samedi 8 février 2025

« Laissant tout, ils le suivirent » / (491,475)

Bonjour!

Dimanche  le 9 février 2025

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 




ÉVANGILE

« Laissant tout, ils le suivirent » (Lc 5, 1-11)

Alléluia. Alléluia.
« Venez à ma suite, dit le Seigneur,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Alléluia. (Mt 4, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là,
    la foule se pressait autour de Jésus
pour écouter la parole de Dieu,
tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
    Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ;
les pêcheurs en étaient descendus
et lavaient leurs filets.
    Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon,
et lui demanda de s’écarter un peu du rivage.
Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
    Quand il eut fini de parler,
il dit à Simon :
« Avance au large,
et jetez vos filets pour la pêche. »
    Simon lui répondit :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
    Et l’ayant fait,
ils capturèrent une telle quantité de poissons
que leurs filets allaient se déchirer.
    Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque
de venir les aider.
Ceux-ci vinrent,
et ils remplirent les deux barques,
à tel point qu’elles enfonçaient.
    à cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus,
en disant :
« Éloigne-toi de moi, Seigneur,
car je suis un homme pécheur. »
    En effet, un grand effroi l’avait saisi,
lui et tous ceux qui étaient avec lui,
devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
    et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée,
les associés de Simon.
Jésus dit à Simon :
« Sois sans crainte,
désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
    Alors ils ramenèrent les barques au rivage
et, laissant tout, ils le suivirent.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

-----



Commentaire...

 5° DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (C) - 2025 - Lc 5, 1-11

Dans les passages bibliques de ce dimanche, que de grands hommes ! : Isaïe, Simon-Pierre, Paul ; tous des messagers exceptionnels de la Parole de Dieu... Avec eux des compagnons : Jacques et Jean, associés de Pierre, les Douze, plus de cinq cents frères, témoins aussi de la Résurrection de Jésus ; il y a même des anges, les séraphins de la vision d'Isaïe, et les compagnons de louange du psalmiste : « je te chante en présence des anges ».

Comment rejoindre ces géants de la foi et du témoignage ? Heureusement il y a justement le psaume d'aujourd'hui, qui dit « je ». « De tout mon cœur Seigneur je te rends grâce... je me prosterne ». Bien sûr c'est la prière de nos grands modèles, mais chacun de nous peut se faufiler dans cette prière et dire à son tour « me voici ». D'ailleurs tous ces grands personnages commencent par clamer leur indignité.

Isaïe : « malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures », Simon-Pierre : « éloigne-toi de moi Seigneur, car je suis un homme pécheur. », Paul : « en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis ».

Isaïe le prophète et Pierre l’apôtre savent bien que ce n’est pas leur parole imparfaite qui peut toucher le cœur des gens ; ils ont raison de ressentir un grand effroi, mais ils comprennent et nous comprenons- qu'à travers nos paroles ou nos actes, c'est en réalité le Seigneur Jésus lui-même qui rejoint les eaux profondes de la condition humaine, là où il est question de vie et de mort, d'amour et de justice, de consolation, de guérison et de don de soi. Quant à Paul, il ne s'approprie pas la Parole : « je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu » ...

Mais pour que notre réalité humaine, quotidienne, puisse être ouverte à la présence de Dieu, il faut passer par une expérience pascale. Ainsi les pêcheurs du lac, « toute la nuit sans rien prendre » ont vécu quelque chose de la mort ; et voici qu'au jour, sur la parole de Jésus, ils jettent leurs filets qui risquent de se déchirer ; et vivent ainsi quelque chose de la résurrection, quelque chose d’impensable, de non maîtrisable. Ils sont dépassés, comme Isaïe dans sa vision du temple céleste, ou comme Paul qui avoue : « moi, je suis le plus petit des apôtres ».

L'expérience de la foi est éminemment personnelle, mais elle est aussi fraternelle ; c'est le message des humbles barques des pêcheurs. Jésus a besoin d'une barque pour des raisons de sonorisation, et pour « s'écarter un peu du rivage » prenant ainsi la distance nécessaire à une annonce qui ne soit pas un engouement populaire fusionnel. N'est-ce pas aussi le rôle de son Église dans le monde ? Et il y a deux barques qui se viennent en aide pour assumer l'ampleur de la pêche : n'est-ce pas le symbole d'une Église riche de ses diversités ? Qu'il s'agisse de la diversité œcuménique des Églises, ou de la synodalité récemment travaillée et proclamée.

Quelqu'un a dit que le silence qui suit la musique de Mozart, c'est encore du Mozart. Pour Jésus aussi « Quand il eut fini de parler », c'est encore la Parole ; « sois sans crainte », elle met en route : « laissant tout ils le suivirent ». La Parole nous est livrée, va-t-elle nous transformer ? Afin que nous puissions dire avec le psaume. « Tu fis grandir en mon âme la force... me voici, envoie-moi » ou reconnaître avec Paul « ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce venant en moi, n'a pas été stérile ».

09/02/2025 - Dominique Banet

Merci pour l'homélie.

-----

Bon dimanche!
Jean-Yves 

Aucun commentaire: