mardi 2 février 2021

« Un prophète n’est méprisé que dans son pays » / (344,403)

 Bonjour!

Mercredi 3 février 2021

Clocher - Église de Saint-Jean-Port-Joli

avec son coq au sommet.

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Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Un prophète n’est méprisé que dans son pays » (Mc 6, 1-6)

Alléluia. Alléluia. Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ; moi, je les connais, et elles me suivent. Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,

Jésus se rendit dans son lieu d’origine,
et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat,
il se mit à enseigner dans la synagogue.
De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :
« D’où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait :
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays,
sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades
en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi.
Alors Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Jésus rentre chez lui à Nazareth, sans doute pour y retrouver les siens et prendre un peu de repos en famille. Mais une cruelle déception l’attend dans son village. Quel contraste avec les foules qui le suivaient, le pressant de toute part, sur le chemin conduisant à la maison de Jaïre ! Les nazaréens sont certes nombreux à venir écouter son enseignement dans la synagogue, mais leur cœur est fermé ; ils ne dépassent pas le stade d’un étonnement sceptique et critique, qui se transforme bientôt en hostilité et rejet. L’obstacle qui empêche les habitants de Nazareth de s’ouvrir au mystère du Royaume que Jésus rend présent au milieu d’eux, consiste paradoxalement dans le fait qu’ils le connaissent – ou du moins croient le connaître. 

A la foi de la femme hémorroïsse, qui « touche » Jésus et obtient la guérison, s’oppose une connaissance selon la chair, qui empêche d’accéder au mystère du Christ. En raison de leur attitude, les nazaréens deviendront paradoxalement dans l’évangile de Marc, le modèle des incroyants, de ceux qui « regardent et ne voient pas, entendent et ne comprennent pas » (Mc 4,12), et du fond de leur aveuglement, manifestent leur hostilité : « ils étaient profondément choqués à cause de lui ». Après avoir évoqué les païens qui reconnaissent la puissance de Dieu à l’œuvre en Jésus ; les chefs religieux, jaloux de son prestige, et cherchant à le faire mourir ; l’évangéliste introduit ici un troisième groupe de personnages : ceux qui se scandalisent et se détournent du Seigneur malgré sa « sagesse » et les « grands miracles s’accomplissant par ses mains ».

Scandale de hier, d’aujourd’hui et de toujours : comment la puissance de Dieu se manifesterait-elle dans le fils d’un humble charpentier ? Penser cela n’est-il pas déjà un blasphème, un outrage à la grandeur et la majesté divines ? Le scandale sera à son comble lorsque nous prétendrons que ce Dieu-fait-homme sauve le monde en mourant sur une croix.

On est en droit de se demander si une des raisons majeures de la défection de tant de nos contemporains, abandonnant la foi de leur enfance, n’est pas à chercher précisément dans ce scandale : qui peut croire à l’aube du troisième millénaire que Dieu puisse s’abaisser jusqu’à partager notre condition humaine, et pour une destinée aussi misérable ? Comment, à l’heure de la Raison triomphante, peut-on encore soutenir une telle représentation de Dieu, qui n’a traversé les siècles que grâce à l’emprise des clercs sur les foules ignorantes ? Pauvres chrétiens qui s’attachent à une telle chimère ! L’homme « émancipé » a délimité l’espace de liberté de Dieu, excluant a priori ce qui est incompatible avec sa dignité ; et peut-être aussi ce qui serait trop compromettant pour nous. Car si Dieu s’immisce dans notre histoire, comment échapper à la confrontation ?

La Révélation nous enseigne précisément que le vrai Dieu n’est pas un divin cosmique manipulable, ni l’esprit absolu qui prend conscience de lui-même dans la rationalité humaine (Hegel) ; mais un Dieu libre, qui a pris l’initiative déconcertante de venir jusqu’à nous pour nous offrir son amour. C’est ce « scandale » qui différencie le christianisme d’une idéologie. 

Inutile de nous mentir : nous pressentons bien que nous avons à nous situer face à ce Jésus de Nazareth, et que ce choix décide du sens de notre vie. « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël » (Lc 2, 34). Seul le « oui » de la foi libère l’action de l’Esprit Saint et permet à Dieu de réaliser le miracle de notre salut. Que le Seigneur ne soit pas pour nous cause de scandale, mais accueillons avec joie, émerveillement et reconnaissance celui qui vient de la part du Père pour nous donner part à sa vie divine.


Abbé Philippe Link - Merci!

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Intérieur de la basilique Notre-Dame de Québec

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«La prière est l'instrument nous ramenant, 

à travers notre condition humaine pécheresse, 

à la présence de Dieu qui guérit.»

(A. J. Ciorra)

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«Prier, c'est faire de la place en vous 

pour que Dieu puisse accomplir 

une oeuvre merveilleuse dans votre vie.»

(A. J. Ciorra)

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Bonne journée!

Jean-Yves

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