mercredi 31 mai 2023

« Rabbouni, que je retrouve la vue ! » / (407,070)

 Bonjour!

Jeudi 1er juin 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Rabbouni, que je retrouve la vue ! » (Mc 10, 46b-52)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia. (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
tandis que Jésus sortait de Jéricho
avec ses disciples et une foule nombreuse,
le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait,
était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth,
il se mit à crier :
« Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »
Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire,
mais il criait de plus belle :
« Fils de David, prends pitié de moi ! »
Jésus s’arrête et dit :
« Appelez-le. »
On appelle donc l’aveugle, et on lui dit :
« Confiance, lève-toi ;
il t’appelle. »
L’aveugle jeta son manteau,
bondit et courut vers Jésus.
Prenant la parole, Jésus lui dit :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
L’aveugle lui dit :
« Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
Et Jésus lui dit :
« Va, ta foi t’a sauvé. »
Aussitôt l’homme retrouva la vue,
et il suivait Jésus sur le chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Aveugle mais pas muet ! Bartimée a de la voix. Et de l’oreille. Quand il entend Jésus passer, il crie vers lui, il implore sa pitié avec tant de conviction qu’on cherche à le faire taire. Mais lui qui doit compter en tout sur les autres comprend qu’il n’est plus l’heure de s’en remettre aux autres, il n’est plus l’heure de se laisser faire. Son cœur le guide. Il appelle de plus belle, il crie vers le « fils de David », il désigne Jésus comme le messie.

Jésus entend son cri. Évidemment. Qui ne l’entend pas ? « Confiance, lève-toi, il t’appelle ». Bartimée s’élance. Cette invitation lui suffit, elle est le signal que reconnaît son cœur. Sa souffrance et sa solitude ont été ses éducatrices, nul besoin d’un « va, vends tout ce que tu as » : il jette son manteau de lui-même. Il renonce à ce qui faisait son identité. Il abandonne sa carapace, ses protections, ce qui l’abritait du froid de la nuit et du regard des hommes. Il se montre vulnérable et marche, lui l’aveugle, vers Jésus.

Cet élan ne peut que toucher le Seigneur. Mais Jésus entend qu’il recouvre pleinement sa dignité. Il lui demande donc d’exprimer ce qu’il souhaite. « Seigneur que je voie ! », c’est-à-dire : « Seigneur, que je te voie clairement ; Seigneur, que je voie l’essentiel ; Seigneur-Dieu, tu m’as donné des yeux pour que je puisse voir Dieu en personne, fais que cela se réalise dès maintenant ! ». L’homme, debout et parlant, est donc sauvé par la foi qu’il a mise en Jésus.

Seigneur, ouvre nos yeux ! Que nous sachions voir les moindres indices de ton action dans nos quotidiens et les plus grands miracles qui manifestent ta présence parmi nous, comme l’eucharistie. Alors nous verrons clair pour te suivre sur le chemin du bonheur.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Tout ce qu’Il a fait au profit des corps, Il ne l’a pas fait pour rendre ceux-ci immortels, bien qu’au même corps Il devra lui donner à la fin une santé éternelle. Il a voulu à travers des actions visibles et temporaires soulever la foi vers ce qui ne se voit pas » (Saint Augustin)

  • « La foi est un chemin de lumière : elle part de l’humilité de reconnaître que nous avons besoin du salut et elle vient à la rencontre personnelle avec le Christ, qui nous appelle à le suivre sur le chemin de l’amour » (Benoît XVI)

  • « L’invocation (…) "Jésus, Christ, Fils de Dieu, Seigneur, aie pitié de nous, pécheurs !" Elle conjugue l’hymne christologique de Ph 2, 6-11 avec l’appel du publicain et des mendiants de la lumière. Par elle, le cœur est accordé à la misère des hommes et à la Miséricorde de leur Sauveur » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 2667)

Bonne journée!

Jean-Yves 


À Saint-Jean-Port-Joli, un beau soir d'été...

(Photo: Jean-Yves)

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mardi 30 mai 2023

Dernier jour du mois de Mai... / « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » / Savoir prier? / (406,744)

 Bonjour!

Mercredi 31 mai 2023

  Dernier jour du mois de mai  

   qui était consacré à Marie... 


