vendredi 7 octobre 2022

« Heureuse la mère qui t’a porté en elle ! – Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu ! » (391,309)

 Bonjour!

Samedi le 8 octobre 2022


Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Heureuse la mère qui t’a porté en elle ! – Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu ! » (Lc 11, 27-28)

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent !
Alléluia. (Lc 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    comme Jésus était en train de parler,
une femme éleva la voix au milieu de la foule
pour lui dire :
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle,
et dont les seins t’ont nourri ! »
    Alors Jésus lui déclara :
« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent ! »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de lait ! » C’est une femme qui parle. Elle sait donc de quoi elle parle… A travers ces mots, c’est toute sa féminité qui s’exprime dans un cri d’admiration et peut-être même un peu d’envie envers celle qui a eu cette grâce de porter, d’enfanter et de nourrir le Messie.

Résonne alors la voix de Jésus : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu et la mettent en pratique ». Parole inattendue, déconcertante même. Pourtant les mots de cette femme n’étaient-ils pas un bel hommage rendu à la Vierge Marie, la Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ ? Jésus n’accorderait-il aucune importance à la maternité de sa mère ?

Bien au contraire. En recentrant cette femme sur ce qui constitue la véritable béatitude, il lui révèle en quoi consiste l’essence de la maternité de Marie, mettant celle-ci encore plus en valeur.

Marie est celle qui par excellence a écouté dans une profonde humilité la Parole du Père et lui a obéi dans une confiance et un abandon total : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38). C’est bien parce que Marie a d’abord écouté la Parole et lui a obéi qu’elle a pu la porter en elle et l’enfanter. Sa maternité découle de cette écoute humble et obéissante. Voilà en quoi réside réellement sa béatitude. Voilà pourquoi « désormais toutes les générations la proclameront bienheureuse » (Lc 1, 48) !

Seigneur, fais-nous la grâce en ce jour d’être renouvelés dans notre écoute de ta Parole. Libère-nous de tout ce qui pourrait faire obstacle en nous à sa réception. Qu’elle puisse s’enfouir au plus profond de la terre de notre humanité où nous la garderons comme le bien le plus précieux dont nous disposions. Alors elle opèrera en nous son œuvre de conversion. Transformés par elle, nous pourrons alors l’annoncer en vérité et l’enfanter dans d’autres cœurs.


Abbé Philippe Link  / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 6 octobre 2022

« Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous » / (391,269)

Bonjour!

Vendredi 7 octobre 2022



Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous » (Lc 11, 15-26)

Alléluia. Alléluia.
Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors,
dit le Seigneur ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre,
j’attirerai à moi tous les hommes.
Alléluia. (Jn 12, 31b-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme Jésus avait expulsé un démon,
    certains dirent :
« C’est par Béelzéboul, le chef des démons,
qu’il expulse les démons. »
    D’autres, pour le mettre à l’épreuve,
cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
    Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit :
« Tout royaume divisé contre lui-même devient désert,
ses maisons s’écroulent les unes sur les autres.
    Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même,
comment son royaume tiendra-t-il ?
Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul
que j’expulse les démons.
    Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse,
vos disciples, par qui les expulsent-ils ?
Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges.
    En revanche, si c’est par le doigt de Dieu
que j’expulse les démons,
c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous.
    Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais,
tout ce qui lui appartient est en sécurité.
    Mais si un plus fort survient et triomphe de lui,
il lui enlève son armement auquel il se fiait,
et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé.
    Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ;
celui qui ne rassemble pas avec moi disperse.
    Quand l’esprit impur est sorti de l’homme,
il parcourt des lieux arides
en cherchant où se reposer.
Et il ne trouve pas. Alors il se dit :
“Je vais retourner dans ma maison,
d’où je suis sorti.”
    En arrivant, il la trouve balayée et bien rangée.
    Alors il s’en va,
et il prend d’autres esprits encore plus mauvais que lui,
au nombre de sept ;
ils entrent et s’y installent.
Ainsi, l’état de cet homme-là
est pire à la fin qu’au début. »

            – Acclamons la Parole de Dieu. 

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Commentaire...

Vaincre l’esprit du mal est la finalité première de la mission de Jésus afin que l’homme puisse recevoir de sa part un esprit de fils. Le Satan a vaincu tout homme dans le premier Adam. Depuis lors, il est « l’homme fort et bien armé qui garde son palais », c’est-à-dire qui domine sur tous les royaumes terrestres (Cf. Lc 4, 6).

