samedi 6 janvier 2024

Nous sommes venus d’Orient adorer le roi / (453,483)

 Bonjour!

Dimanche  7 janvier 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Nous avons vu son étoile à l’orient,
et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Alléluia. (cf. Mt 2, 2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----



Commentaire...

Dieu avait tout préparé un peuple capable de l’attendre, une humanité capable de le chercher et enfin il était né. Et pourtant il manquait quelque chose. La rencontre ne se faisait pas encore. Il manquait une toute petite chose… Ce ciel dont ils se sentaient les esclaves, les mages le regardaient avec fascination et avec inquiétude. Mais un jour, ils le regardent avec surprise… Dans ce ciel qui tourne froidement et qui fait froidement tourner le destin des hommes, quelque chose soudain change : une étoile, une étoile qui fait signe (Mt 2,2). Elle brise la routine cosmique, elle perturbe la fatalité, elle appelle discrètement vers du nouveau, vers de la liberté, vers de la vie, vers un autre horizon. Dieu a envoyé une étoile qui éveille le cœur, qui éveille la joie, cette boussole intérieure.

En ce jour de l’Épiphanie, croyons que, non seulement Dieu nous a tout donné pour la rencontre, à nous tous ensemble, l’humanité, mais qu’à chacun et à chacune, à chaque homme, à chaque femme, Dieu lance un appel personnel : Il donne une étoile, serait-ce dans la nuit la plus profonde et la plus longue. Dieu veut se manifester à tout homme, à toute femme. Il nous faut, nous baptisés, être témoins et espérer cela pour tout homme. Un jour où l’autre, dans nos existences, monte cette étoile de l’appel discret et personnel de Dieu. Une petite lumière lancinante qui nous dit : « la vraie vie est ailleurs ». Dieu nous fait signe, même si nous ne reconnaissons pas encore la main de Dieu derrière. Et cette lueur, ne brille pas comme toutes ces choses qui tournent autour de nous et finissent par nous asservir. C’est quelque chose qui éveille la liberté au fond de nous. Dieu fait signe : Il commence à se manifester personnellement à nous comme un vivant, à travers une rencontre qui nous découvre sa présence, à travers une paix inconnue qui nous saisit dans le silence. Dieu fait lever son étoile, un jour où l’autre, sur toute vie. On peut l’ignorer, on peut choisir de se laisser mener comme toujours par toutes ces choses qui tournent et nous entraînent, et désorientent la boussole de notre cœur. Pourtant il y aura toujours eu, dans une vie humaine, l’appel d’une liberté plus vraie, cette lueur qui est venue réveiller notre nostalgie de Dieu, notre soif de nous mettre à sa recherche, à sa suite.

Or l’étoile nous attire toujours, comme les mages, vers Jérusalem, vers l’Écriture (Mt 2,1), nous fait redécouvrir la communauté qui est capable de nous montrer le visage du Christ. Dieu nous a fait signe, il nous a touchés, attirés, séduits peut-être, mais cette expérience devra être comprise à la lumière des Écritures, comme le vivent les mages. Les mages ont fait l’expérience de l’appel personnel de Dieu, ils se sont déjà mis en route, mais ils ne peuvent pas trouver le Christ, sans passer par Jérusalem. On ne trouve pas le Christ directement sans passer aujourd’hui par l’Église. Là, ils apprennent qui est celui qui les attire, Jésus ! Ils apprennent à le trouver.

Quand nous comprenons que Dieu se manifeste dans nos vies, alors nous trouvons un goût neuf pour la Bible. On y cherche Dieu. Avant, on connaissait peut-être les Écritures aussi bien que les habitants de Jérusalem, mais comme eux on ne demandait pas grand-chose à la Bible, on n’avait pas vraiment soif. C’est l’étoile qui a donné soif aux mages d’entendre la Parole. Les mages se sont laissés interpeller par un Dieu vivant qui leur faisait signe. Ceux qui n’ont pas saisi que Dieu les appelle et les attire personnellement, ceux-là peuvent posséder les Écritures, les dogmes et toute la religion, sans vraiment rencontrer le Dieu vivant. Hérode et les grands prêtres, nous l’avons entendu (Mt 2,3), ont eu trop peur de lever les yeux vers le ciel, et d’y découvrir l’étoile, l’appel de Dieu. Trop peur de devoir perdre leur petit royaume, trop peur de reconnaître que Dieu se manifeste et que réellement il est vivant.

Mais nous, regardons l’étoile, redécouvrons tous ces signes par lesquels Dieu nous a manifesté et nous manifeste encore personnellement sa présence dans nos vies, et laissons-nous gagner par la joie qui s’éveille à ce moment-là. Regardons l’étoile, redécouvrons l’appel de Dieu, dans notre vie.

 « Quand ils virent l’étoile les mages éprouvèrent une très grande joie » (Mt 2,10). Laissons-nous conduire par la joie.

Philippe Link, prêtre / Merci 

----

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Que tous les peuples viennent s’unir à la famille des patriarches (…) Que toutes les nations, en la personne des trois Mages, adorent l’Auteur de l’univers » (saint Léon le Grand)

  • « Le mystère de Noël irradie la terre et se répand en cercles concentriques : la Sainte Famille de Nazareth, les bergers de Bethléem et, pour finir, les Mages qui constituent les prémices des peuples païens (Benoît XVI)

  • « L’Épiphanie est la manifestation de Jésus comme Messie d’Israël, Fils de Dieu et Sauveur du monde. Avec le baptême de Jésus au Jourdain et les noces de Cana, elle célèbre l’adoration de Jésus par des " mages" venus d’Orient (Mt 2, 1). Dans ces " mages ", représentants des religions païennes environnantes, l’Évangile voit les prémices des nations qui accueillent la Bonne Nouvelle du salut par l’Incarnation (…) » (Catéchisme de l’Eglise catholique n° 528)

Bon dimanche!

Jean-Yves 



vendredi 5 janvier 2024

Généalogie de Jésus Christ, fils d’Adam, fils de Dieu / (453,452)

Bonjour!

Samedi 6 janvier 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

Généalogie de Jésus Christ, fils d’Adam, fils de Dieu (Lc 3, 23-38)

Alléluia, Alléluia.
Ô Christ, né de la race des hommes,
tu es au-dessus de tout,
Dieu béni pour les siècles !
Alléluia. (cf. Rm 9, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

   Quand il commença, Jésus avait environ trente ans ;
il était, à ce que l’on pensait, fils de Joseph, fils d’Éli,
    fils de Matthate, fils de Lévi,
fils de Melki, fils de Jannaï, fils de Joseph,
    fils de Mattathias, fils d’Amos,
fils de Nahoum, fils de Hesli, fils de Naggaï,
    fils de Maath, fils de Mattathias,
fils de Séméine, fils de Josek, fils de Joda,
    fils de Joanane, fils de Résa,
fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri,
    fils de Melki, fils d’Addi,
fils de Kosam, fils d’Elmadam, fils d’Er,
    fils de Jésus, fils d’Éliézer,
fils de Jorim, fils de Matthate, fils de Lévi,
    fils de Syméon, fils de Juda,
fils de Joseph, fils de Jonam, fils d’Éliakim,
    fils de Méléa, fils de Menna,
fils de Mattatha, fils de Natham,
fils de David,
    fils de Jessé, fils de Jobed, fils de Booz,
fils de Sala, fils de Naassone,
    fils d’Aminadab, fils d’Admine, fils d’Arni,
fils d’Esrom, fils de Pharès, fils de Juda,
    fils de Jacob, fils d’Isaac,
fils d’Abraham, fils de Thara, fils de Nakor,
    fils de Sérouk, fils de Ragaou,
fils de Phalek, fils d’Éber, fils de Sala,
    fils de Kaïnam, fils d’Arphaxad,
fils de Sem, fils de Noé, fils de Lamek,
    fils de Mathusalem, fils de Hénok,
fils de Jareth, fils de Maléléel, fils de Kaïnam,
    fils d’Énos, fils de Seth,
fils d’Adam,
fils de Dieu.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Cette généalogie de Jésus que saint Luc retrace ici, à partir de Joseph et jusqu’à Adam, le premier homme, est une occasion pour revoir toute l’histoire de l’alliance de Dieu avec les hommes. Contempler l’histoire de Noé, de Moïse, de David c’est revoir cette histoire d’amour de Dieu pour les hommes. Amour auquel les hommes n’ont pas toujours répondu. C’est une histoire d’alliance, de trahison, de pardon. Au fond c’est un peu notre histoire à chacun de nous. Dieu nous a créés, il nous a aimés, il a voulu faire une alliance avec nous. Et parfois nous l’oublions, ou même nous le trahissons, et lui revient patiemment, pour nous relever de nos péchés.

Au temps de Jésus, il y avait une grande attente de la venue du Messie, et principalement pour deux raisons. En effet, une prophétie du livre de Daniel laissait penser que c’était bien à l’époque où Jésus est né que le Messie attendu par Israël devait venir. Et, de plus, avant que ne se manifeste Jean-Baptiste, il n’y avait plus eu de grands prophètes depuis environ deux siècles. Quand le Baptiste est arrivé, certains ont pensé que quelque chose de grand allait se passer. Certains ont même cru que c’était lui le Messie.

Et pourtant, comme la suite des Évangiles nous le montre, Jésus n’a pas été accueilli comme le Messie par tout le monde. Ceux qui connaissaient le mieux les Écritures, les pharisiens et les prêtres, sont précisément ceux qui ont refusé le plus violemment Jésus. Il était annoncé par les prophètes, et il a réalisé de nombreux signes, jusqu’à ressusciter des morts, mais ils n’ont pas cru en lui. Pour croire en Jésus il faut avoir le cœur ouvert, il faut rechercher avec sincérité la vérité. Et il faut être prêt à ce qu’il vienne changer notre vie, à laisser brûler en nous le feu qu’il est venu apporter sur la terre. Sans ces dispositions, nous ferons tout pour ne pas croire en lui, malgré toutes les prophéties que nous pourrons écouter et tous les miracles que nous pourrons voir. Pour croire en Jésus il faut apprendre à devenir humble et pauvre de cœur.

Seigneur, viens ouvrir mon cœur à ta présence, donne-moi la foi pour que je puisse te reconnaître comme le Messie. Et pas seulement comme un Messie qui est venu il y a deux mille ans, mais un Messie qui vient aussi dans notre monde, qui vient aussi pour sauver les hommes d’aujourd’hui.

Abbé Philippe Link / Merci!

-----


L'abbé Philippe a bien exploité ce texte des Écritures...

Bonne journée!


"Marcher dans la nature, c'est comme se trouver dans une immense bibliothèque où chaque livre ne contiendrait que des phrases essentielles." (Christian Bobin)

Jean-Yves 

jeudi 4 janvier 2024

C’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! / (453,429)

 Bonjour!

Vendredi 5 janvier 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

C’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! (Jn 1, 43-51)

Alléluia, Alléluia.
Aujourd’hui la lumière a brillé sur la terre.
Peuples de l’univers, entrez dans la clarté de Dieu.
Venez tous adorer le Seigneur !
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus décida de partir pour la Galilée.
Il trouve Philippe,
et lui dit :
« Suis-moi. »
Philippe était de Bethsaïde,
le village d’André et de Pierre.
Philippe trouve Nathanaël et lui dit :
« Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes,
nous l’avons trouvé :
c’est Jésus fils de Joseph,
de Nazareth. »
Nathanaël répliqua :
« De Nazareth
peut-il sortir quelque chose de bon ? »
Philippe répond :
« Viens, et vois. »
Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui,
il déclare à son sujet :
« Voici vraiment un Israélite :
il n’y a pas de ruse en lui. »
Nathanaël lui demande :
« D’où me connais-tu ? »
Jésus lui répond :
« Avant que Philippe t’appelle,
quand tu étais sous le figuier,
je t’ai vu. »
Nathanaël lui dit :
« Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu !
C’est toi le roi d’Israël ! »
Jésus reprend :
« Je te dis que je t’ai vu sous le figuier,
et c’est pour cela que tu crois !
Tu verras des choses plus grandes encore. »
Et il ajoute :
« Amen, amen, je vous le dis :
vous verrez le ciel ouvert,
et les anges de Dieu monter et descendre
au-dessus du Fils de l’homme. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

---+---

Commentaire...

Philippe n’était pas parmi les deux premiers disciples qui s’étaient mis à la suite de Jésus sur l’indication de Jean-Baptiste. Ce n’est que le lendemain, alors qu’il avait décidé de partir pour la Galilée, que Jésus rencontre Philippe et lui dit : « Suis-moi ». Pour Philippe comme pour André, cette première entrevue et les quelques heures passées avec le Maître furent déterminantes. 

Tous deux sont convaincus : celui que Jean-Baptiste avait désigné comme « l’Agneau de Dieu » (Jn 1, 36) est bien le Messie. Aussi ne peuvent-ils se taire : André court chercher son frère Simon, tandis que Philippe partage sa découverte avec Nathanaël. La présentation que donne Philippe laisse pressentir que l’enseignement proposé par Jésus à ses premiers disciples, portait déjà sur l’accomplissement des Écritures en sa personne : « Celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nous l’avons trouvé ». Suit une désignation tout à fait classique par le nom, la famille et l’origine géographique : « Jésus, fils de Joseph, de Nazareth ».

La remarque quelque peu désabusée de Nathanaël, est tout à fait pertinente : les Écritures ne parlent pas de Nazareth, mais désignent Bethléem comme lieu d’origine du Messie (Mi 5, 1). De fait, Jésus n’est pas « sorti de » Nazareth, mais du sein du Père, comme tout le 4ème évangile va tenter de nous le faire découvrir. Il est bien sûr « sorti » également du sein de la Vierge Marie, et précisément à Bethléem, conformément aux prophéties. Mais son origine n’est pas d’ici-bas : il n’est pas « fils de Joseph », mais « Fils de Dieu », comme Nathanaël le reconnaîtra un peu plus tard, au cours de son entrevue avec le Seigneur.

Décontenancé par la réaction sceptique de son ami, Philippe ne peut que se faire l’écho des paroles de Jésus lui-même : « Viens et tu verras ». Ce n’est pas au terme d’un raisonnement en bonne et due forme que nous pouvons arriver à la conclusion : « Jésus est le Messie ». Il s’agit d’une certitude de foi, qui ne peut être acquise que par la fréquentation assidue du Christ dont nous sommes devenus les compagnons. Ce n’est que dans un second temps, à la lumière de l’Esprit, que nous pouvons ensuite constater l’annonce prophétique de sa venue dans les Écritures, et déployer la cohérence rationnelle du projet de Dieu, que Jésus vient accomplir pour nous et parmi nous.

Aussi l’invitation « Viens et tu verras » devrait-elle être aujourd’hui comme hier, au cœur de la première annonce de la Bonne Nouvelle (kérygme), car seules la présence de Jésus, sa Parole vivante, et le rayonnement de son Esprit d’amour, peuvent triompher de nos résistances et entraîner notre adhésion.

Le mérite de Nathanaël est de ne pas s’obstiner dans son scepticisme, mais de demeurer ouvert à l’imprévu de Dieu, dont l’action au cœur de l’histoire est toujours déconcertante. Il consent à suivre Philippe, qui s’empresse de le conduire à Jésus. Il est remarquable que ce n’est pas Nathanaël qui le premier « voit » Jésus – alors que pourtant il doit le chercher avec curiosité – mais c’est Jésus qui « voit Nathanaël venir à lui » ; ce qui suppose – comme l’échange le confirme – que Notre-Seigneur avait posé son regard sur lui depuis bien longtemps : « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier » – c’est-à-dire alors que tu scrutais assidûment les Écritures pour y discerner le temps et le lieu de ma venue – je t’ai vu » – « j’ai vu ton effort, j’ai entendu ta prière, je connais ton désir. Tu es un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir et refuse les compromissions avec le monde, sous prétexte que le Messie tarde à venir. Sache que je suis descendu pour accomplir les Écritures, donner à mon peuple la pleine délivrance, et l’introduire dans son repos » (cf. Ex 3, 7-8). 

Percevant la portée messianique des propos de Jésus, Nathanaël reconnaît et confesse qu’il est l’Envoyé de Dieu – « le Fils de Dieu » – et le prophète de la fin des temps annoncé par Moïse (Dt 18, 15), qui devait introduire Israël dans sa patrie définitive et régner sur lui pour toujours – « le Roi d’Israël ».

La disponibilité spirituelle de son interlocuteur permet à Jésus de révéler solennellement – à Nathanaël et à tous les cœurs droits qui tout au long de l’histoire lui prêteront l’oreille de leur cœur : « Lorsque j’aurai été élevé de terre pour vous purifier du péché qui a fermé pour vous les portes du Paradis, “vous verrez les cieux à nouveau ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l’Homme intronisé sur le trône de sa Croix glorieuse. C’est à l’Heure où le Père me glorifiera, que vous saurez que JE SUIS” ».

Seigneur, donne-nous d’avoir faim et soif de toi ; ne permets pas que notre désir se disperse, mais unifie-nous dans la quête de l’unique nécessaire, sous la conduite de ton Esprit. Nous pourrons alors proclamer ta gloire et l’éclat de ton Règne, et confesser ta seigneurie et ta royauté universelles, toi le Fils de Dieu, le Vivant à jamais.

Abbé Philippe Link / Merci!

-----


Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 3 janvier 2024

« Nous avons trouvé le Messie » / (453,390)

Bonjour! 

