dimanche 5 mars 2023

« Pardonnez, et vous serez pardonnés » / Le pardon... / (400,238)

 Bonjour!

Lundi 6 mars 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Pardonnez, et vous serez pardonnés » (Lc 6, 36-38)

Gloire à toi, Seigneur,
Fils du Dieu vivant !
Tes paroles, Seigneur,  
sont esprit et elles sont vie.
Tu as les paroles de la vie éternelle.
Gloire à toi, Seigneur,
Fils du Dieu vivant ! (cf. Jn 6, 63c.68c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;
ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.
Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et l’on vous donnera :
c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,
qui sera versée dans le pan de votre vêtement ;
car la mesure dont vous vous servez pour les autres
servira de mesure aussi pour vous. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus ne demande pas à tout le monde de vendre tous ses biens et de les donner aux pauvres. Mais il nous demande néanmoins à tous d’« avoir du cœur » au quotidien.

Pour bien se faire comprendre, il précise son propos par quelques préceptes qui sont à la portée de tout homme de bonne volonté, ne refusant pas l’assistance de l’Esprit : « ne jugez pas, ne condamnez pas, pardonnez, partagez ». S’il s’agit d’avoir du cœur « comme notre Père », c’est donc que lui non plus ne juge pas, ne condamne pas, mais pardonne, et donne, « une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans notre tablier ».

Il pourrait sembler que la motivation suggérée par Notre-Seigneur ne soit pas pure, puisqu’il nous invite à un subtil calcul : ne jugez pas afin de ne pas être jugés vous-mêmes. Il s’agirait davantage d’une stratégie intéressée que d’un appel à l’amour, qui est nécessairement gratuit. En fait Jésus ne fait qu’opposer deux logiques entre lesquelles il nous invite à choisir : soit nous appartenons à ce monde, et nous n’échapperons pas à sa spirale de violence, que l’engrenage de jugements et de condamnations tente en vain de juguler ; soit nous entrons dans la famille de Dieu notre Père dont nous adoptons le comportement, qui consiste à laisser parler en toutes circonstances son cœur compatissant et miséricordieux.

 De même que le mal se nourrit du mal, le bien aussi provoque un effet « boule de neige » : celui qui donne et persévère dans cette attitude, en ne jugeant pas ceux qui « en profitent », en ne condamnant pas ceux qui refusent la réciprocité, celui-là verra la fécondité de son attitude, car « la mesure dont nous nous servons pour les autres, servira aussi pour nous ». Peut-être ne serons-nous témoins de ce triomphe de l’amour que dans le Royaume des cieux, mais nous sommes sûrs que le Seigneur accomplit sa Parole et comble ceux qui donnent sans compter.

« Ayez du cœur » : devant cette parole si simple et si vraie, comment ne sentirions-nous pas « la honte nous monter au visage » (1ère lect.). La « sclerocardia », la dureté de cœur, voilà « l’iniquité », c’est-à-dire l’injustice fondamentale, la rupture d’Alliance qui vient briser l’harmonie au sein de la famille de Dieu, et plus largement au sein de tout l’ordre créé.

 Oui « nous avons fait le mal » : non seulement nous avons laissé le mal s’installer en nous et au milieu de nous, mais nous l’avons fait proliférer, en refusant la logique de l’amour, en nous fermant à la joyeuse dépendance de la charité, en revendiquant une autonomie mensongère, stérile, mortifère. C’est pourquoi, unissant notre supplication à celle du prophète Daniel et du psalmiste nous prions :

« Ah Seigneur, Dieu grand et redoutable, qui gardes ton Alliance et ton amour à ceux qui t’aiment, nous avons commis l’iniquité, nous avons été rebelles » (1ère lect.). Mais « ne retiens pas contre nous nos péchés ; délivre-nous, efface nos fautes pour la cause de ton nom ! » (Ps 78). « A toi Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon : que nous vienne bientôt ta tendresse ! Aide-nous Dieu notre Sauveur pour la gloire de ton nom ! » Donne-nous un cœur nouveau, mets en nous un esprit nouveau : que nous puissions aimer dans la simplicité d’une foi vivante par la charité.

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Du Carnet du Carême de Vie liturgique, je note ceci:

«Je me tourne sans crainte vers le Seigneur, car il m'aime au-delà de mes erreurs. J'accueille son pardon et je reprends mon chemin vers la sainteté. Bref, je me fais plus accueillant, plus chrétien.»

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«Le pardon est l'excellence du don.»

«Dieu ne sait que donner.»

(Martin Steffens)

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Nous sommes aimés par Dieu... avant de l'aimer... 
C'est Lui, l'Amour, Celui qui aime en premier 
et de toute éternité...
Aussi, n'ayons pas peur de Lui demander pardon.
Dieu a envoyé son Fils pour toi, pour moi, 
pour sauver tout le monde.

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(À l'abbaye Val-Notre-Dame)
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Bonne journée!

Jean-Yves 

samedi 4 mars 2023

« Son visage devint brillant comme le soleil » / Merci d'être là! / (400,172)

 Bonjour!

Dimanche 5 mars 2023

Voici la Parole de Dieu de ce 2e dimanche du Carême...


ÉVANGILE

« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)

Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
De la nuée lumineuse,
la voix du Père a retenti :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! »
Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. (cf. Mt 17, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
    Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
    Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
    Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
    Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
    Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
    Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
    Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, Jésus, seul.

    En descendant de la montagne,
Jésus leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Qui donc nous révélera et nous rendra la vraie lumière ? On est en pleine nuit et voilà qu’elle rayonne soudain de la clarté du jour! Tout est plongé dans l’ombre, et le visage de Jésus resplendit comme le soleil, ses vêtements éblouissants comme la lumière (17,2).

En face de ces trois hommes de la terre qui ont pour nom : Pierre, Jacques et Jean, se tiennent trois personnages descendus du ciel.
Moïse représentant la Loi, Élie représentant les prophètes, et Jésus qui s’est présenté à Nicodème comme le Fils de l’homme venu du ciel (Jn 3,13).
Jésus qui vient de demander à ses disciples :
Et vous que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? (Mt 16,15).
La Transfiguration que l’on évoque en ce jour nous donne la réponse à cette question adressée par le Christ à chacun : Qui donc est-il pour nous ?

À l’évidence, ce Jésus (Ac 2,32.34) vit, parle 
et agit comme un juste (Ac3,14 ; 1 Jn 2,8).
Ses œuvres attestent la vérité de ses paroles (Jn 10,37-38).

Comme Abraham et plus qu’Abraham,
ce sage est ami de Dieu .
Personne ne peut accomplir les signes que tu accomplis 
si Dieu n’est avec lui, lui avoue Nicodème (3,2).
C’est un intime du Très-Haut 
qui gravit la montagne pour prier. 
Pour y vivre à l’écart, 
une nuit de cœur à cœur avec Dieu son Père. 
Comment ne pas être touché par ce fervent familier de la prière ?

C’est aussi un prophète et même, comme disent les gens,
 le grand prophète qui doit venir dans le monde (Jn 6,14).
Celui qui, comme Moïse et Élie, et plus encore qu’eux
(puisque tous deux l’entourent visiblement à cette heure), 
vient annoncer la Loi nouvelle et l’Avènement du salut
 Les promesses contenues dans la Loi et les prophètes 
par lui vont donc se réaliser
et s’accomplir (Mc 1,15 ; Jn 4,34 ; 19,30).

Mieux encore, il est celui qui évoque, 
avec ses vêtements éblouissants, 
le Fils de l’homme de la vision du prophète Daniel (7,13 ; 10,5-6).
Un Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel, 
habillé de lin blanc 
et faisant figure de juge suprême (Mt 26,44 ; Jn 1,51).

C’est donc lui, le Messie tant attendu ;
 puisqu’Élie dont le retour doit précéder sa venue parmi nous,
 se tient à cette heure à ses côtés. 
Voilà bien le Sauveur et le Rédempteur de l’homme (Jn 4,42) !

Ce messager du ciel est donc tout habité de vie divine.
 Pierre a raison de proposer de dresser trois tentes. 
L’arche d’alliance, jadis perdue, est enfin retrouvée. Le Christ Jésus est le tabernacle vivant 
de la présence de Dieu sur la terre des hommes (Jn 2,19-20).
 Le Verbe fait chair est venu
 établir sa demeure parmi nous (1,16) !

À travers la lumière de cette théophanie sur la montagne,
 c’est-à-dire de cette manifestation de Dieu, 
la Révélation, malgré la nuit, éclate comme en plein jour.
La voix du Père, sortie de la nuée se fait entendre.
 Le Seigneur est là et Il parle. Il nous parle à chacun. 
Il nous révèle la vraie identité de Jésus de Nazareth :
 Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur (Mt 17,6).
 C’est le Seigneur de la gloire, comme dit l’apôtre Paul, 
dont on peut écouter et suivre la parole.
 Et l’Esprit lui-même est là,
 au cœur de la nuée lumineuse, nous prenant 
(comme la Vierge Marie, le jour de l’Annonciation) 
sous son ombre, pour nous éclairer
 et nous réjouir de sa grâce (Lc 1,35).


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Dans cette transfiguration il s’agissait, surtout, d’ôter des cœurs des disciples le scandale de la croix, et d’empêcher ainsi l’humiliation de la passion volontaire de troubler leur foi » (Saint Léon le Grand)

  • « "Ecoutez-le". Cette invitation du Père est très importante. Nous, les disciples de Jésus, sommes appelés à être des personnes qui écoutent sa voix et prennent au sérieux ses paroles » (François)

  • « Les Evangiles rapportent en deux moments solennels, le Baptême et la transfiguration du Christ, la voix du Père qui le désigne comme son “Fils bien-aimé”. Jésus se désigne lui-même comme "le Fils Unique de Dieu" (Jn 3,16) et affirme par ce titre sa préexistence éternelle. Il demande la foi "au Nom du Fils Unique de Dieu" (Jn 3,18) […] » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 444)

     Diacre     

   au cœur de notre monde d'aujourd'hui   

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La gratitude...


Je lis ceci dans «La joie des petites choses» 

de Anselm Grün sur la gratitude:


    «C'est la gratitude qui donne du sens à notre passé. Sans elle, tout demeure inintelligible et énigmatique. La reconnaissance nous rend accessible le passé qui, dès lors, devient une partie de nous-mêmes et nous appartient. Hermann Hesse n'a-t-il pas écrit que le plus beau dans la vieillesse est de pouvoir lire avec reconnaissance dans le livre de sa vie? Car c'est  alors que l'on en découvre le véritable sens et cela nous emplit d'une paix intérieure. - La joie est la forme la plus simple de la gratitude.»


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Bon dimanche!

Jean-Yves 




vendredi 3 mars 2023

Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait / «La paix avec Dieu»... / (400,031)

 Merci! Nous avons dépassé les 400,000 ouvertures de ce blogue! Et la Parole de Dieu continue son chemin dans nos cœurs... 

Bonjour!

Samedi 4 mars 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

     ÉVANGILE     

Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Mt 5, 43-48)

Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
Voici maintenant le moment favorable,  
voici maintenant le jour du salut.
Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. (2 Co 6, 2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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   Commentaire...

Hier Jésus soulignait la différence essentielle entre l’interprétation de la Loi enseignée par les pharisiens et celle qu’il propose à ses disciples. Pour les premiers, l’homme serait capable d’obtenir sa justification par son observance rigoureuse des prescriptions légales. La Thora est un don de Dieu à son peuple, mais le salut serait le fruit des efforts du croyant, c’est-à-dire de celui qui croit en l’origine divine de la Loi et est intégré par la circoncision à la nation sainte.

 Pour Jésus, le salut est incontestablement d’un tout autre ordre. En imaginant qu’elle soit à notre portée, la justice morale qui consisterait dans une obéissance formelle aux préceptes de la Loi, ne suffirait pas à nous justifier devant Dieu. Car nos actions demeureraient toujours naturelles. Or l’homme avait été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu afin de pouvoir accueillir l’Esprit Saint, et de laisser celui-ci accomplir ses œuvres en nous. C’est cette synergie entre la nature et la grâce que Notre-Seigneur est venu restaurer en nous afin que nous puissions nous comporter comme des « fils de notre Père qui est aux cieux », conformément à ce que nous sommes réellement devenus par la foi au Fils unique. 

C’est au nom de cette recréation dans l’Esprit Saint, rendue possible par la grande purification dans « le Sang et l’eau », que Jésus peut nous inviter à un comportement radicalement nouveau, et totalement hors de portée de nos pauvres forces naturelles.

« Saluer nos frères et aimer notre prochain » est déjà pour nous tout un programme ; mais « aimer nos ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent » est franchement au-delà de nos moyens. Lorsque Jésus ajoute : « Vous donc soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait », il est clair que l’obéissance à un tel précepte présuppose une transformation radicale de tout notre être ; bien plus : un dépassement de notre existence naturelle, nécessairement imparfaite. 

Seule une participation à la vie divine (2 P 1, 4) peut nous permettre d’adopter le comportement de notre Père sur base d’une certaine communion à sa nature. L’injonction du Christ suppose donc que nous devenions fils et filles de Dieu au sens ontologique du terme, et non pas en un sens analogique : pour atteindre l’état de perfection, il nous faut naître à la vie divine. Ce qui suppose bien sûr une intervention inouïe de la part de Dieu, car comment l’homme pourrait-il s’enfanter lui-même à une réalité d’une toute autre nature ?

Nous touchons à nouveau du doigt combien toute prétention à l’auto-justification est étrangère au christianisme. Nous ne pouvons qu’accueillir cette initiative divine déconcertante et signifier notre consentement avec les paroles de la Vierge Marie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se fasse pour moi selon ta Parole » (Lc 1, 38). Pour que ce germe de vie divine, qui fut déposé en nous au jour de notre baptême, puisse grandir, mûrir et donner son fruit, il nous faut bien sûr veiller sur sa croissance, exposer la terre de notre humanité à la rosée céleste de l’Esprit dans la prière ; accompagner les étapes de la croissance de l’enfant de vie divine que nous portons en nous par les sacrements appropriés ; le nourrir de la manne eucharistique – quotidiennement si possible, hebdomadairement à tout prix pour éviter qu’il ne meure d’inanition. Tout vient de Dieu, mais notre part consiste à nous montrer responsables de son don, en coopérant activement à l’œuvre de la grâce.

Chaque matin le Seigneur renouvelle avec nous son Alliance : « Aujourd’hui le Seigneur te déclare qu’il est ton Dieu, et il t’invite à être son peuple particulier » (cf. 1ère lect.) ; bien plus : il t’accueille comme son fils et sa fille bien-aimés. « Aujourd’hui le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ses commandements et ses décrets, de les garder et de les observer de tout ton cœur et de toute ton âme », afin d’être « un peuple consacré au Seigneur ton Dieu » (Ibid.).

Tel est le projet inouï que Dieu nourrit pour ses enfants : déverser sa propre vie lumineuse dans la grisaille de notre humanité marquée par le péché ; nous couvrir de sa gloire, nous prendre sous la nuée de son Esprit, afin de nous enfanter à la vie divine. C’est pour nous élever jusqu’à lui qu’il n’a pas craint de descendre jusqu’à nous ; pour nous faire naître à la vie divine qu’il est né dans le sein de la Vierge ; pour nous introduire dans la liberté filiale, qu’il a pris notre condition d’esclave ; pour nous couvrir de sa gloire, qu’il a pris sur lui l’opprobre de notre réprobation. 

Ce mystérieux échange, cet abaissement ineffable, Notre-Seigneur le renouvelle quotidiennement dans chaque Eucharistie, afin qu’en communiant à ce qu’il a voulu être pour nous, nous devenions ce qu’il voudrait que nous soyons en lui : des fils et des filles de Dieu son Père et notre Père.

Seigneur nous confessons notre indifférence et notre ingratitude. Chaque jour tu renouvelles pour nous la merveille de notre salut, et nous passons sans même y prêter attention, dispersés dans nos multiples activités, éparpillés dans nos préoccupations. Donne-nous de retrouver, au milieu des événements qui se bousculent autour de nous, le vrai sens de notre vie ; de discerner au cœur de ce monde qui passe, la présence du Royaume qui ne passera pas, et de travailler à son avènement par une conversion sincère et généreuse. 

Donne-nous de puiser nos forces aux sources vives de l’Esprit, dans ta Parole et dans l’Eucharistie, pour « garder tes exigences, observer tes commandements et marcher selon ta loi » (Ps 118) d’amour.


Abbé Philippe Link // MERCI!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Oh Seigneur, comme vous êtes bon ! » (Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus)

  • « Aimer nos ennemis, ceux qui nous persécutent et nous Font souffrir est difficile ; ce n’est même pas une “bonne affaire” car cela nous appauvrit. Cependant, c’est le chemin indiqué et parcouru par Jésus pour notre salut » (François)

  • « Le Christ est mort par amour pour nous alors que nous étions encore ennemis. Le Seigneur nous demande d’aimer comme Lui jusqu’à nos ennemis, de nous faire le prochain du plus lointain, d’aimer les enfants et les pauvres comme Lui-même » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 1.825)

Au cahier du Carême de Vie Liturgique, 

j'ai retenu cette phrase pour aujourd'hui:


«Un inconnu n'est pas un ennemi potentiel, 

mais un ami en devenir.»


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«La paix avec Dieu»


Je suis en train de lire dans Anselm Grün, un moine allemand, (La Joie des petites choses), un chapitre sur «La paix avec Dieu». Il parle ici de ce que pense le moine Thomas Merton.

 Voici: 

«Dieu est la source et la garantie de notre liberté et non pas une puissance qui plane au-dessus de nous et la restreint. Le but de la rencontre avec Dieu est justement la découverte de notre liberté personnelle la plus profonde. Sans cette rencontre, elle (notre liberté personnelle) ne peut jamais se déployer pleinement.»  

(p. 111, sq.)


(Il vaut la peine de relire cette citation...)

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   Diacre   
   au cœur de notre monde   

  -Au service:  
  -de la Parole 
 -de la Charité
-de la Liturgie

Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 2 mars 2023

« Va d’abord te réconcilier avec ton frère » / (399,919)

 Bonjour!

Vendredi 3 mars 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Va d’abord te réconcilier avec ton frère » (Mt 5, 20-26)

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Rejetez tous les crimes que vous avez commis, 
faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (Ez 18, 31)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je vous le dis :
Si votre justice ne surpasse pas
celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Notre-Seigneur sait bien qu’un mouvement spontané de colère peut nous aveugler au point de réduire la responsabilité de nos actes. Par contre l’insulte relève d’une volonté déterminée de nuire à la réputation de l’autre. Quant à la malédiction elle représente le comble de la malice puisqu’elle constitue la singerie inversée de la bienveillance divine : elle veut en effet consciemment détruire, en recourant à des puissances spirituelles démoniaques supposées accomplir les malheurs invoqués sur la victime. Voilà pourquoi celui qui « maudit son frère sera passible de la géhenne de feu » : il sera livré aux puissances auxquelles il a recours pour nuire à son prochain.

Ces paroles de Notre-Seigneur ne doivent pas être entendues comme des menaces proférées par un Dieu courroucé mais l’énoncé des conséquences de nos actes pervertis par le péché. Dieu lui, ne désire pas la mort du méchant mais « plutôt qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive » (1ère lect.). Aussi, après avoir dénoncé le mal et ses conséquences, Jésus poursuit-il son enseignement en exposant la fonction positive de la colère. Il s’agit de mobiliser cette puissance pour la mettre au service du dessein de Dieu, en particulier de l’unité de la famille humaine et non pas de sa division, de sa dispersion en factions ennemies. 

Ainsi donc « “si ton frère a quelque chose contre toi”, même si tu ne te souviens pas de lui avoir causé du tort, loin de t’enflammer de colère pour cette injustice et de contre-attaquer avec violence, laisse plutôt l’Esprit transformer cette passion en vertu constructrice : “va te réconcilier avec ton frère” ». En clair : puise dans ta colère la force de rétablir l’unité avec ton prochain.

Telle est l’offrande qui plaît à Dieu et qu’il désire que nous présentions sur son autel. N’en doutons pas : « si nous nous détournons de notre méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, nous sauverons notre vie ; si nous ouvrons les yeux et nous détournons de nos fautes, nous ne mourrons pas mais nous vivrons » (1ère lect.).

Seigneur nous le croyons « près de toi est l’amour, l’abondance du rachat, c’est toi qui nous libères de toutes nos fautes et nous arraches aux profondeurs où elles nous avaient entraînés » (Ps 129). Donne-nous en ce temps de carême de nous laisser convertir par ta grâce afin que nous nous détournions de tous les péchés que nous avons commis, que « nous observions tous tes commandements et pratiquions le droit et la justice » (1ère lect.). Renouvelés dans l’Esprit Saint nous pourrons alors devenir des artisans de la réconciliation de la famille humaine et des bâtisseurs de la cité de la paix, la Jérusalem nouvelle où tu règneras pour les siècles.


Abbé Philippe Link // Merci!

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«La volonté de Dieu se réalise à partir du cœur.»
(Carnet de Vie Liturgique - Ce jour)

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«Vivre ensemble la marche vers Pâques.»
(Notre thème pour le Carême de cette année.)

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«Il n'est pas de plus grand amour 
que de donner sa vie 
pour ceux et celles qu'on aime.»
(Livre de heures)
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Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 1 mars 2023

« Quiconque demande reçoit » (399,875)

 Bonjour!

Jeudi 2 mars 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


     ÉVANGILE     

« Quiconque demande reçoit » (Mt 7, 7-12)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu ;  
rends-moi la joie d’être sauvé.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (Ps 50, 12a.14a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore :
lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils
quand il lui demande du pain ?
ou bien lui donnera un serpent,
quand il lui demande un poisson ?
Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus votre Père qui est aux cieux
donnera-t-il de bonnes choses
à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi :
voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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          Commentaire...       

Le cheminement d’Israël avec son Dieu, et l’Alliance scellée sur l’Horeb, s’enracinent dans l’expérience du salut offert lors de la traversée de la Mer Rouge. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est avant tout le Dieu qui sauve : c’est en arrachant les siens au danger qui les menace, qu’il leur prouve son amour. Toute la Bible est jalonnée de ces interventions victorieuses de Dieu, obtenues parfois en des circonstances tragiques et par l’intermédiaire d’être fragiles, afin qu’il apparaisse clairement que c’est l’Eternel qui a agi. Le livre d’Esther est un des fleurons de ces hauts-faits divins. En réponse à la foi et la prière confiante de la reine Esther, Dieu va sauver son peuple de l’extermination et retourner contre ses ennemis le châtiment qu’ils prétendaient lui infliger. 

Toutes ces interventions du Très-Haut dans l’histoire ne sont cependant que des préfigurations de l’œuvre de salut par laquelle Dieu notre Père nous sauve définitivement du péché et de son cortège de souffrances, quand il ressuscite son Fils Jésus-Christ de la mort, relevant avec lui tous ceux qui lui sont incorporés par la foi.

Lorsque Notre-Seigneur se fait insistant pour que nous ayons l’audace de demander « de bonnes choses » à « notre Père qui est au ciel », nul doute que c’est au salut qu’il fait allusion. Qu’y a-t-il en effet de meilleur que la vie éternelle qu’il nous offre en partage dans l’Esprit ? L’œuvre rédemptrice accomplie par Jésus en notre faveur, est bien plus importante que la libération des Hébreux de l’oppression de l’Egypte, ou que la délivrance de Juda des mains du roi de Perse : c’est l’humanité toute entière que Notre-Seigneur arrache à l’esclavage du Satan et à une mort absurde, pour l’introduire dans la liberté filiale et la vie divine.

Mais si nous voulons être des témoins crédibles de cette Bonne Nouvelle, il nous faut avoir expérimenté nous-mêmes cette libération et avoir goûté au moins les prémisses de cette liberté et cette vie nouvelles dans l’Esprit. C’est pourquoi il est important de céder aux invitations particulièrement insistantes de Notre-Seigneur, qui martèle son intervention de verbes à l’impératif – « demandez, cherchez, frappez » – accompagnés de promesses tout aussi affirmatives d’exaucement – « vous obtiendrez, vous trouverez, la porte vous sera ouverte ».

Les images utilisées par Jésus sont à vrai dire assez déroutantes : qui en effet serait assez pervers pour « donner une pierre à son fils qui lui demande du pain, ou un serpent quand il lui demande un poisson ? » Mais ne pourrait-on lire dans ces exemples une discrète allusion au Tentateur, qui invitait Notre-Seigneur à transformer les pierres du désert en pains (Mt 4, 3) ? Le « serpent » substitué au « poisson » de façon malveillante, n’évoquerait-il pas la présence du Menteur, qui s’est insinué dans le cœur de l’homme pour y pervertir sa relation filiale à Dieu le Père ?

La suite semble confirmer cette interprétation tout en ouvrant malgré tout sur une vision d’espérance par un argument « a fortiori » que Jésus affectionne particulièrement : « Si vous qui appartenez au mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus notre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! » Autrement dit : si nous, qui par le péché sommes voués à la mort, nous savons néanmoins donner à nos enfants la nourriture dont ils ont besoin pour entretenir cette vie éphémère, a fortiori Dieu notre Père saura-t-il manifester sa paternité divine en nous donnant le Pain du ciel en qui nous aurons la vie éternelle (cf. Jn 6, 33).

Libérés dès lors de la peur de la mort qui nous enfermait dans l’égoïsme, nous pouvons enfin sortir de la revendication opiniâtre de nos « droits », pour entrer dans la joyeuse liberté filiale, qui trouve sa joie à accomplir pour les autres, ce que jusque-là nous exigions qu’ils fassent pour nous.

« De tout mon cœur Seigneur je te rends grâce, car tu as répondu à mon appel : ta droite me rend vainqueur » (Ps 137). C’est pourquoi je veux proclamer à tous mes frères que tu es le Dieu qui libère et qui sauve ceux qui comptent sur lui. Oui tu es un Père pour tes enfants : tu nous protèges, tu nous nourris, tu nous conduis au chemin de la vie par ton Fils Jésus-Christ, et dans la lumière de l’Esprit. « Seigneur éternel est ton amour : n’arrête pas l’œuvre de tes mains » (Ibid.).


Abbé Philippe Link // Merci!

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Pensées pour l'Évangile d'aujourd'hui...

  • « L’observance du Carême: effacer en ces jours saints les négligences des autres temps, se livrer à la prière, à la contrition du cœur, offrir à Dieu quelque chose de notre plein gré afin de donner de la joie à l’Esprit Saint » (Saint Benoît)

  • « Sans le ciel, le pouvoir terrestre est toujours ambiguë et fragile. Seul le pouvoir qui est placé sous les critères et le jugement du ciel, c’est-à-dire, de Dieu, peut être un pouvoir pour le bien » (Benoît XVI)

  • « Le cœur ainsi décidé à se convertir, apprend à prier dans la foi. La foi est une adhésion filiale à Dieu, au-delà de ce que nous sentons et comprenons. Elle est devenue possible parce que le Fils bien-aimé nous ouvre l’accès auprès du Père. Il peut nous demander de “chercher” et de “frapper”, puisqu’Il est lui-même la porte et le chemin » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 2.609)

Bonne journée!

Jean-Yves