mercredi 21 février 2024

« Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux » / (455,689

 Bonjour!

Jeudi 22 février 2024

Voici la parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Mt 16, 13-19)

[Alléluia. Alléluia. Sauf en Carême :] Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi !
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
[Alléluia. Sauf en Carême :] Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi !   (Mt 16, 18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe,
demandait à ses disciples :
« Au dire des gens,
qui est le Fils de l’homme ? »
Ils répondirent :
« Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Cette question est au cœur de l’Évangile : elle constitue à la fois un sommet et une charnière. Un sommet car le cheminement des apôtres trouve ici son accomplissement dans une confession de foi en la Seigneurie divine de Jésus, reconnu par Pierre comme « Messie, Fils de Dieu ». Une charnière car après ce temps de discernement de la Personne du Christ, l’Évangile bascule vers l’autre versant, à savoir la controverse avec les chefs religieux, qui aboutira à la condamnation et à la mort du Seigneur.

Jésus ne pouvait avancer vers sa Pâque pour réaliser le salut du monde, qu’après s’être assuré que le sens de son sacrifice pourrait être discerné par toutes les générations à venir. Cette interprétation inspirée du mystère de la Croix est le grand trésor confié à l’Église, que Jésus fonde précisément sur la confession de foi de Pierre. Pourtant, ce même Apôtre trahira son Maître, et celui-ci le savait fort bien : « Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous secouer dans un crible comme on fait pour le blé. Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne disparaisse pas. Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 31-32). Les dons de Dieu sont sans repentance, car il ne choisit pas des hommes capables de réaliser ses projets, mais il appelle des pauvres, qu’il rend capables, à travers chutes et relèvements, d’accomplir la mission qu’il leur confie.

La confession de foi instaure entre Jésus et Pierre une nouvelle relation : « « Heureux es-tu », car ce n’est pas un discernement humain qui t’a conduit à cette parole, mais c’est parce que tu es « devenu enfant de Dieu » en « croyant au nom du Fils unique » (Jn 1,12), que tu as pu prononcer cette déclaration véridique ». Aussi, pour marquer sa naissance à la vie nouvelle, à la vie de fils du « Père qui est aux cieux », Simon se voit-il attribuer un nom nouveau, qui signifie son ministère de fondation de la foi de l’Église. Par sa confession, formulée dans l’Esprit Saint dont il s’est laissé illuminer, Pierre prend pied sur l’autre rive, auprès de Jésus ; il se tient sur le roc de la foi en la vérité, qui donne accès à la vie définitive.

C’est cette position nouvelle qui justifie le « ministère des clefs » du Royaume : Jésus ne donne pas à son apôtre un pouvoir arbitraire, mais il lui garantit que dans l’Esprit qu’il a accueilli, il ne saurait errer « en matière de foi et de mœurs ». Son discernement sera assuré de la même lumière divine qui vient de lui permettre de confesser la Seigneurie du Christ : « Lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité toute entière ; il vous communiquera ce qu’il reçoit de moi » (Jn 16, 13-15).

« Et toi, que dis-tu ? Pour toi qui suis-je ? » Que l’Esprit Saint nous donne de proclamer la Seigneurie de Jésus ressuscité, de manière à « remporter nous aussi, quand se manifestera le Berger suprême, la couronne de gloire qui ne se flétrit pas » (1ère lect.).

Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 20 février 2024

« À cette génération il ne sera donné que le signe de Jonas le prophète » / (455,657)

Bonjour!

Mercredi 21 février 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« À cette génération il ne sera donné que le signe de Jonas le prophète » (Lc 11, 29-32)


Gloire à toi, Seigneur,
honneur, puissance et majesté !
Maintenant, dit le Seigneur,
revenez à moi de tout votre cœur,
car je suis tendre et miséricordieux.
Gloire à toi, Seigneur,
honneur, puissance et majesté ! (cf. Jl 2, 12b.13c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme les foules s’amassaient,
Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe,
mais en fait de signe
il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l’homme
pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Tout au long de cette première semaine du carême, l’Eglise nous aide à mieux découvrir qui Dieu veut être pour nous. Hier nous méditions sur le mystère de sa paternité bienveillante : nous ne suivons pas un tyran cruel et vindicatif qui nous entraîne au désert pour nous y supplicier ; mais un Père qui veut nous donner part à sa sainteté. La liturgie d’aujourd’hui prolonge ce thème en précisant l’extension universelle de cet amour et en suggérant les conséquences qu’une telle disposition entraîne pour nous.

L’histoire de Jonas est une des mieux connues de la Bible. Ce prophète atypique nous est somme toute bien sympathique ; peut-être en raison de son franc parler. Loin de s’offusquer de l’audace irrévérencieuse de son serviteur, le Seigneur tente patiemment de le ramener à de meilleurs sentiments. Mais pourquoi Jonas est-il rebelle au point de refuser le ministère que Dieu lui confie auprès des Ninivites ? 

Paradoxalement, ce n’est pas par manque de foi, mais tout au contraire parce qu’il a deviné que dans un excès de compassion, le Seigneur s’apprête à faire grâce à ces païens, qui ignorent pourtant tout du vrai Dieu. Voilà ce qui pour Jonas fait scandale : le Dieu d’Israël n’a-t-il rien de mieux à faire que de s’intéresser à ces étrangers ? N’a-t-il pas suffisamment de souci avec son peuple ? Qu’a-t-il à envoyer ses prophètes en mission en terre païenne ? 

Au fil de la lecture, nous découvrons ainsi que le péché de Jonas, le motif de sa désobéissance, est de ne pas vouloir reconnaître à tous le droit de jouir de la bienveillance divine, dont il est le premier bénéficiaire. Mais en refusant que la paternité de Dieu s’étende à tous les hommes, il instaure une ségrégation au sein de l’humanité, et par le fait même il rejette la fraternité universelle voulue par le Créateur dès les origines.

Le rapprochement entre le passage de l’Evangile de ce jour et le récit de Jonas nous éclaire sur les raisons pour lesquelles les pharisiens demandent à Jésus « un signe ». Eux non plus n’acceptent pas que Dieu s’ouvre au monde païen, et ils récusent ce Rabbi qui joue au missionnaire. Depuis quand un prophète annonce-t-il un message de salut à des non-juifs et accomplit-il en leur faveur des miracles ? La dimension universelle de la compassion de Notre-Seigneur les scandalise : ils n’ont pas compris que Jésus est venu « pour rassembler dans l’unité tous les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52).

Hélas, ce refus d’ouvrir leurs cœurs au-delà des frontières religieuses d’Israël, va se retourner contre eux, car en refusant de partager le pain de la réconciliation, ils s’excluent eux-mêmes du banquet de la miséricorde auquel le Père convie ses enfants.

Les habitants de Ninive étaient de grands pécheurs ; mais après avoir humblement fait pénitence, ils se réjouissent de participer à la vie même de leur Sauveur, et siègent avec lui « lors du jugement ». La reine de Saba était bel et bien une païenne, mais en accueillant humblement la Sagesse de Salomon – préfiguration du Christ – elle se trouve associée à la grande famille de Dieu, dont les fils aînés s’excluent par leur intransigeance.

La leçon est claire : celui qui refuse de partager la grâce du salut avec tous, sans exception, s’exclut lui-même de ce dont il voulait priver les autres. Plutôt que de ressasser ce qui nous sépare de nos « frères ennemis », levons plutôt les yeux vers celui qui nous rassemble : Jésus Christ, et vers celui qui nous appelle : Dieu son Père et notre Père. Ce n’est pas parce que nous sommes mauvais, qu’il nous faut reprocher à Dieu d’être bon ! Essayons plutôt de l’imiter afin d’« être saints comme lui-même est saint » (Lv 19, 2) : ouvrons tout grand les bras du pardon à tous nos frères, sans exception, « car si nous ne pardonnons pas aux hommes, à nous non plus notre Père ne pardonnera pas nos fautes » (Mt 6, 15).

Seigneur tu n’as que faire de mes holocaustes : « le sacrifice qui te plaît, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé » (Ps 50) de repentir. Donne-moi la grâce d’une authentique contrition, que je puisse goûter, dans le pardon que tu m’accordes, la puissance régénératrice de ton amour de Père. Accorde-moi aussi de pouvoir me réjouir d’accueillir au sein de cette humanité nouvelle, reconstituée dans ta miséricorde, tous mes frères, sans exception – à commencer par mes ennemis.

Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Jonas était un serviteur mais je suis le Maître; et lui fut jeté par la baleine, mais moi j’ai ressuscité d’entre les morts; et lui proclamait la destruction, mais moi je suis venu pour annoncer la Bonne Nouvelle et le Royaume » (Saint Jean Chrysostome)

  • « Une chose est claire: le signe de Dieu pour les hommes est le Fils de l’homme, Jésus lui-même. Et c’est de manière profonde dans son mystère pascal, dans le mystère de mort et résurrection. Il est lui-même le “signe de Jonas” » (Benoît XVI)

  • « Jésus lie la foi en la résurrection à sa propre personne: ‘Je suis la Résurrection et la vie’ (Jn 11,25) (…). De cet événement unique, Il parle comme du ‘signe de Jonas’ (Mt 12,39), du signe du Temple: Il annonce sa Résurrection le troisième jour après sa mise à mort » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 994)

Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 19 février 2024

« Vous donc, priez ainsi » / Notre Père... / (455,595)

Bonjour!

Mardi 20 février 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Vous donc, priez ainsi » (Mt 6, 7-15)

Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Lorsque vous priez,
ne rabâchez pas comme les païens :
ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi vous avez besoin,
avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes
à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

L’Evangile de ce jour est vraiment révolutionnaire : jamais aucun Maître n’avait osé inviter à une telle intimité avec Dieu. Et comment aurait-il pu le faire : « Nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils (Mt 11, 27) ». Seul Jésus, l’Envoyé du Père sur qui repose la plénitude de l’Esprit, est habilité à nous parler de Celui qui l’a désigné comme « son Fils bien-aimé » et nous a intimé l’ordre : « écoutez-le (Mt 17, 6) ». Nous sommes donc au cœur de la Révélation divine ; et que nous apprend-elle ?

Que Dieu n’est pas un lointain monarque devant lequel l’homme devrait se répandre en interminables prières pour être exaucé. Il est tout au contraire un Père de famille, présent et agissant au milieu de ses enfants, s’intéressant à tout ce qu’ils font et connaissant leurs moindres besoins.

Inutile de chercher à l’amadouer ou à gagner sa bienveillance : elle nous est depuis toujours et définitivement acquise. Aussi notre prière ne consiste-t-elle pas à tenter subtilement de faire entrer Dieu dans nos vues, mais bien plutôt à nous ouvrir à lui afin d’entrer dans les siennes, car il sait mieux que nous ce qui nous convient.

C’est pourquoi la prière que Jésus enseigne à ses disciples commence par ces simples paroles « Notre Père », qui résument notre besoin le plus urgent. Nous avons en effet vitalement besoin de la paternité divine, et toute l’oraison se déploie comme l’explicitation d’une seule requête : que Dieu soit notre Père, qu’il nous aide à accueillir sa paternité ; c’est-à-dire : que « la Parole qui sort de sa bouche accomplisse sa mission » et fasse de nous des fils dans son Fils premier-né.

D’où la demande : « Que ton nom soit sanctifié » c’est-à-dire respecté comme unique, incomparable, car il n’y a qu’un seul Dieu et Père à qui reviennent tout honneur et toute gloire.

« Que ton Règne vienne » : règne de justice et de paix, dans un univers réconcilié où tous les hommes sont frères.

« Que ta volonté soit faite » : qu’elle réalise ton dessein d’amour malgré nos aveuglements, nos résistances, nos refus.

Que nourris de cette Parole comme d’un pain quotidien, nous puissions accueillir toujours plus profondément ta miséricorde et la partager avec la même surabondante générosité, car il n’aura pas de part avec Jésus dans le Royaume à celui qui aura refusé de partager ici-bas le pain du pardon.

« Mais délivre-nous du Malin », qui aujourd’hui comme hier tente de défigurer en nous ta paternité afin de nous enfermer dans la peur et de nous faire fuir loin de ta face.