Jeudi 4 janvier 2024


Voici la Parole  de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 35-42)

Alléluia, Alléluia.
À bien des reprises, Dieu, dans le passé,
a parlé à nos pères par les prophètes ;
à la fin, en ces jours où nous sommes,
il nous a parlé par son Fils.
Alléluia. (cf. He 1, 1-2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples.
Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit :
« Voici l’Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent ce qu’il disait,
et ils suivirent Jésus.
Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient,
et leur dit :
« Que cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent :
« Rabbi – ce qui veut dire : Maître –,
où demeures-tu ? »
Il leur dit :
« Venez, et vous verrez. »
Ils allèrent donc,
ils virent où il demeurait,
et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.
C’était vers la dixième heure, (environ quatre heures de l’après-midi).

André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples
qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus.
Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit :
« Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.
André amena son frère à Jésus.
Jésus posa son regard sur lui et dit :
« Tu es Simon, fils de Jean ;
tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Regardons André et son compagnon. L’un et l’autre sont disciples du Baptiste. Ils ont entendu parler du messie dont la venue est imminente. Ils ont entendu Jean quand il désigna Jésus, un jeune galiléen comme eux, disant de lui qu’il est l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde en nous baptisant dans l’Esprit. Ils ont entendu parler de Jésus et ils ont commencé à le suivre, sans avoir pourtant jamais dialogué avec lui. Ils le suivent sans le connaître personnellement.

Or voici que Jésus s’arrête, se retourne, leur parle. Ils entrent aujourd’hui dans un dialogue, dans une relation personnelle et profonde avec lui.

Jésus se retourne aujourd’hui, nous regarde et nous demande avec une grande douceur : « Que cherchez-vous ? » (Jn 1,38)

Aujourd’hui nous pouvons simplement dire oui à cette relation, à ce dialogue ; alors notre vie sera ponctuée, sera portée par un dialogue ininterrompu avec Jésus. Un dialogue souvent au-delà des mots. Un dialogue en profondeur, qui nous conduira, comme André et son compagnon, à « demeurer avec Jésus » (Jn 1, 39), à demeurer dans son amour (Jn 15, 9), à demeurer en Lui et Lui en nous (Jn 15, 4).

C’est une étape fondamentale de notre vie quand nous entrons dans une relation personnelle avec Jésus. On peut être très religieux, très pieux, et ne pas avoir encore rencontré Jésus. On peut être très érudit en théologie, et ne pas avoir encore rencontré Jésus.

Le jour de la première rencontre est inoubliable, comme pour André et son compagnon qui se souvinrent parfaitement que cette rencontre eut lieu à quatre heures de l’après-midi ! Comme pour Augustin qui se rappelait du jardin de Milan, ou Paul Claudel qui se souvenait près de quel pilier de la Cathédrale Notre Dame il se laissa rencontrer par le Seigneur le soir du 25 décembre 1886 !

Car cette rencontre est une rencontre qui nous transforme. Nous restons nous-mêmes, mais nous sommes transformés. Simon aujourd’hui reste Simon, mais il devient Pierre, Simon-Pierre (Jn 1, 42). Simon c’est celui qui a seulement entendu parler de Jésus. Pierre c’est Simon quand il se laisse rencontrer par Jésus, qu’il vit de lui, qu’il croit en lui, et reçoit de lui une vocation qui transfigure son existence.

En posant son regard sur nous, sur notre « destin humain », Jésus nous attire dans notre « destin divin ». C’est le ressuscité qui nous regarde, c’est le ressuscité qui s’unit à nous et demeure en nous.

Oui, Jésus pose son regard sur nous et vient s’unir à nous.

Venez et voyez, nous dit Jésus aujourd’hui, venez et voyez où je demeure. Je demeure en chacun de vous et par l’Eucharistie je renouvelle en vous ma présence et mon amour.

Abbé Philippe Link / Merci!

-----

Méditation

Frère Benoït Ente

Frère Benoït Ente

Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille - Maison du 60

Rien à voir


Où demeures-tu ? Quelle étrange question posent les deux disciples de Jean ! Il ne s'agit pas de déterminer un lieu géographique. La demande renvoie plutôt à la première question que Dieu pose à Adam : Où es-tu ? Jésus retrouve la juste place perdue par le premier homme. La suite du récit réserve une surprise plus grande encore. Les disciples « virent où il demeurait » mais rien n'est dit de ce qu'ils virent ! Nous savons juste qu'ils en ont été marqués au point d'amener chacun leur frère respectif à Jésus. Pourtant, ce qu'ils virent, nous le devinons dans une phrase que Jésus prononce au cours de son dernier repas : « Demeurez dans mon amour ».

