dimanche 25 juin 2023

« Enlève d’abord la poutre de ton œil » / "Ce manque de pardon qui nous condamne." / (423,667)

Bonjour!

Lundi 26 juin 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Enlève d’abord la poutre de ton œil » (Mt 7, 1-5)

Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, efficace, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne jugez pas,
pour ne pas être jugés ;
de la manière dont vous jugez,
vous serez jugés ;
de la mesure dont vous mesurez,
on vous mesurera.
Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ;
et la poutre qui est dans ton œil,
tu ne la remarques pas ?
Ou encore : Comment vas- tu dire à ton frère :
“Laisse- moi enlever la paille de ton œil”,
alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ?
Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ;
alors tu verras clair
pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire... 

 Ne jugez pas », car « Dieu seul est à la fois législateur et juge » (Jc 4, 12), pour la simple raison que lui seul est sans péché et sans compromission avec le péché.

Au fond ce que Jésus condamne, ce n’est pas tant le fait de juger, que l’hypocrisie qui s’exprime à travers nos jugements.

Lorsque Notre-Seigneur énonce : « Ne jugez pas pour ne pas être jugés », c’est donc que la matière même sur laquelle nous jugeons nos frères nous accuse en premier nous-mêmes. La suite le confirme : « le jugement que vous portez contre les autres » –concernant telle ou telle faute – « sera porté aussi contre vous » – puisque vous-mêmes la commettez. Autrement dit, il s’agit de nous inscrire dans le champ d’application des condamnations que nous portons sur nos frères. 

On entend en écho la parole de Jésus aux pharisiens venant l’interroger sur la légitimité de la lapidation de la femme adultère : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre ! » (Jn 8, 7). Nous ne pouvons espérer être nous-mêmes absous de ce dont nous jugeons nos frères. La même condamnation dont nous les accablons retombera logiquement sur nous. Nous serons jugés à l’aulne de notre propre « justice ». 

Le second reproche que nous fait Notre-Seigneur – étroitement lié au premier – porte sur la démesure de nos jugements : « la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous ». Le Seigneur connaît décidément bien nos cœurs ! N’est-il pas vrai que nous sommes habiles à nous trouver des circonstances atténuantes pour justifier nos égarements, alors que nous demeurons d’une intransigeance froide pour les écarts de notre prochain ? 

L’entourage du Maître a bien compris la leçon ; aussi Jésus peut-il reprendre son enseignement dans un langage imagé, afin qu’il s’incruste une fois pour toutes dans les mémoires. La disproportion entre la paille et la poutre laisse sous-entendre que celui qui s’instaure « redresseur de torts » est totalement aveuglé sur son état intérieur ; cela ne semble même pas lui traverser la tête de faire un examen de conscience afin de prendre en considération sa propre fragilité. Il s’est instauré norme d’humanité, référence de perfection et donc source de la loi. Mais il se méconnaît totalement et véhicule une image idéalisée de lui-même qui ne correspond en rien à la réalité. Hélas cette suffisance mensongère l’empêche d’accéder à la grâce de la conversion qui aurait pu l’aider à progresser vers la vérité et la liberté. Un tel aveugle est insupportable pour son entourage, et son propre chemin est stérile.

Remarquons bien que Notre-Seigneur ne défend pas de « retirer la paille qui est dans l’œil de notre frère » ; la correction fraternelle est même un exercice conseillé : « Nous vous y engageons, frères, reprenez les désordonnés » (1 Th 5, 14), exhorte Saint Paul ; cependant « reprenez-le comme un frère » (2 Th 3, 15). Autrement dit il faut que notre intention soit pure, que nous soyons mus par le souci de la sanctification de chacun et du corps tout entier. Ce qui implique que nous soyons disposés et même désireux de recevoir en retour la correction fraternelle qui nous permettra de nous ajuster nous aussi aux exigences de l’Évangile.

