lundi 6 septembre 2021

« Il passa toute la nuit à prier Dieu ; il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres » / (375,076)

 Bonjour!

Mardi 7 septembre 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Il passa toute la nuit à prier Dieu ; il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres » (Lc 6, 12-19)

Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis,
afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Jésus s’en alla dans la montagne pour prier,
et il passa toute la nuit à prier Dieu.
    Le jour venu,
il appela ses disciples et en choisit douze
auxquels il donna le nom d’Apôtres :
    Simon, auquel il donna le nom de Pierre,
André son frère,
Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
    Matthieu, Thomas,
Jacques fils d’Alphée,
Simon appelé le Zélote,
    Jude fils de Jacques,
et Judas Iscariote, qui devint un traître.

    Jésus descendit de la montagne avec eux
et s’arrêta sur un terrain plat.
Il y avait là un grand nombre de ses disciples
et une grande multitude de gens
venus de toute la Judée, de Jérusalem,
et du littoral de Tyr et de Sidon.
    Ils étaient venus l’entendre
et se faire guérir de leurs maladies ;
ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs
retrouvaient la santé.
    Et toute la foule cherchait à le toucher,
parce qu’une force sortait de lui
et les guérissait tous.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

L’appel fondateur de l’Église naît de la prière nocturne du Seigneur, la nuit étant peut-être le symbole des ténèbres de sa Passion et de sa mort, dont il va triompher par la fidélité de son obéissance et de son amour. Le verbe « prier » apparaît deux fois dans le premier verset de notre péricope : l’appel sauveur qui rejoint chacun de nous par la voix de l’Église, est le fruit de la prière sacerdotale intense et persévérante du Christ crucifié.

Jésus prie le Père, car il va agir en son nom : appeler et donner un nom sont en effet des fonctions paternelles que Dieu accomplit par son Fils. Les Douze sont appelés « apôtres » c’est-à-dire « envoyés », « témoins » de la Parole agissante du Maître. Selon le principe juridique juif, ils représentent – au sens fort du terme : ils rendent présent – celui qui les envoie.

L’énumération solennelle des premiers appelés, se termine abruptement, renvoyant à nouveau vers le drame qui se prépare : « …et Judas Iscariote, celui qui fut le traître ». Quelle audace et quel courage de la part de Jésus de choisir et d’appeler celui-là même qui le dénoncerait, nous laissant ainsi entrevoir qu’aucune lâcheté ne peut mettre en échec sa confiance, qu’aucune trahison ne peut venir à bout de sa patience : entre Simon et Judas, entre fidélité et trahison, se déploient les noms des Douze, préfigurant ainsi la démarche boitillante de l’Église de tous les temps ; et aussi la nôtre sans doute. Douze personnes c’est bien peu de choses : Dieu aime réaliser son œuvre par « peu de choses ». Il aime agir par la médiation d’humbles signes sacramentels – à commencer par l’Église elle-même – dans lesquels sont pourtant cachées la toute-puissance et l’efficacité infinie de sa grâce.

Dans la discrétion de ces quelques versets décrivant un événement qui est passé inaperçu aux yeux du monde, saint Luc nous donne accès à un moment déterminant de l’histoire : la fondation de la communauté du salut, structurée hiérarchiquement par Jésus lui-même. La « pierre maîtresse » c’est le Christ, les apôtres en constituent « les fondations » (Ep 2, 20), les disciples sont les membres du nouveau peuple de Dieu. Trois cercles concentriques entourent le Maître : les Douze, les disciples et enfin la foule, accourue de Judée, de Jérusalem la capitale et même de la région côtière de Tyr et de Sidon, c’est-à-dire au-delà des frontières de la Palestine, préfigurant la mission universelle.

Nous retrouverons cette même structure au début des Actes des Apôtres, dans la description des commencements de l’Église : Jésus s’adresse une dernière fois « aux Apôtres qu’il avait choisis » avant d’être « enlevé » : ceux-ci regagnent Jérusalem et « montent dans la chambre haute où se retrouvent Pierre, Jean, Jacques… » – suit l’énumération des Onze – entourés des femmes, de Marie, mère de Jésus, et de ses disciples (Ac 1, 2.13s) ; puis, après la descente de l’Esprit, accourent les foules provenant de tous les pays d’alentour.

L’image suggérée par Saint Luc de ces trois cercles concentriques entourant le Maître au pied de la montagne, est quelque peu erratique, mais elle frappe par sa majesté, sa paisible beauté et sa force rayonnante. A travers cet événement advenu « en ces jours-là », c’est déjà la victoire définitive du Ressuscité qui s’annonce. L’imprécision temporelle tout à fait volontaire, nous invite à actualiser la scène dans l’aujourd’hui de notre vie : c’est dans cette paisible majesté que le Seigneur continue à venir à nous d’auprès du Père par la médiation de son Église, pour nous « délivrer des esprits mauvais » et guérir, dans la force de l’Esprit qui émane de lui, tous ceux qui le touchent par une foi aimante.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----




Bonne journée!

Jean-Yves 

dimanche 5 septembre 2021

« Ils observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat » / Quelques pensées.../ (365,015)

Bonjour!

Lundi (Fête du Travail) 6 septembre 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Ils observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat » (Lc 6, 6-11)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat,
Jésus était entré dans la synagogue et enseignait.
Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée.
    Les scribes et les pharisiens observaient Jésus
pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ;
ils auraient ainsi un motif pour l’accuser.
    Mais lui connaissait leurs raisonnements,
et il dit à l’homme qui avait la main desséchée :
« Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. »
L’homme se dressa et se tint debout.
    Jésus leur dit :
« Je vous le demande :
Est-il permis, le jour du sabbat,
de faire le bien ou de faire le mal ?
de sauver une vie ou de la perdre ? »
    Alors, promenant son regard sur eux tous,
il dit à l’homme :
« Étends la main. »
Il le fit, et sa main redevint normale.
    Quant à eux, ils furent remplis de fureur
et ils discutaient entre eux
sur ce qu’ils feraient à Jésus.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

     Commentaire...   

Le sabbat participe de (à) la sainteté du monde à venir, il annonce l’entrée du peuple dans le repos et la paix de Dieu. Pourtant ce jour est le jour des disputes. Ce n’est pas rare que Jésus soit interpellé ce jour-là. Aujourd’hui saint Luc mentionne « un autre jour de sabbat », c’est-à-dire « encore une fois de plus ».

Cette insistance n’est pas neutre. Évoquer le statut du sabbat ne se limite pas à discuter sur l’opportunité de chômer tel jour, il concerne en effet le commandement central de la Torah. L’homme a été créé pour le sabbat, c’est-à-dire pour le jour de Dieu, pour voir le jour de la vie et de la liberté. Revenir fréquemment sur le sujet, accepter les assauts hostiles et répétés de ses détracteurs, est pour Jésus un moyen de montrer le cœur de sa mission et l’importance de son message. Notre Dieu est le Dieu de la vie, il est le Dieu qui sauve de toute aliénation et de toute mort.

C’est donc dans la synagogue, dans la maison de Dieu, que Jésus envisage la guérison d’un homme qui a perdu l’usage de sa main droite, c’est-à-dire la libération d’un homme dans l’impossibilité de travailler, d’un homme qui a perdu sa dignité. Il s’agit pour ses adversaires et nous-mêmes d’une provocation claire.

Nous devons en effet nous laisser provoquer ainsi par Jésus. Car il y a de l’hypocrisie dans nos vies et cela lui déplaît. Certes, nous ne sommes plus concernés par les prescriptions de la Torah, par les conventions sur « ce qu’il faut faire » et « ce qu’il ne faut pas faire » le jour du sabbat, mais nous nous en inventons d’autres, ce qui est pire.

Notre situation est bien la même que celle des pharisiens. Ils attaquent Jésus parce qu’ils sont obnubilés par la question de savoir « ce qu’on peut faire », alors ne pas faire le bien est faire le mal. Mais ils ne le voient plus, tout attentifs qu’ils sont à ne pas briser, déchirer ou broyer. Pourtant ils délient leur âne de l’étable pour le conduire à boire, mais sans voir, devant eux, au milieu d’eux, un homme lié, privé de sa dignité.