Les disciples ont fait l'expérience d'un amour pur, humble et sans jugement, sans violence, sans tentative d'instrumentalisation, sans volonté de domination, dans le plein respect de leur liberté. Un accueil, une présence et une amitié offerte gratuitement, sans contrepartie. Ils ont vu que Jésus demeurait dans l'Amour du Père. Ils ont savouré la douceur et la paix que procure cet amour divin et ils en ont été comblés au point de reconnaître en Jésus le messie et d'en parler à leurs frères. Ainsi, ils sont devenus missionnaires. La mission n'est donc pas d'abord l'affaire de stratégies ou de moyens, elle est le résultat d'une expérience, celle de l'échange d'un regard entre Dieu et l'homme, celui de Jésus sur Pierre ou celui d'un nouveau-né sur nous.


Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Quelle belle journée ils ont passée ! Quelle belle nuit ! Construisons nous aussi dans nos cœurs, et préparons une maison digne, où le Seigneur viendra et nous instruira » (Saint Augustin)

  • « Trois vocations chez un homme : préparer, discerner, laisser croitre le Seigneur et diminuer soi-même. Un chrétien ne s’annonce pas lui-même, il en annonce un autre : le Seigneur. Et un chrétien doit être un homme qui sait s’humilier lui-même pour que le Seigneur grandisse dans l’âme des autres » (Pape François)

  • « Le thème du Christ Epoux de l’Eglise a été préparé par les prophètes et annoncé par Jean-Baptiste. Le Seigneur s’est lui-même désigné comme ‘l’Epoux’ (Mc 2,19). L’apôtre présente l’Eglise et chaque fidèle, membre de son Corps, comme une Epouse “fiancée” au Christ Seigneur pour ‘n’être avec Lui qu’un seul Esprit’ (…) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 796)

Le trésor de l’Évangile nous est confié pour que nous le partagions et que la Foi en Jésus le Christ soit pour tous ceux qui le découvriront une source intarissable de Paix, de Joie et d’Espérance !

Mgr Antoine Hérouard 

Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 2 janvier 2024

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » / (453,364)

 Bonjour!

Mardi 3 janvier 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


-----

ÉVANGILE

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)

Alléluia, Alléluia.
Le Verbe s’est fait chair,
il a établi parmi nous sa demeure.
À tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.
Alléluia. (cf. Jn 1, 14a.12a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui,
Jean le Baptiste déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde ;
c’est de lui que j’ai dit :
L’homme qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était.
Et moi, je ne le connaissais pas ;
mais, si je suis venu baptiser dans l’eau,
c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
Alors Jean rendit ce témoignage :
« J’ai vu l’Esprit
descendre du ciel comme une colombe
et il demeura sur lui.
Et moi, je ne le connaissais pas,
mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit :
“Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer,
celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”
Moi, j’ai vu, et je rends témoignage :
c’est lui le Fils de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

_____

Commentaire...

Le prophète n’est pas d’abord chargé d’annoncer des événements à venir ; mais de dévoiler l’action de Dieu au cœur des situations contemporaines. Son charisme propre lui permet de « voir » à la lumière de l’Esprit, ce qui n’est pas sensible et demeure dès lors invisible aux yeux de chair.

Jean « voit Jésus venir vers lui ». Selon les apparences sensibles, il reconnaît son cousin ; mais l’illumination spirituelle dont il jouit intérieurement, lui révèle la véritable identité de celui qui s’approche. Par deux fois, le Précurseur insiste : « Je ne le connaissais pas » ; sous-entendu : « Je croyais le connaître, mais j’ignorais sa véritable identité. Je le prenais pour le fils de la cousine de ma mère, et je découvre en cet instant, à la lumière de l’Esprit, qu’il est en réalité le Christ, le Messie. Aussi je le déclare : “Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde” ».

La formulation demeure énigmatique : que veut dire l’expression « Agneau de Dieu » ? L’agneau désigne sans aucun doute l’animal offert en sacrifice au jour de Pâque. Mais l’agneau pascal dont le sang devait éloigner l’Ange exterminateur (Ex 12, 23) était offert à Dieu. Or Jean désigne Jésus comme l’« Agneau de Dieu », c’est-à-dire offert par Dieu lui-même. De plus, l’agneau pascal n’enlevait pas le péché : il s’agissait d’un sacrifice de substitution par lequel Dieu acceptait de ne pas imputer à son peuple les péchés dont il s’était rendu coupable. 

