mardi 13 juin 2023

« Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » / La loi pour vivre... / (412,175)

 Note: + de 1,100 ouvertures de ce blogue hier... / Concituons de faire connaître la Parole de Dieu: nourriture pour la vie spirituelle... 

-----

Bonjour!

Mercredi 14 juin 2023

   Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mt 5, 17-19)

Alléluia. Alléluia.
Fais-moi connaître ta route, mon Dieu ;
dirige-moi par ta vérité.
Alléluia. (cf. Ps 24, 4b.5a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----



Commentaire...

Étonnante parole de Jésus : « Pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise ». Ce formalisme borné, pointilleux, scrupuleux même, n’est-ce pas précisément l’attitude qu’il reproche aux pharisiens ? Comment un homme pourrait-il accomplir parfaitement la Loi jusque dans ses moindres détails ? Si telle est la condition pour avoir accès au Royaume, nous ne sommes pas prêts d’y entrer !

Mais tel n’est pas le sens de cette Parole qu’il faut resituer dans son contexte. Notre-Seigneur se défend de l’accusation des scribes et des pharisiens qui lui reprochent tout au contraire d’en prendre et d’en laisser dans les prescriptions de la Loi. Quand on sait l’importance que revêt pour un fils d’Israël l’obéissance à la Torah, on comprend que les disciples aient été troublés par ces invectives contre leur Maître. Aussi Jésus les rassure-t-il par la Parole très claire que nous venons d’entendre : non il n’est pas venu abolir la Loi, et il condamne explicitement « celui qui rejetterait ne fût-ce qu’un seul de ces plus petits commandements ou qui enseignerait aux homme à faire ainsi ».

L’homme n’a pas à faire un tri parmi les prescriptions que lui impose son Seigneur, car en agissant ainsi, il se « ferait juge de la Loi. Or si tu juges la Loi, tu n’es plus l’observateur de la Loi, mais son juge. Il n’y a qu’un seul Législateur et Juge, celui qui peut sauver et perdre » (Jc 4, 11-12). Faire un tri dans les préceptes, c’est se mettre au-dessus de Dieu, corrigeant la Loi qu’il a confiée à Moïse et aux Prophètes. Bref, en prendre et en laisser dans les commandements, c’est prétendre implicitement avoir acquis « la connaissance du bien et du mal ».

Voilà l’attitude que Jésus dénonce : l’homme qui pense pouvoir se passer de la loi divine en matière morale (et religieuse) trahit que l’orgueil s’est emparé de son âme. Il a rompu le lien de filiation et prétend être « comme Dieu » (Gn 3, 6), dirigeant sa vie « sans Dieu, malgré Dieu, voire contre Dieu » (St Maxime le Confesseur).

Mais Jésus condamne tout aussi sévèrement l’attitude pharisaïque qui prétend mériter le salut au prix d’une observance scrupuleuse mais sans âme, du moindre précepte. Une telle attitude n’est guère plus filiale, car elle ne se situe pas dans l’ordre du don et de l’accueil, mais du marchandage et du dû exigé. Nous pourrions dire que cette pseudo-filiation constitue le péché du fils aîné de la parabole du Père prodigue (Lc 15), alors que la prétention à disposer à son gré de la Loi illustre la transgression du fils cadet.

L’attitude juste que suggère Jésus tout au long de l’Evangile consiste à recevoir « la Loi et les Prophètes » comme la Parole d’un Père qui nous appelle à lui en ayant soin d’éclairer le chemin sur lequel nous pouvons avancer en toute sécurité. Vu sous cet angle, la Thora est un don précieux, « une lampe sur nos pas, une lumière sur notre route », que nous sommes invités à recevoir avec gratitude. C’est en l’accueillant comme la Parole de notre Père, en nous penchant sur elle avec amour, pour l’observer et la garder, que nous manifestons notre volonté d’être des fils.