Heureuse la communauté – familiale ou religieuse ou paroissiale – qui peut vivre cet exercice de la correction fraternelle dans la lumière et la paix de l’Esprit, dans l’amour et le respect mutuels, et dans une joyeuse émulation à la sainteté.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Méditation

Frère Jocelyn Dorvault

Frère Jocelyn Dorvault

Ce manque de pardon qui nous condamne


Tout le monde connaît cette histoire de paille et de poutre et lui donne une dimension morale : « Qui es-tu pour juger, toi qui mériterais d’être jugé plus sévèrement ? » Ou encore : « Comment saurais-tu aider ton frère à connaître la vérité, toi qui as le regard complètement obscurci ! » Ces deux lectures sont insuffisantes. Elles tiennent peu compte du réel puisque, d’une part, être pécheur n’empêche pas de reconnaître le péché de l’autre, les prêtres qui confessent le savent bien ; et d’autre part, être ignorant de Dieu n’empêche pas de transmettre la foi, tous les catéchistes le savent aussi. 

Cette parabole ne doit pas faire passer sous silence ce qui la précède et qui est bien plus important : être jugé de la manière dont on juge les autres, cela veut dire que si je juge un peu, je serai jugé un peu, si je ne passe rien aux autres, on ne me passera rien, si je ne juge pas du tout, Dieu ne me jugera pas non plus. Il y a quelque chose de vertigineux dans cette parole. Dieu s’accorderait-il à notre mesure ?

À vrai dire, Dieu sera plus grand que nous et il aura miséricorde de nos manques de miséricorde. Sur ce point, nous n’avons pas trop à nous inquiéter. Mais ce n’est pas la miséricorde de Dieu qui fait ici question, c’est notre propension au jugement. Par exemple, au jour « du jugement » dernier, nous espérons cette miséricorde de Dieu pour nous-mêmes, mais l’accepterons-nous pour ceux qui nous ont fait mal, les assassins, les tortionnaires, les violeurs, les tyrans… ? Accepterons-nous de partager notre paradis avec eux ? Ou bien comptons-nous plutôt sur le jugement divin pour « les châtier et les envoyer au diable » ?

Si nous n’acceptons pas la miséricorde comme pivot de la justice du Royaume, et que nous lui préférons le jugement, alors nous ne pourrons pas entrer dans le Royaume. Non parce que Dieu nous en refusera l’accès, mais parce que nous-mêmes n’accepterons pas d’y partager la miséricorde que Dieu accorde à tous. Voilà comment notre jugement nous condamne.

Extrait de Matthieu Pas à Pas (2018)

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Les hommes sans solution sont ceux qui cessent de s’occuper de leurs propres péchés pour prêter attention à ceux des autres. Ils ne cherchent pas à s’en corriger, mais dans quoi ils pourraient mordre » (Saint Augustin)

  • « On ne peut pas corriger quelqu’un sans amour ni charité. La charité est comme une anesthésie qui facilite les soins et accepte la correction » (François)

  • « La charité a pour fruits la joie, la paix et la miséricorde ; elle exige la bienfaisance et la correction fraternelle ; elle est bienveillance ; elle suscite la réciprocité, demeure désintéressée et libérale ; elle est amitié et communion » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1.829)

Bonne journée!

Jean-Yves 

samedi 24 juin 2023

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps » / (422,165)

 Bonjour!

Dimanche 25 juin 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps » (Mt 10, 26-33)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit de vérité 
rendra témoignage en ma faveur, dit le Seigneur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage.
Alléluia. (cf. Jn 15, 26b-27a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses Apôtres :
    « Ne craignez pas les hommes ;
rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.
    Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
    Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
sans pouvoir tuer l’âme ;
craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
l’âme aussi bien que le corps.
    Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?
Or, pas un seul ne tombe à terre
sans que votre Père le veuille.
    Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
    Soyez donc sans crainte :
vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
    Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
    Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

À trois reprises dans la seule page d’Évangile de ce jour, le Seigneur nous adresse une invitation pressante. Un appel insistant qui nous atteint au creux de l’âme et rejoint fort à propos ce qui, souvent, inquiète ou freine nos vies : Ne craignez pas ! (Mt 10,21.28.31).

Comme il connaît autant le cœur de l’homme (Jn 2,25) que l’esprit du monde (Jn 15,18-27), ce qui relève de son temps que ce qui marquera l’avenir de l’Église, Jésus nous précise les trois domaines dans lesquels nous n’avons pas à craindre. La proclamation de la vérité tout d’abord (26-27) ; car elle finit toujours par triompher. L’hostilité du monde ensuite (28-30) ; car il passe et la vraie vie est éternelle. Le témoignage en face des hommes enfin (31-33) ; car le soutien de Dieu est assuré à quiconque se donne à lui. Sachant combien, souvent, la peur peut nous poursuivre ou nous paralyser, il nous importe de bien entendre ce que nous dit ainsi Jésus. Ces paroles d’hier, en Galilée, restent si vivantes encore, pour nous, aujourd’hui !

Ne craignez pas ! Tout ce qui était voilé à l’origine est de plus en plus dévoilé. Tout ce qui restait caché à un petit nombre est de plus en plus proclamé jusqu’aux confins de la terre (Ac 1,8). Si nous gardons la foi et exorcisons les fantasmes de la peur, la parole de Dieu continuera à dérouler sur la terre des hommes sa route de lumière, de vérité et de vie. Et qu’importe si l’œil des caméras de télévision n’a pas encore su repérer que c’est là l’événement majeur de l’histoire du monde. Ce que le Christ continue donc de nous dire dans le clair-obscur de notre foi et dans le creux de notre âme en prière, n’ayons pas peur de le redire au grand jour de notre vie et de le proclamer sur les toits (Mt 10,27) de notre quartier. 

La vérité qui vient de Dieu ne saurait nous aliéner ou nous apeurer. Si vous demeurez dans ma parole, vous connaîtrez alors la vérité, et la vérité vous rendra libres (Jn 8,31-32). Telle est bien la première crainte à dépasser dans le sens de ce que Jésus nous enseigne d’abord en ce jour.

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, nous dit-il ensuite, mais ne peuvent tuer l’âme. Craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne à la fois l’âme et le corps (Mt 10,28). En d’autres termes nous n’avons pas à craindre les adversités de l’existence dussent-elles nous conduire au martyre. Car la mort avec Dieu et en Dieu n’est qu’une entrée dans la Vie. Mais nous avons à craindre l’Adversaire de nos âmes ; le Tentateur, ennemi du bonheur et du Bien et qui voudrait nous entraîner jusqu’au refus de l’éternité. Ce que tout simplement l’Apocalypse appelle la seconde mort (21,8).

Forts de cette parole de vie et de cette présence aimante de Dieu, notre dernière crainte peut dès lors tomber à son tour. N’ayons pas peur de nous prononcer pour Dieu ; et de témoigner courageusement de lui. Sur ce point également, Jésus nous a clairement parlé. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, à mon tour je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux (Mt 10,32).

Le dépassement de toutes ces peurs, aussi vaines que lourdes ou stériles nous introduit alors vers cette belle crainte de Dieu, dont l’Écriture nous dit qu’elle est le commencement de la sagesse (Rm 9,10). Et l’on peut alors entrer dans ce chemin d’émerveillement où tout nous convie à chanter la gloire de Dieu, le devenir de l’homme sauvé et la beauté du monde en travail d’enfantement (Rm 8,22).

Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je ?


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bon dimanche!

Jean-Yves 

vendredi 23 juin 2023

« Son nom est Jean »/ Le "cœur" au sens biblique... / Photo de l'église de Saint-Jean-Port-Joli / Bonne fête Québec!!! / (420,509)

 Bonjour!

Samedi 24 juin 2023


Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Son nom est Jean » (Lc 1, 57-66.80)

Alléluia. Alléluia.
Toi, petit enfant,
tu seras appelé prophète du Très-Haut :
tu marcheras devant, en présence du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins.
Alléluia. (Lc 1, 76)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent
que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant.
Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.
Mais sa mère prit la parole et déclara :
« Non, il s’appellera Jean. »
On lui dit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père
comment il voulait l’appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Jean est son nom. »
Et tout le monde en fut étonné.
À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage
et, dans toute la région montagneuse de Judée,
on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient
les conservaient dans leur cœur et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.

L’enfant grandissait
et son esprit se fortifiait.
Il alla vivre au désert
jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

L’Église honore d’une manière toute particulière la naissance de Jean-Baptiste. A côté du Christ, il est le seul saint qui voit sa naissance célébrée dans la liturgie comme une solennité. Quel en est le motif ? Pourquoi donc un si grand honneur ?

Jean se situe à la frontière entre les deux testaments. Né d’Élisabeth et de Zacharie, il est un personnage de la première alliance. Mais lorsqu’il bondit dans le sein de sa mère à la visite de Marie, il se manifeste aussi comme le héraut de la nouveauté. Prophète dès les entrailles de sa mère, il apparaît déjà comme le précurseur du Christ avant même que celui-ci puisse le voir.

Enfin a lieu sa naissance. Huit jours après, il sera circoncis et recevra son nom. A ce propos, saint Luc nous rapporte que l’on voulait l’appeler « Zacharie », du nom de son père, et nous relate l’intervention ferme d’Élisabeth : « Non il s’appellera Jean ». Alors qu’en dernier lieu on lui demandait son avis, Zacharie vient confirmer son épouse en écrivant sur une tablette : « Jean est son nom ». A l’instant même, nous dit l’évangéliste, sa bouche s’ouvrit et sa langue se délia.

Comment interpréter ces événements ? Jusqu’ici Zacharie était muet. Avec la naissance de son fils, son silence est rompu et il retrouve la parole. La prophétie qui avait disparu réapparaît avec l’annonce du Christ. De close qu’elle était, elle s’ouvre désormais à son avènement. Elle devient claire pour l’arrivée de celui qui était prophétisé. 

Ainsi, c’est la naissance de celui qui est la voix qui vient rendre la parole à Zacharie. A ceux qui l’interrogerons ainsi : « Toi qui es-tu ? », Jean ne répondra-t-il pas : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert ». Jean est bien la voix. Le Christ est la Parole. Et dans la parole rendue à Zacharie par la naissance de celui qui est la voix n’est-ce pas déjà le Christ, la Parole vivante, qui est prophétisé ?

A celui qui sait voir et entendre, Jean-Baptiste se révèle bien dès sa naissance comme le prophète du Très-Haut qui marche devant le Seigneur pour préparer ses chemins. Il est la voix qui annonce la Parole qui viendra libérer la parole des hommes enfermés dans le mutisme à cause du péché.

En Zacharie qui parle et bénit Dieu c’est déjà toute l’humanité libérée du péché qui loue et rend grâce au Père dans l’Esprit pour son œuvre de salut accomplie en son Fils bien-aimé, le Verbe éternel fait chair.

Seigneur, que ta Parole vienne prendre chair en nous pour nous libérer du péché qui nous enferme dans le mutisme en nous coupant de toi et de nos frères. Que ta Parole vienne germer en nous et libérer la voix de notre louange et de notre action de grâce pour ce que tu es, pour ce que nous sommes et pour ce que tu accomplis dans nos vies. Alors, à l’image de Jean-Baptiste, par notre voix, nous nous ferons les échos de ta Parole pour qu’elle puisse rejoindre les cœurs qui sont loin de toi !


Abbé Philippe Link / Merci!

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   Le "cœur" au sens biblique...


Dans "Ressuscités", le livre de Pierre Guilbert que je suis en train de lire, ce dernier donne une explication dans une note au bas d'une page 

pour le mot "cœur" selon la bible... Voici:


"Le "coeur" au sens biblique n'est pas le siège de l'affectivité 

mais le siège de l'intelligence et de la volonté, 

ce qui fait la personnalité profonde de l'homme." 

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Bonne journée!

Jean-Yves 



Clochers de l'église de Saint-Jean-Port-Joli

(Photo: Jean-Yves)

Note: c'était le seul angle possible pour éviter les fils...

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BONNE SAINT-JEAN!

BONNE FÊTE NATIONALE DU QUÉBEC!

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jeudi 22 juin 2023

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (419,059)

 Bonjour!

