lundi 6 février 2023

« Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes » / (398,201)

Bonjour!

Mardi 7 février 2023

Voici la parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes » (Mc 7, 1-13)

Alléluia. Alléluia.
Incline mon cœur vers tes exigences ; fais-moi la grâce de ta loi, Seigneur.
Alléluia. (Ps 118, 36a.29b)



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem,
se réunissent auprès de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
– Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
par attachement à la tradition des anciens ;
et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d’autres pratiques :
lavage de coupes, de carafes et de plats.
Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
Jésus leur répondit :
« Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites,
ainsi qu’il est écrit :
Ce peuple m’honore des lèvres,
mais son cœur est loin de moi.
C’est en vain qu’ils me rendent un culte ;
les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore :
« Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu
pour établir votre tradition.
En effet, Moïse a dit :
Honore ton père et ta mère.
Et encore :
Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
Mais vous, vous dites :
Supposons qu’un homme déclare
à son père ou à sa mère :
“Les ressources qui m’auraient permis de t’aider
sont korbane, c’est-à-dire don réservé à Dieu”,
alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit
pour son père ou sa mère ;
vous annulez ainsi la parole de Dieu
par la tradition que vous transmettez.
Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le contraste avec le passage que nous avons contemplé hier est frappant. A la scène paisible et silencieuse de la piété populaire qui touche Notre-Seigneur par la foi et obtient le salut, s’oppose aujourd’hui l’attitude critique des pharisiens, qui argumentent de mille pseudo-raisons pour ne pas s’engager à la suite du Christ. Elles sont loin les foules accourant vers le Seigneur comme des brebis se rassemblant autour de leur berger ! Jésus consent néanmoins à descendre dans l’arène pour y subir l’interrogation des pharisiens, car eux aussi sont des enfants du Père, qu’il a mission de sauver. Notre péricope ne nous donne que quelques brefs échos des controverses que Notre-Seigneur a dû endurer, des flots de paroles bruyantes et agressives qu’il a dû supporter de la part de ces fils d’Israël, jaloux de son ascendant sur le peuple ; de la haine aussi à laquelle il a consenti à s’exposer.

Contrairement aux foules qui humblement « suppliaient Jésus de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau » (Mc 6, 56), les pharisiens et autres scribes « venus de Jérusalem, se réunissent autour de Jésus » ; ils l’encerclent comme des juges se tenant autour d’un accusé. L’interpellation est déjà une accusation implicite : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? » Nous imaginons spontanément que les disciples se sont rendus coupable d’un écart doctrinal ou moral significatif ; or il n’en est rien : l’objet de la controverse se résume à une règle d’hygiène élémentaire : se laver les mains avant de prendre son repas. En quoi cela concerne-t-il la « tradition des anciens », c’est-à-dire la religion des Pères ?

Posée ainsi, la question peut en effet sembler oiseuse, voire mesquine, pour nous qui avons à ce point séparé la foi de la vie que les signes d’appartenance à la Tradition chrétienne se limitent bien souvent à la participation à la liturgie dominicale. Pour Israël, toute activité possède une dimension religieuse essentielle ; aussi la tradition des anciens avait-elle établi un certain nombre de prescriptions – prières, bénédictions et autres rites – qui devaient aider le croyant à garder sans cesse en mémoire l’orientation surnaturelle de sa vie quotidienne.

Ce n’est certes pas cela que Jésus conteste ; loin de lui de se présenter comme un défenseur d’un laïcisme qui prétendrait renvoyer à la sphère privée l’expression de la foi et de l’appartenance à la communauté croyante. Mais Notre-Seigneur réagit contre une pratique religieuse vidée de son âme, de son intériorité, de son intentionnalité spirituelle. Un tel ritualisme n’accomplit plus ce à quoi il était destiné : « S’il me manque l’amour je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante » (1 Co 13, 1). Sans la charité, la « tradition des anciens » est stérile ; elle n’est plus l’expression d’une attitude intérieure de foi, c’est-à-dire de vie en communion avec le Père et le Fils dans l’Esprit. C’est ce clivage entre le paraître extérieur et l’être intérieur que Jésus dénonce comme hypocrisie : « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. Il est inutile le culte qu’ils me rendent ».

L’exemple que donne Notre-Seigneur pour illustrer son propos est particulièrement significatif de la perversité de cette dérive. Le commandement de Dieu explicitement mentionné dans les Écritures : « Honore ton père et ta mère », est annulé par un décret d’une tradition toute humaine, dont les motivations sont loin d’être spirituelles, puisqu’elles visent au profit du temple et surtout de ceux qui le desservent. Sous couvert de religiosité, la fameuse « tradition des anciens » fait passer l’intérêt de la caste sacerdotale avant la charité la plus élémentaire, et ceci malgré le précepte divin.

« Vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez » : tel est le douloureux constat auquel aboutit Notre-Seigneur en observant le comportement des pharisiens de son époque et de tous les temps, y compris le nôtre. D’où l’importance de consentir à un sincère examen de conscience, non pas pour supprimer les expressions de notre foi que nous avons vidées de leur contenu ou que nous avons détournées à notre profit, mais pour les réorienter vers leur finalité surnaturelle.

Que Marie et Joseph nous aident à vivre à chaque instant en présence du Verbe incarné, et que l’Esprit Saint repose sur nous, afin que « tout ce que nous dirons et tout ce que nous ferons, soit toujours accompli au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui notre action de grâce à Dieu le Père » (Col 3, 17).


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 5 février 2023

« Tous ceux qui touchèrent la frange de son manteau étaient sauvés » / (398,144)

 Bonjour!

Lundi 6 février 2023

Voici la parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Tous ceux qui touchèrent la frange de son manteau étaient sauvés » (Mc 6, 53-56)

Alléluia. Alléluia. Jésus proclamait l’Évangile du Royaume et guérissait toute infirmité dans le peuple. Alléluia. (cf. Mt 4, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
après la traversée,
abordant à Génésareth
Jésus et ses disciples accostèrent.
Ils sortirent de la barque,
et aussitôt les gens reconnurent Jésus :
ils parcoururent toute la région,
et se mirent à apporter les malades sur des brancards
là où l’on apprenait que Jésus se trouvait.
Et dans tous les endroits où il se rendait,
dans les villages, les villes ou les campagnes,
on déposait les infirmes sur les places.
Ils le suppliaient de leur laisser toucher
ne serait-ce que la frange de son manteau.
Et tous ceux qui la touchèrent
étaient sauvés.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Toute la péricope est visuelle : aucune mention d’une parole prononcée, ni par le Seigneur, ni par la foule. L’attention se porte exclusivement sur le regard, comme dans une méditation ignacienne où le retraitant se concentre successivement sur les différentes perceptions – vue, ouïe, goût, odorat, toucher – pour ne rien perdre de l’apport de chacune d’elles.

Cette présentation, propre à saint Marc, nous permet de suivre l’activité de Jésus avec un certain recul, d’y assister comme on contemple une scène sur un écran. Or les quelques situations rapidement esquissées, mettent admirablement en lumière l’impact de la personne de Jésus sur « les gens », c’est-à-dire ces hommes et ces femmes peu instruits dans les choses religieuses, mais qui ont perçu avec l’intuition sûre du cœur, la bonté surnaturelle de ce Rabbi pas comme les autres. Loin de se cantonner dans les milieux des scribes et autres docteurs de Jérusalem, Jésus s’expose en effet au peuple des petits, des malades, des pécheurs ; il sort à leur rencontre « dans les villages, les villes et les champs », au grand scandale des bien-pensants, mais pour la plus grande joie des pauvres.

Notre-Seigneur est bouleversé devant tant de misère, physique, psychique et spirituelle ; mais il est bien plus ému encore par la solidarité qui unit ces hommes et ces femmes : « ils se mirent à transporter les malades là où on apprenait sa présence ; on déposait les infirmes sur les places ». Cette communion dans le malheur n’est-elle pas déjà une manifestation de l’Esprit de charité que Jésus est venu répandre en plénitude dans les cœurs de bonne volonté ? 

Le geste qu’ils supplient Jésus de leur laisser faire – toucher la frange de son vêtement – peut paraître superstitieux aux esprits critiques ; mais nous avons appris dans l’épisode de la femme hémorroïsse qu’il est bien plus fondamentalement l’expression de la foi des cœurs simples. Croire c’est se laisser toucher par la présence de Dieu en Jésus Christ, et le toucher en signe d’accueil de la grâce qu’il nous offre. Toucher c’est se compromettre dans une relation interpersonnelle dont le premier mot est ce geste de confiance, d’espérance et de tendresse respectueuse.

Dieu ne veut pas la souffrance de ses enfants ; mais maintenant qu’elle est devenue leur lot suite au péché, il va s’en servir pour en tirer un plus grand bien. La maladie, la souffrance et la mort nous obligent à reconnaître notre non-suffisance ; elles dénoncent de façon criante le mensonge du Démon, qui avait séduit nos premiers parents par la promesse d’une humanité divine : « Vous serez comme des dieux » ; elles sont le signe dans notre corps d’un besoin de guérison à tous les niveaux de notre être.

 La revanche de la miséricorde divine consiste précisément à se déverser en abondance dans ces plaies qui nous humilient, mais qui nous obligent à faire la vérité : « Tous ceux qui touchaient la frange de son manteau étaient sauvés ». Le Seigneur ne fait pas les choses à moitié : la guérison des corps est le signe d’une intervention victorieuse qui atteint toutes les dimensions de la personne, dans la mesure où elle ouvre son cœur au Fils de Dieu dans la foi, et se livre à l’Esprit qui agit à travers lui.

Cette péricope n’est pas un fait divers extrait de la gazette locale de Génésareth, daté de l’an 32 de notre ère. A travers ces quelques lignes, nous sommes nous aussi bien réellement mis en présence de Jésus ressuscité, qui continue à s’offrir au monde dont il est le salut. Chacun d’entre nous décide de sa participation à ce mystère dans la mesure même de sa foi. Que le respect humain et les sophismes du Prince de ce monde ne nous tiennent pas éloignés de celui qui a voulu se faire proche de nous pour nous donner part à sa propre vie. Supplions Jésus de nous « laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau », et ne doutons pas du salut qu’il nous offre.


Abbé Philippe Link /MERCI!

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Bonne journée!

Jean-Yves 


samedi 4 février 2023

« Vous êtes la lumière du monde » / (398,095)

Juste 100 visites hier!!! Continuons de partager la Parole de Dieu.

   Bonjour!   

Dimanche 5 février 2023

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...


ÉVANGILE

« Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-16)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia. (cf. Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
comment lui rendre de la saveur ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

    Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.
    Et l’on n’allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
    De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus nous donne deux images : vous qui tenez bon dans la fidélité à l’Évangile, dans la fidélité à Jésus, à sa croix et à sa résurrection, vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde. (Mt 5, 13-14)

Le sel de la terre. Ne pensez pas ici à du sel fin dans une jolie salière Ikea ! Dans le contexte du temps de Jésus, il s’agit de gros sel brut dont le premier usage était de conserver les aliments. Le sel c’est d’abord ce qui évite que les aliments se corrompent, se gâtent ; c’est aussi ce qui donne de la saveur, du goût. C’est discret, cela n’a rien de séduisant, mais c’est tellement précieux. Le sel est ainsi devenu le symbole de la vraie sagesse, celle qui évite la corruption du péché et donne saveur à la vie.

« Vous êtes le sel de la terre… » Si vous vivez de Jésus, si votre cœur, votre vie, sont imprégnés du mystère de la Croix, de la joie sans fin de la Résurrection, alors vous préservez la société de la corruption et vous apportez ce qui donne à la vie sa vraie saveur !

La vraie saveur de la vie, ce n’est pas la jouissance parce que la jouissance échoue dans la mort. La vraie saveur de la vie, c’est de faire de notre vie un don en embarquant dans le don de soi de Jésus. Et cela mène à la vie éternelle, à la joie éternelle déjà goûtée ici-bas.

Si nous, chrétiens, nous laissons de côté l’Évangile, si nous délaissons la Croix et la résurrection, qui donnera au monde sa saveur ? Qui d’autre que nous donnera au monde la sagesse de la Croix ? Qui d’autre donnera au monde l’espérance de la résurrection comme don gratuit qui nous vient de la tendresse du Père, de l’offrande de Jésus et du travail caché de l’Esprit Saint ? Qui donnera à notre « nature humaine affadie » cette sagesse, ce sel qui ouvre jusque dans la souffrance et la mort le chemin des Béatitudes et de la joie ? Qui ?

Les « valeurs » les plus nobles ne suffisent pas pour donner sens à cette vie ! Le Seigneur nous dit aujourd’hui : ne perdez pas votre saveur ! À quoi sert la foi si nous n’offrons pas au monde la saveur de la vie qui est le mystère de Jésus ?

Notre monde manque de sel ! Et si la peur de témoigner nous saisit, écoutez saint Jean Chrysostome : « Vous n’avez pas à craindre la malédiction ; c’est l’apparence de l’hypocrisie que vous avez à craindre ; car la dissimulation nous affadit et nous jette sous les pieds des hommes ».

Jésus ne s’en tient pas à l’image du sel : il ajoute la lumière. Regardons tout de suite le jeu de ces deux images : le sel ne se voit guère. Quand il sert à donner de la saveur, il ne se voit même pas du tout. La lumière, elle, se voit ; elle brille, elle éclaire.

Être le sel de la terre, c’est un service très humble où l’on s’oublie, où l’on se perd. Être lumière du monde, c’est être vu, comme une ville sur une montagne se voit bien le soir.

Mais comment deviendrons-nous visibles dans la société ? Jésus nous répond : par des « œuvres belles », des comportements, des choix de vie qui seront tellement beaux que les gens glorifieront Dieu.

Cela veut dire que notre comportement obéira et même dépassera les « valeurs » les plus nobles de notre société. Si notre vie obéit aux valeurs de notre société, les gens nous glorifieront. Si elle va au-delà des valeurs dans un plus grand amour, alors les gens glorifieront Dieu et nous serons lumière du monde !

Alors, faut-il être sel de la terre en confessant humblement le mystère de la croix et de la Résurrection, ou faut-il être lumière du monde par le témoignage d’un amour qui se donne, qui se livre. Il faut être sel et lumière bien sûr ! Si tu es sel, si tu es imprégné de la sagesse de la Croix de Jésus et de l’espérance de Sa résurrection, alors, nécessairement, ta manière d’aimer en sera transformée et tu seras lumière.

Voilà ce que le Seigneur attend de nous, au milieu d’une société qui est pleine de richesses d’humanité, mais s’enfarge dans des choix de ténèbres. Notre mission première n’est pas de dire non à ceci et à cela, mais de témoigner d’un autre rapport à la vie, d’une véritable écologie humaine. Notre mission, c’est un émerveillement face à toute vie ; c’est le service de la vie de l’enfant à peine conçu, au mourant appelé à naître à la vie éternelle…

Il y a dans toute vie un mystère de Dieu. Il y a dans ta vie un mystère de Dieu. Ta vie, ma vie, est un mystère de Dieu. Nous sommes chacun un reflet unique du visage de Dieu. Voilà ce que nous venons retrouver en chaque Eucharistie !


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « De nouveau il fait allusion au monde, à l’univers tout entier ; lumière qu’il faut comprendre au sens spirituel. Par ces mots, le Seigneur insiste sur la perfection de vie que doivent mener ses disciples » (Saint Jean Chrysostome)

  • « Vous, qui avez accueilli dans votre cœur le message de salut du Christ, et bien vous êtes le sel de la terre parce que vous devez contribuer à éviter que la vie de l’homme ne se détériore, ou qu’elle ne se corrompe en poursuivant de fausses valeurs » (Saint Jean-Paul II)

  • « La fidélité des baptisés est une condition primordiale pour l’annonce de l’Evangile et pour la mission de l’Église dans le monde. Pour manifester devant les hommes sa force de vérité et de rayonnement, le message du salut doit être authentifié par le témoignage de vie des chrétiens (…) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 2.044)



Bon dimanche!

Jean-Yves 

vendredi 3 février 2023

« Ils étaient comme des brebis sans berger » / Développement et Paix: Prière "Nourrir l'espoir" 2e partie. / (397,995)

 Bonjour!

Samedi 4 février 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Ils étaient comme des brebis sans berger » (Mc 6, 30-34)

Alléluia. Alléluia. Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ; moi, je les connais, et elles me suivent. Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps- là,
les Apôtres se réunirent auprès de Jésus,
et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit :
« Venez à l’écart dans un endroit désert,
et reposez-vous un peu. »
De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux,
et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner,
et beaucoup comprirent leur intention.
Alors, à pied, de toutes les villes,
ils coururent là-bas
et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule.
Il fut saisi de compassion envers eux,
parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.
Alors, il se mit à les enseigner longuement.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Les Apôtres se réunissent auprès de Jésus ». Il n’est pas difficile d’imaginer leur enthousiasme : ils reviennent de leur première mission, ils ont tant de choses à partager, tant de questions à poser. Jésus les accueille et les invite à se mettre à l’écart, pour prendre un peu de repos : « venez à l’écart, reposez-vous un peu », leur dit-il.

Mais Jésus est vraiment incorrigible, voici le Seigneur se laissant attendrir par la détresse de tous ceux qui se précipitent au-devant lui. Alors, nous dit saint Marc, « il se mit à les instruire longuement ».

Qui Jésus se mit-il à enseigner ? La foule seulement ? Ou bien tous ceux qui étaient là, les disciples y compris ? En effet, pouvons-nous soupçonner Jésus de ne pas tenir ses promesses ? S’il dit à ses apôtres qu’il va leur donner du repos, oublie-t-il sa parole quelques instants après ?

Il nous faut alors sans doute considérer que l’enseignement de Jésus à la foule, s’il n’était pas directement destiné aux apôtres, avait également vertu pour ses disciples. Une façon de leur enseigner que le repos que nous devons chercher, le seul dont nous avons vraiment besoin, est celui qu’on éprouve au terme du chemin de guérison, celui qui gratifie l’aboutissement du long chemin de retour vers le Père. Notre repos est de faire la volonté de Dieu. Or pour éprouver le bouleversement intérieur de sa miséricorde émue par la foule, il faut être suffisamment débarrassé de sa volonté propre.

Ainsi Jésus n’a-t-il pas pu tenir sa promesse de partager un moment d’intimité avec les siens à l’écart des foules, mais il a donné aux apôtres de pouvoir être non seulement être près de leur Dieu mais en lui, en leur donnant d’abandonner leur volonté propre et d’épouser la sienne, qui est de ramener les brebis perdues.

 Donne-nous Seigneur de savoir entendre tes enseignements, de quitter nos logiques tout humaines et d’accueillir la réconciliation et la mission que tu nous offres ; donne-nous de savoir rester ouverts à ta présence pour entendre chaque matin l’invitation que tu nous fais d’entrer dans ton repos.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Si ce n’est que en Dieu ou à cause de Dieu, il n’y a pas de repos qui ne fatigue pas » (Sainte Thérèse d’Avila)

  • « Le repos divin du septième jour ne fait pas référence à un Dieu inactif, mais souligne la plénitude de la réalisation portée à terme, tout en dirigeant un regard contemplatif vers elle, un regard qui ne convoite pas des œuvres nouvelles, mais plus tôt veut jouir de la beauté de l’œuvre achevée. » (Saint Jean Paul II)

  • « L'agir de Dieu est le modèle de l'agir humain. Si Dieu a «repris haleine» le septième jour, l'homme doit aussi «chômer» et laisser les autres, surtout les pauvres, «reprendre souffle». Le Sabbat fait cesser les travaux quotidiens et accorde un répit. C'est un jour de protestation contre les servitudes du travail et le culte de l'argent. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2.172)

Développement et Paix


Prière

NOURRIR L'ESPOIR

(2e partie)


Seigneur Jésus!

Apprends-nous à être solidaires 

des joies, des espoirs, des tristesses 

et des angoisses de toutes les personnes,

en particulier celles qui sont appauvries 

par des systèmes socio-économiques 

et politiques injustes.


Aide-nous à marcher dans tes pas 

et à répandre le message de ton Évangile.


Esprit Saint!

Inspire-nous des façons nouvelles et créatives 

de répondre à tes appels.


Renforce notre engagement 

à Nourrir l'Espoir dans le monde.

Amen.

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Bonne journée!

Jean-Yves 


jeudi 2 février 2023

« Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » / (397,935)

 Bonjour!

Vendredi 3 février 2023 

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » (Mc 6, 14-29)

Alléluia. Alléluia. Heureux ceux qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. Alléluia. (cf. Lc 8, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
comme le nom de Jésus devenait célèbre,
le roi Hérode en entendit parler.
On disait :
« C’est Jean, celui qui baptisait :
il est ressuscité d’entre les morts,
et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
Certains disaient :
« C’est le prophète Élie. »
D’autres disaient encore :
« C’est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait :
« Celui que j’ai fait décapiter, Jean,
le voilà ressuscité ! »
Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean
et de l’enchaîner dans la prison,
à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe,
que lui-même avait prise pour épouse.
En effet, Jean lui disait :
« Tu n’as pas le droit
de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean,
et elle cherchait à le faire mourir.
Mais elle n’y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean :
il savait que c’était un homme juste et saint,
et il le protégeait ;
quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ;
cependant il l’écoutait avec plaisir.
Or, une occasion favorable se présenta
quand, le jour de son anniversaire,
Hérode fit un dîner pour ses dignitaires,
pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée.
La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa.
Elle plut à Hérode et à ses convives.
Le roi dit à la jeune fille :
« Demande-moi ce que tu veux,
et je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment :
« Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai,
même si c’est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère :
« Qu’est-ce que je vais demander ? »
Hérodiade répondit :
« La tête de Jean, celui qui baptise. »
Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi,
et lui fit cette demande :
« Je veux que, tout de suite,
tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ;
mais à cause du serment et des convives,
il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde
avec l’ordre d’apporter la tête de Jean.
Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat,
la donna à la jeune fille,
et la jeune fille la donna à sa mère.

Ayant appris cela,
les disciples de Jean vinrent prendre son corps
et le déposèrent dans un tombeau.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le second Évangile est le plus court des quatre ; il est aussi le plus sobre. Or voilà que Saint Marc consacre pas moins de 16 versets à un récit où n’interviennent ni Jésus, ni ses disciples ! Ces derniers viennent d’être envoyés en mission ; quant à Jésus, il n’en est question qu’au début de la péricope, pour introduire le flash-back sur l’exécution du Baptiste. A moins qu’il ne soit question indirectement aussi bien de Notre-Seigneur que des disciples à travers le sort qui est réservé au Précurseur ?

Le comportement d’Hérode annonce en fait l’attitude d’un autre représentant du pouvoir, Pilate, engagé malgré lui dans un procès qui s’ouvrira bientôt. De part et d’autre, l’inculpé est traîné devant le tribunal en raison de jalousies. Pilate en est conscient et tente de défendre Jésus ; mais devant la pression du Grand Prêtre et de son entourage, il ne veut pas prendre parti en faveur de l’Innocent. Il tente alors de sauver l’inculpé en se référant à la tradition qui voulait que l’on relâche un prisonnier pour la Pâque, mais la faveur accordée à l’occasion d’une fête se retourne contre lui : la foule préfère Barabbas à Jésus. Pour ne pas perdre la face et ne pas être discrédité auprès de l’Empereur, il préfère livrer le Prisonnier entre les mains de ses accusateurs, et laver les siennes en signe de désapprobation.

Poursuivant le parallélisme, comment ne pas remarquer que dans les deux cas, la trahison a lieu au cours d’un repas : celle de Judas au cours de la dernière Cène, celle de Jean Baptiste au cours d’un banquet royal ? Dans le premier, Notre-Seigneur se donne lui-même en nourriture ; dans le second, la tête du Précurseur est apportée sur un plat…

L’évangéliste voudrait-il donc nous dire que le pouvoir de ce monde est corrompu parce qu’il est dominé par les passions ? Que les Rois, alors même qu’ils croient disposer du droit de vie et de mort sur leurs sujets, sont en fait livrés au pouvoir du Prince de ce monde qui les dirige invisiblement, les conduisant à leur perte ?

Il est significatif que l’Évangile se poursuive par le récit d’un autre repas, au cours duquel Notre-Seigneur va préfigurer l’Eucharistie en multipliant les pains. Ce repas sera suivi de l’épisode de la marche de Jésus sur la mer, symbolisant sa victoire sur la mort. Le rapprochement des deux péricopes nous permet d’étendre aux disciples venus enterrer le corps du Baptiste, l’exhortation adressée par Jésus aux apôtres : « “Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur !” “J’ai vaincu le monde” (Jn 16, 33) ; je suis le seul véritable Roi : le “Roi des rois et le Seigneur des Seigneurs” (Ap 19, 16).

Seigneur donne-nous de lire les événements de notre vie à la lumière de ta présence à nos côtés, afin que nous ne cédions ni à la tentation du découragement, ni à celle de devenir complice des forces du mal ; mais que nous puissions poursuivre paisiblement notre route sur le chemin de l’Évangile, sûrs que tu es « avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Saint Jean est mort pour le Christ, celui qui est la Vérité. Justement, par l’amour à la vérité, il ne réduit pas son engagement et il n’a pas peur de diriger de fortes paroles à ceux qui avaient perdu le chemin de Dieu » (Saint Bède le Vénérable)

  • «Jean n’a pas peur des jugements humains, des poursuites, des calomnies ni de la mort, car il a une bonne conscience de sa mission. La vie du Baptiste est résumée dans le besoin d’obéir à Dieu avant qu’aux hommes » (Benoît XVI)

  • «A la suite des prophètes et de Jean-Baptiste, Jésus a annoncé dans sa prédication le Jugement du dernier Jour. Alors seront mis en lumière la conduite de chacun et le secret des coeurs. Alors sera condamnée l’incrédulité coupable qui a tenu pour rien la grâce offerte par Dieu » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 678)

Le monde actuel est encore et toujours

 le lieu de la présence de Dieu. 


Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 1 février 2023

La fête que nous célébrons aujourd’hui, dans laquelle s’inscrit celle de la Vie consacrée, porte le beau nom de Présentation / .
(397,869)

 Bonjour!

Jeudi 2 février 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

(Lc 2, 22-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.
Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La fête que nous célébrons aujourd’hui, dans laquelle s’inscrit celle de la Vie consacrée, porte le beau nom de Présentation. 
Ce terme, à lui seul, est si riche de sens 
qu’il peut nous aider à guider notre prière.

La première notation qui ressort de ce terme 
est celle d’actualité. 
Une présentation évoque par définition ce qui est actuel, 
littéralement : le moment présent.
 Ce qui est vécu, dit, engagé, accompli maintenant.

Or, c’est bien d’aujourd’hui qu’il s’agit tout d’abord ici. 
En ce jour, la plénitude des temps est arrivée.
 Le jour de Dieu est annoncé.
 Celui, non pas qui a été, dans le passé, ou qui sera, dans l’avenir,
 mais qui est, dans son éternel présent, est parmi nous.
 Le Christ Jésus : Il est là. Il demeure avec nous. Il est présent!
 Il est pour toujours parmi nous : l’Éternel, le Vivant.

Nous nous souvenons 
que nous avons la grâce insigne de pouvoir vivre
 chaque jour de notre vie, comme un aujourd’hui de Dieu.
 Cet aujourd’hui où la vie éternelle nous est déjà donnée. 
La vie éternelle, dit admirablement Jésus dans sa prière au Père,
c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu,
 et ton envoyé, Jésus-Christ (Jn 17,3).

Vivons donc déjà la joie de cet éternel présent du Seigneur 
qui nous est donné par l’éternelle présence du Christ à nos côtés.

La deuxième notation contenue dans le terme de présentation 
est celle d’offrande. L’offrande apportée dans la gratuité. 
C’est ainsi que nous faisons, comme nous disons, des « présents ».
 C’est-à-dire des dons apportés sans recherche de contrepartie,
 comme autant de cadeaux gracieux. 
Dans une sorte de générosité, sans calcul, par amour,
 bénévolement, avec le sourire, en libre abandon.
 Allez apprendre ce que veut dire cette parole, nous dit Jésus :
 C’est l’amour que je veux et non les sacrifices !

Nous voici tous invités à retrouver ce sens de l’offrande spontanée, 
de la gratuité sans arrière-pensée.
 Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu grâce pour grâce (Jn 1,16).
Comment ne pas en faire en retour le « présent »
au Dieu de toute grâce ?

La troisième notation contenue dans le terme de présentation 
est celle de manifestation, de révélation. 
On était jusque-là inconnu ou absent.
 Et voilà qu’on est présenté ou que l’on se présente.
 Quelque chose d’encore caché ou ignoré
 est ainsi révélé, mis en lumière, manifesté.
 Il est sûr que lorsque Jésus est présenté dans le Temple,
 c’est bien de révélation et de manifestation qu’il s’agit. Sous la poussée de l’Esprit, Syméon peut alors proclamer :
 Mes yeux ont vu ton salut
 que tu as préparé à la face de tous les peuples,
 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël (Lc 2,30-32).

Pour nous aussi, fête de la Présentation 
est la célébration de cette lumière venue dans le monde (Jn 1,5-7). 
Nous manifestons, en silence mais clairement, 
que nous voulons suivre Jésus-Christ. 
Et qu’au milieu de ce monde nous voulons briller,
 selon la parole de Paul, comme des foyers de lumière 
en lui présentant la parole de vie (Ph 2,15).

La dernière réalité sous-tendue dans ce terme de présentation est celle de Rédemption. Ce n’est peut-être pas la plus évidente, mais c’est la plus éclairante
 et la plus importante pour mettre en lumière le sens de cette fête.

Nous savons en effet que nous ne pouvons
 assurer par nous-mêmes notre salut. L’homme ne peut acheter son rachat, note le psaume, 
ni payer à Dieu sa rançon.
 Il est si coûteux le rachat de son âme (Ps 49,8).
 Et c’est bien pour cela que le Christ notre Rédempteur 
est venu en ce monde.
 Sa présentation aujourd’hui, dans le Temple, 
à laquelle il se soumet volontairement, par obéissance à la Loi 
(voulant que tout garçon premier-né soit racheté
 par l’offrande d’au moins deux petites colombes), 
sa présentation donc annonce la grande Rédemption, le rachat du péché
et de son salaire qui est la mort (Rm 6,23)
par son sacrifice sur la croix.

Nous voici tous invités à offrir nous aussi nos personnes
 en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu. 
Et Paul nous précise : 
C’est là le culte spirituel que vous avez à rendre au Seigneur (Rm 12,1).

Il nous est si bon de savoir que le Seigneur lui-même 
nous invitant à porter notre croix de chaque jour à sa suite (Lc 9,23),
 nous propose à tous, chrétiens, de participer en quelque sorte,
 malgré notre faiblesse et notre indignité
à, sa grande œuvre de Rédemption !

Tu ne voulais ni sacrifice ni offrande, 
mais tu m’as façonné un corps… Alors j’ai dit : Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté ! (Ps 40,7-9 ; He 10,5-7).
 Puisque le Père nous accueille, comme Jésus, en cet aujourd’hui,
 dans sa joie, sa lumière et sa paix,
puisse-t-il en retour, nous combler
de cette même paix, de cette même lumière et de cette même joie.


Abbé Philippe Link / Merci1

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Bonne journée!

Jean-Yves 

« Un prophète n’est méprisé que dans son pays » / (397,8280

Bonjour!
Mardi 1er février 2023
Voici la parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Un prophète n’est méprisé que dans son pays » (Mc 6, 1-6)

Alléluia. Alléluia. Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ; moi, je les connais, et elles me suivent. Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,

Jésus se rendit dans son lieu d’origine,
et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat,
il se mit à enseigner dans la synagogue.
De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :
« D’où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait :
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays,
sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades
en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi.
Alors Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus rentre chez lui à Nazareth, sans doute pour y retrouver les siens et prendre un peu de repos en famille. Mais une cruelle déception l’attend dans son village. Quel contraste avec les foules qui le suivaient, le pressant de toute part, sur le chemin conduisant à la maison de Jaïre ! Les nazaréens sont certes nombreux à venir écouter son enseignement dans la synagogue, mais leur cœur est fermé ; ils ne dépassent pas le stade d’un étonnement sceptique et critique, qui se transforme bientôt en hostilité et rejet. L’obstacle qui empêche les habitants de Nazareth de s’ouvrir au mystère du Royaume que Jésus rend présent au milieu d’eux, consiste paradoxalement dans le fait qu’ils le connaissent – ou du moins croient le connaître.

A la foi de la femme hémorroïsse, qui « touche » Jésus et obtient la guérison, s’oppose une connaissance selon la chair, qui empêche d’accéder au mystère du Christ. En raison de leur attitude, les nazaréens deviendront paradoxalement dans l’évangile de Marc, le modèle des incroyants, de ceux qui « regardent et ne voient pas, entendent et ne comprennent pas » (Mc 4,12), et du fond de leur aveuglement, manifestent leur hostilité : « ils étaient profondément choqués à cause de lui ». Après avoir évoqué les païens qui reconnaissent la puissance de Dieu à l’œuvre en Jésus ; les chefs religieux, jaloux de son prestige, et cherchant à le faire mourir ; l’évangéliste introduit ici un troisième groupe de personnages : ceux qui se scandalisent et se détournent du Seigneur malgré sa « sagesse » et les « grands miracles s’accomplissant par ses mains ».

Scandale de hier, d’aujourd’hui et de toujours : comment la puissance de Dieu se manifesterait-elle dans le fils d’un humble charpentier ? Penser cela n’est-il pas déjà un blasphème, un outrage à la grandeur et la majesté divines ? Le scandale sera à son comble lorsque nous prétendrons que ce Dieu-fait-homme sauve le monde en mourant sur une croix.

On est en droit de se demander si une des raisons majeures de la défection de tant de nos contemporains, abandonnant la foi de leur enfance, n’est pas à chercher précisément dans ce scandale : qui peut croire à l’aube du troisième millénaire que Dieu puisse s’abaisser jusqu’à partager notre condition humaine, et pour une destinée aussi misérable ? Comment, à l’heure de la Raison triomphante, peut-on encore soutenir une telle représentation de Dieu, qui n’a traversé les siècles que grâce à l’emprise des clercs sur les foules ignorantes ? Pauvres chrétiens qui s’attachent à une telle chimère ! L’homme « émancipé » a délimité l’espace de liberté de Dieu, excluant a priori ce qui est incompatible avec sa dignité ; et peut-être aussi ce qui serait trop compromettant pour nous. Car si Dieu s’immisce dans notre histoire, comment échapper à la confrontation ?

La Révélation nous enseigne précisément que le vrai Dieu n’est pas un divin cosmique manipulable, ni l’esprit absolu qui prend conscience de lui-même dans la rationalité humaine (Hegel) ; mais un Dieu libre, qui a pris l’initiative déconcertante de venir jusqu’à nous pour nous offrir son amour. C’est ce « scandale » qui différencie le christianisme d’une idéologie.

Inutile de nous mentir : nous pressentons bien que nous avons à nous situer face à ce Jésus de Nazareth, et que ce choix décide du sens de notre vie. « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël » (Lc 2, 34). Seul le « oui » de la foi libère l’action de l’Esprit Saint et permet à Dieu de réaliser le miracle de notre salut. Que le Seigneur ne soit pas pour nous cause de scandale, mais accueillons avec joie, émerveillement et reconnaissance celui qui vient de la part du Père pour nous donner part à sa vie divine.


Abbé Philippe Link   Merci!

Bonne journée!

Jean-Jves