une amitié néfaste, décider, pour un couple, de vivre avec cohérence l’enseignement de l’Eglise ou simplement de prendre le Christ plus sérieusement. Dans une crise, ma volonté est tiraillée de toutes parts. Mon esprit, mon coeur et mes sentiments sont aussi engagés. 

Le chemin est rude et il y a danger à prendre celui qui est le plus facile car je pourrais bien me repentir plus tard d’avoir court-circuité ma vie et peut-être celle de quelques autres. La solution que me suggère ma foi me paraît irréelle, insaisissable pour moi. Elle semble trop hors de l’ordinaire pour moi, hors du contexte dans lequel je suis habitué. Pourtant, j’y perçois une droiture, une certaine élévation d’esprit parce que, si peu que ce soit, le Christ se laisse entrevoir à moi. Jésus permet ces situations de crise tout comme il permet que les solutions nous paraissent irréalisables. Tout cela, à cause de sa bonté. Il sait que c’est l’occasion pour nous de faire un bond en avant dans notre vie spirituelle, dans notre foi.

Quelle doit être mon attitude véritable dans un moment de crise ? Si je réfléchis bien, je vois que Dieu dans sa bonté a un dessein pour ma vie, pour chaque jour de ma vie. Si Dieu est bon et pourvoit à mes besoins, ne décevant jamais celui qui croit en lui, ce doit être que je serai très heureux si j’accepte sa volonté. Que la volonté de Dieu soit faite ! Voilà ce qui doit être mon attitude véritable, fondamentale. Avant de chercher à découvrir l’identité de cette figure énigmatique qui m’appelle, je dois me convaincre que si c’est le Christ, le Christ qui me fait signe, alors je le suivrai. Que la voix de Pierre soit la tienne : » Seigneur, si c’est toi, commande-moi de marcher sur les eaux. 

Quelquefois, le Seigneur appelle en disant : » Viens ! » et on sent qu’il nous demande de venir plus près de lui, de mettre nos pas dans les siens. D’autres fois, il nous dit : « Courage ! » car il y a un risque à prendre, le risque d’abandonner un peu de moi-même, pas pour l’amour d’une aventure mais pour l’amour de l’Amour. Il dit aussi : « C’est moi ! » et nous demande de reconnaître en lui le trésor pour lequel on devait tout abandonner. Il ajoute : « N’aie pas peur ! » et nous encourage à lui faire confiance. Et quand mon coeur est disposé à faire sa volonté, quelle qu’elle soit, alors je peux demander en toute confiance : « Est-ce toi, Seigneur ? » Ecoutons la réponse. Ecoutons attentivement.

Si Jésus dit : « Viens, » alors n’attends pas. Laisse sa tendre invitation t’attirer à lui. Le moment le plus pénible à surmonter, pour celui qui est dans le bateau, c’est la décision de sortir de l’inertie. Mais après les premiers pas, on est dans la main de Dieu. C’est un peu comme sauter en parachute. Dès qu’on quitte la sécurité de l’avion, on est à la merci de la force de gravité. Fixe ton regard seulement sur Jésus. Marcher sur les eaux, quitter mon confort et ma zone de sécurité est difficile. Ce n’est pas naturel de marcher sur les eaux ! La tentation est grande de se concentrer sur les difficultés, sur le vent, les vagues, sur le fait qu’on ne contrôle rien. Fixe ton coeur et ta volonté sur le Christ. Fie-toi sur sa force et sa puissance salvatrice. Il ne t’abandonnera pas. Il t’appelle à une certaine mission, à une certaine façon d’être, à un niveau plus élevé de foi, il te donnera les grâces nécessaires.

Jésus, si bon et miséricordieux, merci de m’appeler à te ressembler, à te suivre plus intimement. Merci de m’appeler à vivre ma vie par la foi et non pas de me fier uniquement à moi-même et à me reposer sur mes sécurités. Merci de parler à mon coeur et à m’inviter à tout risquer pour toi. Quoi que tu veuilles, Jésus, je le veux aussi. Que ta volonté soit faite et non la mienne. Marie, ma Mère, aide-moi à répéter avec toi : « Qu’il me soit fait selon ta parole. »


Abbé Philippe Link / Merci!

-----



----- + -----


Méditation

Frère Philippe Verdin

Frère Philippe Verdin

Couvent Saint Thomas d'Aquin à Lille

Marcher à son rythme


« En cours de route… » Il n’est pas fortuit que l’évangile de ce jour, en la fête de saint Dominique, commence par le mot « route ». Dominique fut un marcheur impénitent. Un marcheur. Pas un joggeur, pas un adepte du trekking soucieux de son épanouissement personnel. Un marcheur pour porter la lumière un peu plus loin, au rythme de Jésus quand il marchait sur les routes de Galilée, au rythme de son maitre qui se surnomme lui-même la petite route : Je suis la vérité la Vie et… le chemin ! Un marcheur qui se donne le temps de discuter avec celui qui est en chemin à côté de lui, il s’adapte au rythme du compagnon. Comme dans la rencontre avec les disciples d’Emmaüs.

Alors Dominique le marcheur nous ouvre la piste. Son exemple nous pousse à marcher plus loin, à notre rythme. Dominique est l’homme du passage, c’est-à-dire de la Pâque : passage des frontières, passage pour aller vers ceux qui sont différents, passage du concret au ciel par la prière – la prière, ce sentier pour aller plus loin, plus profond. Dieu nous attend là-bas.                                      

Bonne journée!

Jean-Yves