jeudi 26 mai 2022

« Votre joie, personne ne vous l’enlèvera » / Bonne fête, Mgr Goudreault... / (385,972)

 Bonjour!

Vendredi 27 mai 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Votre joie, personne ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 20-23a)

Alléluia. Alléluia.
Le Christ devait souffrir
et ressusciter d’entre les morts
pour entrer dans la gloire.
Alléluia. (cf. Lc 24, 46.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
vous allez pleurer et vous lamenter,
tandis que le monde se réjouira ;
vous serez dans la peine,
mais votre peine se changera en joie.
La femme qui enfante est dans la peine
parce que son heure est arrivée.
Mais, quand l’enfant est né,
elle ne se souvient plus de sa souffrance,
tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine,
mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ;
et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Étonnante image : l’Homme nouveau est enfanté à la vie divine dans les douleurs d’accouchement de l’Eglise. Jésus ne fait aucune allusion directe à sa propre souffrance : tout est centré sur l’épreuve que devront traverser les disciples lorsque leur Maître leur sera enlevé.

Il est bon de réentendre que les souffrances de l’Eglise – et donc aussi les nôtres – font parties des douleurs d’accouchement du monde nouveau. Cependant, nos épreuves ne sont fécondes que par leur lien avec la Passion du Christ, qui est déjà celle de son Eglise, puisque « c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé » (Is 53, 4). C’est bien la souffrance de l’Eglise qui enfante l’Homme nouveau ; mais en tant que Tête de cette Eglise, le Christ passe le premier par les douleurs de l’enfantement. L’image de la femme qui accouche inclut donc le Fils de l’homme, qui récapitule en lui toute l’humanité, appelée à naître à la vie divine.

Dès lors, la naissance ne réjouira pas seulement le cœur de l’Eglise, mais elle sera partagée aussi par Jésus, qui aura traversé victorieusement les douleurs de l’enfantement. C’est même la vision du Ressuscité qui libèrera cette joie : « Vous aussi maintenant vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ». De même que par le mystère de l’incarnation, le Verbe s’est fait solidaire de nos souffrances, par le mystère de la résurrection, il nous rend participant de sa joie, la joie de l’Esprit, que « personne ne nous enlèvera ».

Jésus nous présente une fois de plus la rédemption comme un étonnant mystère de solidarité : le Fils de Dieu se fait « homme des douleurs » (Is 53, 4), afin de déverser la vie et la joie divines dans nos morts et nos tristesses humaines. Puissions-nous nous souvenir de ce mystérieux échange et ne pas contrister l’Esprit en refusant d’accueillir pleinement la fécondité de la croix glorieuse dans nos vies. Nous pourrons alors répondre amour pour amour, accomplissant joyeusement dans notre chair ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ pour son corps qui est l’Eglise (cf. Col 1, 24).

“Sois sans crainte, continue à parler, ne reste pas muet. Je suis avec toi. Dans cette ville, j’ai à moi un peuple nombreux” (1ère lect.) : c’est aujourd’hui, Jésus, que tu redis cette parole à chacun de nous. Tu veux que nous annoncions “aux pauvres la bonne nouvelle du salut ; aux captifs la délivrance ; aux affligés, la joie” (Pr. Euch. IV) ; à tous tu veux que nous proclamions que tu t’es livré toi-même à la mort, pour que nous puissions vivre de ta vie et entrer dans ta joie, ta paix et ta lumière. Envoie encore sur nous ton Esprit, qu’il ouvre nos yeux à ton appel, et que nous ayons le courage de prendre généreusement notre part de souffrance (cf. 2 Ti 2, 3) pour l’annonce de l’Evangile.


Abbé Philippe Link // Merci!

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Pensées pour l'Évangile d'aujourd'hui...

  • « A la naissance du Seigneur, les anges chantent remplis de joie. Comment, donc, la petitesse de l’homme ne pourrait-elle pas se réjouir devant cette œuvre inénarrable de la miséricorde divine, quand même les chœurs sublimes des anges y trouvaient un plaisir si intense ? » (Saint Léon le Grand)

  • « N’importe quelle raison peut effacer la joie de l’homme, n’importe quelle difficulté. Mais cette joie, que le Seigneur nous donne, nous fait profiter de l’espoir de le rencontrer, même dans les moments les plus obscurs » (François)

  • « (…) Le Christ qui a tout assumé afin de tout racheter est glorifié par les demandes que nous offrons au Père en son Nom (cf. Jn14, 13). C’est dans cette assurance que Jacques et Paul nous exhortent à prier en toute occasion » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 2.633)



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* La vie nous est donnée à chaque matin 

pour que nous puissions la partager 

avec ceux et celles qui nous aiment, 

ceux et celles à qui nous rendons des services 

selon nos talents et nos possibilités.


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«Tout est appel, tout est signe.

Il nous suffit, en réalité de porter attention.

(Mgr Pierre Goudreault)


BONNE FÊTE! MGR PIERRE!


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Diacre

au cœur de ce monde,

le monde d'aujourd'hui...


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Bonne journée!

Jean-Yves


mercredi 25 mai 2022

« Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel » / L'Église et l'expérience de la synodalité: un "portrait chinois" / (385,929)

 Bonjour!

Jeudi 26 mai 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel » (Lc 24, 46-53)

Alléluia. Alléluia.
De toutes les nations, faites des disciples,
dit le Seigneur.
Moi, je suis avec vous tous les jours
jusqu’à la fin du monde.
Alléluia. (Mt 28, 19a.20b)



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples,
            leur dit :
« Il est écrit que le Christ souffrirait,
qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
    et que la conversion serait proclamée en son nom,
pour le pardon des péchés,
à toutes les nations,
en commençant par Jérusalem.
    à vous d’en être les témoins.
    Et moi, je vais envoyer sur vous
ce que mon Père a promis.
Quant à vous, demeurez dans la ville
jusqu’à ce que vous soyez revêtus
d’une puissance venue d’en haut. »
    Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ;
et, levant les mains, il les bénit.
    Or, tandis qu’il les bénissait,
il se sépara d’eux
et il était emporté au ciel.
    Ils se prosternèrent devant lui,
puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.
    Et ils étaient sans cesse dans le Temple
à bénir Dieu.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Une grande espérance découle de la fête de l’Ascension. Mais qu’en est-il pour aujourd’hui ? Nos pauvretés nous pèsent, nos croix nous écrasent à ras de terre. Comme il semble souvent bien loin et inaccessible ce ciel tant désiré !

Mais détrompons-nous et laissons de côté toutes nos illusions. Le ciel n’est pas au bout de nos mérites et de nos vertus. Le ciel est offert gratuitement aux pauvres, aux petits qui ne peuvent s’élever par eux-mêmes. Ceux qui s’élèvent par eux-mêmes ont déjà leur récompense, mais ceux qui se reconnaissent pécheurs et s’abaissent devant Celui sans qui ils ne peuvent rien faire, ceux-là seront élevés et consolés par le Père.

Il n’y a qu’une échelle qui nous fasse monter, c’est celle de l’humilité. Cette échelle se monte en descendant, en consentant à ce que nous sommes. Il faut la monter en s’abaissant. «Qui s’abaisse sera élevé» dit Jésus.

Qui désespèrerait quand le bon larron espère, cloué sur sa croix ! Son humilité, malgré toutes ses fautes, l’a hissé aux portes du paradis avec Jésus. Écoutons à nouveau l’exhortation de Paul : « Ayez beaucoup d’humilité, de douceur, de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour (…)
en vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu’à lui » (Ep 4,1-13). Seul l’amour empreint d’humilité nous ouvre les portes du ciel. Notre propre ascension est impossible sans cette descente de nos fausses hauteurs, sans l’abandon de la vaine gloire. C’est en descendant, en se vidant de soi, par un don sans réserve, que l’on devient réellement semblable à Dieu.

Être semblable à Dieu, voilà ce que Dieu désire pour nous à travers l’ascension de son Fils. A nous maintenant de ne pas décevoir son espérance.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Le Christ est un seul corps composé de plusieurs membres. Il est descendu, donc, du ciel, par sa miséricorde, mais Il n’est plus monté tout seul, puisque nous sommes montés nous aussi en Lui par la grâce » (Saint Augustin)

  • « Le Seigneur attire le regard des Apôtres - notre regard - vers le ciel pour leur montrer comment parcourir le chemin du bien pendant la vie sur la terre. Nous pouvons écouter, voir et toucher le Seigneur Jésus dans l’Eglise, surtout à travers la Parole et les sacrements » (Benoît XVI)

  • « Au ciel le Christ exerce en permanence son sacerdoce, "étant toujours vivant pour intercéder en faveur de ceux qui par lui s’avancent vers Dieu" (He 9, 25). Comme "grand prêtre des biens à venir" (He 9, 11), il est le centre et l’acteur principal de la liturgie qui honore le Père dans les cieux » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 662)



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Notre expérience de la synodalité en images...

Note: Actuellement, les diocèses du monde sont à écrire leur rapport qui découlent des rencontres qu'ils ont eues avec leurs différents groupes formés pour répondre à des questions sur la synodalité dans l'Église, à la demande du pape François. J'ai relevé un paragraphe de conclusion d'un diocèse français, (celui de Créteil), qui a fait un portrait un peu particulier de l'Église qu'ils appelle "portrait chinois". Ce portrait est assez général pour intéresser toute les Églises diocésaines, je pense... 

Voici cette présentation:

«Nous avons affiné le «portrait chinois» de l'Église:
La synodalité nous fait saisir l'Église comme une personne, dont chacun détient une part du mystère. Pour la connaitre, il est nécessaire de garder toujours en conscience que notre part n'est que partielle, et que nous ne sommes en mesure d'esquisser son identité qu'à la seule condition de pouvoir échanger entre nous.

La pratique de la synodalité nous fait chercher le visage de l'Église, qui voit, qui entend, qui sent, qui agit, avec: 
- des yeux pour voir et contempler ce qui est donné à vivre en partant des expériences des uns et des autres;
- des oreilles pour se mettre à l'écoute de l'Esprit Saint pour entendre la vie des hommes de notre temps et la Parole de Dieu;
- une bouche pour donner et prendre la parole, afin que chacun puisse participer à la vie de l'Église;
- des mains pour accueillir, agir, servir, prier dans un esprit fraternel comme Jésus nous y invite;
- un nez pour sentir ce qui se passe, ce qui est bon, ce qui est souhaitable, pour prendre le bon chemin, discerner et choisir avec d'autres.

Voilà, ce diocèse français en a conclut ainsi... Cela peut s'appliquer à toutes les Églises.   Merci!  

  

Bonne journée!

Jean-Yves


mardi 24 mai 2022

«J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire» / (385,892)

 Bonjour!

Mercredi 25 mai 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


 (Jn 16,12-15): «J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même: il redira tout ce qu'il aura entendu; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi; voilà pourquoi je vous ai dit: Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître».

Commentaire: Abbé Àlex SERRA (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire»

Aujourd'hui, c'est un jour spécial : Imagine la journée classique où tu es avec ta famille ou tes amis, et tu as beaucoup de choses à leur raconter. Cela fait peut-être longtemps que tu ne les vois pas ou tu rentres d'un grand voyage ou, simplement, tu as eu une journée pleine d'expériences. Tu veux tout expliquer, mais tu n'as pas assez de temps. Et bien c'est ce qui est arrivé à Jésus. C'est pour cela qu'Il dit : "J'ai encore beaucoup de choses à vous dire" (Jn 16,12).

Imaginons Jésus avec ses meilleurs amis, les disciples, en train de leur dire que lorsqu'ils auront l'Esprit de vérité – c'est-à-dire son propre Esprit – ils prêcheront sans peur dans le monde entier, avec une envie spectaculaire, et qu'ils auront une vie fantastique avec Lui. Cela ne veut pas dire que n'où n'aurons pas de problèmes, mais que nous les affronterons d'une autre manière, car avec l'Esprit de Dieu tout est possible. L'Esprit renouvelle tout, il démasque nos craintes, il change notre vie, nous fait sortir de ce qui nous semble confus, nous aide à aimer ceux que l'on a du mal à aimer… et que chacun pense à ce dont il a besoin que le Seigneur change dans sa vie.

Tout ceci est ce qui transmet et annonce l'Esprit. Une vie nouvelle où nous affrontons avec l'Esprit du Seigneur le non-sens que nous pouvons vivre et, comme l'a dit le Pape François en l'an 2020, au cours de la Messe de Pentecôte marquée par le confinement à cause du Covid-19, une vie de don ! Voilà le fruit de l'Esprit : le don pour les autres, pour l'unité entre les disciples. Nous recevons l'Esprit, mais par pour nous, pour les autres, pour ceux qui sont à nos côtés, peu importe qui ils sont.

Pourvu qu'aujourd'hui nous soyons de fidèles disciples du Seigneur ou, plus exactement, qu'aujourd'hui nous soyons de vrais amis de celui qui nous donne la Vie et que nous nous demandions : si je suis le disciple du Seigneur, comment vais-je m'offrir aux autres ? Est-ce que je leur donne ma vie ?

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « De cette communion avec l'Esprit viennent la pénétration des mystères, la distribution des dons de grâce, la vie surnaturelle ; de là proviennent la permanence dans la vie divine et le désir le plus sublime : que l'homme devienne comme Dieu » (Saint Basile le Grand).

  • « La Pentecôte est ceci : Jésus, et à travers Lui Dieu lui-même, vient à nous et nous attire en Lui. "Il envoie l'Esprit Saint" - ainsi s'exprime l'Ecriture. Quel effet cela a-t-il ? Je voudrais tout d'abord noter deux aspects : l'Esprit Saint, à travers lequel Dieu vient à nous, nous apporte la vie et la liberté (Benoît XVI)

  • « Tous les fidèles ont part à la compréhension et à la transmission de la vérité révélée. Ils ont reçu l’onction de l’Esprit Saint qui les instruit et les conduit vers la vérité toute entière (cf. Jn 16, 13) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 91)

lundi 23 mai 2022

« Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous »( / 345,850)

 Bonjour!

Mardi 24 mai 2022

Voici la parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous » (Jn 16, 5-11)

Alléluia. Alléluia.
Je vous enverrai l’Esprit de vérité, dit le Seigneur ;
il vous conduira dans la vérité tout entière.
Alléluia. (cf. Jn 16, 7.13)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé,
et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?”
Mais, parce que je vous dis cela,
la tristesse remplit votre cœur.
Pourtant, je vous dis la vérité :
il vaut mieux pour vous que je m’en aille,
car, si je ne m’en vais pas,
le Défenseur ne viendra pas à vous ;
mais si je pars, je vous l’enverrai.
Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde
en matière de péché, de justice et de jugement.
En matière de péché,
puisqu’on ne croit pas en moi.
En matière de justice,
puisque je m’en vais auprès du Père,
et que vous ne me verrez plus.
En matière de jugement,
puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La remarque de Jésus – « aucun de vous ne me demande : “où vas-tu ?” » – surprend, car Pierre avait déjà posé la question : « Seigneur où vas-tu ? (Jn 13,36) » ; et Thomas à son tour avait renchéri : « Seigneur nous ne savons même pas où tu vas, comment en connaîtrions-nous le chemin ? (Jn 14,5) ». Mais il est probable que la suite du discours d’adieu de leur Maître avait guéri les disciples de toute curiosité : résignés à la mort de leur Maître – peut-être même à la leur – ils se sont enfermés dans le mutisme et ont sombré dans la tristesse.

C’est pourquoi Jésus relance lui-même leur demande, afin de réveiller leur désir, de leur faire comprendre que son départ n’est pas une perte, mais un profit ; que loin de les abandonner, il continue sa trajectoire victorieuse, et accomplit le dessein d’amour du Père en leur faveur, fût-ce à travers le passage obscur de la Croix et de l’absence apparente.

La venue de l’Esprit ne semble plus soumise à aucune autre condition que le départ de Jésus, c’est-à-dire son exode pascale, qui l’établit dans une parfaite communion avec le Père ; à tel point que la participation de celui-ci dans l’envoi de l’Esprit n’est même plus mentionnée : « Je vous l’enverrai ».

La mission de cet autre Paraclet est encore et toujours signifiée par des verbes appartenant au vocabulaire du droit, suggérant à nouveau le cadre d’un procès. Le ton est solennel : l’Esprit fait la vérité ; il a l’initiative et s’impose avec autorité. Il mettra successivement en lumière : (1) le péché du monde ; (2) la justice de Dieu en son Fils Jésus ; (3) le jugement du monde. Explicitons brièvement ce triple ministère de l’Esprit.

(1) Dans le quatrième Evangile, l’unique péché dont tous les autres découlent, est le refus de croire en l’Envoyé du Père. Or la glorification de Jésus sera la preuve irréfutable qu’il est bien le Fils unique du Père. En remontant vers lui après avoir accompli la mission que celui-ci lui a confiée, il démontre la vérité de sa Parole, et par le fait même, met en lumière « l’erreur du monde ».

(2) Le départ de Jésus vers le Père attestera également la malice de sa « condamnation », car Dieu n’accueille pas auprès de lui les blasphémateurs. L’absence – « Vous ne me verrez plus » – discernée dans la foi, conduit à la proclamation de la glorification du Fils, rétabli par le Père dans son « bon droit ». C’est ce que le disciple bien-aimé comprendra en découvrant le tombeau vide : « Il vit et il crut » (20,8) ; il vit l’absence et cru en l’exaltation du Fils de l’Homme, conformément à ce qu’avaient annoncé les Ecritures (Jn 20,9).

(3) Enfin « l’erreur » judiciaire permettra de faire justice, car à travers le drame de la mort de l’Innocent, c’est paradoxalement celui qui croyait triompher, le « Prince de ce monde », qui « est déjà condamné ». Le procès du Christ aboutit finalement au « jugement de ce monde : maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors » (Jn 12,31).

Tel est le triple témoignage que l’Esprit rend aux croyants, afin qu’à leur tour ils en témoignent devant le monde. Aujourd’hui comme hier, poussés par l’Esprit, nous avons à dénoncer le péché d’incrédulité, et à proclamer la glorification de Jésus, Seigneur et Sauveur. Mais notre témoignage ne sera crédible que si nous manifestons par notre conversion concrète, que le Prince de ce monde a effectivement été jeté hors de notre vie.

Puissions-nous pleinement accueillir cette libération afin d’entrer dans la liberté des enfants de Dieu sur lesquels l’Ennemi n’a plus de prise, et devenir des témoins intrépides de le Bonne Nouvelle : « Christ le même, hier, aujourd’hui et à jamais » (He 13,8).


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Qui, après avoir entendu les noms que l’on donne à l’Esprit, ne se sent pas encouragé et n’élève pas sa pensée vers la nature divine ? "Esprit ferme", "Esprit généreux", "Esprit Saint" sont ses qualificatifs propres et particuliers » (Saint Basile le Grand)

  • « L’Esprit Saint nous convertit en fils et filles de Dieu. Il nous donne la même responsabilité que Dieu par rapport à son monde, à l’humanité tout entière. Il nous apprend à regarder le monde, les autres et nous-mêmes avec les yeux de Dieu » (Benoît XVI)

  • « Depuis Pâques, c’est l’Esprit Saint qui "confond" le monde en matière de péché (Jn 16,8-9), à savoir que le monde n’a pas cru en Celui que le Père a envoyé. Mais ce même Esprit, qui dévoile le péché, est le Consolateur qui donne au cœur de l’homme la grâce du repentir et de la conversion » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 1.433)


     Prions      
pour nos prêtres des diocèses 
de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et de Rimouski 
qui sont présentement en retraite au Cénacle,
à Cacouna.
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Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 22 mai 2022

« L’Esprit de vérité rendra témoignage en ma faveur » / «La joie de croire» Nouvel archevêque de Paris. / (385,800)

 Bonjour!

Lundi 23 mai 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« L’Esprit de vérité rendra témoignage en ma faveur » (Jn 15, 26 – 16, 4a)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit de vérité,
rendra témoignage en ma faveur, dit le Seigneur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage.
Alléluia. (cf. Jn 15, 26b.27a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand viendra le Défenseur,
que je vous enverrai d’auprès du Père,
lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père,
il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage,
car vous êtes avec moi depuis le commencement.
Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés.
On vous exclura des assemblées.
Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront
s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu.
Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi.
Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela :
quand l’heure sera venue,
vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus se présente comme le sujet actif de l’envoi de l’Esprit. L’Esprit est l’acte d’amour du Père dans lequel il engendre le Fils, et conjointement l’acte d’adoration filiale par lequel le Verbe témoigne sa reconnaissance au Père.

Cet amour réciproque est absolu, exclusif. Si l’amour du Père peut nous rejoindre, nous envelopper, nous engendrer nous aussi à la vie divine, c’est parce que le Fils nous le donne en partage. C’est donc bien lui qui nous envoie l’Esprit d’auprès du Père.

Or l’amour rapproche, unit l’amant et l’aimé ; c’est ce que fait l’Esprit : il nous rapproche de Jésus, nous fait entrer dans son intimité, nous le fait connaître et nous introduit progressivement dans « la vérité tout entière » (Jn 16, 13) en nous révélant son identité et sa mission.

C’est en ce sens que l’Esprit d’amour est aussi « l’Esprit de vérité », qui rend témoignage à Jésus dans le grand procès que le monde lui intente, et qui se poursuivra depuis Pilate jusqu’à son retour glorieux. Seul celui qui est instruit par le Défenseur céleste du Christ, peut valablement témoigner de lui devant les hommes. Non seulement par la parole, « en rendant compte de l’espérance qui l’habite » (1 P 3,15), mais aussi et surtout par la transformation de sa vie, de plus en plus conforme à celle de Jésus, mettant en œuvre ses enseignements et ses préceptes.

Par le fait même, les accusations portées contre le Maître atteindront également le disciple, qui subira le même sort que celui en faveur de qui il témoigne. Mais en tout cela, le disciple n’est pas seul : l’Esprit de vérité qui repose sur lui, l’unit à Jésus au point que le témoin ne fait plus qu’un avec celui dont il témoigne. Unis ainsi à notre Maître nous pourrons nous approprier ses propres paroles devant nos détracteurs : « Vous ne croyez donc pas que je suis dans le Christ et que le Christ est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c’est le Christ qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres œuvres » (cf. Jn 14, 10).

C’est bien ce qui ressort de la lecture des lettres apostoliques : que ce soit saint Paul, saint Pierre, saint Jacques ou saint Jean, c’est toujours l’unique et même Christ qui parle à travers eux, par la médiation de l’inspiration dont ils bénéficient. Certes ils ne sont pas que des instruments passifs traversés par le souffle de l’Esprit ; Dieu respecte ses collaborateurs humains : chacun parle tel qu’il est, modelé par sa culture, son histoire personnelle, son tempérament. Mais en chacun d’eux, c’est le même Seigneur qui s’exprime et qui à travers leur témoignage, nous rejoint dans l’aujourd’hui de notre propre cheminement.

Sans doute ne sommes-nous pas « inspirés » au sens où l’ont été ces témoins privilégiés que le Seigneur a mis à part pour être ses porte-paroles « officiels » pour l’Église de tous les temps ; mais l’Esprit repose bien réellement sur nous en vue d’une collaboration efficace pour l’annonce de l’Évangile. Ne prétextons donc pas de notre incapacité : ce serait offenser l’Esprit que Jésus a envoyé sur nous d’auprès du Père, et qui est tout disposé à témoigner à travers nous, pourvu que nous le laissions agir.

Le plus simple est encore d’éprouver concrètement cette collaboration. Par exemple en demandant à l’Esprit de conduire les événements de notre journée de manière à lui donner l’occasion de porter témoignage au Christ. Et ne soyons pas surpris que cela se réalise : l’Esprit de vérité ne saurait mentir !

Seigneur Jésus, tu sais bien que nous ne sommes pas très courageux lorsqu’il s’agit de témoigner de notre foi. 

De nos jours il suffit de prononcer ton Nom, pour qu’apparaissent les sourires moqueurs et que fusent les paroles ironiques, voire sarcastiques – quand elles ne sont pas franchement hostiles ou agressives. 

Il est si facile de biaiser, de nous débiner, de trouver de bonnes excuses pour nous taire : le respect de la liberté de l’autre, des règles de la laïcité, de la tolérance, etc… ; autant de motifs que nous ont enseigné …les détracteurs de l’Evangile ! 

Saint Esprit, nous voulons compter sur ton aide qui ne nous fait jamais défaut ; donne-nous assez de liberté intérieure et de simplicité pour partager à temps et à contretemps ce que nous avons de plus précieux : notre appartenance au Seigneur Jésus. 

Oui nous croyons que c’est toi, Esprit de vérité, qui rend témoignage en nous ; et c’est encore toi qui “ouvre l’esprit de notre interlocuteur pour le rendre attentif à ce que nous disons” (cf. 1ère lect.). 

Dans de telles conditions, de qui aurions-nous peur ? “Proclamons avec assurance les éloges de Dieu” (Ps 149) ; et nous trouverons dans la confession de son nom notre “joie et notre fierté” (Ibid.). »


Abbé Philippe Link / Merci!

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«La joie de croire»
C'est la devise épiscopale de Mgr Laurent Ulrich
qui a été accueilli aujourd'hui 
comme nouvel archevêque du Diocèse de Paris.
"Nous avons une espérance à énoncer."
«Nous ne manquons pas de modèles ni d'intercesseurs.»
(Mgr Laurent Ulrich)
Félicitations! et
fructueux ministère!
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Bonne journée!

Jean-Yves 


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samedi 21 mai 2022

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.» / (385,756)

«Garde un regard contemplatif sur ta vie et sur la vie du monde.»

Mgr Yvon Joseph Moreau 

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Bonjour!

Dimanche 22 mai 2022

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Si quelqu’un m’aime,
il gardera ma parole ;
mon Père l’aimera,
nous viendrons vers lui
et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
    Celui qui ne m’aime pas
ne garde pas mes paroles.
Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi :
elle est du Père, qui m’a envoyé.
    Je vous parle ainsi,
tant que je demeure avec vous ;
    mais le Défenseur,
l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout,
et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

    Je vous laisse la paix,
je vous donne ma paix ;
ce n’est pas à la manière du monde
que je vous la donne.
Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
    Vous avez entendu ce que je vous ai dit :
Je m’en vais,
et je reviens vers vous.
Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie
puisque je pars vers le Père,
car le Père est plus grand que moi.
    Je vous ai dit ces choses maintenant,
avant qu’elles n’arrivent ;
ainsi, lorsqu’elles arriveront,
vous croirez. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne, ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne » (Jn 14,27).
 Qu’est-ce donc que cette paix qui est propre à Jésus et qu’il nous donne ?

Cette paix que le monde ne connaît pas, c’est sa condition de Fils du Père. La paix de Jésus, c’est ce lien de communion, cet échange de vie et d’amour entre le Père et le Fils. Jésus est dans la paix car il se sait Fils éternel. Il invite ses disciples à se réjouir de son retour vers le Père car ce qui fait vivre le Fils, c’est d’être auprès de son Père.

En donnant sa paix, Jésus nous permet d’entrer avec lui dans l’intimité du Père. Il nous partage sa condition de Fils. Il nous agrège à son être filial. La paix que Jésus donne est plus qu’une sensation de bonheur, de joie : c’est une recréation de notre être. En nous donnant sa paix, Jésus nous filialise, il filialise notre chair, il filialise nos désirs, il filialise nos pensées, il filialise notre agir.

En déployant en nous sa filialité, il nous sauve du péché fondamental qui est le refus de la paternité de Dieu.
Cette paix de Jésus nous libère de la recherche d’être vu, admiré, reconnu car désormais toute gloire est rendue au Père. Celui qui est filial n’a rien en lui qui pourra donner prise au Prince de ce monde. L’extérieur peut tomber en ruine, l’être intérieur reste inattaquable.

Être dans la paix du Christ, c’est être totalement tourné vers le Père, c’est faire mourir ce qui n’est pas filial en nous, c’est laisser jaillir le cri des enfants de Dieu : « Abba, Père » ! Il n’y aura donc pas d’expérience de la paix de Jésus dans notre vie, s’il n’y a pas ce désir préalable de la conversion, du retournement de notre être vers le Père. Notre désir doit être celui de Jésus : revenir vers le Père. Notre joie doit être celle de Jésus : aimer le Père et faire tout ce qu’il nous commande.

Être fils dans le Fils, voilà l’effet sur nous du don de la paix de Jésus. On comprend la joie de Jésus en nous donnant sa paix. Qu’elle descende sur nous en ce dimanche 
afin que le monde sache que nous aimons le Père et qu’il a fait de nous son Temple Saint. Lui en nous et nous en lui.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Prions 
pour les trois enfants 
que je baptiserai cet après-midi 
à la cathédrale et pour leurs parents. 

Bon dimanche!

Jean-Yves 


vendredi 20 mai 2022

« Vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde » / Temps de retraite pour les diacres et leur épouse... / (385,729)

 Bonjour!

Samedi 21 mai 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde » (Jn 15, 18-21)

Alléluia. Alléluia.
Si vous êtes ressuscités avec le Christ,
recherchez les réalités d’en haut :
c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Alléluia. (Col 3, 1)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Si le monde a de la haine contre vous,
sachez qu’il en a eu d’abord contre moi.
Si vous apparteniez au monde,
le monde aimerait ce qui est à lui.
Mais vous n’appartenez pas au monde,
puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ;
voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous.
Rappelez-vous la parole que je vous ai dite :
un serviteur n’est pas plus grand que son maître.
Si l’on m’a persécuté,
on vous persécutera, vous aussi.
Si l’on a gardé ma parole,
on gardera aussi la vôtre.
Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom,
parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Être dans le monde sans être du monde. Ainsi pourrait se résumer la condition du chrétien ici-bas. Dans l’évangile de ce jour, saint Jean nous rappelle que nous appartenons au Christ et non pas au monde en son sens négatif avec ses valeurs qui nous enchaînent plus qu’elles nous libèrent. Nous sommes « chrétiens », c’est-à-dire disciples du Christ. C’est lui qui est notre maître. Il nous a choisis en nous prenant dans le monde pour nous introduire dans une relation privilégiée d’amour avec lui. Dès lors, le fondement de nos actions et de nos paroles ne se trouvent plus dans le monde, dans la pensée commune du moment, mais dans la personne même du Christ.

« Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. » Si nous sommes vraiment unis au Christ comme les sarments à la vigne, nous partagerons avec lui le rejet qu’il dut subir de la part de ce monde sous l’emprise du mal et du péché.

La qualité de notre communion au Seigneur se vérifiera donc aussi dans la réaction du monde à notre égard. En effet, on ne peut être à la fois du Christ et du monde. L’esprit du monde ne peut tolérer que quelque chose échappe à son pouvoir, à sa domination : « Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait, car vous seriez à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde […] ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. » C’est la seconde raison donnée par le Seigneur à la haine du monde à l’égard de ses disciples, révélant au passage l’enfermement et le repli narcissique d’un monde marqué par le péché et séparé de Dieu. C’est bien le sens que recouvre ici le terme « monde » : ceux qui demeurent dans les ténèbres parce qu’ils refusent d’accueillir la lumière venue éclairer tout homme (cf. Prologue de saint Jean).

Ces propos de Jésus nous mettent devant le combat spirituel qui habite chacune de nos journées. Car il ne s’agit pas de fuir notre condition humaine au cœur de la cité terrestre. Si Dieu nous a libérés de l’emprise du monde c’est pour qu’à son exemple nous puissions l’aimer en vérité, jusqu’au bout… : « Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique, ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. » (Cf. Jn 3, 16) Au deuxième siècle, l’auteur de l’épître à Diognète, en parlant des chrétiens, écrivait : « Ils aiment tous les hommes et tous les persécutent. On les méconnaît, on les condamne ; on les tue et par là ils gagnent la vie. Ils sont pauvres et enrichissent un grand nombre. Ils manquent de tout et ils surabondent de toutes choses. On les méprise et dans ce mépris ils trouvent leur gloire. On les calomnie, ils sont justifiés. On les insulte et ils bénissent. On les outrage et ils honorent. […] Châtiés, ils sont dans la joie comme s’ils naissaient à la vie. »

Décidément, comme nous le rappelle Jésus, « le disciple n’est pas au-dessus du maître ». Mais, le disciple sait aussi que le Maître a vaincu le monde. Il sait qu’en Jésus, mort et ressuscité, la vie a triomphé de la mort. Le disciple croit en la Parole de vie et de salut du Maître et n’a pas d’autre plus grand désir qu’elle vienne éclairer ceux dont les cœurs sont encore prisonniers des ténèbres.

Seigneur, nous connaissons la soif de nos contemporains. Tu nous as fait la grâce de pouvoir nous abreuver à la seule Source capable de désaltérer le cœur de l’homme. Puissions-nous par le témoignage de notre charité jusqu’au cœur de l’adversité la plus violente conduire nos frères et sœurs en humanité à croire en toi et à reconnaître en toi celui qui donne sens à leur vie en ce monde.


Abbé Philippe Link / Merci!

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«Le combat spirituel habite chacune de nos journées...»

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- Que retiens-tu de la Parole de Dieu de ce jour?


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Retraite...

Aujourd'hui, en avant-midi, il y a un temps de retraite pour les diacres et leur épouse des diocèses de Québec, et Sainte-Anne de La Pocatière.

Les candidats et leur épouse sont aussi invités.

Cette retraite est animée par Mgr Pierre Goudreault, évêque du diocèse de Sainte-Anne. Cette retraite se vit en présentiel ou sur la plateforme Zoom.

Nous vous invitons à porter cette rencontre dans la prière. 

Merci!

Jean-Yves 

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Bonne journée!

Jean-Yves