jeudi 30 mai 2024

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (465,039)

 Bonjour!

Vendredi 31 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 39-56)

Alléluia. Alléluia.
Heureuse es-tu, Vierge Marie,
toi qui as cru que s’accompliraient pour toi
les paroles du Seigneur.
Alléluia. (cf. Lc 1, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
    et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
    D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
        exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !    
    Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
    Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
    Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour
    de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

    Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

     – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

La liturgie de ce jour est un hymne à la joie. Depuis l’antienne d’ouverture, qui nous invite à nous rassembler pour « écouter tout ce que le Seigneur a fait pour nous », jusqu’à l’oraison conclusive dans laquelle l’Église « magnifie son Seigneur pour tant de merveilles », toutes les lectures et prières nous invitent à « laisser jaillir l’Esprit » (1ère lect.) en un cantique d’action de grâce qui rejoint le Magnificat de la Vierge Marie.

Saint Luc a ouvert son évangile par l’annonce à Zacharie de la naissance du Précurseur (1, 5-25). L’Ange révèle d’amblée que l’enfant « sera rempli de l’Esprit Saint dès avant sa naissance » (1, 15). Sa venue demeure cependant discrète : son père est privé de la parole pour ne pas avoir cru au message de l’Ange (1, 20) et sa mère « garde le secret pendant cinq mois » (1, 24). Après un moment d’intense émotion, le silence tombe à nouveau sur le foyer de Zacharie, mais un silence vibrant d’une joie et d’une attente secrète.

L’Annonce faite à Marie se déroule également dans le secret du cœur de la Vierge : « l’Ange entra chez elle et dit ». Aucune allusion à une vision : discrétion oblige. Tout se concentre dans un échange de paroles entre le Messager céleste et l’humble jeune fille de Nazareth.

C’est le récit de la Visitation qui va tout à la fois rapprocher les deux événements, les articuler, et les faire sortir de l’ombre, ou plutôt de la nuée qui les abritait. L’évangéliste ne met en scène ni Zacharie, ni Joseph ; ce qui réduit à quatre le nombre des acteurs : les deux mères et les deux enfants. Encore qu’on ne puisse pas vraiment compter l’enfant Jésus parmi les acteurs : il est question de lui – il est même au centre de l’événement – mais il n’agit pas directement. Il est présent comme « le Seigneur », présidant la rencontre depuis le sein de sa mère, où il réside comme en son Temple.

Par contre il est un cinquième acteur, qui bien qu’invisible, est cependant le plus actif de tous : l’Esprit Saint. C’est lui qui lance la jeune Marie sur la route, qui « remplit (de sa présence) Élisabeth » et lui donne de parler, et c’est encore lui bien sûr qui inspire à Marie son cantique d’action de grâce. Dès les évangiles de l’enfance, nous pressentons le rôle primordial que jouera l’Esprit dans la vie de l’Église naissante : après l’Ascension, quoiqu’invisible et silencieux, Jésus ressuscité est réellement présent en elle, l’accompagnant sur les routes de la mission sous la conduite de l’Esprit.

La joie est le trait commun de tous ceux qui ont été touchés par l’Esprit : Élisabeth ne peut croire au bonheur qui lui incombe par la visite de la mère de son Seigneur ; Jean-Baptiste tressaille d’allégresse en son sein ; et Marie exalte son Seigneur, son esprit exulte en Dieu son Sauveur. Quant à l’enfant Jésus, lui qui est la cause de tant de joie, comment n’en serait-il pas rempli puisqu’il en est la source débordante ?

Si la venue de l’Enfant-Dieu suscite un tel bonheur, combien plus la certitude de la présence du Seigneur ressuscité au cœur de son Église devrait-elle être un motif d’allégresse pour tous les croyants ? « Je vous reverrai, avait promis Jésus avant d’entrer dans sa Passion, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera » (Jn 16, 22). L’Église postpascale se trouve dans les conditions qu’entrevoyait le prophète Isaïe lorsqu’il écrivait : « Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant c’est le Seigneur : il est pour moi le salut. Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de vous, le Saint d’Israël (Ct – Is 12, 2.6). Voilà pourquoi le croyant devrait toujours être dans la joie, si du moins il demeure comme il se doit sous l’onction de l’Esprit. Certes ce n’est pas facile de garder les yeux fixés sur Jésus au cœur d’un monde qui l’ignore ou le rejette ; c’est pourquoi Notre-Seigneur nous encourage lui-même : « Amen, amen, je vous le dis : si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera. Demandez (l’Esprit Saint), et vous (le) recevrez : ainsi vous serez comblés de joie » (Jn 16, 24).

Dans la première lecture, Saint Paul prolonge cette exhortation, invitant tous ceux qui par la foi, ont reçu le don de Dieu, à « ne pas briser l’élan de leur générosité, mais à laisser jaillir l’Esprit ». Car seul l’Esprit peut nous faire tenir dans « la joie de l’espérance aux jours d’épreuve ». Aussi l’apôtre nous encourage-t-il à « prier avec persévérance », afin de « tenir bon, fuyant le mal avec horreur et nous attachant au bien ». C’est encore l’Esprit qui nous donne d’être « unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisant de respect les uns pour les autres, et partageant avec ceux qui sont dans le besoin ». C’est toujours le même Esprit qui nous fait vivre les Béatitudes, « bénissant ceux qui nous persécutent, leur souhaitant du bien et non pas du mal ». Enfin, qui d’autre que l’Esprit peut nous purifier de la vaine gloire et nous donner le goût de « ce qui est simple » ? C’est ainsi que le Paraclet nous prépare jour après jour à rencontrer notre Dieu, lui qui « disperse les superbes et renverse les puissants de leurs trônes », mais qui « se penche sur son humble servante et élève les humbles ».

Dieu tout-puissant, tu as inspiré à la Vierge Marie, qui portait en elle ton propre Fils, de visiter sa cousine Élisabeth ; accorde-nous d’être dociles au souffle de l’Esprit afin de pouvoir nous aussi te magnifier éternellement. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 


mercredi 29 mai 2024

« Rabbouni, que je retrouve la vue ! » / Des prières svp... / Pensées... / (464,968)

 Bonjour!

Jeudi 30 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Rabbouni, que je retrouve la vue ! » (Mc 10, 46b-52)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia. (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    tandis que Jésus sortait de Jéricho
avec ses disciples et une foule nombreuse,
le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait,
était assis au bord du chemin.
    Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth,
il se mit à crier :
« Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »
    Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire,
mais il criait de plus belle :
« Fils de David, prends pitié de moi ! »
    Jésus s’arrête et dit :
« Appelez-le. »
On appelle donc l’aveugle, et on lui dit :
« Confiance, lève-toi ;
il t’appelle. »
    L’aveugle jeta son manteau,
bondit et courut vers Jésus.
    Prenant la parole, Jésus lui dit :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
L’aveugle lui dit :
« Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
    Et Jésus lui dit :
« Va, ta foi t’a sauvé. »
Aussitôt l’homme retrouva la vue,
et il suivait Jésus sur le chemin.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Aveugle mais pas muet ! Bartimée a de la voix. Et de l’oreille. Quand il entend Jésus passer, il crie vers lui, il implore sa pitié avec tant de conviction qu’on cherche à le faire taire. Mais lui qui doit compter en tout sur les autres comprend qu’il n’est plus l’heure de s’en remettre aux autres, il n’est plus l’heure de se laisser faire. Son cœur le guide. Il appelle de plus belle, il crie vers le « fils de David », il désigne Jésus comme le messie.

Jésus entend son cri. Évidemment. Qui ne l’entend pas ? « Confiance, lève-toi, il t’appelle ». Bartimée s’élance. Cette invitation lui suffit, elle est le signal que reconnaît son cœur. Sa souffrance et sa solitude ont été ses éducatrices, nul besoin d’un « va, vends tout ce que tu as » : il jette son manteau de lui-même. Il renonce à ce qui faisait son identité. Il abandonne sa carapace, ses protections, ce qui l’abritait du froid de la nuit et du regard des hommes. Il se montre vulnérable et marche, lui l’aveugle, vers Jésus.

Cet élan ne peut que toucher le Seigneur. Mais Jésus entend qu’il recouvre pleinement sa dignité. Il lui demande donc d’exprimer ce qu’il souhaite. « Seigneur que je voie ! », c’est-à-dire : « Seigneur, que je te voie clairement ; Seigneur, que je voie l’essentiel ; Seigneur-Dieu, tu m’as donné des yeux pour que je puisse voir Dieu en personne, fais que cela se réalise dès maintenant ! ». L’homme, debout et parlant, est donc sauvé par la foi qu’il a mise en Jésus.

Seigneur, ouvre nos yeux ! Que nous sachions voir les moindres indices de ton action dans nos quotidiens et les plus grands miracles qui manifestent ta présence parmi nous, comme l’eucharistie. Alors nous verrons clair pour te suivre sur le chemin du bonheur.

Abbé Philippe Link - Merci!

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   Prière...

Prions les uns pour les autres...
Des gens se recommandent à nos prières...
Et nous nous recommandons à leurs prières...

Dieu, tu es bon, loué sois-tu, gloire à toi!

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«Il n'y a guère au monde un plus bel excès que celui de la reconnaissance.«» 

(Jean de La Bruyère)

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«Ce qui est visible n'est que le reflet de ce qui est invisible."

(Rabbi Abba)

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«Dans le cœur, il n'y a jamais d'impasse.»

(André Baechler)

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«L'horizon souligne l'infini)

(Victor Hugo)

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"Gardez toujours à l'esprit que vous êtes unique et que vous avez quelque chose à accomplir sur terre."

(Milton Cameron)

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 28 mai 2024

« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré » / Deux pensées de Bernard Guidez dans son livre: Fais de Jésus ton ami / (464,897)

 Bonjour!

Mercredi 29 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré » (Mc 10, 32-45)

Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mt 10, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    les disciples étaient en route pour monter à Jérusalem ;
Jésus marchait devant eux ;
ils étaient saisis de frayeur,
et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte.
Prenant de nouveau les Douze auprès de lui,
il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :
    « Voici que nous montons à Jérusalem.
Le Fils de l’homme sera livré
aux grands prêtres et aux scribes ;
ils le condamneront à mort,
ils le livreront aux nations païennes,
    qui se moqueront de lui, cracheront sur lui,
le flagelleront et le tueront,
et trois jours après, il ressuscitera. »

    Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée,
s’approchent de Jésus et lui disent :
« Maître, ce que nous allons te demander,
nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
    Il leur dit :
« Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
    Ils lui répondirent :
« Donne-nous de siéger,
l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ta gloire. »
    Jésus leur dit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire,
être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
    Ils lui dirent :
« Nous le pouvons. »
Jésus leur dit :
« La coupe que je vais boire, vous la boirez ;
et vous serez baptisés du baptême
dans lequel je vais être plongé.
    Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche,
ce n’est pas à moi de l’accorder ;
il y a ceux pour qui cela est préparé. »

    Les dix autres, qui avaient entendu,
se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
    Jésus les appela et leur dit :
« Vous le savez :
ceux que l’on regarde comme chefs des nations
les commandent en maîtres ;
les grands leur font sentir leur pouvoir.
    Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.
Celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur.
    Celui qui veut être parmi vous le premier
sera l’esclave de tous :
    car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,
mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Pour la troisième fois, Jésus met devant les yeux de ceux qui le suivent les souffrances qui l’attendent. Et une fois encore, cette annonce par Jésus de sa Passion est suivie d’une incompréhension de la part des disciples.

Pour beaucoup, il ne faisait aucun doute que ce Jésus, issu de la lignée de David, puissant en actes et en paroles, était le Messie sauveur qui allait bouter l’envahisseur romain dehors et rétablir la royauté en Israël. Dès lors, quel honneur et quel avantage de pouvoir figurer parmi ses ministres. On comprend mieux la demande de Jacques et Jean : « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite, l’autre à ta gauche, dans ta gloire » !

Jésus ne semble pas heurté par cette requête. Il ne lui oppose aucune fin de non-recevoir. Il répond simplement : « Vous ne savez pas ce que vous demandez », autrement dit, vous ignorez quel est le véritable désir qui vous habite et qui ne peut vous apparaître que de façon déformé.

Selon sa pédagogie habituelle, Jésus va essayer d’éclairer la demande de ses interlocuteurs pour les amener à la préciser et à la corriger, pédagogie qui consiste à partir des désirs humains mal orientés pour les purifier et les rectifier.

Ici, la fin visée par le désir n’est pas mauvaise en soi. Il est légitime de vouloir demeurer dans la proximité du Maître et de participer à sa gloire. C’est bien pour cela que Jésus ne trouve rien à redire à cette demande. Mais il va distinguer la finalité de cette requête et la manière d’y parvenir.

« Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? » Le moyen pour parvenir à la proximité la plus intime avec Jésus est caché derrière cette question : boire à la coupe que le Maître lui-même boira. Boire à la coupe de sa Passion, communier à lui jusqu’au cœur de ses souffrances, être baptisé dans sa mort pour ressusciter ensuite. Jésus veut amener ses apôtres à découvrir que c’est là l’unique moyen pour vivre dans l’intimité la plus profonde avec lui.

Il confirme d’ailleurs leur capacité à saisir ce moyen même s’ils ne sont pas encore conscients de ce que cela représente : « Ma coupe, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, il y a ceux pour qui ses places sont préparées par mon Père. ». Là encore, Jésus part du désir de ses apôtres pour les conduire plus loin en dissociant immédiatement la participation indispensable à ses souffrances pour prétendre à une quelconque proximité avec lui de la réalisation de cette demande.

Certes, pour accéder au Royaume il faut passer par la croix mais la répartition des places revient au Père en personne. L’enjeu ici pour Jacques et Jean est de comprendre que la réalisation de leur désir doit se soumettre au désir du Père du Fils unique. Chacun de nos désirs doit se découvrir dans sa réalisation dépendant de la volonté du Père. C’est d’ailleurs ce qui nous permet de sortir de tout égocentrisme.

Mais le désir ici est un désir bien particulier, un désir fondamental : celui de vivre dans l’intimité du Fils et partant dans celle du Père. Il s’agit donc de reconnaître que pour accéder auprès de Père, la première condition est celle de se reconnaître dépendant de lui. Demeurer auprès de Dieu est d’abord un don de Dieu. « Dieu le premier nous a aimé », comme le dira plus tard saint Jean dans une de ses épîtres.

L’indignation des dix autres apôtres face à la demande de Jacques et de Jean ne parvient pas à masquer leur propre envie et les pensées secrètes qui habitent leurs cœurs. Jésus va alors rebondir sur leur réaction pour leur enseigner ce que signifie véritablement siéger à ses côtés, autrement dit prétendre aux premières places dans le Royaume.

Si Jésus n’a pas condamné la demande de Jacques et Jean c’est qu’il reconnaît une légitimité à partager sa gloire. Mais la manière d’entendre cela va dépendre du point de vue duquel on se place. Du point de vue du monde, cela signifie « commander en maître » nous précise Jésus, autrement dit asseoir son pouvoir en se faisant servir par les autres dans une recherche narcissique au service de son moi. Dans la logique du Royaume, être « grand » et être « le premier » signifie exactement l’inverse à savoir se mettre au service d’autrui dans le désintéressement le plus total : « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Jésus nous place ici devant deux logiques : celle du pouvoir qui se sert et qui dispense de servir et celle du service qui conduit à se sentir responsable et solidaire de chacun. La première est une logique de la violence qui poussée au bout conduit à condamner l’innocent. La seconde ira jusqu’à se servir paradoxalement de la première pour affirmer la suprématie de la logique du don lorsque l’Innocent, condamné injustement, acceptera et choisira de donner jusqu’à sa vie pour chacun.

Seigneur Jésus, aide-nous à nous engager à ta suite sur ce chemin du service qui conduit à la vie et à renoncer au chemin du pouvoir selon l’esprit du monde qui conduit à la mort. Puissions-nous répondre positivement à l’invitation que tu nous adresses par ces mots de l’Écriture : « Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant le Seigneur ton Dieu, écoutant sa voix et t’attachant à lui ; car là est ta vie ».

Abbé Philippe Link  -- Merci!

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Du live de Bernard Guidez - "Fais de Jésus ton ami":

"Le danger d'aujourd'hui s'appelle indifférence, méconnaissance, ignorance, et parfois médisance. Pour être plus réaliste que pessimiste, disons qu'au milieu de ce grand champs en jachère, il existe des îlots très fertiles qui produisent des fruits et de belles récoltes." 

Thérèse d'Avila disait: "Le monde est en feu!" ... mais aujourd'hui, c'est peut-être pire, car le monde est en très grande majorité en sommeil spirituel et se laisse entraîner pendant ce sommeil dans ses rêves d'idoles en tout genre." (p.76).




Bonne journée!

Jean-Yves 

lundi 27 mai 2024

« Vous recevrez, en ce temps déjà, le centuple, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle » / À la gloire de notre Dieu... / (464,851)

 Bonjour!

Mardi 28 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Vous recevrez, en ce temps déjà, le centuple, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle » (Mc 10, 28-31)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Pierre se mit à dire à Jésus :
« Voici que nous avons tout quitté
pour te suivre. »
    Jésus déclara :
« Amen, je vous le dis :
nul n’aura quitté,
à cause de moi et de l’Évangile,
une maison, des frères, des sœurs,
une mère, un père, des enfants ou une terre
    sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple :
maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres,
avec des persécutions,
et, dans le monde à venir,
la vie éternelle.
    Beaucoup de premiers seront derniers,
et les derniers seront les premiers. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Face à l’exigence d’abandonner tous ses biens pour recevoir en partage la vie éternelle, le jeune homme riche vient de s’en aller. Pierre se tourne alors vers Jésus : « Voici que nous, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi ». Autrement dit : ‘Seigneur, pour nous, la vie éternelle est assurée puisque nous avons renoncé à tout ce que nous possédions pour te suivre !’

Il est vrai que pour s’engager à la suite de Jésus les premiers disciples ont consenti à un véritable détachement d’avec leur milieu familial et professionnel. Mais, la vie éternelle est un don, une grâce. Pour l’obtenir, il ne s’agit donc pas d’accomplir des choses extraordinaires mais de recevoir et d’accepter tout ce qui est donné.

Jésus le montre bien lorsqu’en réponse au détachement, il promet de donner exactement les mêmes choses et, qui plus est, au centuple : « En vérité, je vous le dis, nul n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l’évangile, qui ne reçoive le centuple dès maintenant, au temps présent, en maison, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle ».

S’agirait-il de laisser tout ce que nous possédons, les personnes qui nous sont les plus chères, pour les recevoir du Seigneur dans le cadre de nouvelles relations, transformées par sa grâce ?

En fait, ce qui nous prive de la vie éternelle ce ne sont pas tant nos biens que les relations que nous entretenons à leur égard. Trop souvent, nous croyons qu’ils sont le fruit de notre seul mérite et que nous avons des droits sur eux alors qu’ils sont d’abord et avant tout un don de Dieu.

Entrer dans un tel détachement « à cause de Jésus et de l’évangile » ne pourra être perçu que comme une provocation par un monde trop lié à lui-même, trop replié sur lui-même. Sa réaction ? La persécution qui pour Jésus n’est pas de l’ordre de la possibilité mais bien de la réalité. La persécution nous permettra de vérifier notre fidélité dans notre marche à la suite du Christ. Dans ce contexte, elle ne se présentera pas comme un obstacle mais comme le lieu où nous pourrons éprouver de façon anticipée la puissance transformante de la Résurrection qui nous donne part à la vie même de Dieu.

Suivre Jésus, provoque un renversement des valeurs qui conduit au détachement du monde et débouche sur des persécutions. Mais cela donne aussi d’entrer dès ici-bas dans le Royaume de Dieu dont on ne s’empare pas à la force du poignet. Les derniers mots de Jésus dans notre péricope le rappellent comme pour insister : « Beaucoup de premiers seront derniers et les derniers seront premiers ».

 Seigneur, ne permets pas que l’héritage que tu nous réserves nous échappe à cause d’un attachement désordonné aux biens de ce monde qui passe ou par la peur des épreuves destinées à purifier notre foi. Mais accorde-nous, tout au long de notre route ici-bas, de garder les yeux fixés sur toi qui est à l’origine et au terme de notre foi, afin de te saisir, toi l’objet de la promesse, comme nous avons nous-mêmes été saisi par toi (cf. Ph 3, 12-14).

Abbé Philippe Link -- Merci!

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Bonne réflexion et union de prière: j'en ai besoin et vous aussi. 

Je crois en Dieu:

Père, Fils et Saint-Esprit...

À la gloire de notre Dieu

 

Nous te louons, Dieu notre Père,

pour la manifestation de ta gloire

dans ta création et dans notre vie.

 

Nous nous réjouissons, Jésus Christ, Fils du Père,

pour l’œuvre de salut et de guérison

que tu accomplis en nous à chaque jour.

 

Nous reconnaissons, Esprit Saint,

ta puissance infinie d'amour et de consolation,

Toi qui agis en nous et nous dynamise.

 

Puisse notre langage humain te plaire toujours,

Dieu trois fois Saint,

autant dans nos moments de recherche et de silence

que dans nos manifestations de grande communion.

 

Qu'il nous soit donné de te louer

et de célébrer ta gloire chaque jour

en étant accueillants et disponibles.

 

Que l'expression de ton amour infini et déjà partagé

grandisse en nous jusque dans la plénitude éternelle,

là où tout se dépasse et s'accomplit.

 

Que ce même amour se reflète dans notre vie

avec une intensité qui dérange,

et réveille la foi endormie

de ceux et celles qui nous entourent.

 

Que notre foi s'incarne toujours plus dans notre vie

à travers les événements qui nous arrivent.

Que notre espérance qui nous fait tendre

vers un bonheur infini et indescriptible, se développe.

Que notre amour, qui anticipe la communion parfaite,

éclaire la nuit de ceux et celles qui ont perdu le goût de vivre.

 

Et que, par notre témoignage,

d'autres hommes et d'autres femmes se lèvent

pour travailler à la construction de ton Royaume

avec Marie, notre Mère et en communion avec l'Église.

Alléluia! Amen.

Je crois en Dieu,

Père Fils et Saint-Esprit..

 Jean-Yves Fortin, diacre – Diocèse de Sainte-Anne (Québec)

Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 26 mai 2024

« Va, vends ce que tu as. Puis viens, suis-moi » / (464,809)

Bonjour!

Lundi 27 mai 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 


ÉVANGILE

« Va, vends ce que tu as. Puis viens, suis-moi » (Mc 10, 17-27)

Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
Alléluia. (cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus se mettait en route
quand un homme accourut
et, tombant à ses genoux, lui demanda :
« Bon Maître, que dois-je faire
pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
    Jésus lui dit :
« Pourquoi dire que je suis bon ?
Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
    Tu connais les commandements :
Ne commets pas de meurtre,
ne commets pas d’adultère,
ne commets pas de vol,
ne porte pas de faux témoignage,
ne fais de tort à personne,
honore ton père et ta mère. 
»
    L’homme répondit :
« Maître, tout cela, je l’ai observé
depuis ma jeunesse. »
    Jésus posa son regard sur lui,
et il l’aima.
Il lui dit :
« Une seule chose te manque :
va, vends ce que tu as
et donne-le aux pauvres ;
alors tu auras un trésor au ciel.
Puis viens, suis-moi. »
    Mais lui, à ces mots, devint sombre
et s’en alla tout triste,
car il avait de grands biens.

    Alors Jésus regarda autour de lui
et dit à ses disciples :
« Comme il sera difficile
à ceux qui possèdent des richesses
d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
    Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles.
Jésus reprenant la parole leur dit :
« Mes enfants, comme il est difficile
d’entrer dans le royaume de Dieu !
    Il est plus facile à un chameau
de passer par le trou d’une aiguille
qu’à un riche
d’entrer dans le royaume de Dieu. »
    De plus en plus déconcertés,
les disciples se demandaient entre eux :
« Mais alors, qui peut être sauvé ? »
    Jésus les regarde et dit :
« Pour les hommes, c’est impossible,
mais pas pour Dieu ;
car tout est possible à Dieu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus est en marche, il faut courir pour le rattraper. Le jeune homme s’avance et se prosterne, en signe d’adoration. Il sait que Jésus détient la réponse aux questions qu’il porte. L’éducation de cet homme a été irréprochable, il a reçu la connaissance de la Loi de Dieu et la volonté de s’y conformer. En tous points, sa vie est irréprochable. A force d’application, il s’est construit et il sait qu’il peut se présenter sans honte devant Dieu.

Mais une chose lui manque. Il ne sait pas la nommer précisément, mais il a compris qu’il n’est pas encore entré dans la vraie vie : « que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ». La logique de son cœur apparaît dans la question : il veut recevoir la vie en héritage. Mais le Royaume n’est pas un bien, il est un don. Il ne s’acquiert pas, il se reçoit. La vie de sainteté n’est pas uniquement la soumission à une liste de prescriptions, l’essentiel est ailleurs. Nous avons encore en mémoire la fin de l’évangile de saint Jean : « Pierre, m’aimes-tu ? » demande Jésus. A son disciple qui croyait braver la mort par ses seules forces et qui a fait la cruelle expérience de ses limites, Jésus n’a demandé que l’amour.

De même, Jésus est touché par la générosité de ce cœur qui s’ouvre à lui et qui a investi, en vain malheureusement, toute son énergie pour plaire à Dieu. « Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer ». Le Seigneur, comme il l’a fait avec saint Pierre, invite son disciple à une relation personnelle, il lui ouvre les chemins de l’amour.

« Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ». Il nous faut lire cette demande jusqu’au bout. Jésus ne donne pas un précepte supplémentaire, il ne demande pas au jeune homme de vendre tous ses biens : ce serait un acte complètement vain. Jésus lui explique comment avoir un trésor dans le ciel. Car là est l’impasse dans laquelle se trouve le jeune homme : son trésor est sur la terre, dans ses biens matériels. Il doit entrer dans une dimension nouvelle. En eux-mêmes, les biens matériels ne sont pas un obstacle au Royaume. Ils le deviennent quand ils donnent l’illusion d’une plénitude. Pour recevoir la vie éternelle, il faut être en manque et attendre de Dieu seul qu’il nous comble.

« Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens ». Le jeune homme n’a pas pu renoncer. Il n’a pas su s’ouvrir à Dieu ; le voici seul avec lui-même, « tout triste ». Il nous est facile de reconnaître l’état de notre propre cœur quand nous ne renonçons pas à nos sécurités, quand nous n’avons pas l’audace de l’abandon à Dieu. Mais ceci n’est pas le dernier mot de l’histoire ! Nous le savons bien, au sortir du temps pascal ! « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu ». Cette tristesse, le Seigneur va la prendre sur lui à Gethsémani. La Loi sécurisante que nous désirons pour régir notre vie, le Seigneur va la graver dans nos cœurs. L’Esprit est notre Loi. Il est la Loi nouvelle qui a fait s’ouvrir les portes verrouillées du cénacle. Dieu nous ouvre aux dimensions de son amour pour nous.

Je veux te suivre Seigneur, débarrasse-moi de toutes mes richesses. Je veux vivre avec l’audace de ceux qui ne comptent que sur toi, donne-moi la force de ton Esprit. Je veux recevoir en partage la vie éternelle, garde-moi toujours en manque des richesses de la terre pour que je prenne soin de mon trésor dans le ciel.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves