dimanche 5 mai 2024

« L’Esprit de vérité rendra témoignage en ma faveur » / (463,034)

 Bonjour!

Lundi 6 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« L’Esprit de vérité rendra témoignage en ma faveur » (Jn 15, 26 – 16, 4a)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit de vérité,
rendra témoignage en ma faveur, dit le Seigneur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage.
Alléluia. (cf. Jn 15, 26b.27a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand viendra le Défenseur,
que je vous enverrai d’auprès du Père,
lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père,
il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage,
car vous êtes avec moi depuis le commencement.
Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés.
On vous exclura des assemblées.
Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront
s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu.
Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi.
Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela :
quand l’heure sera venue,
vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----



Commentaire...

Jésus se présente comme le sujet actif de l’envoi de l’Esprit. L’Esprit est l’acte d’amour du Père dans lequel il engendre le Fils, et conjointement l’acte d’adoration filiale par lequel le Verbe témoigne sa reconnaissance au Père.

Cet amour réciproque est absolu, exclusif. Si l’amour du Père peut nous rejoindre, nous envelopper, nous engendrer nous aussi à la vie divine, c’est parce que le Fils nous le donne en partage. C’est donc bien lui qui nous envoie l’Esprit d’auprès du Père.

Or l’amour rapproche, unit l’amant et l’aimé ; c’est ce que fait l’Esprit : il nous rapproche de Jésus, nous fait entrer dans son intimité, nous le fait connaître et nous introduit progressivement dans « la vérité tout entière » (Jn 16, 13) en nous révélant son identité et sa mission.

C’est en ce sens que l’Esprit d’amour est aussi « l’Esprit de vérité », qui rend témoignage à Jésus dans le grand procès que le monde lui intente, et qui se poursuivra depuis Pilate jusqu’à son retour glorieux. Seul celui qui est instruit par le Défenseur céleste du Christ, peut valablement témoigner de lui devant les hommes. Non seulement par la parole, « en rendant compte de l’espérance qui l’habite » (1 P 3,15), mais aussi et surtout par la transformation de sa vie, de plus en plus conforme à celle de Jésus, mettant en œuvre ses enseignements et ses préceptes.

Par le fait même, les accusations portées contre le Maître atteindront également le disciple, qui subira le même sort que celui en faveur de qui il témoigne. Mais en tout cela, le disciple n’est pas seul : l’Esprit de vérité qui repose sur lui, l’unit à Jésus au point que le témoin ne fait plus qu’un avec celui dont il témoigne. Unis ainsi à notre Maître nous pourrons nous approprier ses propres paroles devant nos détracteurs : « Vous ne croyez donc pas que je suis dans le Christ et que le Christ est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c’est le Christ qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres œuvres » (cf. Jn 14, 10).

C’est bien ce qui ressort de la lecture des lettres apostoliques : que ce soit saint Paul, saint Pierre, saint Jacques ou saint Jean, c’est toujours l’unique et même Christ qui parle à travers eux, par la médiation de l’inspiration dont ils bénéficient. Certes ils ne sont pas que des instruments passifs traversés par le souffle de l’Esprit ; Dieu respecte ses collaborateurs humains : chacun parle tel qu’il est, modelé par sa culture, son histoire personnelle, son tempérament. Mais en chacun d’eux, c’est le même Seigneur qui s’exprime et qui à travers leur témoignage, nous rejoint dans l’aujourd’hui de notre propre cheminement.

Sans doute ne sommes-nous pas « inspirés » au sens où l’ont été ces témoins privilégiés que le Seigneur a mis à part pour être ses porte-paroles « officiels » pour l’Église de tous les temps ; mais l’Esprit repose bien réellement sur nous en vue d’une collaboration efficace pour l’annonce de l’Évangile. Ne prétextons donc pas de notre incapacité : ce serait offenser l’Esprit que Jésus a envoyé sur nous d’auprès du Père, et qui est tout disposé à témoigner à travers nous, pourvu que nous le laissions agir.

Le plus simple est encore d’éprouver concrètement cette collaboration. Par exemple en demandant à l’Esprit de conduire les événements de notre journée de manière à lui donner l’occasion de porter témoignage au Christ. Et ne soyons pas surpris que cela se réalise : l’Esprit de vérité ne saurait mentir !

Seigneur Jésus, tu sais bien que nous ne sommes pas très courageux lorsqu’il s’agit de témoigner de notre foi. De nos jours il suffit de prononcer ton Nom, pour qu’apparaissent les sourires moqueurs et que fusent les paroles ironiques, voire sarcastiques – quand elles ne sont pas franchement hostiles ou agressives. Il est si facile de biaiser, de nous débiner, de trouver de bonnes excuses pour nous taire : le respect de la liberté de l’autre, des règles de la laïcité, de la tolérance, etc… ; autant de motifs que nous ont enseigné …les détracteurs de l’Évangile ! Saint Esprit, nous voulons compter sur ton aide qui ne nous fait jamais défaut ; donne-nous assez de liberté intérieure et de simplicité pour partager à temps et à contretemps ce que nous avons de plus précieux : notre appartenance au Seigneur Jésus. Oui nous croyons que c’est toi, Esprit de vérité, qui rend témoignage en nous ; et c’est encore toi qui « ouvre l’esprit de notre interlocuteur pour le rendre attentif à ce que nous disons » (cf. 1ère lect.). Dans de telles conditions, de qui aurions-nous peur ? « Proclamons avec assurance les éloges de Dieu » (Ps 149) ; et nous trouverons dans la confession de son nom notre « joie et notre fierté » (Ibid.).

Abbé Philippe Link - Merci!

-----


Méditation

Frère Yves Habert

Frère Yves Habert

Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon

Un bon avocat


Avant d’entrer dans sa Passion, Jésus annonce qu’il enverra d’auprès du Père un Défenseur pour rendre témoignage en sa faveur. C’était vrai hier, mais ça l’est encore aujourd’hui dans son Église. S’il n’y avait pas l’Esprit Saint, il n’y aurait tout simplement pas d’Église. Certes, il n’est pas faux de dire que le Christ a fondé l’Église. Mais ne pensons pas qu’elle existe simplement parce qu’il est venu et a laissé une poignée de disciples courageux et entreprenants.

C’est par l’Esprit qu’ils seront quelque chose ensemble, car sans l’Esprit saint, les apôtres auraient été laissés à leur seul témoignage. Non, ils ont un Défenseur, c’est-à-dire un avocat qui appuiera et prouvera l’authenticité de leur témoignage. C’est le problème : convaincre, et si l’on veut convaincre, il faut convaincre de la vérité. Pour l’Esprit Saint, qu’est-ce que convaincre ? C’est établir l’homme comme témoin de la vérité du salut de Dieu offert au monde entier.

-----

Bonne journée!

Jean-Yves 


samedi 4 mai 2024

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » / (462,985)

 Bonjour!

Dimanche 5 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 9-17)

Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole,
dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Comme le Père m’a aimé,
moi aussi je vous ai aimés.
Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements,
vous demeurerez dans mon amour,
comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père,
et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous,
et que votre joie soit parfaite.
Mon commandement, le voici :
Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour
que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Vous êtes mes amis
si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs,
car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ;
je vous appelle mes amis,
car tout ce que j’ai entendu de mon Père,
je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi,
c’est moi qui vous ai choisis et établis
afin que vous alliez,
que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure.
Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom,
il vous le donnera.
Voici ce que je vous commande :
c’est de vous aimer les uns les autres. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

(Bonne réflexion...) 

« Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande » (Jn 15,15). Ce disant, Jésus situe d’emblée l’amitié dans toute son exigence. Non pas dans la sentimentalité d’un réconfort sensible et qui serait par trop extérieur, superficiel et donc fragile ; mais encore une fois, la fidélité à ses commandements. Car les commandements du Seigneur ne sont pas pour nous contraindre ou nous rapetisser, mais pour nous libérer et nous élever (Ps 119). Et Jésus continue : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître. Je vous appelle amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père je vous l’ai fait connaître » (Jn 15,16).

Nous voici devenus les confidents du Seigneur de la gloire, les dépositaires des secrets du Royaume des cieux confiés par Celui qui a les paroles de la vie éternelle (Jn 6,63). « L’amitié, dit justement Clément d’Alexandrie, ne naît point d’un don unilatéral, mais d’une longue familiarité ». Comment ne pas se sentir proches de lui quand on croit en sa parole, qu’on est nourri de son eucharistie et, comme dit Paul, qu’on est membre de son Corps (1 Co 12,27) et, littéralement, de la Maison de Dieu (Ep 2,19) ?

Oui, nous faut le croire. Et savoir, humblement mais réellement nous en réjouir. Nous sommes de ses amis, si nous marchons à sa suite. Nous sommes de ses amis, si nous vivons en sa lumière. Nous sommes de ses amis, si nous faisons ce qu’il nous dit. Nous n’avons pas à nous en glorifier. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez et portiez du fruit et un fruit qui demeure » (Jn 15,16). Mais comment ne pas vouloir, en retour, lui rendre notre propre amitié devant une telle marque de confiance et d’estime si gratuitement donnée ?

« Un ami, dit saint Jérôme, on le cherche longtemps, on le trouve avec peine, on le conserve difficilement ». Nous n’avons aucune crainte de ce genre à avoir avec Jésus ! « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Je leur donne la vie éternelle, elles ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main » (Jn 10,14.28).

« La perfection, dit saint François de Sales, ne consiste pas à n’avoir point d’amitié, mais à n’en avoir que de bonne, de sainte et de sacrée ». Il est sûr que l’amitié du Christ ne peut que nous conduire à monter et à nous épanouir, lui qui veut que nous devenions parfaits comme notre Père du ciel est parfait (Mt 5,48). Puisse-t-il en être ainsi de toutes nos amitiés de la terre !

Seigneur, aide-nous à partager cet amour, cette joie et cette amitié que tu offres à chacune et à chacun, pour que nous puissions en vivre, à ton exemple, et entre nous tous !

Abbé Philippe Link - Merci!

-----


Bon dimanche!

Jean-Yves 


vendredi 3 mai 2024

« Vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde » / Prière à Marie... / (462,916)

Bonjour!

Samedi 4 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde » (Jn 15, 18-21)

Alléluia. Alléluia.
Si vous êtes ressuscités avec le Christ,
recherchez les réalités d’en haut :
c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Alléluia. (Col 3, 1)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Si le monde a de la haine contre vous,
sachez qu’il en a eu d’abord contre moi.
Si vous apparteniez au monde,
le monde aimerait ce qui est à lui.
Mais vous n’appartenez pas au monde,
puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ;
voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous.
Rappelez-vous la parole que je vous ai dite :
un serviteur n’est pas plus grand que son maître.
Si l’on m’a persécuté,
on vous persécutera, vous aussi.
Si l’on a gardé ma parole,
on gardera aussi la vôtre.
Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom,
parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Être dans le monde sans être du monde. Ainsi pourrait se résumer la condition du chrétien ici-bas. Dans l’évangile de ce jour, saint Jean nous rappelle que nous appartenons au Christ et non pas au monde en son sens négatif avec ses valeurs qui nous enchaînent plus qu’elles nous libèrent. Nous sommes « chrétiens », c’est-à-dire disciples du Christ. C’est lui qui est notre maître. Il nous a choisis en nous prenant dans le monde pour nous introduire dans une relation privilégiée d’amour avec lui. Dès lors, le fondement de nos actions et de nos paroles ne se trouvent plus dans le monde, dans la pensée commune du moment, mais dans la personne même du Christ.

« Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. » Si nous sommes vraiment unis au Christ comme les sarments à la vigne, nous partagerons avec lui le rejet qu’il dut subir de la part de ce monde sous l’emprise du mal et du péché.

La qualité de notre communion au Seigneur se vérifiera donc aussi dans la réaction du monde à notre égard. En effet, on ne peut être à la fois du Christ et du monde. L’esprit du monde ne peut tolérer que quelque chose échappe à son pouvoir, à sa domination : « Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait, car vous seriez à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde […] ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. » C’est la seconde raison donnée par le Seigneur à la haine du monde à l’égard de ses disciples, révélant au passage l’enfermement et le repli narcissique d’un monde marqué par le péché et séparé de Dieu. C’est bien le sens que recouvre ici le terme « monde » : ceux qui demeurent dans les ténèbres parce qu’ils refusent d’accueillir la lumière venue éclairer tout homme (cf. Prologue de saint Jean).

Ces propos de Jésus nous mettent devant le combat spirituel qui habite chacune de nos journées. Car il ne s’agit pas de fuir notre condition humaine au cœur de la cité terrestre. Si Dieu nous a libérés de l’emprise du monde c’est pour qu’à son exemple nous puissions l’aimer en vérité, jusqu’au bout… : « Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique, ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. » (Cf. Jn 3, 16) Au deuxième siècle, l’auteur de l’épître à Diognète, en parlant des chrétiens, écrivait : « Ils aiment tous les hommes et tous les persécutent. On les méconnaît, on les condamne ; on les tue et par là ils gagnent la vie. Ils sont pauvres et enrichissent un grand nombre. Ils manquent de tout et ils surabondent de toutes choses. On les méprise et dans ce mépris ils trouvent leur gloire. On les calomnie, ils sont justifiés. On les insulte et ils bénissent. On les outrage et ils honorent. […] Châtiés, ils sont dans la joie comme s’ils naissaient à la vie. »

Décidément, comme nous le rappelle Jésus, « le disciple n’est pas au-dessus du maître ». Mais, le disciple sait aussi que le Maître a vaincu le monde. Il sait qu’en Jésus, mort et ressuscité, la vie a triomphé de la mort. Le disciple croit en la Parole de vie et de salut du Maître et n’a pas d’autre plus grand désir qu’elle vienne éclairer ceux dont les cœurs sont encore prisonniers des ténèbres.

Seigneur, nous connaissons la soif de nos contemporains. Tu nous as fait la grâce de pouvoir nous abreuver à la seule Source capable de désaltérer le cœur de l’homme. Puissions-nous par le témoignage de notre charité jusqu’au cœur de l’adversité la plus violente conduire nos frères et sœurs en humanité à croire en toi et à reconnaître en toi celui qui donne sens à leur vie en ce monde.

Abbé Philippe Link - Merci!

-----


  -----

Prière à Marie...



Ô Marie,
aurore du monde nouveau,
Mère des vivants,
nous te confions la cause de la vie :
regarde, ô Mère, le nombre immense
des enfants que l’on empêche de naître,
des pauvres pour qui la vie est rendue difficile,
des hommes et des femmes
victimes d’une violence inhumaine,
des vieillards et des malades tués
par l’indifférence
ou par une pitié fallacieuse.
Fais que ceux qui croient en ton Fils
sachent annoncer aux hommes de notre temps
avec fermeté et avec amour
l’Évangile de la vie.
Obtiens-leur la grâce de l’accueillir
comme un don toujours nouveau,
la joie de le célébrer avec reconnaissance
dans toute leur existence
et le courage d’en témoigner
avec une ténacité active, afin de construire,
avec tous les hommes de bonne volonté,
la civilisation de la vérité et de l’amour,
à la louange et à la gloire de Dieu.
Créateur qui aime la vie.

Saint Jean-Paul II
Prière extraite de l’encyclique pour la Vie " Evangelium Vitae "

-----

Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 2 mai 2024

« Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas ! » / (462,749)

 Bonjour!

Vendredi 3 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas ! » (Jn 14, 6-14)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.
Philippe, celui qui m’a vu a vu le Père.
Alléluia. (Jn 14, 6b.9c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
    Jésus dit à Thomas :
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi.
    Puisque vous me connaissez,
vous connaîtrez aussi mon Père.
Dès maintenant vous le connaissez,
et vous l’avez vu. »
    Philippe lui dit :
« Seigneur, montre-nous le Père ;
cela nous suffit. »
    Jésus lui répond :
« Il y a si longtemps que je suis avec vous,
et tu ne me connais pas, Philippe !
Celui qui m’a vu
a vu le Père.
Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ?
    Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père
et que le Père est en moi !
Les paroles que je vous dis,
je ne les dis pas de moi-même ;
le Père qui demeure en moi
fait ses propres œuvres.
    Croyez-moi :
je suis dans le Père,
et le Père est en moi ;
si vous ne me croyez pas,
croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
    Amen, amen, je vous le dis :
celui qui croit en moi
fera les œuvres que je fais.
Il en fera même de plus grandes,
parce que je pars vers le Père,
    et tout ce que vous demanderez en mon nom,
je le ferai,
afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
    Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom,
moi, je le ferai. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Jésus nous introduit dans le mystère de sa Personne ; et comme celle-ci est inséparable de celle du Père, c’est au cœur même du mystère trinitaire qu’il nous entraîne – pour autant bien sûr que nous puissions y pénétrer, éclairés par l’Esprit.

Comment faut-il comprendre cette mystérieuse collaboration ? Le Père serait-il l’Acteur caché qui « tire les ficelles » derrière le rideau de l’humanité du Christ ; le sujet transcendant divin, qui opère dans notre monde à travers l’homme Jésus, dont il se servirait comme d’un instrument ? Une telle conception est bien sûr inacceptable, car elle ne respecte pas le caractère personnel du Fils, qui est pleinement responsable de sa parole et de ses actes. Les Écritures, la Tradition et le Magistère nous orientent plutôt vers une interprétation en termes d’inhabitation réciproque du Père et du Fils – « Je suis dans le Père et le Père est en moi » – respectant à la fois la pleine réalité des deux Personnes, tout en affirmant leur parfaite communion dans l’amour, c’est-à-dire dans l’Esprit Saint : c’est librement que le Fils décide d’accomplir le dessein du Père, par amour pour lui et par amour pour les hommes que le Père aime et lui confie.

Le Père est la Source, l’origine absolue, d’où procède toute initiative ; le Fils, qui se reçoit pleinement du Père, épouse ses projets, s’approprie personnellement ses intentions, mais les accomplit en son nom propre. Tout en agissant comme un sujet à part entière, sa communion de pensée et de volonté avec le Père est cependant telle, qu’il peut dire : « C’est le Père qui demeure en moi qui accomplit ses propres œuvres ». Cette parfaite communion dans l’être et l’agir justifie que Jésus puisse dire : « Celui qui m’a vu a vu le Père » – c’est-à-dire : celui qui me connaît dans la foi – le « voir » johannique – ou encore : qui s’unit à moi dans l’Esprit, entre en communion avec le Père en qui je demeure et qui demeure en moi. Dès lors « celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi », car dans la mesure où il fait siennes mes intentions, il communie au dessein du Père et lui permet d’agir en lui, comme il agit en moi.

Ce qui nous conduit à une nouvelle « exigence » de la foi : croire implique adhérer librement et totalement aux Paroles de Jésus, épouser parfaitement son projet, se mettre inconditionnellement à son service, « comme » lui-même a épousé le dessein du Père et a accompli sa volonté dans une parfaite obéissance filiale.

« Si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié » : Seigneur, accorde à tous les chrétiens dispersés sur la surface de la terre, de vivre vraiment cette « obéissance de la foi », afin que tu puisses continuer ton œuvre de salut à travers les pauvres instruments que nous sommes, et que vienne ton Règne de justice, de paix et d’amour.

Abbé Philippe Link - Merci!

-----

-----

"Si les femmes baissaient les bras, le ciel tomberait"

proverbe africain.

-----

Bonne journée!

Jean-Yves 


mercredi 1 mai 2024

« Demeurez dans mon amour pour que votre joie soit parfaite » / (462,598)

 Bonjour!

Jeudi 2 mai 2024

Voici la parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Demeurez dans mon amour pour que votre joie soit parfaite » (Jn 15, 9-11)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Comme le Père m’a aimé,
moi aussi je vous ai aimés.
Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements,
vous demeurerez dans mon amour,
comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père,
et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous,
et que votre joie soit parfaite. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Nous venons d’entendre l’aveu de Jésus : « J’aime le Père ». Le Père est l’objet exclusif de son amour filial. Il est tout entier tourné vers Celui qui l’engendre à chaque instant et vers lequel il reflue dans un élan d’amour réciproque. Devant une dilection aussi exclusive, nous pourrions être inquiets et nous demander ce qu’il en est de nous : si l’affection du Fils le porte tout entier vers le Père, reste-t-il de la place pour nous dans son Cœur ?

La réponse nous est donnée aujourd’hui : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimé ». L’affirmation devrait nous rassurer : oui, le Seigneur nous aime ; mais cet amour qu’il nous porte, procède encore du Père et lui est tout entier référé. C’est précisément parce que le Fils est totalement transparent à la volonté du Père auquel il est uni dans une communion d’amour parfaite, que l’amour du Père peut traverser le Fils jusqu’à nous, autrement dit : que le Père peut nous aimer en son Fils. Jésus est engendré dans l’amour du Père, amour qu’il laisse librement déborder jusqu’à nous. Non seulement Jésus consent à se laisser traverser par cet amour du Père pour nous, mais lui-même nous aime dans la surabondance de l’amour qu’il reçoit du Père.

Tel est le sens du « comme » et de l’« aussi » : nous sommes aimés par le Père du même amour dont il aime le Fils, parce que le Fils consent à nous partager cet amour et à nous le transmettre. Ce faisant, il accepte de partager également sa condition filiale, et lui, notre Créateur, consent à nous accueillir comme ses frères.

Bien sûr cet amour nous est offert et non imposé. D’où l’invitation pressante : « Demeurez dans mon amour ». Puisque l’amour du Père qui nous filialise descend jusqu’à nous par le Fils, notre réponse doit aussi remonter vers le Père par lui ; elle doit se mouler dans la réponse du Fils. Or Jésus demeure dans l’amour du Père en gardant fidèlement ses commandements, c’est-à-dire en restant en communion parfaite de volonté avec lui ; c’est ainsi qu’il ne pose aucun obstacle à la circulation de cet amour et que celui-ci peut déborder jusqu’à nous. Dès lors, si nous aussi nous voulons demeurer dans l’amour du Père qui nous vient par le Fils, il suffit que nous soyons fidèles aux commandements de celui-ci, afin de rester en parfaite communion de volonté avec lui, comme lui-même est en communion avec le Père.

L’amour dont parle Jésus est donc bien plus qu’un sentiment : c’est un acte de volonté qui s’incarne dans une obéissance et une fidélité à toute épreuve, comme le vérifiera bientôt la Passion.

A l’orée de l’Évangile, les deux premiers disciples demandaient : « Rabbi, où demeures-tu ? » (Jn 1,38). Jésus répond aujourd’hui : « Je demeure dans l’amour du Père » ; aussi si vous demeurez dans mon amour, vous demeurerez avec moi dans ce même amour, car je vous aime de l’amour même que me porte le Père et dont il vous aime à travers moi. Quant au chemin vers cette demeure divine, nous le connaissons : Jésus lui-même, dans sa relation à son Père, est notre chemin, notre vérité et notre vie.

« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous ». Si le disciple demeure en son Maître, celui-ci demeure aussi en lui et lui communique sa joie d’être engendré à chaque instant par l’Amour infini. Joie qui fit tressaillir Jésus et exulter Marie ; joie de l’Esprit qui n’est autre que la Vie même de Dieu. « Que vous soyez comblés de joie » : tel est le dessein de Dieu sur ses enfants. Où est-il le Dieu jaloux de notre bonheur que suggérait le Serpent de la Genèse ?

Ce que le prophète Isaïe avait entrevu, se réalise pour nous dans la Résurrection de Jésus et l’effusion de l’Esprit sur les croyants. « Voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle ; c’est un enthousiasme et une exultation perpétuels que je vais créer. L’exultation que je vais créer ce sera Jérusalem, et l’enthousiasme ce sera son peuple ; oui ; j’exulterai au sujet de Jérusalem, et je serai dans l’enthousiasme au sujet de mon peuple » (Is 65, 17-19).

Comme le Père est toute la joie du Fils et que le Fils est toute la joie du Père, ainsi nous aussi, lorsque nous serons parvenus à « l’unité parfaite » (Jn 17, 23) dans l’Esprit, ferons-nous la joie de Dieu, en qui nous trouverons notre béatitude.

Pour hâter ce jour efforçons-nous comme Jean-Baptiste, d’être les « amis de l’époux » qui se tiennent près de lui, et l’écoutent (Jn 3, 29). Car dès à présent nous pouvons être « comblés de joie par la voix de l’époux » (id) si nous l’accueillons dans un cœur humble et disponible. Mais pour cela, « il faut qu’il grandisse et que moi je diminue » ; alors « notre joie soit parfaite » (3, 30) et nous serons « comblés de joie » dans l’Esprit.

Abbé Philippe Link - Merci!

-----


Méditation

Frère Benoît-Marie Florant

Frère Benoît-Marie Florant

Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille

Il est conseillé de copier !


Aujourd’hui, le Christ nous rappelle comment être habités par la joie de Dieu. Il nous le dit de deux manières. La première, tel un refrain que nous ne risquons pas trop d’oublier, est toujours vraie mais un peu abstraite : « Demeurez dans mon amour » ! Alors, pour la rendre plus concrète, il n’hésite pas la reformuler d’une deuxième manière : « Gardez mon commandement ». Ça, c’est plus simple, si j’ai une petite idée du commandement du Seigneur, alors, ce n’est sans doute pas si difficile !

Mais l’évangéliste ne nous raconte pas comment comprendre ce commandement : « Aimez-vous les uns les autres… ». D’accord, mais en faisant quoi ?

Écoutons donc cette expression que Jésus utilise : « Comme moi ». Rappelons-nous les attitudes ou les paroles de Jésus. Imitons-le.

Agir et parler comme Jésus nous introduit dans la relation qu’il entretient avec Dieu son Père. Être au cœur du cœur… C’est la source de la joie profonde !                                     

-----

Bonne journée!

Jean-Yves