jeudi 25 août 2022

« Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre » // (389,757)

 Bonjour!

Vendredi 26 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre » (Mt 25, 1-13)

Alléluia. Alléluia.
Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous pourrez vous tenir debout devant le Fils de l’homme.
Alléluia. (cf. Lc 21, 36)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    « Le royaume des Cieux sera comparable
à dix jeunes filles invitées à des noces,
qui prirent leur lampe
pour sortir à la rencontre de l’époux.
    Cinq d’entre elles étaient insouciantes,
et cinq étaient prévoyantes :
    les insouciantes avaient pris leur lampe
sans emporter d’huile,
    tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes,
des flacons d’huile.
    Comme l’époux tardait,
elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
    Au milieu de la nuit, il y eut un cri :
“Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
    Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent
et se mirent à préparer leur lampe.
    Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes :
“Donnez-nous de votre huile,
car nos lampes s’éteignent.”
    Les prévoyantes leur répondirent :
“Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous,
allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
    Pendant qu’elles allaient en acheter,
l’époux arriva.
Celles qui étaient prêtes
entrèrent avec lui dans la salle des noces,
et la porte fut fermée.
    Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour
et dirent :
“Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
     Il leur répondit :
“Amen, je vous le dis :
je ne vous connais pas.”

    Veillez donc,
car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Au départ : dix vierges, qui constituent un groupe soudé ; toutes sont invitées par l’Époux et font donc partie du cercle de ses amis, de ses intimes. Elles prennent l’initiative de sortir à la rencontre de l’Époux, mais celui-ci « tarde » sans que nous connaissions le motif de son retard. Toutes s’endorment pareillement : les prévoyantes aussi bien que les insensées.

La nuit et le groupe sont divisés en deux parties par le cri : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. » C’est à cette étape du récit que s’opère la séparation irréversible entre les vierges sages et folles, alors que jusque-là leur cohabitation ne posait aucun problème. L’Époux ne reproche rien aux vierges étourdies ; il constate simplement qu’elles ne sont pas à l’intérieur, et qu’il ne les connaît pas.

Pour aller plus loin dans l’interprétation, il faut se risquer à décrypter le langage symbolique de l’huile. Nous constatons d’abord qu’il y a deux sortes d’huiles ; il y a l’huile d’origine, et celle qui est acquise en cours de route, pour suppléer au manque. Seule la possession de l’huile originelle en quantité suffisante donne accès à la salle des noces ; elle conditionne même la reconnaissance par l’Époux.

Selon Saint Grégoire le Grand, l’huile représente le « langage de l’âme », c’est-à-dire le désir, qui entretient la flamme de l’amour. L’huile originelle représente le désir éveillé par le Christ lui-même au jour de notre première rencontre avec lui et ranimé à chaque moment de conversion intense. Ce désir « d’en haut » manifeste la présence de l’Esprit en nos cœurs, et fait de nous des amis de l’Époux, invités aux noces. Les vierges qui se sont munies au départ d’une réserve d’huile, sont celles qui sont demeurées fidèles à la grâce des origines, qui ont gardé le souvenir de la rencontre et ont entretenu le désir du retour de l’Epoux. Son retard ne les distraie pas du souvenir de sa présence, et l’assoupissement durant l’attente n’éteint pas la flamme, toujours prête à ressurgir et à brûler avec une nouvelle vigueur.

Toute autre est la situation des vierges folles : sollicitées par d’autres désirs, elles ont oublié le temps de la rencontre, et se sont dispersées dans les multiples convoitises. Le renvoi vers les marchands symbolise cette perversion du désir qui se recourbe vers la terre et devient concupiscence du monde.

Ce qui différencie les deux groupes, c’est finalement la qualité de leur désir ; c’est à cela que l’Époux les reconnaît : « J’ai contre toi que tu as perdu ton amour d’antan » (Ap 2, 4). On n’entre pas dans la salle de noce avec un cœur saturé de désirs terrestres.

Prise sous cet angle, cette parabole concerne probablement plus d’un parmi nous : ne faisons-nous pas quotidiennement l’expérience de la duplicité de notre cœur, qui tend certes vers Dieu, mais est aussi séduit par les sollicitations du monde ?