Vendredi 23 juin 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6, 19-23)

Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne vous faites pas de trésors sur la terre,
là où les mites et les vers les dévorent,
où les voleurs percent les murs pour voler.
Mais faites-vous des trésors dans le ciel,
là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent,
pas de voleurs qui percent les murs pour voler.
Car là où est ton trésor,
là aussi sera ton cœur.

La lampe du corps, c’est l’œil.
Donc, si ton œil est limpide,
ton corps tout entier sera dans la lumière ;
mais si ton œil est mauvais,
ton corps tout entier sera dans les ténèbres.
Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres,
comme elles seront grandes, les ténèbres ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

L’engagement au service du Christ ne peut être que radical, exclusif. C’est sa nature même. Il ne peut en être autrement. Pour nous amener à cette prise de conscience, Jésus commence par nous questionner sur le lieu de nos sécurités. Il nous interroge sur l’exclusivité de ce que nous attendons de Dieu. La question est celle-ci : attendons-nous vraiment tout de Dieu ? Si c’est le cas, nous n’aurons pas à thésauriser quelques biens terrestres pour y trouver une pseudo-sécurité face à l’avenir. 

Notre « trésor » sera dans le ciel, c’est-à-dire dans notre confiance en la bonté de notre Père qui est totale, sans repentance à notre égard. Cette bonté s’identifie d’ailleurs avec Dieu lui-même puisqu’elle caractérise sa nature. Voilà pourquoi ce trésor de la bonté du Père « ne rouille pas » et ne nous sera jamais dérobé par aucun voleur. Dieu demeure identique à lui-même dans tout ce qu’il fait. La fidélité à ses dons envers nous est pour lui fidélité à ce qu’il est, car Il est don. Rappelons-nous cette phrase de saint Pierre : « Dieu est fidèle car il ne peut se renier lui-même ».

Comment alors ne pas se détacher de tous les biens futiles et illusoires et attacher sans retour notre cœur à un tel Dieu ? Pourquoi si souvent préférer le « terrestre » au « céleste » ?

Jésus ne veut pourtant pas nous conduire à considérer tous les biens terrestres comme mauvais. Le risque serait alors grand de tomber dans un angélisme irresponsable. L’enjeu sur lequel notre Seigneur veut attirer notre attention est celui de la qualité de notre attachement à Dieu seul. Il s’agit de discerner parmi les biens terrestres, ceux qui contribuent à renforcer cet attachement et ceux qui l’érodent, telle la rouille sur le métal. Il s’agit surtout de ne pas laisser ces biens de la terre se substituer à Celui à qui ils renvoient. Autrement dit, Jésus nous invite à ne pas laisser ce qui est un moyen devenir une finalité en soi, ne renvoyant plus au donateur dont il provient. 

Voilà pourquoi, dans le deuxième moment de notre péricope, Jésus lie l’image du « cœur » à celle de « l’œil ». L’œil est la « lampe du corps ». Il est l’organe du désir, de la lucidité et du discernement. Jésus nous invite ici à nous interroger sur cet « œil », sur la « lumière » de notre discernement. « Si ton œil est clair, nous dit Jésus, ton corps tout entier sera dans la lumière ». En d’autres termes, tes relations avec le monde, avec tes frères et avec Dieu seront justes, bien ajustées selon la volonté de Dieu et son dessein d’amour. Mais « si ton cœur est mauvais, ton corps tout entier sera plongé dans les ténèbres ». Ce sera la confusion dans tes relations qui ne seront plus ordonnées en vue de l’unique Bien. Tu n’y verras plus clair. Tu seras dans la nuit, incapable de te diriger vers l’unique fin en vue de laquelle tu as été créé.

Remarquons enfin que dans notre passage évangélique, il n’est nullement question de voie moyenne entre la lumière et les ténèbres, de compromis entre les trésors de la terre et ceux du ciel. Jésus ne nous trompe pas. Il nous remet devant l’exigence et la radicalité du choix de nous engager à sa suite.

Parfois cela nous paraîtra difficile. Rappelons-nous alors ces mots de la petite Thérèse qui disait : « Ce qui est étonnant ce n’est pas de tomber mais c’est de se relever ». Là aussi, n’oublions pas que la grâce nous précède et nous accompagne. N’hésitons pas à nous appuyer sur ces dons premiers de Dieu reçus au baptême : la foi, l’espérance et la charité.

Seigneur, fais-nous la grâce de savoir resituer toutes choses par rapport à toi. Éclaire notre intelligence pour que nous puissions discerner ce qui nous rapproche de toi et fortifie notre volonté pour que nous ayons la force de le choisir.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 


mercredi 21 juin 2023

« Vous donc, priez ainsi » / (418,290)

Bonjour!

Jeudi 22 juin 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 



ÉVANGILE

« Vous donc, priez ainsi » (Mt 6, 7-15)

Alléluia. Alléluia.
Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia. (Rm 8, 15bc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Lorsque vous priez,
ne rabâchez pas comme les païens :
ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi vous avez besoin,
avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes
à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La fin du mois de juin n’annonce pas seulement la fin de l’année scolaire et l’arrivée d’un rythme de vie estival. Elle est une époque souvent un peu difficile, tous les membres de la famille étant fatigués, du trimestre ou des examens. Mais il ne s’agit pas de fléchir le genou. Les évangiles de cette semaine redisent fermement l’exigence de la vie chrétienne. La liturgie nous donne en effet à méditer les textes d’introduction au carême !

Mais, nous l’avons vu, avant d’être une invitation à l’austérité et à des efforts dont nous risquerions de nous sentir incapables, ces textes nous redisent simplement l’essentiel de notre foi : nous sommes des enfants de Dieu, fils adoptifs d’un même Père. Nous efforts n’ont d’autre but que nous permettre de la rester et d’inviter d’autres à le devenir. 

Ainsi le discours de Jésus que nous lisons cette semaine culmine-t-il dans la prière du Notre-Père. Elle n’est pas une liste de réclamations, de rappels de nécessités adressée à un Dieu qui serait notre Père et à qui nous aurions à demander des choses. Elle n’est pas un acte de soumission ni une reconnaissance d’impuissance devant un Dieu dont le seul rôle serait de pourvoir à nos besoins. Cette prière est effectivement une demande, mais en premier lieu une demande de Père. Sous les demandes suscitées par le Nom, le Règne, la Volonté, celui qui prie demande à Dieu d’être son Père. Dire « Notre Père » est demander à devenir fils dans le Fils.

Ce prodige ne peut être réalisé que par Dieu lui-même. Ce Dieu qui se fait proche et veut être notre Père est aussi le Tout-Autre, le Tout-Puissant. Le grand respect que nous manifestons à son Nom est assorti de la demande qu’il le sanctifie, selon la promesse qu’il fit par la bouche du prophète : « je sanctifierai mon grand Nom qui a été déshonoré parmi les nations » (Ez 36,23). 

Le Nom est la personne même de Dieu. Nous lui demandons donc chaque jour de nous révéler son visage, de manifester sa sainteté, de nous montrer combien il est le Tout Autre admirable et adorable. Cette prière est belle parce qu’elle rend tout honneur à Dieu. Il n’y a que lui qui puisse le faire, il n’y a que de lui que nous l’attendons.

Peut-être est-ce le point d’attention que nous pourrions garder pour notre journée. Porter la vigilance de notre cœur sur la sanctification du Nom de Dieu. Découvrir sous un jour nouveau, celui de l’Esprit, le visage ineffable que nous révèle le Seigneur. Devenir fils et être assimilés au Fils. « Que luise ta face sur ton serviteur » (Ps 30). Désirer vivre et se laisser vivifier par l’alliance d’amour que Dieu scelle de sa vie. N’avoir de plus grand désir que de voir son Règne arriver, de voir sa volonté faite. Sur terre comme au ciel. Dans le monde terrestre comme dans le monde céleste. Dans le monde de la chair comme dans le monde de l’Esprit. Dans ce qui lui est déjà soumis comme dans ce qui lui résiste encore.

Cet abîme d’amour qui nous attire ne se cache pas, il dit le chemin qui mène vers lui. Dans le « Notre Père », tout commence par le « Notre ». Nous ne venons pas seuls mais ensemble, tous ceux que le Verbe fait chair est venu rassembler. Choisir la vie filiale est accepter de vivre dans la confiance, une confiance sans faille, spécialement dans tout ce qui nous oppose à nos frères. Il nous faut accepter le pari de nous situer en enfants de Dieu ; c’est-à-dire de nous situer en frères les uns par rapport aux autres, devant Dieu.

Alors nous connaîtrons la joie de vivre ensemble et d’être unis, assemblée de frères faisant la joie de notre Père miséricordieux.


Abbé Philippe Link - Merci!"

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"Le pardon ne concerne pas la haine de soi 
mais la joie d'être imprégné 
d'un amour dépassant toute mesure."

(Timothy Radcliffe)

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Bonne journée!

Jean-Yves 



Un symbole de la Bretagne...

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mardi 20 juin 2023

« Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » / "Le temps des cerises/. / "Écoute..." : Une prière. / 21 juin: Journée nationale des peuples autochtones... / (418,244)

 Bonjour!

Mercredi 21 juin 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6, 1-6.16-18)

Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole,
dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ce que vous faites pour devenir des justes,
évitez de l’accomplir devant les hommes
pour vous faire remarquer.
Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous
auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône,
ne fais pas sonner la trompette devant toi,
comme les hypocrites qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône,
que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.

Et quand vous priez,
ne soyez pas comme les hypocrites :
ils aiment à se tenir debout
dans les synagogues et aux carrefours
pour bien se montrer aux hommes quand ils prient.
Amen, je vous le déclare : ceux- là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries,
retire- toi dans ta pièce la plus retirée,
ferme la porte,
et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.

Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme les hypocrites :
ils prennent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ;
ton Père qui voit au plus secret
te le rendra. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le désert. Lieu de silence, de dénuement, de solitude voire de mort, le désert peut inquiéter ou même rebuter. Mais il peut se révéler aussi comme le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu. Se dépouiller de soi, creuser en soi le désir de rencontrer Dieu en esprit et vérité. Dégager l’espace où il pourra venir se donner et nous combler de sa vie de Ressuscité. N’est-ce pas cela se convertir ? Ouvrage à remettre sans cesse sur le métier. Car il s’agit d’une véritable lutte à mener contre nos idoles, notre autosuffisance, nos égoïsmes…

Ne nous y trompons pas. La vie est un combat spirituel continuel car, comme nous le dit bien saint Pierre : notre ennemi, le démon, comme un lion qui rugit, va et vient sans cesse à la recherche de sa proie pour la faire chuter et la dévorer. Pour mener ce combat, notre Seigneur nous propose dans l’évangile d’aujourd’hui trois armes, l’aumône, la prière et le jeûne, dont la force réside principalement dans la manière dont on en use. Voilà pourquoi il attire notre attention sur les modalités de leur usage. Par trois fois, Jésus oppose à l’emphase spectaculaire des pharisiens, la discrétion de celui qui agit en réponse à l’appel intérieur à la conversion, et dont la seule motivation est de se rapprocher de Dieu afin de se laisser réconcilier avec lui. 

« Ton Père qui est présent dans le secret connaît ton action ; ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra ». Cette incise, qui revient trois fois dans ces quelques versets, nous conduit au cœur de l’enseignement que Jésus veut nous donner : La véritable victoire réside dans l’intimité retrouvée avec le Père, aboutissement d’un long chemin de décentrement de soi, d’apparente perte du bénéfice de son action, bref de désintéressement, de gratuité. 

La définition même de la prière c’est d’entrer dans une relation d’intimité avec Dieu où tour à tour l’un écoute et l’autre parle. Prier c’est demeurer établi dans une communion de pensée, de volonté et de cœur avec notre Dieu. Nous voyons combien nous sommes ici loin d’une prière cultuelle qui ne résiderait que dans des actes extérieurs à nous-mêmes. « Notre louange n’ajoute rien à ce que tu es mais elle nous rapproche de toi ». Cette phrase de saint Augustin nous donne bien l’essence même de la prière. Prier c’est avant tout s’avancer toujours plus vers Dieu pour nous laisser pénétrer toujours plus profondément par sa vie divine. Mais cela présuppose que nous nous soyons désencombrés de tout ce qui en nous pourrait faire obstacle à sa venue. C’est ici qu’intervient dans le combat de la conversion cette autre arme qu’est le jeûne.

En effet, Jeûner c’est faire de la place en nous pour permettre à Dieu de nous rejoindre. Jeûner c’est aussi reconnaître que Dieu est notre unique nécessaire et que tout nous vient de lui. Jeûner c’est enfin reprendre conscience que la seule chose qui ne vient que de nous et que nous pouvons présenter à Dieu pour qu’il nous en libère : c’est la pauvreté de notre péché. Le jeûne nous libère bien du trop plein de nous-mêmes et nous permet, par la prière, de rejoindre dans l’intimité celui qui toujours nous précède pour se donner à nous. Dans la reconnaissance du don gratuit de cet amour peut alors résonner l’appel à nous donner à notre tour gratuitement aux autres.  » Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement  » (Mt 10,8).

Nous touchons alors le sens de l’aumône qui est de donner, de se donner à l’autre, dans la conviction que rien ne nous appartient, qu’à chaque instant nous recevons tout gratuitement de Dieu, à commencer par le don merveilleux de la vie.

« Ton Père te le rendra » : Jésus ne précise pas ce que rend le Père, peut être parce qu’il n’a qu’une chose à donner en partage : sa propre vie. Autrement dit, en Jésus, Dieu me gratifiera du don de lui-même, dans la mesure de la perte à laquelle j’aurai consenti gratuitement.

Seigneur, notre pèlerinage sur cette terre est un chemin vers la vie qui souvent ressemble à une traversée du désert. Mais, parce que tu nous y précèdes et parce que tu y as vaincu pour nous l’ennemi qui nous tenait captifs, nous n’avons pas peur de nous y engager. Le combat que nous avons à y mener est celui de la disponibilité pour accueillir les fruits de ta victoire. Mais là aussi ton action divine nous précède dans la personne de l’Esprit-Saint. Voilà pourquoi, nous ne voulons pas laisser sans effet la grâce reçue de toi. Car c’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut où tu nous exauces et viens à notre secours.

 Abbé Philippe Link / Merci!

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Méditation

Frère Adrien Candiard

Frère Adrien Candiard

Couvent du Caire (Egypte)

Le temps des cerises


Agir en secret, se parfumer pour un rendez-vous… Pourquoi nos exercices de piété ont-ils souvent un goût de carême, alors qu’ils devraient respirer un parfum d’adolescence ? N’entendons-nous pas, dans l’évangile, un écho de ce temps des premiers rendez-vous d’amour, quand il importe que personne n’en sache rien, ni les amis, ni les frères et sœurs, ni surtout les parents qui ne comprendraient rien. Alors on prétexte d’aller travailler chez un ami pour couvrir le rendez-vous secret. On guette fiévreusement le courrier pour être le premier à trouver cette lettre tant attendue, afin qu’elle ne suscite pas la question indiscrète de maman, le sourire amusé de papa. On met même, pour la première fois, un peu de parfum pour plaire à l’être aimé – mais pas trop, de crainte d’être repéré.

Marcel Pagnol le savait bien : ce temps des amours, c’est le temps des secrets. Parce que l’amour naissant a besoin d’être protégé, parce qu’il a besoin de construire en silence cette intimité sans laquelle il n’y a pas d’amour du tout. L’exposer trop vite à la lumière, c’est l’aveugler et bientôt le dessécher. Laissons-le croître dans l’ombre ou, comme le dit Jésus, dans le secret.

Voilà comment Jésus nous invite à vivre le jeûne, comme il nous invite à vivre la prière, le partage et tout ce qui fortifie notre vie chrétienne : comme la construction de notre intimité avec Dieu, comme l’apprentissage du simple plaisir d’être l’un avec l’autre.

Extrait de Signes dans la Bible (2015)


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Bonne journée!

Jean-Yves