vendredi 23 février 2024

Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait /Prions pour la paix en Ukraine... / (455,772)

Bonjour!

Samedi 24 février 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Mt 5, 43-48)

Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
Voici maintenant le moment favorable,  
voici maintenant le jour du salut.
Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur. (2 Co 6, 2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Hier Jésus soulignait la différence essentielle entre l’interprétation de la Loi enseignée par les pharisiens et celle qu’il propose à ses disciples. Pour les premiers, l’homme serait capable d’obtenir sa justification par son observance rigoureuse des prescriptions légales. La Thora est un don de Dieu à son peuple, mais le salut serait le fruit des efforts du croyant, c’est-à-dire de celui qui croit en l’origine divine de la Loi et est intégré par la circoncision à la nation sainte. Pour Jésus, le salut est incontestablement d’un tout autre ordre. En imaginant qu’elle soit à notre portée, la justice morale qui consisterait dans une obéissance formelle aux préceptes de la Loi, ne suffirait pas à nous justifier devant Dieu. Car nos actions demeureraient toujours naturelles. Or l’homme avait été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu afin de pouvoir accueillir l’Esprit Saint, et de laisser celui-ci accomplir ses œuvres en nous. 

C’est cette synergie entre la nature et la grâce que Notre-Seigneur est venu restaurer en nous afin que nous puissions nous comporter comme des « fils de notre Père qui est aux cieux », conformément à ce que nous sommes réellement devenus par la foi au Fils unique. C’est au nom de cette recréation dans l’Esprit Saint, rendue possible par la grande purification dans « le Sang et l’eau », que Jésus peut nous inviter à un comportement radicalement nouveau, et totalement hors de portée de nos pauvres forces naturelles.

« Saluer nos frères et aimer notre prochain » est déjà pour nous tout un programme ; mais « aimer nos ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent » est franchement au-delà de nos moyens. Lorsque Jésus ajoute : « Vous donc soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait », il est clair que l’obéissance à un tel précepte présuppose une transformation radicale de tout notre être ; bien plus : un dépassement de notre existence naturelle, nécessairement imparfaite. Seule une participation à la vie divine (2 P 1, 4) peut nous permettre d’adopter le comportement de notre Père sur base d’une certaine communion à sa nature. L’injonction du Christ suppose donc que nous devenions fils et filles de Dieu au sens ontologique du terme, et non pas en un sens analogique : pour atteindre l’état de perfection, il nous faut naître à la vie divine. Ce qui suppose bien sûr une intervention inouïe de la part de Dieu, car comment l’homme pourrait-il s’enfanter lui-même à une réalité d’une toute autre nature ?

Nous touchons à nouveau du doigt combien toute prétention à l’auto-justification est étrangère au christianisme. Nous ne pouvons qu’accueillir cette initiative divine déconcertante et signifier notre consentement avec les paroles de la Vierge Marie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se fasse pour moi selon ta Parole » (Lc 1, 38). Pour que ce germe de vie divine, qui fut déposé en nous au jour de notre baptême, puisse grandir, mûrir et donner son fruit, il nous faut bien sûr veiller sur sa croissance, exposer la terre de notre humanité à la rosée céleste de l’Esprit dans la prière ; accompagner les étapes de la croissance de l’enfant de vie divine que nous portons en nous par les sacrements appropriés ; le nourrir de la manne eucharistique – quotidiennement si possible, hebdomadairement à tout prix pour éviter qu’il ne meure d’inanition. Tout vient de Dieu, mais notre part consiste à nous montrer responsables de son don, en coopérant activement à l’œuvre de la grâce.

Chaque matin le Seigneur renouvelle avec nous son Alliance : « Aujourd’hui le Seigneur te déclare qu’il est ton Dieu, et il t’invite à être son peuple particulier » (cf. 1ère lect.) ; bien plus : il t’accueille comme son fils et sa fille bien-aimés. « Aujourd’hui le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ses commandements et ses décrets, de les garder et de les observer de tout ton cœur et de toute ton âme », afin d’être « un peuple consacré au Seigneur ton Dieu » (Ibid.).

Tel est le projet inouï que Dieu nourrit pour ses enfants : déverser sa propre vie lumineuse dans la grisaille de notre humanité marquée par le péché ; nous couvrir de sa gloire, nous prendre sous la nuée de son Esprit, afin de nous enfanter à la vie divine. C’est pour nous élever jusqu’à lui qu’il n’a pas craint de descendre jusqu’à nous ; pour nous faire naître à la vie divine qu’il est né dans le sein de la Vierge ; pour nous introduire dans la liberté filiale, qu’il a pris notre condition d’esclave ; pour nous couvrir de sa gloire, qu’il a pris sur lui l’opprobre de notre réprobation. Ce mystérieux échange, cet abaissement ineffable, Notre-Seigneur le renouvelle quotidiennement dans chaque Eucharistie, afin qu’en communiant à ce qu’il a voulu être pour nous, nous devenions ce qu’il voudrait que nous soyons en lui : des fils et des filles de Dieu son Père et notre Père.

Seigneur nous confessons notre indifférence et notre ingratitude. Chaque jour tu renouvelles pour nous la merveille de notre salut, et nous passons sans même y prêter attention, dispersés dans nos multiples activités, éparpillés dans nos préoccupations. Donne-nous de retrouver, au milieu des événements qui se bousculent autour de nous, le vrai sens de notre vie ; de discerner au cœur de ce monde qui passe, la présence du Royaume qui ne passera pas, et de travailler à son avènement par une conversion sincère et généreuse. Donne-nous de puiser nos forces aux sources vives de l’Esprit, dans ta Parole et dans l’Eucharistie, pour « garder tes exigences, observer tes commandements et marcher selon ta loi » (Ps 118) d’amour.

Abbé Philippe Link  / Merci!

-----

En ce 2e anniversaire du début de la guerre, prions pour que la paix survienne le plus rapidement possible en Ukraine.

Prions pour toues ces familles affligées par la mort d'un proche en Ukraine et en Russie.

En 2024, il me semble que la guerre n'a vraiment pas sa place. 

Bonne journée!

Jean-Yves 


jeudi 22 février 2024

« Va d’abord te réconcilier avec ton frère » Prions pour la paix en Ukraine... /(455,731)

 Bonjour!

Vendredi 23 février 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Va d’abord te réconcilier avec ton frère » (Mt 5, 20-26)

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Rejetez tous les crimes que vous avez commis, 
faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (Ez 18, 31)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je vous le dis :
Si votre justice ne surpasse pas
celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Notre-Seigneur sait bien qu’un mouvement spontané de colère peut nous aveugler au point de réduire la responsabilité de nos actes. Par contre l’insulte relève d’une volonté déterminée de nuire à la réputation de l’autre. Quant à la malédiction elle représente le comble de la malice puisqu’elle constitue la singerie inversée de la bienveillance divine : elle veut en effet consciemment détruire, en recourant à des puissances spirituelles démoniaques supposées accomplir les malheurs invoqués sur la victime. Voilà pourquoi celui qui « maudit son frère sera passible de la géhenne de feu » : il sera livré aux puissances auxquelles il a recours pour nuire à son prochain.

Ces paroles de Notre-Seigneur ne doivent pas être entendues comme des menaces proférées par un Dieu courroucé mais l’énoncé des conséquences de nos actes pervertis par le péché. Dieu lui, ne désire pas la mort du méchant mais « plutôt qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive » (1ère lect.). Aussi, après avoir dénoncé le mal et ses conséquences, Jésus poursuit-il son enseignement en exposant la fonction positive de la colère. Il s’agit de mobiliser cette puissance pour la mettre au service du dessein de Dieu, en particulier de l’unité de la famille humaine et non pas de sa division, de sa dispersion en factions ennemies. 

Ainsi donc « “si ton frère a quelque chose contre toi”, même si tu ne te souviens pas de lui avoir causé du tort, loin de t’enflammer de colère pour cette injustice et de contre-attaquer avec violence, laisse plutôt l’Esprit transformer cette passion en vertu constructrice : “va te réconcilier avec ton frère” ». En clair : puise dans ta colère la force de rétablir l’unité avec ton prochain.

Telle est l’offrande qui plaît à Dieu et qu’il désire que nous présentions sur son autel. N’en doutons pas : « si nous nous détournons de notre méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, nous sauverons notre vie ; si nous ouvrons les yeux et nous détournons de nos fautes, nous ne mourrons pas mais nous vivrons » (1ère lect.).

Seigneur nous le croyons « près de toi est l’amour, l’abondance du rachat, c’est toi qui nous libères de toutes nos fautes et nous arraches aux profondeurs où elles nous avaient entraînés » (Ps 129). Donne-nous, en ce temps de carême, de nous laisser convertir par ta grâce afin que nous nous détournions de tous les péchés que nous avons commis, que « nous observions tous tes commandements et pratiquions le droit et la justice » (1ère lect.). Renouvelés dans l’Esprit Saint nous pourrons alors devenir des artisans de la réconciliation de la famille humaine et des bâtisseurs de la cité de la paix, la Jérusalem nouvelle où tu règneras pour les siècles.

Abbé Philippe Link -  Merci!

-----

Prions...

+ À l'occasion de ce 2e anniversaire le l'invasion de la Russie en Ukraine (24 février 2022), prions avec les Églises canadiennes et du monde pour que la paix survienne le plus tôt possible entre ces pays qui souffrent atrocement de ce conflit qui perdure... : des milliers de morts - des villes et villages détruits en Ukraine...). 


  

Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 21 février 2024

« Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux » / (455,689

 Bonjour!

Jeudi 22 février 2024

Voici la parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Mt 16, 13-19)

[Alléluia. Alléluia. Sauf en Carême :] Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi !
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
[Alléluia. Sauf en Carême :] Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi !   (Mt 16, 18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe,
demandait à ses disciples :
« Au dire des gens,
qui est le Fils de l’homme ? »
Ils répondirent :
« Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Cette question est au cœur de l’Évangile : elle constitue à la fois un sommet et une charnière. Un sommet car le cheminement des apôtres trouve ici son accomplissement dans une confession de foi en la Seigneurie divine de Jésus, reconnu par Pierre comme « Messie, Fils de Dieu ». Une charnière car après ce temps de discernement de la Personne du Christ, l’Évangile bascule vers l’autre versant, à savoir la controverse avec les chefs religieux, qui aboutira à la condamnation et à la mort du Seigneur.

Jésus ne pouvait avancer vers sa Pâque pour réaliser le salut du monde, qu’après s’être assuré que le sens de son sacrifice pourrait être discerné par toutes les générations à venir. Cette interprétation inspirée du mystère de la Croix est le grand trésor confié à l’Église, que Jésus fonde précisément sur la confession de foi de Pierre. Pourtant, ce même Apôtre trahira son Maître, et celui-ci le savait fort bien : « Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous secouer dans un crible comme on fait pour le blé. Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne disparaisse pas. Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 31-32). Les dons de Dieu sont sans repentance, car il ne choisit pas des hommes capables de réaliser ses projets, mais il appelle des pauvres, qu’il rend capables, à travers chutes et relèvements, d’accomplir la mission qu’il leur confie.

La confession de foi instaure entre Jésus et Pierre une nouvelle relation : « « Heureux es-tu », car ce n’est pas un discernement humain qui t’a conduit à cette parole, mais c’est parce que tu es « devenu enfant de Dieu » en « croyant au nom du Fils unique » (Jn 1,12), que tu as pu prononcer cette déclaration véridique ». Aussi, pour marquer sa naissance à la vie nouvelle, à la vie de fils du « Père qui est aux cieux », Simon se voit-il attribuer un nom nouveau, qui signifie son ministère de fondation de la foi de l’Église. Par sa confession, formulée dans l’Esprit Saint dont il s’est laissé illuminer, Pierre prend pied sur l’autre rive, auprès de Jésus ; il se tient sur le roc de la foi en la vérité, qui donne accès à la vie définitive.

C’est cette position nouvelle qui justifie le « ministère des clefs » du Royaume : Jésus ne donne pas à son apôtre un pouvoir arbitraire, mais il lui garantit que dans l’Esprit qu’il a accueilli, il ne saurait errer « en matière de foi et de mœurs ». Son discernement sera assuré de la même lumière divine qui vient de lui permettre de confesser la Seigneurie du Christ : « Lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité toute entière ; il vous communiquera ce qu’il reçoit de moi » (Jn 16, 13-15).

« Et toi, que dis-tu ? Pour toi qui suis-je ? » Que l’Esprit Saint nous donne de proclamer la Seigneurie de Jésus ressuscité, de manière à « remporter nous aussi, quand se manifestera le Berger suprême, la couronne de gloire qui ne se flétrit pas » (1ère lect.).

Abbé Philippe Link / Merci!

-----


Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 20 février 2024

« À cette génération il ne sera donné que le signe de Jonas le prophète » / (455,657)

Bonjour!

Mercredi 21 février 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« À cette génération il ne sera donné que le signe de Jonas le prophète » (Lc 11, 29-32)


Gloire à toi, Seigneur,
honneur, puissance et majesté !
Maintenant, dit le Seigneur,
revenez à moi de tout votre cœur,
car je suis tendre et miséricordieux.
Gloire à toi, Seigneur,
honneur, puissance et majesté ! (cf. Jl 2, 12b.13c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme les foules s’amassaient,
Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe,
mais en fait de signe
il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l’homme
pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Tout au long de cette première semaine du carême, l’Eglise nous aide à mieux découvrir qui Dieu veut être pour nous. Hier nous méditions sur le mystère de sa paternité bienveillante : nous ne suivons pas un tyran cruel et vindicatif qui nous entraîne au désert pour nous y supplicier ; mais un Père qui veut nous donner part à sa sainteté. La liturgie d’aujourd’hui prolonge ce thème en précisant l’extension universelle de cet amour et en suggérant les conséquences qu’une telle disposition entraîne pour nous.

L’histoire de Jonas est une des mieux connues de la Bible. Ce prophète atypique nous est somme toute bien sympathique ; peut-être en raison de son franc parler. Loin de s’offusquer de l’audace irrévérencieuse de son serviteur, le Seigneur tente patiemment de le ramener à de meilleurs sentiments. Mais pourquoi Jonas est-il rebelle au point de refuser le ministère que Dieu lui confie auprès des Ninivites ? 

Paradoxalement, ce n’est pas par manque de foi, mais tout au contraire parce qu’il a deviné que dans un excès de compassion, le Seigneur s’apprête à faire grâce à ces païens, qui ignorent pourtant tout du vrai Dieu. Voilà ce qui pour Jonas fait scandale : le Dieu d’Israël n’a-t-il rien de mieux à faire que de s’intéresser à ces étrangers ? N’a-t-il pas suffisamment de souci avec son peuple ? Qu’a-t-il à envoyer ses prophètes en mission en terre païenne ? 

Au fil de la lecture, nous découvrons ainsi que le péché de Jonas, le motif de sa désobéissance, est de ne pas vouloir reconnaître à tous le droit de jouir de la bienveillance divine, dont il est le premier bénéficiaire. Mais en refusant que la paternité de Dieu s’étende à tous les hommes, il instaure une ségrégation au sein de l’humanité, et par le fait même il rejette la fraternité universelle voulue par le Créateur dès les origines.

Le rapprochement entre le passage de l’Evangile de ce jour et le récit de Jonas nous éclaire sur les raisons pour lesquelles les pharisiens demandent à Jésus « un signe ». Eux non plus n’acceptent pas que Dieu s’ouvre au monde païen, et ils récusent ce Rabbi qui joue au missionnaire. Depuis quand un prophète annonce-t-il un message de salut à des non-juifs et accomplit-il en leur faveur des miracles ? La dimension universelle de la compassion de Notre-Seigneur les scandalise : ils n’ont pas compris que Jésus est venu « pour rassembler dans l’unité tous les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52).

Hélas, ce refus d’ouvrir leurs cœurs au-delà des frontières religieuses d’Israël, va se retourner contre eux, car en refusant de partager le pain de la réconciliation, ils s’excluent eux-mêmes du banquet de la miséricorde auquel le Père convie ses enfants.

Les habitants de Ninive étaient de grands pécheurs ; mais après avoir humblement fait pénitence, ils se réjouissent de participer à la vie même de leur Sauveur, et siègent avec lui « lors du jugement ». La reine de Saba était bel et bien une païenne, mais en accueillant humblement la Sagesse de Salomon – préfiguration du Christ – elle se trouve associée à la grande famille de Dieu, dont les fils aînés s’excluent par leur intransigeance.

La leçon est claire : celui qui refuse de partager la grâce du salut avec tous, sans exception, s’exclut lui-même de ce dont il voulait priver les autres. Plutôt que de ressasser ce qui nous sépare de nos « frères ennemis », levons plutôt les yeux vers celui qui nous rassemble : Jésus Christ, et vers celui qui nous appelle : Dieu son Père et notre Père. Ce n’est pas parce que nous sommes mauvais, qu’il nous faut reprocher à Dieu d’être bon ! Essayons plutôt de l’imiter afin d’« être saints comme lui-même est saint » (Lv 19, 2) : ouvrons tout grand les bras du pardon à tous nos frères, sans exception, « car si nous ne pardonnons pas aux hommes, à nous non plus notre Père ne pardonnera pas nos fautes » (Mt 6, 15).

Seigneur tu n’as que faire de mes holocaustes : « le sacrifice qui te plaît, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé » (Ps 50) de repentir. Donne-moi la grâce d’une authentique contrition, que je puisse goûter, dans le pardon que tu m’accordes, la puissance régénératrice de ton amour de Père. Accorde-moi aussi de pouvoir me réjouir d’accueillir au sein de cette humanité nouvelle, reconstituée dans ta miséricorde, tous mes frères, sans exception – à commencer par mes ennemis.

Abbé Philippe Link / Merci!

-----

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Jonas était un serviteur mais je suis le Maître; et lui fut jeté par la baleine, mais moi j’ai ressuscité d’entre les morts; et lui proclamait la destruction, mais moi je suis venu pour annoncer la Bonne Nouvelle et le Royaume » (Saint Jean Chrysostome)

  • « Une chose est claire: le signe de Dieu pour les hommes est le Fils de l’homme, Jésus lui-même. Et c’est de manière profonde dans son mystère pascal, dans le mystère de mort et résurrection. Il est lui-même le “signe de Jonas” » (Benoît XVI)

  • « Jésus lie la foi en la résurrection à sa propre personne: ‘Je suis la Résurrection et la vie’ (Jn 11,25) (…). De cet événement unique, Il parle comme du ‘signe de Jonas’ (Mt 12,39), du signe du Temple: Il annonce sa Résurrection le troisième jour après sa mise à mort » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 994)

Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 19 février 2024

« Vous donc, priez ainsi » / Notre Père... / (455,595)

Bonjour!

Mardi 20 février 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Vous donc, priez ainsi » (Mt 6, 7-15)

Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Lorsque vous priez,
ne rabâchez pas comme les païens :
ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi vous avez besoin,
avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes
à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

L’Evangile de ce jour est vraiment révolutionnaire : jamais aucun Maître n’avait osé inviter à une telle intimité avec Dieu. Et comment aurait-il pu le faire : « Nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils (Mt 11, 27) ». Seul Jésus, l’Envoyé du Père sur qui repose la plénitude de l’Esprit, est habilité à nous parler de Celui qui l’a désigné comme « son Fils bien-aimé » et nous a intimé l’ordre : « écoutez-le (Mt 17, 6) ». Nous sommes donc au cœur de la Révélation divine ; et que nous apprend-elle ?

Que Dieu n’est pas un lointain monarque devant lequel l’homme devrait se répandre en interminables prières pour être exaucé. Il est tout au contraire un Père de famille, présent et agissant au milieu de ses enfants, s’intéressant à tout ce qu’ils font et connaissant leurs moindres besoins.

Inutile de chercher à l’amadouer ou à gagner sa bienveillance : elle nous est depuis toujours et définitivement acquise. Aussi notre prière ne consiste-t-elle pas à tenter subtilement de faire entrer Dieu dans nos vues, mais bien plutôt à nous ouvrir à lui afin d’entrer dans les siennes, car il sait mieux que nous ce qui nous convient.

C’est pourquoi la prière que Jésus enseigne à ses disciples commence par ces simples paroles « Notre Père », qui résument notre besoin le plus urgent. Nous avons en effet vitalement besoin de la paternité divine, et toute l’oraison se déploie comme l’explicitation d’une seule requête : que Dieu soit notre Père, qu’il nous aide à accueillir sa paternité ; c’est-à-dire : que « la Parole qui sort de sa bouche accomplisse sa mission » et fasse de nous des fils dans son Fils premier-né.

D’où la demande : « Que ton nom soit sanctifié » c’est-à-dire respecté comme unique, incomparable, car il n’y a qu’un seul Dieu et Père à qui reviennent tout honneur et toute gloire.

« Que ton Règne vienne » : règne de justice et de paix, dans un univers réconcilié où tous les hommes sont frères.

« Que ta volonté soit faite » : qu’elle réalise ton dessein d’amour malgré nos aveuglements, nos résistances, nos refus.

Que nourris de cette Parole comme d’un pain quotidien, nous puissions accueillir toujours plus profondément ta miséricorde et la partager avec la même surabondante générosité, car il n’aura pas de part avec Jésus dans le Royaume à celui qui aura refusé de partager ici-bas le pain du pardon.

« Mais délivre-nous du Malin », qui aujourd’hui comme hier tente de défigurer en nous ta paternité afin de nous enfermer dans la peur et de nous faire fuir loin de ta face.

Sois plus fort que notre malice et « ne nous laisse pas entrer en tentation », celle de l’apostasie. Ne permets pas que nous nous détournions de toi en abandonnant Jésus, que tu as envoyé pour nous révéler ton visage, et ouvrir devant nous le chemin de la vie filiale.

Oui, répands sur nous ton Esprit, que nous criions « Abba, Père ! » (Ga 4,6), et que « nous exaltions tous ensemble ton Nom », toi qui en Jésus te fais « proche du cœur brisé et sauve l’esprit abattu » (Ps 33[32]).

Abbé Philippe Link  //  Merci!

-----

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Quelle prière peut-il y avoir de plus spirituelle que celle que le Christ nous a donné, par qui l’Esprit Saint nous fût aussi envoyé ? Et quelle prière plus véritable devant le Père que celle qui jaillit des lèvres du Fils ? » (Saint Cyprien)

  • « Le ‘Notre Père » commence avec un grand réconfort : nous pouvons dire ‘Père’, car le Fils est notre frère et Il nous a révélé le Père ; car grâce au Christ nous sommes de nouveau fils de Dieu » (Benoît XVI)

  • « Nous pouvons invoquer Dieu comme «Père» parce qu’Il nous est révélé par son Fils devenu homme et que son Esprit nous Le fait connaître. Ce que l’homme ne peut concevoir ni les puissances angéliques entrevoir, la relation personnelle du Fils vers le Père, voici que l’Esprit du Fils nous y fait participer, nous qui croyons que Jésus est le Christ et que nous sommes nés de Dieu » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2.780)


     Un Notre Père pour chacun et chacune de vous...     

Notre Père, qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous  ont offensés, et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal.

-----

Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 18 février 2024

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l'avez fait » / (455,552)

Bonjour!

Lundi, 19 février 2024

Voici la Parole  de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 31-46)

Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire !
Voici maintenant le moment favorable,  
voici maintenant le jour du salut. 
Louange à toi, Seigneur,
Roi d’éternelle gloire ! (2 Co 6, 2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
“Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront :
“Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes- nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.”

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
“Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi :
“Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Le Seigneur, dans l’Évangile de ce jour, nous parle 
de son ultime venue dans la gloire, escorté de tous ses anges,
 prenant place sur son trône de gloire (25,31-32),
 et distribuant à ses élus en héritage
le Royaume préparé pour eux depuis la fondation du monde (25,34).
 Notre Seigneur nous dit surtout en quoi et pourquoi il veut régner en nos vies.

En premier lieu, parce qu’il est un Dieu d’amour
 qui ne veut donc régner que sur ceux et celles
 qui auront vécu dans l’amour.
 Voici donc l’humanité tout entière appelée 
par le Fils de Dieu, créateur et sauveur du monde, 
à répondre d’abord aux besoins les plus fondamentaux de l’homme.
 Au droit à l’alimentation, contre la faim ou la malnutrition. 
Au partage de l’eau, contre la soif et les drames de la sècheresse.
 À l’accueil fraternel, contre l’exclusion ou le rejet. 
Au vêtement et au logement, contre le froid et l’absence de toit.
 À la santé, par les soins et le soulagement des maladies.

On voit par-là combien ces paroles du Fils de Dieu 
ont pu traverser les siècles et demeurent d’actualité. 
Il y a là, c’est sûr, quelque chose qui sera toujours primordial.
 On ne peut que se réjouir de ce que l’Église a fait – soyons justes –
en tous ces domaines au fil des siècles ; 
et de ce que le caritatif et l’humanitaire – soyons vrais –
soient aujourd’hui si bien relayés, souvent
 par des non-pratiquants ou des non-croyants.
 Car là où est l’amour, là est Dieu, nous dit saint Jean.
 Mais l’amour chrétien, et donc le Règne du Christ,
 veut aller plus loin encore et atteindre au plus essentiel. « Les plus pauvres des pauvres, dit Mère Teresa,
 ce sont les âmes mortes ».
 Que serait ce Royaume promis en effet s’il se cantonnait
dans les limites et les insatisfactions d’ici-bas ?

Nous devons donc nous ouvrir aussi, et même plus encore,
 à ceux qui ont faim de la foi qui nous sauve ; 
soif de l’espérance qui nous met dans la joie et nous donne de tenir. 
De ceux qui sont en attente de communion fraternelle,
 puisque nous ne sommes plus des étrangers ni des hôtes, 
mais concitoyens des saints de la maison de Dieu. De ceux qui aspirent à être, comme promis, revêtus de lumière,
 guéris du mal du péché et de la mort. 
Et libérés de la prison de l’enfermement des cœurs. 
Alors oui, quel Royaume d’amour, de lumière et de joie
 déjà en devenir ici-bas et en perspective de vie éternelle !

 Seigneur Jésus, donne-moi la grâce de faire passer ton amour et ta volonté avant tout. Aide-moi à lutter courageusement contre mes désirs impurs et mes envies égoïstes. Aide-moi à te donner la priorité dans ma vie et à le montrer concrètement en pratiquant la charité envers les plus faibles. Apprends-moi la charité ! Règne en moi par la charité. Christ notre Roi, que ton Règne vienne !

Abbé Philippe Link / Merci!

-----


----------

« Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates  5, 22-23

frère Albert Bażyk

frère Albert Bażyk

Couvent de Nancy


La mesure de ma joie

Nous connaissons bien des joies dans notre vie. Les joies toutes simples, comme un succès, une découverte ou la naissance d’un enfant. Le dictionnaire définit la joie comme « émotion agréable et profonde, sentiment exaltant ressenti par toute la conscience » ou bien « contentement, fierté, plaisir, satisfaction, gaieté », etc.

Puis-je me contenter de ces définitions ? La joie véritable est un don, un cadeau de l’Esprit Saint. Tout comme l’amour, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi. Ce cadeau, je ne peux le recevoir que dans la vérité sur moi-même et sur les autres. Cette vérité, c’est le Christ et mon prochain — ils sont la mesure de ma joie. Comme aumônier, il m’arrive de franchir les portes de la prison avec appréhension et cependant, la rencontre avec les détenus peut devenir source de joie profonde.

L’Évangile d’aujourd’hui pose les bonnes questions : quand est-ce que nous t’avons vu… ? Tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? Tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? Tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? Tu étais nu, et nous t’avons habillé ? Tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »*

Voilà la recette de la vraie joie !

 * Matthieu 25, 37-40

-----

Bonne journée!

Jean-Yves