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Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 39-56)

Alléluia. Alléluia.
Heureuse es-tu, Vierge Marie,
toi qui as cru que s’accompliraient pour toi
les paroles du Seigneur.
Alléluia. (cf. Lc 1, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
    et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
    D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
        exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !    
    Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
    Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
    Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour
    de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

    Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

     – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La liturgie de ce jour est un hymne à la joie. Depuis l’antienne d’ouverture, qui nous invite à nous rassembler pour « écouter tout ce que le Seigneur a fait pour nous », jusqu’à l’oraison conclusive dans laquelle l’Église « magnifie son Seigneur pour tant de merveilles », toutes les lectures et prières nous invitent à « laisser jaillir l’Esprit » (1ère lect.) en un cantique d’action de grâce qui rejoint le Magnificat de la Vierge Marie.

Saint Luc a ouvert son évangile par l’annonce à Zacharie de la naissance du Précurseur (1, 5-25). L’Ange révèle d’amblée que l’enfant « sera rempli de l’Esprit Saint dès avant sa naissance » (1, 15). Sa venue demeure cependant discrète : son père est privé de la parole pour ne pas avoir cru au message de l’Ange (1, 20) et sa mère « garde le secret pendant cinq mois » (1, 24). Après un moment d’intense émotion, le silence tombe à nouveau sur le foyer de Zacharie, mais un silence vibrant d’une joie et d’une attente secrète.

L’Annonce faite à Marie se déroule également dans le secret du cœur de la Vierge : « l’Ange entra chez elle et dit ». Aucune allusion à une vision : discrétion oblige. Tout se concentre dans un échange de paroles entre le Messager céleste et l’humble jeune fille de Nazareth.

C’est le récit de la Visitation qui va tout à la fois rapprocher les deux événements, les articuler, et les faire sortir de l’ombre, ou plutôt de la nuée qui les abritait. L’évangéliste ne met en scène ni Zacharie, ni Joseph ; ce qui réduit à quatre le nombre des acteurs : les deux mères et les deux enfants. Encore qu’on ne puisse pas vraiment compter l’enfant Jésus parmi les acteurs : il est question de lui – il est même au centre de l’événement – mais il n’agit pas directement. Il est présent comme « le Seigneur », présidant la rencontre depuis le sein de sa mère, où il réside comme en son Temple.

Par contre il est un cinquième acteur, qui bien qu’invisible, est cependant le plus actif de tous : l’Esprit Saint. C’est lui qui lance la jeune Marie sur la route, qui « remplit (de sa présence) Élisabeth » et lui donne de parler, et c’est encore lui bien sûr qui inspire à Marie son cantique d’action de grâce. Dès les évangiles de l’enfance, nous pressentons le rôle primordial que jouera l’Esprit dans la vie de l’Église naissante : après l’Ascension, quoiqu’invisible et silencieux, Jésus ressuscité est réellement présent en elle, l’accompagnant sur les routes de la mission sous la conduite de l’Esprit.

La joie est le trait commun de tous ceux qui ont été touchés par l’Esprit : Élisabeth ne peut croire au bonheur qui lui incombe par la visite de la mère de son Seigneur ; Jean-Baptiste tressaille d’allégresse en son sein ; et Marie exalte son Seigneur, son esprit exulte en Dieu son Sauveur. Quant à l’enfant Jésus, lui qui est la cause de tant de joie, comment n’en serait-il pas rempli puisqu’il en est la source débordante ?

Si la venue de l’Enfant-Dieu suscite un tel bonheur, combien plus la certitude de la présence du Seigneur ressuscité au cœur de son Église devrait-elle être un motif d’allégresse pour tous les croyants ? « Je vous reverrai, avait promis Jésus avant d’entrer dans sa Passion, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 22). L’Église postpascale se trouve dans les conditions qu’entrevoyait le prophète Isaïe lorsqu’il écrivait : « Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant c’est le Seigneur : il est pour moi le salut. Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de vous, le Saint d’Israël (Ct – Is 12, 2.6). Voilà pourquoi le croyant devrait toujours être dans la joie, si du moins il demeure comme il se doit sous l’onction de l’Esprit. Certes ce n’est pas facile de garder les yeux fixés sur Jésus au cœur d’un monde qui l’ignore ou le rejette ; c’est pourquoi Notre-Seigneur nous encourage lui-même : « Amen, amen, je vous le dis : si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera. Demandez (l’Esprit Saint), et vous (le) recevrez : ainsi vous serez comblés de joie » (Jn 16, 24).

Dans la première lecture, Saint Paul prolonge cette exhortation, invitant tous ceux qui par la foi, ont reçu le don de Dieu, à « ne pas briser l’élan de leur générosité, mais à laisser jaillir l’Esprit ». Car seul l’Esprit peut nous faire tenir dans « la joie de l’espérance aux jours d’épreuve ». Aussi l’apôtre nous encourage-t-il à « prier avec persévérance », afin de « tenir bon, fuyant le mal avec horreur et nous attachant au bien ». C’est encore l’Esprit qui nous donne d’être « unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisant de respect les uns pour les autres, et partageant avec ceux qui sont dans le besoin ». C’est toujours le même Esprit qui nous fait vivre les Béatitudes, « bénissant ceux qui nous persécutent, leur souhaitant du bien et non pas du mal ». Enfin, qui d’autre que l’Esprit peut nous purifier de la vaine gloire et nous donner le goût de « ce qui est simple » ? C’est ainsi que le Paraclet nous prépare jour après jour à rencontrer notre Dieu, lui qui « disperse les superbes et renverse les puissants de leurs trônes », mais qui « se penche sur son humble servante et élève les humbles ».

Dieu tout-puissant, tu as inspiré à la Vierge Marie, qui portait en elle ton propre Fils, de visiter sa cousine Élisabeth ; accorde-nous d’être dociles au souffle de l’Esprit afin de pouvoir nous aussi te magnifier éternellement. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.


Abbé Philippe Link / Merci!

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   Savoir prier?   


(Luc Landry a mis sur FB  cette pensée du Frère Roger,

 tirée de la Fraternité Maurice Zundel...  Je vous la partage...) 


«On pense ne pas  savoir prier, c'est dans le fond sans importance, car Dieu entend nos soupirs, connaît nos silences. Le silence est le tout de la prière et Dieu nous parle dans un souffle de silence, il nous atteint dans cette part de solitude intérieure qu'aucun être humain ne peut combler.» 

(Frère Roger).


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Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 29 mai 2023

« Vous recevrez, en ce temps déjà, le centuple, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle » (406,713)

 Bonjour!

Mardi 30 mai 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Vous recevrez, en ce temps déjà, le centuple, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle » (Mc 10, 28-31)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père, Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Pierre se mit à dire à Jésus :
« Voici que nous avons tout quitté
pour te suivre. »
Jésus déclara :
« Amen, je vous le dis :
nul n’aura quitté,
à cause de moi et de l’Évangile,
une maison, des frères, des sœurs,
une mère, un père, des enfants ou une terre
sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple :
maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres,
avec des persécutions,
et, dans le monde à venir,
la vie éternelle.
Beaucoup de premiers seront derniers,
et les derniers seront les premiers. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Face à l’exigence d’abandonner tous ses biens pour recevoir en partage la vie éternelle, le jeune homme riche vient de s’en aller. Pierre se tourne alors vers Jésus : « Voici que nous, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi ». Autrement dit : ‘Seigneur, pour nous, la vie éternelle est assurée puisque nous avons renoncé à tout ce que nous possédions pour te suivre !’

Il est vrai que pour s’engager à la suite de Jésus les premiers disciples ont consenti à un véritable détachement d’avec leur milieu familial et professionnel. Mais, la vie éternelle est un don, une grâce. Pour l’obtenir, il ne s’agit donc pas d’accomplir des choses extraordinaires mais de recevoir et d’accepter tout ce qui est donné.

Jésus le montre bien lorsqu’en réponse au détachement, il promet de donner exactement les mêmes choses et, qui plus est, au centuple : « En vérité, je vous le dis, nul n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l’évangile, qui ne reçoive le centuple dès maintenant, au temps présent, en maison, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle ».

S’agirait-il de laisser tout ce que nous possédons, les personnes qui nous sont les plus chères, pour les recevoir du Seigneur dans le cadre de nouvelles relations, transformées par sa grâce ?

En fait, ce qui nous prive de la vie éternelle ce ne sont pas tant nos biens que les relations que nous entretenons à leur égard. Trop souvent, nous croyons qu’ils sont le fruit de notre seul mérite et que nous avons des droits sur eux alors qu’ils sont d’abord et avant tout un don de Dieu.

Entrer dans un tel détachement « à cause de Jésus et de l’évangile » ne pourra être perçu que comme une provocation par un monde trop lié à lui-même, trop replié sur lui-même. Sa réaction ? La persécution qui pour Jésus n’est pas de l’ordre de la possibilité mais bien de la réalité. La persécution nous permettra de vérifier notre fidélité dans notre marche à la suite du Christ. Dans ce contexte, elle ne se présentera pas comme un obstacle mais comme le lieu où nous pourrons éprouver de façon anticipée la puissance transformante de la Résurrection qui nous donne part à la vie même de Dieu.

Suivre Jésus, provoque un renversement des valeurs qui conduit au détachement du monde et débouche sur des persécutions. Mais cela donne aussi d’entrer dès ici-bas dans le Royaume de Dieu dont on ne s’empare pas à la force du poignet. Les derniers mots de Jésus dans notre péricope le rappellent comme pour insister : « Beaucoup de premiers seront derniers et les derniers seront premiers ».

Seigneur, ne permets pas que l’héritage que tu nous réserves nous échappe à cause d’un attachement désordonné aux biens de ce monde qui passe ou par la peur des épreuves destinées à purifier notre foi. Mais accorde-nous, tout au long de notre route ici-bas, de garder les yeux fixés sur toi qui est à l’origine et au terme de notre foi, afin de te saisir, toi l’objet de la promesse, comme nous avons nous-mêmes été saisi par toi (cf. Ph 3, 12-14).


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Car, je vous le dis: personne n'aura quitté…” Cela ne veut pas dire que nous quittons nos parents, en les laissant sans porter secours, ni que nous nous séparons de nos femmes, sinon que nous préférions l’honneur de Dieu à tout ce qui est périssable » (Saint Veda Le Vénérable)

  • « Sans aucun doute les manières plus précises de suivre Le Christ sont graduées par Lui Même d’après les conditions, les possibilités, les missions, les charismes des personnes et des groupes » (Saint Jean Paul II)

  • « Parce qu'ils sont les membres du Corps dont le Christ est la Tête (cf. Ep 1:22), les chrétiens contribuent par la constance de leurs convictions et de leur mœurs, à l'édification de l'Église. L'Église grandit, s'accroît et se développe par la sainteté de ses fidèles, jusqu'à ce que "soit constitué l'homme parfait dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ" » (Ep 4:13). (CEI n 2.045)

Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 28 mai 2023

« Voici ton fils. Voici ta mère » / Savoir prier?... / 3,800 textes sont disponibles... / (406,656)

 Bonjour!

Lundi 29 mai 2023

Voici la Parole de Dieu de ce Jour...



ÉVANGILE

« Voici ton fils. Voici ta mère » (Jn 19, 25-34)

Alléluia. Alléluia.
Heureuse Vierge Marie
tu as enfanté le Seigneur !
Bienheureuse Mère de l’Église,
tu fais brûler en nous l’Esprit
de ton Fils Jésus, le Christ.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
  près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
  Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
« Femme, voici ton fils. »
  Puis il dit au disciple :
« Voici ta mère. »
Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
  Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé,
pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout,
Jésus dit :
« J’ai soif. »
  Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée.
On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre
à une branche d’hysope,
et on l’approcha de sa bouche.
  Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :
« Tout est accompli. »
Puis, inclinant la tête,
il remit l’esprit.
  Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
  Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
  Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
  mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

          – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Du cœur de son lieu de souffrance, Jésus adresse à sa mère une parole d’espérance : « Femme, voici ton Fils ». Marie reçoit un nouveau fils, une nouvelle descendance, une nouvelle espérance, une vie nouvelle. Quant au disciple, il reçoit une parole qui l’engendre à nouveau : « Voici ta mère » (Jn 19,27). Ainsi est fondée la communauté, dont Marie est la mère, une communauté de disciples aimés et aimants.

Dans ce texte, Marie est d’abord présentée comme mère. Alors qu’elle est sur le point de perdre son fils unique, et donc sur le point de perdre sa qualité de mère, qui donne la vie, Jésus lui dit : « Femme, voici ton Fils ». Donc Marie retrouve une nouvelle qualité de mère, par rapport au disciple bien-aimé.