De la même façon, combien de fois aujourd’hui sommes-nous fervents à brandir la liberté chèrement acquise par les hommes, combien souvent avançons-nous des motifs religieux ou chrétiens qui riment avec respect et tolérance, et laissons-nous les frères qui sont en face de nous, au milieu de nous, dans l’ignorance de l’évangile ou pris dans l’esclavage de leurs fausses libertés ?

Jésus nous ramène à l’essentiel. D’abord convertir notre regard, pour voir l’homme en vérité, selon la place qu’il occupe dans la maison de Dieu, aux yeux de Dieu, et ensuite l’aider, au nom de cette vérité, à entrer dans le royaume de la vie, dans le jour du repos, dans la paix du Christ. Ainsi agissent ses disciples.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----



Et autre commentaire de:

Abbé Julio César RAMOS González SDB  (Mendoza, Argentine)

«Lève-toi, et reste debout devant tout le monde (…). Étends ta main»

A

ujourd'hui, Jésus nous donne en exemple la liberté. Nous parlons tellement d'elle de nos jours. Mais, à la différence de ce qu'aujourd'hui on annonce et on vit comme “liberté”, celle de Jésus est une liberté totalement associée et adhéré à l'action du Père. Lui-même dira: «Je vous assure que le Fils de l'homme ne peut faire quoi que ce soit de lui-même, sinon seulement ce qu'il voit faire par le Père; ce que le Père fait, le fait le Fils» (Jn 5,19). Et le Père agit seulement par amour.

L'amour ne s'impose pas, mais fait agir, mobilise rendant généreusement la vie. Cet ordre de Jésus: «Lève-toi, et reste debout devant tout le monde» (Lc 6,8) a la force de recréer de celui qui aime, et qui par la parole agit. Encore davantage: «Étends ta main» (Lc 6,10), qui termine par un miracle, rétablit définitivement la force et la vie à ce qui était faible et mort. “Sauver” signifie arracher à la mort, et c'est la même parole qui se traduit par “guérir”. Jésus en guérissant, sauve ce qu'il y avait de mort en ce pauvre homme malade, ce qui constitue un signe, on ne peut plus claire, de l'amour de Dieu le Père pour ses créatures. Ainsi, dans la nouvelle création dans laquelle le Fils ne fera autre chose que ce qu'il voit faire par le Père, la nouvelle loi qui régnera sera celle de l’amour qui se manifeste à travers l'action, et non celle d'un repos “inactif” incluant pour faire le bien à un frère qui a besoin d'aide.

En conséquence, conjuguer liberté et amour est la clef d’aujourd’hui. Conjuguer liberté et amour à la façon de Jésus. Ce que disait saint Augustin est maintenant pleinement en vigueur pour apprendre à ressembler pleinement au Christ Sauveur : «Aime et fait ce que tu veux».
-----


«La foi chrétienne est un engagement de vie. 

C'est se mettre en marche à la suite de Jésus 

et de son Évangile.»

-----


«Reçus en communion, le corps du Christ 

nous donne des forces neuves

 et son sang nous purifie de tout péché!. 

Nous arrivons à la messe pécheurs, 

mais nous en repartons pécheurs pardonnés. 

L'Eucharistie est une source 

de laquelle jaillit intarissablement le pardon de nos fautes!»

(Roger Poudrier)


-----



On retrouve cette sculpture à Sainte-Luce-sur-Mer.

(Photo: Jean-Yves)

-----

Bonne journée!

Jean-Yves

samedi 4 septembre 2021

« Il fait entendre les sourds et parler les muets » / Chant marial... / (364,941)

 Bonjour!

Dimanche 5 septembre 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Il fait entendre les sourds et parler les muets » (Mc 7, 31-37)

Alléluia. Alléluia.
Jésus proclamait l’Évangile du Royaume
et guérissait toute maladie dans le peuple.
Alléluia. (cf. Mt 4, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus quitta le territoire de Tyr ; 
passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée 
et alla en plein territoire de la Décapole. 
    Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler, 
et supplient Jésus de poser la main sur lui. 
    Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, 
lui mit les doigts dans les oreilles, 
et, avec sa salive, lui toucha la langue. 
    Puis, les yeux levés au ciel, 
il soupira et lui dit : 
« Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » 
    Ses oreilles s’ouvrirent ; 
sa langue se délia, 
et il parlait correctement. 
    Alors Jésus leur ordonna 
de n’en rien dire à personne ; 
mais plus il leur donnait cet ordre, 
plus ceux-ci le proclamaient. 
    Extrêmement frappés, ils disaient : 
« Il a bien fait toutes choses : 
il fait entendre les sourds et parler les muets. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

L’attitude de Jésus guérissant le sourd-muet peut nous aider à renouveler en nous notre écoute et notre parole. Pour guérir cet homme, Jésus le prend à l’écart, loin du bruit de la foule. En effet, c’est dans le seul à seul avec Jésus que nous pouvons apprendre à parler et à écouter. Jésus, qui est la Parole de Dieu faite chair, veut faire de nous des porte-parole de sa Parole. Lui qui a été tout obéissant au Père, il veut nous apprendre à écouter en vérité.

Pour guérir le sourd-muet, Jésus commence par lui boucher les oreilles. Car c’est à l’intérieur de soi que débute l’écoute. Entendre Dieu qui parle en nous, dans notre cœur, dans notre conscience est un préalable pour entendre ce qu’il nous dit dans les paroles des hommes. L’écoute vraie est un exercice de discernement pour entendre ce que Dieu dit dans les événements, afin de choisir sa volonté, ce qui fera grandir son royaume et non notre propre intérêt.

Ensuite Jésus prend de la salive et touche la langue du sourd-muet. C’est sa Parole qu’il veut mettre dans la bouche de l’homme blessé. La parole de l’homme doit trouver son origine dans la Parole de Jésus qui est esprit et vie (Jn 6,63).
C’est une parole qui élève l’homme, lui rend sa dignité. C’est une parole d’amour.

Jésus lève alors les yeux vers le ciel, dit notre récit, comme pour rappeler à l’homme que la Parole de vie est descendue du ciel et qu’elle y remonte en faisant son œuvre de salut dans le cœur des hommes. Nos paroles humaines doivent orienter les hommes vers le ciel afin qu’ils recherchent les réalités d’en-haut. Et l’écoute fraternelle doit nous donner de percevoir la joie des anges dans le ciel quand la communion et la réconciliation unissent les hommes sur la terre (cf. Lc 15,1-10).

Enfin Jésus soupire et dit « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ». Jésus soupire car il lutte avec l’homme. Il lutte contre la surdité et le mutisme de l’homme car il veut habiter en l’homme. Tous les sens de l’homme doivent s’ouvrir au divin. Si le Christ vient vivre en l’homme alors celui-ci est recréé. Il sait désormais reconnaître à l’extérieur de lui. Celui qui demeure en lui. Et ce qu’il donne de lui-même, il le puise dans le Christ vivant en sa chair.

En chaque eucharistie, c’est Jésus qui vient. Il nous dit : « Ouvre-toi à ma présence ». Il veut nous toucher par la communion à son Corps et son Sang. Il veut faire de nous des êtres d’écoute et de parole. « Tu m’as façonné un corps. 
Alors j’ai dit : ‘voici, je viens’ », dit l’Écriture (He 10,5-7).
Notre corps sauvé, refaçonné par la pâque du Christ est membre du Corps du Christ. Il dit quelque chose de Dieu. Aussi, glorifions Dieu dans notre corps, comme le propose St Paul (1 Co 6,20).
Et prions notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ de transfigurer notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire (Ph 3,20-21).
Alors tout lui sera soumis et nous ne ferons plus qu’un avec Lui.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----


Connaissez-vous ce magnifique chant à la Vierge?


Chercher avec toi, Marie

(De Jean-Claude Gianadda)


Chercher avec toi dans nos vies

Les pas de Dieu, Vierge Marie

Par toi accueillir aujourd'hui

Le don de Dieu, Vierge Marie


1.

Puisque tu chantes avec nous:

Magnificat, Vierge Marie,

Permets la Pâque sur nos pas

Nous ferons tout ce qu'il dira. 


2.

Puisque tu souffres avec nous:

Gethsémani, Vierge Marie,

Soutiens nos croix de l'aujourd'hui,

Entre tes mains, voci ma vie.


3.

Puisque tu demeures avec nous,

Pour l'Angélus, Vierge Marie,

Guide nos pas dans l'inconnu

Car tu es celle qui a cru.


Il vaut la peine de le rechercher et de l'écouter...

Ce chant vous fera sans doute  prier

et peut-être vous émouvoir...


https://www.youtube.com/watch?v=ISGsLMVSI6g


Jean-Yves 

-----




Bon dimanche!

Jean-Yves 

vendredi 3 septembre 2021

« Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » / (364,775)

 Bonjour!

Samedi 4 septembre 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour...

ÉVANGILE

« Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » (Lc 6, 1-5)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.
Personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ;
ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient,
après les avoir froissés dans leurs mains.
    Quelques pharisiens dirent alors :
« Pourquoi faites-vous
ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? »
    Jésus leur répondit :
« N’avez-vous pas lu ce que fit David
un jour qu’il eut faim,
lui-même et ceux qui l’accompagnaient ?
    Il entra dans la maison de Dieu,
prit les pains de l’offrande, en mangea
et en donna à ceux qui l’accompagnaient,
alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. »
    Il leur disait encore :
« Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

« Le Fils de l’homme est maître du sabbat » : Par ces mots, Jésus touche à une des institutions les plus fortes et les plus identitaires du Judaïsme. Pour le juif, le sabbat se présente avant tout comme une invitation à imiter Dieu qui s’arrête au terme de son œuvre créatrice. Par son travail, l’homme imite l’activité du Dieu créateur, par le chômage du septième jour, il imite le repos sacré de ce même Dieu qui sanctifie sa création et, en son centre, l’homme qu’il a modelé à son image et à sa ressemblance. Ainsi, à travers le respect du sabbat, le peuple d’Israël garde en mémoire que Dieu le sanctifie et découvre peu à peu que le vrai repos ne se réduit pas à la cessation de l’activité mais à son accomplissement.

Mais quel homme pourrait soutenir avoir achevé son œuvre au soir du sixième jour ? Si l’homme s’arrête le jour du sabbat, n’est-ce pas, somme toute, pour mieux reprendre, dès le lendemain, son activité ?

Quel est donc l’homme qui pourrait se prétendre « maître du sabbat » ? Le Fils de l’homme ? Mais se fait-il pour autant l’égal du Créateur ? En réalité, qui se fait l’égal de Dieu ? Celui qui se présente comme le « maître du sabbat » ou bien celui qui veut à tout prix qu’en Dieu « repos » s’identifie à « inaction » ?

Mais voilà, au terme de la création, « repos de Dieu » n’est pas synonyme d’inactivité : Dieu continue de régir le monde et de vivifier les hommes. C’est bien ce que Jésus a conscience d’imiter et qu’il accomplira en plénitude dans sa résurrection. Le sabbat de l’homme rejoindra alors le sabbat de Dieu. Le devenir sera un éternel présent et le présent sera un éternel devenir en Dieu. En Jésus ressuscité, la distance entre l’homme et Dieu sera définitivement abolie. Voilà pourquoi, la clôture de la loi, gardienne de vie pour l’homme qui tendrait à se faire l’égal de Dieu, peut en Jésus être définitivement franchie. Oui, seul le Fils de l’homme est bien le maître du sabbat. Et en lui tout homme est appelé à le devenir.

Seigneur Jésus, fais-nous la grâce de grandir dans la liberté des fils de Dieu, en vivant le dimanche, notre sabbat à nous, comme ce moment fort de rencontre avec toi et en assumant notre engagement chrétien non comme un fardeau mais comme la possibilité de réaliser et d’exprimer en plénitude l’image de toi que nous sommes.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----




Bonne journée!

Jean-Yves 

jeudi 2 septembre 2021

« Des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ils jeûneront » / (364,705)

Bonjour!

Vendredi 3 septembre 2021



Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

« Des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ils jeûneront » (Lc 5, 33-39)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia. (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    les pharisiens et les scribes dirent à Jésus :
« Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent
et font des prières ;
de même ceux des pharisiens.
Au contraire, les tiens mangent et boivent ! »
    Jésus leur dit :
« Pouvez-vous faire jeûner les invités de la noce,
pendant que l’Époux est avec eux ?
    Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;
alors, en ces jours-là, ils jeûneront. »

    Il leur dit aussi en parabole :
« Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf
pour le coudre sur un vieux vêtement.
Autrement, on aura déchiré le neuf,
et le morceau qui vient du neuf
ne s’accordera pas avec le vieux.
    Et personne ne met du vin nouveau
dans de vieilles outres ;
autrement, le vin nouveau fera éclater les outres,
il se répandra
et les outres seront perdues.
    Mais on doit mettre le vin nouveau dans des outres neuves.
    Jamais celui qui a bu du vin vieux ne désire du nouveau.
Car il dit : “C’est le vieux qui est bon.” »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

-----

Commentaire...

Le Sacré-Cœur de Jésus que nous honorons aujourd’hui, comme tous les premiers vendredis du mois, fait toutes choses nouvelles. Il nous en parle dans l’évangile que nous venons d’entendre. Pour entrer dans ce mystère de la Nouveauté dont Jésus nous parle aujourd’hui, il faut bien se représenter le contexte de ces trois petites paraboles. Jésus a appelé Lévi, un collecteur d’impôt, un pécheur public pour en faire son apôtre et Lévi a organisé un grand festin dans sa maison pour fêter cette bonne nouvelle avec ses amis collecteurs d’impôts.

Et les pharisiens sont scandalisés de voir Jésus manger avec ces collecteurs d’impôts, et pactiser avec des pécheurs. C’est l’occasion pour Jésus de leur révéler quelque chose de la nouveauté de sa mission : « Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs (Mt 9,12) ». C’est l’occasion de leur proposer trois petites paraboles pour les amener à se demander comment ils se laissent transformer par la nouveauté de sa Bonne Nouvelle.

La première arrive à la suite de la question des pharisiens sur l’absence de jeûne chez ses disciples. Alors Jésus leur répond par cette petite parabole qui suggère la Présence du Royaume de Dieu parmi eux à travers l’image de la noce et de l’Époux qui fait la fête avec ses invités. Il leur dit : « on ne fait pas jeuner les invités quand la noce commence, quand l’Époux est avec eux (cf Lc 5,34) ». Il faut avoir assez de mobilité, de souplesse vis-à-vis ses habitudes, ses pratiques anciennes, si honorables soient-elles, pour les ajuster aux divers moments de l’œuvre de Dieu : il y a un temps pour l’ascèse et ce temps-là n’est jamais révolu ; il y a aussi le temps de la joie pour les amis de l’époux mais c’est la présence de l’Époux qui provoque la transformation de ses habitudes.

Cette parabole nous concerne : acceptons-nous de remettre en question nos habitudes, nos pratiques anciennes, quand l’Époux est là parmi nous pour la noce ; il vient faire toutes choses nouvelles et nous en premier : des créatures nouvelles.

Dans la seconde parabole, Jésus va plus loin pour suggérer que le Royaume de Dieu, la Présence de l’Époux, produit une transformation radicale de nos vies, pas un simple raccommodage, pas un simple rafistolage :

« Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’un vêtement neuf. (cf Lc 5,36) »

Si on le fait, au lieu de réparer, on prépare de plus grandes déchirures.

Jésus ne vient pas rafistoler nos vieilles habitudes de vie. En mangeant avec les pécheurs, Il fait vivre une expérience de Dieu qui transforme complètement la vie. Le monde dans lequel nous vivons essaie seulement de soulager ou de mettre un morceau de tissu sur la déchirure de nos vies. Mais ce dont nous avons besoin est un nouvel habit, pas un ancien raccommodé.

Jésus n’est pas venu pour raccommoder, mais pour pardonner et purifier ! Il apporte, non de nouveaux morceaux, mais de nouveaux habits de justice !

Dans la troisième petite parabole, Jésus évoque la puissance de la vie nouvelle qu’il apporte : « Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres. (Lc 5,37) »

Il y a quelque chose de nouveau dans la Bonne Nouvelle : Nous n’avons pas à fournir l’outre nouvelle, comme si nous devions et pouvions, par nos seules forces, adapter notre cœur à la pression de l’Évangile. La grâce de Jésus ne s’arrête pas à mi-chemin : elle nous donne à la fois le contenu et le contenant. En même temps qu’elle verse le vin nouveau, elle rajeunit l’outre de notre cœur. À vin nouveau, outres neuves, et tout vient de Dieu. Ce qui nous revient, c’est de laisser Dieu transformer l’outre qu’est notre cœur, c’est d’accepter à longueur de vie la pression du vin, la pression de l’amour de Dieu, c’est de laisser vieillir le vin dans son outre aussi longtemps que Dieu voudra.

Car lorsqu’on a reçu de Dieu et le vin nouveau et l’outre nouvelle, il faut encore du temps, beaucoup de temps, et toute notre vie, le vin nouveau reste en nous espérance de bon vin, tout comme l’Évangile qui est versé en nous reste pour nous espérance de sainteté.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----

À vin nouveau, outres neuves!

(Extrait de l’Évangile)

« Pourquoi tes disciples ne jeûnent-t-ils pas ,

comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens? »

« Les invités de la noce pourraient-ils donc jeûner,

pendant que l’Époux est avec eux? »

« Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve;

autrement la pièce neuve tire sur le vieux tissu et le déchire davantage.

…personne ne met du vin nouveau dans des vieilles outres;

autrement la fermentation fait éclater les outres,

et l’on perd à la fois le vin et les outres.

«À vin nouveau, outres neuves. »-

-----

Dans un monde où tout change rapidement

et où nous sommes invités à nous ouvrir à des influences différentes,

quelle est la place du religieux dans notre vie personnelle?

Résistances?…

Tout change très vite… trop vite…

Pouvons-nous garder un équilibre intérieur?

Nous avons besoin d’équilibre dans le changement?

Nous avons besoin de renouveau intérieur

en ce sens que nous avons aussi à nous laisser solliciter

par des événements, par des personnes…

Acceptons-nous de nous laisser déranger?

Sommes-nous capables de renouveau?

Jésus fait des choses différentes :

il s’occupe des petits, des enfants, des pauvres…

Il crée… Il fait du neuf en ce temps de carême.

Il est capable d’inventer un monde nouveau.

Il bouscule des traditions…

Il nous invite à avoir un cœur neuf.

Laissons-nous inspirer par ce Jésus qui dérange,

car il propose un Dieu de nouveauté.

Ayons cette audace de proposer, nous aussi, un Dieu de nouveauté.,

le Dieu de la création, de la re-création du quotidien…

« À vin nouveau, outres neuves! »

(Jean-Yves)

-----


-----

«La confiance est aveugle ou elle n'est pas.»

(Adèle Van Reeth)
-----

«L'amour est aussi nécessaire à l'homme 
que l'oxygène.»

(Étienne Dahla, diacre)
-----

Bonne journée!

Jean-Yves 


« Laissant tout, ils le suivirent » / (364,647)

 Bonjour!

Jeudi 2 septembre 2021

Voici la Parole de Dieu de ce jour...



ÉVANGILE

« Laissant tout, ils le suivirent » (Lc 5, 1-11)

Alléluia. Alléluia. 
« Venez à ma suite,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Alléluia. (Mt 4, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    la foule se pressait autour de Jésus
pour écouter la parole de Dieu,
tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
    Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ;
les pêcheurs en étaient descendus
et lavaient leurs filets.
    Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon,
et lui demanda de s’écarter un peu du rivage.
Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
    Quand il eut fini de parler,
il dit à Simon :
« Avance au large,
et jetez vos filets pour la pêche. »
    Simon lui répondit :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
    Et l’ayant fait,
ils capturèrent une telle quantité de poissons
que leurs filets allaient se déchirer.
    Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque
de venir les aider.
Ceux-ci vinrent,
et ils remplirent les deux barques,
à tel point qu’elles enfonçaient.
    À cette vue,
Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant :
« Éloigne-toi de moi, Seigneur,
car je suis un homme pécheur. »
    En effet, un grand effroi l’avait saisi,
lui et tous ceux qui étaient avec lui,
devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
    et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon.
Jésus dit à Simon :
« Sois sans crainte,
désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
    Alors ils ramenèrent les barques au rivage
et, laissant tout, ils le suivirent.

            – Acclamons la Parole de Dieu

-----

Commentaire...

La foule s’est à nouveau rassemblée autour de Jésus pour écouter sa parole, pour « écouter la Parole de Dieu », précise saint Luc qui nous aide à faire le parallèle entre l’être même de Jésus, le Verbe fait chair, et sa parole.

Jésus est tellement « pressé » par cette foule assoiffée d’une parole de vie qu’il sent la nécessité de prendre de la distance en montant dans une des barques qui appartient à Simon. On a vraiment l’impression que Jésus est oppressé, comme si la foule, dans une sorte d’instinct de survie, voulait mettre la main sur lui comme on saisit un morceau de nourriture pour se l’assimiler. Cela laisse d’ailleurs percevoir la détresse spirituelle de cette foule.

Mais on ne peut mettre la main sur la Parole divine. Tenter de se l’approprier d’une façon définitive serait faire fausse route. Car ce n’est que dans la mesure où on accepte de la recevoir à chaque instant d’un Autre qu’elle peut se montrer réellement efficace dans la barque de chacune de nos vies.

Le premier que rejoint ici cette Parole c’est Simon. Elle est montée dans sa barque et maintenant l’évangéliste va nous donner d’être témoin de son action.

« Avance au large et jette les filets pour prendre du poisson » ! La Parole de Dieu, dans un premier temps est toujours déconcertante. Elle nous bouleverse dans nos fausses certitudes : « Maître, nous avons peiné toute la nuit, sans rien prendre » et l’on pourrait rajouter que Simon connaissait bien son métier.

Pourtant, Simon va faire confiance et obéir. Voilà l’attitude d’accueil par excellence de la Parole divine : la confiance et l’obéissance dans une libre adhésion de foi. Car on n’obéit pas à la Parole de Dieu d’une façon servile. Voilà pourquoi Simon peut recevoir les paroles de Jésus comme un ordre : « sur ton ordre, je vais jeter les filets ».

En mettant ainsi toute sa foi dans les paroles du Maître et en leur obéissant, Simon va leur permettre de pouvoir manifester toute leur efficacité dans sa vie. Et le résultat ne se fait pas attendre : « ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient ».

Devant la grandeur de ce qui vient de s’accomplir sous ses yeux et devant celui qui en est à l’origine, Simon tombe à genoux dans une sorte d’effroi, converti, détourné du découragement de toute une nuit, détourné de sa faiblesse et de ses craintes et totalement tourné vers Celui par qui le Père lui révèle la surabondance du don de sa miséricorde.

La révélation du Dieu de miséricorde donne alors à Simon, à l’homme pécheur, une connaissance saisissante de son péché, de tout ce qui le détourne de l’accueil de ce don : « Seigneur éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur ».

Mais Jésus lui signifie aussitôt son pardon : « Sois sans crainte » et par un nouvel appel l’ouvre à une intimité et à une union plus grande avec lui au cœur même de la mission : « Désormais ce sont des hommes que tu prendras ».

Simon est dès lors invité à avancer en eau profonde, à entrer toujours plus profondément dans le mystère de la Parole de Jésus qui contient tout. La fécondité advient lorsqu’on se livre aux mains de Dieu comme un instrument, ce qui suppose de tout quitter et de se quitter soi-même : « alors, ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent ». L’appel de Dieu est pure initiative, il est la Parole du Don.

Seigneur, que ta Parole vienne nous rejoindre dans la barque de notre vie. Nous voulons aujourd’hui l’accueillir avec confiance et répondre à son appel. Cela nous dépasse, Seigneur. Mais parce que nous savons que la mission que tu nous confies procède de ton Amour toujours acquis, dans l’action de grâce, nous voulons nous y livrer de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre force.


Abbé Philippe Link / Merci!

-----


«Dieu doit être la source de notre vie.

QU'est-ce qui va me rapprocher le plus de Dieu?

Aimer c'est vouloir le bien de l'autre.

Il faut vouloir notre propre bonheur.»


(Simon Lessard)

-----




Bonne journée!

Jean-Yves Fortin, diacre