Sois plus fort que notre malice et « ne nous laisse pas entrer en tentation », celle de l’apostasie. Ne permets pas que nous nous détournions de toi en abandonnant Jésus, que tu as envoyé pour nous révéler ton visage, et ouvrir devant nous le chemin de la vie filiale.

Oui, répands sur nous ton Esprit, que nous criions « Abba, Père ! » (Ga 4,6), et que « nous exaltions tous ensemble ton Nom », toi qui en Jésus te fais « proche du cœur brisé et sauve l’esprit abattu » (Ps 33[32]).

Abbé Philippe Link  //  Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Quelle prière peut-il y avoir de plus spirituelle que celle que le Christ nous a donné, par qui l’Esprit Saint nous fût aussi envoyé ? Et quelle prière plus véritable devant le Père que celle qui jaillit des lèvres du Fils ? » (Saint Cyprien)

  • « Le ‘Notre Père » commence avec un grand réconfort : nous pouvons dire ‘Père’, car le Fils est notre frère et Il nous a révélé le Père ; car grâce au Christ nous sommes de nouveau fils de Dieu » (Benoît XVI)

  • « Nous pouvons invoquer Dieu comme «Père» parce qu’Il nous est révélé par son Fils devenu homme et que son Esprit nous Le fait connaître. Ce que l’homme ne peut concevoir ni les puissances angéliques entrevoir, la relation personnelle du Fils vers le Père, voici que l’Esprit du Fils nous y fait participer, nous qui croyons que Jésus est le Christ et que nous sommes nés de Dieu » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2.780)


     Un Notre Père pour chacun et chacune de vous...     

Notre Père, qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous  ont offensés, et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal.

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Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 18 février 2024

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l'avez fait » / (455,552)

Bonjour!

Lundi, 19 février 2024

Voici la Parole  de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 31-46)

Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire !
Voici maintenant le moment favorable,  
voici maintenant le jour du salut. 
Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire ! (2 Co 6, 2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
“Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront :
“Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes- nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.”

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
“Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi :
“Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le Seigneur, dans l’Évangile de ce jour, nous parle 
de son ultime venue dans la gloire, escorté de tous ses anges,
 prenant place sur son trône de gloire (25,31-32),
 et distribuant à ses élus en héritage
le Royaume préparé pour eux depuis la fondation du monde (25,34).
 Notre Seigneur nous dit surtout en quoi et pourquoi il veut régner en nos vies.

En premier lieu, parce qu’il est un Dieu d’amour
 qui ne veut donc régner que sur ceux et celles
 qui auront vécu dans l’amour.
 Voici donc l’humanité tout entière appelée 
par le Fils de Dieu, créateur et sauveur du monde, 
à répondre d’abord aux besoins les plus fondamentaux de l’homme.
 Au droit à l’alimentation, contre la faim ou la malnutrition. 
Au partage de l’eau, contre la soif et les drames de la sècheresse.
 À l’accueil fraternel, contre l’exclusion ou le rejet. 
Au vêtement et au logement, contre le froid et l’absence de toit.
 À la santé, par les soins et le soulagement des maladies.

On voit par-là combien ces paroles du Fils de Dieu 
ont pu traverser les siècles et demeurent d’actualité. 
Il y a là, c’est sûr, quelque chose qui sera toujours primordial.
 On ne peut que se réjouir de ce que l’Église a fait – soyons justes –
en tous ces domaines au fil des siècles ; 
et de ce que le caritatif et l’humanitaire – soyons vrais –
soient aujourd’hui si bien relayés, souvent
 par des non-pratiquants ou des non-croyants.
 Car là où est l’amour, là est Dieu, nous dit saint Jean.
 Mais l’amour chrétien, et donc le Règne du Christ,
 veut aller plus loin encore et atteindre au plus essentiel. « Les plus pauvres des pauvres, dit Mère Teresa,
 ce sont les âmes mortes ».
 Que serait ce Royaume promis en effet s’il se cantonnait
dans les limites et les insatisfactions d’ici-bas ?