Mais Jésus va se révéler plus puissant, plus fort (Cf. Lc 3, 16), que Satan et va triompher de lui en lui enlevant l’équipement de combat qui lui donnait confiance. Lorsqu’il meurt sur la croix, dépouillé de tout, Jésus dépouille Satan de toutes ses armes qui sont celles de l’avoir, du pouvoir et du paraître. C’est alors qu’il restaure en l’homme ce que le démon avait altéré : son identité d’image de Dieu et sa réalité de fils de Dieu.

A ceux qui lui demandaient un signe du ciel pour témoigner de sa toute-puissance, Jésus donnera celui de la Croix, de l’humilité. Il ne peut en donner de plus grand car là se révèle son mystère d’amour infini et inconditionnel pour tous les hommes.

La vie chrétienne n’est pas de tout repos nous le savons ; et c’est peut-être pour avoir voulu l’ignorer que tant de croyants ont fait défection, séduits par les discours mensongers du Prince de ce monde, qui ne parlent que de facilité, spontanéité, jouissance et autonomie. Comme des brebis égarées, ils se sont « dispersés » au lieu de se « rassembler » en réponse à la Parole de Dieu, qui les convoquait en Eglise pour les fortifier de sa présence. 

Nous sommes en perpétuel combat spirituel, et celui-ci exige une vigilance de chaque instant, un entraînement continu, dans une collaboration proche avec d’autres chrétiens. L’oublier, c’est déjà être vaincu. C’est en faisant mémoire, jour après jour, des œuvres de salut du Seigneur dont elle a bénéficié, que l’Église peut garder les yeux fixés sur son Sauveur. Aussi l’Eucharistie, mémorial de la Rédemption, est-elle par excellence le lieu de son rassemblement, où elle peut rendre grâce, se reposer, refaire ses forces et se laisser envoyer dans la puissance de l’Esprit.


Abbé Philippe Link - Merci!"

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Puisque le Christ avec sa venue a chassé le démon de nos cœurs pour préparer un temple en nous, faisons de notre mieux avec son aide pour que le Christ ne soit pas déshonoré en nous par nos mauvaises actions » (Saint Césaire d’Arles)

  • « Le Diable cherche toujours à ruiner l’œuvre de Dieu, en semant la division dans le cœur humain, entre le corps et l’âme, entre l’homme et Dieu, dans les relations sociales, internationales… Le mal sème la guerre ; Dieu crée la paix » (Benoît XVI)

  • « […] La puissance de Satan n’est cependant pas infinie. Il n’est qu’une créature, puissante du fait qu’il est pur esprit, mais toujours une créature : il ne peut empêcher l’édification du Règne de Dieu […] » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 395)

Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 5 octobre 2022

« Demandez, on vous donnera » / (391,219)

Bonjour!

Jeudi 6 octobre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour.....


ÉVANGILE

« Demandez, on vous donnera » (Lc 11, 5-13)

Alléluia. Alléluia.
Seigneur, ouvre notre cœur
pour nous rendre attentifs aux paroles de ton Fils.
Alléluia. (cf. Ac 16, 14b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
« Imaginez que l’un de vous ait un ami
et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander :
“Mon ami, prête-moi trois pains,
    car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi,
et je n’ai rien à lui offrir.”
    Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond :
“Ne viens pas m’importuner !
La porte est déjà fermée ;
mes enfants et moi, nous sommes couchés.
Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.”
    Eh bien ! je vous le dis :
même s’il ne se lève pas pour donner par amitié,
il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami,
et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.
    Moi, je vous dis :
Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
    En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
    Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson,
lui donnera un serpent au lieu du poisson ?
    ou lui donnera un scorpion
quand il demande un œuf ?
    Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint
à ceux qui le lui demandent ! »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

L’évangile de ce jour est un appel pressant à entrer dans une grande confiance vis-à-vis de Dieu. Certains craignent de déranger Dieu. Jésus leur dit : demandez, vous obtiendrez (Lc 11,9). D’autres hésitent à importuner leur Seigneur. Jésus leur enseigne : cherchez, vous trouverez, frappez, la porte vous sera ouverte. (id.)

N’hésitons jamais, oui, jamais, à frapper à la porte du cœur de Dieu. Ce n’est pas à un Dieu lointain, hautain et occupé que nous nous adressons, mais à un Père qui est infiniment proche de nous puisque c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être (Ac 17,28).

Il y a un ritualisme, un légalisme qui finalement finissent par mettre Dieu à distance, et cela par ignorance, par peur sinon par calcul. Non, Dieu se réjouit de nos demandes, il se plaît à accueillir notre simplicité à son égard. C’est « la voie de la confiance pure et amoureuse » que la petite Thérèse nous enseigne si bien.

Dans une de ses dernières lettres écrite (à l’abbé Bellière) elle a ces mots : Je voudrais que vous soyez simples avec le Bon Dieu (Lt 261). Elle explique cela à Céline, sa sœur : Notre Bien-aimé n’a pas besoin de nos belles pensées, de nos œuvres éclatantes. S’il veut des pensées sublimes, n’a-t-il pas ses anges, ses légions d’esprits célestes dont la science surpasse infiniment celle des plus grands génies de notre triste terre. Ce ne sont pas l’esprit et les talents que Jésus est venu chercher ici-bas. Il ne s’est fait la fleur des champs qu’afin de nous montrer combien il chérit la simplicité. (LT 141)

Le Seigneur, en ce jour, nous invite à nous débarrasser de toutes nos complications, nos belles manières, nos calculs dans notre relation avec lui. De toutes nos complications, de tous les échafaudages dont nous avons hérité où que nous avons bâtis pour nous protéger. Il n’y a pas besoin de nous protéger contre Dieu, de garder une distance craintive. Respecter et honorer Dieu, c’est respecter et honorer sa proximité, sa tendresse, sa miséricorde. C’est s’offrir à son amour, c’est se laisser aimer. Nous sommes déjà pardonnés… Et cet amour fou de Dieu nous pousse à nous convertir à l’amour. 

Notre dette d’amour est immense, nous qui avons tant reçu et encore si peu donné. Mais cette dette, le Père l’a annulé. Il nous a remis notre dette et Jésus nous invite en ce jour à accueillir ce don de miséricorde pour entrer dans la joie de la filiation divine. Père, remets-nous notre dette (Lc 11,4). Le Père veut notre sainteté. 

Le Père veut nous donner chaque jour ce qui nous fait croître dans l’amour, mais il se plaît à ce que nous le lui demandions afin que nous découvrions par expérience sa bonté, sa bonté infinie pour nous. Si nous qui sommes mauvais savons donner de bonnes choses à nos enfants, combien plus le Père du Ciel donnera-t-il à ses enfants que nous sommes de bonnes choses ; combien plus donnera-t-il ce qu’il y a de plus beau, de plus grand, de meilleur : l’Esprit Saint.

Entrons comme Marie dans cette amitié avec Dieu, dans cette confiance filiale, et nous exulterons de joie, en découvrant une liberté dont nous n’aurons pas idée.


Abbé Philippe Link / Merci!


Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Ta vérité a dit que si nous appelons on nous répondra, si nous demandons nous recevrons : Oh Père éternel, tes serviteurs implorent. Réponds-leur ! » (Sainte Catherine de Sienne)

  • « Lorsque nous avons besoin d’aide, Jésus ne nous demande pas de nous résigner et de nous enfermer sur nous-mêmes, mais que nous nous adressions au Père et lui demandions, avec confiance, tous nos besoins, en commençant par les plus évidents et quotidiens » (François)

  • « L’Esprit Saint qui enseigne l’Église et lui rappelle tout ce que Jésus a dit, l’éduque aussi à la vie de prière, en suscitant des expressions qui se renouvellent au sein de formes permanentes : bénédiction, demande, intercession, action de grâce et louange » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 2.644)





Bonne journée!

Jean-Yves


mardi 4 octobre 2022

11e Journée provinciale du diaconat permanent... / « Seigneur, apprends-nous à prier » / (391,187)

 Bonjour!

Mercredi 5 octobre 2022

   11e Journée provinciale du diaconat permanent...


À la demande des diacres, les évêques du Québec ont décrété en 2011, que le premier mercredi d'octobre de chaque année serait désigné « Journée provinciale du diaconat permanent». Cette journée se veut l’occasion de faire ressortir et mettre en lumière le service et l'apport des diacres permanents dans notre Église et dans notre société.

Cette «Journée provinciale du diaconat permanent» permet de faire un appel et une promotion de ce Ministère du diaconat auprès d'éventuels candidats. Cette « Journée spéciale » est aussi une belle occasion d'être en communion avec le pape François qui nous invite à «prier pour que les diacres, fidèles à leurs charismes au service de la Parole et des pauvres, soient un signe stimulant pour toute l'Église».

On dit que le diaconat est un ministère « aux portes de l'Église »... En effet, ce ministère se situe souvent auprès des personnes qui se sont éloignées de l'Église et qui ont besoin d'entendre une parole d'espérance et d'Évangile. Aux péripéties, oui, ils se situent auprès des malades qui souffrent dans leur corps, dans leur cœur et qui ont besoin d'écoute et de compassion... Ils veulent être présents aussi auprès des familles et des jeunes couples qui portent le désir d'être accueillis comme ils sont... La Mission du Seigneur est grande : les diacres peuvent être là pour répondre aux appels entendus... Prions pour eux.

Jean Yves Fortin, diacre et responsable diocésain.


Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1-4)

Alléluia. Alléluia.
Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia. (Rm 8, 15bc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière.
Quand il eut terminé,
un de ses disciples lui demanda :
« Seigneur, apprends-nous à prier,
comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »
    Il leur répondit :
« Quand vous priez, dites :
“Père,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne.
    Donne-nous le pain
dont nous avons besoin pour chaque jour
    Pardonne-nous nos péchés,
car nous-mêmes, nous pardonnons aussi
à tous ceux qui ont des torts envers nous.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation.” »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Un jour, quelque part, Jésus était en prière » : celui qui rapporte l’événement ne se souvient pas des circonstances ; leur souvenir s’estompe devant la profonde impression qu’a laissée sur lui le visage transfiguré de Jésus, recueilli en oraison. Les disciples se tiennent à quelques pas de distance, un peu gênés de leur indiscrétion, mais ne pouvant détacher leurs yeux de leur Maître, guettant le moindre tressaillement qui trahirait son vécu intérieur.

« Quand il eut terminé », Jésus découvre les regards interrogatifs mais aussi brûlants de désir de ses compagnons : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean-Baptiste l’a appris à ses disciples ». La tradition voulait en effet qu’un Rabbi transmette, comme signe d’appartenance réservé à ceux qui le suivent, une prière résumant l’essentiel de sa conception de Dieu. Consentant à leur demande, Notre-Seigneur va traduire en quelques paroles très sobres, l’ineffable dialogue d’amour dont il vient de s’arracher. Quatre sentences et tout est dit. Sans doute s’agit-il de la version la plus primitive de cette oraison, dont les premières communautés ont très vite explicité le contenu. S’adressant à des hommes simples, Jésus leur communique une prière brève, condensée, laissant à l’Esprit Saint le soin d’en dévoiler toutes les harmoniques.

« Abba » ; non pas « Ab » ou « Abi » (mon père) – termes hébreux appartenant au langage solennel de la liturgie – mais « Abba » : mot araméen emprunté à la vie familiale. Chargé à la fois de toute la tendresse de « papa », et de la déférence de « père », ce terme exprime la crainte respectueuse de l’enfant envers celui dont il reconnaît l’autorité bienveillante – il est bon de se souvenir, en ce premier mercredi du mois, que c’est sans doute le vocable par lequel Jésus s’adressait à saint Joseph.

« Que ton nom soit sanctifié, que ton Règne vienne » : la sainteté du nom de Dieu ne dépend pas de notre prière, mais c’est en louant celui qui seul est Saint que nous nous approchons de la Source de la vie. Le Règne de Dieu, Règne de justice et de paix, ne pourra descendre dans notre pauvre monde que par l’humble reconnaissance de la fraternité universelle instaurée par le Sang de l’Agneau immolé pour tous. Entre ses bras étendus, il a étreint tous les hommes en une seule famille, la famille du Père de miséricorde. De ce trône de gloire, il a rassemblé dans l’unité la diversité des races, langues et cultures qui toutes ensembles, sont appelées à glorifier le nom de leur Créateur et Père.

Le passif – « que ton Nom soit sanctifié » – confirme que cette glorification ne peut être que l’œuvre de Dieu lui-même. C’est en instaurant le Règne de Dieu son Père, que le Fils glorifie son Nom, selon la promesse faite au prophète Ezéchiel : « Je sanctifierai mon grand Nom qui est profané parmi les nations chez lesquelles vous l’avez profané, et les nations sauront que je suis le Seigneur quand je me sanctifierai en vous, oracle du Seigneur » (Ez 36, 23). Exalté à la droite du Père après avoir accompli la grande purification, le Christ a envoyé sur nous l’Esprit par qui Dieu est sanctifié en nous.

« Donne-nous le pain dont nous avons besoin chaque jour » : prière de confiance de l’enfant qui sait pouvoir compter sur la bienveillance attentive de son Père, et qui ne lui formule cette demande que pour lui exprimer sa dépendance pleine de reconnaissance.

« Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes nous pardonnons à tous ceux qui ont des torts envers nous ». Conscient de sa faiblesse, mais confiant dans la fidélité de Dieu, le disciple se livre sans peur à son jugement de miséricorde, sûr qu’il obtiendra ce que lui-même accorde avec largesse.

« Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». L’élévation se termine par une demande insistante de protection contre le Tentateur : que notre « Abba » ne permette pas que nous soyons « sou-mis », c’est-à-dire vaincu par la tentation d’apostasie ; que nous demeurions toujours blottis dans sa main, dont « nul ne peut rien arracher » (Jn 10, 29).

« Seigneur apprends-nous à prier comme tu l’as appris à tes premiers disciples » ; viens en nous par ton Esprit, et entraîne-nous dans ta prière filiale, car toi seul peut dire en vérité : « Abba, Père,… ».


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 3 octobre 2022

«Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire» /Fête de saint François d'Assise... / (391,163)

Bonjour!

Mardi 4 octobre 2022

Fête de saint François d'Assise


Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

 (Lc 10,38-42): Alors qu'il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une soeur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit: «Seigneur, cela ne te fait rien? Ma soeur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m'aider». Le Seigneur lui répondit: «Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part: elle ne lui sera pas enlevée».

Commentaire: Abbé Josep RIBOT i Margarit (Tarragona, Espagne)

«Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire»

Aujourd'hui, comme chaque jour, tu peux apprendre de l'Évangile. Jésus, invité au foyer de Béthanie, nous donne une leçon d'humanité: Lui, qui aimait les autres, se laisse aimer, puisque les deux choses sont importantes. Rejeter les preuves d'affection, de Dieu et des autres, serait une grave erreur, comportant des conséquences néfastes pour la sainteté.

Marie ou Marthe? Mais… Pourquoi confronter ceux qui s'aimaient tant, et qui aimaient tant Dieu? Jésus aimait Marthe et Marie, et son frère Lazare, et nous aime tous et chacun.

Sur le chemin de la sainteté, il n'y a pas deux âmes identiques. Tous et chacun tentons d'aimer Dieu, mais avec notre propre style et personnalité, sans imiter qui que ce soit. Notre modèle est le Christ et la Vierge. La façon d'aimer Dieu des autres te dérange? Essaie d'apprendre de leur piété personnelle.

«Seigneur, cela ne te fait rien? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m'aider» (Lc 10,40). Servir les autres, par amour pour Dieu, est un honneur, et non une charge. Nous servons, avec joie, comme la Vierge à sa cousine Sainte Elizabeth ou lors des noces de Cana, ou comme Jésus, au lavage de pieds de la Dernière Cène?

«Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire» (Lc 10,41-42). Ne perdons pas la paix, ni la bonne humeur. Et pour ce faire, tâchons de prendre soin de la présence de Dieu. «Sachez-le bien: il y a quelque chose de saint, de divin, caché dans les situations quotidiennes, que chacun de nous devons découvrir (…); ou nous savons trouver le Seigneur dans notre vie ordinaire, ou nous ne le trouverons jamais» (Saint Josemaría).

«Marie a choisi la meilleure part: elle ne lui sera pas enlevée» (Lc 10,42). Dieu veut notre bonheur. Que notre Mère du Ciel nous aide à trouver la joie du don de nous-mêmes.

Saint François d'Assise, priez pour nous!

Bonne journée!

Jean-Yves 

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « L’âme, réchauffée grâce à la contemplation, va vivre plus parfaitement la vie active » (Saint Grégoire le Grand)

  • « L’esprit de la prière restaure le temps à Dieu, il sort de l’obsession d’une vie qui a toujours un manque de temps, il retrouve la paix ce qui est nécessaire et il découvre la joie des dons inattendus. Pour cela les sœurs Marthe et Marie sont de bonnes guides, elles ont appris de Dieu l’harmonie des rythmes familiers » (François)

  • « Le foyer est ainsi la première école de vie chrétienne et "une école d’enrichissement humain" (GS 52, § 1). C’est ici que l’on apprend l’endurance et la joie du travail, l’amour fraternel, le pardon généreux, même réitéré, et surtout le culte divin par la prière et l’offrande de sa vie » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 1657)

dimanche 2 octobre 2022

« Qui est mon prochain ? » / (391,131)

Bonjour!

Lundi 3 octobre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Qui est mon prochain ? » (Lc 10, 25-37)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    voici qu’un docteur de la Loi se leva
et mit Jésus à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
    Jésus lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »
    L’autre répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même. »
    Jésus lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »
    Mais lui, voulant se justifier,
dit à Jésus :
« Et qui est mon prochain ? »
    Jésus reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
    Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    Mais un Samaritain, qui était en route,
arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
    Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
    Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
“Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.”
    Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
    Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
Jésus lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Le légiste s’adresse au Maître, à l’enseignant, qui est mis à l’épreuve sur son savoir ; interrogé par quelqu’un de compétent : un docteur de la Loi, un savant qui connaît les Écritures et leurs interprétations autorisées. Aussi Jésus le renvoie-t-il dans un premier temps à sa propre compétence : « Toi, l’homme du Livre, que lis-tu ? ». Dans la plus pure tradition rabbinique, le légiste rapproche deux passages clés – le Schéma tiré du Deutéronome (6, 5) auquel il ajoute un verset du Lévitique (19, 18) – faisant ainsi preuve d’une intuition très juste quant à l’essentiel de la Thora, qu’il ramène à l’amour de Dieu et du prochain.

Devant l’approbation de Jésus, il s’enhardit et « voulant montrer qu’il était un homme juste » – sans doute aussi pour justifier sa demande – il la précise : comment définir le prochain, afin qu’il n’y ait pas contradiction entre les deux préceptes énoncés ? Pour répondre à cette question, Jésus propose une parabole qui met en scène précisément la difficulté sous-entendue par le légiste. Reprenons les éléments principaux du récit.

Quatre hommes sont impliqués : la victime anonyme ; deux membres du peuple saint, officiants habituellement dans le Temple, c’est-à-dire dans la proximité immédiate de Dieu ; et un étranger, qui plus est : un hérétique.

Le prêtre et le lévite voient le malheureux, mais font un détour afin d’éviter tout contact avec du sang. Selon la Loi en effet, un tel contact les priverait pendant sept jours de la pureté rituelle requise pour leur service liturgique (Nb 19, 11ss). Mission oblige : le service de Dieu passe avant celui des hommes, tant pis pour la victime. Pour le prêtre et le lévite, il y a donc effectivement une difficulté objective à concilier les deux préceptes ; il faut choisir : l’amour et le service de Dieu, ou l’amour et le service du prochain, et ce choix semble exclusif…

Le troisième personnage, le Samaritain, n’a pas ce problème de conscience ; du coup, il se trouve beaucoup plus libre que les deux autres. Libre d’écouter ses sentiments profonds, libre de laisser s’exprimer sa compassion : il voit et est « saisi de pitié », littéralement : « ému jusqu’aux entrailles » devant le triste état de la victime. Il n’est pas sans intérêt de souligner que Luc utilise, pour traduire l’émotion du Samaritain, un terme grec qu’il réserve, dans tout son Évangile, à la description des sentiments de Jésus exclusivement. Ce qui confirme l’interprétation des Pères selon laquelle le Samaritain incarne Jésus lui-même dans ses rapports avec notre pauvre humanité meurtrie par le péché.

Ayant terminé l’exposé de la parabole, Notre-Seigneur interroge à nouveau le Docteur de la loi afin de lui faire tirer lui-même la leçon : « Lequel des trois a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Sa question fait écho à celle que le légiste avait posée au début de l’entretien : « Qui donc est mon prochain ? ». En substance Jésus répond : « Pour savoir qui est ton prochain : interroge la parabole et demande-toi qui est le prochain de ce malheureux ». Par un subtil retournement de la question, le Seigneur invite son interlocuteur à se reconnaître dans l’homme tombé aux mains des brigands. Il lui suggère ainsi que l’urgence, avant de s’approcher des autres, c’est de se laisser d’abord approcher lui-même.

Le légiste demandait à qui son amour effectif devait s’étendre ; Jésus l’invite à prendre d’abord conscience de son propre état, afin de se disposer à accueillir l’amour d’un Autre, qu’il ne connaît pas, un étranger qu’il juge hérétique, mais qui seul peut le sauver.

Le Docteur de la loi cherchait un prochain auprès duquel il pourrait se dévouer ; Jésus le renvoie à son indigence cachée, au triste état de son humanité blessée, à son besoin de guérison, bref à la nécessité première de se laisser rejoindre et soigner lui-même avant de vouloir en faire autant.

« Qui est mon prochain ? » – « Je le suis, moi qui te parle » répond implicitement Jésus ; « moi qui, ému de compassion, me suis fait proche de toi par pure miséricorde. Laisse-moi te guérir de tes faux dilemmes, de tous tes a priori, de tes enfermements dans une religiosité légaliste et formelle, de tes jugements exclusifs. Laisse-moi t’enseigner que “c’est la miséricorde que désire ton Dieu, et non les sacrifices” (Os 6, 6). Alors tu comprendras que le prochain ne renvoie pas à une catégorie prédéfinie de personnes, choisies selon la race, la culture, ou l’appartenance religieuse, auxquelles tu aurais à offrir tes bons services. Ton prochain, c’est moi, et c’est aussi tout homme par lequel je te viens en aide tout au long de ta vie pour te manifester ma tendresse et ma sollicitude. Ce n’est que lorsque tu m’auras laissé te guérir au sein de l’Église (l’auberge) par les sacrements de la réconciliation et de l’Eucharistie (l’huile et le vin), et que je t’aurai rétabli à mon image et à ma ressemblance (les deux pièces d’argent), que tu pourras découvrir en tout homme ton prochain, et que tu pourras l’aimer et le servir avec mon propre cœur uni au tien. »

Père, depuis que ton Fils s’est fait l’un d’entre nous, le chemin vers toi passe nécessairement par nos frères. C’est sur cette route, Jésus, que tu viens à notre rencontre pour nous arracher à notre narcissisme et nous ouvrir aux appels de ceux qui nous font signe dans leur détresse. Esprit Saint, renouvelle notre foi ; qu’elle s’incarne dans des œuvres de miséricorde, car seule une foi agissante par la charité conduit au salut.

(Diocèse de Strasbourg) 

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Bonne journée!

Jean-Yves 



samedi 1 octobre 2022

« Si vous aviez de la foi ! » / 11e Journée provinciale du diaconat permanent.. .. ( 391,094)

 Bonjour!

Dimanche 2 octobre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Si vous aviez de la foi ! » (Lc 17, 5-10)

Alléluia. Alléluia.
La parole du Seigneur demeure pour toujours ;
c’est la bonne nouvelle qui vous a été annoncée.
Alléluia. (cf. 1 P 1, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »
    Le Seigneur répondit :
« Si vous aviez de la foi,
gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici :
‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’,
et il vous aurait obéi.

    Lequel d’entre vous,
quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes,
lui dira à son retour des champs :
‘Viens vite prendre place à table’ ?
    Ne lui dira-t-il pas plutôt :
‘Prépare-moi à dîner,
mets-toi en tenue pour me servir,
le temps que je mange et boive.
Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ?
    Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ?
    De même vous aussi,
quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
dites :
‘Nous sommes de simples serviteurs :
nous n’avons fait que notre devoir’ »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La foi, Jésus va la donner à ses apôtres, mais pas comme on ajoute une récompense au travail bien fait, pas comme un simple prolongement de leur adhésion naturelle à l’homme Jésus. La foi, ce sera une grâce surnaturelle, un don divin que rien d’humain n’est capable de mériter, ce sera le don de Pâque. La foi sera une force surnaturelle absolument supérieure à nos actions simplement humaines.

Cette force, cette « vertu » théologale, ne déracine pas simplement les arbres, elle est capable de transplanter notre existence dans le cœur de Dieu. Notre vie bien enracinée dans la terre, la foi surnaturelle lui fait prendre racines dans l’océan de la vie divine. Les disciples envisageaient la foi comme un plus, comme un couronnement de leurs efforts, de leur attachement humain à Jésus. Jésus, lui, parle de la foi comme d’une graine, un don.

Pour la terre, la graine est toujours un don, la terre est incapable de produire la semence par elle-même. À travers cette graine déposée en elle, la terre va pouvoir produire un fruit qui dépasse complètement ses capacités initiales.

Nous sommes cette terre. Que pouvons-nous par nos forces naturelles ? Nous sommes capables naturellement de désirer Dieu, confusément, nous avons soif d’infini et de bonheur. Nous sommes capables naturellement de reconnaître l’existence d’un Créateur, sans quoi ce monde serait absurde, étant donné que rien, à l’évidence, ne saurait surgir d’un néant absolu, et qu’il faut au moins une volonté créatrice. Par nous-mêmes, nous sommes donc capables de pressentir Dieu, comme à tâtons. Mais l’atteindre ? Entrer avec lui dans une communion de vie ? Cela nous est naturellement hors de portée, nous sommes naturellement comme une terre avide mais stérile.

Il fallait que Dieu plante en nous une force surnaturelle. À notre baptême, il a mis dans la terre de notre cœur la graine de la foi. La foi est là pour nous permettre de nous attacher surnaturellement à Dieu, de ressembler à Jésus par l’amour, de communier à Jésus.

La foi, ce n’est donc plus un effort humain – ça n’a pas vraiment de sens de dire : « Je n’arrive pas à croire » – car la foi est déjà en nous, comme une graine.

On ne tire pas sur la graine pour la faire grandir. Elle pousse d’elle même si la terre est bonne, accueillante.

Notre foi est donc simplement à soigner, à nourrir, comme une vie qui attend de se développer. On la nourrit par les sacrements, par la Parole de Dieu, par l’intimité avec Jésus dans la prière. Voilà le rôle nourricier de la terre. À partir de là, la graine de la foi, en s’enracinant, produira normalement des fruits d’amour qui nous unissent réellement à Dieu.

La terre ne peut pas perdre la graine. Elle peut seulement la paralyser, l’étouffer, en négligeant de la nourrir. De même, nous ne pouvons pas vraiment perdre la foi – et c’est une vraie bonne nouvelle ! – mais il nous revient, comme le dit saint Paul, « de réveiller en nous le don de Dieu que nous avons reçu ».

Purifie, Seigneur, guéris, désencombre, assouplis cette terre de nos cœurs où tu as déposé un tel trésor de vie.


Abbé Philippe Link / Merci!

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11e Journée provinciale du diaconat permanent...

À la demande des diacres, les évêques du Québec ont décrété en 2011, que le premier mercredi d'octobre de chaque année serait désigné « Journée provinciale du diaconat permanent». Cette journée se veut l’occasion de faire ressortir et mettre en lumière le service et l'apport des diacres permanents dans notre Église et dans notre société.

Cette «Journée provinciale du diaconat permanent» permet de faire un appel et une promotion de ce Ministère du diaconat auprès d'éventuels candidats. Cette « Journée spéciale » est aussi une belle occasion d'être en communion avec le pape François qui nous invite à «prier pour que les diacres, fidèles à leurs charismes au service de la Parole et des pauvres, soient un signe stimulant pour toute l'Église».

On dit que le diaconat est un ministère « aux portes de l'Église »... En effet, ce ministère se situe souvent auprès des personnes qui se sont éloignées de l'Église et qui ont besoin d'entendre une parole d'espérance et d'Évangile. Aux péripéties, oui, ils se situent auprès des malades qui souffrent dans leur corps, dans leur cœur et qui ont besoin d'écoute et de compassion... Ils veulent être présents aussi auprès des familles et des jeunes couples qui portent le désir d'être accueillis comme ils sont... La Mission du Seigneur est grande : les diacres peuvent être là pour répondre aux appels entendus... Prions pour eux.

Jean Yves Fortin, diacre et responsable diocésain.

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Bon dimanche!

Jean-Yves