vendredi 15 mars 2024

Est-ce de Galilée que vient le Christ ? / (457,193)

Bonjour!

Samedi 16 mars 2024

Voici la Parole de Dieu de ce jour... 

ÉVANGILE

Est-ce de Galilée que vient le Christ ? (Jn 7, 40-53)

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance. (cf. Lc 8, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus enseignait au temple de Jérusalem.
Dans la foule, on avait entendu ses paroles,
et les uns disaient :
« C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »
D’autres disaient :
« C’est lui le Christ ! »
Mais d’autres encore demandaient :
« Le Christ peut-il venir de Galilée ?
L’Écriture ne dit-elle pas
que c’est de la descendance de David
et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui.
Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter,
mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens,
qui leur demandèrent :
« Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
Les gardes répondirent :
« Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »
Les pharisiens leur répliquèrent :
« Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens,
y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi,
ce sont des maudits ! »

Nicodème, l’un d’entre eux,
celui qui était allé précédemment trouver Jésus,
leur dit :
« Notre Loi permet-elle de juger un homme
sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? »
Ils lui répondirent :
« Serais- tu, toi aussi, de Galilée ?
Cherche bien, et tu verras
que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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Commentaire...

Au cœur de ces menaces qui se resserrent sur lui comme un étaux, Jésus continue son ministère : imperturbable, « il enseigne au temple de Jérusalem », car il sait bien que son Heure n’est pas encore venue et que nul ne peut l’anticiper. Autour de lui les avis sont divisés, les opinions s’opposent, les partis s’affrontent : « Est-ce que le Messie peut vernir de Galilée ? L’Ecriture dit qu’il doit venir de Bethléem, le village où habitait David ! ». Certes, mais il vient avant tout de Dieu. La messianité ne saurait se discerner sur base d’une généalogie humaine ou d’une provenance géographique. C’est à sa parole, son message, son comportement que l’Envoyé de Dieu se fait connaître. Mais un tel discernement suppose une écoute bienveillante, sans a priori.

Curieusement, ce sont les soldats du temple qui vont se trouver dans les dispositions requises pour répondre à la question des origines du Rabbi de Nazareth. Ces hommes font leur besogne sans se poser de questions ; les débats théologiques ne les concernent pas vraiment : ils préfèrent les laisser aux « professionnels ». S’ils attendent que Jésus ait fini son discours pour l’arrêter, c’est uniquement afin d’éviter une émeute toujours possible. Pour être sûr qu’il ne leur échappe pas, ils gardent Notre-Seigneur à l’œil, ne le quittant pas un instant du regard. Aussi ne peuvent-ils s’empêcher d’écouter ce que dit cet homme qui suscite tant de haine parmi les responsables religieux. Et voilà qu’à mesure que sa parole descend dans leur cœur, une paix inhabituelle, à vrai dire inconnue, les envahit. Jésus les a remarqués et croise volontiers leur regard, les incluant dans le cercle de ses auditeurs et s’adressant à eux comme aux disciples qui l’entourent. Bientôt la communion est établie, l’onction de l’Esprit descend sur ces hommes qui ne sont pas aveuglés par la jalousie et n’ont pas d’a priori contre Jésus. Oubliant pourquoi ils étaient venus, les gardes écoutent longuement le Seigneur, et lorsqu’il a terminé son enseignement, aucun d’entre eux ne songe plus à l’arrêter. Tandis que Jésus s’éloigne, ils ruminent ce qu’ils viennent d’entendre, tout en retournant, silencieux, vers leur caserne.

« Pourquoi ne l’avez-vous pas ramené ? » : la voix menaçante du chef des prêtres les arrache à leur méditation. Ébahis par la question qui leur apparaît totalement saugrenue, ils répondent par un argument qui leur semble irréfutable : « Jamais un homme n’a parlé comme cet homme ! » La situation est grave : les soldats ont non seulement formellement désobéi à l’ordre reçu, mais ils prennent la défense du prévenu. Les pharisiens préfèrent ne pas insister : une mutinerie serait malvenue au moment où il faut agir contre ce gêneur dont l’influence s’étend de plus en plus. Évitant l’affrontement, ils cherchent à sauver la face en se drapant dans leur dignité de spécialistes de la Loi, détenteurs de la vraie connaissance. Mais blessés dans leur orgueil, ils se rapprochent entre eux, et baissant le ton pour ne pas être entendus par la foule et par les soldats, ils décident de la condamnation de Notre-Seigneur.

Cette précipitation illégale provoque la réaction de Nicodème, « qui était allé précédemment trouver Jésus ». Cet homme qui est lui aussi entré dans l’intimité du Seigneur, rappelle le droit de l’inculpé de défendre publiquement sa cause. En vain : son intervention est rejetée avec mépris et même avec une pointe de menace. Les jeux sont faits : « ils rentrèrent chacun chez soi », s’enfermant dans leur prison de haine, livrés au bon plaisir de celui qui dans l’ombre est trop heureux d’avoir su tirer profit de l’arrestation avortée, pour conduire à une décision de condamnation.

Seigneur, seuls ceux qui se sont exposés à ta présence, ont eu le courage de prendre ta défense. Les autres se sont lâchement tus ou t’ont condamné. Aussi je te demande la grâce de demeurer fidèle à ces moments de rencontre intime avec toi dans la prière, les sacrements, l’adoration, la méditation de ta Parole. Accorde-moi de trouver mon bonheur auprès de toi pour ne pas rougir de toi devant les hommes. Et lorsque l’heure sera venue de te suivre sur le chemin de l’épreuve, donne-moi Seigneur de me souvenir de ta présence à mes côtés, afin que je puise en toi la force de la fidélité et de l’espérance.

Abbé Philippe Link / Merci!

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Bonne journée!

Jean-Yves 

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