Ce ne sont pas nos œuvres qui nous sauvent, mais une foi vivante par la charité concrète. Le fils sait que tout est grâce, y compris la transformation que la Parole opère en nous afin de nous rendre progressivement capables de la mettre intégralement en pratique. Il n’y a donc pas à tirer orgueil de notre obéissance, car Dieu seul, par son Esprit, peut accomplir ses œuvres en nous. Et nous n’avons pas à nous décourager de trébucher parfois, car « il est fidèle le Dieu qui nous appelle : c’est encore lui qui accomplira tout cela » (1 Th 5, 24).

Tout est possible à celui qui croit, c’est-à-dire à celui qui remet sa vie entre les mains de Dieu son Père, dans la docilité à l’Esprit de son Fils Jésus Christ. Mais le Seigneur ne peut rien pour l’homme qui prétend se justifier par ses propres forces, ou ériger une loi morale à sa mesure.

Seigneur, au milieu du relativisme moral contemporain, ne permet pas que nous nous laissions séduire par l’illusion de l’autonomie absolue. Nous ne sommes pas les esclaves d’une “lettre qui tue”, mais dans l’Esprit, nous sommes les fils du Dieu vivant “qui donne la vie”. Aussi est-ce notre joie et notre fierté d’obéir à ta Parole qui nous filialise et nous introduit dans la vraie liberté, celle qui consiste à pouvoir discerner et accomplir le bien auquel tu nous appelles.


Abbé Philippe Link / Merci!




-----

Méditation

Frère Christian Eeckhout

Frère Christian Eeckhout

Couvent Fra-Angelico à Louvain-la-Neuve (Belgique)

La loi pour vivre


Obéir à une loi n’est pas évident ! Surtout s’il s’agit de lois religieuses. Aujourd’hui, un règlement intérieur dans une entreprise est parfois refusé ou contourné. Observer une norme ou un commandement peut donner lieu à discussion, voire être contesté. Alors quel est le bon et juste comportement à avoir ?

Jésus nous dit comment surmonter cette difficulté. Après nous avoir encouragés à avancer sur des pistes de bonheur, à donner le goût de vivre et à agir clairement pour le bien de tous, Jésus en appelle à notre responsabilité vis-à-vis des autres. Il nous oriente vers le sens véritable de la loi ancienne, celui de nous ouvrir au respect d’autrui, pour être capable de vivre ensemble. Entrer dans le royaume de Dieu (Mt 4, 17.10, 7), ne serait-ce pas agir dans l’intérêt des autres ?

Jésus, en maître de vie, invite à un dépassement de l’aspect légaliste de la loi utilisée comme un faire-valoir ostentatoire. Autant le scribe qui connaît la loi, mais s’en tient aux observances extérieures que le pharisien qui accentue son formalisme : ils se méprennent. Accomplir la loi, c’est alors agir selon une relation juste entre les personnes et avec Dieu, en ayant conscience que toutes ces personnes sont aimées de Dieu et destinées à répondre à son amour. Lorsque le « royaume » est au-dedans de nous, notre manière d’être est motivée de l’intérieur et se vit dans la perspective d’une justice et d’une bonté à rechercher sans cesse, en se dépouillant de son « ego ». Il s’agit d’une pratique, une « ortho-praxis », avant même d’être un enseignement. C’est une invitation à nous surpasser pour être en adéquation avec le comportement de Jésus à notre égard. Bref, accomplir toute justice (Mt 3, 15) dans la fidélité et la miséricorde. 

Extrait de Lumières dans la Bible (2021)


Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Les plus doux commandements deviennent âpres si un cœur tyran et cruel les impose, mais se font aimables quand l’amour les ordonne » (Saint François de Sales)

  • « La Loi est la sagesse. La sagesse est l’art d’être des hommes, l’art de pouvoir bien vivre et de pouvoir bien mourir. Et l’on ne peut bien vivre et mourir que lorsqu’on a reçu la vérité et quand la vérité nous indique le chemin » (Benoît XVI)

  • « L’accomplissement parfait de la Loi ne pouvait être l’œuvre que du divin Législateur né sujet de la Loi en la personne du Fils (cf. Ga 4, 4). En Jésus, la Loi n’apparaît plus gravée sur des tables de pierre mais " au fond du cœur " (Jr 31, 33) (…) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 580)

Bonne journée!

Jean-Yves

Aucun commentaire: