lundi 30 septembre 2024

« Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem » / (481,821)

 Bonjour!

Mardi 1er octobre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem » (Lc 9, 51-56)

Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mc 10, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Comme s’accomplissait le temps
où il allait être enlevé au ciel,
Jésus, le visage déterminé,
prit la route de Jérusalem.
    Il envoya, en avant de lui, des messagers ;
ceux-ci se mirent en route
et entrèrent dans un village de Samaritains
pour préparer sa venue.
    Mais on refusa de le recevoir,
parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
    Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent :
« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions
qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
    Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.
    Puis ils partirent pour un autre village.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

«Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem»

Rev. D. Félix LÓPEZ SHM(Alcalá de Henares, Espagne)

Aujourd'hui, l’Evangile nous offre deux points principaux pour faire une réflexion personnelle. En premier lieu, il nous dit « lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem » (Lc 9,51). Le verbe utilisé par saint Luc signifie "compléter", "accomplir" ; Jésus porte à la plénitude le temps prévu par le Père pour compléter sa mission salvifique par la crucifixion, mort et résurrection. Ensuite Il va être glorifié, "porté au ciel". Devant cette perspective, Jésus Christ « prit la résolution de se rendre à Jérusalem », c’est à dire la ferme résolution d’aimer le Père en faisant sa volonté rédemptrice. Jésus meurt sur la croix en disant : «Tout est accompli » (Jn 19,30). Le Seigneur a vécu pour accomplir la volonté du Père, et Il maintient cette attitude de fidélité jusqu’à la mort.

C’est ainsi que nous devons vivre nous aussi même si nous éprouvons pendant le chemin vers Dieu l’opposition ou le refus, le mépris ou la marginalité d’être fidèles au Seigneur. Le Pape François dit : « Le véritable progrès de la vie spirituelle ne consiste pas à multiplier les extases mais à être capables de persévérer dans le temps difficile : marche, marche, marche ; si tu es fatigué arrête un peu et ensuite recommence à marcher, avec persévérance ».

En deuxième lieu, face au rejet des samaritains, Jacques et Jean veulent faire descendre du feu du ciel (cf. Lc 9,54). Le seigneur leur fait une réprimande à cause de leur zèle indiscret. Nous devons nous rappeler de la patience que Dieu a avec nous, et être patients avec nos frères pendant leur chemin vers Dieu, même s’ils ne répondent pas tout de suite à sa grâce. Dieu veut que les hommes soient sauvés et il a livré son Fils unique sur la croix pour tous. Dieu épuise toutes les possibilités de se rapprocher de chaque homme, et attend avec une patience divine le moment où chaque cœur s’ouvre à sa Miséricorde.

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « A notre époque, l’Epouse du Christ préfère utiliser la médecine de la miséricorde et ne pas prendre les armes de la sévérité » (Saint Jean XXIII)

  • « Comme je souhaite que les années à venir soient imprégnées de miséricorde pour pouvoir aller à la rencontre de chaque personne portant la bonté et la tendresse de Dieu ! » (François)

  • « […] Toute l’Eglise est apostolique en tant qu’elle est "envoyée" dans le monde entier ; tous les membres de l’Eglise, toutefois de différentes manières, ont part à cet envoi […] » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 863)


Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 29 septembre 2024

« Le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand » / (481,786)

 Bonjour!

Lundi 30 septembre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand » (Lc 9, 46-50)

Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mc 10, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    une discussion survint entre les disciples
pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.
    Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur,
prit un enfant, le plaça à côté de lui
    et leur dit :
« Celui qui accueille en mon nom cet enfant,
il m’accueille, moi.
Et celui qui m’accueille
accueille celui qui m’a envoyé.
En effet, le plus petit d’entre vous tous,
c’est celui-là qui est grand. »

    Jean, l’un des Douze, dit à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser des démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il ne marche pas à ta suite avec nous. »
    Jésus lui répondit :
« Ne l’en empêchez pas :
qui n’est pas contre vous est pour vous. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...


Frère François-Dominique Charles

Frère François-Dominique Charles

Couvent Sainte-Marie-du-Chêne à Nancy

La bonne sagesse


« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Si cette sagesse divine pouvait devenir notre sagesse humaine, le monde serait bien différent ! Dans nos lieux de travail, nos familles, nos communautés, la jalousie a des effets destructeurs. Elle est source de conflits et de divisions profondes et durables. Faut-il alors nous étonner que la violence puisse se déchaîner en tant de lieux de la terre ?

L’autre sagesse rend féconde l’œuvre des artisans de paix. En elle, réside le secret de la fécondité de la vie donnée de Jésus. Il a semé la paix dans notre monde de violence et de mort en prenant la dernière place. Le grain de blé tombé en terre porte beaucoup de fruits. Nombreux sont ceux qui rêvent de devenir grands, puissants, d’être des chefs ! Chacun cherche plus ou moins clairement, comme les disciples au temps de Jésus, à occuper les premières places !

Le monde a plus besoin d’artisans de paix, de petits, de serviteurs, que de chefs. Dieu aime et choisit les humbles et les petits. Marie chante le Seigneur qui renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles ! La sagesse de Jésus est divine : elle conduit le Puissant à devenir Serviteur. Thérèse de l’Enfant Jésus l’avait compris en parlant de « la petite voie ». Seul l’Esprit Saint peut nous faire entrer dans cette sagesse divine et nous transformer en artisans de paix. Renonçant à être le premier, nous prendrons alors la place du serviteur. N’est-ce pas la logique même de l’amour ?   

Bonne journée!
Jean-Yves      

                             

samedi 28 septembre 2024

« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la » / (481,722)

 Bonjour!

Dimanche 29 septembre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce dimanche...


ÉVANGILE

« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la » (Mc 9, 38-43.45.47-48)

Alléluia. Alléluia.
Ta parole, Seigneur, est vérité ;
dans cette vérité, sanctifie-nous.
Alléluia. (cf. Jn 17, 17ba)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jean, l’un des Douze, disait à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser les démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
    Jésus répondit :
« Ne l’en empêchez pas,
car celui qui fait un miracle en mon nom
ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
    celui qui n’est pas contre nous
est pour nous.
    Et celui qui vous donnera un verre d’eau
au nom de votre appartenance au Christ,
amen, je vous le dis,
il ne restera pas sans récompense.

    Celui qui est un scandale, une occasion de chute,
pour un seul de ces petits qui croient en moi,
mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou
une de ces meules que tournent les ânes,
et qu’on le jette à la mer.
    Et si ta main est pour toi une occasion de chute,
coupe-la.
Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains,
là où le feu ne s’éteint pas.
    Si ton pied est pour toi une occasion de chute,
coupe-le.
Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
    Si ton œil est pour toi une occasion de chute,
arrache-le.
Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
    là où le ver ne meurt pas
et où le feu ne s’éteint pas. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Immense liberté de Jésus

Dans cette période de recherche d'identité où chaque groupe se définit trop souvent par rapport à ce qui le sépare des autres, la parole de Dieu nous arrive aujourd'hui comme une bouffée d'air frais. « Il n'est pas des nôtres. » Qui d'entre nous peut se vanter de n'avoir jamais porté ce jugement ?


Les textes d'aujourd'hui nous présentent deux beaux cas d'intolérance. Josué, lui, était au service de Moïse depuis sa plus tendre enfance et quand Moïse s'était choisi un groupe de soixante-dix collaborateurs, deux d'entre eux, Eldad et Médad, avaient manqué à l'appel. Josué ne pouvait pas admettre que ces hommes choisis par Moïse mais qui n'avaient pas répondu à sa convocation puissent agir eux aussi sous l'impulsion de l'Esprit. Et Moïse au contraire s'était réjoui et avait reproché à Josué cette forme de jalousie. De la même manière, Jésus interdit aux Douze cet esprit d'exclusion. Quand Jean lui dit : « Nous avons vu quelqu'un qui chassait les démons en ton nom sans faire partie de notre groupe, nous avons cherché à l'en empêcher », Jésus intervient très fermement : « Ne l'empêchez pas...».


On a très certainement là une preuve de l'extraordinaire paix intérieure qui l’habite : il ne prétend pas tout maîtriser. Il constate le bien qui est fait et il admet que quelqu'un puisse faire un miracle en son nom, bien que n'appartenant pas au groupe qu'il a lui-même choisi. En quelque sorte, sa mission lui échappe, il la partage avec des gens qu'il ne connait même pas. Et il invite du coup ses disciples à ouvrir la porte : « Celui qui n'est pas contre nous est pour nous », manière de leur dire qu'il y a des gens qui sont des nôtres même s'ils ne sont pas sur nos listes! On a peut-être là une illustration d'une autre phrase de Jésus : « On reconnaît l'arbre à ses fruits. » Il y a de bons fruits à l'extérieur de la communauté ; c'est donc qu'il y a de bons arbres même à l'extérieur de la communauté. Jésus porte sur les hommes le regard de Dieu. Et Dieu voit large, très large.


Les exclusions, toutes les religions les connaissent ! Les ultra-orthodoxes Juifs veillent jalousement sur la bonne interprétation de la volonté de Dieu, rejetant tous ceux qui ne s'y conforment pas. En Inde, les castes ont la vie dure. Dans l'Islam, l'intolérance est portée à son comble par ses fanatiques. Dans le christianisme, nous avons eu les croisades, les guerres de religion, les bûchers cathares et ceux de l'inquisition. Jean-Paul II a demandé pardon pour tant de crimes et d'intolérance dans l'histoire de l'Eglise.
La Tentation existe, encore et toujours, dans notre église de se rendre propriétaire, sinon de la parole de Dieu, du moins de son interprétation, de se proclamer seul dépositaire de la Vérité. La Vérité, c'est Jésus lui-même. Personne ne peut se rendre propriétaire de Jésus.


Je pense souvent à cette parole de Pierre Claverie, évêque d'Oran, assassiné : « L’autre a en lui une vérité qui me manque. »
Je ne peux pas aujourd'hui me reconnaître chrétien catholique, si je n'accueille pas toute la vérité qu'il y a chez nos frères protestants et orthodoxes. Je ne peux pas me reconnaître chrétien si je n'accueille pas mes frères juifs comme mes frères ainés. Et nos frères de l'Islam, n'ont-ils rien à nous dire ! Mais alors, si notre foi chrétienne n'est pas nécessaire pour mener une vie joyeuse, sensée et généreuse, si la foi chrétienne n'est pas un chemin obligé pour être engendré à la vie de Dieu et avoir accès à son Royaume, à quoi sert-il encore d'annoncer l'évangile ?


Et pourquoi faudrait-il l'annoncer ! Par amour. C’est l'amour de l'autre, en effet, qui nous presse d'annoncer l'Evangile. Elle offre à l'autre, par amour, ce que l'on a de plus précieux que l'on puisse lui offrir : gouter au bonheur, à la joie de se savoir aimé ainsi, comme fils et fille de Dieu, promis à une vie qui ne finira pas. « En Christ, dit Paul, vous êtes une créature nouvelle »


Demandons au Seigneur de ranimer en nous l'Esprit, de nous donner l'humilité de Moïse « l'homme le plus humble de la terre » et de Jésus, le Fils « doux et humble de cœur. »

Louis DURET_MERCI

Prêtre du Diocèse de Chambéry

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Bon dimanche!

Jean-Yves 

«Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes » 9481,687)

Bonjour!

Samedi 28 septembre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

 (Lc 9,43b-45): Tandis que chacun était dans l'admiration de tout ce que faisait Jésus, il dit à ses disciples: «Pour vous, écoutez bien ceci: Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes». Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole; elle était voilée pour eux, afin qu'ils n'en eussent pas le sens; et ils craignaient de l'interroger à ce sujet.

Commentaire: Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Le Fils de l'homme doit être livré


 entre les mains des hommes»


Aujourd'hui, après plus de deux mille ans, l'annonce de la passion de Jésus continue de nous provoquer. Que l'Auteur de la Vie annonce qu'Il sera livré entre les mains de ceux-là même pour qui Il est venu tout donner, voilà qui est clairement provocateur. L'on pourrait dire: ce n'était pas nécessaire, c'était exagéré. Nous négligeons toujours le poids qui accable le cœur du Christ, notre péché, le plus radical des maux, la cause et l'effet de ce que nous nous mettons à la place de Dieu. 

Plus encore, de ce que nous ne nous laissons pas aimer par Dieu et nous efforçons de demeurer dans nos courtes vues et l'immédiateté de notre présent. Il nous est aussi nécessaire de nous reconnaître pécheurs que d'admettre que Dieu nous aime dans son Fils Jésus-Christ. En fin de compte, nous sommes comme les disciples, qui «ne comprenaient pas cette parole; elle était voilée pour eux, afin qu'ils n'en eussent pas le sens; et ils craignaient de l'interroger à ce sujet» (Lc 9,45).

Disons-le avec une image: au Ciel, nous pourrons trouver tous les vices et tous les péchés sauf l'orgueil, car l'orgueilleux ne reconnaît jamais ses fautes et ne se laisse pas pardonner par un Dieu qui aime au point de mourir pour nous. Dans l'enfer, nous pourrons trouver toutes les vertus, moins l'humilité, car la personne humble se connaît vraiment et sait très bien que, sans la grâce de Dieu, elle ne peut pas ne pas L'offenser, ni correspondre à sa Bonté.

L'une des clés de la sagesse chrétienne est de reconnaître la grandeur et l'immensité de l'Amour de Dieu, tout en admettant notre petitesse et la vilénie de notre péché. Que nous sommes lents à comprendre! Le jour où nous découvrirons que l'Amour de Dieu nous était si proche, nous dirons comme saint Augustin, avec des larmes d’Amour: «Je t'ai aimé bien tard, mon Dieu!». Ce jour pourrait être aujourd'hui. Ce jour peut être aujourd'hui. Pourquoi pas?

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Ne craignez pas. Cette Croix a été mortelle non pour moi mais pour la mort. Ces clous ne me pénètrent pas de douleur, mais d'un Amour encore plus profond envers vous » (Saint Pierre Chrysologue)

  • « Sa fidélité tient non seulement au fait qu’Il agit comme "Dieu envers les hommes", mais aussi comme "l’homme face à Dieu", donnant ainsi irrévocablement naissance à l’Alliance éternelle » (Benoît XVI)

  • « Dès le début de sa vie publique, à son baptême, Jésus est le" Serviteur ", entièrement consacré à l’œuvre rédemptrice qui s’accomplira par le "baptême" de sa passion » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 565)



Bonne journée!
Jean-Yves 

jeudi 26 septembre 2024

« Tu es le Christ, le Messie de Dieu. – Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup » / Prière du Pape: Journée mondiale des migrants. / Fête de saint Vincent-de-Paul... / (481,595)

Bonjour!

Vendredi 27 septembre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 



ÉVANGILE

« Tu es le Christ, le Messie de Dieu. – Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup » (Lc 9, 18-22)

Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mc 10, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart.
Comme ses disciples étaient là,
il les interrogea :
« Au dire des foules, qui suis-je ? »
    Ils répondirent :
« Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ;
et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
    Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Pierre prit la parole et dit :
« Le Christ, le Messie de Dieu. »
    Mais Jésus, avec autorité,
leur défendit vivement de le dire à personne,
    et déclara :
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué,
et que, le troisième jour, il ressuscite. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus vient de multiplier les pains ; l’enthousiasme de la foule est à son comble. Le Seigneur, lui, se retire dans la solitude pour prier ; c’est-à-dire pour rencontrer plus intimement son Père, l’adorer, lui rendre grâce et écouter ses volontés. C’est là dans cette humble prière, que Jésus est pleinement Fils. Il est parfaitement conscient – y compris dans sa conscience humaine – de son identité et de sa mission : révéler le visage de ce Père qu’il aime et devant lequel il veut s’effacer. C’est pourquoi il fuit la liesse de ces hommes et de ces femmes qui ne parviennent pas à s’élever du signe à la réalité, du pain donné à la paternité qui s’y manifeste.

« Pour la foule qui suis-je ? » Les apôtres énumèrent les mêmes propositions que celles qui furent rapportées à Hérode. Certes les foules ont bien pressenti que ce Rabbi hors du commun venait de Dieu ; mais elles reconnaissent tout au plus en lui le prophète de la fin des temps, celui qui devait préparer la venue du Messie. Il leur a manqué, pour découvrir l’identité de Jésus, l’intimité d’une relation personnelle, qui aurait grandi dans la durée.

Aussi Jésus est-il en droit d’attendre de ses proches une autre réponse : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui avez parcouru les routes de Judée et de Galilée à ma suite, à qui j’ai réservé mes enseignements les plus profonds, vous à qui j’ai donné ma confiance, mon amitié, pour vous qui suis-je ? »

Pierre n’est pas un intellectuel ; il se nourrit davantage des yeux que des discours. Aussi a-t-il observé plus que les autres, avec le regard pénétrant de l’amour, celui qui a pris progressivement toute la place dans son cœur et avec lequel il se sent mystérieusement uni pour le temps et l’éternité. Non son Maître n’est pas un Rabbi comme les autres. Il n’est pas qu’un juif pieux investi de la grâce divine ; il est bien plus qu’un homme remplit de Dieu ; en lui Dieu c’est fait proche de l’homme ; bien plus : en lui Dieu semble avoir pris forme humaine pour nous dire son amour. Mais comment un pêcheur des bords du lac de Galilée, ignorant les Écritures, pourrait-il exprimer un tel mystère ? D’autant plus que son pressentiment semble plutôt hérétique au regard du catéchisme juif qu’il a appris à la synagogue.

S’enhardissant pourtant devant le regard insistant de Jésus, Pierre se lance : « Tu es “l’Oint de Dieu” ; celui qui vient de la part du Très-Haut et que Lui seul pourrait définir. Je ne saisis sans doute pas très bien la portée de ce que je dis, mais je peux seulement affirmer, avec l’intuition sûre de l’amour, que sur toi repose en plénitude l’Esprit de sainteté (Is 61, 1). Tu es bien plus qu’un précurseur annonçant celui qui doit venir, ou qu’un prophète lui préparant la route. Le Messie c’est toi : tu es celui qui instaure le Royaume en réconciliant les hommes avec Dieu ».

La mise en garde de Jésus, défendant à ses disciples de révéler cette identité avant l’Heure, résonne comme une confirmation de la confession de foi de Pierre. Et pourtant paradoxalement, Notre-Seigneur poursuit en révélant pour la première fois sa fin tragique. Ce n’est en effet qu’au matin de Pâques qu’éclatera au grand jour la gloire du Fils de l’homme ; avant cela, « il faut » d’abord « qu’il souffre beaucoup, qu’il soit rejeté et qu’il soit tué ». On imagine sans peine la perplexité de Pierre, qui à nouveau perd ses repères au moment même où il croyait commencer à comprendre…

« Le disciple n’est pas plus grand que le Maître » : un jour nous serons invités nous aussi à marcher à la suite du Christ sans plus rien comprendre, et à nous engager sur le chemin paradoxal de la Croix. Pour pouvoir demeurer fidèle à l’heure de l’épreuve, il faut nous hâter d’entrer dès à présent dans son intimité, comme lui-même demeure dans celle de son Père.

C’est au cœur de nos vies quotidiennes que le Bien-Aimé nous pose à nous aussi cette question dont dépend notre salut : « Et toi, qui dis-tu que je suis ? Pour toi, qui suis-je ? » Saurons-nous voir dans le « Fils de l’homme » que le monde rejette, le « Messie de Dieu » qui nous ouvre les cieux ?

L'Abbé Philippe Link - Merci!

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  Prière

Prière pour la 110ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié 

(Pape François) 

Dieu, Père tout-puissant
nous sommes ton Église pèlerine
en chemin vers le Royaume des Cieux.
Nous habitons chacun dans nos pays
mais comme si nous étions des étrangers.
Toute terre étrangère est notre patrie,
mais toute patrie est pour nous une terre étrangère.
Nous vivons sur la terre,
mais nous sommes citoyens du ciel.
Ne nous laisse pas devenir les propriétaires
de cette partie du monde
que tu nous as donnée comme demeure temporaire.
Aide-nous à ne jamais cesser de marcher,
avec nos frères et sœurs migrants
vers la demeure éternelle que tu nous as préparée.
Ouvre nos yeux et nos cœurs
pour que chaque rencontre avec ceux qui sont dans le besoin
devienne une rencontre avec Jésus, ton Fils et notre Seigneur.
Amen.
 
 
Pape François

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Fête de Saint-Vincent-de-Paul

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mercredi 25 septembre 2024

« Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » / (481,525)

Bonjour!

Jeudi 26 septembre 2024 

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » (Lc 9, 7-9)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.
Personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Hérode, qui était au pouvoir en Galilée,
entendit parler de tout ce qui se passait
et il ne savait que penser.
En effet, certains disaient que Jean le Baptiste
était ressuscité d’entre les morts.
    D’autres disaient :
« C’est le prophète Élie qui est apparu. »
D’autres encore :
« C’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. »
    Quant à Hérode, il disait :
« Jean, je l’ai fait décapiter.
Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? »
Et il cherchait à le voir.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Le Roi Hérode, se situe culturellement parmi les « hellénistes éclairés » de l’époque : son appartenance à la communauté juive est pur opportunisme. Pour maintenir sa position au sein de l’empire romain, il a tout intérêt à ce qu’il n’y ait pas trop de vagues dans la région de Galilée qu’il est supposé gouverner. Or ce Jésus qui fait courir les foules pourrait bien attirer l’attention de l’occupant et lui causer des ennuis. Aussi envoie-il les gens de sa cour aux informations. Le résultat de l’enquête ne fait qu’augmenter la perplexité du Tétrarque, car le bruit court qu’il pourrait bien s’agir du prophète des derniers temps, sur qui repose l’Esprit d’Elie et du Baptiste.

Ce ne sont pas cette interprétation qui trouble Hérode : trop influencé par la philosophie grecque pour croire en la résurrection, il a tôt fait d’éliminer les explications qu’on lui rapporte : « Jean, je l’ai fait décapiter » ; Elie est mort depuis longtemps, et pas de danger que les anciens prophètes surgissent de leur tombe. « Mais alors, qui est cet homme dont j’entends tellement parler ? »

Cette question tracasse à ce point notre Roitelet, qu’il « cherche à voir » lui-même ce Jésus, afin de se faire une opinion sur son identité. Il veut découvrir « ce qu’est » ce Jésus dont tout le monde parle ; mais il ne cherche pas à découvrir « qui » il est, quel est le mystère de sa Personne. Car pour cela il lui faudrait entrer en relation personnelle avec lui, courir le risque de croiser son regard, de le laisser entrer dans son intimité. Or Hérode a peur de s’exposer à une telle rencontre, dont il pressent qu’elle viendrait bouleverser sa vie.

Et moi ? Est-ce que j’ose me tenir dans le rayonnement du regard et de la parole de Jésus ? Est-ce que je désire une rencontre personnelle avec lui ? Est-ce que j’ose lui parler, ou bien est-ce que je me contente de parler de lui.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

mardi 24 septembre 2024

« Il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades » / (481,470)

 Bonjour!

Mercredi 25 septembre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades » (Lc 9, 1-6)

Alléluia. Alléluia.
Le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.
Alléluia. (Mc 1, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus rassembla les Douze ;
il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons,
et de même pour faire des guérisons ;
    il les envoya proclamer le règne de Dieu
et guérir les malades.
    Il leur dit :
« Ne prenez rien pour la route,
ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ;
n’ayez pas chacun une tunique de rechange.
    Quand vous serez reçus dans une maison,
restez-y ; c’est de là que vous repartirez.
    Et si les gens ne vous accueillent pas,
sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds :
ce sera un témoignage contre eux. »
    Ils partirent
et ils allaient de village en village,
annonçant la Bonne Nouvelle
et faisant partout des guérisons.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

L’influence de l’esprit du monde oriente notre lecture de l’évangile et le fait souvent percevoir comme une liste d’interdictions pesantes et dépassées. Le passage de ce jour est propre à nous faire changer d’avis. Il contient en effet une longue liste d’interdits : « ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange ». En résumé : « n’emportez rien ».

 Pourtant, il s’agit du récit d’un don de Dieu, un don extraordinaire que fait le Seigneur Jésus : il « convoqua », il « donna », il « les envoya proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons ». Aussi la liste qui a d’abord retenu notre attention n’est-elle pas une succession d’interdits, mais une série de recommandations pour que les apôtres restent dans un état de pauvreté et de dépendance qui les garde disponibles pour leur mission. Ce sont les conditions du bonheur en quelque sorte ; les rives du fleuve.

En outre, gardons l’importance donnée par le Seigneur à l’hospitalité. Chaque famille ne peut l’exercer de la même manière, il convient à chacun de déterminer justement les temps et les modes de l’accueil ; mais le cœur de chaque famille doit rester grand ouvert. Cet évangile nous montre comment l’hospitalité est une expérience pleinement spirituelle, humaine et culturelle, contribuant grandement à l’avènement du Royaume. Elle est un des aspects fondamentaux de la charité fraternelle.

Seigneur, donne-nous d’être attentifs à honorer les hôtes que tu places sur notre chemin : ceux à qui offrir un moment de convivialité, l’échange de quelques mots, un repas partagé. Donne-nous d’accueillir humblement et sincèrement ces frères, sans nous interroger indûment sur l’avenir, sans nous protéger abusivement dans nos rapports fraternels. Qu’en toute chose nous restions sûrs de ta présence à nos côtés, disponibles à te servir et à annoncer par notre vie la Bonne Nouvelle que tu portes aux hommes.

Abbé Philippe Link - Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 


lundi 23 septembre 2024

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique » / (481,420)

 Bonjour!

Mardi 24 septembre 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour...


ÉVANGILE

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique » (Lc 8, 19-21)

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent !
Alléluia. (Lc 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    la mère et les frères de Jésus vinrent le trouver,
mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu’à lui
à cause de la foule.
    On le lui fit savoir :
« Ta mère et tes frères sont là dehors,
qui veulent te voir. »
    Il leur répondit :
« Ma mère et mes frères
sont ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la mettent en pratique. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

« Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique ».

Qui mieux que Marie a écouté la Parole de Dieu et l’a mise en pratique, elle qui l’a accueillie par la foi dans son cœur avant de la concevoir dans son sein par l’action de l’Esprit Saint ?

N’ayons pas peur de regarder Marie ! Certes, le Christ demeure premier, mais ne craignons pas de tourner notre regard vers Notre Dame et de lui faire de la place dans notre cheminement. Toute vie chrétienne est invitée à se placer sous sa maternelle protection. N’est-elle pas en effet le canal que Dieu a pris pour s’incarner parmi nous, et la trajectoire humaine la plus parfaite nous invitant à marcher sur ses traces ? Dieu a choisi Marie comme chemin pour venir à nous et Il l’a aussi disposée comme route à suivre.

Jésus lui-même nous dit : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique » (Lc 8, 21) ; « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère » (Mt 12, 50). Personne mieux que Marie ne peut nous aider à comprendre cela.

Comment est-elle devenue la Mère de Dieu ? Non pas tellement en mettant au monde son fils premier-né, virginalement, à Bethléem, mais en accueillant en elle, pleinement, au long des jours, la Parole de Dieu et en épousant parfaitement la volonté du Père, au jour le jour. Or, qu’est-ce que la Parole de Dieu sinon le Verbe lui-même ? Et qu’est-ce qu’épouser la volonté du Père sinon devenir comme une mère pour son fils ? Nous voyons combien, par là même, le mystère de la Maternité divine de Marie nous aide à comprendre cet appel qui nous est adressé à tous. Nous sommes, nous aussi, appelés à devenir, en vérité, “mère du Christ” en accueillant réellement en nous sa Parole de vie et en adhérant de tout notre être à la volonté du Père qui donne au monde son Fils. Nous pouvons alors vivre cette maternité spirituelle jusqu’à enfanter des membres au Corps du Christ, tout entier identifié à son Église. Ainsi donc, si Marie reste seule en ce mystère d’incarnation, elle est universelle en ce mystère de maternité. Quel stimulant spirituel pour nos vies !

Dieu n’a pas absolument besoin de nous dans son bonheur éternel… et heureusement… c’est une sécurité pour nous car si Dieu n’était pas dans le bonheur éternel de communication du Père et du Fils dans l’Esprit, Il ne serait pas Dieu, et nous ne serions pas créés. Mais en même temps Dieu a voulu avoir besoin de nous. En Lui, le mystère trinitaire est un mystère de comblement d’amour. Depuis l’Incarnation, Jésus associe tous les membres de l’Église dans son offrande au Père. Dieu a voulu avoir besoin de nous pour que, dans la venue du Fils dans le monde par Marie, il y ait un engendrement par d’autres fils formant le corps du Christ.  Et si nous ne répondons pas il y a en Dieu une attente, une recherche. 

L’Esprit Saint se rend fécond par notre réponse d’Amour en union avec Jésus, tête de l’Église. Si nous ne répondons pas, si nous ne nous laissons pas aimé et formé par l’Esprit Saint nous ne rendrons pas à Dieu cette fécondité qu’Il attend à partir de sa créature. Et Dieu nous donne Marie comme guide dans cette mission. Elle travaille à faciliter en nous l’œuvre de l’Esprit Saint. Nous avons trop tendance à la montrer inabordable, il faudrait plutôt la montrer imitable. Elle aime mieux l’imitation que l’admiration ! Sa vie est une prédication simple, éloquente, discrète, à la portée de tous. Nous voyons, à travers elle, une simple créature, comme nous, parvenir à la ressemblance divine. C’est par l’imitation de Marie que nous imiterons Jésus. C’est en marchant sur les traces de Marie que nous réaliserons la ressemblance au Christ.

Nous, fils de Marie, nous voulons être à ses côtés pour partager sa mission de mère qui est maintenant la nôtre : incarner Jésus dans l’humanité, faire naître et grandir la foi en l’Évangile. Comme nous le dit Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, « ce que la Sainte Vierge a de plus que nous, c’est qu’elle ne pouvait pas pécher, qu’elle était exempte de la tache originelle, mais d’autre part, elle a eu moins de chance que nous, puisqu’elle n’a pas eu de Sainte Vierge à aimer ! Et c’est une telle douceur de plus pour nous, et une telle douceur de moins pour elle !».

Marie, notre mère, toi qui es le chef d’œuvre d’amour de l’Esprit Saint, intercède pour nous pour que Dieu trouve en chacun de ces fils ce désir de fécondité à la vie divine.

L'abbé Philippe Link - Merci


Bonne journée!

Jean-Yves