mercredi 6 avril 2022

« Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour » / (383,825)

Bonjour!

Jeudi 7 avril 2022 



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour » (Jn 8, 51-59)

Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie. (cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait aux Juifs :
                   « Amen, amen, je vous le dis :
si quelqu’un garde ma parole,
jamais il ne verra la mort. »
          Les Juifs lui dirent :
« Maintenant nous savons bien que tu as un démon.
Abraham est mort, les prophètes aussi,
et toi, tu dis :
“Si quelqu’un garde ma parole,
il ne connaîtra jamais la mort.”
                   Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ?
Il est mort, et les prophètes aussi sont morts.
Pour qui te prends-tu ? »
          Jésus répondit :
« Si je me glorifie moi-même,
ma gloire n’est rien ;
c’est mon Père qui me glorifie,
lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,
                  alors que vous ne le connaissez pas.
Moi, je le connais
et, si je dis que je ne le connais pas,
je serai comme vous, un menteur.
Mais je le connais,
et sa parole, je la garde.
                   Abraham votre père a exulté,
sachant qu’il verrait mon Jour.
Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
          Les Juifs lui dirent alors :
« Toi qui n’as pas encore cinquante ans,
tu as vu Abraham ! »
          Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
avant qu’Abraham fût,
moi, JE SUIS. »
          Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter.
Mais Jésus, en se cachant,
sortit du Temple.

                        – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Dans le Temple, la confrontation entre Jésus et quelques juifs se poursuit. Jésus prend la parole : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reste fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort. » Notre Seigneur affirme ici sa mission de salut. Sa Parole est parole de vie parce qu’elle préserve de la mort éternelle celui qui l’accueille et la fait sienne.

Mais quand Jésus leur parle de vie, ses interlocuteurs ne voient que la vie terrestre. Du coup, appliquant ses propos à la seule mort physique, ils les réduisent à une simple promesse d’immortalité. Dès lors, il leur est facile d’ironiser : « Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi. »

Les propos de Jésus ont pourtant réveillé chez eux une question fondamentale, celle de son identité : « Qui donc prétends-tu être ? » Jésus ne va pas répondre directement. Toute pensée de vanité lui est étrangère. La seule gloire qui compte pour lui est celle qu’il reçoit de son Père : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie. » Et le Père se glorifie en son Fils en en faisant le révélateur de son Amour pour tous les hommes. Accueillir cette révélation de Jésus, Parole de Dieu faite chair, à travers ses gestes et ses paroles, c’est cela connaître le Père. Avant toute chose, cette connaissance est concrète. Elle est un rapport personnel, une communion de pensée et de vie avec le Père à travers le Fils.

La preuve que les juifs qui s’opposent à Jésus ne possèdent pas cette connaissance est qu’ils rejettent le Fils. Ils ne l’ont pas accueilli comme celui qui garde la Parole du Père et la révèle à tout homme. Or, comme le dit à un autre endroit Jésus, « nul ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » En leur disant que lui connaît Dieu et qu’eux ne le connaissent pas, Jésus dénonce donc leur illusion.

Comment se fait-il qu’ils n’aient pas été capables de reconnaître la gloire du Père manifestée en Jésus ? Abraham, n’a-t-il pas lui-même contemplé ce « jour » ? En tant que fils d’Abraham, ils auraient dû reconnaître en lui, Jésus, la véritable postérité promise par Dieu à leur père, le véritable objet de sa joie, l’Isaac véritable, dont le premier n’était que la figure (cf. Première lecture).

Nous devons ici nous rappeler que cette discussion de Jésus avec ses interlocuteurs est située par saint Jean le jour de la fête des Tentes. Cette fête commémorait les quarante années passées au désert et les miracles ayant marqué ce séjour, spécialement celui de l’eau que Moïse fit jaillir du rocher. Elle était caractérisée par une joie proverbiale. D’après le Livre des Jubilés, Abraham l’aurait, en effet, instituée pour manifester sa joie à l’annonce de la naissance d’Isaac.

En se présentant comme l’Isaac véritable, Jésus fait donc refluer vers lui la joie de cette fête : « Abraham votre père a tressailli d’allégresse dans l’espoir de voir mon Jour. Il l’a vu, et il a été dans la joie. »

Le Jour du salut est bien arrivé. Le rocher véritable sera bientôt transpercé et l’eau qui jaillira de lui viendra irriguer et faire refleurir les déserts d’une humanité marquée par le péché.

Mais les interlocuteurs de Jésus retournent ses paroles : « Tu as vu Abraham ! » Ils ne se rendent pas compte qu’ils viennent pourtant d’exprimer une réalité. Jésus saisit alors la balle au bond : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham ait existé, moi, JE SUIS. »

C’en est trop. Non seulement Jésus affirme une existence qui transcende le temps mais en plus, il usurpe le nom divin « JE SUIS » (cf. Ex 3, 14). Pour répondre à ce double blasphème, il n’y a que la lapidation (Cf. Lv 24, 16) : « Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. »

Que fait alors Jésus ? Il sort du Temple. On entend comme en écho ces autres paroles de Jésus : « Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 19). La Passion de Jésus se profile déjà à l’horizon.

Bientôt, Seigneur Jésus, la liturgie nous invitera à te suivre jusqu’à la Croix. Que ta grâce nous aide alors à dépasser les résistances qui ne manqueront pas de se lever dans nos cœurs à ta reconnaissance, toi dont nous attendons pourtant le jour avec impatience. Comme le centurion au pied de la Croix, qu’elle nous assiste pour que nous reconnaissions en toi, Jésus crucifié, le Fils de Dieu venu nous sauver. Et que dans la contemplation de ton côté ouvert, nous puissions entrer dans la véritable connaissance du Père.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Merci pour la belle célébration communautaire du pardon préparée par  Madame Carmelle Laplante que nous avons vécue ce  soir en l'église de Saint-Pacôme.

Félicitations, Carmelle! Tu mérites nos applaudissements!!! 

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«Aime non pas ce que tu es, 

mais seulement ce que tu peux devenir.»

(Cervantes)

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«Celui qui entre dans la sphère de la foi 

entre dans le sanctuaire de la vie.»

(Paul Tillich)

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 5 avril 2022

«Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car moi, c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même; c'est lui qui m'a envoyé».(383,7788)

Bonjour!

Mercredi 6 avril 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

 (Jn 8,31-42): Jésus disait à ces Juifs qui maintenant croyaient en lui: «Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres». Ils lui répliquèrent: «Nous sommes les descendants d'Abraham, et nous n'avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire: ‘Vous deviendrez libres’?». Jésus leur répondit: «Amen, amen, je vous le dis: tout homme qui commet le péché est esclave du péché. L'esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison; le fils, lui, y demeure pour toujours. Donc, si c'est le Fils qui vous rend libres, vous serez vraiment libres. Je sais bien que vous êtes les descendants d'Abraham, et pourtant vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n'a pas de prise sur vous. Je dis ce que moi, j'ai vu auprès de mon Père, et vous, vous faites aussi ce que vous avez entendu chez votre père».

Ils lui répliquèrent: «Notre père, c'est Abraham». Jésus leur dit: «Si vous êtes les enfants d'Abraham, vous devriez agir comme Abraham. Et en fait vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Abraham n'a pas agi ainsi. Mais vous, vous agissez comme votre père». Ils lui dirent: «Nous ne sommes pas des enfants illégitimes! Nous n'avons qu'un seul Père, qui est Dieu». Jésus leur dit: «Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car moi, c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même; c'est lui qui m'a envoyé».

Commentaire: Abbé Givanildo dos SANTOS Ferreira (Brasilia, Brsil)

«Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez»

Aujourd'hui le Seigneur dirige des mots durs aux Juifs. Non à n'importe quel Juif, mais, précisément, à ceux qui ont embrassé la foi : Jésus a dit "aux Juifs qu'ils avaient cru en Lui" (Jn 8,31). Sans doute, ce dialogue de Jésus reflète le commencement de ces difficultés causées par les chrétiens judaïsants à la première heure de l'Église.

Comme ils étaient des descendants d'Abraham selon le consanguinité, ces tels disciples de Jésus se considéraient comme supérieurs non seulement des foules qui vivaient loin de la foi, mais aussi supérieurs à n'importe quel disciple non juif participant de la même foi. Ils disaient : "Nous sommes descendance d'Abraham" (Jn 8,33); "notre père est Abraham" (v.e 39); "nous avons seulement un père, Dieu" (v.e 41). Bien que nous soyons disciples de Jésus, nous avons l'impression de ce que Jésus ne représentait rien pour ceux-ci, il n'augmentait rien, à celui qu'ils possédaient déjà. Mais c'est là que la grande erreur de tous se trouve. Les vrais enfants ne sont pas les descendants selon la consanguinité, mais les héritiers de la promesse, ou bien, ceux qui croient (cf. Émoussé 9,6-8). Sans la foi dans Jésus il n'est pas possible que quelqu'un atteint la promesse d'Abraham. Ainsi en étant, entre les disciples, "il n'y a pas de Juifs ou de Grecs il n'y a pas d'esclave ou libre; il n'y a pas d'homme ou de femme", parce que tous sont frères par le baptême (cf. Gal 3,27-28).

Ne nous permettons pas nous séduire par un orgueil spirituel. Les judaïsants considéraient les autres chrétiens supérieurs. Il n'est pas nécessaire de parler, ici, des frères séparés. Mais pensons à nous mêmes. Combien de fois quelques catholiques se considèrent meilleurs que les autres catholiques parce qu'ils suivent ce ou ce mouvement là, parce qu'ils observent celle ou cette discipline celle-là, parce que ils obéissent à ce ou à cet usage liturgique là. Les uns, parce qu'ils sont riches; les autres, parce qu'ils ont plus étudié. Les uns, parce qu'ils occupent des charges importantes; les autres, parce qu'ils viennent de familles nobles. "Je voudrais que chacun sente la joie d’être chrétien… Dieu guide son Église, la soutient toujours aussi et surtout dans les moments difficiles" (Benoît XVI).

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Y a-t-il pour l'âme une mort pire que la liberté de l'erreur? » (Saint Augustin)

  • « "Libération" signifie transformation intérieure de l’homme, qui est la conséquence de la connaissance de la vérité. La transformation est, donc, un processus spirituel dans lequel l’homme mûrit dans la justice et la sainteté véritables » (Saint Jean-Paul II)

  • « Plus on fait le bien, plus on devient libre. Il n’y a de liberté vraie qu’au service du bien et de la justice. Le choix de la désobéissance et du mal est un abus de la liberté et conduit à " l’esclavage du péché " (cf. Rm 6,17) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 1.733)

Bonne journée!
Jean-Yves 

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS » / La croix du monastère de Val-N.-Dame... /(383,651)

 Bonjour!

Mardi 5 avril 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS » (Jn 8, 21-30)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
Fils de l’homme, élevé sur la croix,
tu attires à toi tous les hommes.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (cf. Jn 12, 32.34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait aux Pharisiens :
« Je m’en vais ;
vous me chercherez,
et vous mourrez dans votre péché.
Là où moi je vais,
vous ne pouvez pas aller. »
Les Juifs disaient :
« Veut-il donc se donner la mort,
puisqu’il dit :
“Là où moi je vais,
vous ne pouvez pas aller” ? »
Il leur répondit :
« Vous, vous êtes d’en bas ;
moi, je suis d’en haut.
Vous, vous êtes de ce monde ;
moi, je ne suis pas de ce monde.
C’est pourquoi je vous ai dit
que vous mourrez dans vos péchés.
En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS,
vous mourrez dans vos péchés. »
Alors, ils lui demandaient :
« Toi, qui es-tu ? »
Jésus leur répondit :
« Je n’ai pas cessé de vous le dire.
À votre sujet, j’ai beaucoup à dire
et à juger.
D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité,
et ce que j’ai entendu de lui,
je le dis pour le monde. »
Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père.
Jésus leur déclara :
« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme,
alors vous comprendrez que moi, JE SUIS,
et que je ne fais rien de moi-même ;
ce que je dis là,
je le dis comme le Père me l’a enseigné.
Celui qui m’a envoyé est avec moi ;
il ne m’a pas laissé seul,
parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »
Sur ces paroles de Jésus,
beaucoup crurent en lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus n’est pas de ce monde. Il est d’en haut et nous d’en bas : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde, moi, je ne suis pas de ce monde. » Par nous-mêmes, nous ne pouvons pas nous élever jusqu’au Père. Nous ne pouvons nous tirer par nos propres forces de la boue de notre péché : « Là où moi je m’en vais, vous ne pouvez pas y aller. »

Seul Jésus pourra nous élever. Mais cette élévation passera par la Croix, la crucifixion de nos passions qui nous tirent vers le bas. C’est le seul chemin qui nous élève et nous conduit vers le Père. Pour nous y engager, il nous faut poser un acte de foi en ce que Jésus est bien le Fils de Dieu envoyé par le Père pour nous sauver : « Si, en effet, vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. »

En dehors de cet acte de foi, nous restons liés à notre péché qui nous empêche de nous élever vers la Source de la vie qu’est le Père. En dehors de cet acte de foi qui nous redonne accès à la vie éternelle, c’est la mort. Jésus est clair là-dessus.

Ce qui nous purifie du péché c’est de croire que Jésus existe et qu’il est Fils de Dieu et de nous ouvrir ainsi à la vie divine. Car c’est en tant que Fils bien-aimé et envoyé par le Père que Jésus nous sauve. Voilà pourquoi à la question qu’on lui pose sur son identité, Jésus répond en renvoyant à son Père : « Je n’ai pas cessé de vous le dire. J’ai beaucoup à dire sur vous, et beaucoup à condamner. D’ailleurs celui qui m’a envoyé dit la vérité, et c’est de lui que j’ai entendu ce que je dis pour le monde. » Et le fait que saint Jean précise que ses détracteurs « ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père » manifeste bien que c’est ici que se situe tout l’enjeu de la discussion.

Dans saint Jean, jamais Jésus ne se met sur le même plan que le Père dont il est « l’Envoyé ». Il ne transmet au monde que la vérité qu’il tient d’auprès du Père : « Je ne fais rien par moi-même, mais tout ce que je dis, c’est le Père qui me l’a enseigné. » Et cependant, il n’hésite pas à s’affirmer comme sujet : « Je suis ». Ce que l’évangéliste fait ici ressortir c’est l’unité parfaite qui existe entre le Père et le Fils, unité qui ne signifie en aucun cas la disparition du sujet du Fils livré à la présence du Père. L’unité y est au contraire l’expression d’une relation réciproque : « Celui qui m’a envoyé est avec moi : il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît. »

La personne de Jésus apparaît ainsi comme le lieu même de la révélation. Ce n’est que dans le Fils que Dieu peut être reconnu et trouvé comme Père. Et cela se manifestera de la façon la plus éminente sur la Croix. Jésus l’annonce déjà ici : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS. » La Croix permettra à Jésus de passer là où il est, c’est-à-dire dans le Père. Et en cela, elle conduira à révéler sa filiation divine. Seule la foi en Jésus Fils de Dieu conduit à la réconciliation avec le Père. Seule la foi en Jésus Fils de Dieu permet de passer de ce monde d’en bas vers le monde d’en haut. Et c’est devant Jésus crucifié que cette foi se vérifie.

Seigneur, donne-nous de savoir te reconnaître sur la Croix comme le Fils bien-aimé du Père. Donne-nous la grâce de ne pas avoir peur de nous engager à ta suite sur le chemin de ta passion. Dans toutes nos croix, donne-nous la même confiance que toi envers ton Père pour nous abandonner entre ses mains. Que notre péché qui nous conduit à la mort soit cloué à la croix et que notre être intérieur soit élevé en toi auprès du Père, Source de toute vie !

Abbé Philippe Link - Merci!

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Crucifix situé derrière l'autel 
à l'Abbaye Val-Notre-Dame.
(Photo: Jean-Yves)

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«La chose la plus belle à vive c'est le mystère.»

(Albert Einstein)

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Bonne semaine!

Jean-Yves 


dimanche 3 avril 2022

« Je suis la lumière du monde » / L'art sacré.../ (383,564)

 Bonjour!

Lundi 4 avril 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Je suis la lumière du monde » (Jn 8, 12-20)

Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, dit le Seigneur. Qu’il se détourne de sa conduite, et qu’il vive ! Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. (cf. Ez 33, 11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Moi, je suis la lumière du monde.
Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
il aura la lumière de la vie. »
Les pharisiens lui dirent alors :
« Tu te rends témoignage à toi-même,
ce n’est donc pas un vrai témoignage. »
Jésus leur répondit :
« Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même,
et pourtant mon témoignage est vrai,
car je sais d’où je suis venu,
et où je vais ;
mais vous, vous ne savez ni d’où je viens,
ni où je vais.
Vous, vous jugez de façon purement humaine.
Moi, je ne juge personne.
Et, s’il m’arrive de juger,
mon jugement est vrai
parce que je ne suis pas seul :
j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé.
Or, il est écrit dans votre Loi
que, s’il y a deux témoins,
c’est un vrai témoignage.
Moi, je suis à moi-même mon propre témoin,
et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. »
Les pharisiens lui disaient :
« Où est-il, ton père ? »
Jésus répondit :
« Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ;
si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. »

Il prononça ces paroles
alors qu’il enseignait dans le Temple,
à la salle du Trésor.
Et personne ne l’arrêta,
parce que son heure n’était pas encore venue.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le monde a besoin de la lumière. Jésus est venu nous l’apporter, en faisant de sa vie un phare au milieu du brouillard de nos existences humaines. Son témoignage de vie éclaire nos esprits, nos cœurs, et nos consciences. En regardant le Christ, nous découvrons la signification, le but et la valeur infinie de notre propre vie. De Lui, nous apprenons comment aimer notre Père et notre prochain. Sa vérité nous donne la lumière. Elle illumine notre conscience particulièrement aux moments de décisions moralement difficiles. Sa vie est la source même de notre vie naturelle et surnaturelle « et la vie était la lumière des hommes » (Jn 1, 4).

« Celui qui me suit aura la lumière de la vie. » A certains moments nous avons du mal à croire en cette affirmation. Ce sont les moments où, nous qui cherchons à suivre le Christ et à étendre le royaume de Dieu, nous nous trouvons persécutés, seuls ou déroutés. Pensons à Marie face à des situations où elle ne comprenait pas clairement les chemins de Dieu : la naissance de son fils dans une étable, le martyre des saints innocents, la fuite en Égypte, Jésus enfant perdu au temple, l’arrestation, la flagellation, la crucifixion et la mort de son fils. C’était précisément dans cette « obscurité » que la lumière de la foi l’a guidée « plus sûrement que le soleil de midi » (St Jean de la Croix). C’est la lumière de la foi en Dieu, que nous ne voyons pas, qui nous permet d’aimer nos frères et nos sœurs que nous voyons. 

C’est la lumière de cette foi qui nous permet de saisir la présence divine et humaine de notre Seigneur dans le Saint Sacrement. C’est la lumière de cette foi qui nous permet de trouver l’image de Dieu en chaque personne depuis le moment de sa conception jusqu’à son dernier souffle, indépendamment de sa race, de sa religion, ou de ses capacités physiques ou mentales. La foi, la foi vraie, profonde et agissante transforme toute notre vie.

L’Évangile de Jean insiste sur l’unité totale entre le Père et le Fils.  « Lui qui était dans la condition de Dieu, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur » (Ph 2,6). Il est venu pour donner sa vie afin de mettre à mort notre nature pécheresse et nous redonner sa vie. Sa pleine connaissance de qui il est, nous révèle la liberté infinie de son amour, un amour qui anime chacune de ses actions, et surtout sa mort sur la croix. Mourir était sa raison de vivre.

Dans ta vie Seigneur, je trouve le sens de ma propre vie. Tu connais les difficultés de ma vie quotidienne. Tu sais combien le monde m’attire constamment sur un chemin qui peut un jour me séparer de toi, ma vraie joie. Accorde-moi la lumière de la foi et donne-moi la grâce nécessaire pour te chercher généreusement et sincèrement de sorte que, uni à toi, moi aussi je puisse être lumière, sel et levain pour ceux que je rencontre aujourd’hui. Marie, Mère très pure, fais que mon cœur soit seulement pour Jésus.


Abbé Philippe Link / Merci!

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«L'art sacré est le sommet de tous les arts

 parce qu'il vise à exprimer, 

dans des œuvres humaines, 

la beauté de Dieu.»


(Mgr Jean-Louis Bruguès, o.p., 

Conférences, Notre-Dame de Paris

Ex-évêque du diocèse d'Angers - France.)

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«Rien ici-bas n'est profane 

pour ceux qui savent voir. 

Au contraire, tout est sacré.»

(Teilhard de Chardin)

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Bonne journée!

Jean-Yves 

« Celui d’entre-vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à jeter une pierre »( / 383,531)

 Bonjour!

5e dimanche du carême (3 avril)

Évangile de ce dimanche...



ÉVANGILE

« Celui d’entre-vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à jeter une pierre » (Jn 8, 1-11)

Gloire à toi, Seigneur.
Gloire à toi.
Maintenant, dit le Seigneur,
revenez à moi de tout votre cœur,
car je suis tendre et miséricordieux.
Gloire à toi, Seigneur.
Gloire à toi. (cf. Jl 2, 12b.13c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
    Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
            Dès l’aurore, il retourna au Temple.
Comme tout le peuple venait à lui,
il s’assit et se mit à enseigner.
    Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme
qu’on avait surprise en situation d’adultère.
Ils la mettent au milieu,
    et disent à Jésus :
« Maître, cette femme
a été surprise en flagrant délit d’adultère.
    Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné
de lapider ces femmes-là.
Et toi, que dis-tu ? »
    Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve,
afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus s’était baissé
et, du doigt, il écrivait sur la terre.
    Comme on persistait à l’interroger,
il se redressa et leur dit :
« Celui d’entre vous qui est sans péché,
qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
    Il se baissa de nouveau
et il écrivait sur la terre.
    Eux, après avoir entendu cela,
s’en allaient un par un,
en commençant par les plus âgés.
Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
    Il se redressa et lui demanda :
« Femme, où sont-ils donc ?
Personne ne t’a condamnée ? »
    Elle répondit :
« Personne, Seigneur. »
Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas.
Va, et désormais ne pèche plus. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Comme une tenaille, le cercle de ces hommes accusateurs s’est refermé sur Jésus et la pécheresse. Flagrant délit d’adultère. Les témoins ne manquent pas ! Moïse a ordonné…, et toi, que dis-tu ? (Jn 8,5).
Le piège est à la fois politique juridique et religieux. Au plan politique, les Romains viennent d’interdire la lapidation pour adultère, jugée par trop barbare. Au plan juridique, le Deutéronome (22,24s) et le Lévitique (20,10) font un devoir de lapider ces femmes-là. Au plan religieux, c’est le conflit insoluble entre ce que commande la justice et ce qu’appelle la miséricorde.

Or Jésus prône partout le pardon et la miséricorde (Lc 6,36 ; 7,44.50).
Et il dit d’autre part ne pas vouloir abolir la loi mais l’accomplir (Mt 5,17).
Comment s’insurgerait-il en outre autant contre la loi de César que contre la loi de Moïse ?
Ou bien il enfreint ces lois religieuses, juridiques et politiques ;
ou bien il se déjuge et se contredit par rapport à sa loi d’amour dont il proclame qu’elle résume et surpasse tout (Mt 22,40 ; Lc 10,27 ; Ga 5,14).

Et toi, qu’en dis-tu ?
Jésus ne dit rien car il n’y a rien à répondre. Il ne va pas se laisser entraîner dans les arcanes de la casuistique. Simplement, il s’abaisse et trace des traits avec son doigt sur le sol (8,6).
Ce silence apaise la colère. Ce geste intrigue et calme le courroux. Cet abaissement du Maître (8,4) est comme un appel à l’humilité. Cette écriture sur le sable invite à réfléchir. Quelle valeur peut avoir une législation qui pousse à tuer ?
Et où est l’homme avec qui elle a donc péché ?

Lentement, paisiblement, mais avec gravité, Jésus se redresse. Regardant alors droit dans les yeux chacun de ses accusateurs, il leur lance cette parole introuvable et pour tout dire divine car, tout en citant la loi, elle transcende la loi. Une loi que seul l’Auteur de la loi peut se permettre de dépasser. Dans la loi il était dit en effet que les premiers témoins jettent les premières pierres (Dt 17,17).
 Et Jésus dit : Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre (8,7).

Moment de silence intense et lourd où soudain tout s’arrête. Les cris accusateurs virent à l’examen de conscience. On ne regarde plus vers l’arrière, le passé de la loi ancienne, mais vers l’avant, l’avenir de la loi nouvelle qui devient celle de l’amour miséricordieux et de la sainte liberté des enfants de Dieu. Il n’y a plus en tête à tête que la femme et Jésus. L’humanité pécheresse en face du divin Rédempteur.

Se rangeant dans une humilité bouleversante à la suite de ceux qui, un à un, ont tous fini par pardonner (8,9),
le Seigneur a alors cette parole sublime :
Moi non plus, – moi non plus ! – je ne te condamne pas !
Ceci posé, si le passé est lavé, pardonné, oublié, l’avenir reste tissé d’une nouvelle exigence :
Va et désormais, ne pèche plus ! (8,11).

Ainsi notre Seigneur Jésus-Christ, tournant délibérément nos regards vers cet avenir absolu de nos vies qui ne peuvent exister qu’en Dieu, nous apprend-il qu’il y a quelque chose d’encore plus attachant qu’un juste impeccable, c’est un pécheur pardonné, en route vers la sainteté ;
quelque chose d’encore plus grand qu’une âme fidèle, c’est une âme repentie, décidée à remonter ;
et quelque chose d’encore plus beau qu’un cœur pur, c’est un cœur purifié, dans un surcroît de lumière divine !


Abbé Philippe Link / MERCI! 

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Église de Saint-Roch-des-Aulnaies

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Bon dimanche!

Jean-Yves 


vendredi 1 avril 2022

Est-ce de Galilée que vient le Christ ? / (383,485)

 Bonjour!

Samedi le 2 avril 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...





ÉVANGILE

Est-ce de Galilée que vient le Christ ? (Jn 7, 40-53)

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (cf. Lc 8, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus enseignait au temple de Jérusalem.
Dans la foule, on avait entendu ses paroles,
et les uns disaient :
« C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »
D’autres disaient :
« C’est lui le Christ ! »
Mais d’autres encore demandaient :
« Le Christ peut-il venir de Galilée ?
L’Écriture ne dit-elle pas
que c’est de la descendance de David
et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui.
Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter,
mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens,
qui leur demandèrent :
« Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
Les gardes répondirent :
« Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »
Les pharisiens leur répliquèrent :
« Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens,
y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi,
ce sont des maudits ! »

Nicodème, l’un d’entre eux,
celui qui était allé précédemment trouver Jésus,
leur dit :
« Notre Loi permet-elle de juger un homme
sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? »
Ils lui répondirent :
« Serais- tu, toi aussi, de Galilée ?
Cherche bien, et tu verras
que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire... 

Au cœur de ces menaces qui se resserrent sur lui comme un étaux, Jésus continue son ministère : imperturbable, « il enseigne au temple de Jérusalem », car il sait bien que son Heure n’est pas encore venue et que nul ne peut l’anticiper. Autour de lui les avis sont divisés, les opinions s’opposent, les partis s’affrontent : « Est-ce que le Messie peut vernir de Galilée ? L’Ecriture dit qu’il doit venir de Bethléem, le village où habitait David ! ». Certes, mais il vient avant tout de Dieu. La messianité ne saurait se discerner sur base d’une généalogie humaine ou d’une provenance géographique. C’est à sa parole, son message, son comportement que l’Envoyé de Dieu se fait connaître. Mais un tel discernement suppose une écoute bienveillante, sans a priori.

Curieusement, ce sont les soldats du temple qui vont se trouver dans les dispositions requises pour répondre à la question des origines du Rabbi de Nazareth. Ces hommes font leur besogne sans se poser de questions ; les débats théologiques ne les concernent pas vraiment : ils préfèrent les laisser aux « professionnels ». S’ils attendent que Jésus ait fini son discours pour l’arrêter, c’est uniquement afin d’éviter une émeute toujours possible. Pour être sûr qu’il ne leur échappe pas, ils gardent Notre-Seigneur à l’œil, ne le quittant pas un instant du regard. Aussi ne peuvent-ils s’empêcher d’écouter ce que dit cet homme qui suscite tant de haine parmi les responsables religieux. 

Et voilà qu’à mesure que sa parole descend dans leur cœur, une paix inhabituelle, à vrai dire inconnue, les envahit. Jésus les a remarqués et croise volontiers leur regard, les incluant dans le cercle de ses auditeurs et s’adressant à eux comme aux disciples qui l’entourent. Bientôt la communion est établie, l’onction de l’Esprit descend sur ces hommes qui ne sont pas aveuglés par la jalousie et n’ont pas d’a priori contre Jésus. Oubliant pourquoi ils étaient venus, les gardes écoutent longuement le Seigneur, et lorsqu’il a terminé son enseignement, aucun d’entre eux ne songe plus à l’arrêter. Tandis que Jésus s’éloigne, ils ruminent ce qu’ils viennent d’entendre, tout en retournant, silencieux, vers leur caserne.

« Pourquoi ne l’avez-vous pas ramené ? » : la voix menaçante du chef des prêtres les arrache à leur méditation. Ebahis par la question qui leur apparaît totalement saugrenue, ils répondent par un argument qui leur semble irréfutable : « Jamais un homme n’a parlé comme cet homme ! » La situation est grave : les soldats ont non seulement formellement désobéi à l’ordre reçu, mais ils prennent la défense du prévenu. Les pharisiens préfèrent ne pas insister : une mutinerie serait malvenue au moment où il faut agir contre ce gêneur dont l’influence s’étend de plus en plus. Évitant l’affrontement, ils cherchent à sauver la face en se drapant dans leur dignité de spécialistes de la Loi, détenteurs de la vraie connaissance. Mais blessés dans leur orgueil, ils se rapprochent entre eux, et baissant le ton pour ne pas être entendus par la foule et par les soldats, ils décident de la condamnation de Notre-Seigneur.

Cette précipitation illégale provoque la réaction de Nicodème, « qui était allé précédemment trouver Jésus ». Cet homme qui est lui aussi entré dans l’intimité du Seigneur, rappelle le droit de l’inculpé de défendre publiquement sa cause. En vain : son intervention est rejetée avec mépris et même avec une pointe de menace. Les jeux sont faits : « ils rentrèrent chacun chez soi », s’enfermant dans leur prison de haine, livrés au bon plaisir de celui qui dans l’ombre est trop heureux d’avoir su tirer profit de l’arrestation avortée, pour conduire à une décision de condamnation.

Seigneur, seuls ceux qui se sont exposés à ta présence, ont eu le courage de prendre ta défense. Les autres se sont lâchement tus ou t’ont condamné. Aussi je te demande la grâce de demeurer fidèle à ces moments de rencontre intime avec toi dans la prière, les sacrements, l’adoration, la méditation de ta Parole. Accorde-moi de trouver mon bonheur auprès de toi pour ne pas rougir de toi devant les hommes. Et lorsque l’heure sera venue de te suivre sur le chemin de l’épreuve, donne-moi Seigneur de me souvenir de ta présence à mes côtés, afin que je puise en toi la force de la fidélité et de l’espérance.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Église de Cap-Saint-Ignace

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Bonne journée!

Jean-Yves 

« On cherchait à l’arrêter, mais son heure n’était pas encore venue » / (383,447)

 Bonjour!

Vendredi 1er avril 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« On cherchait à l’arrêter, mais son heure n’était pas encore venue » (Jn 7, 1-2.10.14.25-30)

Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus parcourait la Galilée :
il ne voulait pas parcourir la Judée
car les Juifs cherchaient à le tuer.
La fête juive des Tentes était proche.
Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem
pour la fête,
il y monta lui aussi,
non pas ostensiblement, mais en secret.

On était déjà au milieu de la semaine de la fête
quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait.
Quelques habitants de Jérusalem disaient alors :
« N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ?
Le voilà qui parle ouvertement,
et personne ne lui dit rien !
Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu
que c’est lui le Christ ?
Mais lui, nous savons d’où il est.
Or, le Christ, quand il viendra,
personne ne saura d’où il est. »
Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria :
« Vous me connaissez ?
Et vous savez d’où je suis ?
Je ne suis pas venu de moi-même :
mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé,
lui que vous ne connaissez pas.
Moi, je le connais
parce que je viens d’auprès de lui,
et c’est lui qui m’a envoyé. »

On cherchait à l’arrêter,
mais personne ne mit la main sur lui
parce que son heure n’était pas encore venue.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La fête des Tentes fait mémoire du temps béni où Israël marchait au désert sous la conduite de son Dieu, dressant ses tentes autour de celle du Seigneur (Lv 23,34.42 ; Dt 16, 13), écoutant sa Parole et se conformant à ses volontés ; temps de fiançailles au cours duquel Dieu éduquait son peuple, le préparant à sa mission.

La commémoration annuelle de cette période fondatrice de l’histoire d’Israël, devait conduire à la conversion du cœur, à la repentance et au renouvellement de l’Alliance : « Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur. Là elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Egypte » (Os 2, 16-17). Mais en réalité, la célébration – qui durait tout une semaine – s’était peu à peu réduite à un événement religieux dans lequel la dimension festive primait sur la démarche de conversion. Voilà pourquoi Jésus se dissocie de ce rassemblement qui a perdu sa finalité. 

Lorsqu’il monte à Jérusalem, la fête en est déjà à la moitié de son déroulement ; et ce n’est pas au milieu de la foule que Notre-Seigneur se donne à rencontrer, mais au Temple, où il enseigne. En se tenant dans le Lieu saint, Jésus veut rappeler à ses coreligionnaires que ce temps liturgique leur est donné pour revenir à la source et s’abreuver de la Parole du Dieu vivant qui les a libérés de l’esclavage d’Egypte. Hélas il y a bien d’autres terres d’aliénation dans nos vies. En fait, dès que nous ne prêtons plus l’oreille à la Parole de notre Père des cieux, nous sommes en danger, car nous risquons de nous laisser égarer loin du chemin de la vie, fascinés par les séductions de ce monde qui passe.

« Le voilà qui parle et personne ne lui dit rien ! » Les chefs religieux sont bien trop occupés à s’exhiber à la fête pour se soucier de ce qui se passe au Temple. Aussi la foule est-elle laissée à ses propres cogitations. A nouveau resurgit la question des origines du Messie – question qui est à vrai dire sous-jacente à tout le quatrième évangile, depuis le Prologue qui nous décrit la descente du Verbe de Dieu dans notre chair, jusqu’à la remarque du Ressuscité à Marie-Madeleine : « cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père » (Jn 20, 17).

Entendant les murmures du peuple, « Jésus s’écria ». Le verbe utilisé est troublant, car il semble annoncer les cris de la foule réclamant la condamnation de Notre-Seigneur devant Ponce Pilate : « A mort ! A mort ! Crucifie-le ! » (Jn 19, 15) A l’Heure de la grande épreuve, Jésus ne dira plus rien. Il sera exécuté comme blasphémateur : « Suivant la Loi, il doit mourir, parce qu’il s’est prétendu Fils de Dieu » (Jn 19, 7). C’est donc bien la question des origines qui est déterminante. Aussi Notre-Seigneur semble-t-il vouloir répondre par anticipation aux accusations portées contre lui ; il « crie » pour couvrir le tumulte et appeler à la conversion.

« Au désert vos pères ont écouté la Parole de Dieu qui leur était transmise par Moïse. Mais celui-ci a lui-même prophétisé que “le Seigneur votre Dieu fera se lever au milieu de vous un prophète que vous devrez écouter” (Dt 18, 15). Sachez donc reconnaître le temps où Dieu vous visite : avez-vous trouvé dans ma parole quelque mensonge ? Les signes que j’ai accomplis au milieu de vous ne sont-ils pas suffisamment éloquents ? Alors si vous reconnaissez que je dis la vérité et que les œuvres que j’accomplis sont celles que le Père m’a donné d’accomplir (Jn 5, 36), pourquoi ne voulez-vous pas venir à moi pour avoir la vie (Jn 5, 40) ?

Votre refus, hélas, témoigne contre vous : si vous aimiez le Père, si sa parole demeurait en vous, vous croiriez en moi, son Envoyé. Mais vous ne me connaissez pas parce que vous ne connaissez pas le Père (Jn 8, 19). Vous ne voulez pas écouter sa voix et accueillir sa Parole de vérité parce que vous ne voulez pas venir à la lumière. Vous préférez vos doctrines et pratiques humaines qui vous procurent une gloire éphémère, celle que vous vous échangez entre vous, et vous méprisez la gloire qui vient du Dieu unique ! (Jn 5, 44). Malheureux êtes-vous, vous qui mourez de soif dans le désert de ce monde, cherchant en vain à puiser dans vos citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau (Jr 3, 13), alors que Dieu a, pour vous, fait jaillir du rocher l’eau vive du salut (Dt 8, 16).

Seigneur donne-moi la force de ne pas fuir le rendez-vous que tu me donnes au désert. Tant de voix te réduisent à n’être qu’un avatar, un initié ou un maître parmi d’autres. Tant de “sages et de savants” prétendent que ton Évangile n’est qu’un discours humain respectable certes, mais historiquement situé et qu’il faudrait adapter à notre temps. Tant de haine se déchaîne contre ton Eglise accusée de tous les crimes de l’histoire… Je veux revenir à toi, et entendre ton appel: “Et toi, que dis-tu? Pour toi, qui suis-je ?” (Mc 8, 29). Puis me laissant illuminer par ton regard de tendresse et de miséricorde, je veux te répondre : “Tu es la lumière du monde”. Je te choisis comme mon Seigneur et Sauveur, car “celui qui te suit ne marchera pas dans les ténèbres : il aura la lumière de la vie” (Jn 8, 12).


Abbé Philippe Link / Merci!

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Voici mon poisson d'avril...

Un poisson pêché en Bretagne...

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Bonne journée!

Jean-Yves