vendredi 27 octobre 2023

« Il en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres » / (443,941)

 Bonjour!

Samedi 28 octobre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Il en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres » (Lc 6, 12-19)

Alléluia. Alléluia.
À toi, Dieu, notre louange !
Toi que les Apôtres glorifient,
nous t’acclamons : tu es Seigneur !
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Jésus s’en alla dans la montagne pour prier,
et il passa toute la nuit à prier Dieu.
    Le jour venu,
il appela ses disciples et en choisit douze
auxquels il donna le nom d’Apôtres :
    Simon, auquel il donna le nom de Pierre,
André son frère,
Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
    Matthieu, Thomas,
Jacques fils d’Alphée,
Simon appelé le Zélote,
    Jude fils de Jacques,
et Judas Iscariote, qui devint un traître.

    Jésus descendit de la montagne avec eux
et s’arrêta sur un terrain plat.
Il y avait là un grand nombre de ses disciples
et une grande multitude de gens
venus de toute la Judée, de Jérusalem,
et du littoral de Tyr et de Sidon.
    Ils étaient venus l’entendre
et se faire guérir de leurs maladies ;
ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs
retrouvaient la santé.
    Et toute la foule cherchait à le toucher,
parce qu’une force sortait de lui
et les guérissait tous.

     – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Les choses les plus grandes et les plus marquantes, dans l’avancée du Royaume de Dieu, se font souvent de la manière la plus discrète et la plus simple. Ce jour où les douze apôtres ont été institués et, par là même, les colonnes de l’Église posées, tout s’est passé dans le silence et la solitude d’une nuit de prière sur la montagne. Jésus est seul en face de son Père dans la communion de l’Esprit. La suite, encore hétéroclite, des premiers disciples se repose en contre-bas quelque part sur les flancs de la montagne.

On pense à Jacob, seul, au torrent du Yabok et passant toute la nuit aux prises avec l’ange du Seigneur, cependant que les siens reposent au-delà du cours d’eau. Jacob deviendra, cette nuit-là, Israël et sera le père des douze fils qui donneront naissance aux douze tribus du peuple de l’alliance.

Jésus, cette nuit-là, est comme le nouveau Jacob qui vient pour réaliser les promesses faites à nos pères et sceller l’alliance établie par Dieu à jamais avec tous les hommes de la terre. Non seulement le premier Israël de l’histoire biblique, mais encore le Nouvel Israël de Dieu qui représente l’Église des nations. Et c’est pourquoi, au seuil de cette nuit de prière, à l’aube du jour nouveau, Jésus désigne encore douze apôtres qui seront autant d’envoyés chargés d’apporter l’Évangile aux confins de la terre (Ac 1,8).

Dans la fraîcheur silencieuse de ce clair matin de Galilée, sans bruit, sans préavis, mais avec la puissance irrésistible de l’Esprit qui repose tout entier sur le Christ, l’Église est née.

Le voilà donc déjà le long cortège qui descend de la montagne, à la suite du Maître qui vient de le constituer ; le long cortège des témoins du Royaume de Dieu dont la marche ne s’est jamais interrompue depuis près de vingt siècles et qui durera comme annoncé, jusqu’à la fin des temps et s’étendra peu à peu à tous les peuples de la terre.

Nous pouvons rendre grâce au Seigneur d’être aussi fidèle, lui, dans ses promesses ; et de faire à jamais, par la seule puissance de sa grâce, toutes choses nouvelles.

C’est que ce qui s’est vécu ce matin-là, sans autres témoins que ceux qui ont alors été appelés par le Seigneur, nous concerne encore directement aujourd’hui. Comme l’apôtre Paul nous l’a magnifiquement rappelé tout à l’heure : Nous ne sommes plus des étrangers ni des gens de passage. Nous sommes concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu, et intégrés à la construction qui a pour fondations les apôtres et les prophètes (Ep 2,19-20). De cette construction, le Christ lui-même est la pierre angulaire et nous devenons par l’Esprit Saint la demeure de Dieu (2,22) ! Ce n’est pas rien que chacun de nous puisse se dire : Je suis, par grâce du Christ, une pierre vivante de l’Église de Dieu !

Parmi ces douze apôtres, nous fêtons plus spécialement aujourd’hui : saint Simon et saint Jude. Quelle audace de la part de Jésus dans le choix de Simon le Zélote pour en faire un apôtre aux côtés du publicain Matthieu. Un révolutionnaire auprès d’un collaborateur, pourrions-nous dire ! Ainsi est l’Église de Dieu ; de Dieu qui ne fait pas acception des personnes et veut tous nous rassembler dans l’unité, malgré la diversité de nos races, langues, peuples et nations (Ap 7,9). De nos schèmes culturels et de nos opinions politiques. Car Dieu veut vraiment que tous les hommes soient sauvés (1 Tm 2,4).

Et quelle belle réponse nous vaut la question de Jude demandant à Jésus : Seigneur qu’y a-t-il pour que tu doives te manifester à nous et non pas au monde ? Jésus lui révèle en effet : Si quelqu’un m’aime il restera fidèle à ma parole, mon Père l’aimera nous viendrons chez lui et nous ferons chez lui notre demeure (Jn 14,23).

D’un côté l’appel d’un farouche activiste pour en faire un messager de l’Évangile. De l’autre, la révélation de l’inhabitation divine dans l’âme du croyant fidèle et priant. Il y a vraiment beaucoup de demeures dans la Maison du Père (Jn 14,3) !

Et c’est bien à tous les hommes de bonne volonté que l’Église du Christ ouvrira les portes du Royaume de Dieu !

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 26 octobre 2023

« Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? » / (443,826)

Bonjour!

Vendredi 27 octobre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? » (Lc 12, 54-59)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus disait aux foules :
« Quand vous voyez un nuage monter au couchant,
vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir,
et c’est ce qui arrive.
    Et quand vous voyez souffler le vent du sud,
vous dites qu’il fera une chaleur torride,
et cela arrive.
    Hypocrites !
Vous savez interpréter
l’aspect de la terre et du ciel ;
mais ce moment-ci,
pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ?
    Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes
ce qui est juste ?
    Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat,
pendant que tu es en chemin
mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui,
afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge,
que le juge ne te livre à l’huissier,
et que l’huissier ne te jette en prison.
    Je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La sagesse des paysans de Galilée (et sans doute de tous les paysans de la planète !) est légendaire. Les moindres signes de la nature sont pour eux porteurs de messages. La direction du vent, la luminosité du ciel : rien n’est muet, tout parle à qui veut bien se donner la peine d’écouter la voix de la nature.

C’est précisément cette excellence qui fâche Jésus : y aurait-il moins de signes de l’avènement du Royaume que du prochain changement météorologique ? Le livre de la Révélation serait-il donc plus obscur que celui de la création ? Non, bien sûr ! La venue du Messie était clairement annoncée par les prophètes et Jésus accomplit les signes qui permettent de le reconnaître. Comment se fait-il que les hommes d’hier comme ceux d’aujourd’hui refusent d’entendre ou de voir ?

 Pourquoi ne « savent-ils pas juger le temps où nous sommes » ? Serait-ce parce qu’inspecter la terre de notre cœur, évaluer notre docilité au souffle de l’Esprit, présente des risques ? Le risque de prendre conscience qu’il est urgent de nous convertir ; le risque de découvrir qu’il nous faut prendre en main notre vie, vaincre nos inerties et nous mettre en route sur les traces de Jésus …

« Esprits faux, s’exclame Jésus ; vous étouffez la voix de votre conscience afin de pouvoir vivre à votre guise ; vous élucubrez des pseudo-sagesses pour justifier vos comportements immoraux ; vous vous croyez riches, et vous “ne savez pas que vous êtes malheureux, pitoyables, aveugles et nus” (Ap 3, 17)

C’est aujourd’hui le temps de la conversion et de la miséricorde. Demain il sera peut-être trop tard : nous ne connaissons pas la distance qui nous sépare du juste Juge. Reconnaissons donc le temps où Dieu nous visite, et hâte-nous d’accueillir la grâce de la réconciliation qu’il nous offre, pour éviter de paraître devant lui chargé d’une dette insolvable !

Seigneur, accorde-nous de ne pas laisser passer le temps de ta grâce, mais de nous convertir, afin que nous entendions ta voix, que nous t’ouvrions la porte et que tu puisses entrer chez nous pour prendre avec nous ton repas (cf. Ap 3, 20).

Abbé Philippe Link - Merci!


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Bonne journée!

Aujourd'hui est une journée spéciale de prière pour la paix dans le monde...

HYMNE : LE SOIR PEUT REVENIR

P. Fertin — CNPL

R/Le soir peut revenir
Et la nuit,
Si Jésus nous redit
De quel Esprit nous sommes.

Vienne Jésus pour dissiper
Le brouillard et les doutes :
Sa parole donnée
Est soleil sans déclin.

Vienne Jésus pour surmonter
La fatigue des jours :
Il est l’eau de la source
Et le pain de la vie.

Vienne Jésus pour dominer
La frayeur du naufrage :
N’est-il pas le seul Maître
Du navire et des flots ?

Vienne Jésus pour consoler
De la mort implacable,
En frère premier-né
Relevé du tombeau !

R/Le soir peut revenir
Et la nuit,
Si Jésus nous redit
L’Amour qui nous fait vivre

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Jean-Yves 

mercredi 25 octobre 2023

« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » / (443,790)

 Bonjour!

Jeudi 26 octobre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Lc 12, 49-53)

Alléluia. Alléluia.
J’ai tout perdu ; je considère tout cela comme des ordures,
afin de gagner un seul avantage, le Christ
et, en lui, d’être reconnu juste.
Alléluia. (Ph 3, 8-9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Je suis venu apporter un feu sur la terre,
et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
    Je dois recevoir un baptême,
et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
    Pensez-vous que je sois venu
mettre la paix sur la terre ?
Non, je vous le dis,
mais bien plutôt la division.
    Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées :
trois contre deux et deux contre trois ;
    ils se diviseront :
le père contre le fils
et le fils contre le père,
la mère contre la fille
et la fille contre la mère,
la belle-mère contre la belle-fille
et la belle-fille contre la belle-mère. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

En cette époque de l’année où le soleil tarde à se lever et où les matins sont de plus en plus frais, le feu évoque spontanément la lumière et la chaleur bienfaisantes. Mais il n’est pas sûr que telle soit l’interprétation juste de l’image utilisée par Jésus dans ce passage ! Il suffit de lire la suite pour se rendre compte qu’il s’agit plutôt d’un feu purificateur, et par là destructeur, au moins des scories et autres impuretés. 

Ce mystérieux feu que Notre-Seigneur est « venu apporter sur la terre » et dont il voudrait « qu’il soit déjà allumé », va en effet introduire la division jusqu’au cœur des familles. Celles-ci se composent dans la description qu’en donne Jésus de cinq personnes : le père, la mère, le fils, la fille et la belle-mère. « Désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois » : la suite laisse entendre que le fils et la fille – c’est-à-dire la nouvelle génération – se trouveront en opposition avec les parents et la belle-mère, ces derniers représentant les générations antérieures. Il est probable que cette image suggère la rupture introduite par la Parole de Jésus entre les deux Alliances : celle contractée entre Dieu et Israël dans les temps anciens, et celle que le Seigneur vient proposer « dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes » (He 1, 2) afin de constituer un peuple nouveau, une humanité nouvelle.

L’image du feu qui suscite la division, rappelle l’épisode où Dieu scelle la première Alliance avec son serviteur Abraham. Sur l’ordre du Seigneur, le patriarche partagea en deux les animaux prévus pour l’holocauste, et « plaça chaque moitié en face de l’autre. Après le coucher du soleil, un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les quartiers d’animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une Alliance avec Abraham » (Gn 15, 9-18). Le rituel d’allégeance prévoyait que le suzerain et le vassal passent tous deux entre les animaux dépecés, en prononçant des imprécations condamnant celui qui trahirait l’alliance, à subir le sort des victimes offertes. 

Or dans le récit de la Genèse, Dieu seul – symbolisé par « la torche enflammée » – accomplit le rite, passant en son nom propre et en celui d’Abraham – « le brasier fumant ». Le feu représente donc la fidélité de Dieu qui s’engage à suppléer aux manquements de l’homme, afin que soit sauvegardée l’Alliance en dépit de toutes nos trahisons.

Peut-être l’image proposée par Jésus fait-elle allusion à ce rite préfiguratif, qui trouve en lui son accomplissement. Notre-Seigneur n’est-il pas à la fois le prêtre, l’autel et la victime de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera consumée sur le bois de la Croix dans le Feu de l’Esprit d’amour ? N’est-ce pas lui qui scelle l’Alliance au nom de Dieu et au nom des hommes ? N’est-ce pas de lui que parlait le Précurseur lorsqu’il prophétisait : « Moi je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu » (Lc 3, 16).

Mais pour pouvoir nous baptiser dans le Feu de la vie divine, Jésus va d’abord passer lui-même à travers les grandes eaux de la mort : « Je dois recevoir un baptême, et comme il m’en coûte d’attendre qu’il soit accompli ! » Notre-Seigneur est impatient de prendre sur lui le salaire de notre péché : la mort, afin de pouvoir nous offrir en retour le don gratuit de Dieu : la vie éternelle. Tel est le désir profond du Sauveur ; mais il est bien conscient que tous n’accueilleront pas cet admirable échange : par une étrange obstination, nous résistons à l’action de la grâce ; nous refusons d’être libérés du péché qui nous a pourtant réduit en esclavage. De sorte que nous nous sentons divisés intérieurement entre l’appel de l’Esprit, nous invitant à nous mettre au service de la justice qui mène à la sainteté, et la volonté propre du vieil homme, qui veut demeurer dans l’impureté et le désordre. 

Ce combat fait rage en nous et autour de nous : il divise les familles, les sociétés, les nations. Pensons à la violence de certains propos proférés contre la morale évangélique, non seulement accusée de ringardise, mais dénoncée comme une doctrine mortifère. Pensons aussi aux débats autour de la référence aux racines chrétiennes de l’Europe dans le Préambule de ses Constitutions. « Heureux » celui pour qui Jésus n’est pas cause de scandale ; qui accepte d’être libéré du péché, et qui choisit joyeusement de devenir esclave de Dieu : « Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu’il entreprend réussira » (Ps 1).

Esprit Saint, divin Feu, brûle en nous tout ce qui est incompatible avec la grâce de notre baptême, c’est-à-dire tout ce qui nous détourne de Jésus, Seigneur et Sauveur ; nous voulons être tout à lui, comme de bienheureux esclaves de Dieu, afin de récolter la sainteté qui aboutit à la vie éternelle, conformément au dessein bienveillant du Père à notre égard.

Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « La prière n’est que l’union avec Dieu. Celui qui possède un cœur pur et uni à Dieu vit en lui-même une sorte de tendresse et de douceur qui l’enivre, il se sent entouré comme d’une lumière extraordinaire » (Saint Jean-Marie Vianney)

  • « Dans le "oui" pour Le suivre est compris le courage de se laisser brûler par le feu de la passion de Jésus Christ » (Benoît XVI)

  • « Le Baptême de Jésus, c’est, de sa part, l’acceptation et l’inauguration de sa mission de Serviteur souffrant. Il se laisse compter parmi les pécheurs (cf. Is 53, 12) ; il est déjà "l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde" (Jn 1, 29) ; déjà, il anticipe le "baptême" de sa mort sanglante (cf. Mc 10, 38 ; Lc 12, 50). Il vient déjà "accomplir toute justice" (Mt 3, 15), c’est-à-dire qu’il se soumet tout entier à la volonté de son Père : il accepte par amour le baptême de mort pour la rémission de nos péchés » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 536)

Méditation

Frère Yves Habert

Frère Yves Habert

Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon

Feu de la Passion


Jésus nous livre la brûlure de son ardent désir. À la Passion, un feu dévorera la chair du Christ sur la croix. Nous non plus, nous ne pouvons pas entrer dans le salut du Christ sans perdre quelque chose. Nous devons laisser se consumer cette bonne conscience et cette satisfaction de nous-mêmes. Plus grave, notre complaisance à nous endurcir dans le péché doit disparaître aussi. Ces scories sont arrachées et cela risque de nous faire mal. Confiance, le feu purifie en consumant, mais le feu éclaire. Ce même feu qui nous brûle permet à la lumière de Dieu de pénétrer dans notre vie.

Quand ce feu entre en nous, il nous donne aussi la chaleur de la vie parce qu’il nous apporte la vérité de l’amour de Dieu. Seul cet amour, en consumant notre péché, peut nous faire réellement vivre. Ce feu qui a d’abord brûlé le Christ à la Passion nous consumera à notre tour, avec lui. Acceptons de lâcher prise dans le dépouillement pour être purifiés par ce feu qui consume afin de pouvoir entrer, avec le Christ, dans la joie de sa Résurrection.

Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 24 octobre 2023

« À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup » / (443,754)

 Bonjour!

Mercredi 25 octobre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup » (Lc 12, 39-48)

Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous le savez bien :
si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »
    Pierre dit alors :
« Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole,
ou bien pour tous ? »
    Le Seigneur répondit :
« Que dire de l’intendant fidèle et sensé
à qui le maître confiera la charge de son personnel
pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Vraiment, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si le serviteur se dit en lui-même :
“Mon maître tarde à venir”,
et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes,
à manger, à boire et à s’enivrer,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
il l’écartera
et lui fera partager le sort des infidèles.
    Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître,
n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté,
recevra un grand nombre de coups.
    Mais celui qui ne la connaissait pas,
et qui a mérité des coups pour sa conduite,
n’en recevra qu’un petit nombre.
À qui l’on a beaucoup donné,
on demandera beaucoup ;
à qui l’on a beaucoup confié,
on réclamera davantage. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Vous aussi, tenez-vous prêts ». L’avertissement que nous adresse le Seigneur Jésus est très clair.  Il s’agit d’un rendez-vous important. « Si le maître de maison connaissait l’heure », « il ne laisserait pas percer le mur ». Cette évidence que Jésus énonce montre l’aspect inéluctable de la visite du voleur. Quand il vient, il est impossible de lui résister, parce que la surprise joue toujours en sa faveur. Ainsi, quand le Seigneur viendra, il n’y aura rien à faire contre lui, il est réellement irrésistible. Il faut donc préparer sa venue avant qu’elle n’advienne.

La différence majeure vient cependant de l’objet et de la nature de la visite. Le voleur perce en effet le mur de la maison, au milieu de la nuit, pour prendre un bien précieux qu’il convoite mais qui ne lui appartient pas. Le Seigneur Jésus, lui, vient également au milieu de la nuit, mais il prend un bien qui lui appartient. Là est notre espérance et notre joie. L’homme en effet a fait un choix : il a choisi de s’éloigner de Dieu, il a choisi de vivre sans lui et de s’enfoncer dans les ténèbres.

 Le voici à présent prisonnier d’une nuit qui semble sans fin. Lui qui a été créé libre, pour aimer, est à présent esclave de la mort. Mais le Seigneur ne peut pas supporter de voir l’homme ainsi prisonnier, il a donc choisi de venir percer le mur de sa prison et de le soustraire à l’esclavage de la mort.

Cet évangile est donc un appel à nourrir notre espérance ; même si notre nuit semble ne jamais devoir finir, nous savons désormais que le salut est proche, il adviendra au cœur de la nuit. Nous avons tellement de prix aux yeux du Seigneur, qu’il est prêt à percer les murs pour nous rejoindre. Nous sommes le trésor qu’il désire et qu’il recherche.

Seigneur Jésus, tu es le voleur que nous attendons de tout cœur ; viens nous arracher au pouvoir de la nuit que nous avons choisie. Renouvelle-nous dans les dons de ton Esprit, que nous sachions rester au travail de sanctification de notre âme le jour et la nuit, que nous sachions vivre de ton évangile à temps et à contretemps, pour te donner la joie de trouver radieux le trésor de notre âme que tu désires tant.

Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 23 octobre 2023

« Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller » / Prière à saint François pour la paix en Terre Sainte... / (443,650)

 Bonjour!

Mardi 24 octobre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller » (Lc 12, 35-38)


Alléluia. Alléluia.
Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous pourrez vous tenir debout devant le Fils de l’homme.
Alléluia. (cf. Lc 21, 36)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
    Soyez comme des gens qui attendent leur maître
à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
    Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
    S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils ! »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le Seigneur nous rappelle l’exigence de la vigilance de chaque instant. Cette vigilance devrait constituer une disposition habituelle du croyant. La « lampe allumée » représente la lumière et la vie de l’Esprit, c’est-à-dire la grâce sanctifiante, qui nous permet de traverser les ombres de ce monde – et surtout la mort elle-même – sans qu’elles n’aient de prise sur nous.

Comment garder cette lampe allumée ? En restant vigilants dans la foi, mais aussi dans le service, car seule la charité concrète témoigne de manière convaincante en faveur de l’action efficace de la grâce sanctifiante en nous. « La foi sans les œuvres est morte » nous avertit saint Jacques, qui ajoute : « Je tirerai de mes œuvres la preuve de ma foi, car de même que sans souffle, le corps est mort, de même aussi, sans œuvres, la foi est morte » (Jc 2, 17-18.26).

Les œuvres que la grâce veut accomplir en nous ne sont pas forcément extraordinaires ; il s’agit de toute action qui révèle son origine par le dynamisme intérieur qui l’habite : la charité confère en effet aux gestes les plus simples un parfum caractéristique : celui de la gratuité. Toutes les œuvres du vieil homme, même celles qui témoignent de notre affection envers nos proches, sont plus ou moins intéressées : soit nous attendons en retour la réciprocité ou la reconnaissance ; soit, plus subtilement, nous nous recherchons dans la joie du don. Seule la charité surnaturelle est totalement gratuite parce que parfaitement désintéressée. C’est aussi pourquoi elle libère celui qui l’exerce, comme ceux qui en sont bénéficiaires.

Au moment du grand passage, alors que nous ne pourrons plus rien selon la nature, nous découvrirons, émerveillés, Celui qui nous conduisait sur ce chemin de sainteté. Et comme nous n’opposerons plus de résistance à son action, nous en serons alors pleinement bénéficiaires : Dieu lui-même nous « servira chacun à notre tour ». Notre béatitude sera précisément la jouissance éternelle de cette charité divine qui comblera notre désir au-delà de toute attente.

Mettons-nous donc en marche au-devant de Celui qui vient : la charité est certes une grâce infuse, mais elle ne se déverse que dans l’âme de ceux qui s’engagent, pauvrement mais résolument, dans la voie de l’amour. C’est au cœur de nos efforts encore entachés de bien d’ambiguïtés, que l’Esprit vient à notre secours pour purifier progressivement nos intentions. C’est pourquoi Jésus peut déclarer « heureux », ceux qui, par leur vigilance et leur disponibilité à la grâce, s’ouvrent dès à présent à son action en se mettant généreusement au service de leurs frères.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Béni soit donc, celui à la porte duquel le Christ frappe. Notre porte est la foi, qui, si elle résiste, défend toute la maison » (Saint Ambroise)

  • « Jésus veut que notre existence soit laborieuse, que nous ne baissions jamais la garde, pour accueillir avec gratitude et émerveillement chaque nouveau jour que Dieu nous donne » (François)

  • « […] La vigilance est "garde du cœur", et Jésus demande au Père de nous garder en son Nom. L’Esprit Saint cherche à nous éveiller sans cesse à cette vigilance […] » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 2.849)

Prière de saint François d’Assise pour la paix en Terre Sainte...

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

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Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 22 octobre 2023

« Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » / Hymne su soir... / (443,431)

 Bonjour!

Lundi 23 octobre 2023

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » (Lc 12, 13-21)

Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus :
« Maître, dis à mon frère
de partager avec moi notre héritage. »
    Jésus lui répondit :
« Homme, qui donc m’a établi
pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? »
    Puis, s’adressant à tous :
« Gardez-vous bien de toute avidité,
car la vie de quelqu’un,
même dans l’abondance,
ne dépend pas de ce qu’il possède. »
    Et il leur dit cette parabole :
« Il y avait un homme riche,
dont le domaine avait bien rapporté.
    Il se demandait :
“Que vais-je faire ?
Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.”
    Puis il se dit :
“Voici ce que je vais faire :
je vais démolir mes greniers,
j’en construirai de plus grands
et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens.
    Alors je me dirai à moi-même :
Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition,
pour de nombreuses années.
Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.”
    Mais Dieu lui dit :
“Tu es fou :
cette nuit même, on va te redemander ta vie.
Et ce que tu auras accumulé,
qui l’aura ?”
    Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même,
au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Qu’aurions-nous fait à la place de cet agriculteur « dont les terres avaient beaucoup rapporté » ? Probablement la même chose : n’est-ce pas agir de manière responsable que de créer un plan d’épargne pour mettre à l’abri les bénéfices d’une année féconde ? Bien sûr ses projets sont assez limités : se reposer, manger, boire, jouir de la vie ; mais – à condition de ne pas tomber dans cet hédonisme primaire – qu’y a-t-il de répréhensible à profiter de ses rentes ?

Pourtant le Seigneur ne mâche pas ses mots : « Tu es fou » ; entendons : « insensé ». Comme l’étymologie de ce terme l’indique, il désigne celui qui a perdu le sens de sa vie, qui a oublié sa finalité véritable ; celui qui, aveuglé par l’appât d’une vie facile, s’installe ici-bas dans l’indifférence aux autres, et comme s’il devait y passer l’éternité. N’ayant de souci que pour sa sécurité et son confort, « n’amassant que pour lui-même », il souffre d’une double amnésie : il oublie de rendre grâce à Dieu, source de tout ce qu’il possède ; et il oublie de faire la part du pauvre. Certes il est légitime de profiter du fruit de notre travail, mais en nous souvenant que nous ne sommes que les gestionnaires des biens que le Seigneur nous confie pour subvenir à nos propres besoins, et partager avec nos frères en humanité moins favorisés. C’est précisément en partageant que nous constituons « un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne ronge pas » (Lc 12, 33).

Il ne s’agit pas que d’une pieuse méditation sur le détachement des biens de ce monde : Benoît XVI discernait dans le principe de la gratuité, la dimension spécifiquement humaine de nos comportements, qu’il faut nécessairement honorer, si nous voulons parvenir à humaniser le développement économique, social et politique (Lettre encyclique Caritas in veritate, 34). Le Pape émérite ajoutait : « Le principe de gratuité et la logique du don, comme expression de la fraternité, peuvent et doivent trouver leur place à l’intérieur de l’activité économique normale. C’est une exigence conjointe de la charité et de la vérité. (Ibid., 36). Si hier on pouvait penser qu’il fallait d’abord rechercher la justice et que la gratuité devait intervenir ensuite comme un complément, aujourd’hui, il faut dire que sans la gratuité on ne parvient même pas à réaliser la justice » (Ibid., 38).

Puissions-nous entendre ce message, et le mettre en pratique à notre échelle. La logique de la gratuité et du don procède de la conscience que l’autre ne peut me laisser indifférent, mais qu’il « m’oblige » au nom de notre commune humanité et de notre commune appartenance à la « famille de Dieu » (Ep 2, 19). Somme toute, c’est par la gratuité que la solidarité s’élève au niveau de la charité.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Hymne du soir...

Ô DIEU QUI FIS JAILLIR DE L'OMBRE

A. Rivière — CNPL

Ô Dieu qui fis jaillir de l'ombre
Le monde en son premier matin,
Tu fais briller dans notre nuit
La connaissance de ta gloire.

Tu es l’image de ton Père
Et la splendeur de sa beauté.
Sur ton visage, ô Jésus Christ,
Brille à jamais la joie du monde.

Tu es toi-même la lumière
Qui luit au fond d’un lieu obscur.
Tu es la lampe de nos pas
Sur une route de ténèbres.

Quand tout décline, tu demeures,
Quand tout s’efface, tu es là !
Le soir descend, tu resplendis
Au cœur de toute créature.

Et quand l’aurore qui s’annonce
Se lèvera sur l’univers,
Tu régneras dans la cité
Où disparaissent les ténèbres.

Jean-Yves