dimanche 25 décembre 2022

«Vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur» / (384,385)

 Bonjour!

Dimanche de Noël 25 décembre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche de Noël...

UN TRÈS JOYEUX NOËL!


(Lc 2,1-14): En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre —ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie—. Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit: «Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple: aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire». Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime».

Commentaire: Abbé Ramon Octavi SÁNCHEZ i Valero (Viladecans, Barcelona, Espagne)

«Vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur»


Aujourd'hui, le Sauveur est venu au monde. Voici la bonne nouvelle de la nuit de Noël. Comme tous les Noëls, Jésus vient à nouveau au monde, dans chaque foyer, dans nos cœurs.

Mais, contrairement à la façon dont notre société consommatrice commémore cette fête, Jésus ne vient pas au monde dans un environnement d'opulence, de shopping, de luxe, de caprices, et de grands repas. Jésus vient au monde dans la simplicité d'un portail et une mangeoire.

Et ce fut ainsi car il était rejeté par les hommes, personne n'a voulu les accueillir, ni dans les maisons, ni dans les auberges. Marie et Joseph, ainsi que Jésus bébé, ont ressenti ce que veut dire le rejet, le manque de générosité et de solidarité.

Peu après, avec l'annonce de l'Ange —«Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple» (Lc 2,10)— ils sont tous accourus pour adorer le Fils de Dieu. C'est un peu comme dans notre société qui marginalise et rejette les gens parce qu'ils sont pauvres, étrangers ou simplement différents et ensuite fête Noël en parlant de paix, de solidarité et d'amour.

En ce jour, nous les chrétiens nous sommes remplis de joie, et à juste titre. Comme l'affirme Saint Léon le Grand: «La tristesse n’est pas de mise en ce jour où naît la vie». Mais nous ne pouvons oublier que cette naissance demande de notre part un compromis: celui de vivre Noël de la façon la plus proche possible de celle vécue par la Sainte Famille. C'est à dire, sans ostentations, sans dépenses inutiles, sans jeter l'argent par la fenêtre. Fêter et faire la fête est tout à fait compatible avec austérité ainsi qu'avec pauvreté.

Par ailleurs, si pendant ces jours nous n'éprouvons pas de sentiments de solidarité envers ceux qui sont rejetés, les étrangers, les sdf, cela veut dire qu'au fond nous sommes comme les habitants de Bethléem: nous n'accueillons pas le Petit Jésus.


Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Remercions Dieu le Père par le biais de son Fils, dans l’Esprit Saint, puisqu’il a eu pitié de nous à cause de l’immense miséricorde avec laquelle il nous a aimés. Puisque nous sommes morts pour les péchés, Il nous a fait vivre avec le Christ, afin que grâce à Lui nous soyons une nouvelle créature » (Saint Léon le Grand)

  • « Ce jour-là Jésus le Sauveur, est né de la Vierge Marie. Adorons la bonté de Dieu faite chair, et laissons les larmes du repentir remplir nos yeux et laver nos cœurs. Nous en avons tous besoin » (Pape François)

  • « Jésus est né dans l’humilité d’une étable, dans une famille pauvre. De simples bergers sont les premiers témoins de l’événement. C’est dans cette pauvreté que se manifeste la gloire du ciel. L’Eglise ne se lasse pas de chanter la gloire de cette nuit : ‘La Vierge aujourd’hui met au monde l’Eternel. Et la terre offre une grotte à l’Inaccessible. Les anges et les pasteurs le louent. Et les mages avec l’étoile s’avancent. Car Tu es né pour nous, Petit Enfant, Dieu éternel ! ’ » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 525)

vendredi 23 décembre 2022

Le soleil levant nous visitera / Magnifique tableau de la Nativité... / (395,809)

 Bonjour!

Samedi 24 décembre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

Le soleil levant nous visitera (Lc 1, 67-79)

Alléluia, Alléluia.
Viens, Soleil levant,
splendeur de justice et lumière éternelle !
Illumine ceux qui habitent les ténèbres
et l’ombre de la mort.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
à la naissance de Jean Baptiste,
Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint
et prononça ces paroles prophétiques :
« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
qui visite et rachète son peuple.
Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,
comme il l’avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :
salut qui nous arrache à l’ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,
amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte ;
serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,
afin que, délivrés de la main des ennemis,
nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa présence, tout au long de nos jours.

Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé
prophète du Très-Haut ;
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins,
pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,
grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu,
quand nous visite l’astre d’en haut,
pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres
et l’ombre de la mort,
pour conduire nos pas
au chemin de la paix. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire... 

Le « Benedictus » de Zacharie, tout comme le « Magnificat » de Marie sont des hymnes tissés de citations bibliques explicites et implicites. A travers ces chants d’action de grâce, l’Esprit Saint nous enseigne comment lire l’histoire avec un regard de foi. La louange qui monte du cœur et des lèvres de Zacharie est à la fois bénédiction pour le passé, et prophétie pour le futur ; par le fait même, elle articule l’Ancien et le Nouveau Testament, l’annonce et la réalisation.

L’Eglise a intégré cet hymne dans sa prière matinale, pour célébrer le lever du jour qui ne finira pas, le jour de la « visite de l’astre d’en haut, qui est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort ». Jour où le Très-Haut a « montré à son peuple sa miséricorde » en « accomplissant son salut ».

Cette intelligence spirituelle des événements du salut n’est cependant possible que sur l’horizon de la première Alliance : la prophétie est reconnaissance et compréhension de la personne de Jésus comme Seigneur et Sauveur à partir d’une relecture, à la lumière de l’Esprit Saint, des promesses de la première Alliance. Dieu en effet s’était engagé par serment avec Abraham ; il avait promis à David de lui donner « un successeur » dont « il rendrait stable la royauté » : « Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. Sa maison et sa royauté subsisteront à jamais, son trône sera stable pour toujours » (1ère lect.).

C’est ce Roi de gloire que l’Eglise attend désormais avec impatience : « Seigneur Jésus nous t’en prions, ne tarde plus : que ton avènement réconforte et relève ceux qui ont foi dans ta tendresse » (Or. ouv.).

Mais devant la grandeur de l’événement, comment ne pas être saisi de crainte ? Comment pourrions-nous voir Dieu et vivre ? Aussi avons-nous besoin de réentendre la seconde partie de l’hymne de Zacharie : après avoir fait mémoire des promesses, le père de Jean-Baptiste, « rempli de l’Esprit Saint » nous rassure par des « paroles prophétiques ». Sois sans crainte petit troupeau : c’est le Dieu de tendresse qui vient te visiter. Il sera le Bon Berger qui rassemble les brebis dispersées de son Père « pour les guider sur le chemin de la paix ». C’est lui-même qui nous rendra dignes de nous tenir en sa présence en nous pardonnant tous nos péchés. C’est ainsi que nous pourrons « célébrer sans crainte notre culte devant lui, dans la piété et la justice, tout au long de nos jours ».

Que le Seigneur prépare lui-même nos cœurs à « accueillir dans la joie le présent de son Royaume »


Abbé Philippe Link / Merci!

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Magnifique tableau de la Nativité

Cette oeuvre a été retrouvée 

dans une église de la banlieue de Paris.

Le tableau a été rafraîchi.

Je l'utilise avec la permission de mon ami Bernard Lecomte.

 Merci.


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Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 22 décembre 2022

Naissance de Jean Baptiste / (395,782)

 Bonjour!

Vendredi 23 décembre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...

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ÉVANGILE

Naissance de Jean Baptiste (Lc 1, 57-66)

Alléluia, Alléluia.
Viens, Espérance des nations,
Sauveur de tous les peuples !
Viens sauver ce qui était perdu.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
    Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur
lui avait montré la grandeur de sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
    Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant.
Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.
    Mais sa mère prit la parole et déclara :
« Non, il s’appellera Jean. »
    On lui dit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
    On demandait par signes au père
comment il voulait l’appeler.
    Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Jean est son nom. »
Et tout le monde en fut étonné.
    À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
    La crainte saisit alors tous les gens du voisinage
et, dans toute la région montagneuse de Judée,
on racontait tous ces événements.
    Tous ceux qui les apprenaient
les conservaient dans leur cœur et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.

            – Acclamons la Parole de Dieu.




Commentaire...

« Non, il s’appellera Jean » (Lc 1, 60). Jean et non pas Zacharie. Le nom de Zacharie vient d’un terme hébreu qui signifie la mémoire, le mémorial, auquel a été attaché le Nom de Dieu. Zacharie signifie donc « Dieu s’est souvenu ». Dieu s’est souvenu de son peuple, de son Alliance, de son Amour.

Mais l’enfant qui vient de naître, s’il est bien fils de Zacharie, don de Dieu qui se souvient de son amour, porte cependant un nom nouveau : Iohannan, qui signifie « Dieu fait grâce » ou encore « grâce de Dieu ». C’est le nom de Jean-Baptiste, et c’est donc sa vocation, une vocation qui manifeste la toute nouveauté de l’initiative de Dieu. Dieu se souvient et ce souvenir le conduit à faire grâce. La vie même de Jean Baptiste annonce la nouveauté de la grâce. Elle oriente notre regard vers le Salut qui vient, vers le Messie.

Avec Jean-Baptiste « sonnent les cloches » qui annoncent que Dieu fait grâce et que cette grâce est toute entière dans la personne du Messie Jésus !

« Et soudain viendra dans son Temple Celui que vous cherchez, – écrit le prophète Malachie – le messager de l’Alliance que vous désirez » (Ml 3, 1). La naissance de Jean nous dit aujourd’hui que la naissance du Sauveur est imminente. D’un instant à l’autre, Dieu Lui-même va entrer dans le temple, le temple de notre humanité, et il va nous offrir l’alliance, et ce sera une grâce toute nouvelle.

Mais Malachie en nous annonçant dans ce texte la venue du précurseur puis celle du Seigneur est loin de nous bercer d’illusions ! Son oracle prophétique s’adresse à des prêtres infidèles et trompeurs, à qui il annonce que cette venue de Dieu sera semblable à un feu qui brûlera toutes impuretés. « Il purifiera les fils de Lévi et les affinera comme or et argent. Ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice » (Ma 3,3).

Alors quelle est donc l’heure que sonne la présence de Jean : celle de la grâce ou celle du feu ?

Elle est celle de la grâce parce qu’elle est celle du feu.

La bouleversante humilité de Dieu qui vient se déployer de la crèche à la croix, des langes de Bethléem aux linges du sépulcre est un véritable feu.

Nul ne peut s’en approcher sans que toute forme de peur ou d’orgueil en soit consumé.

Un feu d’Amour, un « soleil de justice qui brillera avec la guérison dans ses rayons » (Ma 3, 20). Que Dieu vienne à nous dans la fragilité d’un enfant voilà qui nous désarçonne

et qui consume toutes nos images d’un dieu qui aurait la puissance d’un général ou d’un magicien. La fragilité de Dieu désarme toute peur.

Nous approchons de la crèche en entrant dans un monde d’humilité, de pauvreté, de faiblesse et même de nuit.

Ainsi, comme on doit s’habituer à l’obscurité quand on quitte des lumières éblouissantes, ainsi nous faut-il d’ici à Noël nous défaire de ce qui brille, de ce qui éblouit, du clinquant et du brillant pour habituer le regard de notre cœur à bien distinguer ce qui se passe là où toute la lumière est intérieure. Car à Noël, tout comme en l’Eucharistie, tout est intérieur, le feu y est intérieur. Tout y est présence, et tout y est don.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 21 décembre 2022

« Le Puissant fit pour moi des merveilles » / Prière: Pas étonnant, dit Dieu... / (395,681)

Bonjour!

Jeudi 22 décembre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1, 46-56)

Alléluia, Alléluia.
Viens, Roi de l’univers, pierre angulaire de l’Église !
À l’homme que tu as pétri de la terre
viens apporter le salut.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

        En ce temps-là,
Marie rendit grâce au Seigneur
    en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
            exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !    
    Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
    Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
    Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour
    de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

    Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

À quelques jours de la Nativité du Christ, le chant d’action de grâce de Marie prend des résonances toutes particulières.

Nouvelle Ève, elle parle d’abord au nom de tous les hommes. Elle se fait le porte-parole de la longue suite millénaire dont la généalogie de Luc, si humaine et si universelle, nous rappelle l’attente depuis les origines (Lc 3,13-38).

Fille d’Israël, Marie parle ensuite au nom de tout le peuple de Dieu. Elle se fait porte-parole de la longue suite séculaire dont la généalogie de Matthieu, avec la mention de tous les ancêtres du Christ, se fait aussi l’écho.

Porteuse de celui qui porte tout, Marie parle au nom de Zacharie, témoin, dans ses vieux jours, témoin de ce dernier petit reste de l’espérance du sacerdoce, encore fidèle au poste.
Les temps sont accomplis. On est à l’avant-dernière heure. Zacharie peut rester muet. Bientôt c’est le Verbe qui va parler. 
Le nom de Jean est donné, disant la gratuité du don de Dieu. 
Marie aujourd’hui célèbre déjà, dans l’offrande du fruit de ses entrailles, le Christ Souverain Prêtre compatissant et rédempteur (He 2,17) dont la miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent (Lc 1,50).

Elle parle au nom d’Élisabeth, dernier témoin dans sa vieillesse et sa stérilité de ce peuple élu, usé par son attente humaine et ses infidélités à Dieu. Car aujourd’hui l’espérance d’Ève et le rire de Sarah ; les soupirs de Rébecca, les larmes de Rachel, les rêves de Ruth ; les prières d’Anne offrant déjà avec son fils Samuel
les prémices du pain et du vin ; les cris de Judith, les peurs d’Esther
et les insomnies de la Sulamite, cherchant partout le bien-aimé dans les rues de la ville, trouvent enfin leur point d’achèvement. La nouvelle alliance salue l’ancienne. 
Au signe que porte Élisabeth se joint le témoignage de Marie. 
Et la bonne nouvelle reçue devient déjà la bonne nouvelle annoncée : Élisabeth a exulté. Marie, elle, peut exalter le Très-Haut
dont elle porte en elle le Fils très saint (Lc 1,35). Dans la joie et l’humilité, pleine de charité, elle peut chanter : 
Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur. 
Il s’est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Au nom de Joseph, elle peut rendre grâce. 
Lui qui a été tourmenté dans son cœur à cause d’elle, lui qui a été bouleversé dans son âme comme elle, lui qui a été déchiré dans son esprit tout près d’elle, il a fini par accepter le plus grand amour, la plus haute justice et la foi impossible. Mais rien n’est impossible à Dieu. Il est bien le père de Jésus, puisqu’il lui donnera son nom (Mt 1,21-25). 
Il est bien son époux à elle puisqu’il consent, comme elle, à la pleine volonté du Père par quoi se donne
toute vraie filiation (Ep 3,14-15). 
Il pourra librement grandir en taille, en sagesse et en grâce, devant Dieu et devant les hommes, ce Jésus, le fils du charpentier (Mc 6,3 ; Jn 6,42) et le fils de Marie qui loua le Père du ciel en disant : 
Le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son nom (Lc 1,49).

C’est ainsi que Marie a rendu grâce et tressailli de joie
à l’aurore des temps nouveaux. Laissons-la donc porter
notre supplication et notre action de grâce
puisqu’elle est notre mère, la première rachetée ; et qu’elle a trouvé grâce aux yeux de Dieu (Lc 1,30). 
Celui qui déploie la force de son bras
et disperse les superbes, Il renverse les puissants de leur trône, 
Il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides (Lc 1,51-53). Il est la Parole. Il est la Lumière. Il est la Vie. 
Nous allons bientôt pouvoir entendre son Verbe. Nous allons bientôt pouvoir marcher à sa Lumière (Jn 12,35-36). 
Nous allons goûter à sa Vie, en recevant tous de sa Plénitude (Jn 1,16).

Il nous suffit pour l’heure de retenir nos voix ; d’avancer encore un peu dans l’ombre, en espérant la Vie éternelle promise. 
Marie, aujourd’hui, chante en notre nom à tous, depuis Adam jusqu’à Zacharie, avec Abraham, David, Élisabeth et Joseph, toutes les saintes femmes, tous les sages, tous les prophètes, tous les prêtres, tous les rois et tout le peuple des anawim. Elle chante, avec tous ceux et celles qui la précèdent, le Cantique que chaque jour reprendront
tous ceux et celles qui la suivent, d’âge en âge (Lc 1,50). Redisant avec elle : Maranatha ! à Celui qui est déjà venu et qui revient. Ceux et celles qui, avec elle et pour elle, chaque soir, comme nous-mêmes ce soir encore, redisent à Dieu : Magnificat ! Le Seigneur fit pour nous des merveilles ; saint est son nom !


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Marie a dit : ‘Mon âme exalte le Seigneur’. Aussi – dit-Elle – je mets toutes les forces de mon âme à Lui rendre grâce dans la louange, et je consacre tout mon être, mes sens et mon intelligence à contempler son infinie grandeur » (Saint Bède le Vénérable)

  • « Chez Elisabeth et Zacharie, nous écoutons le “Magnificat”, ce grand poème qui nous arrive des lèvres, ou plutôt du cœur de Marie, inspiré par l’Esprit Saint. ‘Mon âme grandit le Seigneur’… Marie est grande précisément parce qu’elle n’a pas voulu se faire grande elle-même » (Benoît XVI)

  • « Adorer Dieu, c’est, dans le respect et la soumission absolue reconnaître le “néant de la créature” qui n’est que par Dieu. Adorer Dieu, c’est comme Marie, dans le Magnificat, le louer, l’exalter et s’humilier soi-même, en confessant avec gratitude qu’Il a fait de grandes choses et que saint est son nom (...) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique n° 2.097)

Prière

     Pas étonnant, dit Dieu     

Pas étonnant, dit Dieu.
Que notre histoire soit tissée de rendez-vous manqués !

Vous m’attendez dans la toute puissance,
Et je vous espère dans la fragilité d’une naissance !

Vous me cherchez dans les étoiles du ciel,
Et je vous rencontre dans les visages qui peuplent la terre !

Vous me rangez au vestiaire des idées reçues
Et je viens à vous dans la fraîcheur de la grâce !

Vous me voulez comme une réponse,
Et je me tiens dans le bruissement de vos questions !

Vous m’espérez comme un pain
Et je creuse en vous la faim !

Vous me façonnez à votre image,
Et je vous surprends dans le dénuement d’un regard d’enfant !

Mais, dit Dieu, sous le pavé de vos errances,
Un Avent de tendresse se prépare,
où je vous attends comme la nuit attend le jour.

Francine Carillo

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 20 décembre 2022

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » / (395,652)

Bonjour!

Mercredi 21 décembre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 39-45)

Alléluia, Alléluia.
Viens, Emmanuel,
notre Législateur et notre Roi !
Sauve-nous, Seigneur notre Dieu.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
    et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
    D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

L’évangile de ce jour nous rapporte la visitation de Marie à sa cousine Elisabeth. A travers Elisabeth, nous pouvons discerner l’image de l’humanité stérile à cause du péché, incapable de porter un fruit de vie.

Mais voilà, Dieu n’a pas voulu laisser ainsi son épouse infidèle. Il est venu à sa rencontre pour la sauver et la rendre à nouveau capable de porter la vie. Après un temps de délaissement, son Bien-Aimé est venu jusqu’à elle. Il a escaladé les montagnes, il a franchi les collines, il a bravé tous les obstacles que par notre péché nous avions dressés entre lui et nous. Il a accouru comme la gazelle, comme le petit d’une biche, empressé de nous sauver (Cf. 1ère lecture).

Marie, qui la première a été rejointe par lui, a reçu la mission de le porter aux hommes et aux femmes marqués par le péché originel et souffrants de ses conséquences. Avec elle et en elle, notre Seigneur a porté la joie et l’allégresse du Salut.

C’est bien ce qui transparaît dans l’épisode de la visitation de Marie à sa cousine. La paix et la joie rayonnent de cet évangile. A travers la salutation de Marie, c’est le Verbe de Dieu qu’elle porte en elle qui s’adresse à Elisabeth. L’action sanctifiante de la Parole divine est alors immédiate : « l’enfant tressaillit en elle », nous rapporte saint Luc. On pourrait aussi traduire : « l’enfant bondit d’exaltation ».

Cet enfant, qui est-il ? Jean-Baptiste, bien sûr, qui jubile devant la venue de celui à qui il prépare la route… Mais ne peut-on pas aussi l’interpréter de façon plus large comme la dimension spirituelle présente en tout homme, qui endormie à cause du péché, se voit ici réveillée. Avant même de naître, le Fils de Dieu communique sa vie à celui qui vit dans l’espérance de l’accomplissement de la promesse divine de salut.

Le temps de l’Avent nous est donné précisément pour raviver en nous la flamme de cette espérance. Serons-nous encore émerveillés comme Elisabeth par cette visite que le Verbe de Dieu veut nous rendre en sa Mère, par cet abaissement où l’incompréhensible de Dieu se fait connaître, où l’Ineffable divin se laisse saisir ? Tressaillirons-nous d’allégresse au son des paroles de salut que notre Seigneur nous adresse par la voix de Marie et de l’Eglise ?

Derrière cette jeune femme qui se rend chez sa cousine, c’est bien le Verbe de Dieu qui vient à la rencontre de son précurseur, et en le consacrant et le sanctifiant par l’Esprit prépare ses visites au sein de la Nouvelle Alliance. Aujourd’hui encore, Dieu vient jusqu’à nous en Marie. Sans aucun mérite de notre part, il vient nous sauver et nous donner part à sa divinité et à son éternelle sainteté.

Avec Marie, dans l’humilité, glorifions Dieu pour cette merveille. Car il faut être humble, littéralement « pauvre » pour reconnaître dans la banalité d’un tel événement la réalisation d’un si grand mystère. Rappelons-nous ces paroles de Jésus lui-même exprimées dans un tressaillement de joie dans l’Esprit Saint : « Je te bénis Père d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux humbles » (Mt 11, 25).

Seigneur, en ce jour, nous invoquons sur nous ton nom qui est saint. En lui, notre esprit exulte et notre âme est en fête, car il est le seul nom qui nous sauve : Yeshua, Dieu Sauveur. Père, nous t’offrons ce tressaillement de joie en réponse au don de ton salut en celui qui vient nous sauver, ton Fils unique, Jésus Christ, notre Seigneur !


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Dès qu’elle l’a su, Marie, avec la joie de son désir, se dirigea vers les montagnes. Remplie de Dieu, comment ne pas se précipiter vers les hauteurs ? La lenteur dans l’effort est étrangère à la grâce de l’Esprit » (Saint Ambroise)

  • « La visite de Marie à Elisabeth conduit à une rencontre entre Jésus et Jean dans l’Esprit Saint. Jésus est le plus jeune, celui qui vient après. Mais c’est leur proximité qui fait bondir Jean dans le sein maternel et remplit Elisabeth du Saint Esprit » (Benoît XVI)

  • « Elisabeth est la première dans la longue suite des générations qui déclarent Marie bienheureuse : ‘Bienheureuse celle qui a cru’ (Lc 1,45) : Marie est “bénie entre toutes les femmes” parce qu’elle a cru en l’accomplissement de la parole du Seigneur (…). Par sa foi, Marie est devenue la mère des croyants, grâce à laquelle toutes les nations de la terre reçoivent Celui qui est la bénédiction même de Dieu : Jésus le fruit béni de tes entrailles » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 2.676)

Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 19 décembre 2022

« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » / (395,455)

Bonjour!

Mardi 20 décembre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » (Lc 1, 26-38)

Alléluia, Alléluia.
Viens, Clé de David !
Toi qui ouvres les portes du Royaume,
arrache à leur prison
les captifs des ténèbres.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    Au sixième mois d’Élisabeth,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
    L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
    À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
    L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
    Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
    Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
    il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
    Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
    L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
    Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
    Car rien n’est impossible à Dieu. »
    Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »

Alors l’ange la quitta.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le récit de l’Annonciation nous ramène au moment fondateur de la mystérieuse condescendance de Dieu : le Très-Haut se fait le Très-Bas, il vient habiter notre terre, partager notre vie, nos souffrances et notre mort, pour nous élever jusqu’à lui.

« Qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l’homme pour que tu le prennes en considération ? Tu l’as un moment abaissé au-dessous des anges. Tu l’as couronné de gloire et d’honneur » (He 2, 6-7). Ce mystère de grâce, « que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu, qui n’est pas monté au cœur de l’homme, Dieu l’a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Co 2, 9). Il nous donne lui-même le signe de sa venue : « Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l’appellera l’Emmanuel, c’est-à-dire “Dieu avec nous” » (1ère lect.).

Tout vient de Dieu, mais Dieu ne vient pas en intrus : il sollicite la liberté de ses enfants, qu’il ne sauve pas malgré eux. Le « oui » que Marie prononce en notre nom à tous, est indispensable pour que Dieu puisse planter sa tente parmi nous et accomplir son œuvre de salut.

Marie se trouve ainsi à l’articulation de ce mystérieux échange dans lequel Dieu se fait homme afin que l’homme puisse participer à sa divinité. Mère de la Tête, il convenait qu’elle le soit aussi du Corps tout entier : celle qui dans l’Esprit enfanta le Verbe à la vie naturelle, est présente à la Pentecôte lors de la naissance de l’Église ; et c’est encore elle qui enfante chacun de nous à la vie divine dans ce même Esprit.

Marie, toi qui dans la nuée de l’Esprit accueillis le Verbe éternel en ton sein virginal, répand sur nous la surabondance de tes bénédictions ; et aide-nous à devenir assez humbles pour consentir comme toi à la volonté du Père.


Abbé Philippe Link / Merci!

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Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Grâce à son obéissance elle gagna son propre salut et celui de tout le genre humain » (Saint Irénée)

  • « Marie est la servante docile de la Parole divine. Il y avait des raisons d’avoir peur, car porter sur soi le poids du monde, être la mère du Roi de l’univers, était supérieur aux forces d’un être humain. C’est pour cela que l’Archange lui répéta le si classique “N’aie pas peur” des Ecritures. » (Benoît XVI)

  • « L’ange Gabriel au moment de l’Annonciation la salue comme ‘pleine de grâce’. En effet, pour pouvoir donner l’assentiment libre de sa foi à l’annonce de sa vocation, il fallait qu’elle soit toute portée par la grâce de Dieu » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 490)

Bonne journée!

Jean-Yves 


dimanche 18 décembre 2022

L'ange Gabriel annonce la naissance de Jean le Baptiste / (395,421)

 Bonjour!

Lundi 19 décembre 2022

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

L'ange Gabriel annonce la naissance de Jean le Baptiste (Lc 1, 5-25)

Alléluia, Alléluia.
Viens, Rameau de Jessé,
étendard dressé à la face des nations !
Délivre-nous, ne tarde plus.
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée,
un prêtre du groupe d’Abia, nommé Zacharie.
Sa femme aussi était descendante d’Aaron ;
elle s’appelait Élisabeth.
    Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu :
ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur
de façon irréprochable.
    Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile
et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.

    Or, tandis que Zacharie,
durant la période attribuée aux prêtres de son groupe,
assurait le service du culte devant Dieu,
    il fut désigné par le sort, suivant l’usage des prêtres,
pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur.
    Toute la multitude du peuple était en prière au dehors
à l’heure de l’offrande de l’encens.
    L’ange du Seigneur lui apparut,
debout à droite de l’autel de l’encens.
    À sa vue, Zacharie fut bouleversé
et la crainte le saisit.
    L’ange lui dit :
« Sois sans crainte, Zacharie,
car ta supplication a été exaucée :
ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils,
et tu lui donneras le nom de Jean.
    Tu seras dans la joie et l’allégresse,
et beaucoup se réjouiront de sa naissance,
    car il sera grand devant le Seigneur.
Il ne boira pas de vin ni de boisson forte,
et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ;
    il fera revenir de nombreux fils d’Israël
au Seigneur leur Dieu ;
    il marchera devant, en présence du Seigneur,
avec l’esprit et la puissance du prophète Élie,
pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants,
ramener les rebelles à la sagesse des justes,
et préparer au Seigneur un peuple bien disposé. »
    Alors Zacharie dit à l’ange :
« Comment vais-je savoir que cela arrivera ?
Moi, en effet, je suis un vieillard
et ma femme est avancée en âge. »
    L’ange lui répondit :
« Je suis Gabriel
et je me tiens en présence de Dieu.
J’ai été envoyé pour te parler
et pour t’annoncer cette bonne nouvelle.
    Mais voici que tu seras réduit au silence
et, jusqu’au jour où cela se réalisera,
tu ne pourras plus parler,
parce que tu n’as pas cru à mes paroles ;
celles-ci s’accompliront en leur temps. »

    Le peuple attendait Zacharie
et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire.
    Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler,
et ils comprirent que, dans le sanctuaire, il avait eu une vision.
Il leur faisait des signes et restait muet.
    Lorsqu’il eut achevé son temps de service liturgique,
il repartit chez lui.
    Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth conçut un enfant.
Pendant cinq mois, elle garda le secret.
Elle se disait :
    « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi,
en ces jours où il a posé son regard pour effacer
ce qui était ma honte devant les hommes. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Zacharie renvoie poliment le bel Ange à l’incohérence de son discours. La réponse du Messager ne se fait pas attendre : « Puisque ton cœur n’accueille pas dans la foi le message de grâce que je t’apporte de la part de Dieu, tes lèvres se tairont afin de t’éviter de débiter des considérations humaines sur une intervention divine qui sera authentifiée par son fruit. Le jour où se réalisera l’événement que je suis chargé de t’annoncer, ta bouche s’ouvrira pour proclamer les louanges de celui à qui rien n’est impossible » (cf. Lc 1, 37).

Zacharie était prêtre du Très-Haut, officiant dans le temple en présence du Seigneur, et pourtant il est pris en défaut au niveau de sa foi en la réalisation de la promesse divine. On peut être un homme irréprochable au niveau religieux, et être pourtant mal-croyant. Cette mise en garde vaut aussi bien sûr pour nous : nous croyons certes que Jésus est ressuscité des morts et qu’il est vivant pour les siècles ; mais lorsqu’il s’agit d’intégrer ce mystère dans nos vies, nous hésitons. Comme Marthe parlant de son frère Lazare, nous disons : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour » (Jn 11, 24). Nous renvoyons à un lointain avenir l’espérance de notre participation à la résurrection de Notre-Seigneur. Pourtant Jésus répond clairement : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt v

C’est au présent que le Seigneur se donne à chacun de nous, c’est ici et maintenant qu’il me donne de vivre de sa vie en me communiquant son Esprit : « Croyons-nous cela ? » (Ibid.). Peut-être répondons-nous comme Zacharie : « “Comment vais-je savoir que cela arrivera ?” “Moi je suis né dans la faute, j’étais pécheur dès le sein de ma mère. Et tu voudrais au fond de moi la vérité ? Dans le secret tu m’apprendrais la sagesse ?”(Ps 50, 8) »

Si nous résistons secrètement à l’Esprit, ne nous étonnons pas que notre bouche demeure muette, que nous soyons incapables de proclamer la Bonne Nouvelle et les louanges de Dieu…

« Par la maternité de la Vierge sainte, tu as voulu révéler au monde la splendeur de ta gloire ; nous t’en prions : accorde-nous de vénérer le mystère si grand de l’Incarnation dans la pureté de la foi et de le célébrer toujours dans l’obéissance du cœur » (Or. d’ouv.).


Abbé Philippe Link / Meerci!

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Bonne journée!

Jean-Yves