Demandons au Seigneur d’unifier notre cœur ; de nous arracher à la dispersion dans les convoitises décevantes, et de faire converger en lui tous nos désirs légitimes, afin que nos vies soient intégrées dans la sienne. Le détachement évangélique n’est pas indifférence aux choses de la vie ; il est concentration de l’attention sur la présence de Celui qui donne à chaque événement son poids d’éternité.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 24 août 2022

« Tenez-vous prêts » // (389,730)

 Bonjour!

Jeudi 25 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...




ÉVANGILE

« Tenez-vous prêts » (Mt 24, 42-51)

Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y pensez pas
que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Veillez,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
    Comprenez-le bien :
si le maître de maison avait su
à quelle heure de la nuit le voleur viendrait,
il aurait veillé
et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra.
    Que dire du serviteur fidèle et sensé
à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison,
pour leur donner la nourriture en temps voulu ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Amen, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si ce mauvais serviteur se dit en lui-même :
“Mon maître tarde”,
    et s’il se met à frapper ses compagnons,
s’il mange et boit avec les ivrognes,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
    il l’écartera
et lui fera partager le sort des hypocrites ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Il faut veiller ! Voilà sans doute le cœur de l’attitude spirituelle du chrétien. Il faut veiller car Jésus nous le demande et parce que c’est logique : « vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra ».

Méfions-nous cependant des raccourcis hâtifs. On ne veille pas par ignorance de la date du grand rendez-vous que le Seigneur nous a fixé et qui marquera la fin du monde, mais parce que nous voulons être prêts pour ce rendez-vous. L’exemple du voleur est édifiant. Il est évident que le propriétaire ne connaît pas la nuit que le voleur a choisie pour passer, aussi veille-t-il. Mais même en veillant, l’effet de surprise ne sera jamais supprimé puisque le propriétaire ignore dans quelle partie de la nuit le voleur viendra. Autrement dit connaître la nuit, ou le jour, n’a pas d’importance puisque les circonstances exactes sont hors de notre portée. Or ce voleur, le livre de l’apocalypse nous le confirme, c’est le Christ lui-même. Veiller jour et nuit pour ne pas être surpris de son retour dans la gloire, est donc vain.

C’est pourquoi Jésus précise sa remarque et nous dit quand il va revenir : « c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ». Nous savons maintenant quand il viendra : à l’heure où nous n’y penserons pas. Notre attente est donc orientée par notre pensée. Jésus nous enseigne ainsi que notre attente, c’est-à-dire la façon de mener notre vie ici-bas, dépend de notre façon de penser le retour du Seigneur.

Pour l’illustrer, Jésus raconte une parabole qui met en scène un serviteur, et non pas deux, il est important de le noter, ayant le choix entre deux attitudes en l’absence de son maître. Soit accomplir fidèlement sa tâche envers les autres serviteurs, soit laisser sa pensée être séduite par l’idée que le maître tarde parce qu’il ne rentrera plus. L’idée est dangereuse car elle induit que le serviteur n’a alors plus de compte à rendre à personne et que les biens de son maître lui appartiennent désormais. Il est ainsi question d’un abus de pouvoir ; dans l’antiquité en effet seul le maître avait le droit de battre ses serviteurs. Ici, notre homme se croit investi des pouvoirs de son maître, nous montrant clairement que l’idée qu’il se fait du retour de son maître oriente sa façon de vivre, son choix pour faire le bien ou le mal.

Ce choix est le même pour nous. Les deux mêmes idées s’offrent à nous et nous sommes capables des deux attitudes extrêmes décrites dans cette parabole. Saurons-nous maîtriser notre pensée et ne jamais oublier que le Seigneur est fidèle ? Saurons-nous garder notre désir tendu vers le retour de notre maître ? Le meilleur de nos alliés dans cette attente éprouvante est la louange. Chaque matin rendre grâce au Seigneur pour le temps qui nous est donné de vivre en le servant pour, peut être aujourd’hui, lui faire la joie de nous trouver à notre tâche : être au service de nos frères.

Donne-nous Seigneur ton Esprit de service, qu’il oriente chacune de nos pensées vers ton retour. Sans doute ne pourrons-nous pas consacrer toutes nos pensées à ce retour : tant de choses doivent être réfléchies et faites. Mais que chacune de nos décisions soit prise en fonction de toi, et que chacun de nos travaux prépare ta venue. Ainsi, quand viendra « l’heure où nous n’y penserons pas », nous connaîtrons la joie des retrouvailles.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 23 août 2022

« Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » / (389,690)

 Bonjour!

Mercredi 24 août 2022

Fête de saint Barthélémy, apôtre et martyr

Apôtre originaire de Cana, Barthélémy est probablement ce Nathanaël dont Jésus a dit: «Voici un véritable israélite en qui il n'est point d'artifice.» Plusieurs pays lui attribuent leur première évangélisation: l'Arménie, l'Éthiopie, la Perse et l'Inde.

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Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » (Jn 1, 45-51)

Alléluia. Alléluia.
Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu !
C’est toi le roi d’Israël !
Alléluia. (Jn 1, 49b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
    Philippe trouve Nathanaël et lui dit :
« Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes,
nous l’avons trouvé :
c’est Jésus fils de Joseph,
de Nazareth. »
    Nathanaël répliqua :
« De Nazareth
peut-il sortir quelque chose de bon ? »
Philippe répond :
« Viens, et vois. »
    Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui,
il déclare à son sujet :
« Voici vraiment un Israélite :
il n’y a pas de ruse en lui. »
    Nathanaël lui demande :
« D’où me connais-tu ? »
Jésus lui répond :
« Avant que Philippe t’appelle,
quand tu étais sous le figuier,
je t’ai vu. »
    Nathanaël lui dit :
« Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu !
C’est toi le roi d’Israël ! »
    Jésus reprend :
« Je te dis que je t’ai vu sous le figuier,
et c’est pour cela que tu crois !
Tu verras des choses plus grandes encore. »
    Et il ajoute :
« Amen, amen, je vous le dis :
vous verrez le ciel ouvert,
et les anges de Dieu monter et descendre
au-dessus du Fils de l’homme. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Philippe n’était pas parmi les deux premiers disciples qui s’étaient mis à la suite de Jésus sur l’indication de Jean-Baptiste. Ce n’est que le lendemain, alors qu’il avait décidé de partir pour la Galilée, que Jésus rencontre Philippe et lui dit : « Suis-moi ». Pour Philippe comme pour André, cette première entrevue et les quelques heures passées avec le Maître furent déterminantes. Tous deux sont convaincus : celui que Jean-Baptiste avait désigné comme « l’Agneau de Dieu » (Jn 1, 36) est bien le Messie. Aussi ne peuvent-ils se taire : André court chercher son frère Simon, tandis que Philippe partage sa découverte avec Nathanaël. La présentation que donne Philippe laisse pressentir que l’enseignement proposé par Jésus à ses premiers disciples, portait déjà sur l’accomplissement des Écritures en sa personne : « Celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nous l’avons trouvé ». Suit une désignation tout à fait classique par le nom, la famille et l’origine géographique : « Jésus, fils de Joseph, de Nazareth ».

La remarque quelque peu désabusée de Nathanaël, est tout à fait pertinente : les Écritures ne parlent pas de Nazareth, mais désignent Bethléem comme lieu d’origine du Messie (Mi 5, 1). De fait, Jésus n’est pas « sorti de » Nazareth, mais du sein du Père, comme tout le 4ème évangile va tenter de nous le faire découvrir. Il est bien sûr « sorti » également du sein de la Vierge Marie, et précisément à Bethléem, conformément aux prophéties. Mais son origine n’est pas d’ici-bas : il n’est pas « fils de Joseph », mais « Fils de Dieu », comme Nathanaël le reconnaîtra un peu plus tard, au cours de son entrevue avec le Seigneur.

Décontenancé par la réaction sceptique de son ami, Philippe ne peut que se faire l’écho des paroles de Jésus lui-même : « Viens et tu verras ». Ce n’est pas au terme d’un raisonnement en bonne et due forme que nous pouvons arriver à la conclusion : « Jésus est le Messie ». Il s’agit d’une certitude de foi, qui ne peut être acquise que par la fréquentation assidue du Christ dont nous sommes devenus les compagnons. Ce n’est que dans un second temps, à la lumière de l’Esprit, que nous pouvons ensuite constater l’annonce prophétique de sa venue dans les Écritures, et déployer la cohérence rationnelle du projet de Dieu, que Jésus vient accomplir pour nous et parmi nous.