Remarquons aussi que ce disciple ne porte pas de nom. On dit souvent : c’est saint Jean. Mais cela n’est écrit nulle part. En fait, il ne porte pas de nom, parce que ce disciple représente chacun d’entre nous. Chacun de nous est un disciple bien-aimé, qui reçoit Marie pour mère. Chaque disciple trouve en Marie une mère, c’est-à-dire une personne qui lui donne vie. Si Marie est une mère pour nous, cela signifie que nous remplaçons Jésus, son fils, auprès d’elle ; nous devenons des nouveaux Jésus pour Marie ! Si nous avons Marie pour mère, nous avons donc Jésus pour frère.

Voilà la mission de Marie : elle fait de nous des nouveaux Jésus, des frères jumeaux de Jésus. Le disciple bien-aimé devient un frère de Jésus, qui remplace Jésus auprès de Marie. La mission de Marie, c’est de transformer des disciples, c’est-à-dire des élèves, des inférieurs, en frères, c’est-à-dire en égaux. Ainsi Marie est-elle la nouvelle Ève, non seulement comme femme, mais comme mère de l’humanité. Si la première Ève avait engendré deux fils, Caïn et Abel, elle avait connu l’épreuve avec ses enfants : car le premier est devenu un criminel, Caïn, qui a tué Abel, son frère, dont le nom signifie justement « fils ». Tandis que Marie, qui a connu l’épreuve avec la mort de son fils Jésus, se découvre mère d’une multitude grâce à Jésus, qui fait d’elle la mère de ses disciples et qui crée autour d’elle une famille de frères et sœurs, tous égaux entre eux et tous semblables à lui, Jésus. Là où, avec Ève, il y avait eu échec de la famille et assassinat, ici, avec Jésus, il y a fondation d’une nouvelle famille et source de vie et d’amour.

La mémoire de Marie, Mère de l’Église, nous permet de mieux faire le lien entre l’Église primitive, avec les disciples accompagnés de Marie, et l’Église actuelle, dont Marie est la mère aujourd’hui. C’est vraiment l’actualisation de la Pentecôte que cette fête nous permet de vivre. Qui plus est, cette fête nous invite à renforcer le sens maternel de notre Église, dont le monde a grand besoin, et à ne pas voir l’Église d’abord comme une institution. Se sentir proche d’une mère est le propre de tout être humain. L’Église incarne cette maternité vécue, en développant la fraternité dans ses communautés. C’est donc un stimulus pour chaque communauté que de vivre intensément cette nouvelle fête et de la rayonner.

Que Marie nous protège et nous guide dans ce monde, souvent très secoué, et qu’elle soit plus que jamais la Vierge des pauvres et la Mère de l’Église !


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Quelle Mère si remplie d’amour nous avons ! Devenons ses semblables et imitons-là dans son amour ! Elle a éprouvé de la compassion pour nous au point de considérer comme rien sa perte matérielle et sa souffrance physique ! » (Saint Bonaventure)

  • « La Mère du Rédempteur nous précède et nous confirme sans cesse dans la foi, dans la vocation et dans la mission. Par son exemple d’humilité et de disponibilité à la volonté de Dieu Elle nous aide à traduire notre foi en une annonce de l’Evangile joyeuse et sans frontières » (François)

  • « Au terme de cette mission de l’Esprit, Marie devient la "Femme", nouvelle Eve "mère des vivants", Mère du "Christ total". C’est comme telle qu’elle est présente avec les Douze, "d’un même cœur, assidus à la prière" (Ac 1,14), à l’aube des "derniers temps" que l’Esprit va inaugurer le matin de la Pentecôte avec la manifestation de l’Eglise » (Catecismo de la Iglesia Católica, nº 726)

Savoir prier?


(Luc Landry a mis sur FB ce matin cette pensée du Frère Roger, tirée de la Fraternité Maurice Zundel... Cette pensée me parle aussi ce matin; je vous la partage...) 


«On pense ne pas  savoir prier, c'est dans le fond sans importance, car Dieu entend nos soupirs, connaît nos silences. Le silence est le tout de la prière et Dieu nous parle dans un souffle de silence, il nous atteint dans cette part de solitude intérieure qu'aucun être humain ne peut combler.» (Frère Roger.

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Bonne journée!

Jean-Yves 


Note: Sur ce blogue, il y a maintenant 3,800 articles qui peuvent être consultés. 

Merci à tous nos lecteurs, lectrices et collaborateurs.




samedi 27 mai 2023

La Pentecôte... / « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint » / Église de Saint-Onésime-d'Ixworth: 50e anniversaire: (406,586)

Bonjour!

Dimanche 28 mai 2023

Pentecôte

Viens, Esprit de sainteté

Viens, Esprit de lumière

   Viens, Esprit de feu     

   Viens nous embraser.  

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Voici la Parole de Dieu de ce dimanche... 

ÉVANGILE

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint » (Jn 20, 19-23)

Alléluia. Alléluia.
Viens, Esprit Saint !
Emplis le cœur de tes fidèles !
Allume en eux le feu de ton amour !
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus ;
    le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
 « La paix soit avec vous ! »
    Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
    Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
    Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
    À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Nous aussi, comme Jésus, nous sommes nés par la puissance de l’Esprit. Non seulement d’un vouloir d’homme, mais de Dieu.
Car avant d’être engendrés par des hommes, nous sommes tous enfants de Dieu (1 Jn 3,1 ; Rm 8,14), dans le sein du Père.
Lui qui nous a élus en lui avant la création du monde (Ep 1,3), le Père du ciel qui est notre seul Père (Mt 23,9),
 Celui de qui toute paternité tire son nom (Ep 3,14-15).

Oui, l’Esprit nous a été donné !
 C’est en lui que nous avons été créés à l’image de Dieu et nous le portons en nous comme un souffle. C’est en lui que nous avons été baptisés et nous le portons en nous comme une lumière et une eau pure.
 C’est en lui que nous avons été confirmés et il marque notre front, il signe notre cœur du chrême du salut.

Par lui nous ne faisons plus qu’un avec le Christ et il nous établit dans l’harmonie avec nous-mêmes et avec les autres, en faisant de nous de vrais fils et de vrais frères.
Qui s’unit au Seigneur, dit merveilleusement saint Paul devient avec lui un seul et même esprit (1 Co 6,17).

Nous cherchons parfois éperdument, dans la quête des techniques ou la course vers des sciences humaines, ce qui pourrait au mieux nous unifier et nous construire...  Pourquoi pas !
 Mais n’oublions jamais que le meilleur et le plus sûr artisan de notre propre unité, celui qui est le plus capable de nous établir dans la joie, la paix, la confiance (G 5,22),
la vérité, la force et l’intelligence (Is 11,2), c’est l’Esprit Saint ! L’Esprit divin qui guérit, panse, réchauffe, rafraîchit, illumine, comme le chante la séquence de Pentecôte.

Ah ! si nous avions foi en lui, comme il pourrait, et comme il peut encore à cette heure, en tel ou telle d’entre nous et en chacun de nous, guérir une peine, ôter une peur, soulager une maladie, apaiser une angoisse, nous libérer d’un souci, nous enlever un doute. 
Et nous conduire ainsi à la vraie foi, à la vraie paix, à la santé de l’âme de l’esprit et du cœur et à l’harmonie avec notre propre corps !

Il viendra même un jour où il nous ressuscitera d’entre les morts (Ez 37,9).
Car si l’Esprit de Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous (Rm 8,11).

Voilà la divine merveille !
Au plus intime de moi, « plus intime à moi-même que moi », il y a un Ami. 
Animant ma propre vie, il y a le souffle de sa Vie !
 Chacun de nous est porteur de cette part unique et plénière d’amour qui fait que Dieu lui-même, en son Esprit, nous aime personnellement, et même nous préfère chacun.
L’apôtre Jacques a écrit à cet égard une phrase confondante : L’Esprit qui est mis en nous nous aime jusqu’à la jalousie (4,5).

Qu’attendons-nous donc pour nous laisser aimer ? 
Et n’attendons pas davantage pour nous aimer entre nous, comme des frères dans la paix, et comme des fils dans l’unité.
Conservant l’unité de l’Esprit par ce lien qu’est la paix (Ep 4,3).

Oui, puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit aussi nous fasse agir (Ga 5,25).

Viens Esprit Saint et envoie du ciel un rayon de ta lumière…
Fais de nous, comme Marie, des porteurs et des semeurs de Vie !


Abbé Philippe Link / Merci!

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Vent de Pentecôte
Toi, l'Esprit de Dieu
Souffle nos braises,
Allume un feu.
Vent de Pentecôte,
Vent de charité
Allume un feu 
au cœur du monde.


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50e anniversaire
de l'église de Saint-Onésime-d'Ixworth
le 28 mai 2023

Aujourd'hui, la paroisse a souligné le 50e anniversaire 
de la construction de son église paroissiale. 
Messe solennelle célébrée 
par l'évêque du diocèse Mgr Pierre Goudreault 
et dîner communautaire à la Salle des Générations.
Bravo! aux organisateurs et organisatrices: 
ce fut une belle réussite;
 vous méritez toutes nos félicitations!
MERCI! 
Que cette fête donne de l'élan.
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Bon dimanche!

Jean-Yves 

vendredi 26 mai 2023

« C’est ce disciple qui a écrit ces choses ; son témoignage est vrai » / (406,544)

 Bonjour!

Samedi 27 mai 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« C’est ce disciple qui a écrit ces choses ; son témoignage est vrai » (Jn 21, 20-25)

Alléluia. Alléluia.
Je vous enverrai l’Esprit de vérité, dit le Seigneur ;
il vous conduira dans la vérité tout entière.
Alléluia. (cf. Jn 16, 7.13)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. »
S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite,
le disciple que Jésus aimait.
C’est lui qui, pendant le repas,
s’était penché sur la poitrine de Jésus
pour lui dire :
« Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? »
Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus :
« Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »
Jésus lui répond :
« Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne,
que t’importe ?
Toi, suis-moi. »
Le bruit courut donc parmi les frères
que ce disciple ne mourrait pas.
Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas,
mais :
« Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne,
que t’importe ? »

C’est ce disciple qui témoigne de ces choses
et qui les a écrites,
et nous savons que son témoignage est vrai.
Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ;
et s’il fallait écrire chacune d’elles,
je pense que le monde entier ne suffirait pas
pour contenir les livres que l’on écrirait.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Pierre a compris l’allusion à peine voilée de Jésus au martyr par lequel il glorifierait Dieu, en donnant lui aussi sa vie pour ses amis. Dans le silence qui suit cette révélation, l’attention de Pierre est attirée par le crissement des galets, sous les pas de quelqu’un qui s’approche.

 Se retournant, il « aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait ». Discrètement celui-ci s’est détaché du groupe des Apôtres pour se rapprocher du Maître, tout en restant à une distance respectueuse pour ne pas être indiscret. 

Il ne cherche pas à se mêler à la conversation entre Pierre et Jésus, mais son amour pour le Seigneur l’attire à lui : « l’ami de l’Epoux se tient là, il entend la voix de l’Epoux, et il en est tout joyeux. C’est sa joie et il en est comblé » (Jn 3, 29). Par le fait même, tout en marchant « à la suite de Jésus », il marche également derrière celui que son Maître a placé à la tête du collège apostolique.

Le voyant, Pierre prend conscience que c’est plutôt à ce disciple que devrait revenir la responsabilité dans laquelle il vient d’être confirmé, et l’honneur de verser son sang en témoignage. N’est-il pas le seul Apôtre qui soit resté fidèle et qui ait suivi le Maître jusqu’à la Croix ? « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »

 La parole énigmatique de Jésus – « Est-ce ton affaire ? » – doit s’entendre comme un refus de satisfaire la curiosité de Pierre. Tout appel s’enracine dans la relation personnelle, unique, que le Seigneur entretient avec chaque disciple en particulier. 

Certains aspects de notre vocation appartiennent certes à la « sphère publique », puisque c’est toujours au service du bien commun que nous sommes envoyés ; mais il nous faut aussi respecter le mystère de cette relation d’amour – nécessairement personnelle – qui relie chacun de nous et de nos frères à l’unique Epoux de nos âmes. La curiosité dans ce domaine est déplacée : la « transparence » fraternelle ne signifie pas « déballage » du for interne, voyeurisme ou exhibitionnisme spirituel ; il nous faut apprendre à respecter le « secret du Roi », autant dans nos vies que dans celle des autres.

« Si je veux qu’il reste jusqu’à ce que je vienne ? » Comment comprendre cette Parole ? « Jusqu’à ce que je vienne » à la fin des temps, c’est-à-dire à la Parousie ? L’évangéliste récuse explicitement cette interprétation, qui impliquerait que « le disciple ne mourrait pas ». Il faut sans doute lire bien plus simplement : « jusqu’à ce que je vienne le prendre avec moi dans la définitivité du Royaume, de l’autre côté de la mort ». En vertu du pouvoir qu’il a acquis par sa résurrection, Notre-Seigneur définit la mort comme notre rencontre avec lui, le Vivant, qui vient nous chercher pour nous introduire dans la vie définitive.

Pour nous préparer à cette ultime traversée vers l’autre rivage, appuyés sur le bras de l’Epoux, il nous faut obéir à la volonté du Seigneur : « Je veux qu’il demeure ». Dans le quatrième évangile, ce verbe décrit l’attitude du disciple, qui tend à mettre en pratique le précepte de Jésus : « Demeurez en moi comme moi je demeure en vous » (Jn 15, 4). Notre-Seigneur nous invite à nous unir à lui par une foi vivante, afin de ne pas être pris à l’improviste lorsqu’il viendra nous chercher. 

Restons en tenue de service, et gardons nos lampes allumées. Soyons « comme des gens qui attendent leur Maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le Maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller : il prendra la tenue de service, les fera passer à table, et les servira chacun à son tour. » Nous aussi, « tenons-nous prêts : c’est à l’heure où nous n’y penserons pas que le Fils de l’homme viendra » (Lc 12, 37-40).

En attendant sa venue, nous savons ce que nous avons à faire : comme Saint Paul, « du matin jusqu’au soir, efforçons-nous de convaincre nos frères au sujet de Jésus, enseignant ce qui le concerne avec une assurance totale » (1ère lect.), c’est-à-dire dans la force de l’Esprit.

Seigneur nous envions tous les disciples de la première heure, qui t’ont vu, entendu, qui ont mangé avec toi ; que tu as soutenus au moment du doute, que tu as réconfortés devant l’épreuve, que tu as rassemblés après leur trahison.

 Il ne faudrait pourtant pas que cette nostalgie nous fasse oublier que ces récits ne nous sont pas seulement donnés à méditer pour faire mémoire des temps fondateurs, mais aussi et surtout pour nous rappeler que tu demeures auprès de nous dans la même proximité et la même disponibilité.

 Que l’Esprit Saint dans lequel nous allons être bientôt renouvelés nous fasse découvrir ta présence au cœur de nos vies, toi qui nous a promis d’être avec nous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde(Mt 28, 20).


Abbé Philippe Link // Merci!

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Méditation

Frère Yves Habert

Frère Yves Habert

Couvent Saint Thomas d'Aquin à Lille

L’ami


Dans ces derniers mots de l’Évangile de Jean, Pierre discute avec Jésus et voit derrière eux « le disciple que Jésus aimait ». Cette dernière expression peut choquer. Cela ne veut pas dire que Jésus n’aimait pas les autres disciples, ni même qu’il les aimait moins. On n’aime jamais moins, mais toujours autrement et différemment.

Cette manière de le désigner veut dire que Jean a perçu le nœud de sa relation avec Jésus comme étant exprimé par cette amitié. Jésus a eu d’autres amis, Lazare par exemple, mais lui, Jean, en a fait le tout de sa vie. Avoir été l’ami de Jésus a été décisif pour lui parce qu’il ne s’agissait pas seulement d’une appréciation subjective, mais d’une révélation. Cette amitié a constitué le fondement de sa vie et de sa mission. Il a tout compris en posant sa tête sur la poitrine de Jésus au cours de la dernière Cène. Par son amitié avec Jésus, Jean est le théologien qui nous a conduits plus loin que personne d’autre au monde dans la connaissance intime du mystère de Dieu.

Devenons son ami, il saura nous aider à entrer dans le mystère du Verbe fait chair.

Vent de Pentecôte

envahie-nous

Ravive-nous, 

refais nos forces

Vent de Pentecôte, 

souffle divin

Redonne vie 

à ton Église



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Bonne journée!

Jean-Yves