mardi 5 septembre 2023

« Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle, car c’est pour cela que j’ai été envoyé » / (438,797)

 Bonjour!

Mercredi 6 septembre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle, car c’est pour cela que j’ai été envoyé » (Lc 4, 38-44)

Alléluia. Alléluia.
Le Seigneur m’a envoyé
porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération.
Alléluia. (Lc 4, 18cd)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus quitta la synagogue de Capharnaüm
et entra dans la maison de Simon.
Or, la belle-mère de Simon
était oppressée par une forte fièvre,
et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle.
    Il se pencha sur elle,
menaça la fièvre, et la fièvre la quitta.
À l’instant même, la femme se leva
et elle les servait.

    Au coucher du soleil,
tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités
les lui amenèrent.
Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux,
les guérissait.
    Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant :
« C’est toi le Fils de Dieu ! »
Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler
parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui.

    Quand il fit jour, Jésus sortit
et s’en alla dans un endroit désert.
Les foules le cherchaient ;
elles arrivèrent jusqu’à lui,
et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter.
    Mais il leur dit :
« Aux autres villes aussi,
il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu,
car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »
    Et il proclamait l’Évangile
dans les synagogues du pays des Juifs.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La guérison de la belle-mère de Pierre, que Jésus relève de sa fièvre, voilà un miracle en apparence bien insignifiant ; au point qu’on est enclin à se demander pourquoi saint Luc en fait mention ? Notre étonnement grandit encore lorsque nous découvrons qu’il s’agit du tout premier miracle relaté dans le troisième évangile ! Dans la logique narrative, il devrait donc avoir une valeur paradigmatique et orienter l’interprétation de tous les miracles qui vont suivre. Bref, les deux versets qui introduisent l’Évangile de ce jour, méritent toute notre attention.

Il n’est pas dit que Jésus « sort » de la synagogue, mais qu’il la « quitte » : elle a terminé son rôle ; elle était le lieu de l’attente de la venue de celui qui devait « accomplir les Écritures » (Lc 4, 21). L’autorité avec laquelle Notre-Seigneur y a enseigné doit suffire aux juifs pieux et ouverts à l’action de l’Esprit pour reconnaître en lui le Messie de leur espérance. En tout cas le démon, lui, a perçu le caractère unique de ce « Jésus de Nazareth » ; mais son intervention intempestive, destinée à troubler les esprits, se solde par un échec : il est contraint de « sortir » de l’homme dont il avait pris possession, confirmant par cette défaite « l’autorité et la puissance » de Jésus.

Notre-Seigneur quitte donc l’ancien lieu de culte pour entrer dans la maison de Simon-Pierre, symbole de l’Église. « La belle-mère de Simon était alitée, oppressée par une forte fièvre » ; il s’agit donc de la mère de l’épouse de l’hôte de Jésus. Les femmes n’avaient guère la préséance dans la société juive de l’époque ; a fortiori la mère de l’épouse du maître de maison devait-elle se contenter des services subalternes. C’est donc au chevet de quelqu’un de retiré, de discret, faisant partie des sans-voix et des sans-droits que se rend Notre-Seigneur. Il est remarquable que le premier membre de l’Église à être nommé dans le troisième Évangile, est une femme, et une femme « de second rang » dans la hiérarchie sociale. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose, afin que personne ne puisse s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-28).

Jésus non seulement s’approche de la femme, mais « se penche sur elle » dans un geste de compassion, comme une mère se penche sur le lit de souffrance de son enfant malade. Il « interpelle vivement la fièvre ». Et, à peine la fièvre est-elle chassée, qu’« à l’instant même la femme se leva et elle servait » Jésus.

La véritable finalité des guérisons, exorcismes et autres miracles accomplis par Jésus tout au long des Évangiles, apparait ici en pleine lumière : Notre-Seigneur est venu pour nous libérer de l’inertie du péché qui nous paralyse dans nos peurs et notre égoïsme, et pour nous rendre participants dans l’Esprit, de son pouvoir divin d’aimer et de servir nos frères, au prix de notre propre vie. « Le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Lc 22, 26-27).

Père saint, donne-nous la grâce et la paix. La grâce de nous arracher à notre individualisme, à nos indifférences, à notre lâcheté, à nos paresses coupables ; la grâce de nous lever dans la puissance de la Résurrection de ton Fils ; la grâce de nous mettre généreusement au service de nos frères dans l’amour. Alors « ta paix qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera notre cœur et notre intelligence dans le Christ Jésus » (Ph 4, 7) notre Seigneur.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Photo: De moi...

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Quelques pensées de Sr Pierre Anne Mandato:


- Avant de prendre une décision, demande-toi: 

Est-ce que cela va me rendre heureux? 

Serais-je en paix? 

Est-ce bénéfique pour d'autres?


- Quand l'amour se  développe 

à travers une relation de confiance, 

il contribue à son propre épanouissement. 


- La paix et la sérénité intérieure 

sont le fruit du pardon accordé, 

de l'écoute silencieuse 

et de la recherche de la vérité sur toi-même.


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 Photo: De Isabelle Fortin - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 4 septembre 2023

« Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu » / (438,753)

 Bonjour!

Mardi 5 septembre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu » (Lc 4, 31-37)

Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée,
et il y enseignait, le jour du sabbat.
    On était frappé par son enseignement
car sa parole était pleine d’autorité.
    Or, il y avait dans la synagogue
un homme possédé par l’esprit d’un démon impur,
qui se mit à crier d’une voix forte :
    « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. »
    Jésus le menaça :
« Silence ! Sors de cet homme. »
Alors le démon projeta l’homme en plein milieu
et sortit de lui sans lui faire aucun mal.
    Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux :
« Quelle est cette parole ?
Il commande avec autorité et puissance
aux esprits impurs,
et ils sortent ! »
    Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Après avoir enseigné avec autorité, Jésus manifeste avec puissance l’efficacité de sa parole. L’exorcisme que rapporte saint Luc laisse cependant quelques questions ouvertes. La confession de l’esprit impur est en effet paradoxale : elle est juste, mais elle est interdite. Pourquoi le faire taire alors que la question des évangiles est de faire connaître l’identité profonde de Jésus ? Jésus ne veut-il donc pas qu’on le reconnaisse ? Pourquoi l’évangéliste laisse-t-il les foules dans l’incertitude alors que nous, nous savons bien qui est Jésus ?

On pourrait même se laisser aller à quelques comparaisons… La déclaration de l’esprit impur ne pourrait-elle pas être rapprochée de celle faite par la voix dans la nuée, que nous entendions il y a quelques semaines à peine ? En quoi ces révélations de l’identité de Jésus sont-elles différentes, pourquoi faire taire l’une et laisser l’autre faire son chemin dans les esprits et les cœurs ? Leur auteur est certes radicalement différent, mais la vérité exprimée est la même.

Ce paradoxe, un peu déstabilisant, n’est pas à négliger car il pourrait bien être pour nous une invitation à nous remettre en cause, ou (pire) peut être nous représenter. Celui à qui Jésus impose le silence est en effet celui qui sait tout de lui et n’a rien à apprendre de nouveau.

Avec un peu d’audace, on pourrait dire qu’il y a entre les deux déclarations de l’esprit impur et du Père céleste autant de distance qu’entre un exposé savant et une déclaration d’amour ! Un exposé peut en effet se résumer en une formule percutante et juste, que l’on transmet ou dont on se souvient. Une déclaration d’amour est un énoncé instable, qu’il faut réviser sans cesse, à partir de sa propre expérience, à partir des événements partagés, grâce à l’approfondissement de la relation et aux choix de fidélité. Une telle déclaration comporte en outre un risque, celui de se remettre en question, de sortir de ses certitudes, de se rendre vulnérable à l’autre. Elle procède du don de soi et de l’accueil de la vérité de l’autre.

Peut-être cet évangile est-il une bonne occasion de prendre mieux conscience de la nature de notre dialogue intime avec notre Sauveur, et de la façon dont nous parlons de lui. Nous contentons-nous de quelque déclamation dogmatique rassurante mais un peu confuse à nos esprits ? Nous réfugions-nous dans les prétendues sécurités de notre catéchisme ? Ou bien essayons-nous de reconnaître ses vérités dans notre quotidien ? De voir comment elles se dévoilent peu à peu, d’une façon originale qui caractérise notre relation unique avec le Seigneur ? Autrement dit, sommes-nous encore capables d’être étonnés par l’époux de nos âmes ou bien ronronnons-nous comme un vieux couple qui n’aurait plus rien à se dire ?

En ces jours de « rentrée » et de reprise de nos engagements, la parole de Dieu nous interpelle sur la vérité de notre relation à Jésus. Elle peut être une invitation à davantage de formation pour arriver à dire de façon juste notre amour, et à un surcroît d’attention priante aux événements de nos quotidiens où le Seigneur dévoile son amour prévenant. Une invitation à nous livrer à l’Esprit qui régénère tout chose et garde notre relation à Dieu dans la jeunesse de l’amour du Christ.

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Abbé Philippe Link  / Merci.

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Bonne journée chaude!

Jean-Yves 


De qui est cette magnifique photo? Merci. 


Cette dernière photo est de Pierre Lizotte (Anguilles Lizotte) 
de Rivière-Ouelle, à qui je souhaite une bonne journée!
Merci!


dimanche 3 septembre 2023

« Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays » / Quelques pensées... / (438,706)

 Bonjour!

Lundi le 4 septembre 2023

Fête du Travail

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE




« Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays » (Lc 4, 16-30)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi ;
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia. (Lc 4, 18ac)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé.
Selon son habitude,
il entra dans la synagogue le jour du sabbat,
et il se leva pour faire la lecture.
    On lui remit le livre du prophète Isaïe.
Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
    L’Esprit du Seigneur est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,
remettre en liberté les opprimés,
    annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.
    Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit.
Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
    Alors il se mit à leur dire :
« Aujourd’hui s’accomplit
ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre »
    Tous lui rendaient témoignage
et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.
Ils se disaient :
« N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
    Mais il leur dit :
« Sûrement vous allez me citer le dicton :
“Médecin, guéris-toi toi-même”,
et me dire :
“Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm :
fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » 
   Puis il ajouta :
« Amen, je vous le dis :
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
    En vérité, je vous le dis :
Au temps du prophète Élie,
lorsque pendant trois ans et demi
le ciel retint la pluie,
et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre,
il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
    pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles,
mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon,
chez une veuve étrangère.
    Au temps du prophète Élisée,
il y avait beaucoup de lépreux en Israël ;
et aucun d’eux n’a été purifié,
mais bien Naaman le Syrien. »

    À ces mots, dans la synagogue,
tous devinrent furieux.
    Ils se levèrent,
poussèrent Jésus hors de la ville,
et le menèrent jusqu’à un escarpement
de la colline où leur ville est construite,
pour le précipiter en bas.
    Mais lui, passant au milieu d’eux,
allait son chemin.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...


Avec la 22ème semaine du Temps ordinaire, nous fermons le premier Évangile et nous ouvrons le troisième, pour nous mettre à l’écoute de Luc, le médecin ami de saint Paul, auteur également des Actes des Apôtres.

La lecture continue commence au chapitre 4 avec le discours-programme que Jésus prononce dans la synagogue, au retour de l’épreuve du désert, où il a affronté victorieusement le diable. C’est du moins ce qui apparaît à partir d’une première lecture. Le lecteur attentif découvre cependant qu’un certain temps a dû s’écouler entre le passage au désert et la confrontation dans la synagogue de Nazareth : lorsque Jésus verbalise les pensées secrètes de ses concitoyens, il fait en effet allusion à « tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ». Nous ne sommes donc plus tout à fait au début du ministère du Seigneur dont la réputation commence à s’étendre.

Aussi l’attitude de ces hommes est-elle particulièrement ambiguë : ils sont divisés entre une légitime fierté – car la gloire de ce fils du pays rejaillit également sur eux – et en même temps, ils ne peuvent réprimer un certain scepticisme : « N’est-ce pas le fils de Joseph ? » L’analyse douloureuse de Jésus s’impose : « Aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays ».

Peut-être mesurons-nous ici les limites de notre propre capacité d’accueil : n’est-il pas plus difficile de reconnaître les talents extraordinaires d’un proche que d’une personne inconnue ? Et à plus forte raison encore : comme il est ardu de discerner les progrès en sainteté de ceux que nous côtoyons chaque jour ! Autant sans doute parce que nous nous focalisons sur les points de fragilité qui subsistent encore, qu’en raison d’une secrète jalousie. La grâce qui se manifeste au loin édifie ; lorsqu’elle nous frôle, elle nous dérange, parce qu’elle nous provoque de manière trop directe à la conversion.

Ces hommes de Nazareth commencent par « rendre témoignage à Jésus ». Mais en entendant « le message de grâce qui sortait de sa bouche », leur admiration devient de « l’étonnement » ; les sourcils se froncent ; ils s’arrachent à la séduction pour prendre une distance critique, qui se transforme bientôt en un jugement, une condamnation et finalement une exclusion de l’intrus…

Ils cherchent à le faire mourir, tout comme nous « tuons » intentionnellement ceux qui nous font de l’ombre ou qui nous poussent un peu trop vigoureusement à nous remettre en cause.

Certes en juifs pieux, les concitoyens du Seigneur croyaient à l’accomplissement des Écritures, mais pour « demain et ailleurs ». L’« aujourd’hui » de cet accomplissement dans la personne concrète d’un enfant du village, leur apparaît saugrenue, impossible, voire blasphématoire : les bonnes raisons ne manquent jamais pour étouffer la voix de Dieu qui appelle au cœur de nos vies quotidiennes.

Et si nous essayions de changer notre regard sur nos proches ? Dans tous les actes de bonté qui sont réalisés autour de moi, je devrais pouvoir discerner cet « ici et maintenant » du Royaume et en rendre grâce, plutôt que de chercher à en ternir l’éclat en imaginant des motivations cachées, qui me déculpabilisent de ne pas en faire autant.

Aujourd’hui Jésus « passe, portant la Bonne Nouvelle aux pauvres, annonçant aux prisonniers qu’ils sont libres, aux aveugles qu’ils verront la lumière, apportant la libération aux opprimés ; puis, il va son chemin ». Saurons-nous reconnaître sa présence au quotidien, et discerner les signes du Royaume pour en nourrir notre espérance et notre action de grâce ?


Abbé Philippe Link / Merci!

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Méditation

Frère Yves Habert

Frère Yves Habert

Couvent Saint Thomas d'Aquin à Lille

Avançons !


Le Christ vient de faire la plus courte homélie de l’histoire. En lui, s’accomplit l’Ecriture et cette révélation suscite des réactions contrastées, allant de l’étonnement bienveillant au déchainement de violence. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin ! Contemplons la souple démarche du Sauveur et la petite foule qui s’écarte devant l’homme qui marche. Il ne s’est pas arrêté comme le prédicateur, fier de son sermon, et qui s’attend à recevoir des félicitations à la sortie de l’église ! Mais il ne s’est pas arrêté non plus à la furie des habitants de Nazareth qui veulent le jeter par-dessus bord. Il va son chemin. Jésus est profondément libre et rien ne l’arrête. Sa mission est plus importante que les louanges et les cris. Sans doute aussi préfère-t-il écouter en priorité la voix de son Père. 

C’est aussi une leçon pour nous. Qu’est-ce qui nous arrête et nous empêche de poursuivre notre chemin de chrétien ? Les flatteurs dont la petite musique nous chante à l’oreille que le peu de bien que je fais est déjà suffisant ? Ou l’incompréhension des proches qui peut aller jusqu’à leur colère pour me paralyser ? Dans les deux cas, je m’arrête et le Christ veut, au contraire, que je le suive sur son chemin, fidèle à ma mission et à l’écoute du Père.

Extrait de Dimanche dans la ville (2022)
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Quelques pensées de Sr Pierre Anne Mandato:

- Être à l'écoute des autres 
et attentif à leurs besoins signifie de t'oublier 
et d'avoir la sagesse 
de ne pas les interrompre pour te donne en exemple.

- La paix dans le monde 
commence par la paix dans ton cœur 
et dans ta famille. 

- Dans les moments de deuil 
et de découragement 
garde l'espérance 
que demain sera un jour nouveau. 

- Qui est le vrai pauvre? 
Toute personne qui nécessite de l'aide, 
autant matérielle que spirituelle est un pauvre.
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Bonne journée!

Jean-Yves 

samedi 2 septembre 2023

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même » / (438,660)

 Bonjour!

Dimanche le 3 septembre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...


ÉVANGILE

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même » (Mt 16, 21-27)

Alléluia. Alléluia.
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Jésus commença à montrer à ses disciples
qu’il lui fallait partir pour Jérusalem,
souffrir beaucoup de la part des anciens,
des grands prêtres et des scribes,
être tué, et le troisième jour ressusciter.
    Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches :
« Dieu t’en garde, Seigneur !
cela ne t’arrivera pas. »
    Mais lui, se retournant, dit à Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tu es pour moi une occasion de chute :
tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. »

    Alors Jésus dit à ses disciples :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
    Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra,
mais qui perd sa vie à cause de moi
la trouvera.
    Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
si c’est au prix de sa vie ?
Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
    Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges
dans la gloire de son Père ;
alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Qu’est-ce qui retient Pierre et les autres d’adhérer au mystère de la croix annoncé par Jésus ? Quelles sont les résistances qui se manifestent en eux pour se détourner de ce chemin d’humiliation, de sacrifice et d’offrande de sa vie ? Peut-être ne le savent-ils pas eux-mêmes, mais Jésus va le leur révéler : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16, 24).

Ce qui les conduit à rejeter cette figure du Messie humilié c’est que, consciemment ou non, en tout cas confusément, ils pressentent que s’ils adhérent à ce programme de l’accomplissement messianique, c’est leur propre vie qui va être transformée. Il ne s’agit pas simplement de savoir s’ils croient ou s’ils ne croient pas à telle ou telle définition du Messie, s’ils sont capables de comprendre tous les présupposés scripturaires et théologiques qui vont soutenir cette vision du messie, il s’agit de comprendre que ce qui obscurcit leur intelligence, ce qui les retient d’adhérer, c’est précisément qu’ils ne veulent pas perdre leur vie, c’est précisément qu’en suivant le Christ avec toute leur générosité, ils ne suivent pas simplement la destinée de Jésus de Nazareth mais ils suivent aussi un projet qui concerne leur propre vie, comme cela sera manifesté par la demande de la mère des fils de Zébédée « qu’ils soient assis l’un à ta droite, l’autre à ta gauche quand tu seras dans ton royaume » (Mt 20, 21).

C’est cela qu’ils ont du mal à accepter et c’est cela que Jésus leur annonce. Il ne leur annonce pas simplement ce qui va lui arriver à lui, Jésus de Nazareth, il leur annonce que ceux qui le suivent, c’est-à-dire eux, vont connaître le même sort, qu’ils auront aussi à prendre leur croix et à livrer leur vie s’ils veulent être unis avec lui.

Il me semble que si nous percevons bien cette incapacité des disciples à entrer spontanément dans ce chemin difficile, nous percevons aussi à quel niveau de profondeur se situent nos propres difficultés par rapport au Christ. Les principales erreurs que nous commettons, ou les principales résistances que nous éprouvons, ne concernent pas simplement la vie de Jésus, ou plus exactement quand elles concernent la vie de Jésus, elles concernent aussi notre propre vie.

Si nous avons du mal à reconnaître le Messie, Fils de Dieu, dans Jésus de Nazareth, crucifié, mort et ressuscité, ce n’est pas simplement parce que c’est difficile à comprendre, c’est aussi parce que cela nous dévoile le chemin de notre propre vie. Si nous voulons sauver notre vie, c’est-à-dire si nous voulons participer à la résurrection du Christ, si nous voulons vraiment surmonter ce qui constitue les forces de mort dans notre existence, il faut que nous acceptions de suivre le chemin du Christ, que nous nous renoncions nous-mêmes et que nous prenions notre croix.

C’est pourquoi dans l’expérience chrétienne, la profession de foi n’est jamais dissociable, ni dissociée des manières de vivre. On ne peut pas porter une profession de foi pleine et entière à la personne du Christ mort et ressuscité en voulant conduire notre vie comme si nous avions la possibilité d’échapper à la mort. C’est ainsi que saint Paul, dans son épître aux Romains, exhorte ses frères à offrir leur personne et leur vie en sacrifice saint capable de plaire à Dieu : « transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait » (Rm 12, 2).

Le chemin de notre vie chrétienne est simultanément une profession de foi en la personne de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, Messie d’Israël, Sauveur du monde, et, en même temps, transformation de notre vie, renouvellement de notre façon de penser et d’agir, de telle façon que chaque jour nous ne soyons pas simplement des gens qui ont d’un côté une parole de foi qui s’exprimerait, parfois laborieusement, dans la prière et puis à côté de cela une façon de vivre qui ne s’inquiète pas trop de savoir ce que Dieu attend de nous. Je ne peux pas dire que je crois au Christ si je ne cherche pas ce que Dieu attend de moi, aujourd’hui, dans mon existence. Professer la foi au Christ, vouloir être de ses disciples, essayer de marcher à sa suite, ce n’est pas simplement une intention du cœur, c’est une transformation de la manière de vivre, c’est une conversion à ce qui plait à Dieu.

 Que tes pensées, Seigneur Dieu, deviennent de plus en plus les nôtres. Permets-nous de marcher à la suite de ton Fils sur le chemin de la croix. Donne-nous le courage de perdre notre vie pour la sauver en vérité.


Abbé Philippe Link Merci!

Une pensée de Sr Mandato:

Le secret du bonheur réside dans l'acceptation des différences de caractère, de culture, de race et de religion.

Bon dimanche!

Jean-Yves 

vendredi 1 septembre 2023

« Tu as été fidèle pour peu de choses, entre dans la joie de ton seigneur » / Quelques pensées... / (438,628)

 Bonjour!

Samedi 2 septembre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Tu as été fidèle pour peu de choses, entre dans la joie de ton seigneur » (Mt 25, 14-30)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    « Un homme qui partait en voyage
appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
    À l’un il remit une somme de cinq talents,
à un autre deux talents,
au troisième un seul talent,
à chacun selon ses capacités.
Puis il partit.

Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents
s’en alla pour les faire valoir
et en gagna cinq autres.
    De même, celui qui avait reçu deux talents
en gagna deux autres.
    Mais celui qui n’en avait reçu qu’un
alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.

    Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
et il leur demanda des comptes.
    Celui qui avait reçu cinq talents
s’approcha, présenta cinq autres talents
et dit :
“Seigneur,
tu m’as confié cinq talents ;
voilà, j’en ai gagné cinq autres.”
    Son maître lui déclara :
“Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton seigneur.”
    Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi
et dit :
“Seigneur,
tu m’as confié deux talents ;
voilà, j’en ai gagné deux autres.”
    Son maître lui déclara :
“Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton seigneur.”

    Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi
et dit :
“Seigneur,
je savais que tu es un homme dur :
tu moissonnes là où tu n’as pas semé,
tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
    J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
Le voici. Tu as ce qui t’appartient.”
    Son maître lui répliqua :
“Serviteur mauvais et paresseux,
tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé,
que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
    Alors, il fallait placer mon argent à la banque ;
et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
    Enlevez-lui donc son talent
et donnez-le à celui qui en a dix.
    Car à celui qui a, on donnera encore,
et il sera dans l’abondance ;
mais celui qui n’a rien
se verra enlever même ce qu’il a.
    Quant à ce serviteur bon à rien,
jetez-le dans les ténèbres extérieures ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La clé des rapports contrastés et même paradoxaux entre les divers personnages – et par le fait même la clé de la parabole – se trouve dans l’interprétation du statut de cet homme, désigné comme un « Maître », mais qui se comporte en réalité comme un Père. Le premier fruit de l’obéissance des bons serviteurs, est la découverte de leur statut de fils : ils peuvent garder le bien confié puisqu’ils sont les héritiers et que « tout ce qui est au Père est à eux » (cf. Lc 15, 31 ; Jn 17, 10). Aussi « celui qui a accueilli le don de la filiation, recevra encore », car la joie du Père est de combler sans mesure ses enfants de sa propre vie. Comment pourrions-nous restituer un tel don ?

A nous de choisir notre attitude : garder vivante la mémoire du Seigneur et travailler généreusement à la venue de son Royaume, en y engageant tous les talents que Dieu nous a confiés ; ou bien enfouir ses dons « en terre », ne les utilisant que pour des choses de ce monde, dans l’oubli de notre statut filial.

Que cette parabole réveille en nous la mémoire de notre élection : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15). Et puissions-nous mettre tous nos talents et chaque instant de notre vie à profit pour servir le Seigneur en accomplissant généreusement notre devoir d’état. Nous connaîtrons alors la joie de nous entendre dire, au retour de l’Epoux qui vient : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître ».

Seigneur tu ne nous demandes pas l’impossible : seulement de vivre calmement, de faire chacun ce que nous avons à faire, de nous encourager à progresser, et surtout de nous aimer les uns les autres, nous souvenant qu’en toi nous sommes tous frères. Alors de nos cœurs pourra s’élever le chant nouveau des rachetés, qui attendent le retour de leur Maître ; « car il vient pour gouverner la terre, pour gouverner le monde avec justice, et les peuples avec droiture » (Ps 97).

Philippe Link, ptre / Merci!

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Quelques pensées de Sr Pierre Anne Mandato:

- L'espérance te pousse à aller toujours plus loin; 
protège cette petite flamme. 
Elle s'associe à la Foi et te permet de dire: 
"Tout est possible avec la grâce de Dieu"

- Chaque jour est un cadeau du ciel 
qui t'est donné pour participer à la création. 
Vis-le pleinement et rend heureuses 
les personnes qui t'entourent.

- Regarde un ciel étoilé 
et tu reconnaîtras ton nom. 
il est déjà écrit là-haut.


Bonne journée!

Jean-Yves