Alors que Jésus est désigné comme celui « qui enlève le péché du monde » : non seulement la faute est effacée, mais la réconciliation offerte est universelle. « Jésus est apparu pour enlever les péchés – confirme Saint Jean dans la première lecture : tout homme – sans restriction ni exception – qui fonde sur lui une telle espérance, se rend pur comme lui-même est pur » (1ère lect.). Pour pouvoir intercéder en faveur des pécheurs, il faut en effet que notre « défenseur devant le Père soit Juste » (1 Jn 2, 1).

C’est donc au cœur du mystère de la Rédemption, que le Précurseur nous conduit en quelques mots. Le Père lui-même nous donne le véritable Agneau pascal, le seul qui puisse enlever le péché du monde : son propre Fils, « Jésus-Christ le Juste. Il est la victime offerte pour nos péchés ; et non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier » (1 Jn 2, 1-2).

Père, “comme il est grand l’amour dont tu nous as comblés : tu as voulu que par le sacrifice de ton Fils unique, nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes” (1ère lect.). Ne permet pas que nous “luttions contre toi” en commettant à nouveau le péché dont Jésus nous a purifiés à si haut prix ; mais garde nous dans ta grâce, afin que “lorsque ton Fils paraîtra, nous soyons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est” (Ibid.). Telle est l’espérance que nous fondons en lui, Père, afin d’être rendus saints comme lui-même est saint dans l’unique Esprit.

------

Abbé Philippe Link / Merci!

-----



Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 1 janvier 2024

« C’est lui qui vient derrière moi » / (453,327)

 Bonjour!

Mardi 2 janvier 224

Voici la parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« C’est lui qui vient derrière moi » (Jn 1, 19-28)

Alléluia, Alléluia.
À bien des reprises, Dieu, dans le passé,
a parlé à nos pères par les prophètes ;
à la fin, en ces jours où nous sommes,
il nous a parlé par son Fils.
Alléluia. (cf. He 1, 1-2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Voici le témoignage de Jean le Baptiste,
quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem
des prêtres et des lévites
pour lui demander :
« Qui es-tu ? »
Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement :
« Je ne suis pas le Christ. »
Ils lui demandèrent :
« Alors qu’en est-il ?
Es-tu le prophète Élie ? »
Il répondit :
« Je ne le suis pas.
– Es-tu le Prophète annoncé ? »
Il répondit :
« Non. »
Alors ils lui dirent :
« Qui es-tu ?
Il faut que nous donnions une réponse
à ceux qui nous ont envoyés.
Que dis-tu sur toi-même ? »
Il répondit :
« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert :
Redressez le chemin du Seigneur,
comme a dit le prophète Isaïe. »
Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.
Ils lui posèrent encore cette question :
« Pourquoi donc baptises-tu,
si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »
Jean leur répondit :
« Moi, je baptise dans l’eau.
Mais au milieu de vous
se tient celui que vous ne connaissez pas ;
c’est lui qui vient derrière moi,
et je ne suis pas digne
de délier la courroie de sa sandale. »

Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain,
à l’endroit où Jean baptisait.

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire....

La situation de l’homme après le péché est à proprement parler dramatique. Nous sommes aveugles spirituellement, incapables de voir Dieu, ni même de discerner sensiblement sa présence dans ses Envoyés. Comment faire alors pour nous prononcer sur l’identité profonde de Jésus de Nazareth ou de Jean le Baptiste ?

La question « Qui es-tu ? » revient avec une insistance angoissante dans l’Évangile de ce jour. Le Précurseur est assailli par les représentants des chefs religieux qui le somment de décliner son identité. Bien sûr, ils savent bien que ce Jean est le fils d’un de leurs collègues, le prêtre Zacharie ; cette généalogie-là est de l’ordre de l’évidence sensible. La question des émissaires venus de Jérusalem porte sur une autre identité, qui relève d’un engendrement invisible ; d’une naissance dans l’ordre spirituel, étroitement liée à une mission spécifique. La dernière formulation interrogative est significative : « Que dis-tu sur toi-même ? » Nul ne peut prendre se prononcer sur le mystère personnel d’un autre. Nous sommes nécessairement renvoyés à l’ordre du témoignage.

Ce qui est vrai pour le Précurseur l’est aussi pour le Messie qu’il annonce. En refusant de prendre en compte ce que Jésus disait de lui-même ; en récusant a priori son témoignage, les Juifs – et tant d’autres après eux – se sont eux-mêmes privés de l’accès au mystère de sa Personne. Bien sûr, il ne s’agit pas de donner sa foi au premier illuminé qui se déclare envoyé de Dieu ; il faut vérifier la crédibilité des témoins. Mais ce qui frappe dans le cas de Jésus et du Précurseur, c’est qu’ils se définissent par rapport à un autre : le Baptiste par rapport à « celui qui vient derrière lui et dont il n’est pas digne de défaire la courroie de sa sandale », et le Christ par rapport au « Père qui l’a envoyé et dont il accomplit les œuvres ». Cette humilité profonde avec laquelle tous deux expriment le mystère de leur intériorité en termes de relation à un « plus grand », est tout à l’opposé de l’auto-exaltation des faux prophètes. 

De plus, cette relation privilégiée n’est pas vécue dans un repli intimiste et exclusif, mais ils invitent au contraire leurs interlocuteurs à partager leur expérience. Le Baptiste est venu pour désigner le Messie ; Jésus est venu pour révéler le Père. Leur mission respective découle du consentement à un mouvement qui jaillit du plus profond de leur personne et auquel ils ont consenti, ouvrant ainsi un chemin sur lequel ils nous invitent à les suivre : la « voix qui crie à travers le désert » nous conduit jusqu’à la Parole ; et la Parole nous conduit jusqu’au Locuteur primordial : « le Père ».

Ce n’est qu’en acceptant d’entrer à notre tour dans ce mouvement, que nous pouvons en vérifier l’authenticité : « “ Venez et vous verrez ”. Ils l’accompagnèrent, ils virent où il demeurait et ils restèrent auprès de lui ce jour-là » (Jn 1, 39). C’est le Baptiste lui-même qui oriente ses propres disciples vers celui qu’il désigne comme « l’Agneau de Dieu » (Jn 1, 36). Ceux-ci reçoivent le témoignage de leur Maître et le quittent, pour poursuivre leur quête auprès de Jésus. Ils l’ont écouté, ils ont reçu son témoignage, ils ont cru, et à leur tour ils témoignent : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41). Nathanaël tentera bien d’argumenter : « De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ? » (Jn 1, 46), mais la rencontre personnelle avec Jésus le conduira lui aussi, non pas à « l’évidence » – car la découverte n’est pas sensible – mais à la certitude que ce Rabbi est « le Fils de Dieu, le Roi d’Israël » (Jn 1, 49).

La foi naît de cette rencontre avec le Christ vivant, éclairée par un double témoignage : celui de Jésus lui-même – pour nous à travers les Écritures lues en Église – et celui de l’Esprit Saint en nos cœurs. Tout homme qui s’ouvre à ce double témoignage « vient à la lumière » (Jn 3, 21) et confesse la Seigneurie du Christ. Celui qui refuse d’admettre que Jésus est le Christ fait de celui-ci un menteur, ainsi que l’Esprit qui le désigne et le Père qui témoigne en sa faveur. En « refusant ainsi à la fois le Père et le Fils », il atteste qu’il a refusé de s’ouvrir à l’Esprit Saint. Mais « ceux en qui demeure l’onction, qui est vérité et non pas mensonge, sont instruits de tout : ils n’ont pas besoin qu’on les instruise », car c’est lui, « l’Esprit de vérité, qui nous conduit dans la vérité tout entière » (Jn 16, 13).

« Toute notre perfection dépend de la fidélité qu’on a eue à coopérer aux mouvements du Saint Esprit et à suivre sa conduite ; et l’on peut dire que l’abrégé de la vie spirituelle consiste à remarquer les voies et les mouvements de l’Esprit de Dieu en notre âme, et à fortifier notre volonté dans la résolution de le suivre » (Louis Lallemand, 1587-1636).

Abbé Philippe Link

------


Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Faites attention à ces nouveaux et magnifiques prodiges : le Soleil de justice qui se purifie au Jourdain ; le feu, submergé dans l’eau ; Dieu sanctifié par le ministère d’un homme. Aujourd’hui toute la création retentit d’Hymnes : `Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur´» (Saint-Proclus de Constantinople)

  • « Jean Baptiste “s’incline” devant Dieu. C’est exactement ce que fait le Rédempteur : Dieu est en haut, mais Il s’incline vers le bas. Ce regard vers le bas est un travail : il me transforme moi et le monde » (Benoit XVI)

  • « La consécration messianique de Jésus manifeste sa mission divine (…). `Celui qui a été oint, c’est le Fils, et Il l’a été dans l’Esprit qui est l’Onction´ (Saint Irénée de Lyon). Sa consécration messianique éternelle s’est révélée dans le temps de sa vie terrestre lors de son baptême par Jean (…) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique nº 438)

Bonne journée!

Jean-Yves