Nous devons donc nous ouvrir aussi, et même plus encore,
 à ceux qui ont faim de la foi qui nous sauve ; 
soif de l’espérance qui nous met dans la joie et nous donne de tenir. 
De ceux qui sont en attente de communion fraternelle,
 puisque nous ne sommes plus des étrangers ni des hôtes, 
mais concitoyens des saints de la maison de Dieu. De ceux qui aspirent à être, comme promis, revêtus de lumière,
 guéris du mal du péché et de la mort. 
Et libérés de la prison de l’enfermement des cœurs. 
Alors oui, quel Royaume d’amour, de lumière et de joie
 déjà en devenir ici-bas et en perspective de vie éternelle !

 Seigneur Jésus, donne-moi la grâce de faire passer ton amour et ta volonté avant tout. Aide-moi à lutter courageusement contre mes désirs impurs et mes envies égoïstes. Aide-moi à te donner la priorité dans ma vie et à le montrer concrètement en pratiquant la charité envers les plus faibles. Apprends-moi la charité ! Règne en moi par la charité. Christ notre Roi, que ton Règne vienne !

Abbé Philippe Link / Merci!

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« Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates  5, 22-23

frère Albert Bażyk

frère Albert Bażyk

Couvent de Nancy


La mesure de ma joie

Nous connaissons bien des joies dans notre vie. Les joies toutes simples, comme un succès, une découverte ou la naissance d’un enfant. Le dictionnaire définit la joie comme « émotion agréable et profonde, sentiment exaltant ressenti par toute la conscience » ou bien « contentement, fierté, plaisir, satisfaction, gaieté », etc.

Puis-je me contenter de ces définitions ? La joie véritable est un don, un cadeau de l’Esprit Saint. Tout comme l’amour, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi. Ce cadeau, je ne peux le recevoir que dans la vérité sur moi-même et sur les autres. Cette vérité, c’est le Christ et mon prochain — ils sont la mesure de ma joie. Comme aumônier, il m’arrive de franchir les portes de la prison avec appréhension et cependant, la rencontre avec les détenus peut devenir source de joie profonde.

L’Évangile d’aujourd’hui pose les bonnes questions : quand est-ce que nous t’avons vu… ? Tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? Tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? Tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? Tu étais nu, et nous t’avons habillé ? Tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »*

Voilà la recette de la vraie joie !

 * Matthieu 25, 37-40

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Bonne journée!

Jean-Yves 

samedi 17 février 2024

Premier dimanche du Carême... / « Jésus fut tenté par Satan, et les anges le servaient » / Sur la prière... / (455,461)

 Bonjour!

Dimanche le 18 février 2024

Voici la Parole de Dieu 

de ce premier dimanche du Carême...

ÉVANGILE

« Jésus fut tenté par Satan, et les anges le servaient » (Mc 1, 12-15)

Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus venait d’être baptisé.
Aussitôt l’Esprit le pousse au désert
et, dans le désert,
il resta quarante jours,
tenté par Satan.
Il vivait parmi les bêtes sauvages,
et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait :
« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous
et croyez à l’Évangile. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Puiser dans la Parole la vérité de l’Homme et de Dieu, voilà ce que le Seigneur nous invite à faire pour ce temps de Carême, nous offrant par là un don merveilleux pour le combat spirituel. Nous sommes invités à contempler dans l’Écriture le regard que Jésus posa et pose sur les foules. Comment Jésus regarde-t-il ? Comment Jésus nous regarde-t-il aujourd’hui ? Aujourd’hui encore le « regard » de compassion du Christ ne cesse de se poser sur les hommes. Il les regarde sachant que le « projet » divin prévoit l’appel au salut. Jésus connaît les embûches qui s’opposent à ce projet et il est pris de compassion pour les foules. 

Par ce regard, Jésus embrasse les personnes et les multitudes, et il les remet toutes au Père. Voilà le regard que Jésus pose sur chacun de nous. Nous regardant, Jésus nous aime d’une compassion infinie et choisit de se livrer pour nous.

Quand nous sommes éprouvés ou tentés, il nous faut nous souvenir de ce regard de Jésus, il nous faut re-puiser dans l’Écriture la Vérité qui est cette compassion infinie de Dieu manifestée en Jésus. Nous ne sommes pas seuls dans nos déserts. Nous ne sommes pas abandonnés. Nous sommes sans cesse dans un regard d’amour.

Le mensonge du démon est de nous faire imaginer que Dieu pose sur nous un regard jaloux, un regard accusateur, un regard qui épie nos moindres penchants mauvais. C’est un mensonge terrible qui détruit la vie et la joie en nous !

En nous tournant vers le divin Maître, en nous convertissant à Lui, en faisant l’expérience de sa miséricorde grâce au sacrement de la Réconciliation, nous découvrirons un « regard » qui nous scrute dans les profondeurs et qui peut animer de nouveau les foules et chacun d’entre nous. Ce « regard » redonne confiance à ceux qui ne se renferment pas dans le scepticisme, en leur ouvrant la perspective de l’éternité bienheureuse.

Nous pouvons alors entendre l’appel de l’Évangile de ce jour, « Convertissez-vous », comme un appel à nous convertir au regard de Jésus. Un appel à croire à ce regard d’amour. Oui, Seigneur, en cet instant où nous sommes devant toi avec toutes nos fragilités et nos compromis, ton regard sur nous est un regard d’amour !

Convertissez-vous, c’est-à-dire croyez à la Bonne Nouvelle : celle de Jésus, qui, nous voyant dans l’épreuve, est venu nous rejoindre dans nos déserts. Oui, nous croyons qu’il est « mort pour les péchés, Juste pour les injustes, afin de nous mener à Dieu » (1 P 3, 18). Nous croyons qu’il est descendu jusqu’au plus profond des enfers « prêcher aux esprits en prison » comme dit l’Apôtre Pierre (3, 19) et qu’il « s’est soumis les Anges, les Dominations et les Puissances » (3,22). Nous convertir c’est croire avec l’Église, en la victoire de Jésus sur toutes les puissances du mal. C’est proclamer que celui qui nous tente, le démon, a perdu sa domination sur notre humanité. 

Faisant mémoire de notre baptême, nous proclamons que Jésus « nous a fait revivre avec lui, qu’il nous a pardonné toutes nos fautes, qu’il a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle à la face du monde en les traînant dans son cortège triomphal » (Cf. 2, 13-15).

Le Christ, Bon Samaritain du Père, nous voyant dans notre blessure mortelle n’est pas passé outre. Il nous a rendu à la vie pour que nous puissions reprendre la route et aller jusqu’au bout de la voie de l’Amour.

Nous passons par le désert, oui, mais pas pour y rester !

Réanimés par le regard de Jésus, délivrés par sa croix, fortifiés par sa résurrection, nous pouvons aller comme lui au-delà du désert pour proclamer au monde la joie du Salut !

Seigneur Jésus, toi qui nous connais et nous regarde dans l’amour, tu vois ce qui en nous fait obstacle à l’amour. Tu vois les liens qui empêchent au trésor d’amour et de joie déposé en nous de se déployer. Par ta présence Eucharistique, par la puissance de ton Esprit Saint, viens nous délier, viens nous libérer, pour que nous puissions regarder avec ton regard et aimer avec ton amour.

Abbé Philippe Link  /  Merci!

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"Que ce temps du  Carême soit pour nous un temps de renforcement de notre fidélité à suivre le Christ, à écouter sa parole, à nous laisser enseigner la prière et le service fraternel."

(Mgr Laurent Ulrich)

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Ce texte est au feuillet paroissial de ce dimanche

 pour les paroisses de Sainte-Anne et Saint-Onésime...

Nourrir notre foi

(18 février 2024)

Une année pour se renouveler dans la prière...

(Suite de la réflexion du 21 janvier dernier...)

Comme nous l'avons vu le 21 janvier dernier, le Saint Père a décrété que l'année 2024 serait une année consacrée à la prière... Il souhaite que nous soyons – par nos différentes formes et temps de prières - des « pèlerins d'espérance » dans ce monde où nous vivons de la désespérance...

Prier, être en prière, c'est d'abord une expérience personnelle; le Seigneur n'a t-il pas dit : « Quand tu pries retitre-toi dans ta chambre... ». Mais c'est aussi une expérience qui peut être collective, communautaire, une expérience d'Église... Revenons un peu sur notre propre expérience personnelle pour poursuive ensuite, en pèlerins d'espérance, vers ce qui nous fait avancer dans notre démarche de foi qui se veut aussi communautaire.

Chacun et chacune de nous, nous avons sûrement de belles et riches expériences personnelles de prières... En général, nous avons appris à prier avec nos parents, nos grands-parents ou encore avec une religieuse, un prêtre, une agente de pastorale ou en faisant partie d'un regroupement de jeunes pour la préparation aux sacrements (Pardon / Eucharistie / Confirmation). Ou encore nous avons été initiés à la prière en participant à des rencontres dans un mouvement de prière comme, par exemple, le Renouveau charismatique, les J.M.J. ou autres...

Ces expériences nous ont permis d'apprendre les principales prières chrétiennes : le Notre Père ou le Je vous salue Marie, qui ont toutes deux leur source dans l'Évangile. Puis nos formes de prières ont sans doute un peu changées et se sont diversifiées au fil de notre vie  : – prière d'action de grâce, de louange, de demandes, d'adoration, d'offrande, d'intercession ou autres, sans oublier le chapelet avec ses différents mystères à méditer... Nous pouvons constater que la prière peut être riche par ces divers contacts qui font maintenant partie de nos orientations et de nos expériences personnelles de vie.

Mais la prière est riche aussi en expériences collectives et communautaires... Et c'est notre Mère l'Église qui nous l’enseigne et qui nous guide dans ce pèlerinage au fil des années liturgiques... Comment? À travers les Livres sacrés : toute la Bible avec l'Ancien et le Nouveau Testaments, les psaumes en particulier. L 'Église le fait aussi à travers la vie et les écrits des saints et saintes qui ont laissé leurs traces à travers les siècles. Elle le fait encore par les écrits des papes et par ses ministres. Et cela dans le cadre de ses offices dont l'Eucharistie en particulier. ( À suivre...) Jean-Yves Fortin, diacre. 

Bon dimanche!

                Bonne marche vers Pâques!               

Jean-Yves 

vendredi 16 février 2024

« Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent » / (455,419)

Bonjour!

Samedi 17 février 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent » (Lc 5, 27-32)

Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie.
Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant,      
dit le Seigneur.
Qu’il se détourne de sa conduite, et qu’il vive !
Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie. (cf. Ez 33, 11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus sortit et remarqua un publicain
(c’est-à-dire un collecteur d’impôts)
du nom de Lévi
assis au bureau des impôts.
Il lui dit :
« Suis-moi. »
Abandonnant tout,
l’homme se leva ; et il le suivait.
Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ;
il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens
attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient
en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes
mais des pécheurs,
pour qu’ils se convertissent. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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     Commentaire...   

Lévi est « assis à son bureau du publicain ». Bien campé derrière sa table, il jouit de la stabilité qu’il s’est enfin acquis. Certes ce fut à force d’intrigues, de pots-de-vin et autres concessions, mais la fin ne justifie-t-elle pas les moyens ? Il faut avoir la politique de ses ambitions. Cela n’a pas arrangé ses relations avec ses coreligionnaires, qui le considèrent comme un « collabo » ; mais lui au moins ne craint pas l’avenir : son compte en banque lui permettra de faire face à d’éventuels revers de fortune, voire de changements politiques. 

La position relative des acteurs de la scène en dit long : notre collecteur est assis ; il n’a pas besoin de se fatiguer en allant vers les autres : ce sont eux qui viennent à lui ; ils font même la queue pour poser leur argent sur la table derrière laquelle il préside. Il est craint de tous, car l’occupant romain laisse aux préleveurs des taxes la liberté de majorer les redevances et de s’approprier au passage les excédents, pourvu que le montant prévu tombe dans les caisses de l’empire. Lévi ne se prive pas de cette « tolérance », ce qui lui permet de mener un train de vie de grand Seigneur. Bref : tout va bien pour lui.

Mais alors, quelle mouche l’a piqué pour qu’il réponde tout de go à l’appel de ce Rabbi venu de Nazareth ? Il a suffi qu’il lui dise « suis-moi », pour qu’il « abandonne tout » ce qui lui avait coûté tant de patience, d’efforts et d’humiliations. Lui qui avait enfin acquis la sécurité dont il rêvait, le voilà qui « se lève et se met à suivre Jésus », ce Rabbi itinérant ! On ne sait d’ailleurs pas d’où il vient ce Jésus, lorsqu’il surgit sur l’avant-scène de la vie de Lévi, et notre collecteur sait encore moins où il va, et pour cause : « le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu’il fait, mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l’Esprit » (Jn 3, 8). 

Que s’est-il donc passé dans cet instant où les regards de ces deux hommes se sont croisés ? Nul ne le sait sinon Jésus et Lévi : le secret de cette rencontre fondatrice demeure scellé dans leur cœur à tous deux, tout comme le secret de la rencontre, de l’échange de regard, de l’appel qui a mis chacun de nous en route à la suite du Seigneur.

Si le temps de carême nous est donné en vue d’un nouveau départ à la suite de Jésus, alors il est important de faire mémoire de ces moments fondateurs dans lesquels nous avons rencontré le Seigneur, où il a posé sur nous son regard, où nous avons compris qu’il nous aimait, où il nous a appelés, et où enfin nous lui avons répondu, nous mettant à sa suite. Le parcours n’est bien sûr pas balisé : il est personnel pour chacun et nous ne sommes pas forcément passés par chacune de ces étapes de manière précise. 

La plupart d’entre nous ont reçu la foi dans le contexte familial ; mais nous avons tous vécu des moments d’appropriation personnelle de ce qui nous avait été transmis. C’est de cela qu’il est bon de se remémorer, afin de pouvoir refaire, plus consciemment et plus pleinement, le choix de devenir disciple de Jésus.

Il est de bon ton aujourd’hui d’avoir son « gourou », son « Maître spirituel » ; chrétien souviens-toi que tu n’es pas en manque ! Ton Maître c’est le Christ, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, le Fils de Dieu venu dans la chair pour nous entraîner à sa suite jusqu’en la maison du Père !

Lorsque nous aurons ainsi ravivé la flamme de notre désir, que nous nous serons nous aussi arrachés à nos fausses sécurités pour nous mettre en route avec un élan renouvelé sur le chemin de la vie, il sera bon d’« offrir un grand festin dans notre maison » intérieure en prenant encore et toujours modèle sur Lévi. Il savait bien que ce n’était pas du « beau monde » qu’il avait invité, mais si le Maître ne l’avait pas repoussé, lui – bien plus : s’il était venu le chercher pour l’appeler à sa suite – il n’y avait aucune raison qu’il agisse autrement envers ses amis. Ce n’est pas une humanité idéale, mais notre humanité bien concrète que Jésus est venu réconcilier avec lui. 

Sachons donc l’accueillir dans tout ce que nous sommes : y a-t-il quelque chose en nous qui ne soit souillé par le péché ? Mais y a-t-il quelque chose en nous qui ne soit assumé dans l’humanité très sainte de notre Sauveur ? Lavé par son précieux Sang ? Sanctifié par son Esprit ? Oui : osons l’accueillir et lui faire la fête avec tout notre être, y compris ce qui en nous, nous fait honte : « Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu’ils se convertissent ».

Loué sois-tu, Seigneur Jésus, d’être venu marcher sur mes routes d’égarement et d’avoir croisé mon regard. Béni sois-tu pour ton appel qui se renouvelle chaque jour, alors même que je cherche obstinément à « faire mon trou » sur cette terre, au prix de compromissions inavouables. Viens encore me surprendre comme au premier jour de notre rencontre, prends autorité sur toutes mes résistances, et donne-moi la force dans l’Esprit de “tout abandonner, de me lever et de me mettre à ta suite”. Je pourrai alors te rendre grâce de tout mon cœur et m’offrir à toi dans la joie et la fraîcheur d’un nouveau départ pour la grande aventure de la vraie vie.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves