mardi 25 mai 2021

« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré » / Quelques pensées pour notre vie spirituelle... / (356,488)

 Bonjour!



Mercredi 26 mai 2021

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré » (Mc 10, 32-45)

Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mt 10, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
les disciples étaient en route pour monter à Jérusalem ;
Jésus marchait devant eux ;
ils étaient saisis de frayeur,
et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte.
Prenant de nouveau les Douze auprès de lui,
il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :
« Voici que nous montons à Jérusalem.
Le Fils de l’homme sera livré
aux grands prêtres et aux scribes ;
ils le condamneront à mort,
ils le livreront aux nations païennes,
qui se moqueront de lui, cracheront sur lui,
le flagelleront et le tueront,
et trois jours après, il ressuscitera. »

Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée,
s’approchent de Jésus et lui disent :
« Maître, ce que nous allons te demander,
nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit :
« Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent :
« Donne-nous de siéger,
l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ta gloire. »
Jésus leur dit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire,
être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui dirent :
« Nous le pouvons. »
Jésus leur dit :
« La coupe que je vais boire, vous la boirez ;
et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche,
ce n’est pas à moi de l’accorder ;
il y a ceux pour qui cela est préparé. »

Les dix autres, qui avaient entendu,
se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit :
« Vous le savez :
ceux que l’on regarde comme chefs des nations
les commandent en maîtres ;
les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.
Celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier
sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,
mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Pour la troisième fois, Jésus met devant les yeux de ceux qui le suivent les souffrances qui l’attendent. Et une fois encore, cette annonce par Jésus de sa Passion est suivie d’une incompréhension de la part des disciples.

Pour beaucoup, il ne faisait aucun doute que ce Jésus, issu de la lignée de David, puissant en actes et en paroles, était le Messie sauveur qui allait bouter l’envahisseur romain dehors et rétablir la royauté en Israël. Dès lors, quel honneur et quel avantage de pouvoir figurer parmi ses ministres. On comprend mieux la demande de Jacques et Jean : « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite, l’autre à ta gauche, dans ta gloire » !

Jésus ne semble pas heurté par cette requête. Il ne lui oppose aucune fin de non-recevoir. Il répond simplement : « Vous ne savez pas ce que vous demandez », autrement dit, vous ignorez quel est le véritable désir qui vous habite et qui ne peut vous apparaître que de façon déformée.

Selon sa pédagogie habituelle, Jésus va essayer d’éclairer la demande de ses interlocuteurs pour les amener à la préciser et à la corriger, pédagogie qui consiste à partir des désirs humains mal orientés pour les purifier et les rectifier.

Ici, la fin visée par le désir n’est pas mauvaise en soi. Il est légitime de vouloir demeurer dans la proximité du Maître et de participer à sa gloire. C’est bien pour cela que Jésus ne trouve rien à redire à cette demande. Mais il va distinguer la finalité de cette requête et la manière d’y parvenir.

« Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? » Le moyen pour parvenir à la proximité la plus intime avec Jésus est caché derrière cette question : boire à la coupe que le Maître lui-même boira. Boire à la coupe de sa Passion, communier à lui jusqu’au cœur de ses souffrances, être baptisé dans sa mort pour ressusciter ensuite. Jésus veut amener ses apôtres à découvrir que c’est là l’unique moyen pour vivre dans l’intimité la plus profonde avec lui.

Il confirme d’ailleurs leur capacité à saisir ce moyen même s’ils ne sont pas encore conscients de ce que cela représente : « Ma coupe, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, il y a ceux pour qui ses places sont préparées par mon Père. ». Là encore, Jésus part du désir de ses apôtres pour les conduire plus loin en dissociant immédiatement la participation indispensable à ses souffrances pour prétendre à une quelconque proximité avec lui de la réalisation de cette demande.

Certes, pour accéder au Royaume il faut passer par la croix mais la répartition des places revient au Père en personne. L’enjeu ici pour Jacques et Jean est de comprendre que la réalisation de leur désir doit se soumettre au désir du Père du Fils unique. Chacun de nos désirs doit se découvrir dans sa réalisation dépendant de la volonté du Père. C’est d’ailleurs ce qui nous permet de sortir de tout égocentrisme.

Mais le désir ici est un désir bien particulier, un désir fondamental : celui de vivre dans l’intimité du Fils et partant dans celle du Père. Il s’agit donc de reconnaître que pour accéder auprès de Père, la première condition est celle de se reconnaître dépendant de lui. Demeurer auprès de Dieu est d’abord un don de Dieu. « Dieu le premier nous a aimé », comme le dira plus tard saint Jean dans une de ses épîtres.

L’indignation des dix autres apôtres face à la demande de Jacques et de Jean ne parvient pas à masquer leur propre envie et les pensées secrètes qui habitent leurs cœurs. Jésus va alors rebondir sur leur réaction pour leur enseigner ce que signifie véritablement siéger à ses côtés, autrement dit prétendre aux premières places dans le Royaume.

Si Jésus n’a pas condamné la demande de Jacques et Jean c’est qu’il reconnaît une légitimité à partager sa gloire. Mais la manière d’entendre cela va dépendre du point de vue duquel on se place. Du point de vue du monde, cela signifie « commander en maître » nous précise Jésus, autrement dit asseoir son pouvoir en se faisant servir par les autres dans une recherche narcissique au service de son moi. Dans la logique du Royaume, être « grand » et être « le premier » signifie exactement l’inverse à savoir se mettre au service d’autrui dans le désintéressement le plus total : « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Jésus nous place ici devant deux logiques : celle du pouvoir qui se sert et qui dispense de servir et celle du service qui conduit à se sentir responsable et solidaire de chacun. La première est une logique de la violence qui poussée au bout conduit à condamner l’innocent. La seconde ira jusqu’à se servir paradoxalement de la première pour affirmer la suprématie de la logique du don lorsque l’Innocent, condamné injustement, acceptera et choisira de donner jusqu’à sa vie pour chacun.

Seigneur Jésus, aide-nous à nous engager à ta suite sur ce chemin du service qui conduit à la vie et à renoncer au chemin du pouvoir selon l’esprit du monde qui conduit à la mort. Puissions-nous répondre positivement à l’invitation que tu nous adresses par ces mots de l’Ecriture : « Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant le Seigneur ton Dieu, écoutant sa voix et t’attachant à lui ; car là est ta vie ».


Abbé Philippe Link / Merci!

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Basilique Notre-Dame-du-Cap
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«Prier ne changera pas le cours de ma journée; 
mais mon regard sur la journée lui, peut changer.»
(Élizabeth Marshall)
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«Lorsque j'ose prendre un nouveau chemin,
 chacun des pas que j'y fais me conduit plus loin 
et m'aide ainsi à grandir.»
(François Gervais)
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 il y a peu de chances que vous le trouviez. 
Ce qu'il faut chercher, c'est l'amour. 
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(François Varillon)
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qui fait n'importe quoi,
 mais d'une liberté qui cherche le meilleur.»
(François Varillon)
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est celui qui donne sens à notre agir.»
(Guylain Prince)
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et te faire grandir dans la vie spirituelle, 
si tu peux juste avoir la bonne attitude.»
(Guy Gosselin)
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Bonne journée!

Jean-Yves 

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