Aussi l’invitation « Viens et tu verras » devrait-elle être aujourd’hui comme hier, au cœur de la première annonce de la Bonne Nouvelle (kérygme), car seules la présence de Jésus, sa Parole vivante, et le rayonnement de son Esprit d’amour, peuvent triompher de nos résistances et entraîner notre adhésion.

Le mérite de Nathanaël est de ne pas s’obstiner dans son scepticisme, mais de demeurer ouvert à l’imprévu de Dieu, dont l’action au cœur de l’histoire est toujours déconcertante. Il consent à suivre Philippe, qui s’empresse de le conduire à Jésus. Il est remarquable que ce n’est pas Nathanaël qui le premier « voit » Jésus – alors que pourtant il doit le chercher avec curiosité – mais c’est Jésus qui « voit Nathanaël venir à lui » ; ce qui suppose – comme l’échange le confirme – que Notre-Seigneur avait posé son regard sur lui depuis bien longtemps : « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier » – c’est-à-dire alors que tu scrutais assidûment les Écritures pour y discerner le temps et le lieu de ma venue – je t’ai vu » – « j’ai vu ton effort, j’ai entendu ta prière, je connais ton désir. Tu es un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir et refuse les compromissions avec le monde, sous prétexte que le Messie tarde à venir. Sache que je suis descendu pour accomplir les Écritures, donner à mon peuple la pleine délivrance, et l’introduire dans son repos » (cf. Ex 3, 7-8). Percevant la portée messianique des propos de Jésus, Nathanaël reconnaît et confesse qu’il est l’Envoyé de Dieu – « le Fils de Dieu » – et le prophète de la fin des temps annoncé par Moïse (Dt 18, 15), qui devait introduire Israël dans sa patrie définitive et régner sur lui pour toujours – « le Roi d’Israël ».

La disponibilité spirituelle de son interlocuteur permet à Jésus de révéler solennellement – à Nathanaël et à tous les cœurs droits qui tout au long de l’histoire lui prêteront l’oreille de leur cœur : « Lorsque j’aurai été élevé de terre pour vous purifier du péché qui a fermé pour vous les portes du Paradis, “vous verrez les cieux à nouveau ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l’Homme intronisé sur le trône de sa Croix glorieuse. C’est à l’Heure où le Père me glorifiera, que vous saurez que JE SUIS” ».

Seigneur, donne-nous d’avoir faim et soif de toi ; ne permets pas que notre désir se disperse, mais unifie-nous dans la quête de l’unique nécessaire, sous la conduite de ton Esprit. Nous pourrons alors proclamer ta gloire et l’éclat de ton Règne, et confesser ta seigneurie et ta royauté universelles, toi le Fils de Dieu, le Vivant à jamais.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « "Viens et tu verras". A cette invitation, Nathanaël, abandonnant le figuier de la loi, dont l’ombre l’empêchait de recevoir la lumière, s’en alla vers celui qui dessécha les feuilles du figuier, le figuier stérile. Pour cette raison, la Parole a témoigné de Lui, disant qu’il était un vrai israélite » (Saint Grégoire de Nysse)

  • « Comment devrions-nous aller au Seigneur ? Comme cela, avec notre vérité de pécheurs ? Avec confiance, aussi avec allégresse, sans maquillage. Nous ne devrions jamais nous maquiller devant Dieu. Nous devons y aller avec la vérité » (François)

  • « Les anges sont des créatures spirituelles qui glorifient Dieu sans cesse et qui servent ses desseins salvifiques envers les autres créatures : "Les anges concourent à tout ce qui est bon pour nous" » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 350)

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Florali - culture - Québec

Photo: Isabelle Fortin - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 


lundi 22 août 2022

« Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste » / (389,660)

 Bonjour!

Mardi 23 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVAnGILE

« Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste » (Mt 23, 23-26)

Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, efficace, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait :
    « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites,
parce que vous payez la dîme
sur la menthe, le fenouil et le cumin,
mais vous avez négligé ce qui est le plus important dans la Loi :
la justice, la miséricorde et la fidélité.
Voilà ce qu’il fallait pratiquer
sans négliger le reste.
    Guides aveugles ! Vous filtrez le moucheron,
et vous avalez le chameau !

    Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites,
parce que vous purifiez l’extérieur de la coupe et de l’assiette,
mais l’intérieur est rempli de cupidité et d’intempérance !
    Pharisien aveugle, purifie d’abord l’intérieur de la coupe,
afin que l’extérieur aussi devienne pur. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Faire attention aux détails est certes important : la vie est faite d’une longue chaîne de détails et perd son unité si on ne prête pas attention aux petites choses. A condition que cette attention soit finalisée sur la convivialité, et ne devienne pas un but en soi. Une mère de famille sait fort bien que l’harmonie de sa maisonnée dépend de mille petits détails, dont une bonne gestion permet à tous de se rencontrer dans de bonnes conditions. Par contre si l’attention à ces mêmes détails devient obsessionnelle et cause de réprimandes continuelles, elle n’est plus au service d’une finalité relationnelle : de moyen elle s’est érigée en fin et peut même devenir un redoutable obstacle à la paix familiale.

C’est bien le reproche que Jésus adresse aux pharisiens, qui s’évertuent de s’acquitter des moindres prescriptions de la Loi, mais négligent d’entretenir des relations vraies avec leurs semblables. Le but des nombreuses prescriptions légales était de faire entrer toute la vie, jusque dans ses moindres détails, dans la relation à Dieu afin de la lui soumettre en toutes choses : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force » ; le Lévitique ajoute, comme le fera remarquer Jésus : « Et ton prochain comme toi-même ».

Aussi, bien qu’ils observent scrupuleusement les règles de la Loi, les pharisiens ne sont pas dans la visée de la Loi ; ils ont érigé les moyens en finalité et se sont enfermés dans un ritualisme stérile. N’ayant pas saisi l’esprit des Écritures, ils commettent un contresens énorme, que Jésus fustige par l’expression hyperbolique : « Vous enlevez le moucheron avec un filtre, et vous avalez le chameau ! ».

L’attention excessive aux prescriptions à accomplir dans la stricte observance du rite prescris, conduit à un culte tout extérieur, sans incidence réelle sur la vie intérieure de celui qui le pratique. Jésus dénonce l’hypocrisie de toute action rituelle à laquelle ne correspond pas un sincère désir de conversion intérieure.

En quelque sorte, les pharisiens ont perdu le sens symbolique des rites et prescriptions : contrairement aux actions magiques, qui produisent leur effet indépendamment des états d’âme du magicien mais par la seule vertu du rituel, scrupuleusement accompli, l’action religieuse authentique veut exprimer, jusque dans la visibilité de la chair, l’intention de conversion qui anime celui qui la pose.

Le fruit que nous tirons de nos actions religieuses, dépend de l’attitude intérieure avec laquelle nous nous présentons devant Dieu. Le Seigneur nous connaît mieux que nous-mêmes : « Tu me scrutes, Seigneur et tu sais ! Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ; de très loin tu pénètres mes pensées. Tu me devances et me poursuis » (Ps 138[139]). Impossible de « paraître » devant lui : il connaît le fond de notre « être ».

Aussi le plus simple est encore de nous livrer entre ses mains, et de le laisser faire la vérité en nous par l’action de sa Parole de miséricorde et de son Esprit de sainteté. C’est en le laissant purifier d’abord l’intérieur de notre coupe, que progressivement l’extérieur aussi deviendra pur ; c’est-à-dire : que nos œuvres dans le monde manifesteront la venue du Royaume dans nos cœurs.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Merci pour cette magnifique photo!

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Bonne journée!

Jean-Yves 


dimanche 21 août 2022

« Malheureux êtes-vous, guides aveugles » / (389,626)

 Bonjour!

Lundi 22 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Malheureux êtes-vous, guides aveugles » (Mt 23, 13-22)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait :
    « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites,
parce que vous fermez à clé le royaume des Cieux
devant les hommes ;
vous-mêmes, en effet, n’y entrez pas,
et vous ne laissez pas entrer
ceux qui veulent entrer !
    Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites,
parce que vous parcourez la mer et la terre
pour faire un seul converti,
et quand c’est arrivé,
vous faites de lui un homme voué à la géhenne,
deux fois pire que vous !

   Malheureux êtes-vous, guides aveugles,
vous qui dites :
“Si l’on fait un serment par le Sanctuaire,
il est nul ;
mais si l’on fait un serment par l’or du Sanctuaire,
on doit s’en acquitter.”
    Insensés et aveugles !
Qu’est-ce qui est le plus important : l’or ?
ou bien le Sanctuaire qui consacre cet or ?
    Vous dites encore :
“Si l’on fait un serment par l’autel,
il est nul ;
mais si l’on fait un serment par l’offrande posée sur l’autel,
on doit s’en acquitter.”
    Aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important :
l’offrande ?
ou bien l’autel qui consacre cette offrande ?
    Celui donc qui fait un serment par l’autel
fait un serment par l’autel
et par tout ce qui est posé dessus ;
    celui qui fait un serment par le Sanctuaire
fait un serment par le Sanctuaire
et par Celui qui l’habite ;
    et celui qui fait un serment par le ciel
fait un serment par le trône de Dieu
et par Celui qui siège sur ce trône. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire... 

Qu’est-ce que je suis prêt à faire pour obtenir une conversion ? Suis-je prêt à franchir terre et eau ? Ou, humblement, inviter quelqu’un à revenir à l’Eglise ? Ou utiliser ces sous que je dépense chaque jour en cafés pour m’acheter quelques livres de formation spirituelle ? Ou, par une confession sincère, déblayer le chemin qui conduirait mon âme au Saint-Esprit ? Ou de prendre un contact plus amical avec des gens que je croise souvent sans me soucier de les connaître ? Ou d’aller me réconcilier avec une personne qui est irritée contre moi sans raison ?

Il n’y a que le choix, les possibilités sont infinies. Même les Pharisiens faisaient de sérieux efforts pour s’attirer des convertis. Le Christ peut-il en dire autant de moi ? Est-ce que je Lui donne raison quand Il se lamente du fait que « les enfants des ténèbres » sont plus astucieux que « les enfants de lumière » ?

Le Christ dit : « pour faire un seul converti ». Nous ne pouvons pas « faire » un converti. Lui seul le peut. Chaque fois que nous essayons de le faire, c’est que nous travaillons pour nous, et non pas pour cette personne ou pour le Christ et cela tourne habituellement à la catastrophe. Nous pouvons faire appel à une personne par la crainte, l’égoïsme, la vanité ou l’intérêt personnel mais la convaincre d’agir en croyant, Dieu seul peut l’aider à une conversion authentique de son cœur. Dieu appelle à la liberté et à l’amour. La seule façon de répondre à Dieu dans l’amour et la liberté, c’est de vivre notre propre vocation dans l’amour et la liberté.

Dieu nous donne du zèle pour les âmes afin de l’aider à sauver autant d’âmes que possible. Être appelé à l’apostolat est un appel à servir et à sauver des âmes. L’efficacité de notre apostolat dépend du degré d’amour et de sacrifice qu’on y met. Quand notre apostolat devient un moyen de reconnaissance et d’avancements personnels, c’est alors que notre mission s’affadit, perd de sa valeur. Au lieu d’aider des âmes à atteindre le ciel, on ne fait que les en éloigner. On devient alors que des « guides aveugles ».

Seigneur, tu m’as donné la joie d’aider les autres à se rapprocher de toi. Je n’ai jamais connu de joie plus profonde. Comme Jean le Baptiste, fais que je diminue et que tu croisses afin qu’on puisse te reconnaître par moi.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Photo: Isabelle Fortin - Merci.

Mosai-cultures - Québec

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Bonne journée!

Jean-Yves 

samedi 20 août 2022

« On viendra de l’orient et de l’occident prendre place au festin dans le royaume de Dieu » / La porte étroite? / (389,583)

 Bonjour!

Dimanche 21 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« On viendra de l’orient et de l’occident prendre place au festin dans le royaume de Dieu » (Lc 13, 22-30)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    tandis qu’il faisait route vers Jérusalem,
Jésus traversait villes et villages en enseignant.
    Quelqu’un lui demanda :
« Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »
Jésus leur dit :
    « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite,
car, je vous le déclare,
beaucoup chercheront à entrer
et n’y parviendront pas.
    Lorsque le maître de maison se sera levé
pour fermer la porte,
si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte,
en disant :
‘Seigneur, ouvre-nous’,
il vous répondra :
‘Je ne sais pas d’où vous êtes.’
    Alors vous vous mettrez à dire :
‘Nous avons mangé et bu en ta présence,
et tu as enseigné sur nos places.’
    Il vous répondra :
‘Je ne sais pas d’où vous êtes.
Éloignez-vous de moi,
vous tous qui commettez l’injustice.’
    Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents,
quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob,
et tous les prophètes
dans le royaume de Dieu,
et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.
    Alors on viendra de l’orient et de l’occident,
du nord et du midi,
prendre place au festin dans le royaume de Dieu.
    Oui, il y a des derniers qui seront premiers,
et des premiers qui seront derniers. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« N’y-aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » Cette question d’école, coutumière à l’époque de Jésus, se pose encore aujourd’hui. Elle peut nous faire sourire car nous, en ce XXIème siècle, nous connaissons deux réponses, celle des témoins de Jéhovah qui disent : “exactement 144000 et la nôtre, celle de notre société qui répondrait un peu comme dans la chanson de Michel Polnareff: “on ira tous au paradis”. Ben voyons !

À la suite de Jésus, j’aimerais aujourd’hui renvoyer dos à dos ces deux réponses qui sont autant d’erreurs parce que non respectueuses de l’amour de Dieu, et de la liberté souveraine de l’homme.

Pour cela, je vous propose de reprendre les 3 thèmes majeurs qui jalonnent l’évangile : l’héritage, l’exigence, le salut.

Celui de l’héritage, tout d’abord. Faire partie du peuple élu n’est pas un titre suffisant. « Je ne sais pas d’où vous êtes », répond le maître de maison à des gens qui descendent pourtant d’Abraham. Les auditeurs de Jésus sont vertement critiqués parce qu’ils prétendent accaparer Abraham, l’alliance et finalement, Dieu. « Nous sommes les descendants d’Abraham, nous sommes le peuple élu, donc, nous sommes sauvés ». La critique de Jésus ne se limite pas à ses contemporains : elle nous atteint, nous aussi, aujourd’hui, si nous cherchons à accaparer le Christ. C’est là un dévoiement, une tentative de réduire à néant l’œuvre, la parole et la personne du Christ lui-même. Dieu n’appartient à personne. Il est Dieu pour tous. Et Jésus est celui qui annonce à tous les hommes que Dieu les aime tels qu’ils sont. Être du Christ, être disciple du Christ, c’est suivre l’exemple de notre maître, c’est annoncer cet amour pour tous les hommes, amour qu’il est venu enseigner et manifester par toute sa vie, sa passion et sa résurrection.

Le thème de l’exigence ensuite. Non pas d’abord exigence pour les autres mais exigence pour soi-même. « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ». Sommes-nous prêts à entrer par la Porte qui est le Christ, et donc à nous laisser renouveler à son image ? Pour cela, il nous faut constamment accepter de nous laisser travailler par son Esprit. Accepter d’entrer dans le projet de salut qui est celui de Dieu lui-même, en cherchant à ouvrir, à élargir notre regard, notre pensée, notre cœur aux dimensions de la charité divine. Tout homme est-il, pour moi, un frère, quelles que soient ses origines, sa race, sa religion, ses opinions ? Efforcez-vous d’entrer : ne rien considérer comme acquis ou dû.

Le thème du salut enfin. Qui peut être sauvé ? La réponse de Jésus confirme l’annonce du prophète Isaïe : je viens rassembler les hommes de toute nation et de toute langue. C’est une réponse à la fois ouverte et appelante : le salut, c’est l’œuvre aimante et gratuite de Dieu signifiée par le Christ, poursuivie par son Esprit, une œuvre qui ne connaît aucune des frontières humaines.

Je peux, moi aussi, y avoir part puisque l’histoire de mon salut a commencé dès mon baptême. Elle se poursuit au quotidien. Elle m’invite à la conversion. Comment en effet entrer dans la perspective, dans le projet, dans la promesse de salut si je me crois déjà arrivé ?

Lorsque je participe à l’eucharistie, j’entre dans ce mouvement qui me fait dire, avec tous mes frères : « par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves, en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur ».

 Dieu qui peux mettre au cœur de tes fidèles un unique désir, donne à ton peuple d’aimer ce que tu commandes et d’attendre ce que tu promets ; pour qu’au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Peut-on remplacer "sauvés" par "libérés"?


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«La porte étroite...»

La porte de ton cœur... ?

Ouvre cette porte!

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«On écrit sur les murs la force de nos rêves...»

«On écrit sur nos murs l'avenir...»

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Partons...
La mer est belle!!!
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Bon dimanche!

Jean-Yves 


« Ils disent et ne font pas » // 389,510

Bonjour!

Samedi 20 août 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 



ÉVANGILE

« Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux ;
vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
Alléluia. (cf. Mt 23, 9b.10b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples,
    et il déclara :
« Les scribes et les pharisiens enseignent
dans la chaire de Moïse.
    Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire,
faites-le et observez-le.
Mais n’agissez pas d’après leurs actes,
car ils disent et ne font pas.
    Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter,
et ils en chargent les épaules des gens ;
mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
    Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens :
ils élargissent leurs phylactères
et rallongent leurs franges ;
    ils aiment les places d’honneur dans les dîners,
les sièges d’honneur dans les synagogues
    et les salutations sur les places publiques ;
ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
    Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi,
car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner,
et vous êtes tous frères.
    Ne donnez à personne sur terre le nom de père,
car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
    Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres,
car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
    Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
    Qui s’élèvera sera abaissé,
qui s’abaissera sera élevé. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire

Jésus oppose dans cette péricope le comportement des scribes et pharisiens à celui des disciples. Mais d’une façon plus large, il nous révèle notre propre division intérieure ; car le premier groupe ressemble étrangement au vieil homme qui sévit encore en nous.

Après une introduction qui souligne la distance entre la parole et l’action des scribes, Jésus précise en quoi consiste leur hypocrisie : ils chargent de lourds fardeaux les épaules des gens, tandis qu’eux-mêmes ne portent que des vêtements d’honneur ; c’est-à-dire : ils imposent aux croyants une observance scrupuleuse de toutes les prescriptions des Ecritures – augmentées de celles de leurs propres Traditions – mais eux-mêmes sont trop préoccupés de leur gloire, pour mettre en pratique ce qu’ils exigent des autres.

Qui ne reconnaît dans cette description le comportement de l’homme psychique et charnel, prompt à appliquer la Loi à son prochain, à juger les transgresseurs, à reprocher à son frère la paille qui encombre son œil ; prompt à tirer vanité de son discernement et de sa justice, mais inconscient de la poutre qui l’aveugle et de l’orgueil qui l’étouffe ?

A cette attitude Jésus oppose le comportement que devrait adopter le disciple, comportement qui caractérise l’homme nouveau, « né d’eau et d’Esprit ».

Cette deuxième partie de la péricope, introduite par l’incise « pour vous », présente une structure en forme de chiasme : il est question d’un Rabbi, puis du Père, puis à nouveau d’un Maître. De cette façon, le verset central, qui traite de la paternité divine, est mis en évidence entre deux versets abordant le thème du rôle de l’enseignant.

Commençons donc par le « cœur » de notre passage : « Vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux ». Dès lors : ne vous laissez pas aliéner de votre liberté filiale en écoutant d’autres paroles que celles de Celui qui vous engendre à la vraie vie.

Ces discours frelatés viennent précisément de ces soi-disant « rabbi » dont il a été question dans la première partie et que nous pourrions être tentés d’imiter en réclamant comme eux le titre de « Maître ». Le seul autorisé à enseigner est le Christ ; lui qui est à la fois la Parole du Père et son exégète. Or celui qui est incontestablement « le plus grand parmi nous », s’est fait « notre serviteur », nous enseignant par là la logique du Royaume : « Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé ».

Ce verset conclusif apparaît comme la clé qui nous permet de discerner ce qui en nous appartient encore au monde ancien et ce qui relève déjà du Royaume. Tout ce qui tend à s’élever dans un mouvement de superbe, trahit l’homme ancien ; tandis que l’abaissement humble et sincère dans la conscience que tout nous est donné par pure grâce, révèle l’action de l’Esprit dans nos vies.

Que la Vierge Marie, nous aide dans le dur labeur de la conversion, afin que nous puissions avec elle « exulter de joie en Dieu notre Sauveur, car il s’est penché sur la bassesse de son humble servante ».


Abbé Philippe Link

Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves