jeudi 6 février 2025

« Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » / (491,362)

 Bonjour!

Vendredi 7 février 2025

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » (Mc 6, 14-29)

Alléluia. Alléluia. Heureux ceux qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. Alléluia. (cf. Lc 8, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
comme le nom de Jésus devenait célèbre,
le roi Hérode en entendit parler.
On disait :
« C’est Jean, celui qui baptisait :
il est ressuscité d’entre les morts,
et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
Certains disaient :
« C’est le prophète Élie. »
D’autres disaient encore :
« C’est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait :
« Celui que j’ai fait décapiter, Jean,
le voilà ressuscité ! »
Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean
et de l’enchaîner dans la prison,
à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe,
que lui-même avait prise pour épouse.
En effet, Jean lui disait :
« Tu n’as pas le droit
de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean,
et elle cherchait à le faire mourir.
Mais elle n’y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean :
il savait que c’était un homme juste et saint,
et il le protégeait ;
quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ;
cependant il l’écoutait avec plaisir.
Or, une occasion favorable se présenta
quand, le jour de son anniversaire,
Hérode fit un dîner pour ses dignitaires,
pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée.
La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa.
Elle plut à Hérode et à ses convives.
Le roi dit à la jeune fille :
« Demande-moi ce que tu veux,
et je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment :
« Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai,
même si c’est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère :
« Qu’est-ce que je vais demander ? »
Hérodiade répondit :
« La tête de Jean, celui qui baptise. »
Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi,
et lui fit cette demande :
« Je veux que, tout de suite,
tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ;
mais à cause du serment et des convives,
il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde
avec l’ordre d’apporter la tête de Jean.
Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat,
la donna à la jeune fille,
et la jeune fille la donna à sa mère.

Ayant appris cela,
les disciples de Jean vinrent prendre son corps
et le déposèrent dans un tombeau.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...


Méditation

Frère Benoît Delhaye

Frère Benoît Delhaye

Couvent Saint-Pierre Martyr à Strasbourg

La spirale du mal


Hérodiade a quitté son mari pour en épouser un autre dans le but de devenir reine. Elle sait que son acte est contraire à la loi, et qu'elle serait lapidée si elle n'était pas la femme du roi. Elle n’ignore pas qu'elle a auprès du peuple une réputation lamentable.

Mais surtout, elle sait que sous son maquillage et sa belle robe du soir, se cache une femme cupide et arriviste. Or Jean Baptiste dévoile à tous et en pleine lumière cette part sordide de sa personnalité. Elle ne peut le supporter ! En faisant tuer Jean Baptiste, elle espère tuer du même coup cette femme honteuse et misérable qui habite en elle et dont Jean Baptiste lui renvoie la triste image.

L'histoire d'Hérodiade nous montre comment le mal que l'on porte en nous peut nous conduire à commettre un mal plus grand. Combien d'actes violents trahissent en fait la haine que se vouent à eux-mêmes ceux qui les commettent ? Combien de paroles blessantes s'enracinent dans le malaise intérieur et le sentiment de culpabilité qu'éprouvent ceux qui les prononcent ?

Après la mort de Jean Baptiste, le Christ vient nous offrir une alternative à cette violence : l'amour de Dieu. Cet amour de celui qui connaît nos zones de lumière et nos zones d'ombre. Nous connaissant parfaitement, il nous aime parfaitement. Il nous pardonne et nous permet de vivre réconciliés avec lui et avec nous-mêmes. Seule la paix que procure le pardon de Dieu peut enrayer le cercle vicieux du mal. 


Autre commentaire: Abbé Ferran BLASI i Birbe (Barcelona, Espagne)

«Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler»

Aujourd'hui, dans ce passage de Marc, on nous parle de la notoriété de Jésus —connu pour ses miracles et ses enseignements—. Sa notoriété était telle que pour certains c'était le parent et précurseur de Jésus, Jean le Baptiste, ressuscité d'entre les morts. Ainsi voulait l'imaginer Hérode qui l'avait fait décapiter. Mais ce Jésus était beaucoup plus que les autres hommes de Dieu, plus que Jean le Baptiste, plus que tous les prophètes qui avaient parlé au nom du Très Haut: en effet, Lui, c'était le Fils de Dieu fait Homme, Dieu parfait et Homme parfait. Ce Jésus —présent parmi nous—, peut, en tant qu'Homme, nous comprendre, et peut, en tant que Dieu, nous donner tout ce dont nous avons besoin.

Jean, son précurseur, qui avait été envoyé par Dieu avant Jésus, le précède également par son martyre dans sa passion et sa mort. C'était aussi une mort injustement infligée à un saint homme, par le tétrarque Hérode, probablement à contre cœur, car celui-ci l'appréciait et l'écoutait avec respect. Enfin, Jean était clair et ferme avec le roi quand il lui reprochait sa conduite, qui méritait d'être censurée, puisqu'il n'avait pas le droit de prendre Hérodias, la femme de son frère, comme épouse.

Hérode avait accédé à la demande que la fille d'Hérodias, instiguée par cette dernière, lui avait faite, quand au cours d'un banquet —après la danse qui avait plu au roi— devant ses convives le roi jura de lui donner ce qu'elle demanderait. «Qu'est-ce que je vais demander?» Demande-t-elle à sa mère, qui lui répond: «La tête de Jean le Baptiste» (Mc 6,24). Ainsi donc le roitelet ordonna l'exécution de Jean Baptiste. C'était un serment qu'il n'était pas obligé de tenir puisqu'il était mauvais car il allait contre la justice et contre sa conscience.

Une fois de plus, l'expérience nous démontre qu'une vertu va toujours avec les autres et qu'elles grandissent toutes organiquement comme les doigts de la main. Ainsi de même quand on tombe dans un vice, les autres arrivent derrière en procession.

Pensées pour l'évangile d'aujourd'hui

  • « Saint Jean est mort pour le Christ, celui qui est la Vérité. Justement, par l’amour à la vérité, il ne réduit pas son engagement et il n’a pas peur de diriger de fortes paroles à ceux qui avaient perdu le chemin de Dieu » (Saint Bède le Vénérable)

  • «Jean n’a pas peur des jugements humains, des poursuites, des calomnies ni de la mort, car il a une bonne conscience de sa mission. La vie du Baptiste est résumée dans le besoin d’obéir à Dieu avant qu’aux hommes » (Benoît XVI)

  • «A la suite des prophètes et de Jean-Baptiste, Jésus a annoncé dans sa prédication le Jugement du dernier Jour. Alors seront mis en lumière la conduite de chacun et le secret des cœurs. Alors sera condamnée l’incrédulité coupable qui a tenu pour rien la grâce offerte par Dieu » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, nº 678

  
Bonne journée!
Jean-Yves                                   

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