lundi 15 avril 2024

« Ce n’est pas Moïse, c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel » / (460,211)

 Bonjour!

Mardi 16 avril 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain de la vie, dit le Seigneur,
celui qui vient à moi n’aura jamais faim.
Alléluia. (Jn 6, 35)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
la foule dit à Jésus :
« Quel signe vas-tu accomplir
pour que nous puissions le voir, et te croire ?
Quelle œuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ;
comme dit l’Écriture :
Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
ce n’est pas Moïse
qui vous a donné le pain venu du ciel ;
c’est mon Père
qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Car le pain de Dieu,
c’est celui qui descend du ciel
et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors :
« Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »
Jésus leur répondit :
« Moi, je suis le pain de la vie.
Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ;
celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La foule demande un « signe » qu’elle puisse « voir » afin de « croire » : Notre-Seigneur ne peut pas répondre à une telle exigence qui confond le « signe » et la « preuve ». Certes les signes sont visibles, sans quoi ils ne pourraient rien signifier. Mais ils sont « signes » d’autre chose ; à travers leur apparaître sensible, ils parlent d’une réalité invisible. C’est pourquoi le signe doit être interprété ; il s’agit d’accéder au sens qu’il suggère, mais qui ne se donne pas avec l’évidence d’une « preuve ». La foule attend de Jésus qu’il accomplisse un miracle d’où il résulterait de manière évidente qu’il est le Messie. 

Or ce que Notre-Seigneur tente de dire sur son identité et sa mission ne peut s’inscrire dans l’ordre sensible : sa filiation divine et sa mission rédemptrice sont d’un autre ordre qui ne peut qu’être suggéré. D’ailleurs, si Jésus manifestait ostensiblement sa divinité, la foule n’aurait plus besoin de « croire » puisque son identité serait directement accessible.

L’« œuvre » que Jésus va accomplir est le salut de l’humanité ; mais cette œuvre s’accomplira sur la croix, signe levé qu’il s’agira d’interpréter : « Puisque le monde, avec toute sa sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu à travers les œuvres de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation d’un Messie crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les païens » (1 Co 1, 21-23).

Ainsi donc la foule demande au signe ce qu’il ne peut donner ; et elle le demande afin de pouvoir faire l’économie du risque de la foi. La demande trahit en même temps une interprétation erronée du prodige de la manne, ou plutôt : l’absence d’interprétation de ce signe, qui est pris au premier degré, ou si l’on préfère : interprété de manière fondamentaliste. La manne était un annonce prophétique d’un autre pain, venant directement de Dieu : « L’homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu ». Or la foule demande la réitération quotidienne du signe, et non son accomplissement. Un signe n’a de valeur qu’en référence à ce qu’il signifie ; demander qu’il soit indéfiniment répété prouve qu’on n’a pas compris sa fonction. Jésus vient précisément de se soustraire à la foule après la multiplication des pains en raison de son incapacité à interpréter ce signe, qui était réduit à une manifestation de puissance.

Dans le présent dialogue, Notre-Seigneur tente de rebondir sur l’interpellation qui lui est faite, pour conduire ses interlocuteurs sur le chemin de l’interprétation juste de la manne et de la multiplication des pains. Il refuse d’apparaître comme un nouveau Moïse car il est infiniment plus. La manne qui couvrait chaque jour le camp d’Israël durant sa traversée du désert, n’avait aucune vertu divine ; le prodige ne servait qu’à nourrir les corps et à prolonger cette vie terrestre. Mais il annonçait un autre pain : le « vrai pain venu du ciel », le pain par lequel Dieu donne part à sa propre vie, auquel Jésus s’identifie. Celui qui « vient à lui » par la foi sera pleinement rassasié, car en lui nous est offert en plénitude la réalisation de nos aspirations les plus profondes. 

Encore faut-il bien sûr que nous les réveillions au fond de nos cœurs encombrés et dispersés par tant de désirs éphémères – voire futiles – dont la mort nous séparera inexorablement. Il nous faut nous laisser « purifier dans le Sang de l’Agneau » pour pouvoir nous joindre à la « foule immense qui se tient debout devant le Trône et devant l’Agneau » : « Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, la brûlure du soleil ne les accablera plus, puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire vers les eaux de la source de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux » (Ap 7, 9.16-17).

Il est bon de réentendre l’exhortation de saint Paul qui nous invite à prendre conscience de la réalité nouvelle qui s’ouvre devant nous depuis la Pâque du Seigneur : « Vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire » (Col 3, 1-4).

Seigneur, réveille en nous le désir de sainteté, le désir de participer à ta vie dans l’Esprit, le désir de vivre dans la charité. Que nous ayons faim et soif de la justice qui vient de Dieu et qui nous rétablit à son image et à sa ressemblance. Cette justice que nous ne pouvons trouver qu’en toi, le Seigneur et le Sauveur de tous les hommes.

Abbé Philippe Link  -  Merci!

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Ayez la joie de l'Espérance!

"Ce qui m’étonne dit Dieu, c’est l’espérance
Et je n'en reviens pas.
Cette petite espérance qui n'a l'air de rien du tout.
Cette petite fille espérance.
Immortelle."
Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912           

Bonne journée!

Jean-Yves 


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